lesoiseauxdepassageafficheAu village aussi l'on a de beaux assassinats, dit la chanson. Il est vrai que les zones rurales recèlent bien des histoires sombres et sanglantes. Y compris les zones rurales de Colombie, dans des terres où les logiques claniques liées à l'appartenance à des tribus indiennes dominent. Elles n'ont rien à envier à la Sicile et peuvent nous offrir des histoires qui n'ont pas à rougir devant le Parrain et autre Gomorra. La preuve avec les Oiseaux de Passage, dont le titre ne donne pas vraiment une idée immédiate du contenu de ce film, qui nous raconte comment le développement de la production de cannabis et le trafic qui s'en suit a apporté le trouble et la violence dans ces régions dans les années 70.

Les Oiseaux de Passage est un excellent film pour plusieurs raisons. Ce que l'on retient avant tout reste la galerie de personnages profondément marquants. C'est souvent le cas des films de « gangsters », ces derniers se démarquant souvent du commun des mortels. Ici, le contexte socio-géographique très particulier renforce encore cette singularité. On découvre aussi une culture et un aspect méconnu d'un pays. Cela donne toute la richesse de ce film. Tout cela est également porté par une intrigue solide, pleine de rebondissements, avec un rythme et une intensité qui va crescendo. Cela donne beaucoup de raisons pour apprécier cette histoire à la fois hyper classique et profondément originale.

lesoiseauxdepassageLes Oiseaux de Passage bénéficie également d'une réalisation élégante. Ciro Guerra et Cristina Gallego donnent à leur film une réelle identité visuelle qui contribue largement à la qualité du film. C'est aussi par ses qualités esthétiques que l'on rentre profondément dans cette histoire fascinante. Tout cela met parfaitement en lumière un casting de très haut niveau. On peut particulièrement en avant Carmina Martinez, impressionnante en matrone chef de clan. Au final, on assiste à un spectacle étonnant, à ne pas mettre devant les yeux les plus sensibles et qui apportent une vraie nouveauté à un genre que l'on pouvait imaginer éculé.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Ciudad Lunar, Blond Indian Films, Pimienta Films, Films Boutique, Snowglobe
Réalisation : Ciro Guerra, Cristina Gallego
Scénario : Ciro Guerra, Maria Camila Arias, Jacques Toulemonde Vidal
Montage : Miguel Schverdfinger
Photo : David Gallegos
Décors : Angélica Perea
Distribution : Diaphana
Musique : Leonardo Heiblum
Directeur artistique : Angelica Perea
Durée : 125 min

Casting :
Carmina Martinez : Ursula
José Acosta : Rapayet
Natalia Reyes : Zaida
Jhon Narvaez : Moises

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