parlerallemand11 ans, au régime de plusieurs heures par semaine, ça en fait du temps passé. Du temps, évidemment, qui ne sera jamais rattrapé, puisque, jusqu’à preuve du contraire, une seule vie nous est accordée. Un temps qui pourrait servir à tant de choses. Tant de choses à faire, à voir, à apprendre…

Ce temps justement, je l’ai consacré à apprendre. Ou du moins, à essayer d’apprendre. Car les évènements de ce week-end m’ont prouvé une nouvelle fois que s’il y’a bien une chose que je n’ai pas réussi à apprendre, c’est bien à parler allemand.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais voilà, les langues n’ont jamais été vraiment mon fort. Si j’ai réussi à acquérir, avec un peu de peine, un niveau assez correct en Anglais, la langue de Goethe m’a toujours résisté. J’ai toujours été plutôt du genre premier de la classe et généralement une note en-dessous de 15 me décevait. Mais voilà un niveau que j’ai rarement dépassé en allemand. J’étais juste moyen…

Même en étant moyen pendant 11 ans, j’aurais quand même du acquérir le minimum me permettant de tenir une conversation. Si j’arrive, à la limite, à comprendre l’allemand à l’écrit, dès qu’il s’agit d’oral, mon interlocuteur pourrait parler chinois, que cela reviendrait à peu près au même… Bon allez, j’exagère, j’arrive à saisir le sens de quelques passages, mais de manière bien trop éparse pour comprendre le discours prononcé.

Quelles sont donc les raisons de ce constat plutôt désespérant ? Deux raisons principales. Déjà, j’ai été largement tiré vers le bas par le niveau et la non-motivation générale. En 11ème année, j’ai encore revu les déclinaisons, la règle de base de l’allemand qui, appris correctement une fois pour toute en première année, permet de passer à des choses un peu plus intéressantes. D’ailleurs, mon meilleur niveau en allemand a peut-être été en 4ème, après deux ans passés à Nantes, dans une classe de très bon niveau où je ramais pour suivre le train qui était lancé à pleine vitesse. Ensuite, j’ai toujours été dans des tortillards qui n’avançaient qu’à grand peine.

L’autre raison est, bien sûr, l’absence quasi total de contact avec la langue. N’écoutant pas Nena en boucle, mes oreilles sont rarement confrontées à l’allemand. A l’heure, où j’écris ces lignes, mon shuffle m’a balancé la chanson « Dreams » (on ne se fout pas de ma gueule, s’il vous plaît) et il y’a de forte chance que le prochain morceau soit aussi en anglais. Et je ne parle même pas de mon abonnement à Time Magazine et tous les films en VO que je vais voir… Bien sûr, le dernier était justement un film allemand, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan d’anglais dans lequel nous baignons. Et ce dernier nous procure l’immense avantage de pouvoir conserver le vocabulaire que l’on a pu apprendre à l’école. En allemand, j’en aurais appris des listes de mots. Mais mon petit cerveau, après avoir passé plusieurs années sans les entendre, a évidemment fini par supprimer ces informations qu’il a jugé superflues.

L’année prochaine, j’irai certainement à Hassloch, car ces échanges avec nos camarades sont toujours très sympathiques et très intéressants. On est toujours très bien reçus, et inversement. Beaucoup d’entre eux, à ma plus grande honte, parlent relativement bien français. Avec les autres, je parlerai anglais… C’est désolant d’avoir passé 11 ans à étudier la langue de quelqu’un pour devoir lui en parler une autre. Mais malheureusement, je crains que ces 11 ans soient à jamais vains et que jamais je ne lirai Goethe dans le texte… même après plusieurs bouteilles de vin !

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