christianetaubiraPardon Madame Taubira. Oui, ce billet sera un billet d'excuses... Quand les excuses doivent être mutuelles, il faut bien que quelqu'un commence. Oh, je sais bien que les excuses en retour ne viendront sûrement jamais. Je ne l'écris pas pour en avoir (en dehors du fait que vous ne lirez jamais ces lignes), mais parce que je me suis trompé sur votre compte et que je ne peux que le reconnaître. Aussi parce qu'en ces heures, votre combat est trop important pour ne pas recevoir un soutien plein et entier.

J'ai longtemps pensé que vous n'étiez devenue Ministre de la Justice que parce que vous étiez (dans le désordre) radicale, antillaise et une femme. Peut-être que cela fait de moi un affreux raciste misogyne, mais il est ridicule de nier que la composition d'un gouvernement ressemble au moins autant à un casting qu'à un entretien d'embauche. Je continue de penser que vous n'avez pas été nommée pour vos compétences. Mais cela ne vous empêche pas d'en posséder, vous l'avez largement prouvé, je ne peux que le reconnaître.

Je suis le premier à défendre l'idée que la fonction d'homme ou de femme politique n'est en rien celle d'un expert. On n'a pas besoin d'être spécialiste d'un domaine pour devenir un bon ministre. Ainsi on ne confie pas la défense à un militaire ou l'éducation nationale à un prof. Alors pourquoi pas vous comme ministre de la Justice ? Parce que je n'ai pas oublié le 21 avril 2002. Oh, la responsabilité de la catastrophe ne vous incombe pas, mais vous y avez largement contribué. Or, vous n'avez jamais reconnu votre part de responsabilité, ce qui est pour moi le début de l'irresponsabilité. Oui je pensais que vous ne pourriez pas être une bonne ministre, je pensais que vous ne seriez pas à la hauteur, je pensais que vous étiez une erreur de casting qu'on allait amèrement regretter.

Quand, au meeting de François Hollande à Bercy à quelques jours du premier tour des Présidentielles, on vous a applaudi, je me suis abstenu. Je ne voyais pas en quoi vous méritiez la moindre acclamation, bien au contraire. Aujourd'hui, je le frapperai mes mains en votre honneur. Aujourd'hui, je vous féliciterai surtout pour votre discours d'hier à l'Assemblée, qui n'est pas la première sortie remarquable que vous avez effectué depuis que vous êtes Ministre. Oui le discours était beau, convaincant, fort et sincère pour une cause qui vaut bien que l'on mette tout son talent à son service. Et du talent, vous en avez.

Je vous avais mal jugé, Madame Taubira. Je m'en excuse encore une fois. On n'effacera jamais le passé, mais votre action conduira demain à une société plus juste, plus solidaire, tout simplement plus agréable à vivre. Cela vaut bien des excuses. Cela vaut même bien un merci.

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