shutterislandafficheJ’ai rarement été aussi embêté pour écrire une critique que pour vous parler de Shutter Island, le dernier film de Martin Scorsese. Il s’agit d’un thriller plein de suspense et de mystère. Et qui dit thriller plein de suspense et de mystère, dit retournement de situation final de la mort qui déchire sa mère en sous-tif devant le Super U… Oui, oui, rien de moins que ça ! Le problème, c’est que, personnellement, je n’ai jamais douté une seule seconde de ce qu’il serait. Du coup, je n’ai jamais eu l’impression d’être mené en bateau par l’histoire, ce qui m’a considérablement gâché mon plaisir. Il n’en reste pas moins que ce film est un bijou cinématographique.

Les marshalls Teddy Daniels et Chuck Aule sont envoyés sur Shutter Island, une île au large de Boston qui sert de prison et d’hôpital psychiatrique, pour enquêter sur l’étrange évasion d’une des pensionnaires. Mais très vite, ils se rendent bien compte que l’île recèle bien des secrets que ses occupants ne sont pas pressés de voir dévoiler.

Que dire alors ? Shutter Island reste avant un tout un Scorsese. On est donc face à une réalisation techniquement magistrale. Il ne donne pas dans le clinquant et l’effet de caméra spectaculaire, sait qu’un plan a le droit de durer plus de deux secondes (il ne pourrait pas le dire à Guy Ritchie ?). Mais il sait composer une image, son cadrage, sa lumière pour arriver à l’effet souhaité. L’image en elle-même parle alors au moins autant que les dialogues et on se demande encore comment aucun de ses films n’ait pu être couronné aux Oscars. Ron Howard pourrait lui en refilé une, parce que franchement… Enfin ceci est un autre débat.

Shutter Island confirme aussi la véritable histoire d’amour entre Scorsese et Di Caprio. Une synergie rare entre un réalisateur et un acteur. Enfin, il faut bien admettre qu’une synergie est d’autant plus facile à créer que les participants sont déjà talentueux à la base. Et Dieu sait si ces deux là le sont ! Et dire qu’à une époque, lointaine désormais, je ne rêvais que d’une chose : lui lacérer le visage pour qu’on arrête de subir sa tronche d’adolescent prépubère mal dégrossi…

shutterislandReste évidemment le scénario et la narration… Et c’est là que les ennuis commencent pour moi car je vais bien avoir du mal à vous en parler. Honnêtement, je me suis presque ennuyé devant Shutter Island. De longues scènes sensées plonger le spectateur dans le mystère et la circonspection me sont apparues comme de longs moments où l’intrigue n’avançait plus. Je suis resté indifférent face à ce qui aurait du être une plongée dans un abîme. Je suis resté au bord de la falaise avec ma frustration et ma déception.

Vue mon expérience personnelle, je vous propose donc plutôt de vous référer à tout ce qui a pu être écrit sur Shutter Island. Vu la quasi-unanimité, il est évidemment qu’il fonctionne à la perfection et que le suspense restera entier jusqu’au dernières minutes pour une immense majorité des spectateurs. Je constitue simplement l’exception qui confirme la règle. Mais bon, à la fois, tout le monde sait déjà que je suis quelqu’un d’exceptionnel…

Shutter Island est donc objectivement un petit chef-d’œuvre du 7ème art. Après, reste ma propre subjectivité, mais elle m’est propre et pas sûrement pas transposable à tous ceux qui iront voir ce film. Et ils auront bien raison.

Fiche technique :
Production : Phoenix pictures, Sikelia Productions, Appian Way
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Laeta Kalogridis, d'après le roman de Dennis Lehane
Montage : Thelma Schoonmaker
Photo : Robert Richardson
Décors : Dante Ferretti
Musique : Robbie Robertson
Effets spéciaux : Ron Ames
Durée : 137 mn

Casting :
Leonardo DiCaprio : Teddy Daniels
Mark Ruffalo : Chuck Aule
Ben Kingsley : Dr Cawley
Michelle Williams : Dolores
Emily Mortimer : Rachel Solando
Patricia Clarkson : Rachel Solando
Max Von Sydow : Dr Jeremiah Naehring 

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