epilogueQuand j'ai commencé le récit que je viens d'achever, j'imaginais l'écrire sur quelques mois, et non en un peu plus de trois ans. Au départ, j'avais prévu de le terminer sur un épilogue intitulé « et maintenant ? ». Cependant, cela n'aurait plus vraiment de sens de l'écrire aujourd'hui. J'aurais pu faire le choix aussi de poursuivre mon récit qui serait devenu « 13 ou 14 ans au Parti Socialiste ». Mais cela n'aurait pas non plus tellement de sens, tant le bloc des dix années entre la défaite de Ségolène Royal et le renoncement de François Hollande constitue un cycle complet avec son début et sa fin. Depuis, c'est une autre histoire qui a commencé à s'écrire et bien difficile aujourd'hui de savoir où elle va mener le Parti Socialiste.

Cela ne veut cependant pas dire que je n'aurais rien à raconter sur ces trois années et demi depuis le début de l'écriture de mon récit. Le PS parisien est un monde particulier qui vaut bien celui des Yvelines. Et j'ai trouvé dans le 18ème une Section d'une autre dimension que celle de Viroflay. Avoir Lionel Jospin comme camarade lors des réunions de Section vous donne l'occasion de quoi nourrir une narration. Les dernières élections municipales ont aussi donné lieu à quelques épisodes savoureux. Peut-être un jour viendra où j'aurais envie d'en tirer quelques lignes et à les partager.

Mais rien n'est moins sûr. Si j'ai eu envie de raconter ces dix années, de 2007 à 2017, ce n'est certainement pas pour cracher dans la soupe ou pour dénoncer quoique ce soit. C'est pourtant facile ou tentant de jouer les donneurs de leçons. Je reconnais que je ne suis certainement pas parvenu à échapper totalement à ce travers. Mais j'espère ne pas ressembler à tous ceux que j'ai croisés, prompts à critiquer, sans se remettre eux-mêmes en question et criant au scandale quand ils ne sont simplement pas parvenus à gagner la confiance des autres.

Ecrire ce récit était avant tout une façon pour moi d'essayer de mieux comprendre ce qui a pu se passer lors de ces dix ans. Passer d'une aussi belle ascension vers le succès à une cruelle chute qui a mené le PS au bord du néant. Je ne sais pas si j'y suis parvenu, mais au moins j'ai pu mettre certaines de mes idées et de mes constats au clair et d'avoir une vue d'ensemble des processus de conquête et de déclin.

Si j'ai une conclusion à apporter est que, finalement, l'histoire du PS, comme celle de toute organisation, est une histoire humaine avant tout, largement autant qu'une histoire politique. L'organisation collective est supposée écarter les travers individuels. Je me rends compte aujourd'hui que cette idée est belle sur le papier, mais se heurte à une réalité toute autre. L'histoire que j'ai racontée en est une illustration frappante. Mais je pourrais en raconter des similaires au sein d'entreprises ou d'associations où j'ai pu évoluer. Les organisations humaines souffrent des mêmes défauts que les êtres humains. Si un jour, le PS l'acceptait, il ferait un grand pas en avant...

40 épisodes pour arriver à une conclusion aussi courte... Tout ça, pour ça ! pourrait-on dire... Mais elle me permet de mieux comprendre pourquoi je suis resté « malgré tout ». Je connais beaucoup d'ancien compagnons de route qui me demandent pourquoi j'y crois encore. Je leur répondrais d'abord que tout cela n'est pas une question d'individus, d'organisation ou même d'idéologie. Tout cela est avant tout une question de nature humaine. Alors, je finirais par dire que, tout simplement, ne plus y croire, cela ne serait pas uniquement ne plus croire dans le PS, cela ne serait plus croire dans le fait que l'être humain puisse être meilleur demain. Et ne plus croire en cela, ce ne serait définitivement plus être socialiste. Et ça, ce n'est pas pour demain...

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