lereveitalienafficheL’année 68, l’année de tous les fantasmes. Une année mythique et historique. En France, bien sûr, avec son fameux mois de mai, mais un peu partout en Europe et dans le monde. Et en Italie également, puisque l’année 68 transalpine constitue le cadre de Le Rêve Italien, qui raconte les manifestations étudiantes et syndicales qui l’auront marquée.

Sous l’impulsion de Libero, l’université de Rome se soulève et se met en grève pour protester contre la guerre au Viêt-Nam et, accessoirement, changer la société dans son ensemble. Ce mouvement entraînera Laura, issu d’une famille bourgeoise qui goûte fort peu les penchants révolutionnaires de leur fille. Enfin, Nicola est policier. Jeune et beau, il est chargé d’infiltrer le mouvement étudiant. Entre les trois se noueront des passions qui ne seront pas que politiques.

Avant d’être un film historique, Le Rêve Italien est avant tout une histoire de triangle amoureux, sujet éternel et qui n’a pas fini de nourrir les scénarios et les romans. Evidemment, les sentiments seront fluctuants et plein de rebondissements, sinon il n’y aurait pas de film. Mais ici, il manque les explications et les éléments déclencheurs de ces revirements brusques. On passe plusieurs fois d’un sentiment à l’autre sans que l’on sache vraiment pourquoi. Je sais bien que l’amour est volatile, mais enfin, ceci constitue quand même le principal élément du récit, il aurait donc été bon qu’il soit cohérent, fouillé et intéressant.

L’intérêt aurait alors pu jaillir de la reconstitution historique de cette fameuse année 68. Mais là encore, Le Rêve Italien se plante. D’un côté, le monde des étudiants révolutionnaires sympathiques, engagés et solidaires, de l’autre l’Etat et à la police intolérante, répressive et violente. Bref, un manichéisme pas très subtil qui n’apporte rien à la compréhension de cette époque. Si cela n’avait constitué qu’une toile de fond discrète, cela aurait pu ne pas poser de problème. Mais malheureusement, le contexte historique est omniprésent et alourdit donc plutôt le film.

lereveitalienMême le personnage de Nicola n’arrive pas à apporter un peu de gris dans le paysage noir et blanc de Le Rêve Italien. Pourtant, ce policier qui se prend de sympathie pour le groupe qu’il est chargé d’infiltré aurait pu conduire à une évolution intéressante. Mais on voit bien dès le début qu’il est policier par accident et qu’il est aussi motivé qu’un collégien pour un cours de techno à 16h le vendredi soir. Il n’y a donc aucune surprise dans sa conversion, les beaux yeux de Laura représentant évidemment une motivation bien suffisante.

La seule chose qui sauve le Rêve Italien, ce sont ses personnages. Malgré leur manque d’épaisseur et de finesse, on se prend de sympathie pour eux bien au-delà de leur combat politique. On le doit notamment à une interprétation de qualité, notamment Luca Argento, qui interprète Libero, dont le charisme est évident. On appréciera également l’apparition de Laura Morante dont le talent n’a d’égal que le charme et la beauté.

Le Rêve Italien fera peut-être revivre une époque aux nostalgiques… Mais je doute que cette époque revive vraiment à travers ce film plutôt médiocre.

Fiche technique :
Réalisateur : Michele Placido
Scénariste : Doriana Leondeff, Angelo Pasquini et Michele Placido
Chef décorateur : Francesco Frigeri
Costumier : Claudio Cordaro
Compositeur : Nicola Piovani
Monteur : Consuelo Catucci
Directeur de la photographie : Arnaldo Catinari

Casting :
Riccardo Scamarcio : Nicola
Jasmine Trinca : Laura
Luca Argentero : Libero
Massimo Popolizio : Domenico
Laura Morante : Maddalena
Dajana Roncione : Isabella

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