larafleaffichePour s’attaquer à certains sujets quand on est cinéaste, il faut une bonne dose de courage. Avec la Rafle, Roselyne Bosch n’en a pas manqué en s’attaquant au récit d’un des épisodes les moins glorieux (doux euphémisme) de l’histoire de France, à savoir la rafle du Vel d’hiv’. L’exercice est délicat car on tombe facilement dans l’émotion facile. Le film n’en est malheureusement pas dénué, même si l’œuvre est à saluer.

Le 16 juillet 1942, la vie de Jo Weisman, 11 ans, bascule. La sienne ett celle d’une dizaine de milliers d’autres Juifs, raflés à Paris et conduit au Vélodrome d’Hiver. Mais ceci n’est qu’une étape. Mais une étape vers où ? Vers quoi ?

Un des principaux mérites de la Rafle est de montrer sans détour le rôle joué par le gouvernement de Vichy. Il nous rappelle que cette rafle fut une initiative française qui a largement devancé les exigences du régime nazi. Il n’oublie pas non plus que plus de la moitié des Juifs qui devaient être raflés n’ont pas été trouvés, ce qui démontre que l’image de « tous collabos » est loin d’être vrai.

Mais la Rafle se concentre évidemment avant tout sur ceux qui n’ont pas eu cette chance. Il nous montre leur parcours de manière parfois crue, sans être non plus d’une extrême violence. Certains passages sont néanmoins assez durs, sans jamais tomber dans un spectaculaire déplacé. Il y’a un vrai soucis de reconstitution historique fidèle. Le film cherche à être un témoignage, bien plus qu’une simple fiction. Et sur cet aspect-là, il n’y a vraiment rien à reprocher à ce film.

Si on est un peu méchant, on dira que la Rafle, c’est un peu la Liste de Schindler ou le Pianiste du pauvre. Roselyne Bosh n’est ni Spielberg, ni Polanski et a bien du mal à dépasser le niveau artistique d’un sympathique téléfilm de reconstitution. Mais un long métrage n’est pas tout à fait un documentaire et on est du coup quelque peu frustré. Si le casting est de qualité, la réalisation est elle sans grande imagination et pas vraiment à la hauteur du sujet.

larafleOn pourra toujours répondre que le Rafle est tout de même très fortement chargé en émotion. Mais pouvait-il en être autrement ? Surtout que le film se concentre énormément sur le destin des enfants. Etre indifférent à leur sort serait tout simplement inhumain, surtout que, comme je l’ai déjà expliqué, le film nous rappelle bien qu’il s’agit de faits réels et, mine de rien, quasi contemporains. Mais encore une fois, il manque un petit quelque chose pour que l’émotion soit moins automatique.

Le film souffre également de quelques autres faiblesses. La direction d’acteurs n’est pas non plus formidable. Seule Mélanie Laurent surnage vraiment et confirme toute l’admiration que j’ai pour elle. Le reste du casting est certes prestigieux, mais il manque un Adrien Brody comme dans le Pianiste pour sublimer tout ça. Et puis, il y’a quelques tics un peu horripilants. Les scènes avec Hitler sont par exemple toutes sur le même modèle. Elles commencent toutes par une scène de vie avant que Himmler n’arrive pour lui parler des Juifs. La seule différence, c’est qu’une fois, c’est à Berlin, une autre dans le Tyrol… Bref, là encore, Rosalyne Bosch n’a pas su faire preuve d’un talent artistique à la hauteur du propos.

La Rafle est donc un film à saluer pour son contenu, qui justifie à lui seul d’aller le voir. Même si la forme pêche un peu…

Fiche technique :
Production : Gaumont, Legende
Distribution : Gaumont Distribution
Réalisation : Rose Bosch
Scénario : Rose Bosch
Montage : Yan Malcor
Photo : David Ungaro
Décors : Olivier Raoux
Effets spéciaux : Thomas Duval
Durée : 115 mn

Casitng :
Melanie Laurent : Annette Monod
Jean Réno : Dr David Sheinbaum
Gad Elmaleh : Schmuel Weismann
Raphaëlle Agogué : Sura Weismann
Hugo Levardez : Joseph Weismann
Sylvie Testud : Bella Zygler
Anne Brochet : Dina Traube
Isabelle Gélinas : Hélène Timonier
Thierry Frémont : Capitiaine Pierret

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