lasaintevictoireafficheAprès le film politique délirant et drôle, à savoir In the Loop, voici le film politique sérieux et pas drôle, la Sainte Victoire. Avant de commencer ma critique, je voudrais adresser toutes mes félicitations à deux personnes. Tout d’abord, à celui qui a trouvé le titre de ce film, habile jeu de mot entre son sens littéral et la référence à la montagne du même nom, où se déroule une scène-clé de l’intrigue. Ensuite, à l’auteur de la bande-annonce qui nous emmenait clairement sur une fausse piste, nous donnant à penser qu’on avait déjà vu tout le film, ce qui n’est pas du tout le cas. C’est d’ailleurs sûrement à cause de ça que je retire avant tout le positif de ce film.

Fils des quartiers nord d’Aix en Provence, Xavier Alvarez a réussi à monter sa boîte d’architecture. Mais peu introduit auprès des notables, il voit tous les marchés publics lui échapper. Il se lie alors d’amitié avec Vincent Cluzel, candidat à la mairie, mais loin d’être favori face au sortant, corrompu jusqu’à l’os. Il lui paye une large partie de la campagne, espèrant évidemment un retour d’ascenseur une fois l’élection gagnée… ce qui, justement, n’est pas gagné.

Pour In the Loop, j’avais dit que la vision d’un monde politique peuplé d’incompétents et de crétins étaient plus proches de la réalité qu’on ne le croyait. Pour la Sainte Victoire, le propos est plus proche du tous pourri, tous corrompus et même ceux qui veulent rester intègres sont poussés inexorablement vers le vice. Il s’agit là évidemment d’un pur cliché, même si ce n’est pas à moi que l’on va apprendre que le pouvoir, même minime, est corrupteur. Le fond du film est donc fait de raccourcis faciles, qui nous apprendrons que seuls les écologistes sont dignes de confiance.

lasaintevictoireCa aurait pu vraiment gâcher ce film, mais il reste assez bien foutu pour que l’on passe tout de même un bon moment. Comme je l’ai dit, le scénario de la Sainte Victoire, et surtout au niveau des relations entre les personnages, n’est pas aussi prévisible que l’on aurait pu le craindre. Il est même parfois surprenant, installant peu à peu une ambiguïté qui brouille nos certitudes et nous rend incapable de deviner le dénouement. L’histoire est, à côté de ça, racontée avec rythme et efficacité, l’intrigue avance et ne lambine pas en route. Bref, l’histoire de base vaut ce qu’elle vaut, mais la narration qui en est faite ne souffre que peu de défauts.

Et la grande surprise de ce film vient de Christian Clavier. Bon attendez, je fais une petite pause, je respire un bon coup, calmement… Oui, je vais dire du bien de Christian Clavier. On avait un peu oublié qu’il pouvait se comporter en véritable acteur qui ne vocifère pas à tout bout de champ. Il est même convaincant en élu… de gauche. Oui, oui, Christian Clavier, en homme de gauche… C’est dire qu’on est vraiment face à une performance d’acteurs. Quant à Clovis Cornillac, il fait du Clovis Cornillac, ce qui est déjà bien, vu que c’est quand même lui qui le fait le mieux.

La Sainte-Victoire m’a quand même plu parce que ce film m’a surpris. Sans cela, pas sûr que j’aurais autant apprécié un scénario qui traîne quand même un grand nombre de clichés.

Fiche technique :
Réalisateur : François Favrat
Scénariste : François Favrat
1er assistant réalisateur : Ivan Fegyveres
Chef décorateur : Denis Mercier
Monteur : Samuel Danesi
Monteur : Luc Barnier
Directeur de la photographie : Giovanni Fiore Coltellacci

Casting :
Clovis Cornillac : Xavier Alvarez
Christian Clavier : Vincent Cluzel
Sami Bouajila : Yacine Guesmila
Vimala Pons : Anaïs Cluzel
Valérie Benguigui : Michèle Dalembert
Marilyne Canto : Géraldine Wood
Michel Aumont : Robert Richerand
Eric Berger : Tristan de Courson
Marianne Denicourt : Françoise Gleize
Herrade Von Meier : Noémie 

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