melenchonPendant longtemps le Parti Communiste a été synonyme de « on ne change pas une équipe qui perd » avec d’indéboulonnables premiers secrétaires, comme George Marchais, qui ont conduit ce parti à un inexorable déclin. On pensait pourtant que dans le cadre du Front de Gauche, sous l’impulsion de Jean-Luc Mélenchon, ce courant politique allait connaître une renaissance. Mais son leader est malheureusement tombé dans le piège du « on ne change pas une stratégie qui perd ».

Son échec aux législatives est encore plus retentissant que la légère déception qu’a au final représenté son score aux présidentielles. Il a fait du combat contre le Front National son cheval de bataille et force est de constater que dans le match qui l’oppose à Marine le Pen, cette dernière mène 2-0. Le KO est proche ! Pourtant, cette cause est évidemment des plus nobles et des plus essentielles, elle doit donc recueillir le soutien inconditionnel de toute la gauche et même de tous ceux ayant un minimum de conscience républicaine. Mais la manière adoptée par Jean-Luc Mélenchon n’est définitivement pas la bonne parce qu’elle est inefficace d’une part et surtout fortement contestable.

Combattre son ennemi avec ses propres armes se révèle souvent une manière audacieuse mais probante de remporter la victoire. Mais Jean-Luc Mélenchon a adopté bien des travers qui ont été pendant longtemps l’apanage du Front National. L’insulte comme arme politique, la haine morbide des journalistes, l’habitude de vouloir faire passer le déni pour du courage, alors que le vrai courage est d’affronter la réalité en face. Bref, la gauche a toujours condamné toutes ces dérives chez les le Pen et il est dommage qu’elle ai été aussi conciliante avec le leader du Front de Gauche.

De plus, d’un point de vue beaucoup plus pragmatique, Jean-Luc Mélenchon commet tout simplement une erreur de stratégie politique majeure. On ne combat pas un adversaire politique en parlant de lui à longueur de temps, sauf s’il s’agit d’un élu sortant. En agissant ainsi, on attire l’attention médiatique au moins autant sur soi et son combat que sur les idées défendues par le camp d’en face, aussi abjectes soient-elles. Depuis plusieurs mois maintenant, Jean-Luc Mélenchon a offert à Marine Le Pen une campagne de publicité médiatique inédite, faisant de cette dernière le centre des débats, et a obtenu exactement l’inverse de ce qu’il recherchait.

La seule chose que l’on peut espérer après ce funeste fiasco est que Jean-Luc Mélenchon saura faire preuve d’un peu d’humilité et d’honnête et arrêtera de se poser en donneur de leçons de morale. Il n’en a pas à donner et son comportement fait que c’est plutôt lui qui est en position d’en recevoir. Tout ce qu’il aura réussi finalement est d’avoir achevé le Parti Communiste. Ce dernier a au moins le mérite d’être un parti d’élus mettant les mains dans le cambouis en gérant des collectivités dans des contextes sociaux parfois extrêmement difficiles. Pour cela, il mérite le respect, aussi opposé soit-on avec sa conception de la société et de l’économie. En se rangeant derrière un homme qui n’est qu’un tribun charismatique, mais dont la carrière politique a toujours savamment esquiver les réalités de terrain, il a fini de se décrédibiliser et survivra difficilement à son nouveau leader.

Par son attitude, Jean-Luc Mélenchon a offert un excuse en or à l’UMP pour sa politique du « ni-ni ». Bien sûr tout cela n’est qu’un prétexte fumeux donnant la nausée. Mais décidemment, le leader du Front de Gauche n’a pas compris que se faire plaisir à la tribune, loin de toute réalité autre que médiatique, peut parfois au final avoir des conséquences qui font surtout plaisir au camp d’en face.

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