Generated by All in One SEO v4.9.10, this is an llms.txt file, used by LLMs to index the site. # julien bouffartigue MON SITE A MOI ! Découvrez mon univers ## Sitemaps - [XML Sitemap](https://julienbouffartigue.net/sitemap.xml): Contains all public & indexable URLs for this website. ## Articles - [JOHN WICK : CHAPITRE 4 : Dernier tango à Paris](https://julienbouffartigue.net/2023/06/19/john-wick-chapitre-4/) - Ma critique de John Wick : Chapitre 4, un film de Chad Stalheski, sorti le 22 mars 2023. LA NOTE : 10,5/ - [L’HÉRITAGE DES ESPIONS : Galerie floue](https://julienbouffartigue.net/2023/06/18/lheritage-des-espions/) - Ma critique du roman l'Héritage des Espions de John le Carré, publié en 2018. Un roman classique pour l'auteur, mais trop confus - [THE WHALE : Fond échoué](https://julienbouffartigue.net/2023/06/17/the-whale/) - Ma critique de The Whale, un film de Darren Aronofsky, sorti le 8 mars 2023. LA NOTE : 10,5/20. 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Un exercice de style réussi basé sur un compte-rendu d'interrogatoire - [LES HÉRÉTIQUES DE DUNE (Frank Herbert) : En plein brouillard](https://julienbouffartigue.net/2023/09/03/les-heretiques-de-dune/) - Ma critique des les Hérétiques de Dune, un roman de Frank Herbert, publié en 1985. Une intrigue qui rebondit mais un lecteur en plein brouillard. - [OPPENHEIMER : Le destin d'un monde](https://julienbouffartigue.net/2023/09/02/oppenheimer/) - Ma critique d'Oppenheimer, un film de Christopher Nolan, sorti le 18 juillet 2023. LA NOTE : 16/20. Un grand film sur la notion de dilemme moral. - [LA MORT DE BELLE (Georges Simenon) : Travers universels](https://julienbouffartigue.net/2023/08/27/la-mort-de-belle/) - Ma critique de la Mort de Belle, un roman de Georges Simenon, publié en 1952. Un roman qui nous emmène aux USA, souffrant d'une fin confuse. - [BARBIE : Barbie world !](https://julienbouffartigue.net/2023/08/26/barbie/) - Ma critique de Barbie, un film de Greta Gerwig, sorti le 19 juillet 2023. LA NOTE : 14/0. Le meilleur coup marketing de l'histoire - [HUIT CRIMES PARFAITS (Peter Swanson) : Longue vie aux polars !](https://julienbouffartigue.net/2023/08/23/huit-crimes-parfaits/) - Ma critique de Huit Crimes Parfaits, un roman de Peter Swanson, publié en 2020. Un polar élégant qui célèbre ce genre littéraire - [MISSION IMPOSSIBLE : DEAD RECKONING, PARTIE 1 : Éternelle jeunesse](https://julienbouffartigue.net/2023/08/20/mission-impossible-dead-reckoning-partie-1/) - Ma critique du film Mission Impossible : Dead Reckoning, partie 1, un film de Christopher McQuarrie, sorti le 12 juillet 2023. LA NOTE : 12,5/20 - [ALLUVIUM (C Duncan), THE CAR (Artic Monkeys), ULTRAVIOLET BATTLE HYMNS AND TRUE CONFESSIONS (The Dream Syndicate) : Montez à bord !](https://julienbouffartigue.net/2023/08/20/alluvium/) - Ma critique des albums Alluvium de C Duncan, The Car d'Artic Monkeys et Ultraviolet Battle Hymns and True Confessions de The Dream Syndicate - [INDIANA JONES ET LE CADRAN DE LA DESTINÉE : Pour l'éternité](https://julienbouffartigue.net/2023/08/11/indiana-jones-et-le-cadran-de-la-destinee/) - Ma critique d'Indiana Jones et le Cadran de la Destinée, un film de James Mangold, sorti le 28 juin 2023. LA NOTE : 12,5/20 - [ASTEROID CITY : Wes Wes](https://julienbouffartigue.net/2023/08/10/asteroid-city/) - Ma critique d'Asteroid City, un film de Wes Anderson, sorti le 21 juin 2023. LA NOTE : 13/20. Du pur Wes Anderson. Pas de surprise. - [NOIR SANCTUAIRE (Douglas Preston et Lincoln Child) : Oubliable](https://julienbouffartigue.net/2023/08/10/noir-sanctuaire/) - Ma critique du roman Noir Sanctuaire de Douglas Preston et Lincoln Child, publié en 2016. Un polar totalement oubliable - [THE FLASH : C'est mal de copier !](https://julienbouffartigue.net/2023/08/09/the-flash/) - Ma critique de The Flash, un film de Andrés Muschietti, sorti le 14 juin 2023. LA NOTE : 06/20. Un plagiat de bonnes idées Marvel - [HOME, BEFORE AND AFTER (Regina Spektor), FEAR FEAR (Working's Men Club), LAST NIGHT IN THE BITTERSWEET (Paolo Nutini) : Valeurs sûres](https://julienbouffartigue.net/2023/08/09/home-before-and-after/) - Ma critique des albums de Home, Before and After de Regina Spektor, Fear Fear de Working's Men Club et Last Night in the Bittersweet de Paolo Nutini - [R.M.N. : 50 nuances de gris](https://julienbouffartigue.net/2022/11/20/r-m-n/) - Ma critique de R.M.N., un film de Cristian Mungiu, sorti le 19 octobre 2022. LA NOTE : 14/20. Un film qui renvoie chacun à ses travers - [NOVEMBRE : Le feu de l'action](https://julienbouffartigue.net/2022/10/10/novembre/) - Ma critique de Novembre, un film de Cédric Jimenez, sorti le 05 octobre 2022. LA NOTE : 12,5/20. Une grande maîtrise dans l'action mais qui pose question - [LA PAGE BLANCHE : Le changement, c'est maintenant !](https://julienbouffartigue.net/2022/09/04/la-page-blanche/) - Ma critique de la Page Blanche, un film de Murielle Magellan, sorti le 31 août 2022. LA NOTE : 11,50. Jolie fable un rien métaphysique - [AS BESTAS : Féroce !](https://julienbouffartigue.net/2022/08/17/as-bestas/) - Ma critique d'As Bestas, un film de Rodrigo Sorogoyen, sorti le 20 juillet 2022. LA NOTE : 15/20. Une très belle collaboration franco-espagnole - [BUZZ L’ÉCLAIR : Vers l'infini mais guère au-delà](https://julienbouffartigue.net/2022/08/02/buzz-leclair/) - Ma critique de Buzz l’Éclair, un film d'Angus McLane, sorti le 22 juin 2022. LA NOTE : 11/20. Sympathique et divertissant - [EL BUEN PATRON : Le bon Javier](https://julienbouffartigue.net/2022/07/24/el-buen-patron/) - Ma critique de El Buen Patrón, un film de Fernando León de Aranoa, sorti le 22 juin 2022. LA NOTE : 13/20. Un portrait satyrique savoureux - [ELVIS : King is not dead](https://julienbouffartigue.net/2022/07/24/elvis/) - Ma critique d'Elvis, film de Baz Luhrmann, sorti le 22 juin 2022. LA NOTE : 12,5/20. Baz Luhrmann confirme qu'il est un grand réalisateur de comédie musicale - [LES CRIMES DU FUTUR : Au risque de se perdre](https://julienbouffartigue.net/2022/07/14/les-crimes-du-futur/) - Ma critique de Les Crimes du Futur, un film de David Cronenberg. - [JURASSIC WORLD : LE JOUR D'APRES : Le nullosaure](https://julienbouffartigue.net/2022/07/13/jurassic-world-le-jour-dapres/) - Ma critique de Jurassic World : le Monde - [ARISTOCRATS : Cri subtil](https://julienbouffartigue.net/2022/04/09/aristocrats/) - Copyright Art House Aristocrats est porté par un merveilleux trio. Je mettrai en avant tout d'abord Kiko Mizuhara, qu'on a pu apercevoir par ailleurs l'année dernière dans Annette. Elle incarne l'élément perturbateur dans ce monde qui semble régi par des traditions séculaires et surtout immuables. Le tout avec la subtilité qui caractérise ce film. A - [PLACES : La bonne place](https://julienbouffartigue.net/2022/01/27/places/) - Copyright Michaël Crotto Difficile de ressortir quelqu'un en particulier du casting de Placés. Tout le monde joue son rôle avec beaucoup de conviction, emportant avec lui celle du spectateur. Adultes comme adolescentes et adolescents parviennent à doter ce film de plusieurs couches d'humanité à l'état brute qui nous permet de largement pardonner les faiblesses constatées - [LES BRAISES (Sandor Márai) : Cherchez la femme](https://julienbouffartigue.net/2021/10/03/les-braises/) - Attention dans cette introduction, je vais divulgâcher ! Donc si un jour vous comptiez lire les Braises de Sandor Márai, vous pouvez vous arrêtez là. Au moins, je vous aurais prévenu. C'est bon ? Vous êtes toujours là ? Ok, j'y vais ! Derrière toute histoire d'hommes, il y a une femme. Voilà un beau cliché un rien sexiste, - [LIFE ON EARTH (Hurray for the Riff Raff), PAINLESS (Ninüfer YaNya), LUCIFER ON SOFA (Spoon) : Bons classiques](https://julienbouffartigue.net/2022/11/30/life-on-earth/) - Ma critique des albums Life on Earth de Hurray for the Riff Raff, Painless de Nilüfer Yanya et Lucifer on Sofa de Spoon - [I'M NOT SORRY, I WAS JUST BEING ME (King Hannah), LIMBS (Keeley Forsyth), MAMA FORGOT HER NAME WAS MIRACLE (Melissa Laveaux) : Lâcher la voix](https://julienbouffartigue.net/2022/12/23/im-not-sorry-i-was-just-being-me-king-hannah/) - Ma critique de I'm Sorry, I was just Being Me de King Hannah, Limbs de Keeley Forsyth et Mama Forgot her Name was Miracle de Mélissa Laveaux - [LA FAMILLE ASADA : La belle famille](https://julienbouffartigue.net/2023/03/18/la-famille-asada/) - Ma critique de la Famille Asada, un film de Ryōta Nakano,sorti le 25 janvier 2023. LA NOTE : 15/20. Un petit bijou d'humanisme et d'émotion - [DIASPORA PROBLEMS (Soul Glo), INSIDE PROBLEMS (Andrew Bird), BIG TIME (Angel Olsen) : Constance dans la qualité](https://julienbouffartigue.net/2023/06/06/diaspora-problems/) - Ma critique des albumsde Diaspora Problems de Soul Glo, Inside Problems d'Andrew Bird et Big Time d'Angel Olsen - [JE VERRAI TOUJOURS VOS VISAGES : Double face](https://julienbouffartigue.net/2023/07/05/je-verrai-toujours-vos-visages-double-face/) - Ma critique du film Je Verrai Toujours Vos Visages, de Jeanne Herry, sorti le 29 mars 2023. LA NOTE : 13,5/20. Un beau succès dans la lignée de Pupille - [LES TROIS MOUSQUETAIRES : D'ARTAGNAN : Héros éternels](https://julienbouffartigue.net/2023/07/19/les-trois-mousquetaires-dartagnan/) - Ma critique de les Trois Mousquetaires : D'Artagnan, un film de Martin Bourboulon, sorti le 5 avril 2023. LA NOTE : 12/20 - [SPIDER-MAN : ACROSS THE SPIDER-VERSE : Plein les yeux](https://julienbouffartigue.net/2023/08/08/spider-man-across-the-spider-verse/) - Ma critique de Spider-Man : Across the Spider-Verse, un film de Kemp Powers, Joaquim Dos Santos et Justin K. Thompson, sorti le 31 mai 2023 - [JEANNE DU BARRY : La force du point de vue](https://julienbouffartigue.net/2023/08/07/jeanne-du-barry/) - Ma critique de Jeanne du Barry, un film de Maïwenn, sorti le 16 mai 2023. LA NOTE : 12,5/20. Un film au point de vue féministe assumé passionnant par moments - [WE'VE BEEN GOING ABOUT THIS ALL WRONG (Shanon Van Etten), CRUEL COUNTRY (Wilco), A BIT OF PREVIOUS (Belle and Sebastian) : Pour se poser](https://julienbouffartigue.net/2023/08/06/weve-been-going-about-this-all-wrong/) - Ma critique des albums We've Been Going About This All Wrong de Shanon Van Etten, Cruel Country de Wilco et A Bit of Previous de Belle and Sebastian - [LES GARDIENS DE LA GALAXIE VOL. 3 : Humour et émotion](https://julienbouffartigue.net/2023/08/06/les-gardiens-de-la-galaxie-vol-3/) - Ma critique de les Gardiens de la Galaxie Volume 3, un film de James Gunn, sorti le 3 mai 2023. LA NOTE : 13/20. Le meilleur Marvel depuis longtemps - [NOTRE TOUT PETIT PETIT MARIAGE : Petit rire franc](https://julienbouffartigue.net/2023/08/05/notre-tout-petit-petit-mariage/) - Ma critique de Notre Tout Petit Petit Mariage, un film de Fédéric Quiring, sorti le 26 avril 2023. LA NOTE : 11/20. Une comédie qui fait rire, tout simplement - [MISANTHROPE : Bon comme un bon polar](https://julienbouffartigue.net/2023/07/30/misanthrope-bon-comme-un-bon-polar/) - Ma critique de Misanthrope, un film de Damián Szifrón, sorti le 26 avril 2023. LA NOTE : 13/20. Un polar classique mais excellent - [L'EMPEREUR-DIEU DE DUNE (Frank Herbert) : Ver philosophe](https://julienbouffartigue.net/2023/07/23/lempereur-dieu-de-dune/) - Ma critique de l'Empereur-Dieu de Dune, un roman de Frank Herbert, publié en 1982. Plus ésotérique et fascinant que jamais. - [DONJONS & DRAGONS : L'HONNEUR DES VOLEURS : Bien joué !](https://julienbouffartigue.net/2023/07/20/donjons-dragons/) - Ma critique de Donjons & Dragons : l'Honneur des Voleurs, un film de Jonathan Goldstein et John Francis Daley, sorti le 12 avril 2023 - [STOLEN TIME (Abigail Lapell), TURN IT ON ! 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LA NOTE : 13/20. Un film réussi, mais un chef d’œuvre raté - [WET LEG (Wet Leg), SKINTY FIA (Fontaines D.C.), GROWING UP (The Lindas Lindas) : Punk au féminin](https://julienbouffartigue.net/2023/03/18/wet-leg/) - Ma critique des albums Wet Leg de Wet Leg, Skinty Fia de Fontaine D.C. et Growing Up de the Lindas Lindas. Du punk féminin qui déménage - [BABYLON : Pour l'amour du cinéma](https://julienbouffartigue.net/2023/02/20/babylon/) - Ma critique de Babylon, un film de Damien Chazelle, sorti le 18 janvier 2023. LA NOTE : 16,5/20. 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Un biopic de Sissi, qui prend des libertés avec l'histoire - [LE MESSIE DE DUNE (Frank Herbert) : Traversée du désert](https://julienbouffartigue.net/2023/01/07/le-messie-de-dune/) - Ma critique de le Messie de Dune, un roman de Frank Herbert, écrit en 1965. Un voyage contemplatif où on trouve le temps un peu long - [LES BONNES ÉTOILES : Soleil levant au matin calme](https://julienbouffartigue.net/2023/01/01/les-bonnes-etoiles/) - Ma critique de les Bonnes Étoiles, un film coréen de Hirokazu Kore-eda, sorti le 07 décembre 2022, LA NOTE : 13/20. Le meilleur des cinémas coréens et japon - [OLYMPOS (Dan Simmons) : La chute des Dieux](https://julienbouffartigue.net/2022/12/30/olympos/) - Ma critique d'Olympos, un roman de Dan Simmons, publié en 2006. Un roman choral, inégal mais à l'incontestable personnalité - [ANNIE COLÈRE : Le combat d'une vie](https://julienbouffartigue.net/2022/12/30/annie-colere/) - Ma critique d'Annie Colère, un film de Blandine Lenoir, sorti le 30 novembre 2022. LA NOTE : 13/20. L'Histoire racontée par l'histoire - [FUMER FAIT TOUSSER : Écran de fumée](https://julienbouffartigue.net/2022/12/28/fumer-fait-tousser/) - Ma critique de Fumer Fait Tousser, un film de Quentin Dupieux, sorti le 30 novembre 2022. LA NOTE : 8,5/20. UnDupieux qui ne restera pas dans les mémoires - [LES AMANDIERS : Devenir actrice](https://julienbouffartigue.net/2022/12/27/les-amandiers/) - Ma critique de les Amandiers, un film de Valéria Bruni-Tedeschi, sorti le 16 novembre 2022. LA NOTE : 13/20. Un film touchant au-delà des pol - [RESTE UN PEU : Contrôle d'identité](https://julienbouffartigue.net/2022/12/11/reste-un-peu/) - Ma critique de Reste un Peu, un film de Gad Elmaleh, sorti le 16 novembre 2022. LA NOTE : 13/20. Un double pari très réussi - [MADAME BOVARY (Gustave Flaubert) : Il était temps](https://julienbouffartigue.net/2022/12/10/madame-bovary/) - Ma critique de Madame Bovary, de Gustave Flaubert. Un roman d'une incroyable modernité, intemporel et univers - [BLACK PANTHER : WAKANDA FOREVER : L'enthousiasme attendra](https://julienbouffartigue.net/2022/12/10/black-panther-wakanda-forever/) - Ma critique de Black Panther : Wakanda Forever, un film de Ryan Coogler, sorti le 9 novembre 2022. LA NOTE : 10/20 - [ARMAGEDDON TIME : L'art d'être grand-père](https://julienbouffartigue.net/2022/12/08/armageddon-time/) - Ma critique d'Armageddon Time, un film de James Gray, sorti le 9 novembre 2022. LA NOTE : 16/20. Un propos bouleversant et d'une grande prof - [LA CONSPIRATION DU CAIRE : Noir égyptien](https://julienbouffartigue.net/2022/11/27/la-conspiration-du-caire/) - Ma critique de la Conspiration du Caire, un film de Tarik Saleh, sorti le 26 octobre 2022. LA NOTE : 14/20. Un vrai film - [L'INNOCENT : Se méfier des apparences... ou pas...](https://julienbouffartigue.net/2022/10/25/linnocent-se-mefier-des-apparences-ou-pas/) - Ma critique de l'Innocent, un film de Louis Garrel, sorti le 12 octobre 2022. LA NOTE : 13/20. Une comédie au scénario remarquable - [EO : Un certain regard](https://julienbouffartigue.net/2022/10/23/eo/) - Ma critique d'EO, un film de Jerzy Skolimowski, sorti le 19 octobre 2022. LA NOTE : 11,5/20. Le monde des humains vu par le regard d'un âne - [UN BEAU MATIN : Construction, déconstruction](https://julienbouffartigue.net/2022/10/22/un-beau-matin/) - Ma critique de Un Beau Matin, un film de Mia Hansen-Løve, sorti le 05 octobre 2022. LA NOTE : 12,5/20. L'oeuvre la plus aboutie de la réalisatrice - [JACK MIMOUN ET LES SECRETS DE VAL VERDE : Aventures rétros](https://julienbouffartigue.net/2022/10/20/jack-mimoun-et-les-secrets-de-val-verde/) - Ma critique de Jack Mimoun et les Secrets de Val Verde, un film de Malik Bentalha, sorti le 12 octobre 2022 - [LE CHAGRIN ENTRE LES FILS (Tony Hillerman) : Voyage à Vide](https://julienbouffartigue.net/2022/10/18/le-chagrin-entre-les-fils/) - Ma critique de le Chagrin entre les Fils, un roman de Tony Hillerman, publié en 2006. Un roman que l'on quitte sans en retenir grand chose - [TORI ET LOKITA : La misère du monde](https://julienbouffartigue.net/2022/10/16/tori-et-lokita/) - Ma critique de Tori et Lokita, un film de Jean-Pierre et Luc Dardenne, sorti le 05 octobre 2022. LA NOTE : 13/20 - [ANTS FROM UP THERE (Black Country, New Road), THE OVERLOAD (Yard Act), ADMONITIONS (Endless Boogie) : Quelque chose en moins](https://julienbouffartigue.net/2022/10/15/ants-from-up-there/) - Ma critique des albums Ants From Up There de Black Country, New Road, The Overload de Yard Act et d'Admonitions d'Endless Boogie - [L'ORIGINE DU MAL : Famille à rebondissements](https://julienbouffartigue.net/2022/10/11/lorigine-du-mal/) - Ma critique de l'Origine du Mal, un film de Sébastien Marnier, sorti le 05 octobre 2022. LA NOTE : 12/20 - [SANS FILTRE : Acide extrême](https://julienbouffartigue.net/2022/10/08/sans-filtre/) - Ma critique de Sans Filtre, un film de Ruben Östlund, sorti le 28 septembre 2022. LA NOTE : 15/20. Une Palme d'Or parfois atroce mais géniale - [MARIA RÊVE : Fraîcheur qui réchauffe](https://julienbouffartigue.net/2022/10/04/maria-reve/) - Ma critique de Maria Rêve, un film de Lauriane Escaffre et Yvonnick Muller, sorti le 28 septembre 2022. LA NOTE : 12,5/20 - [PIECE OF ME (Lady Wray), LET THE FESTIVITIES BEGIN ! (Los Bitchos), EXTREME WITCHCRAFT (Eels) : Rock and soul](https://julienbouffartigue.net/2022/10/03/extreme-witchcraft/) - Ma critique de Piece of Me de Lady Wray, Let the Festivities Begin ! de Los Bitchos et Extreme Witchcraft de Eels - [LE SIXIÈME ENFANT : Le prix du désir](https://julienbouffartigue.net/2022/10/02/le-sixieme-enfant/) - Ma critique de le Sixième Enfant, un film de Léopold Legrand, sorti le 28 septembre 2022. LA NOTE : 13/20 - [LE PUITS DES HISTOIRES PERDUES (Jasper Fforde) : Visite libre](https://julienbouffartigue.net/2022/10/02/le-puits-des-histoires-perdues/) - Ma critique du Puits des Histoires Perdues, un roman de Jasper Fforde, publié en 2006. Sympathique mais manque d'une intrigue forte - [LES ENFANTS DES AUTRES : La reine Virginie](https://julienbouffartigue.net/2022/10/01/les-enfants-des-autres/) - Ma critique de les Enfants des Autres, un film de Rebecca Zlotowski, sorti le 21 septembre 2022. LA NOTE : 13/20 - [WE ARE THERE (Modern Studies), THE SEA DRIFT (The Delines), YAK : A COLLECTION OF TRUCK SONGS (Angel Du$t) : Vent de fraîcheur](https://julienbouffartigue.net/2022/10/01/yak-a-collection-of-truck-songs/) - Ma critique de l'album We Are There de Modern Studies, The Sea Drit de The Delines et YAK : a Collection of Truck Songs (Angel Du$t - [IL ÉTAIT UNE FOIS À HOLLYWOOD (Quentin Tarantino) : Adaptation inversée](https://julienbouffartigue.net/2022/09/29/il-etait-une-fois-a-hollywood/) - Ma critique de Il Était Une Fois à Hollywood, un roman de Quentin Tarantino. Une adaptation de son film Once Upon a Time in Hollywood - [DON'T WORRY DARLING : Équilibre précaire](https://julienbouffartigue.net/2022/09/25/dont-worry-darling/) - Ma critique de Don't Worry Darling, un film d'Olivia Wilde, sorti le 21 septembre 2022. LA NOTE : 10/20 - [CITOYEN D'HONNEUR : En version française](https://julienbouffartigue.net/2022/09/24/citoyen-dhonneur/) - Ma critique de Citoyen d'Honneur, un film de Mohamed Hamidi, sorti le 14 septembre 2022. LA NOTE : 11/20. - [RODÉO : Double révélation](https://julienbouffartigue.net/2022/09/22/rodeo/) - Ma critique de Rodéo, un film de Lola Quiviron, sorti le 07 septembre 2022. LA NOTE : 13/20. Un film salutaire, beau et émouvant - [UNITY (The KVB), DRAGON NEW WARM MOUTAIN I BELIEVE IN YOU (BIg Thief), COVERS (Cat Power) : Promesses non tenues](https://julienbouffartigue.net/2022/09/20/dragon-new-warm-moutain-i-believe-in-you/) - Ma critique des albums Unity de The KVB, Dragon New Warm Moutain I Believe In You de Big Thief et Covers de Cat Power - [REVOIR PARIS : Ceux qui restent](https://julienbouffartigue.net/2022/09/19/revoir-paris-ceux-qui-restent/) - Ma critique de Revoir Paris, un film d'Alice Winocour, sorti le 7 septembre 2022. LA NOTE : 14/20. Un film fort et plein de sensibilité - [CHRONIQUE D'UNE LIAISON PASSAGÈRE : On badine avec l'amour](https://julienbouffartigue.net/2022/09/18/chronique-dune-liaison-passagere/) - Ma critique de Chronique d'une Liaison Passagère, un film d'Emmanuel Mouret, sorti le 14 septembre 2022. LA NOTE : 11,5/20 - [LE VISITEUR DU FUTUR : Les idées avant l'argent](https://julienbouffartigue.net/2022/09/17/le-visiteur-du-futur/) - Ma critique du Visiteur du Futur, un film de François Descraques, sorti le 7 septembre 2022. LA NOTE : 13/ - [TOUT LE MONDE AIME JEANNE : Bonheur thérapie](https://julienbouffartigue.net/2022/09/17/tout-le-monde-aime-jeanne-bonheur-therapie/) - Ma critique de Tout le Monde Aime Jeanne, un film de Céline Delvaux, sorti le 7 septembre 2022. LA NOTE : 13/20 - [EVERYTHING EVERYWHERE ALL AT ONCE : Réjouissant désordre](https://julienbouffartigue.net/2022/09/14/everything-everywhere-all-at-once/) - Ma critique de Everything Everywhere All At Once, un film de Daniel Kwan et Daniel Scheinert, sorti le 31 aout 2022. LA NOTE : 13,5/20 - [A LOVE SUPREME : Live IN SEATTLE (John Coltrane), VALENTINE (Snail Mail), NONANTE-CINQ (Angèle) : Sonorités et voix](https://julienbouffartigue.net/2022/09/14/valentine/) - Ma critique des albums A Love Supreme : Live in Seattle de John Coltrane, Valentine de Snail Mail et Nonante-Cinq d'Angèle. - [AVEC AMOUR ET ACHARNEMENT : Caricature](https://julienbouffartigue.net/2022/09/13/avec-amour-et-acharnement/) - Ma critique d'Avec Amour et Acharnement, un film de Claire Denis, sorti le 31 août 2022. LA NOTE : 04/20. Une caricature de film français - [TROIS MILLE ANS À T'ATTENDRE : Rare génie](https://julienbouffartigue.net/2022/09/11/trois-mille-ans-a-tattendre/) - Ma critique de Trois Mille Ans à T'Attendre, un film de Gorege Miller, sorti le 24 août 2022. LA NOTE : 14/20 - [THINGS TAKE TIME, TAKE TIME (Courtney Barnett), 30 (Adele), BARN (Neil Young) : Puissantes femmes](https://julienbouffartigue.net/2022/09/04/things-take-time-take-time/) - Ma critique des albums Things Take Time, Take Time de Courtney Barnett, 30 d'Adele et Barn de Neil Young. - [RUMBA LA VIE : Pas de deux](https://julienbouffartigue.net/2022/09/03/rumba-la-vie/) - Ma critique de Rumba la Vie, film de Franck Dubosc, sorti le 24 août 2022. LA NOTE : 13/20. Franck Dubosc confirme ses qualités de réalisteur - [UN ÉCHEC DE MAIGRET : Commissaire sans défauts ?](https://julienbouffartigue.net/2022/08/31/un-echec-de-maigret/) - Ma critique d'un Échec de Maigret, un roman de Georges Simenon. Un savoureux portrait de personnages, couplés avec une intrigue qui tient en haleine. - [MEMORIES : Triple facette de l'animation nippone](https://julienbouffartigue.net/2022/08/30/memories/) - Ma critique de Memories, un film d'animaton Katsuhiro Ōtomo, sorti le 24 août 2022. LA NOTE : 12,5/20. Trois histoires différentes au graphisme qui l'est autant - [LEÏLA ET SES FRÈRES : L'iran à l'envers](https://julienbouffartigue.net/2022/08/28/leila-et-ses-freres/) - J'ai plusieurs fois souligné la capacité des cinéastes iraniens à parvenir à jouer avec la censure et parvenir à livrer au monde leur regard critique sur la société et le pouvoir de ce pays. Saeed Roustaee y était brillamment parvenu avec la Loi de Téhéran. Il a eu moins de chance avec Leïla et ses - [OOKII GEKKOU (Vanishing Twin), NEARER THE FOUNTAIN, MORE PURE THE STREAM FLOWS (Damon Albarn), RAISE THE ROOF (Robert PLant et Alison Krauss): Promesses non tenues](https://julienbouffartigue.net/2022/08/28/raise-the-roof/) - Ma critique de Ookii Gekkou de Vanishing Twin, The Nearer the Foutain, More Pure the Stream Flows de Damon Albarn et Raise the Roof de Robert Plant et Alison Krauss - [DISPARITIONS à LA CHAÎNE (Ake Smedberg) : En toute transparence](https://julienbouffartigue.net/2022/08/27/disparitions-a-la-chaine/) - Ma critique de Disparitions à la Chaîne, un roman d'Ake Smelberg, paru en 2001. Un polar relativement transparent. - [VESPER CHRONICLES : A suivre](https://julienbouffartigue.net/2022/08/21/vesper-chronicles/) - Ma critique de Vesper Chronicles, un film de Kristina Buožytė et Bruno Samper, sorti le 17 août 2022. LA NOTE : 11, - [DE L'AUTRE CÔTE du CIEL : Poésie graphique](https://julienbouffartigue.net/2022/08/20/de-lautre-cote-du-ciel/) - Ma critique de de l'Autre Côté du Ciel, un film de Yusyke Hirotan sorti le 17 août 2022. LA NOTE : 13,5/20 - [LES DERNIERS HOMMES (Pierre Bordage) : Apocalypse hexagonale](https://julienbouffartigue.net/2022/08/18/les-derniers-hommes/) - Ma critique de les Derniers Hommes, un roman de Pierre Bordage, publié en 2000. De la SF française qui n'a rien à envier à la SF anglo-saxonne - [EN DECALAGE : Le bon son](https://julienbouffartigue.net/2022/08/18/en-decalage/) - Ma critique du film En Décalage de Juanjo Giménez Peña, sorti le 3 août 2022. LA NOTE : 12/20. Un travail sonore remarquable ! - [ILIUM (Dan Simmons) : Odyssée galactique](https://julienbouffartigue.net/2022/08/17/ilium/) - Ma critique d'Ilium, un roman de Dan Simmons. Première partie d'un diptyque mêlant mythologie antique et science-fiction - [PLANT LIFE (Parquet Courts), PROJECTOR (Geese), BLUE BANISTERS (Lana Del Rey) : Grande dame](https://julienbouffartigue.net/2022/08/14/blue-banisters/) - Ma critique des albume Plant Life de Parquet Courts, Projector de Greese et Blue Banisters de Lana del Rey - [NOPE : Get in !](https://julienbouffartigue.net/2022/08/13/nope/) - Ma critique de Nope, un film de Jordan Peele, sorti le 10 août 2022. LA NOTE : 15,5/20. La confirmation d'un grand cinéaste - [BULLET TRAIN : Pas de train-train](https://julienbouffartigue.net/2022/08/13/bullet-train/) - Ma critique de Bullet Train, un film de David Leitch, sorti le 3 août 2022. LA NOTE : 11,5/20. Pas un film culte, mais un sympathique divertissement - [TEMPURA : Saveurs timides](https://julienbouffartigue.net/2022/08/08/tempura/) - Ma critique de Tempura, un film d'Akiko Ohku, sorti le 20 juillet 2022. LA NOTE : 13/20. Une histoire d'amour aux accents savoureux - [THOR : LOVE AND THUNDER : Sans amour, ni Tonnerre](https://julienbouffartigue.net/2022/08/07/thor-love-and-thunder/) - Ma critique de Thor : Love and Thunder, un film de Taika Waititi, sorti le 13 juillet 2022. LA NOTE : 07,5/20. Une blague potache mal maîtrisée - [LA NUIT DU 12 : Mal ordinaire](https://julienbouffartigue.net/2022/08/03/la-nuit-du-12/) - Ma critique de la Nuit du 12, un film de Dominik Moll, sorti le 13 juillet 2022. LA NOTE : 14/20. Excellent film noir par un des meilleurs réalisateurs français - [PETER VON KANT : Au théâtre ce soir](https://julienbouffartigue.net/2022/07/31/peter-von-kant/) - Ma critique de Peter Von Kant, un film de François Ozon, sorti le 6 juillet 2022. LA NOTE : 11,5/20. Intense mais un peu trop théâtral - [LES NUITS DE MASHHAD : Double jeu](https://julienbouffartigue.net/2022/07/30/les-nuits-de-mashhad/) - Ma critique de les Nuits de Mashhad, d'Ali Abbasi, sorti le 13 juillet 2022. La note : 13/20. Un thriller et une critique sociale - [LES MINIONS 2 : IL ETAIT UNE FOIS GRU : Ca cartoone encore !](https://julienbouffartigue.net/2022/07/24/les-minions-2-il-etait-une-fois-gru/) - Ma critique de les Minions 2 : Il Etait une Fois Gru, un film de Kyle Balda, Jonathan De Val et Brad Abelson, sorti le 06 juillet 2022. LA NOTE : 12/20 - [I'M YOUR MAN : Allemagne 1 France 0](https://julienbouffartigue.net/2022/07/19/im-your-man/) - Un nouveau match France-Allemagne s'est joué le 22 juin 2022 non pas au stade, mais dans les salles obscures. En effet, ce jour-là, sont sortis sur nos écrans deux films traitant du même sujet. L'un bien de chez nous et l'autre venu de l'autre côté du Rhin. J'aurais pu jouer les arbitres, mais j'avoue que - [DECISION TO LEAVE : Retour brillant](https://julienbouffartigue.net/2022/07/17/decision-to-leave/) - Ma critique de Decision to Leave, un film de Park Chan-wook, sorti le 29 juin 2022. Note : 15/20. Le retour réussi d'un grand cinéaste, 6 ans après Mademoiselle - [INCROYABLE MAIS VRAI : Absurde ou pas](https://julienbouffartigue.net/2022/07/16/incroyable-mais-vrai/) - Ma critique d'Incroyable mais Vrai, un film de Quentin Dupieux, sorti le 15 juin 2022 au cinéma. Note : 13/20 : un film absurde qu'il n'est pas absurde d'aimer - [COMPETION OFFICIELLE : La guerre d'égo](https://julienbouffartigue.net/2022/07/13/competion-officielle/) - Ma critique de Compétition Officielle - [FRERE ET SOEUR : Famille pénible](https://julienbouffartigue.net/2022/06/06/frere-et-soeur/) - Ma critique de Frère et Soeur - [TOP GUN : MAVERICK : Le temps s'envole (ou pas...)](https://julienbouffartigue.net/2022/06/04/top-gun-maverick/) - Ma critique de Top Gun : Maverick - [COUPEZ ! : Retournement de situation](https://julienbouffartigue.net/2022/06/02/coupez/) - Ma critique de Coupez ! - [LE DOCTEUR PASCAL (Emile Zola) : Ce qui les lie](https://julienbouffartigue.net/2022/06/02/le-docteur-pascal/) - Ma critique du Docteur Pascal d'Emile Zola - [SUIS-MOI JE TE FUIS, SUIS MOI JE TE FUIS : Le coeur a ses raisons](https://julienbouffartigue.net/2022/05/29/suis-moi-je-te-fuis-suis-moi-je-te-fuis/) - Ma critique de Suis-moi je te Fuis et Fuis-moi je te Suis - [LINDSAY BUCKINGHAM (Lindsay Buckingham), ICARE (Emily Loizeau), DAPTONE SUPER SOUL REVUE : Fais comme Loizeau](https://julienbouffartigue.net/2022/05/25/icare/) - Ma critique de Lindsay Buckingham de Lindsay Buckingham, Icare d'Emily Loizeau et Daptone Super Soul Revue - [THE NORTHMAN : La voix du Nord](https://julienbouffartigue.net/2022/05/22/the-northman/) - Ma critique de The Northman - [ON SOURIT POUR LA PHOTO : Rallumer le feu](https://julienbouffartigue.net/2022/05/21/on-sourit-pour-la-photo/) - Ma critique de On Sourit pour la Photo - [LES PASSAGERS DE LA NUIT : L'humain d'abord](https://julienbouffartigue.net/2022/05/19/les-passagers-de-la-nuit/) - Ma critique des Passagers de la Nuit - [DOCTOR STRANGE IN THE MULTIVERSE OF MADNESS : Pas fou fou](https://julienbouffartigue.net/2022/05/15/doctor-strange-in-the-multiverse-of-madness/) - Ma critique de Doctor Strange in the Multiverse of Madness - [ALWAYS SOMETHING (UV-TV), SONG IS WAY ABOVE THE LAWN (Karen Peris), LOCAL VALLEY (José Gonzalez) : Vive l'anarchie !](https://julienbouffartigue.net/2022/05/14/song-is-way-above-the-lawn/) - Ma critique de Always Something de UV-TV, Song is Way Above the Lawn et Local Valley de José Gonzalez - [LETTRE A MES ANCIENS CAMARADES](https://julienbouffartigue.net/2022/05/14/lettre-a-mes-anciens-camarades/) - 1,74% et alliance indigne ! - [AU LIEU D'EXECUTION (Val McDermid) : Pur polar](https://julienbouffartigue.net/2022/05/08/au-lieu-dexecution/) - Ma critique d'Au Lieu d'Exécution de Val McDermid - [LE PARAVENT DE LAQUE (Robert Van Gulik) : Chine éternelle](https://julienbouffartigue.net/2022/05/05/le-paravent-de-laque/) - Ma critique du Paravent de Laque de Robert Van Gulik - [SENTINELLE SUD : L'impossible retour](https://julienbouffartigue.net/2022/05/03/sentinelle-sud/) - Ma critique de Sentinelle Sud - [LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETEES : Crevettes flambées à la vodka](https://julienbouffartigue.net/2022/04/26/la-revanche-des-crevettes-pailletees/) - Copyright Cyril Masson La Revanche des Crevettes Pailletées nous permet de retrouver la même belle galerie de personnages que le premier volet. A l'exception évidemment d'Alban Lenoir, réduit à l'état de caméo, pour cause de décès à la fin du précédent épisode. Sa présence manque quelque peu car les nouveaux venus n'ont pas du tout - [SARKO ET VANZETTI (Serguei Dounovetz) : Au revoir le Poulpe](https://julienbouffartigue.net/2022/04/28/sarko-et-vanzetti/) - Ma critique de Sarko et Vanzetti de Serguei Dounovetz - [LES COURANTS FOURBES DU LAC TAI (Xiaolong Qiu) : Polar en absurdie](https://julienbouffartigue.net/2022/04/30/les-courants-fourbes-du-lac-tai/) - Ma critique de Les Courants Fourbes du Lac Taï de Xialong Qiu - [CHANSON DOUCE (Leïla Slimani) : Du rêve au cauchemar](https://julienbouffartigue.net/2022/05/01/chanson-douce/) - Ma critique de Chanson Douce de Leïla Slimani - [LA CHUTE D'HYPERION (Dan Simmons) : Dans les méandres](https://julienbouffartigue.net/2022/04/26/la-chute-dhyperion/) - Je dénonce ici souvent la funeste habitude des éditeurs français à découper des œuvres anglo-saxonnes en plusieurs tomes totalement artificiels. Le grand classique de Dan Simmons, la Chute d'Hypérion, n'échappe pas à cette pratique un rien barbare, puisqu'il se retrouve coupé en deux, sans aucune justification, dans son édition française, alors qu'il forme un tout - [A SOUTHERN GOTHIC (Adia Victoria), DRAMA (Rodrigo Amarante), BEHAVE MYSELF (She Drew the Gun) : Suivez les voix](https://julienbouffartigue.net/2022/04/23/a-southern-gothic/) - Adia Victoria est une compositrice et chanteuse américaine et A Southern Gothic représente son troisième album, sorti en 2021. Sa voix claire mais profonde nous fait découvrir une personnalité musicale agréable. Les instrumentations sont sobres, mais s'accompagnent d'un minimum de travail sur les sonorités. C'est maîtrisé et solide. On appréciera notamment des titres blues-rock très - [LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES SECRETS DE DUMBLEODRE : Magie mitigée](https://julienbouffartigue.net/2022/04/23/les-animaux-fantastiques-les-secrets-de-dumbleodre/) - La magie de l'art dramatique permet à n'importe qui (d'un minimum talentueux tout de même) de devenir n'importe qui d'autre et que le spectateur adhère à l'idée. Encore plus fort, deux personnes différentes peuvent devenir le même personnage, sans que le public ne crie à la supercherie. Il est beaucoup question de magie dans Les - [VORTEX : Dans la tempête](https://julienbouffartigue.net/2022/04/18/vortex/) - La vieillesse est un naufrage dit-on souvent. Cette assertion n'est guère rassurante quand on sait que c'est un état qui nous attend tous. On n'est encore moins rassuré après avoir vu Vortex, qui nous place de manière forte et brutale face au déclin qui vient avec l'âge. Quand on connaît l'œuvre de Gaspard Noé, on - [EN MEME TEMPS : Salut électoral](https://julienbouffartigue.net/2022/04/18/en-meme-temps/) - Quoi de mieux qu'un film politique en cette période électorale ? Et quoi de mieux qu'une comédie politique quand la période électorale en question vous donne avant tout envie de pleurer ? On peut donc remercier Gustave Kervern et Benoît Délépine de nous donner un peu le sourire en parlant politique. En Même Temps est - [CONTES DU HASARD ET AUTRES FANTAISIES : Court bonheur](https://julienbouffartigue.net/2022/04/18/contes-du-hasard-et-autres-fantaisies/) - Si la littérature compte de très nombreux recueils de nouvelles, le cinéma utilise avec une certaine parcimonie la forme du films à sketchs. Comme si le court métrage étant vu comme un exercice de débutants, les réalisateurs s'interdisaient ensuite de raconter des histoires sur des formats plus courts. Certains se l'autorisent néanmoins. Ryūsuke Hamaguchi a - [L'OMBRE D'UN MENSONGE : Parce que l'amour le vaut bien](https://julienbouffartigue.net/2022/04/17/lombre-dun-mensonge/) - L'amour se nourrit souvent de sincérité. Mais parfois, un petit subterfuge peut aider deux être à se rapprocher. Comme dans L'Ombre d'un Mensonge, dont le titre ne fait pas forcément penser à première vue à une comédie romantique. Bon, certes, le terme de comédie n'est peut-être pas le plus adapté pour désigner ce film. Mais - [MORBIUS : Sang dent](https://julienbouffartigue.net/2022/04/17/morbius/) - Marvel et Jared Leto sont deux choses que j'aime énormément sur cette Terre. Leur réunion sur grand écran pouvait donc avoir quelque chose de très alléchant. Certes, le voir incarner un personnage relativement mineur de l'univers de Spider-Man pouvait laisser circonspect, mais on pouvait se dire qu'on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise, comme - [EN CORPS : A la pointe](https://julienbouffartigue.net/2022/04/13/en-corps/) - Le rapport au corps est un sujet qui se prête particulièrement à la mise en images. En effet, quoi de plus visuel que notre enveloppe qui reste la première chose qui nous définit au regard des autres. Cela est encore plus fort pour celles et ceux dont le corps représente le premier instrument d'expression quand - [HEY WHAT (Low), CONFORT TO ME (Amyl and the Sniffers), DE PELICULA (The Liminanas) : Reste le punk...](https://julienbouffartigue.net/2022/04/13/confort-to-me/) - On démarre avec les Américains de Low, un groupe venu plus précisément du Minnesota, qui nous a offert l'année dernière Hey What, leur 13ème album. Bon offert est un bien grand mot car il ne constitue pas le cadeau rêvé. En effet, il se montre sans relief et en aucun cas accrocheur, du fait d'un - [CHER MONSIEUR ROUSSEL...](https://julienbouffartigue.net/2022/04/06/cher-monsieur-roussel/) - ...Vous aurez donc ma voix. Vous aurez ma voix à défaut de mon enthousiasme. Je voterai pour vous sûr de mon choix, mais en gardant à l'esprit que j'aurais préféré en avoir un autre. Je ne voterai pas pour vous par défaut. Tout simplement parce que si je votais par défaut, je n'aurais pas non - [BRUNO REIDAL : Trop longue distance](https://julienbouffartigue.net/2022/04/03/bruno-reidal/) - Copyright Les Bookmakers / Capricci Films Bruno Reidal aura au moins eu le mérite de nous faire découvrir un jeune acteur prometteur, en la personne de Dimitri Doré. Principal acteur et narrateur, il occupe une place prépondérante dans ce film. Il parvient remarquablement bien à crédibiliser son personnage, ce qui n'était pas forcément gagner d'avance. - [MEDUSA : Pas médusé](https://julienbouffartigue.net/2022/04/03/medusa/) - Certains pays viennent souvent enrichir nos écrans hexagonaux par les films qu'ils produisent, d'autres s'y font plus rares. Pour l'Amérique du Sud, l'Argentine a su faire son trou depuis le succès de Dans Ses Yeux. Celui de la Cité de Dieu n'a pas contre ouvert aussi grand les portes pour le cinéma brésilien. Medusa représente - [TROIS FOIS RIEN : Un ticket pour trois](https://julienbouffartigue.net/2022/04/02/trois-fois-rien/) - Gagner au loto est un rêve pour beaucoup de gens. Y compris ceux qui ne jouent pas d'ailleurs. Ayant bénéficié d'un des meilleurs repas de ma vie grâce à des gains à la loterie nationale, je ne vais pas jeter la pierre à ceux qui croient vraiment qu'ils vont gagner... puisque, effectivement, cela n'arrive pas - [NOTRE-DAME BRULE : Grandiose et éléphantesque](https://julienbouffartigue.net/2022/03/29/notre-dame-brule/) - On n'a rarement l'occasion de vivre un événement réellement historique et de le voir de ses propres yeux. Le 15 avril 2019, je me trouvais dans le centre de Paris et j'ai vu la Cathédrale Notre-Dame brûler. Un spectacle terrifiant qui restera à jamais gravé dans ma mémoire. L'émotion était forte et la peur de - [L'HISTOIRE DE MA FEMME : Amour sans frontière](https://julienbouffartigue.net/2022/03/27/lhistoire-de-ma-femme/) - Une histoire d'amour au cinéma, c'est souvent l'histoire de deux êtres qui se rencontrent, tombent amoureux et trouvent le bonheur ensemble. Cependant, parfois, le bonheur se transforme en un sentiment beaucoup plus ambigu, voire en pure souffrance. Il faut bien l'avouer, les histoires les plus intéressantes appartiennent souvent à cette deuxième catégorie. Comme par exemple - [A PLEIN TEMPS : Un coup de poing dans le ventre](https://julienbouffartigue.net/2022/03/27/a-plein-temps/) - Si je n'ai pas de projets matrimoniaux avec elle, j'ai beaucoup insisté ces derniers mois sur mon admiration sans borne pour Laure Calamy. Et ce n'est certainement pas A Plein Temps qui va la diminuer. Il y a rarement de grands films sans grands protagonistes et on ne pourra que le confirmer en voyant celui-ci. - [RIEN A FOUTRE : Rien à faire](https://julienbouffartigue.net/2022/03/26/rien-a-foutre/) - J'ai récemment rappelé mon désir d'épouser Izia Higelin. Je crains malheureusement de devoir finalement la décevoir et lui briser le cœur en lui annonçant que mon grand amour est finalement Adèle Exarchopoulos. Evidemment, cette dernière n'est pas non plus au courant de mes projets matrimoniaux à son égard, mais je ne doute pas que... Bref, - [PETITE NATURE : Enfance dans l'art](https://julienbouffartigue.net/2022/03/16/petite-nature/) - Décidément l'enfance est un sujet qui intéresse les cinéastes français ces derniers mois. On se souvient notamment d'Un Monde, sorti il y a à peine quelques semaines et qui nous plongeait dans l'enfer que peut devenir une cour de récréation, ou encore Petite Solange, même si l'héroïne de ce dernier était déjà entrée de plein - [VIENS JE T'EMMENE : Fantaisie aimable](https://julienbouffartigue.net/2022/03/13/viens-je-temmene/) - La représentation de la prostitution au cinéma prend des formes extrêmement variées. Cela dépend évidemment de la nature même du film, ce type de personnage pouvant intervenir aussi bien dans des drames sociaux très sombres que dans des comédies loufoques. Viens Je T'Emmène fait clairement partie de la seconde catégorie. Certains pourront certainement évidemment s'émouvoir - [DUNE (Frank Herbert) : La légende du siècle](https://julienbouffartigue.net/2022/03/10/dune-roman/) - Ma culture littéraire ressemble désormais un peu moins à un gruyère depuis que j'ai lu Dune de Frank Herbert. On peut facilement penser que c'est le film de Denis Villeneuve qui m'a poussé à enfin combler ce manque, comme pour beaucoup d'autres, si j'en crois les exemplaires qui attendaient systématiquement derrière le guichet de retrait - [WARY + STRANGE (Amythyst Kiah), FEVER DREAMS (Villagers), OTHER YOU (Steve Gunn) : Force de conviction](https://julienbouffartigue.net/2022/03/10/wary-strange/) - On démarre cet avis avec un artiste américain, Amythyst Kiah et son album Wary + Strange, sorti en 2011. On y découvre sa voix claire qui dégage une vraie force. Surtout que les titres sont interprétés avec conviction. Certains titres sonnent très rock et rappellent Lenny Kravitz, mais d'autres dégagent une vraie douceur. Ils ont - [BELFAST : La guerre avec des yeux d'enfant](https://julienbouffartigue.net/2022/03/09/belfast/) - En ces heures où la réalité de la guerre nous rattrape de manière inquiétante, on doit se rappeler que c'est finalement une réalité qui n'a jamais été si éloigné de nous que ça. Bien sûr, il y a eu le conflit qui a déchiré l'ancienne Yougoslavie. Mais encore plus proche, la guerre civile en Irlande - [ROBUSTE : Comme un roc](https://julienbouffartigue.net/2022/03/07/robuste/) - Gérard Depardieu, c'est un peu l'oncle qui nous fout la honte au mariage, mais qu'on aime quand même parce qu'il fait partie de la famille. Cet acteur fait partie du patrimoine national, entre le côte du Rhone et le reblochon. On a pourtant tout sous la main pour le détester, mais on n'y parvient pas. - [THE BATMAN : Chauve-souris intime](https://julienbouffartigue.net/2022/03/06/the-batman/) - La question légitime que l'on pouvait se poser est : pourquoi un nouveau Batman ? Surtout que la version interprétée par Ben Afleck est encore relativement fraîche. Est-ce une maladie qui frappe les franchises de super-héros en manque d'inspiration ? Est-ce que DC cherche juste à imiter Marvel en faisant vivre à l'homme chauve-souris le même traitement cinématographique - [ILS SONT VIVANTS : Le livre de la Jungle](https://julienbouffartigue.net/2022/03/03/ils-sont-vivants/) - La Jungle de Calais a déjà inspiré le cinéma français. Il faut dire que la situation sur place dépasse l'entendement et dépasse ce qu'un scénariste aurait pu imaginer. Que ceci puisse exister sur notre sol devrait être totalement inacceptable, mais force est de constater que cela n'éveille finalement que beaucoup d'indifférence, quand ce n'est pas - [MAIGRET : Crépuscule de la légende](https://julienbouffartigue.net/2022/03/03/maigret/) - Quand deux légendes se rencontrent, on peut s'attendre à un résultat légendaire. La rencontre entre le mythe de Maigret et le génie dramatique de Gérard Depardieu sonnait comme une promesse, surtout sous la caméra de Patrice Leconte. Restait à tenir cette promesse. Se montrer à la hauteur du génie de Georges Simenon n'est pas non - [THE INNOCENTS : La cruauté n'attend pas le nombre des années](https://julienbouffartigue.net/2022/03/01/the-innocents/) - Je vous ai rappelé il y a quelques jours que les enfants sont tous des psychopathes en puissance, à l'occasion de ma critique d'Un Monde. Si ce dernier se contentait de relater la cruauté ordinaire (mais non moins forte) de la cour de récréation, The Innocents explore tout le potentiel de nos chères têtes blondes - [GREAT FREEDOM : Great shame](https://julienbouffartigue.net/2022/02/27/great-freedom/) - Saviez-vous que des homosexuels allemands ayant été condamnés à être enfermés dans des camps de concentration ont dû finir leur peine dans des prisons classiques ? Ca vous étonne et ça vous choque. Eh bien, vous n'êtes pas au bout de votre indignation si vous allez voir Great Freedom, un film poignant sur la répression très - [UN AUTRE MONDE : Un univers impitoyable](https://julienbouffartigue.net/2022/02/23/un-autre-monde/) - Depuis que le western est passé de mode, le monde de l'entreprise prend souvent la place de l'Ouest Américain comme monde impitoyable où la loi du plus fort règne au cinéma. Au cinéma, comme dans la vraie vie malheureusement, mais nous sommes là uniquement pour parler du 7ème art. Et d'Un Autre Monde plus précisément. - [LA VRAIE FAMILLE : Emotion pure](https://julienbouffartigue.net/2022/02/22/la-vraie-famille/) - Certains situations vous mettent face à un choix émotionnel impossible. Chaque dénouement possible conduira à un drame que l'on ne peut facilement accepter. Un tel déchirement peut s'apparenter à une torture un rien masochiste, mais peut conduire à un flot d'émotion réellement bouleversante. Difficile de rester indifférent devant la Vraie Famille, à moins d'avoir un - [ENQUETE SUR UN SCANDALE D'ETAT : La vérité libérée ?](https://julienbouffartigue.net/2022/02/20/enquete-sur-un-scandale-detat-la-verite-liberee/) - Les journalistes n'ont plus toujours une très grande considération dans l'opinion publique. Symptôme d'une époque où on rejette toute forme d'autorité susceptible de distinguer la vérité du mensonge. Heureusement pour eux, les journalistes restent des héros parfaits pour le grand écran. Qu'ils soient imaginaires ou bien au centre d'histoires tirées de faits réels. Enquête sur - [RED ROCKET : Anges, démons et donuts](https://julienbouffartigue.net/2022/02/20/red-rocket/) - Résumer un film en quelques mots pour en parler à quelqu'un qui ne l'a pas vu n'est pas toujours un exercice facile. Certains scénarios peuvent même donner envie de fuir quand on les condense de trop. Après Presque, l'histoire du croque-mort et de l'handicapé que l'on doit présenter comme une comédie humaniste et enjouée, voici - [ARTHUR RAMBO : Cui cui cuit](https://julienbouffartigue.net/2022/02/19/arthur-rambo/) - Les réseaux sociaux ont pris une importance et une influence qui dépassent quelque peu l'entendement. Il est facile d'imaginer que Donald Trump n'aurait jamais eu accès à la Présidence des Etats-Unis sans eux. Pourtant, le cinéma ne s'est pas tant que ça emparé du phénomène. Arthur Rambo tente de changer la donne en nous livrant - [H6 : Quand la Chine s'éveillera... aux urgences](https://julienbouffartigue.net/2022/02/19/h6/) - L'hôpital est devenu un sujet de débat important dans notre pays. Son évolution a fait naître beaucoup d'inquiétudes et beaucoup y voit un sujet de scandale. Tout cela est parfaitement légitime, mais regarder l'état du système hospitalier dans d'autres pays permet de se dire que l'on est encore plutôt bien loti en France. H6 est - [PETITE SOLANGE : Portrait de femme](https://julienbouffartigue.net/2022/02/16/petite-solange/) - Les films sur le divorce peuvent être le plus souvent rangés dans deux catégories. Ceux qui nous racontent l'histoire du point de vue du couple qui se brise d'un côté. Et de l'autre, même si c'est plus rare, ceux qui racontent le tout du point de vue des enfants. Cela peut prendre le ton de - [THE SOUVENIR (Partie I et II) : Double d'ennui](https://julienbouffartigue.net/2022/02/16/the-souvenir/) - Quoi de pire que de s'ennuyer profondément dans une salle de cinéma ? Oui, certes, il y a de milliers de choses qui sont pires, mais tout de même, il y en encore plus qui sont plus agréables à vivre. Surtout quand il ne s'agit pas d'un, mais de deux films. En effet, The Souvenir est - [LES JEUNES AMANTS : Parlez-moi d'amour](https://julienbouffartigue.net/2022/02/15/les-jeunes-amants/) - La différence d'âge dans un couple reste un marqueur assez fort des inégalités entre les femmes et les hommes. Cela fait bien longtemps que les hommes les plus âgés (et souvent fortunés) font de leur compagne nettement plus jeune qu'eux une preuve de succès. L'inverse fait encore grincer bien des dents, même quand le couple - [PRESQUE : Pleinement réussi](https://julienbouffartigue.net/2022/02/15/presque/) - C'est l'histoire d'un handicapé et d'un croque-mort... Cela pourrait ressembler au début d'une blague de mauvais goût. Ou alors au pitch d'un film déprimant et sordide. Mais le moins que l'on puisse dire est que Presque ne rentre dans aucune de ces catégories. Il est définitivement une comédie humaniste, à la fois plus légère et - [UNE JEUNE FILLE QUI VA BIEN : Fable dramatique](https://julienbouffartigue.net/2022/02/13/une-jeune-fille-qui-va-bien/) - Il n'est jamais trop tard pour donner un nouvel élan à sa carrière et changer de rôle. Non, je ne parle pas de moi-même, même si en effet, cette phrase pourrait tout à fait convenir à ce que j'ai vécu ces deux derniers mois. Non, je parle ici de Sandrine Kiberlain qui aura attendu 2021 - [THE CHEF : Apnée en cuisine](https://julienbouffartigue.net/2022/02/13/the-chef/) - Parmi les expériences de stress extrême que l'on peut endurer, il y a traverser une zone de guerre armé d'une petite cuillère et diriger les cuisines d'un restaurant un soir d'affluence. Si vous en êtes pas encore convaincu, je vous invite à aller voir The Chef, qui, à travers un seul et unique plan séquence - [NOS AMES D'ENFANTS : Imparfaite rencontre](https://julienbouffartigue.net/2022/02/13/nos-ames-denfants/) - J'ai souligné il y a quelques jours dans ma critique de "Un Monde" que l'enfance peut ressembler à une période où règne en maître la cruauté et l'absence d'empathie. Ce n'est évidemment pas le sens du titre de Nos Ames d'Enfants. Ici, il est bien question d'une vision beaucoup plus douce des premières années de - [LES PROMESSES : Les deux font la paire](https://julienbouffartigue.net/2022/02/10/les-promesses/) - Quoi de mieux qu'un film sur les engagements formulés par les femmes et les hommes politiques en cette période de campagne électorale ? Surtout quand le film est aussi réussi que les Promesses. Certes, il ne s'agit pas ici de politique nationale, mais plutôt municipale, même si l'intrigue présente aussi des liens avec les niveaux du - [UN MONDE : Impitoyable](https://julienbouffartigue.net/2022/02/06/un-monde/) - L'enfance, le temps de l'innocence ? Vraiment ? L'enfance c'est avant tout l'absence de filtres et de retenue. Dans la gentillesse souvent certes. Mais aussi parfois aussi dans la cruauté. La cour de récréation est loin d'être un éden où règne l'amour et la concorde. Gare à ce lui qui est pris en grippe par ses petits - [NIGHTMARE ALLEY : La belle illusion](https://julienbouffartigue.net/2022/02/06/nightmare-alley/) - Guillermo Del Toro est un réalisateur rare. Rare déjà parce qu'il possède un talent inaccessible à la majorité des cinéastes. Mais rare aussi parce qu'il n'est guère prolifique. En effet, il aura fallu attendre près de cinq ans pour qu'il revienne sur les écrans après l'immense succès connu par la Forme de l'Eau. Il aurait - [LA PLACE D'UNE AUTRE : Une place plus haut](https://julienbouffartigue.net/2022/01/31/la-place-dune-autre/) - Qui n'a jamais rêvé de pouvoir changer de vie d'un seul coup d'un seul, presque que comme par magie ? Bon certes, la réponse est plus fortement positive chez ceux dont l'existence ne ressemble pas à un long fleuve tranquille et heureux. Comme pour le personnage principal de la Place d'une Autre, qui va profiter des - [MEMORY BOX : Blessures de guerre](https://julienbouffartigue.net/2022/01/31/memory-box/) - Le peuple libanais est un de ceux qui se trouve le plus marqué par de profondes cicatrices. Celles-ci ont inspiré beaucoup d’œuvres et de récits, partageant avec nous l'incroyable faculté de ce pays et de ses habitants à ne jamais sombrer définitivement dans le désespoir malgré tous les malheurs subis. Memory Box se situe dans - [SCREAM : Frisson nostalgique](https://julienbouffartigue.net/2022/01/30/scream/) - Le fait qu'Hollywood manque passablement désormais de créativité est un cliché vieux comme Hollywood. Les franchises ont toujours existé, depuis Tarzan dans les années 30 et ce n'est nouveau qu'on les étire à l'infini. Ainsi Johnny Weissmuller aura poussé son célèbre cri à douze occasions. Bref, voir arriver un cinquième épisode de la saga Scream - [ADIEU MONSIEUR HAFFMANN : Les inconnus dans la maison](https://julienbouffartigue.net/2022/01/29/adieu-monsieur-haffmann/) - Sans vouloir citer Jean-Jacques Goldman, il est vrai qu'on ne saura jamais trop si nous aurions été dans le camp des bons ou des méchants dans certaines circonstances. En particulier évidemment lors de la Seconde Guerre Mondiale. Aurions-nous été collabo ou résistant ? Mais au fond, nous n'avons vraiment pas à nous plaindre de ne pas - [OUISTREHAM : A bon port](https://julienbouffartigue.net/2022/01/25/ouistreham/) - Le travers du misérabilisme qui frappe beaucoup de films français est un thème récurrent dans mes critiques. Que voulez-vous, à mon âge, on commence à radoter. Mais comment ne pas l'aborder quand il constitue le thème central de Ouistreham ? Un film sur les conditions de travail des femmes de ménage qui travaille sur les ferries. - [LE TEST : A PROPOS](https://julienbouffartigue.net/2022/01/22/le-test/) - Une pure comédie est le genre cinématographique qui a le plus de chance de cartonner au box-office en France. Il suffit de voir la place qu'occupent la Grande Vadrouille, les Visiteurs et Bienvenue chez les Ch'tis dans l'histoire du cinéma hexagonal. Du coup, il est parfois tentant pour un distributeur d'insister sur cet aspect d'un - [BELLE : Jamais sans la bête](https://julienbouffartigue.net/2022/01/22/belle/) - Cette année, j'ai pris un terrible risque. Oui, je suis un peu fou parfois... Bon OK, il n'était pas si terrible que cela. J'ai juste établi mon classement de l'année avant de voir tous les films de 2021 que je souhaitais rajouter à ma culture. Ainsi, j'ai vu Belle assez tardivement et je ne l'ai - [STANDING IN THE DOORWAY (Chrissie Hynde), SEEK SHELTER (Iceage), ANIMAL (LUMP) : A trois voix](https://julienbouffartigue.net/2022/01/19/standing-in-the-doorway/) - On commence par un petit plaisir que s'est offert Chrissie Hynde en enregistrant l'année dernière Standing in the Doorway, un album de reprises de Bob Dylan. Sa voix inimitable nous séduit immédiatement car elle colle parfaitement à la musique de Dylan. Le résultat est un vrai régal, même si elle reprend des morceaux peu connus - [LICORICE PIZZA : 2022 bien lancée !](https://julienbouffartigue.net/2022/01/19/licorice-pizza/) - Paul Thomas Anderson n'est pas le réalisateur le plus prolifique qui soit. 9 films en 25 ans de carrière. Mais aucun de ses films n'est totalement anodin. Il fait surtout partie de ces cinéastes qui auront offert des œuvres extrêmement différentes avec la même maestria. Pas grand chose de commun entre Punch-Drunk Love et There - [LE JOUR OU J'AI QUITTE LE PARTI SOCIALISTE](https://julienbouffartigue.net/2022/01/16/le-jour-ou-jai-quitte-le-parti-socialiste/) - A première vue, cela ressemble à un coup de tête. A 11h, le jeudi 13 janvier 2022, je ne m'imaginais pas quitter le Parti Socialiste. A midi, j'avais claqué la porte. Avec trois jours de recul, je sais que j'ai pris la bonne décision, parce que le soulagement surpasse de loin le doute. Rarement l'expression - [DARK IN HERE (The Mountain Goats), MEMORIES FROM SAINT FORGET (Peter Van Poehl), ENTERTAINMENT, DEATH (The Spirit of the Beehive) : Partir à la découverte](https://julienbouffartigue.net/2022/01/11/dark-in-here/) - On débute cet avis avec une découverte venue de Californie, le groupe The Mountain Goats. Enfin une découverte pour moi, car Dark in Here, sorti en 2021, n'est pas moins que leur 20ème album. J'ai donc découvert leur pop enjouée aux accents très folk. Une musique parfaitement maîtrisée, où tout est bien en place et - [MES FRERES ET MOI : La comédie humaine](https://julienbouffartigue.net/2022/01/11/mes-freres-et-moi/) - Le cinéma français n'échappe pas toujours à ses propres clichés, on vient de le voir avec Tromperie. Heureusement, c'est parfois le cas. Avec le sexe, les thèmes sociaux sont souvent prisés par les films hexagonaux, mais avec une fâcheuse tendance à un misérabilisme parfois un insupportable. Heureusement, certains films parviennent à échapper à ce travers - [TROMPERIE : De la page à l'écran](https://julienbouffartigue.net/2022/01/10/tromperie/) - Les mauvaises langues véhiculent le cliché que les films français racontent quasiment exclusivement des histoires de culs entre intellectuels bourgeois. Et comme tous les clichés, il y a un fond de vrai... Tromperie, le nouveau film d'Arnaud Desplechin répond parfaitement à la définition énoncée plus haut. Certes, il s'agit de l'adaptation d'un roman américain, mais - [THE KING'S MAN : PREMIERE MISSION : Oubliable première](https://julienbouffartigue.net/2022/01/09/the-kings-man-premiere-mission/) - Quand on manque d'idée pour une nouvelle suite, il reste toujours la possibilité de proposer un prequel. C'est facile, c'est pas cher (enfin tout dépend du budget quand même) et ça peut rapporter gros au box-office. Bon, je ne suis pas certain que The King's Man : Première Mission batte des records d'audience, mais ne doutons - [DOOMIN'SUN (Bachelor), BOY FROM MICHIGAN (John Grant), I BE TRYING (Cedric Burnside) : Pas terrible](https://julienbouffartigue.net/2022/01/09/boy-from-michigan/) - On débute avec un duo féminin, intitulé Bachelor, composé d'Ellen Kempner au chant et de Melina Duarte pour l'accompagner. Ils viennent de sortir un album, Doomin' Sun, qui commence par nous séduire par la voix légèrement travaillée. Par contre, les instrumentations, souvent martelées, sont moins convaincantes. L'ambiance est pop ou rock, parfois très classique. L'album - [PALMARES 2021 : Meilleurs vieux !](https://julienbouffartigue.net/2022/01/08/palmares-2021/) - 2020 avait été une année sombre pour le cinéma, avec la fermeture des salles obscures pendant une partie de l'année et l'annulation de beaucoup de sorties. Du coup, mon classement de l'année n'avait concerné que trois films. Malheureusement, 2021 n'a pas été loin de lui ressembler comme deux gouttes d'eau. Du coup, si j'avais continué - [THE CARD COUNTER : Blessures profondes](https://julienbouffartigue.net/2022/01/05/the-card-counter/) - Le cinéma américain possède une capacité unique de transformer les blessures les plus fraîches en scénario. On peut trouver ça parfois un rien indécent, mais cela vaut sans doute mieux que laisser les choses s'enfouir dans le sable pour être oubliée, comme on le fait parfois chez nous. Surtout quand le résultat est de la - [SHOWTUNES (Lambchop), FAT POP (VOLUME 1) (Paul Weller), UTOPIAN ASHES (Bobby Gillespie & Jehnny Beth) : Energie indéfinie](https://julienbouffartigue.net/2022/01/03/fat-pop-volume-1/) - On commence avec les Américains de Lambchop. C'est la quatrième fois que je vous parle d'un de leurs albums. Si le premier d'entre eux avait trouvé grâce à mes yeux (Oh, Ohio), j'avais consacré une critique négative aux deux autres. Malheureusement, c'est cette même voie que va suivre ces quelques lignes consacrées à Showtunes, sorti - [MADELEINE COLLINS : Flou, mais sans loup](https://julienbouffartigue.net/2022/01/03/madeleine-collins/) - Maintenir un maximum de temps le spectateur dans le flou est un jeu dangereux, mais qui peut rapporter gros. Dangereux car cela peut empêcher celui-ci de rentrer dans une histoire dont il ne comprend pas les tenants et les aboutissants. Mais à l'inverse, cela peut aiguiser sa curiosité et le pousser à suivre avec un - [TOUS EN SCENE 2 : Joli rappel !](https://julienbouffartigue.net/2022/01/02/tous-en-scene-2/) - Ce qu'il y a de bien avec la musique, c'est qu'on ne s'en lasse pas facilement. On peut écouter tous les jours les chansons qu'on aime sans se lasser. C'est aussi pour ça qu'on regarde les comédies musicales sans se lasser non plus. Et on en redemande ! C'est donc pour cela que c'est avec un - [UN HEROS : Polar social](https://julienbouffartigue.net/2022/01/02/un-heros/) - Un personnage qui dit la vérité (ou presque) et que personne ne croit, dont toutes les manœuvres pour prouver qu'il ne ment pas l'enfonce toujours un peu plus, est un ressort narratif classique que l'on retrouve dans beaucoup de films. Un Héros repose sur une telle base. Mais le nouveau film d'Asghar Farhadi est loin - [MATRIX RESURRECTIONS : Pilule à moitié pleine ou à moitié vide ?](https://julienbouffartigue.net/2022/01/01/matrix-resurrections/) - Etait-il bien raisonnable de proposer un quatrième volet à la saga Matrix ? En effet, il existe un rare décalage entre le culte voué à un premier volet et le mépris que beaucoup de spectateurs témoignent aux deux suivants. Une quatrième couche n'était donc réclamée par personne. Mais après quelques bandes-annonces alléchantes, une certaine curiosité, à - [MADRES PARALELAS : la Fête des mères](https://julienbouffartigue.net/2022/01/01/madres-paralelas/) - Parmi les réalisateurs qui ont un thème de prédilection qui marque profondément leur œuvre, Pedro Almodovar occupe une très bonne place. En effet, difficile de ne pas savoir que sa mère joue un rôle particulier chez lui si on a vu plus de deux de ses films. Cela ne va pas s'arrêter avec Madres Paralelas, - [SPIDER-MAN : NO WAY HOME : Fête de famille](https://julienbouffartigue.net/2021/12/31/spider-man-no-way-home/) - En termes de promotion et de teasing précédent la sortie, Spider-Man : No Way Home représente un modèle du genre. En sortant une bande-annonce qui montrait les super-vilains des autres versions du personnage ressuscités, mais sans dévoiler un éventuel retour de Tobey Maguire ou Andrew Garfield, la production est parvenue à faire couler plus d'encre avant - [LES AMANTS SACRIFIES : Le prix du sacrifice](https://julienbouffartigue.net/2021/12/31/les-amants-sacrifies/) - Les films asiatiques peuvent avoir la réputation d'être relativement ennuyeux. Evidemment, c'est un lieu commun contre lequel je m'inscris en faux. Ou bien c'est juste une question de différence de mode de narration et c'est justement ce qui fait tout l'intérêt de ces longs métrages qui nous ouvrent un autre monde. Cependant, parfois, il faut - [ILLUSIONS PERDUES (honoré de Balzac) : Un peu perdu, mais pas trop](https://julienbouffartigue.net/2021/12/30/illusions-perdues-2/) - Le livre est toujours meilleur que le film bla bla bla... J'ai souvent ironisé dans ces pages sur cet éternel débat un peu vain et qui revient fréquemment lors d'une adaptation d'une œuvre littéraire à succès. Je ne le relancerai pas ici, mais je prendrai une position claire à propos d'Illusions Perdues d'Honoré de Balzac - [SUPREMES : Qu'est ce qu'on attend ?](https://julienbouffartigue.net/2021/12/30/supremes/) - Mais qu'est-ce qu'on attend pour foutre le feu ? Et qu'est-ce qu'on attend pour aller voir Suprêmes au cinéma ? Evidemment, si j'écris cette critique, c'est bien que je n'ai pas attendu et que je suis allé voir ce biopic du groupe NTM au cinéma. Un groupe qui a marqué mon adolescence, même si j'ai toujours été - [WEST SIDE STORY : Et Steven sauva 2021...](https://julienbouffartigue.net/2021/12/30/west-side-story-2/) - Copyright Twentieth Century Fox Comparer les deux est forcément tentant. On peut lister à l'infini les points communs ou les différences. Certains trouveront les premiers trop nombreux, pour exprimer le fait que ce n'était pas la peine de faire un nouveau film pour ne quasiment rien changer. C'est évidemment une erreur de jugement, puisque l'un - [SURROUNDED BY TIME (Tom Jones), PEACE OR LOVE (Kings of convenience), PATH OF WELLNESS (Sleater-Kinney) : 80 ans et toutes ses dents](https://julienbouffartigue.net/2021/12/29/surrounded-by-time/) - On commence par un artiste qu'on n'imaginait plus forcément nous offrir de nouveaux albums. Tom Jones a désormais 81 ans, mais quelques beaux restes. Pour preuve, son album Surrounded by Time sorti cette année. Il s'ouvre sur un titre gospel quasiment a capela, histoire de nous rappeler la splendeur de sa voix. Celle-ci est parfaitement - [UNE FEMME DU MONDE : Prettier woman](https://julienbouffartigue.net/2021/12/29/une-femme-du-monde/) - La représentation de la prostitution au cinéma n'est jamais facile et prête facilement à la polémique. Pretty Woman reste un film culte par exemple, mais la vision presque glamour qu'il donne du sexe tarifé est quand même loin du côté sordide que cette activité a le plus souvent. A l'inverse, le travers d'un misérabilisme excessif - [ALINE : Une vie rêvée](https://julienbouffartigue.net/2021/12/29/aline/) - Je n'aime vraiment pas Céline Dion. Ni le personnage, ni l'artiste. J'aime bien Valérie Lemercier, mais sans être forcément son plus grand fan. Alors le projet de cette dernière de faire un film librement inspiré de la vie la chanteuse québecoise m'a d'abord laissé totalement indifférent, voire un rien moqueur. Je ne pensais donc pas - [S.O.S FANTOMES : L'HERITAGE : Pop-corn au chamallow](https://julienbouffartigue.net/2021/12/28/s-o-s-fantomes-lheritage/) - Si Marcel Proust à sa madeleine, j'ai dans mes souvenirs d'enfance un petit goût de chamallow. Enfin, je devrais plutôt dire de marshmallow... et je ne devrais pas vraiment parler de goût, parce c'est avant tout à un film que la guimauve me fait penser. Un film que j'ai dû voir près d'une dizaine de - [ENCANTO : LA FANTASTIQUE FAMILLE MADRIGAL : C'est Noël !](https://julienbouffartigue.net/2021/12/27/encanto-la-fantastique-famille-madrigal/) - Avec Noël revient tout un tas de choses. Parmi les meilleurs... je veux évidemment parler des cadeaux, ne nous mentons pas... mais aussi parmi les pires... à savoir bien sûr le vin chaud, cette façon de rendre tout juste mauvais du vin qui, sans l'excès de cannelle, serait purement et simplement imbuvable. Et puis, c'est - [L'EVENEMENT : Malheur intense](https://julienbouffartigue.net/2021/12/05/levenement/) - Se montrer cru est-il le meilleur moyen de marquer les esprits et de donner de la force son propos ? La réponse n'a rien d'évidente car plus on va loin dans ce domaine, plus tout devient une question de subtil dosage. On passe vite de l’œuvre choc que l'on voulait créer à du grand-guignol tournant - [HOUSE OF GUCCI : Mauvais accent](https://julienbouffartigue.net/2021/11/28/house-of-gucci/) - Le COVID a eu, parmi ses nombreux effets, celui de bousculer largement la programmation des sorties cinématographiques. Il nous offre ainsi le bonheur rare de découvrir deux nouveaux films de Ridley Scott en tout juste un mois. Après l'excellent le Dernier Duel, voici House of Gucci. Deux films qui seront finalement à l'image d'une carrière - [DELTA KREAM (The Black Keys), BRIGHT GREEN FIELD (Squid), BE RIGHT BACK (Jorja Smith) : Droit de retrait](https://julienbouffartigue.net/2021/11/27/delta-kream-the-black-keys-bright-green-field-squid-be-right-back-jorja-smith-droit-de-retrait/) - On commence avec l'album d'une figure importante de la scène rock actuel. Delta Kream est sorti il y a quelques semaines et représente leur 10ème album en 20 ans de carrière. Il s'ouvre dans une ambiance plus proche du blues que du rock. Le résultat est très maîtrisé et parvient à conjuguer une plongée dans - [LES MAGNETIQUES : vivement la quille !](https://julienbouffartigue.net/2021/11/21/les-magnetiques/) - S'il y a bien une chose que je ne regrette pas dans ma vie, c'est d'être né en 1979. Non qu'être né sous Giscard soit un titre de gloire, mais au moins cette date de naissance m'a permis d'échapper totalement au service militaire ou même à la moindre journée d'appel quelle qu'elle soit. Je n'ai - [LAST NIGHT IN SOHO : Fantôme sur prise](https://julienbouffartigue.net/2021/11/20/last-night-in-soho/) - La vie, c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Voici une des répliques les plus célèbres de l'histoire du cinéma. Mais celle-ci ne peut-elle pas s'appliquer au cinéma lui-même ? Mais pour cela, il faut parfois oser se laisser surprendre en allant voir des films dont on - [ALBATROS : Comme un oiseau sans aile](https://julienbouffartigue.net/2021/11/16/albatros/) - Xavier Beauvois s'attaque rarement à des sujets respirant la joie et l'allégresse. Il faut dire connaître son premier succès au cinéma avec un film intitulé N'Oublie Pas que Tu Vas Mourir vous pose un réalisateur. Il s'épanouit donc avant tout dans le drame et Albatros ne va pas déroger à la règle. Mais si le - [THE FRENCH DISPATCH : The little Paris Journal](https://julienbouffartigue.net/2021/11/15/the-french-dispatch/) - Certains réalisateurs ont un style suffisamment reconnaissable pour que l'on n'ait guère de doute sur la paternité de l'œuvre quand on en voit un extrait. Wes Anderson fait partie de ceux-là par sa fantaisie débridée et le regard tendre qu'il porte sur la folie douce de ses personnages. Cependant afficher une telle personnalité peut aussi - [FAKE FRUIT (Fake Fruit), SONGS FROM ANOTHER LIFE (The boys with the perpetual nervousness), Shapes OF THE FALL (Piers Faccini) : Revue de variété](https://julienbouffartigue.net/2021/11/14/shapes-of-the-fall/) - On commence avec le groupe américain Fake Fruit et leur premier album sobrement appelé Fake Fruit. Leur style est qualifié d'indie punk et se démarque par la voix de la chanteuse Hannah D'Amato. L'album débute avec du rock classique mais accrocheur, avant que l'énergie ne prenne définitivement le dessus. Mais cette dernière ne peut totalement - [LES ETERNELS : Un oeil vers l'espace](https://julienbouffartigue.net/2021/11/14/les-eternels-2/) - L'univers cinématographique Marvel est entré dans une nouvelle phase. Et cette phase devrait nous emmener dans des décors plus larges que la simple planète Terre. Certes, les Gardiens de la Galaxie nous ont déjà offert des aventures spatiales, mais on peut s'attendre à visiter bien d'autres mondes dans les prochains films. L'adaptation des Eternels sur - [PIG : Un porc bien balancé](https://julienbouffartigue.net/2021/11/13/pig/) - Nicolas Cage a longtemps été connu pour ses changements fréquents, et le plus souvent pour le moins improbables, de coiffure au gré de ses personnages. Il a surtout été un des acteurs les plus souvent sollicités pour assurer le succès de films d'action dans les années 90 et 2000. Cependant, lentement mais sûrement, il a - [JULIE (EN 12 CHAPITRES) : En quête de soi](https://julienbouffartigue.net/2021/10/31/julie-en-12-chapitres/) - Copyright Oslo Pictures Julie (en 12 Chapitres) a valu le prix d'interprétation féminine à Renate Reinsve. Un prix largement mérité à la vue de la qualité de sa prestation et surtout de la palette d'émotions dont elle fait preuve grâce à ce rôle d'une très grande richesse. Sa présence à l'écran est vraiment saisissante et - [COMPARTIMENT n°6 : Sur de bons rails](https://julienbouffartigue.net/2021/11/13/compartiment-n6/) - A 42 ans, parmi les petits regrets que je peux avoir concernant ma première moitié de vie, c'est de n'avoir pas autant voyagé que je l'aurais souhaité. Mais heureusement, j'ai pu compenser cette légère frustration par de très nombreux voyages par procuration grâce au cinéma. Compartiment n°6, récompensé par le Grand Prix au dernier Festival - [LES OLYMPIADES : L'amour éternel](https://julienbouffartigue.net/2021/11/11/les-olympiades/) - Je souligne souvent par ici que l'amour reste le sujet numéro un des histoires que se racontent les êtres humains depuis qu'ils se racontent des histoires. Mais l'amour est-il pour autant quelque chose de totalement immuable ? Le sentiment au plus profond, oui sûrement, mais les pratiques amoureuses évoluent d'une époque à l'autre au gré des - [HYPERION (Dan Simmons) : Un nouveau monde](https://julienbouffartigue.net/2021/11/07/hyperion/) - J'ai la prétention d'avoir une culture relativement complète. Mais comme toute culture, elle connaît encore de sérieux trous. Mais peu à peu, je m'efforce de les boucher un à un. En lisant Hypérion de Dan Simmons, j'en ai bouché un de taille dans la rubrique roman culte de science-fiction. Il figurait pourtant dans ma liste - [BARBAQUE : Manque de tranchant](https://julienbouffartigue.net/2021/11/03/barbaque/) - Le propre de l'humour est de pouvoir dédramatiser les débats qui prennent bien trop d'importance dans les débats par rapport à ce que la raison voudrait. C'est une de ses grandes vertus, au-delà du plaisir simple de rire un bon coup. Barbaque possède bien cette vertu. Par contre, on peut débattre du deuxième point. En - [LA FRACTURE : Lutte des classes](https://julienbouffartigue.net/2021/11/02/la-fracture/) - Le cinéma français laisse souvent de grande places aux questions sociales dans les scénarios. Il n'évite pas toujours le travers qui guette toujours tous ceux qui s'attaquent à ce genre de sujet. Le misérabilisme est le défaut de bien des propos, pourtant plein de bonnes intentions, mais qui peinent à convaincre. La Fracture échappe largement - [ILLUSIONS PERDUES : Autopsie d'une époque](https://julienbouffartigue.net/2021/11/01/illusions-perdues/) - Vaut-il mieux lire d'abord le livre ou voir le film ? Si cette question n'a pas vraiment de sens, si ce n'est pour le plaisir réel de lancer des débats inutiles et donc indispensables, j'aurais pu être en mesure de me la poser. En effet, dans l'organisation très précise de mes lectures, Illusions Perdues de Balzac - [LE DERNIER DUEL : Des hommes et une femme](https://julienbouffartigue.net/2021/10/30/le-dernier-duel/) - La valeur n'attend pas le nombre des années, paraît-il. Mais l'inverse est évidemment vrai. Ridley Scott en est la preuve. A bientôt 84 ans, il continue d'être un des réalisateurs les plus brillants, nous livrant des films le plus souvent spectaculaires, mais d'une étonnante variété. 2021 sera une année particulièrement riche avec le Dernier Duel - [FREDA : La fureur de vivre](https://julienbouffartigue.net/2021/10/27/freda/) - Certaines parties du monde cumulent un nombre assez conséquent de raisons de ne pas vouloir y habiter. Pauvreté, catastrophes naturelles en tout genre, dictatures régulières, institutions défaillantes et tout ça dans une grande indifférence, voire même l'ignorance totale du reste de la planète. Haïti fait partie de ces lieux à qui rien ne sourit, sans - [UN CRIME EN HOLLANDE (Georges Simenon) : Agatha Simenon](https://julienbouffartigue.net/2021/10/20/un-crime-en-hollande/) - Si l'Inspecteur Maigret hante le plus souvent les rues de Paris, il lui arrive parfois d'aller exercer ses talents dans d'autres lieux. Parfois en France et même donc parfois à l'étranger comme dans Un Crime en Hollande, écrit en 1931. Le titre est assez explicite pour comprendre que l'enquête ne se déroule pas en France, - [LATEST RECORD PROJECT VOL.1 (Van MorRison), DEJA VUE (Crosby, Stills, Nash, Young), THE WATCHFUL OF THE STARS (Adrian Crowley) : Les vieux de la vielle](https://julienbouffartigue.net/2021/10/19/latest-record-project-vol-1/) - 75 ans, voilà à un âge où certains coulent une retraite méritée, pleine de farniente et de repos. D'autres, la vive tout autrement. C'est le cas de Van Morrison qui a encore sorti un nouvel album intitulé Latest Record Project Vol. 1. Une titre qui laisse vraiment penser que la retraite n'est pas pour demain, - [LES INTRANQUILLES : Les feux de l'amour](https://julienbouffartigue.net/2021/10/17/les-intranquilles/) - Quand la santé mentale de quelqu'un devient défaillante, jusqu'à adopter des comportements dangereux, on peut s'interroger pour savoir qui devra être qualifiée de victime. Celui qui « pète les plombs » ou ses proches qui en subissent les conséquences ? Ceci forme le cœur du sujet de les Intranquilles, un film sur la manière dont la bipolarité vient - [MOURIR PEUT ATTENDRE : Le crépuscule d'un Dieu](https://julienbouffartigue.net/2021/10/14/mourir-peut-attendre/) - Rarement un épisode des aventures du plus célèbre des espions a été à ce point attendu. En plus du monde, comme à son habitude, James Bond devait cette fois carrément sauver le cinéma, en ramenant le public vers les salles obscures, après des mois de confinement et de mesures sanitaires diverses et variées. Mais aussi, - [EUGENIE GRANDET : Etre une femme libérée](https://julienbouffartigue.net/2021/10/13/eugenie-grandet/) - Il n'y a plus beaucoup de grands classiques de la littérature qui n'est pas bénéficié de leur adaptation cinématographique, voire de multiples adaptations. Bizarrement, Eugénie Grandet d'Honoré de Balzac n'en avait jamais bénéficié... par le cinéma français. Il existe en effet une adaptation américaine de 1921, une adaptation italienne de 1946 et une adaptation...soviétique de - [LE SOMMET DES DIEUX : En hauteur](https://julienbouffartigue.net/2021/10/10/le-sommet-des-dieux/) - Qu'est ce qui pousse certains humains à toujours se dépasser. A aller toujours plus loin, toujours plus vite, toujours plus fort, toujours plus longtemps. Et parfois également, toujours plus haut. C'est la très bonne question posée par le film le Sommet des Dieux, film d'animation franco-luxembourgeois, mais adaptation d'un manga à succès. Une histoire qui - [LA VOIX D'AIDA : La voix de l'Histoire](https://julienbouffartigue.net/2021/10/09/la-voix-daida/) - La guerre dans l'ancienne Yougoslavie est quelque chose de forcément familier pour quelqu'un de ma génération, mais qui continue de receler une large part de mystère. Difficile de démêler la réalité des événements dans cette imbroglio de peuples qui se sont entre-déchirés aux portes d'une Europe occidentale qui se considère souvent (à tort ?) immunisée - [LES AMOURS D'ANAIS : Pourvu qu'elle soit douce](https://julienbouffartigue.net/2021/10/02/les-amours-danais/) - Mettre le mot amour au pluriel est généralement synonyme de situation compliquée, à moins d'une très grande ouverture d'esprit (et encore...). Et comme on fait rarement de film sur les histoires simples, on est guère étonné de voir un film s'intituler les Amours d'Anaïs. Une histoire de trio amoureux, schéma qui a inspiré tant et - [DUNE : Au panthéon](https://julienbouffartigue.net/2021/09/29/dune/) - S'attaquer à l'adaptation d'une œuvre réputée inadaptable représente toujours un pari risqué. Surtout une œuvre qui semble jeter une malédiction à ceux qui tentent de la porter sur grand écran. On connaît la version de Dune par Jodorowski qui n'aura jamais vu le jour. Celle par David Lynch figure parmi mes films préférés, mais bien - [ANT-MAN ET LA GUEPE : Double piqure, double plaisir](https://julienbouffartigue.net/2018/08/01/ant-man-et-la-guepe/) - Je l'ai souligné dans ma critique de Infinity War (et peu dans celle de Deadpool 2), les films de super-héros arrivent à un tournant de leur histoire. Ils ont connu un succès grandissant ces dernières années, grâce à un renouvellement, voire même parfois une réinvention, constante. Le processus semble être arrivé à son terme et les réelles nouveautés se font rares. Du coup, on commence à craindre à chaque fois que l'on va voir un nouveau long métrage tiré de l'univers Marvel de tomber sur l'épisode vraiment raté et sans intérêt. Ant-Man et la Guêpe avait le potentiel pour être celui-là. Il n'en est rien. Et le plaisir demeure ! Ant-Man et la Guêpe fait partie de ces films dont on n'attend pas grand chose, mais dont on sort presque enthousiaste car il s'avère bien meilleur que prévu. Il ne s'agit certainement pas là du film Marvel le plus inoubliable, mais dans la lignée du premier, il constitue un divertissement de premier ordre, mêlant action, humour premier et second degré et des personnages particulièrement attachants. Le tout sur un rythme relativement endiablé qui ne laisse pas une seconde de la place à l'ennui. Un film qui ne cherche pas à être plus que ce qu'il est et qui remplit donc sa mission à la perfection. Si on ajoute les quelques clins d'œil qui raviront les fans, on en a vraiment pour notre argent. - [THE GUILTY : Au bout du fil de l'intrigue](https://julienbouffartigue.net/2018/08/05/the-guilty/) - C'est l'histoire d'un mec qui téléphone... Voilà, fin de la critique... Vous trouvez ça un peu court ? Pourtant objectivement, cela pourrait parfaitement résumer The Guilty puisque ce film ne comporte quasiment que des plans où son personnage principal est en train de téléphoner. Dis comme ça, on voit mal comment il pourrait ressembler à un thriller captivant. Mais il ne faut jamais se fier aux apparences car c'est bien ce qu'il est, grâce à beaucoup d'intelligence et une interprétation convaincante de son premier rôle. Une curiosité cinématographique certes, mais avant tout un bon film. Evidemment, le personnage principal de The Guilty n'est pas au standard de Pizza Hutt et tout le suspense ne repose pas sur le fait de savoir si la 4 fromages va être livrée à temps ou pas. Il travaille au standard de la police et quand une femme appelle pour faire comprendre qu'elle en train de se faire enlever, il va tout faire pour dénouer les fils du mystère et l'aider sans quitter son poste. L'intérêt de The Guilty repose donc entièrement sur la qualité de son scénario et certainement pas sur le caractère spectaculaire des images. Ceci n'est pas vraiment la normes des longs métrages que l'on peut voir sur nos écrans. Il s'agissait donc d'un pari, mais un pari réussi et assez brillamment l'avouer. Certes, ce choix imposait forcément des limites, mais Gustav Möller a sur tiré le meilleur de la liberté qu'il lui restait. - [ROULEZ JEUNESSE : Kinder surprise](https://julienbouffartigue.net/2018/08/05/roulez-jeunesse/) - Une bande-annonce a pour but premier de donner envie aux spectateurs de venir voir le film en question. En tant que militant politique et ayant un métier fortement orienté communication, je sais à quel point il faut savoir parfois déformer quelque peu la vérité pour donner envie. L'omission reste peut-être le travers le plus pardonnable, puisque, techniquement, on ne ment pas. On n'en voudra donc pas trop à ceux qui ont monté la bande-annonce de Roulez Jeunesse, qui, à travers elle, semblait être une pure comédie, très orientée premier degré. Il se révèle finalement être bien plus que cela. Et de plus, la surprise est vraiment bonne. Roulez Jeunesse est un film qui vous fera passer par beaucoup d'émotions contrastées. On rit souvent, surtout dans la première moitié. On finira ensuite par pleurer. Ce glissement progressif se fait à chaque fois que l'on découvre un nouvel élément de l'intrigue, quand le point de départ prêtait avant tout à sourire. Cette évolution est menée avec une réelle intelligence, sans à-coups, et avec une réelle crédibilité. Le scénario n'est pas dénué d'ambition, mais parvient à ne pas tomber dans l'excès ou la maladresse. Le spectateur apprécie vraiment ce lent changement de cap plutôt inattendu. Quand un film donne plus que ce que l'on était venu chercher, comment être déçu ? - [LA TRILOGIE DU VIDE, TOME 1 : VIDE QUI SONGE (Peter F. Hamilton) :](https://julienbouffartigue.net/2018/08/05/vide-qui-songe/) - L'Etoile de Pandore de Peter F. Hamilton reste pour moi une des meilleure saga de science-fiction qui m'a été donnée de lire. C'est donc avec une certaine envie que j'ai attaqué la lecture de la Trilogie du Vide et son premier tome Vide qui Songe, qui se situe dans le même univers. Cependant, la personne qui a eu l'amabilité de me le prêter m'a averti qu'elle était quelque peu décevante. J'avoue qu'au final ce premier volet me laisse quelque peu sur ma faim. Des bases sont posées, mais je reste circonspect sur ce qu'elle peuvent donner par la suite. On retrouve vraiment dans ce début de saga le même style que celui qui avait présidé à l'Etoile de Pandore. Une foule de personnages qui surviennent, au sein de plusieurs fils narratifs parallèles qui ne semblent pas forcément à première vue reliés entre eux. Ca a même un petit côté Game of Thrones, mais Peter F. Hamilton n'est pas tout à fait George R. Martin. Surtout que ces deux autres œuvres font bénéficier du lecteur d'un index des personnages très utiles. Pas de trace dans Le Vide qui Songe et c'est bien dommage. Mais le principal problème réside dans le fait qu'aucun des fils ne nous donnent une terrible envie de le suivre. - [PAUL SANCHEZ EST REVENU ! : IL aurait pu s'abstenir](https://julienbouffartigue.net/2018/08/06/paul-sanchez-est-revenu/) - Le Polar à la française est souvent une affaire d'hommes et de femmes. Bref, de personnages. Le portrait dressé du flic ou du voyou, l'analyse de leur psychologie compte au moins autant et souvent plus que la simple résolution d'un mystère ou le récit d'une traque. Paul Sanchez est revenu ! se situe dans cette pure tradition. Cependant, pour fonctionner, un tel film doit offrir au spectateur des personnages forts, suffisamment pour que l'on se soucie de leur sort. Et il n'est jamais évident de rendre attachants des figurent de flic ou de voyou. Surtout quand on fait des choix aussi hasardeux que Patricia Mazuy. En effet, entre le pauvre type clairement mythomane (je ne spoile même pas, on le comprend immédiatement) et la flic quelque peu limitée (différente si on veut rester politiquement correct), on assiste à un duel entre deux protagonistes qui ne nous inspire pas grand chose, sinon une forme de compassion proche de la gêne. Si le spectateur se trouve mal à l'aise en regardant Paul Sanchez est Revenu !, ce n'est pas à cause d'une tension narrative particulièrement prenante, c'est juste que les personnages font clairement pitié et on a hâte que le film s'achève pour que s'achève leur calvaire. Du coup, impossible de vraiment rentrer dans cette histoire de toute façon hautement improbable. - [LA DISPARITION DE PEREK (Hervé le Tellier) : Joli Pouple froid](https://julienbouffartigue.net/2018/08/06/la-disparition-de-perek/) - Lecture récurrente chez moi, un roman de la série le Poulpe. Il m'en reste encore une petite dizaine à lire donc j'aurais encore l'occasion de vous repasser encore le même plat. Mais les mollusques sont comme tout, il existe moult façons de les préparer. Surtout quand le cuisinier change à chaque recette. Ici Hervé le Tellier, un auteur à la carrière littéraire solide, et qui nous offre donc un épisode, la Disparition de Perek, particulièrement bien écrit. A défaut d'être le plus imaginatif et le plus passionnant. La Disparition de Perek n'est pas parcouru par cet humour un peu désabusé qui caractérise beaucoup d'épisodes de la série. Le personnage principal ne nous fait que très part au spectateur de ses pensées et le récit perd là une dimension qui fait souvent le charme de ces courts récits. Ce volet aurait pu en fait s'insérer dans un autre série que le Poulpe sans trop de soucis. On perd ici ce qui fait la singularité de ce vrai-faux détective à nul autre pareil. L'amateur éclairé aura donc un peu de mal à y trouver totalement son compte. - [LES INDESTRUCTIBLES 2 : Joli rebond](https://julienbouffartigue.net/2018/08/09/les-indestructibles-2/) - Personnellement, je considère Brad Bird comme étant un des plus illustres cinéastes contemporains. Je regrette beaucoup que son nom ne soit aussi peu connu, sous prétexte qu'il a connu ses plus grands succès en dirigeant des films d'animation. Certes, le travail de réalisateur y est quelque peu différent, mais cela reste un vrai travail de direction artistique et cinématographique. Son œuvre la plus marquante reste sans conteste les Indestructibles. Le premier volet représentait en effet un vrai bijou pour petits et grands, alliant aventures et humour, premier et second degré avec une maestria rare. Il avait donc placé la barre haut et la suite allait forcément être jugée à l'aune de celle-ci. Mais visiblement Brad n'est pas du genre à avoir le vertige ! Les Indestructibles 2 est un succès sur toute la ligne, même s'il n'est pas totalement parfait. Le scénario a su parfaitement trouver un prolongement logique et drôle au premier volet. Un modèle de rebond sur une première idée pour la développer, l'enrichir et nous réserver encore bien des surprises. Cependant, le scénario recèle aussi la faiblesse la plus flagrante du film : un rebondissement principal largement cousu de fil blanc. Certes, ce genre de film nous rend facilement indulgent pour ce type de défaut, mais cela empêche cette suite de posséder le même souffle épique que le premier épisode. Mais, le spectacle proposé reste tout de même particulièrement réjouissant. - [MISSION IMPOSSIBLE : FALLOUT : Tombé du camion](https://julienbouffartigue.net/2018/08/10/mission-impossible-fallout/) - Quand un franchise, qui plus est partie sur des bases pas terribles, en est au sixième volet, on ne s'attend pas vraiment à grand chose de surprenant ou d'original. Cela n'empêche pas le distributeur d'essayer de vous vendre cela comme l'événement cinématographique de l'année. Mission Impossible – Fallout est sorti à grand renfort de marketing pour en faire le blockbuster de l'été. On imagine que le marché français a été particulièrement visé puisque l'intrigue nous emmènera pour quelques scènes spectaculaires dans les rues de Paris. Le spectateur pouvait donc attendre à un produit formaté certes, mais assez distrayant pour constituer le spectacle estival idéal. Malheureusement le résultat est assez désastreux. Commençons par le défaut qui, de mon point de vue, est désormais impardonnable pour une production de ce type. Certains effets spéciaux sont terriblement médiocres. Ils gâchent certaines séquences, notamment la fameuse poursuite dans Paris. C'est bien de se dire que l'on peut enfin montrer le visage de l'acteur principal lors d'une poursuite en moto à contre-sens Place de la Concorde, mais si c'est pour nous offrir une mauvaise incrustation qui nous rappelle les poursuite en voiture des années 50, ce n'était vraiment pas la peine. Le spectateur se demande alors si on ne se moque pas un peu de lui et si Mission Impossible – Fallout n'est pas en fait un film de contrefaçon tombé d'un camion. - [STRANGER TO STRANGER (Paul Simon), BLOND (Franck Ocean), CASE/LANG/VEIRS (Case/Lang/Veirs) : Maîtrise sans petit rien](https://julienbouffartigue.net/2018/08/10/case-lang-veirs/) - Les plus grands artistes sont souvent ceux qui savent nous surprendre et explorent des territoires inattendus. Lorsque j'ai écouté Stranger to Stranger de Paul Simon, sorti en 2016, je me suis vraiment demandé s'il s'agissait vraiment de l'ancien chanteur de Simon & Garfunkel ou d'un homonyme. En effet, l'album s'ouvre sur un titre aux rythmes chaloupés avant de nous emmener dans un univers musical proche du reggae. La musique est rythmée, une musique sur laquelle se pose une voix chaude et envoûtante. Certes, cela manque peut-être d'un petit quelque chose pour être définitivement emballant, mais au moins est-ce maîtrisé et jamais monotone. Le résultat est globalement sympa et démontre qu'un vrai grand artiste restera talentueux sur tous les terrains. Franck Ocean est encore loin de mérité un tel qualificatif. Son album Blond se laisse écouter, mais souffre de quelques choix douteux. Certes la voix de cet artiste n'est pas réellement intéressante en soi, mais faire le choix de la déformer sur la plupart des titres n'était définitivement pas une bonne idée et vient gâcher des mélodies parfois envoûtantes. Le tout est maîtrisé, mais manque cruellement de punch. Au moins, on pourra lui reconnaître une réelle créativité et le mérite de nous proposer des titres qui ne se ressemblent pas. - [HAPPINESS ROAD : Voyage nostalgique](https://julienbouffartigue.net/2018/08/11/happiness-road/) - La nostalgie est un sentiment qui nous frappe de plus en plus souvent lorsque l'on devient adulte. Si on considère que les films d'animation s'adressent avant tout aux enfants, alors on se demandera bien à qui est destiné Happiness Road. Il faut bien être assez avancé dans sa vie pour apprécier pleinement cette œuvre qui aborde beaucoup de sujets, mais dont le fil rouge est bien le regard un rien nostalgique que l'on peut porter sur son enfance. Une œuvre à la fois dépaysante et universelle qui nous offre bien des raisons de tomber sous son charme. Le scénario de Happiness Road est à deux dimensions. Une première centrée sur les personnages, en particulier l'héroïne dont on partage les réflexions. Le film nous parle du sujet le plus trivial qui soit, à savoir le temps qui passe, de la manière dont il change les êtres et les lieux. Des changements que l'on subit parfois, oubliant d'en être pleinement acteur. La réflexion se fait ici subtile et parcourue d'une certaine poésie très agréable. L'histoire aborde aussi l'Histoire de Taïwan et les tensions entre les autochtones et les réfugiés de la Chine continentale qui ont pris le contrôle de l'île après la guerre. Cet aspect plutôt abordé en creux, mais on en apprend néanmoins beaucoup sur ce coin quelque peu méconnu du monde. - [MY LADY : Moyenne dame](https://julienbouffartigue.net/2018/08/12/my-lady/) - Qu'est ce qui nous fait aimer un personnage ? La figure du héros est généralement associée à une certaine forme de perfection et une longue liste de valeurs positives : courage, équité, sens du sacrifice... Cependant, on peut facilement s'attacher également à des figures qui comptent de vrais défauts. Entre le héros et le anti-héros absolu, il existe tout une graduation. Mais dans tous les cas, l'équilibre est subtil. On ne peut pas aimer tout le monde dans la vraie vie et au cinéma, on ne peut pas aimer tous les personnages. Et quand le lien avec le spectateur ne se crée pas, alors c'est le film tout entier qui peut sombrer. C'est exactement ce qui m'est arrivé en allant voir My Lady. Le personnage de My Lady constitue un personnage incontestablement intéressant. Riche, complexe, comme peuvent l'être les vrais êtres humains. Dans ce sens, il est très réussi. Cependant, personnellement, je l'ai vite trouvé faussement sympathique, pour ne pas dire parfois antipathique. Je faisais preuve là certainement d'une certaine forme de solidarité avec son mari délaissé, mais quelles que soient les raisons, le résultat est là. De cet absence totale d'attachement ne pouvait naître aucune sorte d'émotion. J'ai donc vu ce film avec un intérêt intellectuel, mais jamais il ne m'a jamais réellement touché, ce qui a largement gâché mon plaisir. - [TOUT ALICE (Lewis Caroll) : Enfin à sa place](https://julienbouffartigue.net/2018/08/13/tout-alice/) - Alice au Pays des Merveilles fait partie de ces œuvres qui nous sont particulièrement familières, mais qu'au final personne n'a jamais vraiment lu. La forme exacte de l'œuvre de Lewis Caroll est en effet particulièrement complexe, avers plusieurs versions des mêmes histoire. Tout Alice, une édition française rassemble et offre une nouvelle traduction à cet élément majeur de notre culture. Elle nous permet surtout de découvrir sa réelle profondeur, sa richesse et sa subtilité insoupçonnées. L'œuvre de Lewis Caroll n'est pas des plus facile à lire, même pour un adulte. Le vocabulaire est parfois très élaboré et difficilement accessible à des enfants. C'est d'ailleurs assez surprenant. On comprend mieux lorsqu'on lit la dernière partie de cette édition où les traducteurs expliquent tous les choix qu'ils ont du faire pour retranscrire les jeux de mots qui peuplent les pages d'Alice au Pays des Merveilles. En effet, les traductions successives n'ont pas toujours traité cet aspect de l'œuvre avec l'attention qu'il mérite, préférant l'accessibilité du récit aux enfants. Mais ils privèrent ainsi les lecteurs français d'un des intérêts majeurs de ce récit légendaire. - [SKELETON TREE (Nick Cave and the Bad Seeds), BEULAH (John Paul White), EARTH (Neil Young) : Vieux routier et découverte](https://julienbouffartigue.net/2018/08/14/beulah/) - On commence avec un premier routier de la scène musicale internationale (même si j'ignore s'il a déjà conduit un camion) avec Nick Cave et son groupe The Bad Seeds. L'album Skeleton Tree sorti en 2016 est le dernier en date. On y retrouve l'ambiance sombre habituelle. L'artiste australien y parle plus souvent qu'il ne chante. Les instrumentations sont souvent relativement minimalistes. Le tout donne un résultat pas forcément hyper enthousiasmant et globalement assez monotone. Mais on appréciera tout de même cette voix unique et vraiment marquante. Beulah est le premier album solo de l'artiste américain John Paul White, qui se produisait précédemment au sein du duo The Civil Wars. Il nous livre de jolies mélodies douces et épurées sur lesquelles vient se poser sa jolie voix claire. Le résultat est assez enchanteur et reste excellent même quand il décide de la pousser un peu plus. Elle véhicule en tout cas une véritable émotion. L'album reste vraiment d'une qualité constante du début à la fin, même si on retiendra tout de même en particulier le titre What's So. - [LE MOTIF DE SAULE (Robert Van Gulik) : Le meilleur du Juge Ti](https://julienbouffartigue.net/2018/08/16/le-motif-de-saule/) - Le Juge Ti est un personnage dont j'ai pris l'habitude de lire les aventures régulièrement. Non pas que l'œuvre de Robert Van Gulik soit toujours enthousiasmante, mais elle offre de jolis divertissements littéraires, dépaysants et agréables à lire. Le Motif du Saule se situe en quatrième dans la série, même si cet ordre n'a guère d'importance. Il est surtout celui qui m'a le plus plu jusqu'à présent. En effet, il rassemble toutes les qualités de cette série en proposant une histoire plus convaincante qu'à l'accoutumée. Le Motif du Saule est donc un polar qui nous plonge dans la Chine impériale. Le Juge Ti mène l'enquête, avec toujours la même perspicacité, capable à la fois d'analyser les comportements humains et les indices matériels. Cet épisode propose plusieurs enquêtes entrecroisées, dont on finira par comprendre qu'elles possèdent un lien entre elles (je spoile un peu, mais ce n'est pas non plus une énorme surprise). On retrouve le même plaisir que celui que l'on ressent en parcourant un Agatha Christie. Le récit est riche, clair, bien mené, avec de vraies surprises et rebondissements, et propose une galerie de personnages particulièrement réussie. - [GOLDEN SINGS THAT HAVE BEEN SUNG (Ryley Walker), LOVER, BELOVED : SONGS FROM AN EVENING WITH CARSON MCCULLERS (Suzanne Vega), THE GLOWING MAN (Swans) : Douceur estivale](https://julienbouffartigue.net/2018/08/24/lover-beloved/) - On commence cet avis musical par la découverte d'un artiste venu de l'Illinois. Ryley Walker a sorti en 2016 son album Golden Sings That Have Been Sung. Il nous propose une musique entre rock, jazz et folk, souvent plutôt douce et toujours maîtrisé, avec parfois des petits accents de crooner. Elle coule toute seule aux oreilles pour un résultat particulièrement agréable. Seul petit bémol, les titres sont parfois un peu trop longs. L'album perd aussi en intérêt au fur et à mesure et se retrouve être nettement moins marquant sur la fin. On poursuit avec une vieille connaissance en la personne de Suzanne Vega et son album Lover, Beloved : Songs from an Evening With Carson McCullers. Les premiers titres sont étonnement jazzy, avec sa voix chaude qui nous saisit. Le tout est vraiment séduisant et parfaitement maîtrisé. Ensuite, l'album devient nettement plus proche de ce que cette artiste a offert pendant sa carrière... ce qui reste quand même un compliment. Le résultat est globalement très solide avec un petit coup de cœur pour The Ballad of Miss Amelia. - [UNE PLUIE SANS FIN : Black rain](https://julienbouffartigue.net/2018/08/24/une-pluie-sans-fin/) - Le polar noir reste une spécialité cinématographique coréenne. Mais le voisin chinois n'est pas en reste avec pour preuve Une Pluie Sans Fin. Qui plus est, les intempéries collent assez bien avec l'ambiance de ce genre d'histoire. Comme si le ciel devait forcément refléter la couleur des âmes des personnages. Tout cela ressemble quelque peu à un cliché, mais force est de constater que cela continue de fonctionner, vue la qualité de ce film. En nous proposant à la fois une intrigue policière bien menée et une réflexion sur l'évolution de la Chine contemporaine, il nous donne de quoi nourrir la curiosité du spectateur. Une Pluie Sans Fin propose une intrigue « policière » somme toute assez classique, mais solide. Certes, le principal rebondissement est particulièrement prévisible, mais ce n'est pas l'essentiel. En effet, le scénario brille avant tout par la qualité de ses personnages et l'exploration des ressorts profonds de leur psychologie. C'est dans l'évolution de leurs relations qui vont survenir les vraies surprises. Tout ceci concourt à maintenir constant un intérêt réel chez le spectateur. Surtout que bien d'autres éléments viennent donner des raisons supplémentaires de s'intéresser à cette histoire. - [UNDER THE SILVER LAKE : Question de point de vue](https://julienbouffartigue.net/2018/08/31/under-the-silver-lake/) - Certains films ne laissent pas indifférents. Ils mènent les spectateurs hors des sentiers battus, là où on peut se perdre facilement. Perdre ses repères peut alors faire naître des sentiments très différents au gré des personnalités de chacun. On peut apprécier la sensation ou au contraire avoir envie de quitter les lieux au plus vite. Si on lit les critiques des spectateurs à propos de Under the Silver Lake, on est frappé par la parfaite répartition des notes : sur les 6 possible, 3 ont été données par 18% des spectateurs, 2 par 16% et la note maximale par 14%. Bref aucun consensus. Mais c'est sans doute là la preuve de l'intérêt réel de cette œuvre qui sort réellement de l'ordinaire. On peut effectivement voir Under the Silver Lake de deux manières. Tout d'abord comme un œuvre assez vaine, un exercice de style dénué de sens et de profondeur, qui ne mène le spectateur strictement nul part, sinon à une explication quelque peu décevante. Une histoire que l'on observe sans jamais y pénétrer vraiment, faute de jamais en trouver la porte d'entrée. Ou alors, à l'inverse, on peut apprécier pleinement ce spectacle inattendu et déconcertant, où tout n'est pas parfait, mais qui tient toujours notre curiosité en éveil. On peut se laisser séduire par ce personnage qui nous rappelle par certains côtés The Dude de The Big Lebowski. - [LE POETE DE GAZA (Yishaï Sarid) : Conflits intérieurs et extérieurs](https://julienbouffartigue.net/2018/08/31/le-poete-de-gaza/) - Le conflit israelo-palestinien tient une place particulièrement importante dans la géopolitique mondiale. Ses répercussions dépassent largement la simple région où les événements se déroulent et chaque évolution fait les gros titres des journaux du monde entier. Pourtant, il n'inspire pas tant que ça la littérature et le cinéma. Peut-être parce qu'il est tellement délicat d'en parler que cela rebute bien des auteurs. Il reste néanmoins des artistes qui le vive au quotidien pour témoigner. C'est le cas de Yishaï Sarid qui nous a offert le remarquable le Poète de Gaza. Le Poète de Gaza reste un polar, mais ce roman nous fait surtout partager le point de vue, et pour tout dire les tourments, de ceux qui vivent le conflit au quotidien. Le personnage principal est un agent des services secrets israéliens et l'on partagera ses pensées, ses doutes et ses interrogations. Yishaï Sarid est le fils d'un député israélien qui sera battu toute sa carrière pour la paix. On imagine facilement à la lecture de ce livre qu'il partage largement les idées de son père. Mais jamais le propos ne devient manichéen ou militant. Il expose avant tout la manière dont cet état de guerre permanent pèse sur les esprits et toute la société. - [THEY'RE CALLING ME HOME (Rihannon Giddens), CORAL ISLAND (The Coral), DISCOVERY (Pet Shop Boys) : Solidité classique](https://julienbouffartigue.net/2021/09/26/theyre-calling-me-home/) - On débute avec la violoncelliste folk américaine Rhiannon Giddens qui signe cette année avec They're Calling Me Home un second album en duo avec le musicien Francesco Turrisi (et un quatrième en tout). On se retrouve plongé dans une ambiance plutôt celtique. La musique et douce, mais le résultat est assez classique, surtout que voix - [LES ELUCUBRATIONS D'UN HOMME SOUDAIN FRAPPE PAR LA GRACE (Edouard Baer) : Une voix, une plume](https://julienbouffartigue.net/2021/09/25/les-elucubrations-dun-homme-soudain-frappe-par-la-grace/) - Depuis cinq ans et demi que je travaille dans le quartier des Halles, Edouard Baer est devenu la célébrité que j'aurais le plus vue dans ma vie, puisque je le croise très régulièrement. Mais avant cela, j'avais déjà eu la chance de le voir en vrai, non pas à la terrasse d'un café, mais sur - [LE ROYAUME (Emmanuel Carrère) : Le sens de l'Histoire](https://julienbouffartigue.net/2021/09/20/le-royaume/) - Entre l'Histoire et l'histoire, la frontière est parfois fine, quand un auteur décide d'amener son lecteur à remonter le temps. Souvent, l'intention est claire. Partager une pure fiction ou bien reconstituer le plus fidèlement possible les événements de l'époque. Un romancier n'est pas un historien. Mais il arrive que la séparation soit beaucoup moins nette. - [DETECTIVE DEE : LA LEGENDE DES ROIS CELESTES : Le dragon est bien éveillé](https://julienbouffartigue.net/2018/09/02/detective-dee-la-legende-des-rois-celestes/) - Hollywood peut trembler. La Chine cinématographique s'est éveillée ! Entendons-nous bien, je parle ici de cinéma grand public à très grand spectacle, de blockbusters voués à être vus par les spectateurs du monde entier. Car cela faisait évidemment longtemps que le cinéma chinois nous enchantait par des films beaucoup plus intimistes. Il y a désormais match avec l'Oncle Sam sur tous les terrains, ou plutôt tous les écrans. Détective Dee : la Légende des Rois Célestes séduira un large public. En reprenant bien des codes des films américains à gros budget, mais aussi en offrant un petit supplément d'âme. Il existe encore quelques écarts entre l'Amérique et la Chine. En effet, Détective Dee : la Légende des Rois Célestes bénéficie d'effets spéciaux que l'on peut facilement qualifier de vintage. Mais le vintage n'est-il pas à la mode ? En tout cas, cela donne au final un certain charme à ce film, un aspect presque artisanal. De toute façon, même le spectateur le plus critique n'aura guère le temps de s'attarder sur les quelques défauts visibles, tant le film est parcouru d'une frénésie visuelle constante. Les scènes spectaculaires s'enchaînent, chacune faisant plus fort que la précédente. La longue séquence finale constitue une vrai morceau de bravoure cinématographique que seul la fin de Ready Player One n'aura surpassé. - [LE MONDE EST A TOI : Les quartiers côté face](https://julienbouffartigue.net/2018/09/03/le-monde-est-a-toi/) - La vie dans les "quartiers" est devenue avec le temps l'exemple type de sujet pouvant être traité de manières radicalement différentes. Du drame profond à la comédie la plus légère. Demain est à Toi fait incontestablement partie de la seconde catégorie. Mais reste à savoir si on la range dans la catégorie des comédies lourdingues ou bien des comédies fines, subtiles et surtout drôle. Au final, le film se situe quelque part entre les deux. Par contre, ce qui est certain, c'est qu'elle est à ranger dans la catégorie des comédies réussies. Demain est à Toi est une comédie qui repose de manière significative sur ses personnages. Il reprend tous les clichés que l'on peut attendre dans un tel environnement pour s'en moquer dans un parfait équilibre entre ironie totale et un réel fond de vrai. On s'attache rapidement à eux, même si certains souffrent de graves imperfections... pour ne pas dire que certains sont carrément tarés. Ils font naître une délicieuse alchimie qui compense les situations quelque peu convenues où ils vont être entraînés. C'est bien d'eux que vient l'énergie et l'humour qui soutiennent ce film. Et le tout fonctionne assez pour faire passer au spectateur un très bon moment. - [GUY : Plus vrai que nature](https://julienbouffartigue.net/2018/09/05/guy/) - La mode des biopics nous à offert une foule de performances d'acteurs et d'actrices se glissant dans la peau d'un personnage historique, homme politique ou star de showbiz. Autant de rôles qui ont souvent valu un prix à leur interprète. Peut-être ajoutera-t-on Alex Lutz à cette longue liste. A la différence près que le personnage qu'il incarne dans Guy est totalement imaginaire. La transformation n'en reste pas moins particulièrement impressionnante. Et le film globalement réussi. Guy reste cependant un film relativement inégal. On entre tout de suite dans l'histoire, subjugué par le personnage et la manière intelligente dont le sujet est traité. Dès le début, on attend le dénouement vers lequel le scénario devrait logiquement nous mener. Puis le film s'essouffle, mais on continue tout de même d'espérer la conclusion espérée. Elle ne viendra jamais, nous laissant quelque peu sur notre faim. C'est aussi une façon de surprendre le spectateur mais peut aussi donner à penser qu'Alex Lutz ne savait pas vraiment comment finir son histoire. On termine donc le film un peu loin du réel enthousiasme des premières minutes. - [LA TRILOGIE DU VIDE, TOME 2 : VIDE TEMPOREL (Peter F. Hamilton) : Décollage en seconde](https://julienbouffartigue.net/2018/09/05/vide-temporel/) - Rien ne sert de courir, il faut partir à point. C'est vrai dans beaucoup de domaines et pas seulement les courses animalières. En littérature également et pas que chez Jean de la Fontaine. Chez Peter F. Hamilton aussi. La preuve avec le deuxième volet de la Trilogie du Vide, Vide Temporel. En effet, le premier tome n'incitait pas réellement à l'enthousiasme et on avait un tout petit peu de mal à imaginer comment le lecteur pourrait finir pas s'intéresser profondément à ce récit au long cours. Mais il ne fallait surtout pas perdre espoir. Le premier épisode était construit autour de deux lignes narratives disjointes et d'importance inégale, avec une alternance de chapitres portant sur l'une puis l'autre. Vide Temporel reprend le même procédé mais en inversant l'importance relative des deux parties. C'est peut-être pour cela que ce deuxième volet est nettement plus intéressant. C'est surtout que cela permet au lecteur d'appréhender enfin réellement tous les enjeux des différentes composantes du récit. Tout prend sens et la curiosité du lecteur s'éveille soudain. - [SILENT VOICE : Le geste et la parole](https://julienbouffartigue.net/2018/09/07/silent-voice/) - Les enfants sont des êtres mignons, adorables, ne pouvant pas faire de mal à une mouche, c'est bien connu. Tout ceci ne constitue évidemment qu'un sombre cliché sans fondement puisque ces créatures peuvent être aussi cruelles et démoniaques que n'importe quel adulte. Et après avoir vu Silent Voice, on se dit heureusement, sinon personne n'aurait eu la chance de profiter de ce beau film particulièrement touchant. De toute façon, si le monde était idéal et sentait la guimauve à tous les coins de rue, le 7ème art compterait nettement moins de chefs d'œuvre. Silent Voice est film au propos surprenant. Une histoire réellement inattendue et réellement inspirée, voilà qui est particulièrement bienvenu. On retrouve beaucoup d'éléments propres aux mangas, et pas que le meilleur. Encore une histoire d'adolescents venue du Japon, parcourue par une certaine pudibonderie relativement horripilante. Malgré cela, le scénario se démarque significativement avec sa grande dureté qui côtoie les meilleurs sentiments. Dommage simplement que le film s'étire un peu plus que nécessaire en tournant un peu en rond en son milieu. Cependant, on est assez sous le charme pour ne jamais réellement voir le temps long. - [UNE BALLE DANS L'ESTHETE (Patrick Eris) : Un Poulpe bien servi mais sans goût](https://julienbouffartigue.net/2018/09/08/une-balle-dans-l-esthete/) - Quoi encore un Poulpe ? Et oui, j'en ai encore un certain nombre qui m'attendent dans ma bibliothèque et je compte bien y faire honneur. En effet, cette série ressemble un peu à une boîte de chocolats, comme disait la mère de Forest Gump. Puisque chaque épisode est écrit par un auteur différent, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber. Patrick Eris, qui a signé Une Balle dans l'Esthète est avant tout connu pour ses traductions. Mais il possède incontestablement une belle plume. A défaut d'avoir des idées brillantes pour animer son histoire. Une Balle dans l'Esthète est incontestablement un Poulpe particulièrement bien écrit. On apprécie la volonté de Patrick Eris de revenir aux racines du personnage au début de Une Balle dans l'Esthète, après quelques libertés dans les derniers épisodes que j'ai lus (sachant que je les lis dans l'ordre de leur parution). Malheureusement, les pages passent les unes après les autres et le lecteur reste en attente du vrai départ du récit. Il ne viendra jamais et se termine sans que l'on ait eu la chance de vraiment rencontrer les personnages et l'univers dans lesquels ils évoluent. Plutôt frustrant donc. - [BURNING : Triangle de Seoul](https://julienbouffartigue.net/2018/09/09/burning/) - L'amour à deux constitue déjà une source inépuisable d'inspiration pour tous les scénaristes. Il existe déjà dans cette configuration des dizaines situations possibles et imaginables . Alors à trois, cela décuple les possibilités. Loin de la comédie romantique, Burning est un film sombre et mystérieux. Un film à la sauce coréenne en fait, même s'il ne représente pas l'archétype des productions de ce pays. Un ménage à trois autour duquel viennent se mêler de nombreuses thématiques qui en font un film relativement inclassable. Burning reste cependant un film relativement inégal. Le spectateur plonge immédiatement au cœur de l'histoire et reste longtemps captivé par le spectacle proposé. Puis un événement vient tout bouleverser qui ouvre sur une deuxième moitié de film nettement moins maîtrisée. Le scénario flotte quelque peu et on décroche légèrement. Cependant, l'ensemble se tient et offre une histoire surprenante et fascinante par bien des aspects. Elle propose en outre bien des thématiques en second plan, notamment les fractures au sein de la société coréenne, qui viennent enrichir le propos. Le film est donc au final loin du énième polar coréen que l'on aurait pu imaginer. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 14 : Débat primaire](https://julienbouffartigue.net/2018/09/13/tout-ca-pour-ca-episode-14/) - Le résultats des scrutins intermédiaires ne laissent guère de doute. Nicolas Sarkozy ne serait pas réélu et le candidat du Parti Socialiste avait toutes les chances de devenir le prochain Président de la République. Restait à le désigner et, avant cela, choisir la manière dont il serait désigné. Ce débat, comme beaucoup d'autres au PS, ne pouvaient être totalement compris sans être capable de décoder les intentions de chacun se cachant derrière les discours pleins de bonnes intentions désintéressées. Sur la table du débat étaient posées deux options. Soit une désignation classique par les membres du Parti, soit une primaire ouverte à tous ceux qui voudraient bien se reconnaître comme sympathisant socialiste. Cela ressembla à une sorte de controverse entre les anciens et les modernes. Bon, peut-être que cette vision vient de mon jeune âge à l'époque. En tout cas, les arguments pertinents des deux côtés ne manquaient pas, même si je trouvais personnellement beaucoup des objections avancées par les opposants aux primaires ouvertes totalement infondées. Elles se révélèrent l'être d'ailleurs, mais à l'époque, organiser une telle désignation s'assimilait à un saut dans l'inconnu et il est facile de se donner raison avec le recul. - [SAUVAGE : Déséquilibre](https://julienbouffartigue.net/2018/09/18/sauvage/) - Sauvage est un film qui traite à la fois de la prostitution masculine et de l'addiction au crack. Autant vous dire qu'il ne s'agit pas d'une petite comédie légère et romantique, mais vous vous en seriez douté. Ce film est même à déconseiller aux âmes sensibles car il propose des moments d'une grande dureté, face auxquels il vaut mieux avoir le cœur bien accroché. Camille Vidal-Naquet signe là un premier film audacieux, mais globalement maladroit. Si l'avenir sourit à ceux qui osent, alors il nous livrera bientôt une œuvre remarquable. En attendant, il faut faire avec celle-là. Sauvage est un film quelque peu déséquilibré. Montrer les choses telles qu'elles sont constitue toujours une intention louable. Mais faut-il encore que le caractère cru des images servent réellement un propos. Ici, Camille Vidal-Naquet se noie quelque peu dans ses propres intentions en donnant une impression de vouloir aller toujours plus loin, toujours plus fort. Certes, cela accompagne un processus de déchéance et de descente aux enfers, mais cela manque passablement de subtilité. Surtout que cela conduit à un dénouement assez convenu, loin de la force dont le réalisateur voulait doter son film. Ceci dit l'exercice n'avait rien d'évident et nombreux sont ceux qui se seraient carrément noyés. - [SOFIA : Ni noir, ni blanc](https://julienbouffartigue.net/2018/09/22/sofia/) - Après le prostitué accro au crack, la jeune Marocaine en plein déni de grossesse. Tout cela, dans la même soirée cinématographique. On imaginera facilement que j'en ai connues des plus légères et des plus enjouées. Mais j'en aurais aussi connues surtout des plus décevantes en termes de qualité. En effet, si Sauvage restait imparfait, Sofia est un film qui sort du lot pour plusieurs raisons. Certes, pas par son humour, mais il existe bien d'autres raisons pour apprécier un long métrage. En tout cas, il constitue une nouvelle preuve de la vitalité d'un cinéma nord africain qui retranscrit l'aspiration d'une jeunesse à la liberté et la disparition des carcans. Notamment ceux qui pèsent sur les rapports homme-femme. Sofia bénéficie en premier lieu d'un scénario réellement brillant. On pourrait penser assister à une histoire relativement balisée. Il n'en est rien. Elle réserve au contraire de vraies surprises qui prend le spectateur au dépourvu et le force à quitter un point de vue trop consensuel. Le film échappe à tout manichéisme et s'il porte une dénonciation et une colère, il montre aussi à quel point les acteurs de l'oppressions ne sont pas toujours (que) ceux que l'on attend. Meryem Benm'Barek traite à travers son film bien des problématiques et des fractures qui parcourent la société marocaine, pas seulement celles liées au poids des traditions et de la religion. Elle livre également une réflexion humaniste à la portée largement universelle. - [SHEHERAZADE : Amateurs à mater](https://julienbouffartigue.net/2018/09/25/sheherazade/) - Faire jouer des acteurs non professionnels s'apparente parfois à une certaine forme de démagogie. Mais parfois cela donne un résultat étonnant de fraîcheur, de spontanéité et de crédibilité. C'est bien le cas de Shéhérazade qui met en scène des jeunes dont les parcours sont proches de ceux qu'ils interprètent. Une plongée assez vertigineuse dans les « quartiers » de Marseille et son lot de violence. Mais surtout un formidable films de personnages d'une grande humanité, jamais manichéen et parfaitement mis en scène. Bref, un joli moment de cinéma. Si vous cherchez dans Shéhérazade un film de gangsters spectaculaire, vous pouvez vous abstenir car ce film ne ressemble en rien à cela. Il est porté par une histoire forte, portée elle même par une galerie de protagonistes remarquable. Ces derniers prennent vie dans toute leur complexité, ce qui nous permet de nous attacher à eux, malgré toutes leurs vicissitudes. Aussi parce qu'il s'agit là d'une belle histoire d'amour, ce sentiment universel, fournisseur officiel d'histoires depuis l'aube de l'humanité. Visiblement, le filon est toujours loin d'être épuisé et on ne va pas s'en plaindre. - [LES FRERES SISTERS : De l'or en pellicule](https://julienbouffartigue.net/2018/09/26/les-freres-sisters/) - A quoi reconnaît-on un grand cinéaste ? La réponse est relativement simple. Ce sont ceux qui réalisent des grands films. Et les très grands cinéastes ? Ce sont ceux qui réalisent de grands films toujours différents, quel que soit le budget, le sujet, le contexte. Jacques Audiard est définitivement un très grand cinéaste. Les Frères Sisters le prouve définitivement. Il aura parfaitement réussi son franchissement de l'Atlantique ne perdant rien de son âme, tout en tirant le meilleur du cinéma américain. Ce film constitue l'événement cinématographique de la rentrée et lance merveilleusement bien cette nouvelle saison de 7ème art. On n'attendait sûrement pas Jacques Audiard se lancer à l'assaut d'un genre cinématographique qui n'a rien d'hexagonal, à savoir le western. Ce n'est pourtant pas si étonnant que ça, si on considère que Dheepan n'était pas si loin d'en être déjà un. En tout cas, il semble parfaitement à l'aise dans ces grandes plaines de l'Ouest, en pleine ruée vers l'or. A l'aise sûrement parce qu'il fait ce qu'il sait faire de mieux, à savoir dresser des portraits extrêmement vivants de grands personnages. Il mêle dans un subtil mélange introspection, humour et action, réjouissant le spectateur à chaque scène. Il n'y a vraiment rien à jeter dans les Frères Sisters et on dévore cette histoire comme les pages d'un roman extraordinaire. - [MADEMOISELLE DE JONCQUIERES : Légèreté classique](https://julienbouffartigue.net/2018/09/27/mademoiselle-de-joncquieres/) - L'amour, fournisseur officiel d'histoire depuis l'aube de l'humanité. J'aime bien cette formule. Je l'ai trouvée en écrivant ma critique précédente et les bonnes idées méritent d'être exploité autant que possible. Surtout que cela colle parfaitement pour introduire la critique de Mademoiselle de Joncquières. Un film qui montre le caractère intemporel où un film du XXIème siècle donne vie à un récit du XVIIIème et nous permet de découvrir que la formule « tu me suis, je te fuis, tu me fuis, je te suis » (elle n'est pas de moi celle-là) ne date pas d'aujourd'hui. Elle nous offre surtout un film particulièrement plaisant. Mademoiselle de Joncquières est un film au final plutôt léger. Cela fait sa force, mais on peut aussi regretter que le film ne soit pas parcouru d'un souffle plus dramatique qui aurait pu lui donner une toute autre dimension. L'amour dévorant est joué avec des codes du théâtre classique, mais n'est pas forcément vécu avec toutes sa puissance par les personnages. Tant pis et il serait dommage de appesantir outre mesure sur ce léger regret. Car le résultat reste particulièrement agréable à suivre, particulièrement distrayant et parfois réellement savoureux. Après tout, l'amour est trop sérieux pour qu'on le prenne trop au sérieux. Et puis un peu de légèreté fait toujours du bien. - [HIT RESET (The Julie Ruin), THE LIFE OF PABLO (Kanye West), AND THE ANONYMOUS NOBODY (De la Soul) : Jeunesse envolée](https://julienbouffartigue.net/2018/09/30/and-the-anonymous-nobody/) - On commence par une découverte, The Julie Ruin, un groupe américain originaire de New York, dont Hit Reset, sorti en 2016, est le deuxième album. Ce dernier part plutôt bien, nous offrant un rock énergique, bien qu'un peu brouillon. Malheureusement, c'est ce deuxième aspect qui va prendre le dessus pour frôler assez vite le n'importe quoi. Mais un n'importe quoi pas hyper intéressant. Ensuite, l'album devient plus sage, plus pop, plus maîtrisé, mais sans réellement devenir plus accrocheur. On retiendra tout de même le titre Roses More than Water. Kanye West fait partie de ces noms que je connaissais, sans pour autant être capable de mettre un air ou une chanson sur leur musique. C'est chose faite après avoir écouté The Life of Pablo. Mais je me demande si j'ai bien fait car le résultat est relativement transparent et sans âme. Il fait bien preuve de maîtrise, mais le tout manque passablement de créativité et d'énergie. Il n'échappe pas au cliché de la voix modifiée par réverbération. Certes, il existe une grande variété dans les titres, mais rien n'accroche l'oreille entre le début et la fin. - [LEAVE NO TRACE : Marginalité héritée](https://julienbouffartigue.net/2018/09/30/leave-no-trace/) - La marginalité est un sujet singulier au cinéma. En effet, elle est souvent valorisée pour donner des personnages originaux et sympathiques. L'image du rebelle hors système donne facilement de bon héros attachant et positif. Heureusement, certains scénarios parviennent à sortir des raccourcis trop faciles et, sans pour autant devenir des éloges de la norme et du conformisme, nous montre les choses sous un jour un peu plus réaliste. C'est le cas de Leave No Trace. Un film qui pose une question qui n'a rien d'anodine. Quelle part de « folie » (au sens très large) avons-nous le droit d'imposer à nos enfants ? Leave No Trace est un film au propos clair (ce qui ne veut absolument pas dire prévisible), qui va à l'essentiel, qui ne prend son temps que pour nous permettre de mieux connaître les personnages. Un film sans chichi, sans superflu et qui est assez intéressant pour maintenir toute l'intention du spectateur du début à la fin. Le dénouement est très réussi, apportant une vraie conclusion convaincante. Le mérite de cette réflexion est que le spectateur peut se sentir en droit de ne pas la partager, même si personnellement je trouve la réflexion très pertinente et mesurée. Tout cela ne donne pas le film le plus marquant qui soit, mais au moins peut-on considérer que Debra Granik avait réellement quelque chose à raconter, ce qui n'est pas le cas de tous les cinéastes. - [L'ETERNEL COMBAT](https://julienbouffartigue.net/2013/04/06/l-eternel-combat/) - Depuis quelques jours, l'affaire Cahuzac provoque l'émoi dans la classe politique du sommet de l'Etat jusqu'au militant de base, je peux en témoigner. Il est vrai que les faits sont graves, je l'ai déjà largement souligné. Cependant, je trouve cette émotion quelque peu disproportionnée, non parce qu'elle n'est pas légitime, mais qu'elle semble soudaine quand les faits en question ne constituent pas en eux-même une grosse surprise. Bien sûr, on ne savait pas que précisément Jérôme Cahuzac avait un compte en Suisse, mais qu'un homme avec son parcours et sa position en ait un ne constitue pas non plus l'évènement le plus inattendu du siècle. Je ne veux sûrement pas alimenter le refrain du « tous pourris ». Bien au contraire, je m'élève assez souvent ici contre lui. Simplement, ce n'est pas parce qu'un mal est caché qu'il n'existe pas. C'est en cherchant que l'on trouve et la chute de Jérôme Cahuzac démontre au moins que les journalistes et la justice peuvent travailler librement dans notre pays et que personne n'est à l’abri de se faire rattraper par la patrouille. Cela constitue une bonne nouvelle, même si cela serait plus confortable si jamais de telles affaires ne remontent à la surface. - [LA BAISSE DU CHOMAGE COMME SEULE ISSUE](https://julienbouffartigue.net/2013/04/10/baisse-du-chomage/) - Depuis son intervention télévisée, suivie de l'affaire Cahuzac, les discussions fleurissent sur la meilleure manière pour François Hollande de redresser une côte de popularité en berne. Remplacer Jean-Marc Ayrault ? Remanier pour former un gouvernement resserré ? Virer un ministre pour montrer son autorité ? Annoncer des mesures fortes et spectaculaires ? Faire de la pédagogie ? Je vais peut-être paraître pessimiste, mais rien de tout ça ne marchera. Il est clair qu'à court terme, rien ne pourra faire remonter sensiblement le Président de la République dans les sondages. Car pour cela, il ne pourra compter que sur une seule chose : la baisse du chômage. Et elle n'est clairement pas pour demain. Alors, en tant que militant socialiste, dois-je d'un coup sombrer dans la sinistrose ? C'est évidemment mal me connaître car, grâce à mon optimisme que je n'espère néanmoins pas béat, j'y vois là presque une bonne nouvelle. En effet, François Hollande n'a plus qu'à se concentrer que sur une seule chose : mener une action pertinente et voir le nombre de demandeurs d'emplois diminuer. La manière importera peu car elle sera jugée négativement quelle qu'elle soit, alors il faut aller à l'essentiel et arriver à la seule chose qui compte vraiment, améliorer la situation économique de notre pays. Les Français en ont assez de la politique, des discours, des déclarations d'intention sans lendemain. Et bien, arrêtons de leur donner du grain à moudre, laissons le gouvernement travailler, sans se soucier de l'image qu'il renvoie. - [RETOUR VERS LE PASSE... 2007 ? 2002 ?](https://julienbouffartigue.net/2013/02/17/retour-vers-le-passe/) - Après Alain Juppé, voici Bernadette Chirac qui prend la parole dans la presse pour appeler de ses vœux la candidature de Nicolas Sarkozy en 2017. Hasard ou bien manœuvre souterraine pour préparer son retour ? On le sait en politique, il est fréquent de lancer des idées l'air de rien, histoire de tester la température de l'opinion, avant éventuellement de passer aux choses sérieuses. On peut donc vraiment se demander si l'ancien chef de l'Etat n'a pas fait comprendre à certains qu'il serait bon qu'ils s'expriment sur le sujet. Les sondages qui ont suivi ont montré que l'opinion n'est pas vraiment enthousiaste à cette idée. Mais la route est longue jusqu'en 2017 et le spectacle affligeant donné par le couple Fillon-Copé peut lui faire espérer que la concurrence sera trop faible pour s'opposer à une réelle volonté de retour. L'élection de Nicolas Sarkozy dans 4 ans tient encore de la politique fiction, mais pas non plus de la science-fiction. - [BOITE NOIRE : Beaucoup de bruit pour pas grand chose](https://julienbouffartigue.net/2021/09/19/boite-noire/) - Ce n'est pas parce qu'on a déjà exploité un concept une fois qu'on ne peut pas recommencer. Sinon, beaucoup de scénaristes se retrouveraient au chômage. Ainsi le concept du film français à suspense dont le personnage central a une oreille particulièrement aiguisée revient sur nos écrans. Après le Chant du Loup, voici Boîte Noire. Après - [TEMPO (Dom La nena), SELL OUT (The Who), NEW LONG LEG (Dry Cleaning) : Things go better with coke](https://julienbouffartigue.net/2021/09/19/tempo/) - Direction le Brésil pour commencer, avec Dom la Nena, de son vrai nom Dominique Pinto, et son album Tempo, sorti cette année. Son instrument est le violoncelle sur lequel elle chante, ce qui est assez rare pour être souligné. Enfin, parfois son chant ressemble plus à un léger murmure. Sa musique s'apparente souvent à de - [SERRE MOI FORT : Perdus en chemin](https://julienbouffartigue.net/2021/09/18/serre-moi-fort/) - Le twist est une danse peut-être désuète désormais mais qui a eu son ère de gloire, faisant se déhancher bien des habitués des pistes. Mais c'est aussi un outil scénaristique qui a toujours existé, mais qui est devenu presque obligatoire désormais. On ne se laisse désormais plus si facilement impressionner. Et surtout, on peut plus - [THUNDER ROAD : Rendez-vous manqué](https://julienbouffartigue.net/2018/10/03/thunder-road/) - Les personnages décalés, victimes de folie plus ou moins douce, peuvent être au centre de films aussi attachants que leur principal protagoniste. Mais ceci constitue aussi leur plus grande fragilité. En effet, si la connexion entre le spectateur et le personnage central ne se fait pas, alors c'est tout le film qui devient décevant. Difficile d'aimer une histoire quand on ne ressent pas de réel affection pour celui ou celle auquel elle est bâtie. C'est malheureusement ce qui m'est arrivé avec Thunder Road. Un film aux réelles qualités mais que je n'ai sans doute pas su apprécier à sa juste valeur. Un film s'assimile à une rencontre. La première impression est donc importante et il faut parvenir à briser la glace. Parfois un plan suffit. Parfois, le lien ne se fait pas. La première scène, particulièrement longue, de Thunder Road donne le ton du reste du film. Certains dans la salle sont visiblement tombés sous le charme. Moi pas du tout. Je suis resté de marbre pour ne jamais vraiment sortir de cet état. J'ai bien souris parfois, été amusé par certaines situations mais trop rarement et jamais avec un réel enthousiasme. Seul le dénouement m'aura sorti de ma torpeur, me laissant par la même occasion avec beaucoup de regrets. - [PREMIERE ANNEE : Au premier rang des clichés](https://julienbouffartigue.net/2018/10/07/premiere-annee/) - Le plus souvent, les étudiants au cinéma sont occupés à autre chose qu'étudier d'arrache-pied. En tout cas, leurs études constituent rarement le principal sujet du film. Mais il existe quelques exceptions, comme Première Année. Ce dernier rappellera quelques souvenirs aux étudiants en médecine et même à d'autres, comme les anciens élèves de classes préparatoires. Niveau nostalgie, ils se rappelleront du pire, mais aussi du meilleur de cette période où ils auront une stimulation intellectuelle inconnue à l'âge adulte. Par contre, pas sûr qu'ils apprécient cette histoire qui est loin d'échapper aux clichés. Première Année est avant tout là pour souligner les excès auxquels le système de sélection donnent naissance. Ils sont réels certes, mais Thomas Lilti les fait apparaître sans grande subtilité et en créant surtout des personnages qui perdent peu à peu en crédibilité au fur et à mesure. C'est d'ailleurs assez symptomatique de l'évolution de sa carrière de cinéaste. Il continue à aborder chaque aspect de la carrière d'un médecin, mais il le fait de manière avec des sabots de plus en plus gros. Il est là pour dire quelque chose, mais semble penser de plus en plus que cela suffit pour faire un bon film. Or, le résultat est ici très moyen. - [BLACKKKLANSMAN : Du rire aux larmes](https://julienbouffartigue.net/2018/10/11/blackkklansman/) - Le rire représente un vecteur puissant pour faire passer des messages, même, aussi paradoxal que cela puisse paraître, les plus dramatiques. Un vecteur cependant quelque peu délicat à manipuler, qui peut vite se retourner contre son auteur et décrédibiliser tout son propos. Mais quand on a le talent de Spike Lee, on est à l'abri de ce genre de mésaventure. La preuve avec BlacKkKlansman, un film basé sur des faits réels qui nous arrachera de très nombreux sourires, avant de nous rappeler très brutalement à la réalité. Un choc final qui donne une autre dimension à ce film par ailleurs très réussi. Plus c'est gros, plus ça a de chance d'être vrai. Du coup, on ne doute pas une seule seconde que les faits relatés par BlacKkKlansman ont réellement eu lieu. En effet, qui imaginerait à partir de rien l'histoire d'un afro-américain infiltrant le Ku Klux Klan ? Cette histoire méritait d'être racontée en tout cas et c'est fait avec une réelle maestria. Le film se démarque avant tout par une galerie de personnages pas piquée des hannetons. Que ce soit du côté des policiers ou du côté des membres du KKK, chaque figure est mémorable, souvent inattendue et toujours dotée d'un pouvoir comique exploité avec beaucoup de finesse et de subtilité. Le tout fonctionne merveilleusement bien et donne vie à un scénario très bien écrit. - [I FEEL GOOD : Nous aussi](https://julienbouffartigue.net/2018/10/13/i-feel-good/) - Certains réalisateurs ont des univers bien à eux. D'un seul coup d'œil (bon parfois, deux ou trois), on reconnaît que ce sont eux derrière la caméra. Au moins font-ils des films personnels qui leur ressemblent, même si on peut aussi trouver qu'ils ne se renouvellent guère. Gustave Kervern et Benoît Delépine sont de ceux-là. I Feel Good ravira donc tout ceux qui auront aimé Mammuth ou le Grand Soir. Les autres, c'est moins sûr, si on en croit les commentaires négatifs de certains spectateurs. Il serait pourtant dommage de passer à côté de cette jolie fable pleine d'ironie et de poésie. Si vous allez voir I Feel Good pensant aller voir une comédie où tout est à prendre au premier degré, vous ferez à coup sûr parti des déçus. Mais si vous êtes prêt à tomber sous le charme d'une histoire sortant des sentiers battus, alors n'hésitez plus. On retrouve un univers peuplé de « petites gens », un peu cassés, un peu paumés, mais particulièrement attachants. Des personnages profondément imparfaits, mais sur lesquels Gustav Kervern et Benoît Delépine posent un regard plein de tendresse et de douceur. Ils ne tombent jamais dans le misérabilisme, riant avec leurs personnages, jamais de leurs personnages. Alors on entre dans cette histoire comme dans le peignoir que porte Jean Dujardin au début du film. - [CLIMAX : Le génie et le dégoût](https://julienbouffartigue.net/2018/10/14/climax/) - Le génie est sans doute ce qui chez l'humain s'apparente le plus à un super-pouvoir. Mais tous les lecteurs assidus de comics le savent. Un super-pouvoir doit être maîtrisé, sous peine de se transformer en malédiction pour celui qui le possède, avec moult de victimes collatérales. Aller voir Climax permet de se sentir dans la peau d'une de ces dernières. Et Gaspard Noé est clairement un super-héros qui n'a pas appris le contrôle et finit pas consumer la pellicule qu'il avait commencé par enchanter. Tant pis pour tous ceux qui auront ressenti un profond malaise devant ce film qui finit par tourner au désastre. Les premières minutes de Climax nous laissent quelque peu circonspects, ne révélant rien de sa nature profonde. Puis il nous offre une scène de danse à couper le souffle. Une des plus extraordinaires jamais proposées dans un long métrage. N'ayons pas peur des mots, il y a ici un vrai moment de pur génie qui vous scotche à votre siège et prouve le talent unique de Gaspard Noé. C'est après ça que le film commence vraiment d'un point vue narratif en tout cas. Cela commence d'ailleurs plutôt bien, on approfondit sa connaissance d'une très belle galerie de personnages. Tout continue donc pour le mieux... mais peu à peu, le film change de nature. Il devient de plus en plus malsain, dérangeant, jusqu'à en devenir totalement insupportable. - [LA SAVEUR DES RAMEN : Bon appétit !](https://julienbouffartigue.net/2018/10/15/la-saveur-des-ramens/) - Vous avez une faim de loup ? Juste un petit creux ? Ne serait-ce qu'une très vague envie de manger ? Et là, vous vous dites, et si je me faisais un petit ciné avant ! Je ne vous conseille alors d'éviter à tout prix la Saveur des Ramen, sous peine de ressortir de la salle dans un état de fringale absolue. En effet, voici un film qui donne l'eau à la bouche, au sens premier du terme parce que la nourriture joue un rôle éminemment central dans cette histoire. Et au sens figuré aussi, car il brille par bien d'autres qualités qui satisferont bien plus l'esprit que l'estomac. La Saveur des Ramen est avant tout un film intimiste qui nous plonge dans une histoire familiale et une quête personnelle de l'identité. Mais tout cela se fait sur une trame qui porte des enjeux bien plus larges, au premier rang desquels les relations difficiles entre les populations japonaises et chinoises, sur fond de passé douloureux. Cette double lecture donne au film toute sa richesse et permet de donner une autre dimension à une histoire qui aurait pu se contenter sans cela d'être un étalage de bons sentiments. La grande limite du scénario reste en effet son aspect un rien gentillet qui en fait un feel good movie sympathique, quand il aurait pu posséder une dimension dramatique toute autre. - [FRERES ENNEMIS : Déjà vu](https://julienbouffartigue.net/2018/10/16/freres-ennemis/) - Il y a des histoires que l'on se raconte encore et encore dans des versions toujours différentes. On ne s'en lasse pas, on en redemande même parfois. Les triangles amoureux, les ascensions avant la chute, autant d'idées qui pourraient résumer un nombre très important de films, sans que l'on n'ait l'impression d'avoir fait le tour de la question. Cependant, il arrive tout de même parfois que la sensation de déjà-vu domine et que le scénario ressemble à un plat mal réchauffé. C'est malheureusement le cas de Frères Ennemis, un film pas si mal foutu, mais qui en rappelle tant d'autres... et des meilleurs. Deux amis d'enfance, l'un flic, l'autre voyou, qui vont devoir surmonter tout ce qui les sépare désormais. Voici comment on peut résumer le synopsis de Frères Ennemis. Rien de nouveau à l'horizon et on cherche encore dans le scénario l'élément qui pourrait donner à ce film une singularité qui justifierait son existence. Si je lui reproche un léger manque de rythme, il n'y a rien non plus dans le scénario qui mérite un torrent de reproches. Mais voilà quelque chose de vu mille fois a bien du mal à déclencher un réel enthousiasme. Ici, l'absence de défaut marqué témoigne surtout d'une absence totale de prise de risque. - [NOS BATAILLES : Double vie](https://julienbouffartigue.net/2018/10/20/nos-batailles/) - Les journées ne faisant désespérément que vingt-quatre heures, mener deux vies en une constitue un exercice d'équilibriste difficile. Surtout quand ces deux vies sont déjà particulièrement chronophages. Pourtant, certains, à force d'abnégation, s'en sortent. Nos Batailles leur rend un bel hommage en nous proposant par la même occasion un beau film. En évitant la plupart des pièges qui l'attendaient, Guillaume Senez donne de la crédibilité et de l'émotion à son propos. Des larmes et des sourires au programme. Et un Romain Duris particulièrement inspiré. Le principal travers dans lequel Nos Batailles aurait pu sombrer est le misérabilisme. Il peut paraître facile de faire proposer une histoire touchante à partir des malheurs qui peuvent frapper les personnages. Or il n'en est rien. Il faut trouver le bon équilibre pour ne pas tomber dans la facilité. Guillaume Senez y parvient parfaitement en s'appliquant surtout à dresser le portrait de ses personnages. Ce ne sont pas tant les événements qui l'intéresse que la manière dont les protagonistes les vivent. En en cachant rien de leurs faiblesses, en en faisant ni des victimes, ni des surhommes, il nous livre une histoire qui méritait bien d'être racontée, même si tout ce qui la compose ne se vaut pas. - [A STAR IS BORN : Vieux pot, soupe médiocre](https://julienbouffartigue.net/2018/10/24/a-star-is-born/) - Le remake est un exercice presque aussi vieux que le cinéma. Un certain nombre de grands classiques de l'âge d'or hollywoodien des années 50-60 consistait déjà en une nouvelle version d'un long métrage préexistant. On peut penser à Ben-Hur, mais aussi à Une Étoile Est Née. Ces deux derniers partagent le fait d'avoir donné lieu à une version contemporaine. A Star is Born est même la quatrième version de la même histoire. En tout cas, ces deux exemples permettent de dresser le même constat : ce n'est pas toujours dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. A Star is Born n'a pas comme seule originalité par rapport aux versions précédentes un oubli de traduction du titre. Il transporte aussi l'intrigue du milieu du cinéma vers le milieu de la chanson. Les cinéphiles avertis reconnaîtront cependant un scénario fidèle et sans réelle surprise au final. En effet, au-delà de ce choix, Bradley Cooper manque trop d'inspiration pour vraiment justifier le fait de nous raconter une histoire déjà racontée auparavant. La faute à un personnage masculin trop caricatural pour être émouvant. Il prête même involontairement à rire parfois, plombant définitivement son film. - [DELICIEUX : Ode à la chair](https://julienbouffartigue.net/2021/09/15/delicieux/) - Cinéma et gastronomie font souvent bon ménage. Comme quoi, un seul sens peut avoir un pouvoir suffisamment suggestif pour stimuler avec force tous les autres en même temps. Le goût, l'odorat, le toucher peuvent palpiter de bonheur rien qu'à la vue des bons ingrédients ou au son d'une friture annonçant une cuisson parfaite. Ce sont - [VENOM : Pas si mauvais](https://julienbouffartigue.net/2018/11/01/venom/) - Je suis un homme discipliné et fidèle. D'autres diront psychorigide, mais ce sont de bien mauvaises langues. Donc comme je suis un fidèle discipliné de l'univers Marvel, je vais voir tous les films se situant dans celui-ci. Le plus souvent pour le meilleur heureusement, mais quelque fois, il faut bien l'admettre, pour le pire. C'est bien à ce dernier auquel je m'attendais en allant voir Venom, vue la réception critique désastreuse qu'il a connue. Mais l'avantage de ne rien d'espérer d'un long métrage, c'est que qu'on ne peut pas être déçu. On ne peut être qu'agréablement surpris. Dans le cas présent, ce ne fut pas non plus une très bonne surprise, mais une petite surprise quand même. En fait, Venom est tellement bourré de défauts qu'il en devient quelque peu attachant. Rien ne fonctionne, tout est maladroit, le cul entre deux chaises. Mais au moins, le spectateur est régulièrement surpris par le résultat. L'humour est symptomatique. On rit parfois aux éclats, mais on ne sait jamais trop si c'est du film ou avec ce film. Le mieux est donc d'arrêter de se poser des questions est d'apprécier de rire tout simplement. Ce n'est pas avec cette production Marvel qu'on se fera des nœuds au cerveau et ce n'est pas plus mal parfois. A côté de ça, il faut reconnaître que le scénario n'est pas non plus très intéressant et les personnages secondaires n'apportent vraiment pas grand chose. - [LES AVENTURIERS DE LA MER : L'INTEGRALE, TOME 2 (Robin Hobb) : Le bon vent du large](https://julienbouffartigue.net/2018/11/01/les-aventuriers-de-la-mer-2/) - Ce n'est pas un, mais trois livres dont je vais vous parler dans cette critique. Non, en fait, c'est un seul et même livre, à savoir le deuxième tome des Aventuriers de la Mer. Du moins de son édition originale, ce qui correspond aux tomes 4, 5 et 6 de l'édition française. Comme souvent pour de l'heroic fantasy, il a été fait le choix de découper arbitrairement une œuvre pour éviter d'avoir à vendre un gros pavé, brisant son équilibre naturel. Lire les trois à la suite permet donc de rétablir les intentions originelles de Robin Hobb. Et surtout de les apprécier à sa juste valeur. (NB : le roman existe aussi dans une édition : l'Intégrale qui rétablit le découpage d'origine) Le milieu d'une trilogie constitue souvent un moment faible. Ou du moins de calme avant la tempête. Ce n'est pas vraiment le cas ici, l'histoire ayant eu un peu de mal à démarrer lors du premier volet. On est plutôt sur un rythme de croisière (c'est le cas de le dire ici) qui nous permet de mieux connaître les personnages et de les voir évoluer et prendre de l'épaisseur. On est désormais à l'aise dans cet univers (ou du moins partie de l'univers, puisque les événements se situent dans le même monde que l'Assassin Royal) et on peut apprécier pleinement les péripéties nombreuses et variées que vivent les nombreux personnages. - [FIRST MAN : Clair de lune](https://julienbouffartigue.net/2018/11/02/first-man/) - Envoyer un homme sur la lune reste un de plus grands accomplissements de l'humanité. Il est étonnant que cet événement planétaire occupe finalement une place assez congrue au cinéma. C'est désormais moins vrai avec First Man, le nouveau film de Damien Chazelle. Avec ce film, le réalisateur de La La Land, explore de nouveaux horizons. On pouvait espérer qu'il nous emmène plus haut et plus loin, suivant les traces de la mission Apollo. Au final, il nous livre un bel objet cinématographique, mais un peu froid. Un peu comme un clair de lune donc. En nous offrant un film où la musique n'occupe pas le rôle central, Damien Chazelle a pris le risque d'abandonner ce qui avait fondé jusqu'à présent son succès. Mais en faisant ce choix, il a aussi perdu un peu de sa personnalité artistique. First Man reste un film d'un grand classicisme, sur la forme et sur le fond. Certes, le scénario nous parle de l'homme derrière le héros, brisant l'icône pour nous montrer toutes les failles qui le traversent. Mais tout cela est fait de manière assez froide et distancée. On ne retrouve pas ici dans le personnage de Neil Armstrong, les émotions sublimées qui parcouraient le batteur de Whiplash. Du coup, le spectateur n'en ressent pas autant qu'il aurait espéré. - [LE GRAND BAIN : Plongez sans hésiter](https://julienbouffartigue.net/2018/11/05/le-grand-bain/) - La chance du débutant existe-t-elle ? Vous avez quatre heures... Allez épargnons-nous ce débat passionnant, mais un peu vain. Et reconnaissons simplement l'immense talent de Gilles Lellouche en tant que réalisateur. Certes, nous n'avons à ce jour qu'un seul film pour en juger (bon techniquement, ce n'est pas tout à fait vrai, j'admets... passons...), mais Le Grand Bain est d'assez grande qualité pour lancer cette affirmation sans avoir trop peur de se tromper. Un condensé d'humour et de gravité particulièrement enthousiasmant qui donne envie de se jeter à l'eau. Gilles Lellouche l'a fait en osant passer seul de l'autre côté de la caméra et on ne pourra que le remercier de cette heureuse initiative. Le Grand Bain bénéficie en premier lieu d'un excellent scénario. Il est remarquablement bien écrit, nous offrant une fantastique galerie de personnages. Et surtout, il ne se contente pas d'une série de portraits. L'histoire offre de vrais rebondissements et quelques jolis changements de perspective. On ne s'ennuie pas une seule seconde et on se demande jusqu'au bout où le récit va nous mener. Mais la plus grande qualité de ce scénario reste sa richesse. En effet, si on rit énormément, le film nous dévoile également le côté le plus pathétique des protagonistes, sans jamais rien édulcorer. Et ses opposés se marient ici dans une parfaite synergie pour nous livrer un résultat particulièrement étonnant et détonnant. - [GIRL : La tête et les jambes](https://julienbouffartigue.net/2018/11/06/girl/) - On mesure souvent la qualité d'un jeu d'acteur à l'émotion véhiculée par un visage et des expressions, par la manière dont l'intonation, le timbre d'une voix sublime un texte. On oublie aussi souvent que le corps d'un comédien constitue aussi un élément déterminant de sa performance. Evidemment, certains sujets mettent particulièrement en avant cet état de fait. Le rapport au corps est un thème pas toujours facile, mais qui a donné de très beaux films au cours de l'histoire du 7ème art. Girl est à ajouter à cette longue liste. Il prouve surtout encore une fois la capacité du cinéma belge de nous offrir des films audacieux et de très grande qualité. Girl repose avant tout sur son personnage principal. Cependant, il ne se contente pas d'être un film portrait. Il traite à travers lui de nombreux sujets dont la portée est bien plus universelle qu'un simple destin individuel. Ce mélange d'attachement profond à une jeune fille que l'on apprend à connaître et d'une réflexion profonde donne toute sa richesse à ce film. Ce dernier interroge le spectateur, peut le troubler et lui apporte aussi beaucoup d'émotion directe et sincère. Le tout se terminera avec une scène qui peut difficilement laisser indifférent. Un moment d'intensité dramatique rare qui laisse le spectateur sur une sensation forte et profondément marquante. - [L'AMOUR FLOU : Narcissisme réjouissant](https://julienbouffartigue.net/2018/11/08/l-amour-flou/) - Mettre sa propre vie en scène pour en faire un film, faire des membres de sa famille des acteurs plus ou moins volontaires, voilà une pratique singulière mais qui deviendrait presque une habitude au sein du cinéma français. La Guerre Est Déclarée avait montré la voie, dans un autre genre, Carré 35 avait suivi. Désormais, il y a aussi l'Amour Flou où Romane Bohringer et Philippe Rebbot nous racontent, ou plutôt reconstituent, leur séparation pas comme les autres. Il faut posséder une légère tendance au narcissisme pour penser que sa propre histoire est assez intéressante pour donner naissance à un long métrage. Mais le narcissisme n'est visiblement pas toujours un défaut. L'Amour Flou reste avant tout une comédie. On a du mal à démêler la part de vérité dans les anecdotes racontées ici. Mais beaucoup d'entre elles nous arrachent de vrais éclats de rire, alors au final on s'en moque un peu. On imagine facilement que Romane Bohringer et Philippe Rebbot ont voulu apporter un témoignage, mais finalement le côté « vécu » reste avant tout un prétexte à ce moment de légèreté cinématographique. Cette histoire est au final trop grosse pour ne pas être vraie, mais elle est surtout drôle, originale, touchante. Il se dégage surtout énormément de positivité de ce récit qui en fait un feel good movie réjouissant. - [COLD WAR : Amour polonais](https://julienbouffartigue.net/2018/11/10/cold-war/) - Le cinéma polonais n'est pas forcement celui que l'on associe le plus facilement à l'amour. Pourtant, on s'aime partout dans le monde, il n'y a donc pas de raison qu'il ne nous offre pas un peu de romantisme. Par exemple avec Cold War. Bon par contre, pour entretenir les clichés, le film est en noir et blanc, possède un fond géopolitique très présent et ne s'assimile pas vraiment à une comédie légère et heureuse. Ca reste tout de même un film polonais. Mais ce n'est par contre pas la première fois qu'il nous offre un beau film tout simplement, même si celui-ci est loin d'être parfait. Cold War comme beaucoup d'histoire d'amour nous raconte avant tout le destin de deux êtres unis par des sentiments très forts. Mais à travers eux, on parcourt aussi le destin d'un pays, celui de la Pologne de l'après-guerre. Cela donne au scénario une vraie richesse et des intérêts multiples. Je regrette simplement que le tout mène vers un dénouement à moitié convaincant. On ressort de ce film un peu circonspect, un peu triste de partir sur une mauvaise note, alors que l'histoire est globalement bien plus belle et forte que beaucoup d'autres du même type. Un sentiment mitigé qui ne doit pas nous faire totalement oublier les autres qualités que ce film présente par ailleurs. - [LA PERLE DE L'EMPEREUR (Robert Van Gulik) : Trop d'enquêtes tue les enquêtes](https://julienbouffartigue.net/2018/11/10/la-perle-de-l-empereur/) - Bien avant Colombo et Derrick, dans la Chine médiévale, il y avait le Juge Ti. Et il valait déjà bien ses glorieux successeurs. Une nouvelle preuve avec la Perle de l'Empereur, qui est en fait le troisième tome écrit par Robert Van Gulik. S'il porte le titre de juge, il reste avant tout un enquêteur perspicace, capable de faire surgir la vérité à partir d'indices matériels et en sondant les âmes. Ses aventures nous donne ici un épisode particulièrement riche... peut-être trop. Comme pour tous les tomes de ses aventures, le Juge Ti mène plusieurs enquêtes en parallèle qui finiront par trouver un lien entre elles... ou pas. Ici pas moins de trois meurtres, auquel viennent s'ajouter d'autres éléments d'intrigue. Heureusement, la Perle de l'Empereur nous offre un index des personnages, mais cela fait quand même beaucoup pour un récit aussi court. Du coup, il est particulièrement dense et un peu difficile à suivre si, comme moi, vous n'êtes pas un lecteur qui lit d'une traite mais peut interrompre ses lecteurs pendant plusieurs jours. Quand on reprend le fil, on s'aperçoit vite qu'on l'a quelque peu perdu. - [DILILI A PARIS : Midi à Paris](https://julienbouffartigue.net/2018/11/11/dilili-a-paris/) - Michel Ocelot a bercé mon enfance avec la Princesse Insensible, qui passait à Récré A2 et qui m'a laissé de grands souvenirs, bien que son passage à l'écran fut assez court. Pendant les quinze ans qui suivirent, ses œuvres passèrent nettement plus inaperçues, avant qu'il ne connaisse un immense succès avec Kirikou. Depuis, il offre régulièrement sur grand écran, aux petits et aux grands, des films d'animation poétiques et esthétiques. Le dernier d'entre eux, Dilili à Paris ne restera peut-être pas comme son film le plus marquant. Mais il prouve qu'à 75 ans, ce grand artiste a encore bien de belles choses à nous proposer. On retrouve dans Dilili à Paris un peu de Minuit à Paris de Woody Allen. Au fil de ses aventures, la jeune héroïne va croiser un nombre très important de figures marquantes du début du XXème siècle, qui vont jouer un rôle plus ou moins grand dans l'intrigue. Graphiquement, la grande originalité de ce dessin-animé est de proposer le plus souvent possible des images réelles de la capitale comme décor. Il y a clairement une volonté de Michel Ocelot de nous plonger au cœur d'une époque et de la faire revivre. Le regard porté sur les lieux et les protagonistes est clairement un regard amoureux. Un joli regard en tout cas, car ce mélange d'animation et d'images réelles fonctionne à la perfection et ajoute l'étonnement au ravissement devant la beauté graphique du résultat. - [LE JEU : Portable, mensonges et trahison](https://julienbouffartigue.net/2018/11/12/le-jeu/) - Les comédies représentent le genre cinématographique le plus susceptible de rassembler un très grand nombre de spectateurs devant les écrans hexagonaux. C'est pourquoi, on imagine bien la tentation pour un distributeur quand il s'agit de faire la promotion d'un film hybride. Insister sur les aspects du film qui font rire, quitte à en donner une vision partielle, pour ne pas dire faussée, constitue un travers courant. Ce fut une nouvelle fois le cas avec Le Jeu, dont la bande-annonce ne donnait absolument pas envie, donnant l'impression qu'il s'agissait uniquement d'une comédie lourdingue. Ont-ils eu peur de l'aspect beaucoup plus noir de ce film ? Peut-être bien ! Vous hésitez à lui vous engager en amour ? A lui dire oui pour la vie ? A construire un beau roman, une belle histoire supposée éternelle ? Alors, le Jeu n'est pas du tout fait pour vous. En effet, l'aspect léger du début tourne vite en une plongée assez vertigineuse dans une vision sombre du couple, dont la survie ne pourrait passer que par l'acceptation d'un nombre croissant de mensonges au cours des années. Ces deux faces du même film se marient remarquablement bien, dans un équilibre qui empêche chaque partie d'en faire trop ou de tourner en rond. Et surtout elles fonctionnent, l'une arrachant de vrais fous rires, l'autre étant étonnamment mordant. En tout cas, infiniment plus que ce que pouvait laisser penser la bande-annonce. - [EN LIBERTE ! : Pierre le grand](https://julienbouffartigue.net/2018/11/13/en-liberte/) - La comédie est un genre cinématographique où le cinéma français possède une singularité qui fait sa grandeur. Et parmi tous ceux qui ont contribué à lui donner cet éclat, Pierre Salvadori occupe une belle et grande place. Cible Emouvante, les Apprentis, Dans la Cour, autant de films qui allient rire, intelligence et beaucoup d'humanisme. Avec En Liberté !, il signe un nouveau petit moment de pur bonheur cinématographique drôle, sympathique et parfois même émouvant. Avec le Grand Bain, il forme un duo qui nous rappelle ces derniers jours tout ce que le 7ème art tricolore a de meilleur. Et c'est vraiment bon ! En Liberté !, c'est avant tout un quatuor de personnages particulièrement réussis. Des personnages terriblement attachants, alors qu'ils auraient pu être terriblement antipathiques. Mais ils sont frappés d'une folie douce qui les rend aussi sympathiques qu'imprévisibles. Par la même occasion, ils rendent le scénario également imprévisible. Si on ajoute à cela, un rythme soutenu et des éclats de rire intenses et fréquents, le spectateur n'a pas le temps de s'ennuyer, ni de raison de bouder son plaisir. L'humour est présent à tous les degrés et se révèle remarquablement efficace. Une comédie riche et pleinement réussie donc. - [UN AMOUR IMPOSSIBLE : Raté critique](https://julienbouffartigue.net/2018/11/16/un-amour-impossible/) - Le moment critique... celui où tout bascule, où l'histoire prend un tournant dramatique qui lui donne tout sa grandeur et toute sa force. Ce moment est évidemment crucial et pas question pour un réalisateur de le rater sous peine de voir tout l'édifice de son œuvre s'écrouler. Ou du moins prendre un peu de plomb dans l'aile. Difficile après de prendre tout le reste au sérieux, même quand le propos n'a plus rien de léger. C'est exactement ce qui arrive à Un Amour Impossible. Un film qui aurait pu être poignant et magnifique. Au final, le résultat est quelque peu bancal. Je ne dirais évidemment rien sur ce twist raté. J'indiquerais simplement qu'une partie de la salle s'est mise à rire, quand elle aurait du être saisie d'une stupeur dramatique. Un rire un peu honteux, vu ce qui est dit à ce moment là, mais un rire sincère et incontrôlable. La manière est tellement maladroite qu'on ne peut s'en empêcher. La maladresse est un pêché véniel que l'on peur pardonner facilement. Le spectateur parvient tout de même à apprécier tout le reste et finira même par être ému par Un Amour Impossible. Mais jamais avec l'intensité qui aurait pu naître sans ce petit gâchis. Il reste tout de même une histoire qui valait bien un film et des personnages qui eux sont magnifiques. - [THE SPY GONE NORTH : Go North](https://julienbouffartigue.net/2018/11/17/the-spy-gone-north/) - Quoi de mieux qu'un bon affrontement entre forces démocratiques et communistes pour nous offrir un bon film d'espionnage ? Le cinéma nous a offert de nombreuses histoires basées sur cette rivalité. Mais on oublie facilement que cela ne se résume pas à une lutte entre Américains ou Britanniques et les Soviétiques. La Corée constitue un autre théâtre d'opérations, qui de plus reste actuel. Le Pays du Matin Calme nous offre régulièrement d'excellents longs métrages, mais il manquait une œuvre marquante sur la rivalité entre Nord et Sud. C'est chose faite avec The Spy Gone North. Le scénario de ce film est basé sur une histoire vraie. En plus de l'intrigue d'espionnage proprement dite, The Spy Gone North nous permet de découvrir de nombreuses facettes de la politique des deux moitié de la péninsule et leurs relations complexes qui ne se résument pas un affrontement. Cela donne un propos très riche et parfois passionnant. Il est teinté d'une pointe d'humour particulièrement bienvenue. On appréciera particulièrement la représentation de Kim Jong-Il, tourné légèrement en ridicule pour mieux démystifier cette figure inquiétante. Tout cela se marie particulièrement bien pour donner un résultat convaincant. - [MON CHER ENFANT : Ceux qui restent](https://julienbouffartigue.net/2018/11/18/mon-cher-enfant/) - Le plus dur, c'est pour ceux qui restent. Cette sentence s'apparente à un cliché, mais peut résumer bien des excellents propos. Comme par exemple, celui qui sous-tend Mon Cher Enfant qui nous plonge dans l'enfer vécu par les parents, et en particulier le père, d'un jeune Tunisien parti faire le djihad en Syrie. Un point de vue largement aussi intéressant que celui de celui qui part. Un film d'une grande pudeur, qui évite tous les pièges du mélodrame. Mais peut-être un peu trop au final. Mon Cher Enfant reste avant tout un film de personnage. Le fond géopolitique reste mineur, l'essentiel repose sur ce que ressentent les personnages et la manière dont ils réagissent. Or ces derniers ne sont pas du genre à s'épancher et restent souvent dans la retenu. Cela fait tout l'intérêt du propos et cette intériorisation des sentiments, qui conduit parfois à une forme de déni, constitue ce qui fait la singularité de cette histoire. Le film revient à se demander comment vivre des sentiments aussi violents quand on n'a jamais rien exprimé de toute sa vie. Mais cela constitue aussi au final la limite de ce film, qui transmet une émotion limitée au spectateur. On en reste au stade de l'intérêt intellectuel, réel, mais sans que cela ne prenne réellement au tripes. Cela donne certainement un plus grand réalisme au film, mais nous empêche de ressortir vraiment bouleversé. - [LES CHATOUILLES : Audace et maladresse](https://julienbouffartigue.net/2018/11/20/les-chatouilles/) - Parfois je m'offre des soirées cinéma sur des sujets « à fond la déconne ». Après un premier film sur un père qui part sur les traces de son fils parti faire le djihad en Syrie, j'ai directement enchaîné avec un film sur la pédophilie. Et oui, j'aime les sujets légers qui incitent au rire et à la joie... Evidemment, j'ironise... mais pas tant que ça. En effet, les Chatouilles nous parle d'un sujet particulièrement dramatique et sordide en utilisant une forme incroyablement audacieuse. Rarement un film aura pris autant de risque. Le tout pour un résultat étonnant mais contrasté. Les Chatouilles est un film qui peut inspirer des sentiments aussi forts que contraires. On navigue du ridicule au magnifique, du drôle à l'horreur la plus dérangeante, le tout en quelques secondes. En fait, dans un premier temps, le spectateur est tellement sorti de ses repères habituelles qu'il ne sait pas forcément quoi penser. Surtout que le premier tiers du film est parfois particulièrement maladroit (une pensée particulière pour Ariane Ascadie qui interprète la prof de danse la moins crédible de l'histoire... et de loin!). Mais au final, une fois que l'on comprend le sens profond de ce que Andréa Bescond cherche à partager avec nous, on accepte l'offrande avec beaucoup de bienveillance. Dire qu'elle a mis beaucoup d'elle-même dans ce film est un euphémisme et on est au final très heureux qu'elle l'ai fait. - [SILVIO ET LES AUTRES : Plus vrai que vrai](https://julienbouffartigue.net/2018/11/21/silvio-et-les-autres/) - Il y a la vie d'une part et la fiction d'autre part. Mais certaines personnes de la vie réelle semblent sorties tout droit d'un monde imaginaire. Elles sont trop (... à compléter selon les cas) pour être vraies. Et pourtant, elles le sont. Et une des particularités de ces figures est qu'elles atteignent parfois les sommets du pouvoir. Silvio Berlusconi fait partie de celles-ci. D'autant plus incroyables est qu'elle a su rejouer la même pièce trois fois et que les spectateurs l'ont laissé faire. Bref, il y a de quoi en faire un film. La preuve avec Silvio et les Autres, le nouveau film de Paolo Sorrentino. Le style du réalisateur italien laisse rarement indifférent. Tout le monde lui reconnaîtra un sens de l'esthétique prononcé, mais on peut aussi lui reprocher un sens de la narration parfois défaillant qui fait flirter le spectateur avec l'ennui. Si Silvio et les Autres est une nouvelle fois particulièrement long, sans doute un peu trop, Paolo Sorrentino parvient à nous raconter une histoire qui nous intrigue et parfois nous passionne. Il garde le côté onirique qui caractérise son œuvre, mais au service d'un vrai propos et d'une intrigue riche. Le film n'a rien d'un biopic ou d'un documentaire, on est plus proche de la fable, mais une fable qui véhicule de vraies morales sur les travers de notre époque. - [LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRIDENWALD : Pas fantastique du tout](https://julienbouffartigue.net/2018/11/23/les-animaux-fantastiques-2/) - La magie est un peu comme l'amour. Elle n'existe peut être pas vraiment, mais pour y croire, il faut l'entretenir ! Et quoi de plus magique que le monde d'Harry Potter ? Ce dernier a connu une extension très réussie avec les Animaux Fantastiques. C'est donc avec une certaine impatience que l'on attendait d'y retourner avec un deuxième épisode intitulée les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald. Malheureusement, ces retrouvailles s'avèrent particulièrement décevantes faute d'avoir su insuffler de nouveaux éléments pour faire bouillonner le chaudron magique de cet univers. Les Animaux Fantastiques : les Crimes de Grindelwald manque première passablement d'animaux fantastiques. Cela peut sembler un peu idiot de dire ça, mais c'est assez symptomatique des raisons pour lesquelles le film est relativement ennuyeux. Appliquée à dérouler une intrigue qui se veut complexe et sombre, J.K. Rowling, qui signe elle-même le scénario, a oublié l'essentiel de ce qui a fait son succès : tous ces petits à-côtés parfois futiles, mais qui créent l'émerveillement de la découverte. Le film est incroyablement pauvre à ce niveau-là. Et comme l'intrigue est nettement plus prétentieuse qu'intéressante, on en voit guère de raison de s'enthousiasmer. - [A SEAT AT THE TABLE (Solange), THE EARLY YEARS 1965-1972 (Pink Floyd), ALADDIN (Adam Green) : Cloué au sol](https://julienbouffartigue.net/2018/11/24/a-seat-at-the-table/) - On commence par une artiste américaine dont j'ignorais totalement l'existence et qui se produit sous le nom de Solange (ce qui est bêtement son vrai prénom). Son album A Seat At The Table, sorti en 2016, nous plonge tout de suite dans un univers musical relativement enchanteur. On apprécie pleinement sa jolie voix. Mais la joie de la découverte laisse vite place à une certaine frustration car l'album tourne en rond et ne décolle en fait jamais vraiment. On commence même vite à s'ennuyer. Il nous propose tout de même un vrai moment de grâce avec le titre Don't Touch My Hair. L'artiste suivant est lui nettement plus connu. Il s'agit en effet du groupe Pink Floyd pour une compilation de 10 CD de plus d'une heure, intitulée The Early Years 1965-1972. Il s'agit de recueil de titres ou d'interprétations jamais publiés jusqu'à présent. L'ensemble offre une diversité d'œuvres qui permet de se rendre compte de l'évolution du groupe partant de titres rock classiques, sonnant un peu comme les Rolling Stones, pour arriver à un style psychédélique avec de très longs instrumentaux. Enfin, tout cas n'est qu'une compilation de seconds choix non retenus à l'époque et n'a vraiment rien de transcendant. Pour les fans absolus de Pink Floyd éventuellement. Les autres auront bien du mal à y trouver un réel intérêt. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 15 : Jour de fête](https://julienbouffartigue.net/2018/11/25/tout-ca-pour-ca-episode-15/) - Quand on est un militant politique en France, l'élection présidentielle reste incontestablement un moment particulièrement fort. Mais un moment un peu ambivalent car c'est aussi celui où ce qui se joue est le plus éloigné du militant de terrain. Elle constitue aussi une promesse. La promesse de faire bouger les choses à grande échelle et d'avoir un impact réel sur la vie des gens. Certes, les élus locaux jouent aussi un rôle important dans la vie des citoyens, mais pas tout à fait à la même échelle. J'ai un souvenir flou de cette campagne. Pas d'anecdote croustillante à raconter. Les tractages n'ont pas donné dans mon souvenir donné lieu à des échanges mémorables. Mais je me rappelle de beaucoup de joie, surtout lors des deux meetings où je me suis rendu, à Vincennes et à Bercy. De la joie aussi parce que, dès le mois de décembre, tout semblait déjà plié. François Hollande l'emporterait largement au second tour face à Nicolas Sarkozy. Après tant de victoires au niveau local, le PS allait boucler la boucle, terminer d'accomplir cette reconquête après le traumatisme de 2002. Alors, au moment de faire campagne, les militants s'engageaient le cœur léger. C'était leur moment, leur récompense méritée après des années d'efforts. Il fallait donc savourer. - [AMANDA : Tristement beau et joliment triste](https://julienbouffartigue.net/2018/11/25/amanda/) - Le plus dur c'est pour ceux qui restent... Ok, j'admets j'ai déjà utilisé cette idée pour introduire la critique de Mon Cher Enfant, mais elle convient également particulièrement pour débuter celle d'Amanda. Le parallèle ne s'arrête d'ailleurs pas là puisque le terrorisme islamisme figure en toile de fond. Il s'agit surtout de deux histoires humaines, chargées d'émotion. Rien de géopolitique ici, mais une réflexion sur le deuil et la manière dont on arrive à gérer l'absence et la peine qui semble sans fin. Et ici, une fort belle réflexion. Faire de la peine ressentie par un enfant le sujet principal d'un film dresse bien des pièges sur le chemin du cinéaste. En effet, on peut facilement tomber dans une émotion facile, où le scénario ressemble à une injonction au spectateur d'être triste, sous peine de paraître sans cœur. Avec Amanda, rien de ceci. L'histoire prend le temps de donner assez d'épaisseur aux personnages pour que le spectateur ressente un attachement profond et partage leur peine. Il y a à la fois beaucoup de pudeur et une plongée profonde dans l'âme humaine, le tout avec une infinie délicatesse. On pleure beaucoup devant cette histoire, mais des larmes sincères et qui ne viennent pas de nul part. Jamais le propos ne tombe dans l'excès de pathos et le spectateur est vraiment touché au cœur. - [BOHEMIAN RHAPSODY : Freddy Mercury méritait mieux](https://julienbouffartigue.net/2018/11/28/bohemian-rhapsody/) - Le populisme existe en politique. Il peut exister aussi au cinéma. Surtout quand le peuple s'apparente à une assemblée de fans. Pour les séduire, quoi de plus facile que de leur livrer un produit qui les conforte dans leur adoration, qui leur montre ce qu'ils adorent sous un jour extrêmement favorable pour ne surtout pas les bousculer. Et cela peut marcher à la perfection. On en tient la preuve en regardant la moyenne des notes spectateurs sur Allociné pour Bohemian Rhapsody. 4,7, soit un score extrêmement rare qui le placerait parmi les meilleurs films de toute l'histoire du 7ème art. La musique de Queen provoque visiblement une anesthésie du sens critique, tant ce film est d'une affligeante médiocrité. Evacuons tout de suite ce point essentiel. Oui, Bohemian Rhapsody permet à Rami Malek de livrer un grand numéro d'acteur, bien aidé en cela par une prothèse dentaire qui saute autant aux yeux que son talent. Après, cela fait près de quinze ans que la mode du biopic nous offre ce genre de numéro d'imitation et si on ne peut que reconnaître la qualité de la performance, il y a longtemps qu'on a arrêté de trouver cela absolument extraordinaire. Le film est aussi évidemment parcouru de nombreuses chansons du groupe et quand on est fan absolu de Queen comme moi, on ne peut que s'en réjouir. Cependant, pour cela mon DVD du Live Aid est infiniment plus efficace pour cela que cette reconstitution noyée dans 2h de soupe sans saveur. - [SHANG-CHI ET LA LEGENDE DES DIX ANNEAUX : Made in Marvel](https://julienbouffartigue.net/2021/09/14/shang-chi-et-la-legende-des-dix-anneaux/) - L'univers Marvel regorge de personnages haut en couleur, dont la plupart sont nés dans les années 60 et 70. Certains sont vraiment symboliques de cette époque et passent facilement pour ringard aujourd'hui. Si en bande-dessinée, ce côté désuet donne aux comics un certain charme, sur grand écran, cela n'a rien d'évident. Mais depuis l'adaptation particulièrement - [LE NOM DE LA ROSE (Umberto Eco) : Le lieu du crime](https://julienbouffartigue.net/2021/09/12/le-nom-de-la-rose/) - A travers cette critique, je ne vais pas contribuer à l'éternel débat autour de l'adage « le livre est toujours mieux que le film »... Pourtant, elle s'y prêterait particulièrement puisqu'il s'agit ici de parler du Nom de la Rose, dont l'adaptation cinématographique figure parmi mes films culte. Je l'ai vu un certain nombre de fois (enfin - [RIDE YOUR WAVE : Ghost under water](https://julienbouffartigue.net/2021/09/07/ride-your-wave/) - Des fantômes de toutes sortes peuplent les histoires depuis que les humains se racontent des histoires, le soir au coin du feu. La plupart sont là pour faire peur, voire pour commettre les choses les plus abominables qui soient et torturer les vivants. Mais d'autres se montrent beaucoup plus bienveillants et veillent sur ces derniers, - [UNE HISTOIRE D'AMOUR ET DE DESIR : Dans ses yeux](https://julienbouffartigue.net/2021/09/06/une-histoire-damour-et-de-desir/) - La sexualité des hommes a toujours été représentée à l'écran d'une manière éloignée de sa complexité réelle et surtout de la manière très différente dont chaque individu de la gente masculine la vit. Tout le monde n'est pas un séducteur sûr de lui, qui va surmonter toute résistance de la part de celle dont il - [UN TRIOMPHE : Une histoire d'hommes](https://julienbouffartigue.net/2021/09/05/un-triomphe/) - La prison est un monde à part, dont peu de gens connaissent la réalité. Il suffit de mesure l'écart entre la vision que l'on peut entendre au café du commerce et celle que peut avoir un visiteur de prison par exemple. Il est vrai que le cinéma français n'aide pas, car il nous y emmène - [RORSCHACH TEST (Jay-Jay Johanson), THREE LITTLE WORDS (Dominique Fils-Aimé), GREEN TO GOLD (The Antlers) : La belle voix](https://julienbouffartigue.net/2021/09/05/three-little-words/) - On commence avec un album du Suédois Jay-Jay Johanson, sorti cette année et intitulée Rorschach Test. Il débute dans une ambiance lente et évaporée et quand la voix vient se poser sur la musique, le charme opère immédiatement. Le résultat se montre un rien lancinant, mais la maîtrise est assez forte pour rendre ça assez - [BAC NORD : De l'autre côté du miroir](https://julienbouffartigue.net/2021/09/04/bac-nord/) - Le succès du film les Misérables (pas le roman de Victor Hugo), et son triomphe aux Césars 2020, a soulevé son lot de polémiques. Le principal portait sur le caractère biaisé du point de vue, défavorable aux forces de l'ordre et faisant passer certains « voyous » pour des victimes. Personnellement, je n'avais pas du tout eu - [LA TERRE DES HOMMES : Deux en un](https://julienbouffartigue.net/2021/09/01/la-terre-des-hommes/) - Les thèmes sociétaux les plus forts et les plus actuels irriguent forcément les thématiques abordées par le septième art. On peut même parfois faire d'une pierre deux coups, ou plutôt d'un film deux coups, en en mêlant deux dans une même histoire. 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Regina Spektor est revenu en 2016 avec Remember Us to Life. Elle nous offre une musique dont la douceur nous saisit immédiatement. C'est joli, maîtrisé et assez varié. Mais malgré tout, on glisse doucement de la douceur à un certain ennui car le tout perd progressivement de la consistance. L'album reste tout de même globalement agréable, même s'il lui manque un disque phare pour prendre une toute autre dimension. On change totalement de style avec Slaves, un groupe de punk anglais. Leur album Take Control nous offre un bon gros rock bien basique. C'est relativement brouillon et tourne parfois quelque peu à la caricature. Les titres sont courts, comme pour tout album de punk qui se respecte, mais avec tout de même des introductions. Au moins les titres offrent une certaine variété. Personnellement, ce n'est pas non plus un style qui me plaît plus que ça, mais je peux comprendre que les fans du genre apprécient pleinement cet album. - [SAUVER OU PERIR : Ni feu, ni flamme](https://julienbouffartigue.net/2018/12/02/sauver-ou-perir/) - Je suis souvent prompt dans mes critiques à dénoncer l'émotion facile, c'est à dire celle qui vient d'une situation qui ne peut que nous attrister ou nous révolter, sous peine de paraître sans cœur. Par exemple, comment rester insensible à la souffrance d'un enfant ? Difficile en effet, mais au moment de donner son avis sur une œuvre d'art choisir un tel thème doit-il pour autant nous faire oublier tout esprit critique ? Cette question on peut se la poser devant Sauver ou Périr. En effet, il nous raconte le combat d'un pompier, figure du héros par excellence, qui finit grand brûlé après avoir risqué sa vie pour sauver les membres de son équipe. Comment ne pas compatir après tout ça ? Heureusement, ce qu'il y a de bien avec l'émotion facile, c'est que même quand le film n'est pas terrible, on n'est quand même ému. Sauver ou Périr est un film qui ne connaît guère la subtilité. Les étapes par lesquelles passe le personnage sont relativement prévisibles. Tout est chargé d'un pathos que Frédéric Tellier ne cherche guère à éviter. Alors, oui, je dois l'admettre, cela vous arrache quelques larmes, mais les sabots sont vraiment gros. L'intérêt que l'on porte à cette histoire reste totalement superficielle, alors qu'il y avait matière à nous offrir un grand film de personnage. Il serait injuste de dire qu'il passe à côté de son sujet, mais il ne parvient pas du tout à lui donner la moindre épaisseur supplémentaire. Au final, le spectateur y trouve malgré tout un minimum son compte grâce à l'attachement profond qu'il va ressentir pour les deux personnages principaux. - [LOLA ET SES FRERES : En famille](https://julienbouffartigue.net/2018/12/05/lola-et-ses-freres/) - Si l'amour est le fournisseur officiel d'histoire de l'humanité depuis son aube, la famille se taille aussi une jolie part du marché de sources d'inspiration. Ces deux sujets présentent l'immense avantage de pouvoir être traité aussi bien sur le ton le plus grave que le plus léger. Lola et ses Frères se situe clairement plutôt dans la deuxième catégorie, même s'il ne se contente pas d'être uniquement une pure comédie. Il s'agit là d'une vraie comédie des mœurs à la française, un film de personnages avec beaucoup de tendresse et d'humanisme. Et surtout un film qui fonctionne très bien. Lola et ses Frères est avant tout un « feel good movie » (désolé, mais je ne connais pas d'expression française équivalente) plutôt réussi. Il nous donne le sourire grâce à un humour qui balaye toute la panoplie des degrés. Il nous réserve même quelques vrais éclats de rire. Mais il nous réconforte aussi par l'émotion contenue qu'il véhicule. Les personnages traversent quelques épreuves au cours du récit et on s'attache assez à eux pour partager leurs moments difficiles. Au final, l'histoire ne se termine pas dans un happy-end (idem) rose bonbon, mais dégage quand même beaucoup de positivité. On peut ne pas souscrire à toutes les bonnes intentions quelque peu gentillettes de la morale, mais avouons qu'elles font quand même du bien. - [LES HERITIERES : Loin du coeur](https://julienbouffartigue.net/2018/12/07/les-heritieres/) - Parfois, on s'interroge sur ce qui a bien pu nous pousser à aller voir un film. Bon, dans mon cas, c'est généralement une bonne moyenne des critiques sur Allociné. Mais il est vrai que comme j'aime aller voir des films en ne sachant strictement rien d'eux, cette situation m'arrive certainement plus qu'à d'autres. A moment d'enter dans la salle, à part que le film était paraguayen, j'ignorais à peu près de les Héritières. Malheureusement, à plusieurs moments devant le film, je me suis vraiment demandé ce que je faisais là. Il arrive qu'un rencontre entre un film et son public ne se produise pas. Il est clair que ce long métrage et moi resterons à jamais deux étrangers. Les Héritières commence un peu bizarrement. Pendant près d'un tiers du film, on ne saisit pas bien quel peut être l'enjeu narratif et même d'ailleurs qui est vraiment le personnage principal. Bref, le scénario flotte et l'intérêt du spectateur aussi. Il ne sait pas bien à quoi s'accrocher et surtout à quoi s'attacher. Peu à peu, l'histoire prend cependant peu à peu de l'épaisseur et devient ce qui aurait pu être un joli portrait de femme émouvant et même un peu troublant. Mais c'est trop tard. On est trop en dehors de l'histoire pour y rentrer vraiment et on passera le reste du film à lui courir après, sans jamais vraiment la rattraper. Du coup, pour résumer simplement et clairement la situation, on s'ennuie ferme. - [LA PERMISSION : En lutte](https://julienbouffartigue.net/2018/12/08/la-permission/) - Le cinéma est un des principaux vecteurs par lequel tous ceux qui veulent faire avancer la liberté en Iran s'expriment. Nos écrans témoignent souvent de cette lutte et nous transmettent le cri de ceux qui vivent des formes parfois particulièrement pernicieuses d'oppression. La Permission reprend le flambeau et le fait avec beaucoup de talent. Un film aux qualités nombreuses, qui brillent autant par la forme que par le fond. Je ne sais pas si aller voir ce film est un acte de résistance. Mais c'est au moins une petite manière d'apporter son soutien à tous celles et ceux qui résistent. La Permission est porté par un scénario solide, rythmé, riche de vrais rebondissements. On n'est pas du tout dans le cinéma quelque peu contemplatif de Jafar Panahi. On ne s'ennuie donc jamais et on est captivé par cette histoire dont on a envie de savoir où elle finira par nous mener. Le personnage principal, au caractère bien trempé, emporte tout de suite notre affection et on devient vite son premier supporter, terme particulièrement adapté puisqu'il s'agit de la capitaine de l'équipe d'Iran de futsal. Même sans être un passionné de géopolitique du Moyen Orient, on peut prendre beaucoup de plaisir à suivre cette histoire. - [PUPILLE : Premiers pas](https://julienbouffartigue.net/2018/12/09/pupille/) - Le personnage principal d'une histoire est souvent celui lequel l'histoire est racontée. Le scénario adopte son point de vue et du coup le spectateur également. Il apporte son lot de subjectivité qui existe forcément en tout récit. Mais quand le personnage principal est un nourrisson de quelques jours, cela paraît plus difficile, puisqu'il apparaît quasiment impossible de faire partager ses émotions et la manière dont il vit les événements. Quasiment, mais pas totalement, comme le prouve Pupille. Un joli film sur un sujet finalement assez peu souvent abordé au cinéma. Pupille est bien l'histoire d'un enfant. Le bébé ne représente pas uniquement un fil rouge auquel se rattache tout le reste, mais bien un personnage à part entière. C'est réellement ce qui fait l'originalité et tout l'intérêt de ce film. Au-delà de ça, il s'agit d'un film chorale qui nous fait partager un bout du destin des personnes qui gravitent autour de lui. Tous les fils narratifs ne se valent pas, mais forment un tout assez solide pour être convaincant. La narration de Jeanne Herry constitue un point fort de ce long métrage. En montrant dès la première scène où tout cela va mener, il libère le spectateur d'un suspense artificiel pour qu'il puisse se concentrer sur les émotions véhiculées par les personnages. Tous les personnages. - [LES VEUVES : Les femmes cassent la baraque](https://julienbouffartigue.net/2018/12/10/les-veuves/) - Un film de casse, c'est un peu comme un western. On se dit que c'est un genre un peu daté, mais on est toujours ravi d'en voir un revenir sur grand écran. Surtout évidemment quand il est plutôt bon. On y va un peu nostalgique de tous ces grands classiques que l'on a découvert plus jeunes, dont certains nous ont fait aimer le cinéma. Mais on a aussi forcément envie de voir quelque chose de nouveau. Avec les Veuves, on est comblé. On retrouve la plupart des éléments qui ont fait le succès du genre, mais agrémentés de touches beaucoup plus originales. Introduire des personnages féminins là où précédemment les mâles dominaient outrageusement se situe bien dans l'air du temps. Mais au-delà de surfer sur une vague, ce choix place les Veuves dans une perspectives relativement inédites. Cela ressemble quelque peu à un cliché, mais l'absence de testostérone en fait un film plus cérébral, plus centré sur les personnages et moins sur la simple mécanique de comment vont réussir leur coup. Cela joue même au final un rôle relativement mineur dans l'histoire, même si cela ajoute tout de même une dose de suspense qui donne du corps à cette histoire. On ne s'ennuie pas une seconde du coup, malgré quelques faiblesses. - [FLOTUS (Lambchop), BLUE AND LONESOME (The Rolling Stones), PEACE TRAIL (Neil Young) : Vieux pots, soupes moyennes](https://julienbouffartigue.net/2018/12/12/blue-and-lonesome/) - Lambchop est un groupe américain de Nashville qui nous propose de la country alternative, d'après Wikipedia. Bon, je ne sais pas trop alternatif à quoi, mais je vais croire les spécialistes. J'avais écouté et apprécié Oh Ohio, un album sorti en 2017. Flotus, sorti neuf ans plus tard, m'a par contre nettement moins convaincu. Pourtant, il débute par une douce ballade possédant assez de personnalité pour que l'on dresse un oreille. Mais le reste va vite devenir relativement lugubre et transparent. La voix de Kurt Wagner, le leader du groupe, est déformée par des effets sonores d'assez mauvais goût. Tout du long, l'album perd de sa substance pour devenir totalement oubliable. On enchaîne avec ceux qui sont peut-être à ce jours le monstres les plus sacrés du rock, à savoir les Rolling Stones. Avec Blue and Lonesome, ils s'offrent et surtout nous offrent un album de reprises. L'ouverture est plutôt prometteuse. Le reste reste plutôt bon, mais on ne peut que constater que les britanniques n'ont pas cherché à sortir de leur zone de confort. Ils explorent quelques classiques du blues, mais avec aucune prise de risque. C'est maîtrisé, sympa, mais pas forcément indispensable. - [ASTERIX - LE SECRET DE LA POTION MAGIQUE : Par Toutatis, Monsieur Astier](https://julienbouffartigue.net/2018/12/12/asterix-le-secret-de-la-potion-magique/) - Etre l'homme (ou la femme bien sûr) de la situation, voilà un titre flatteur. En effet, cela implique qu'un autre que lui aurait fait moins bien, ce qui témoigne d'un talent rare et unique. Alexandre Astier en possède un. Et un grand. Mais cela implique aussi une synergie entre la tâche à accomplir et la personne en question, qui tient à un je-ne-sais-quoi inexplicable qui fait que tout s'emboîte parfaitement. Sans doute, le créateur de Kaamelot était celui, à défaut d'être le seul, capable de reprendre à son compte l'héritage de Goscinny. Après avoir adapté (et enrichi) à merveille le Domaine des Dieux, il nous offre une histoire totalement originale avec Asterix - Le Secret de la Potion Magique. Une œuvre que ne renierait pas le grand René. Le succès d'Asterix et Obelix, et en fait de toute l'œuvre de René Goscinny, tient à la capacité de créer un humour qui soit de tous les degrés à la fois. Quelque soit celui que l'on apprécie le plus, on y trouve son compte. Petits et grands sont séduits, pour des raisons différentes, mais avec la même force. Asterix - Le Secret de la Potion Magique se situe dans cette pure tradition et c'est sans doute son plus grand mérite. On ne peut s'attaquer à un tel mythe, à une œuvre aussi profondément ancrée dans l'imaginaire national, sans se devoir de respecter l'original. Il est ici total. - [LA TRILOGIE DU VIDE, TOME 3 : VIDE EN EVOLUTION (Peter F. Hamilton) : En demi-teinte](https://julienbouffartigue.net/2018/12/14/vide-en-evolution/) - Arriver au bout de près de 2500 pages de lecture vous rend quelque peu exigeant quant à la qualité du dénouement. Après avoir passé autant de temps à tourner les pages, vous voulez que cet investissement trouve une juste récompense. Il faut bien avouer que souvent on aboutit à un final quelque peu décevant. Peter F. Hamilton avait parfaitement relevé le défi avec sa saga l'Etoile de Pandore, qui resta passionnante du début à la fin. La Trilogie du Vide, qui lui fait suite, offre deux premiers tomes nettement moins enthousiasmants. On pouvait donc craindre légitimement que le dernier, Vide en Evolution, soit du même acabit. Franchement, je me trouve super doué pour maintenir un certain suspense en attendant la moitié du deuxième paragraphe pour dire ce que je pense du livre dont je suis en train d'écrire la critique (bon ok, suffit de lire le titre, mais bon...). Une frustration d'écrivain du dimanches sûrement. Bref, allons désormais droit au but, Vide en Evolution est dans la lignée des deux tomes précédents de la Vide en Evolution. Bien, mais pas top. Et surtout, il se termine un peu en eau de boudin. La conclusion n'est pas mauvaise, elle laisse juste le lecteur sur sa faim, en étant un peu trop rapide et sans bouquet final. Elle suit pourtant le même modèle que pour l'Etoile de Pandore, c'est dire que tous les éléments (et surtout les personnages) jusque là éparses se rassemblent à fin, sauf que là ce n'est pas pour faire grand chose. - [SPIDER-MAN : NEW GENERATION : La jeunesse au pouvoir !](https://julienbouffartigue.net/2018/12/16/spider-man-new-generation/) - J'ai annoncé plusieurs fois ici que les productions Marvel commençaient à tourner en rond et à ne plus rien produire de vraiment original. Et plusieurs fois, ils ont su me donner tort. Une dernière fois sans lendemain avais-je envie de penser à chaque fois. Mais à force, il me faut l'admettre. J'avais tort, elles ont encore bien des choses à nous offrir. Une preuve éclatante avec Spider-Man : New Generation. On tient là incontestablement le film Marvel de l'année. On peut même aller plus loin. On tient là incontestablement un des films de l'année. Drôle, épique, original et magnifiquement créatif visuellement. Tout est dit, j'aurais presque envie de m'arrêter là. Spider-Man : New Generation est enthousiasmant du début à la fin. Comme souvent, c'est l'humour qui donne au film un délicieux supplément d'âme. C'est grâce à lui qu'on s'attache aux personnages, qu'on entre immédiatement dans l'histoire pour ne jamais en sortir. Mais cette dernière ne nous porte pas que pour ça. Rythmée, pleine de surprise et de vrais moments de bravoure, elle vaut le détour par elle-même. A défaut d'être complexe, au moins est-elle assez riche pour nous plonger dans un monde dont on ressort sans avoir nullement l'impression d'en avoir déjà fait le tour. Car évidemment, on sera vite invité à y revenir. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 16 : Mauvais plan](https://julienbouffartigue.net/2018/12/17/tout-ca-pour-ca-episode-16/) - Autant vous avertir tout de suite, ce billet sera particulièrement égocentrique. Mais voyez-vous, être élu d'opposition dans une ville aussi moyenne que Viroflay revient un peu à prêcher dans désert. Alors quand vous consentez beaucoup d'efforts, quand vous vous investissez à fond dans quelque chose et surtout quand vous êtes brillant, tellement plus brillant que d'autres, il n'y aura pas grand monde pour le savoir et pour le souligner. Surtout que votre principal public reste quand même vos principaux adversaires formant la majorité, qui se pendraient plutôt que de vous faire un compliment (sauf le jour de votre départ évidemment... mais là aussi j'y reviendrai). J'ai été élu municipal pendant près de huit et demi. J'ai travaillé sur bien des sujets, plus ou moins profondément. J'ai du acquérir des compétences, comme savoir décrypter une budget et une comptabilité municipale. Mais rien ne fut comparable à ce que j'aurais accompli dans le suivi et évidemment la critique du projet du Plan Local d'Urbanisme (PLU) aura occupé à peu près la moitié du temps que j'aurais passé au Conseil Municipal de Viroflay. Ce dossier, je m'y serai plongé totalement, me documentant pour mieux le comprendre, comparant ce que nous faisons avec ce qui se faisait ailleurs. Bien sûr, mon activité professionnelle ayant trait au foncier agricole, j'avais quelques connaissances de base qui m'ont facilité la vie, mais dans un contexte trop différent pour m'épargner certains efforts. Quand vous êtes élu d'opposition, vous réalisez vite que vous ne disposez pas d'employés municipaux pour vous aider et apporter leurs compétences. Vous êtes seul et vous devez tout maîtriser, le camp d'en face étant à l'affût du moindre faux pas. - [LETO : Back in the USSR](https://julienbouffartigue.net/2018/12/17/leto/) - Si on pense au rock'n'roll, on pense bannière étoilée, grands espaces traversés sur une Harley Davidson et bottes en cuir. Ou éventuellement Union Jack, passage piéton à Liverpool et coupe au bol. Mais beaucoup plus rarement à la faucille et au marteau. Pourtant, la musique rock existait aussi de l'autre côté du rideau de fer. Timidement, sous le contrôle pointu des autorités soviétiques. C'est cette histoire singulière que se propose de raconter Leto. Un film qui respire la musique dans une mise en scène élégante et originale. Et surtout une belle ode à la liberté. Leto est un film qui repose sur deux piliers. Le premier est avant tout la musique, omniprésente, qui fait ressembler parfois le film à une comédie musicale. De grands classiques chantés en anglais, leur traduction en russe ou du vrai rock soviétique, le nombre de titres que l'on entend en un peu plus de deux heures est impressionnant. Il existe surtout une vraie synergie entre cette musique et les images grâce à la créativité de Kirill Serebrennikov. L'usage du noir et blanc se justifie ici pleinement, permettant aux quelques images en couleurs de posséder un sens particulier. Tout cela est très beau et ravira tout amateur de musique qui se respecte. - [LES CONFINS DU MONDE : La guerre sans fard](https://julienbouffartigue.net/2018/12/18/les-confins-du-monde/) - La guerre d'Indochine constitue sûrement un des moments de notre histoire les plus méconnus. Trop lointain, trop peu glorieux sans doute. Le cinéma français n'a pas fait beaucoup pour combler cette ignorance. En tout cas, rien à voir avec la manière dont les Etats-Unis portent à l'écran les conflits dans lesquels ils sont été engagés. Les Confins du Monde comble un peu de ce manque en nous plongeant dans la guérilla qui a suivi le départ des Japonais de la péninsule indochinoise. Il nous en livre une vision crue qui s'appuie surtout sur ce qui a pu animer ce qui ont vécu ce conflit. Il existe plusieurs façons de filmer la guerre. Soit on s'intéresse à l'Histoire, avec un grand h et on décrit les événements dans leur globalité, y compris les enjeux géopolitiques qui sous-tendent toujours un conflit. Les Confins du Monde fait un tout autre choix. On est très loin d'une leçon magistrale d'histoire. C'est à travers des destins individuels que l'on va plonger dans cette guerre qui n'en est pas encore tout à fait une. Une plongée dans l'âme de soldats, des âmes rongées par ce qu'ils vivent, parce qu'ils voient, par ce qu'ils font. La plongée se fait sans fard, alors elle raisonne avec l'âme du spectateur qui ne peut rester indifférent. - [BEFORE THE DAWN (Kate Bush), THIS GIRL'S IN LOVE (Rumer), LES CHOSES DEFENDUES (Cali) : Douceur anglaise](https://julienbouffartigue.net/2018/12/18/this-girls-in-love/) - On commence par une artiste mondialement célèbre, mais dont je connais assez mal la globalité de l'œuvre. De Kate Bush, je connais surtout quelques tubes. Before the Dawn, un triple album live sorti en 2016, constituait l'occasion de mieux appréhender que propose la chanteuse anglaise. Malheureusement, tout cela souffre de deux défauts. Déjà, on ne sent pas du tout de plus-value de l'interprétation live. Enfin, et j'ai envie de dire surtout, c'est assez médiocre et monotone. La voix n'a strictement aucun intérêt et elle se pose sur des instrumentations sans éclat. Certaines parties plus expérimentales sont même carrément pénibles. Bref, un album live peut-être pas représentatif, mais qui ne donne pas envie d'en savoir plus. Heureusement, on enchaîne avec Rumer, une autre artiste anglaise, dont j'avais déjà beaucoup apprécié un précédent album. This Girl's in Love confirme tout le bien que je pensais d'elle. Un album de reprises, plein de douceur, de maîtrise et de conviction. Le résultat est formidablement agréable et terriblement charmant. Sa voix est d'une incroyable pureté dont elle nous fait profiter tout au long d'un album qui reste bon, du début jusqu'à la fin. - [MORTAL ENGINES : Rien de mortel](https://julienbouffartigue.net/2018/12/22/mortal-engines/) - A quelques jours de Noël, j'avais une envie d'aller voir un film qui ne me fasse pas trop de nœuds au cerveau, même si je savais qu'il avait peu de chance de m'enthousiasmer. Pour cela, Mortal Engines paraissait parfait. La bande-annonce faisait un minimum envie, mais les critiques annonçaient un film plutôt médiocre. Il faut admettre que ces derniers avaient raison et on peut formuler bien des reproches à son encontre. Cependant, ça serait mentir de dire que je me suis ennuyé ne serait-ce qu'une seule seconde. Dans le but que je recherchais, ce film fut donc parfait. Dans l'absolu, il est vrai, on ne peut pas en dire autant. Mortal Engines ne souffre pas vraiment de défaut majeur. Il souffre par contre d'une accumulation d'imperfections qui, sans gâcher totalement le plaisir, finissent tout de même par se remarquer. Au premier de celles-ci figurent à mon sens des personnages auxquels ils manquent systématiquement ce supplément d'épaisseur qui donne sous souffle aux vrais épopées. Du coup, c'est toute l'histoire qui en manque quelque peu. Elle est certes rythmée et réservent pas mal de rebondissements. Ces derniers restent cependant souvent largement prévisibles et l'enchaînement des péripéties reste trop mécanique pour créer une réelle magie. Le scénario reste bien trop superficiel pour que l'on ait l'impression de vraiment découvrir un nouveau monde. - [UNE AFFAIRE DE FAMILLE : Une Palme bien en or !](https://julienbouffartigue.net/2018/12/23/une-affaire-de-famille/) - Depuis quelques années, j'avais bien du mal à être pleinement convaincu par un film ayant reçu la Palme d'Or à Cannes. La voir décernée cette année à un film du réalisateur japonais Kore-eda Hirokazu, qui nous avait déjà offert le magnifique Tel Père, Tel Fils, redonnait bon espoir de pouvoir à nouveau s'enthousiasmer pour un film primé sur la Croisette. Tous les espoirs ne sont pas vains puisque Une Affaire de Famille est bien le petit chef d'œuvre espéré. Un magnifique moment d'humanisme qui jette un regard sans concession sur une société japonaise socialement fragmentée. Une Affaire de Famille est avant tout un sublime film de personnages. Le scénario nous dévoile peu à peu qui ils sont vraiment en réservant de vraies surprises. La grande qualité de cette histoire est d'avoir su conjuguer ces "rebondissements" qui alimentent la curiosité du spectateur avec un propos d'une grande profondeur. En un mot de l'intelligence merveilleusement bien racontée. Le film est d'une incroyable richesse, chaque nouvel élément venant apporter quelque chose de vraiment nouveau, et explore un nouvel axe de réflexion. Encore une fois, il fait exploser la vision monolithique et traditionaliste que l'on imagine dominer dans son pays (et ailleurs en fait). - [MAIGRET ET LA JEUNE MORTE (Georges Simenon) : Plaisantes bouffées](https://julienbouffartigue.net/2018/12/23/maigret-et-la-jeune-morte/) - Dans la vie, rien de meilleur qu'une bonne pipe. Je parle évidemment ici de se plonger dans la lecture d'un épisode des aventures du Commissaire Maigret. Si vous avez imaginé autre chose, c'est que vous avez l'esprit particulièrement mal placé. C'est donc avec joie que j'ai découvert Maigret et la Jeune Morte. Un épisode très classique, mais pas forcément pour une œuvre de Georges Simenon. Même si le célèbre inspecteur y tire toujours bien de bouffées. Dans Maigret et la Jeune Morte, Georges Simenon ne cherche pas forcément à explorer les profondeurs sombres de l'âme humaine et de la société française. Ces éléments ne sont pas totalement absents, mais moins prégnants qu'à son habitude. On se concentre ici longuement sur le fonctionnement interne de la police et les rivalités qui peuvent naître entre ses différents acteurs. Tout cela donne une intrigue articulée autour de plusieurs éléments et que l'on suit avec grand plaisir et une curiosité de tous les instants. - [LAST PLACE (Grandaddy), MEMORIES ARE NOW (Jesca Hoop), BOOK OF CHANGES (Entrance) : Découvrir l'Amérique](https://julienbouffartigue.net/2018/12/24/memories-are-now/) - Trois vraies découvertes pour cet avis musical. Mais surtout trois belles découvertes, ce qui est assez rare pour être souligné. On commence avec Grandaddy, un groupe de rock américain, revenu en 2017 avec l'album Last Place, après 11 ans de silence. Il nous offre un son suave qui tire quelque peu vers la pop. Ce n'est pas bouleversant, mais maîtrisé et offre des titres variés. L'ensemble vaut bien ce qu'offre bien des groupes plus présents à la radio. C'est solide et se laisse écouter avec plaisir, surtout que la qualité est constante. Poustuite du voyage, mais on reste aux Etats-Unis avec Jesca Hoop et son album Memories Are Now. Son univers musical tire lui sur le folk. Le début de l'album laisse entrevoir un beau potentiel, mais laisse un peu sur sa faim. Puis, il monte progressivement en puissance pour devenir plus convaincant et même réellement séduisant sur la fin. Elle allie maîtrise et conviction. Les instrumentations sont épurées, mais l'ensemble accroche plutôt l'oreille et on se laisse bercer du début à la fin. - [WILDLIFE - UNE SAISON ARDENTE : Les Noces pas si rebelles](https://julienbouffartigue.net/2018/12/24/wildlife/) - L'amour reste sûrement le thème le plus souvent abordé par le cinéma. Le plus souvent, les scénarios nous racontent la naissance d'un amour qui finit par unir deux être dans un délire de bonheur et d'allégresse. Plus rarement, ils racontent quand il finit. Pourtant, statistiquement, puisque les amours éternelles sont rares, les deux événements se déroulent presque aussi souvent l'un que l'autre dans la vraie vie. Mais il est vrai que l'un donne quand même plus envie que l'autre, sauf à être profondément dépressif. Et ce n'est pas Wildlife – Une Saison Ardente qui changera les choses. Wildlife – Une Saison Ardente marque les débuts de l'autre côté de la caméra de Paul Dano. Quand on connaît l'acteur, on pouvait présumer qu'il ferait un réalisateur de premier ordre. C'est donc avec une vraie curiosité que je suis allé voir ce film. Mais le verdict est assez clair, je me suis ennuyé. La faute à des personnages absolument pas attachants. Comme au final, il ne leur arrive rien de si extraordinaire que ça, le film ne nous offre guère de quoi nous enthousiasmer. L'originalité de l'histoire reste le rôle de spectateur privilégié du fils qui se retrouve mêlé de beaucoup trop près à la crise existentielle que vivent ses parents. On compatit d'autant mieux avec lui que c'est à peu près aussi pénible pour lui que pour le spectateur. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 17 : Plongée rapide](https://julienbouffartigue.net/2018/12/26/tout-ca-pour-ca-episode-17/) - La fête ne dure qu'un temps. Pour une élection, elle ne dure même qu'un soir car la réalité et les problèmes vous rattrape vite. Surtout quand la pluie vient s'en mêler. La première image de François Hollande Président aura été celle d'un homme trempé par les trombes d'eau qui s'abattaient sur lui en remontant les Champs Elysées après son investiture. Elle fera plutôt sourire. Elle aurait pu être celle d'un homme qui reste droit et fier malgré les éléments contraires, elle est surtout restée comme celle d'un homme qui n'a pas de bol. On ne savait pas alors qu'elle serait tout à fait symbolique du quinquennat qui allait suivre. En effet, le quinquennat a commencé avec un brin de légèreté. L'attitude ouverte et amicale de Hollande lors de ses premiers déplacements fait de lui le « Président des bisous ». On veut croire que la page Sarkozy est totalement refermée et que celle qui s'ouvre sera plus joyeuse et riante. Au moment de son élection, tous les grands esprits prévoient que la reprise économique est solide et la conjoncture favorable. Il se pourrait qu'on oublie enfin définitivement la crise de 2008. Mais très vite tout cela va se gripper. - [LE RETOUR DE MARY POPPINS : Retour en douceur](https://julienbouffartigue.net/2018/12/27/le-retour-de-marry-poppins/) - Certaines personnes nous quittent ou simplement la vie nous les fait perdre de vue. Pour certaines on attend ou on espère un retour. Pour d'autres, on n'y pense pas vraiment. On aura plaisir à les recroiser mais sans attente particulière. J'aime profondément Mary Poppins, le film original, mais j'avoue que quand j'ai vu que le Retour de Mary Poppins était annoncé, ça ne m'a guère ému. Sans doute parce que je m'attendais plutôt au pire qu'au meilleur. Mais rassuré par des critiques globalement positives, je m'y suis rendu sans crainte. Et effectivement le spectacle est plaisant. Mais loin d'être inoubliable. En confiant à Rob Marshall la réalisation du Retour de Mary Poppins, les producteurs ont décidé de ne prendre aucun risque. Au final, le film est la comédie musicale très classique, certains diront vintage, à laquelle on pouvait s'attendre. L'esprit du premier épisode est totalement respecté. Mais du coup, on finit par se demander s'il s'agit vraiment d'une suite et non plutôt d'un remake. Personnellement, je regrette vraiment ce manque caractérisé d'audace sur la forme et sur le fond. Visuellement et musicalement, le même film, à quelques détails près, aurait pu être réalisé dans les années 60. On pouvait s'attendre, pour ne pas dire espérer, une vision beaucoup plus moderne du mythe. Ce n'est pas ringard pour autant, mais jamais vraiment surprenant en tout cas. - [50 SONGS MEMOIR (The Magnetic Fields), LIFE IS BEAUTIFUL/LA VIE EST BELLE (Petite Noir), SOUL SICK (Sallie Ford) : Rockabilly forever](https://julienbouffartigue.net/2018/12/27/soul-sick/) - Ce n'est pas un simple, ni même un double album qui ouvre cet avis, mais bien un quintuple album. 50 Songs Memoir est l'oeuvre de The Magnetic Fields, un groupe américain d'indie pop. 50 chansons donc, pour 50 années, qui racontent en fait la vie de Stephin Merritt, le chanteur et parolier du groupe. Les premiers morceaux son relativement épurés, la voix se posant sur un simple air de guitare. C'est simple, mais aussi solide et maîtrisé, et surtout assez prenant. Et ça le reste tout au long du premier album. Cependant, peu à peu, les instrumentations se complexifient et on s'aperçoit alors qu'il manque un petit je ne sais quoi. Aucun tube en puissance donc et même une qualité qui va décroissant. A partir du troisième album, l'ambiance se fait plus sombre et le résultat perd également de son intérêt. Petite Noir, contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom, est un artiste sud-africain, naviguant lui aussi dans l'indie pop. En 2015, il nous offre Life is Beautiful/la Vie est Belle. Un son un rien électro donc, éthéré également et aussi un rien bordélique. Ce n'est vraiment pas accrocheur, pas aidé par une voix pas spécialement mélodieuse. L'album offre une certaine variété, mais rien ne ressort particulièrement. Il faut cependant lui reconnaître une créativité réelle, qui ravira peut-être les amateurs du genre, donc je ne fais clairement pas partie. - [AQUAMAN : DC touche le fond](https://julienbouffartigue.net/2018/12/28/aquaman/) - Je peux l'avouer. Si j'ai été voir Aquaman, c'est aussi pour avoir l'immense plaisir d'en faire sa critique. En effet, rien n'égale le plaisir de parler d'un film merveilleux, si ce n'est de parler d'un navet. Mais attention, d'un vrai navet, pas d'une simple série B sympathique. Et dans la lignée des légumes cinématographiques, cette nouvelle production DC tient une place de choix. Pas tant dans sa nullité dans l'absolu, on a fait bien pire, mais dans l'écart abyssal (c'est le cas de le dire) entre la prétention des intentions de ce film et le résultat final. Bref, ce film n'est pas un Titanic du 7ème art, mais plutôt une coque de noix contre un glaçon dans un grand verre de médiocrité et de prétention mal placée. DC commence visiblement à comprendre ce qui fait toute la différence entre son univers et celui des films Marvel. En effet, on trouve enfin trace d'un ingrédient précieux dans Aquaman, à savoir l'humour et l'auto-dérision. Mais on sent bien que les producteurs débutent dans le domaine et en font usage avec encore une grande parcimonie. Pourtant, le film fait rire, mais le plus souvent à ses dépens. Quelques plans pompeux et ridicules valent presque le détour, la vacuité absolue de certains dialogues prêtent à sourire et certains costumes raviront les nostalgiques de Bioman et d'X-Or. On sent que les scénaristes ont tenté de donner un vrai souffle épique à cette histoire, mais le résultat fait plus penser à l'expiration d'un asthmatique en fin de vie. - [UNFRIENDED : DARK WEB : Série B bien en ligne](https://julienbouffartigue.net/2018/12/30/unfriended-dark-web/) - Comme je l'ai dit hier ici même, il faut bien distinguer le gros navet, souvent prétentieux, avec la série B, pleine de défauts, mais parfois tout de même sympathique. En effet, si Aquaman représente l'archétype de la première catégorie, Unfriended : Dark Web fait incontestablement partie de la seconde. En effet, si on peut énoncer de nombreuses critiques à son encontre, il ne nous permet pas moins de passer un bon moment et surtout parvient à faire passer quelques frissons dans le dos du spectateur. Le plus gros défaut de Unfriended : Dark Web est que l'histoire n'est pas crédible une seule seconde quand on y réfléchit à deux fois. Mais est-ce vraiment un défaut pour ce genre de film ? Et surtout, pendant celui-ci, on est assez pris par l'histoire pour ne justement pas prendre le temps de trop réfléchir. Je peux concevoir aisément qu'un spectateur puisse sortir du film en se disant d'un coup que c'est un peu n'importe quoi. Mais si votre cerveau accepte de se prendre au jeu, alors vous ne vous ennuierez pas une seule seconde et vous tremblerez même parfois. Le scénario, aussi improbable soit-il, n'est pas dénué d'habileté pour cacher au maximum ses très grosses ficelles. Il n'y parvient pas toujours, mais suffisamment pour que le spectateur se laisse avoir parfois (mais pas toujours, avouons-le). - [DOWN UNDERGROUND (The Liminanas), STRIPPED (Macy Gray), HONEST LIFE (Courtney Marie Andrews) : Fin d'année en douceur](https://julienbouffartigue.net/2018/12/31/stripped/) - On commence cet avis par un groupe bien de chez nous, même si son nom ne l'indique pas. The Limiñanas, originaire des Pyrénées-Orientales, a connu la gloire très tôt, avec un de leur titre repris dans la série The Gossip Girl en 2010. Down Underground reprend en fait leurs trois premiers albums, auxquels s'ajoutent quelques bonus. Il permet donc de découvrir largement leur univers éthéré, aux sonorités rock électro. Il est aussi quelque peu déjanté et attire la curiosité. Ce n'est pas toujours d'un intérêt purement musical très profond, mais au moins est-ce souvent surprenant. Cela ressemble à une sorte de série B musicale, un peu foutraque, mais sympathique au final. Avec 48 titres en deux CD, l'album reste cependant assez inégal. On enchaîne avec une grande dame. Macy Gray a réalisé l'exercice presque obligatoire de l'album acoustique, intitulé Stripped, comme beaucoup d'album de ce genre. Ce dernier nous offre un moment de douceur musicale absolue, grâce à la voix fabuleuse de l'artiste. Le tout avec une simplicité qui n'est au final que du bonheur. L'ambiance intime est magnifique. Tout est là pou mettre en valeur cette voix sublime, dont la musique est l'écrin. On retrouvera plusieurs de ses plus belles chansons et aussi quelques reprises. Notamment une très surprenante de Nothing Else Matters et surtout une magnifique de Redemption Song. - [L'HOMME FIDELE : Un peu court jeune homme](https://julienbouffartigue.net/2018/12/31/l-homme-fidele/) - Quand on a rien, ou du moins pas grand chose à raconter, la moindre des choses est de faire court. C'est la moindre des courtoisies mais trop de réalisateurs l'oublient régulièrement. Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à Louis Garrel de manquer d'éducation. En ne durant qu'une heure et quart, l'Homme Fidèle ressemble plus à un épisode de série qu'à un long métrage. Tant mieux car il n'y avait pas matière à faire plus long. Les mauvaises langues diront même qu'il y avait matière à ne rien faire du tout. Et il peut m'arriver d'être mauvaise langue. Je ferai bien preuve de subtilité, mais en cette fin d'année, cela devient un peu difficile. Ce que je reproche à l'Homme Fidèle peut se résumer ainsi : j'ai trouvé l'histoire très conne. C'est un peu court et brutal, mais je n'ai pas trouvé mieux pour résumer ma pensée. Du coup difficile d'apprécier ses qualités par ailleurs. C'est plus une question de ressenti que d'analyse, j'en conviens, mais les sentiments l'emportent parfois sur la raison, même chez un cartésien comme moi. Après si vous adorez les triangles amoureux tordus et jamais crédibles, je ne peux que vous recommander chaudement ce film. - [NO : Hymne à la joie](https://julienbouffartigue.net/2013/03/26/no/) - Quand on est un militant politique, on rêve de mener un grand combat historique qui rentrerait dans l'histoire. Pour cela, quoi de mieux qu'une dictature qui tombe... Bon le problème, c'est qu'il faut vivre préalablement dans une dictature, ce qui n'est jamais une sinécure. Personnellement, je n'y tiens pas, je renonce donc à vivre une telle expérience. Je me contenterai de les vivre par procuration, en allant voir des films comme No par exemple. No nous emmène en 1988 au Chili. Sous la pression internationale, le Général Pinochet, un sympathique démocrate, est forcé d'organiser un référendum pour rester au pouvoir. Ses opposants ne sont pas d'illusions et savent le combat truqué et perdu d'avance. Pourtant, ils vont lutter avec les armes qui leur sont offertes, soit 15 minutes chaque jour à la télévision. Pour élaborer leur campagne, ils font appel à un publicitaire jeune et innovant qui va leur proposer un thème central inattendu : la joie ! - [LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR, TOME 1 : LE SEPTIEME FILS (Orson Scott Card) : En suspens](https://julienbouffartigue.net/2019/01/01/le-septieme-fils/) - Comme vous le savez (ou pas), j'aime aller voir des films en ne sachant rien ou presque sur eux. C'est un plaisir que je m'accorde plus rarement pour des romans, mais comme je recueille souvent les livres abandonnés dans la rue, cela peut m'arriver également. En attaquant, les Chroniques d'Alvin le Faiseur, tome 1 : le Septième Fils, je pensais m'attaquer à une saga de fantasy médiévale comme il en existe tant. Il n'en est rien, puisqu'il s'agit en fait d'une uchronie nous plongeant dans l'Amérique au début du XIXème siècle. Une Amérique où la magie existe. J'avoue être longtemps resté circonspect en lisant les Chroniques d'Alvin le Faiseur, tome 1 : le Septième Fils. Déstabilisé par cette surprise initiale, je ne savais pas trop quoi penser de ce que je lisais. Surtout que Orson Scott Card tarde à exposer clairement les enjeux et on ne voit vraiment pas où il souhaite emmener son lecteur. Cela finit par s'éclaircir sur la fin, mais tout cela fait de ce premier volet une réelle introduction à quelque chose de plus long, de plus grand et espérons de plus épais. - [BUMBLEBEE : La belle et le robot](https://julienbouffartigue.net/2019/01/02/bumblebee/) - Si DC est passé maître dans l'art de cultiver le navet, la franchise Transformers fait aussi partie des agriculteurs cinématographiques les plus émérites. La saga principale touchant le fond depuis longtemps, s'acharnant même à creuser toujours plus loin, on pouvait s'attendre au pire en voyant débarquer le premier spin-off de la saga. Bumblebee constitue certes un des personnages les plus sympathiques de la série. Mais delà à en faire un film à part entière... Mais il faut parfois se méfier des certitudes trop vite acquises, puisqu'au final ce long métrage est plutôt réussi et constitue un des meilleurs divertissements familial de cette fin d'année. Contrairement à ce que l'on peut penser, Bumblebee n'est pas un film d'action. Enfin, pas vraiment. Une petite scène d'action au début, une plus grosse à la fin. Entre les deux, on assiste à autre chose. Une nouvelle version de la Belle et la Bête en somme, ou de toute autre histoire entre un être humain et un autre personnage qui va apprendre à l'être à ses côtés. Que la Bête soit un robot et qu'il n'y ait aucune romance entre ces deux protagonistes ne change pas grand chose, les ressorts de l'histoire sont les mêmes. Ici, ils sont manipulés avec habilité, si ce n'est un certain talent. Cela manque grandement de profondeur, mais c'est drôle, parfois touchant et surtout tout simplement divertissant. - [MONSIEUR : L'amour toujours](https://julienbouffartigue.net/2019/01/03/monsieur/) - Oh encore une histoire d'amour ! Ca suffit à la fin ! Non mais franchement, cela fait des siècles que l'on raconte toujours la même chose, on va bien finir par se lasser. Et bien, non. C'est sans doute là le plus beau miracle provoqué par ce sentiment. Un nouvelle preuve avec Monsieur, une production franco-indienne qui nous raconte une histoire éternelle, mais nous plonge aussi au cœur d'une société en pleine mutation et où tradition et modernité s'affrontent comme nul part ailleurs. Tout cela suffit à donner un très beau film, marqué par un dénouement remarquable. Bon en fait, j'ai à peu près tout dit. Je n'aurais donc qu'à encourager le plus grand nombre d'entre vous à aller voir ce film. Il prouve que la simplicité d'une histoire n'est pas forcément signe de manque d'intérêt quand le décor est aussi riche que dans Monsieur. Un fond social très fort, mais décrit avec une grande pudeur et une grande simplicité également. Au final, c'est ce qui le rend aussi fort, crédible et impactant. Pas de grandes envolées, de messages militants délivrés à coup de grandes tirades. Mais la vie tout simplement. Une vie quotidienne, presque banale, qui touche au plus profond du cœur. Si le contexte indien n'est pas forcément transposable ailleurs, il y a tout de même quelque chose de profondément universel dans cette histoire. - [LLOYD COLE IN NEW YORK (Lloyd Cole), TY SEGALL (Ty Segall), THE VISITOR (Kahdja Bonet) : Le feu et l'eau](https://julienbouffartigue.net/2019/01/04/the-visitor-2/) - On commence fort avec un sextuple CD. Sortir un coffret de cette dimension est un privilège réservé aux plus grandes stars logiquement. Il n'en est rien puisque Lloyd Cole, puisque c'est de lui qu'il s'agit, m'était totalement inconnu. Ce Lloyd Cole In New York : Collected Recordings 1988-1996 permet d'avoir un large aperçu de la carrière de chanteur-compositeur britannique. Les premiers CD sonnent très 80's, ce qui est assez logique. C'est maîtrisé, agréable, mais sans aspérité. La qualité est constante, mais la plupart des titres restent sur le même registre. Au final, sur les six albums, le 3ème (Bad Vibes), plus sombre, et le 4ème (Love Story), plus sucré, sont ceux qui accrochent le plus l'oreille. On change de genre avec Ty Segall et son album éponyme. On passe à une musique très rock, tirant sur le punk. L'album s'ouvre sur des gros riffs de guitare qui donnent le ton. Il y a de l'énergie et de la conviction, mais cela reste un peu basique et parfois assez décousue. On retiendra cependant les solos de guitare parfois délirants. Au final, le résultat est assez sympathique, car on ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre au détour de chaque note. - [MIRAI, MA PETITE SOEUR : Nouveau point de vue](https://julienbouffartigue.net/2019/01/04/mirai-ma-petite-soeur/) - Il se passe beaucoup de choses dans l'esprit d'un enfant de trois ans. Pourtant, rarement ce foisonnement donne naissance à une œuvre artistique reconnue (donc je ne parle pas ici des dessins d'enfants), et encore moins cinématographique. Sûrement parce que ce sont des adultes qui réalisent ses œuvre et qu'il est difficile de se souvenir de ce qui se passait exactement dans notre tête à ce moment là de notre vie. Beaucoup de récits donnent le point de vue d'une enfant, peu celui d'un petit enfant. Miraï, ma Petite Sœur tente ce pari, pour un résultat inégal, mais qui a au moins le mérite de sortir de l'ordinaire. Miraï, ma Petite Sœur repose donc une idée à la fois très originale et totalement banale. Je pense que beaucoup de parents y retrouveront des situations qu'ils auront eux-mêmes vécus. Mais cette fois ce n'est pas leur point de vue qui sera mis en avant, mais bien celui de l'enfant. Et on peut imaginer que ça peut en aider certains à mieux comprendre les réactions de leur progéniture. Cependant à partir de cette idée de départ, le film boucle la même boucle plusieurs fois. On est presque devant un film à sketchs, où chacun d'entre eux possède la même structure. C'est donc assez répétitif, peut-être un peu trop pour être totalement enthousiaste. - [UNDERCOVER : La jeunesse au pouvoir](https://julienbouffartigue.net/2019/01/05/undercover/) - J'ai beaucoup parlé ces derniers temps sur ce site de l'amour, comme constituant le plus grand fournisseur d'histoires de l'histoire de l'humanité. Mais les truands, voyous et autres gangsters forment une autre source éternelle et inépuisable d'inspiration. Avec pour grand avantage de pouvoir puiser dans les histoires vraies pour en avoir à raconter qu'ils valent bien un film. C'est le cas à nouveau avec Undercover (merci la traduction à trente centimes d'euros du titre original). Un film à la facture extrêmement classique, même si le scénario n'est pas dénué d'une certaine originalité. Aucun élément de Undercover ne constitue du jamais vue. Mais elle tout de même assez édifiante dans son ensemble pour valoir le coup d'en tirer un long métrage. L'intrigue n'est en rien prévisible et maintient l'intérêt du spectateur du début à la fin. La narration est habile, les personnages très réussis, provoquant ce mélange d'affection, de fascination et de répulsion qui caractérisent les personnages de truands à l'écran. Ce mélange est d'autant plus troublant quand le principal protagoniste a quinze ans. D'ailleurs, la plus grande limite de ce film est de n'avoir pas su ou pas osé aller plus loin dans la mise en avant de cet élément. Il reste central mais pas aussi subversif que cela aurait pu (du). - [ASAKO I & II : Joli départ](https://julienbouffartigue.net/2019/01/06/asako/) - L'amour... oui bon je sais, j'abuse. Mais que voulez-vous, il est partout sur les écrans en cette fin/début d'année. Bon en fait, je crois qu'il y est toujours présent. Parmi les figures imposées de la romance, on trouve le triangle. Et dans tous les pays, au Japon comme ailleurs. La preuve avec Asako I & II, nouveau film de Ryusuke Hamaguchi, que l'on avait découvert avec le quintuple Senses. On y retrouve la même sensibilité et la même élégance. Mais on y apprécie une narration plus vive. Ce qui donne envie de crier "vive l'amour !" Asako I & II raconte donc une histoire éternelle, même s'il nous plonge aussi dans le Japon d'aujourd'hui. Mais le propos est largement centré sur les personnages et leurs sentiments. Le fond social est nettement moins présent que dans Senses, sans être totalement absent. Cette histoire connaît de nombreux rebondissements et maintient une réelle tension narrative jusqu'à la dernière minute. Le rythme n'est pas ébouriffant, mais supérieur à la moyenne des film japonais. Cela prouve avant tout que le film assez de contenu pour présenter un intérêt réel. Les allergiques aux bleuettes ou aux films asiatiques pourront donc éventuellement s'aventurer voir ce film. - [LUMIERE D'AOUT (William Faulkner) : Rencontre ratée](https://julienbouffartigue.net/2019/01/06/lumiere-d-aout/) - Découvrir pour la première fois un grand auteur s'apparente logiquement à un plaisir rare. Mais toute rencontre, aussi prometteuse soit-elle, ne se passe pas toujours aussi bien que ce qu'on imaginait. C'est qui m'est arrivé en lisant Soleil d'Août de William Faulkner. Pourtant, j'aurais dû me méfier en lisant la préface qui précisait que commencer à découvrir cet auteur par ce roman constitue une erreur. Avec le recul, je ne peux que lui donner raison, mais une fois le livre en main, je n'ai pas voulu renoncer. J'aurais peut-être du. Je dois le confesser, au milieu du roman, j'ai parcouru sa page Wikipedia pour m'assurer d'avoir tout compris. En effet, William Faulkner ne semble guère se soucier du bien-être de son lecteur. On soulignera notamment son refus de rappeler de qui il parle, y compris au début d'un chapitre, en attaquant directement avec le pronom "il" ou « elle ». Quand vous reprenez une lecture interrompue depuis un jour ou deux, ça ne vous aide pas à reprendre le fil. Surtout dans un récit où l'on passe d'un personnage à l'autre ou même d'une époque à l'autre sans que cela soit explicité. Bref, Lumière d'Août est vraiment pénible à lire. - [UNE FEMME D'EXCEPTION : Juste cause](https://julienbouffartigue.net/2019/01/09/une-femme-d-exception/) - Un biopic, comme toute histoire vraie en fait, doit faire face à un dilemme. Raconter les choses de manière hyper réaliste ou romancer pour rendre les événements plus passionnants. Je ne suis pas un spécialiste de la vie de Ruth Bader Ginsburg, mais il est évident que Mimi Leder a opté pour la deuxième option. Une Femme d'Exception est trop marquée par une efficacité narrative très hollywoodienne pour être d'une valeur documentaire totale. Cependant, certaines causes à certains moments de l'histoire valent bien un petit moment d'enthousiasme, même un rien artificiel. Et ce film sert à merveille la cause qu'il défend. Une Femme d'Exception n'est donc pas qu'un film de personnage. Il ne se contente pas de brosser un portrait, de rappeler un parcours. C'est aussi une film de procès comme seul le cinéma américain sait nous en offrir. C'est aussi prenant que le meilleur des polars ! Cette mécanique parfaitement huilée maintient le spectateur dans un état d'attention maximum, le fait rentrer au cœur de l'histoire et nous attache irrémédiablement aux personnages. Du coup, le fond historico-politique passe tout seul. Ce dernier ne doit pas être du coup minimiser, car ce film nous plonge aussi au cœur d'un combat qu'il est difficile de ne pas partager devant un spectacle aussi réussi. Et un combat plus que jamais d'actualité. - [50 (Michael Chapman), AWAKEN, MY LOVE ! (Childish Gambino), MOWING (Michael Nau) : Excès de douceur](https://julienbouffartigue.net/2019/01/12/mowing/) - Alors que je vais fêter d'ici quelques mois mes 40 ans tout court, certains en sont à fêter leurs 50 ans de carrière. C'est le cas de Michael Chapman, un artiste américain né en 1941. En 2017, afin de célébrer cet anniversaire, il nous a offert un album sobrement intitulé 50. Une musique entre rock et country, portée par une voix faite pour interpréter ce genre de musique. Cela reste un rien basique, mais ravira les amateurs du genre, au moins le long de la première moitié de l'album. En effet, si celle-ci dégage une vraie personnalité, la suite se fait de plus en plus mélancolique pour devenir carrément répétitif et lancinant. Cette seconde partie est alors nettement moins intéressante et vient gâcher le bon début. On poursuit cet avis musical avec Childish Gambino. Derrière ce pseudonyme se cache Donald McKinley Glover, l'acteur interprétant Lando Calrissian jeune dans Solo : a Star Wars Story. Il est donc aussi l'auteur de l'album Awaken, My Love !, son 4ème album. Il y interprète une musique assez groovy mais déstructurée, avec des accents 70's, entre Hair et black music. Cela n'accroche pas vraiment l'oreille. Ce n'est ni dansant, ni mélodieux... ni même vraiment désagréable en fait. Sa musique laisse sur une impression de flou, d'une œuvre inaboutie. Quelques titres laissent plus de voix à sa voix au naturel et s'avèrent bien meilleurs. - [LA VIE COMME ELLE VIENT : Tout sur la mère](https://julienbouffartigue.net/2019/01/12/la-vie-comme-elle-vient/) - Si le cinéma argentin s'est peu à peu fait une place de choix sur nos écrans, le cinéma brésilien reste encore relativement confidentiel, surtout au regard de la taille et de la puissance culturelle du pays. Quelques productions parviennent tout de même à se faire une place, sans forcément faire beaucoup de bruit. La Vie Comme Elle Vient est passé largement inaperçu dans une période de sorties cinématographiques assez dense, il est vrai. C'est dommage car il s'agit d'un beau film sur la famille, les joies et le peines auxquelles elle peut donner naissance. Un thème universel et intemporel, traité ici avec finesse et talent. La Vie Comme Elle Vient nous dresse le portrait d'une famille, pour ne pas dire une tribu pour utiliser un terme plus dans l'air du temps. Il dresse surtout le portrait de la mère, pierre angulaire de ce film. On partage ses sentiments et ses états d'âme. Le personnage est assez attachant pour que l'on prenne plaisir à suivre ce film qui relate finalement des événements relativement anodins, mais avec assez de densité pour que l'on ne s'ennuie jamais. On en ressort ni bouleversé, ni débordant d'enthousiasme, mais par contre satisfait d'avoir passé un joli moment, tout en ayant rendu un petit hommage à toutes les mères qui portent leur famille à bout de bras. - [BIENVENUE A MARWEN : Valeurs sûres](https://julienbouffartigue.net/2019/01/15/bienvenue-a-marwen/) - La carrière de Robert Zemeckis ressemble un peu à un bon steack-frites. En gros, rien de très original, rien de très complexe ou extraordinairement créatif, mais quelque chose de toujours bon, sur lequel on peut compter et qui déçoit rarement. Bref, une valeur sûre que l'on peut goûter sans grande crainte. Avec Bienvenue à Marwen, il signe là peut-être son film le plus audacieux, comme la nouvelle sauce surprenante que l'on cuisinerait pour accompagné son plat habituel. Un film plus sensible que spectaculaire, mais avec de vrais éléments inattendus Et qui offre à Steve Carell un de ses plus beaux rôles. La bande-annonce de Bienvenue à Marwen ne me donnait franchement pas envie d'aller voir ce film. On pouvait facilement craindre que cela soit bien trop gnangnan pour être regardable. Dresser le portrait d'un homme « handicapé » constitue en effet un des exercices les plus délicats qui soit. Entre misérabilisme et déni de réalité, l'espace est étroit. Mais Robert Zemeckis a su y glisser son propos comme une main dans un gant. Cela donne un scénario aussi touchant que convaincant, s'achevant sur une fin pleinement réussie (ce qui était loin d'être gagné, avouons-le). On se laisse porter par cette jolie histoire, jamais cousue de fil blanc et bien plus subtile et profonde qu'attendu. - [QUI A TUE LADY WINSLEY ? : Agatha from Turquie](https://julienbouffartigue.net/2019/01/16/qui-a-tue-lady-winsley/) - Au village aussi l'on a de beaux assassinats, chantait Brassens. Il est vrai que le meurtre reste un passe-temps universel en tout temps et en tout lieu. La recherche d'un coupable qui en découle constitue donc également une activité largement pratiquée de par le monde. La plupart des histoires d'enquêtes peuvent donc être facilement transposable d'une époque ou d'un pays à l'autre. Ainsi pourquoi pas faire revivre l'esprit d'Agatha Christie en Turquie de nos jours ? C'est le pari tenté (et plutôt réussi) par Hinter Saleem avec Qui a Tué Lady Winsley ?, comédie policière fort sympathique. Hinter Saleem s'était fait remarqué sur nos écrans avec l'excellent My Sweet Pepperland. On retrouve dans Qui a Tué Lady Winsley ? sa capacité à aborder un sujet grave, à savoir la condition des Kurdes au Proche Orient, dans des films particulièrement légers. Mais cette légèreté n'enlève rien à la force et à la pertinence du propos, bien au contraire. Et à l'inverse, le plaisir que l'on prend à suivre cette enquête policière finalement très classique n'est en rien alourdit par le fond social et géopolitique pourtant réel. Les esprits chagrins auront trouvé peut-être qu'aucun des deux aspects n'arrive du coup à atteindre des sommets. Personnellement, je trouve cet équilibre audacieux, original et vraiment plaisant. - [UN BEAU VOYOU : Gendarme et voleur](https://julienbouffartigue.net/2019/01/19/un-beau-voyou/) - Depuis Robin des Bois et Arsène Lupin, on peut tout à fait être un voleur et apparaître comme le héros d'une histoire, gagnant la sympathie et l'attachement de ceux à qui on la raconte. En matière de fiction, le vol est souvent vu comme un pêché véniel. A partir de ça, on peut entamer une longue dissertation sur le fondement moral de cette idée. Ou bien se contenter d'aller voir Un Beau Voyou, une comédie policière qui rejoue une nouvelle fois l'éternel « combat » du gendarme et du voleur. Un film plutôt léger et sympathique qui ne vous volera pas votre temps. Un Beau Voyou est avant tout un film portrait. Ici, vous l'aurez compris, il est double puisque le propos nous fait découvrir aussi bien le gendarme que le voleur. Tout l'intérêt du scénario repose sur la relation qui va malgré tout se nouer entre les deux au fur et à mesure des péripéties. Intérêt et originalité, aurais-je aimé dire, mais la plus grande limite de ce film reste de ne pas avoir osé sortir réellement des sentiers battus. L'angle par lequel l'histoire nous est raconté est quelque peu inattendu, mais le contenu l'est au final un peu moins. Un peu plus d'audace aurait pu donner une vraie dimension supplémentaire à ce long métrage qui se contente d'être un aimable divertissement. Ce n'est déjà pas si mal me direz-vous ! - [L'HEURE DE LA SORTIE : Direction inattendue](https://julienbouffartigue.net/2019/01/20/l-heure-de-la-sortie/) - L'effet de surprise est une outil puissant pour emporter l'adhésion du spectateur. Le plus souvent, il est volontaire et découle des ficelles du scénario. Parfois, il provient du fait que l'on s'attendait à quelque chose de précis et que l'on assiste à tout autre chose. Du coup, cela donne un supplément d'enthousiasme qui n'a rien à voir avec le talent du réalisateur et qui est propre à chaque spectateur. Du coup, je ne sais pas si ma critique de L'Heure de la Sortie sera tout à fait objective. Mais cela ne m'empêchera pas de dire du bien de ce film qui reste en toute objectivité surprenant et original. L'Heure de la Sortie n'a donc rien du film social sur l'éducation que j'imaginais. C'est au final plutôt un polar tirant sur la science-fiction ou le fantastique. En fait, le film est difficile à classer et c'est ce qui fait son charme. L'histoire nous emmène dans des directions inattendues, même si les rebondissements se voient parfois arrivés d'un peu loin. L'idée de base est au final plutôt bien exploitée, même si elle aurai pu l'être mieux. En tout cas, l'ambiance dans lequel nous plonge le film est assez prenante pour que l'on suive l'intrigue avec un intérêt constant, même si là encore Sébastien Marnier aurait pu faire preuve de plus d'audace pour vraiment secouer le spectateur. - [LE SAINT A NEW YORK (Leslie Charteris) : Justicier en série](https://julienbouffartigue.net/2019/01/20/le-saint-a-new-york/) - Le Saint est un personnage mythique de mon enfance. Mythique au vrai sens premier du terme puisque n'ayant jamais vu un seul épisode de la série télévisée, ni le film, il restait auréolé de beaucoup de mystère, sinon qu'il a été interprété à la télévision par Roger Moore. J'en sais enfin plus sur lui en découvrant qu'il était avant tout un personnage de roman, crée par Leslie Charteris en 1928. Un précurseur donc, mais surtout une vraie bonne surprise littéraire. Le Saint à New York reste un polar de gare mais qui compte des qualités infiniment supérieures à la moyenne. Le Saint à New York possède toutes les caractéristiques de son genre littéraire. Relativement court et imprimé à l'origine sur du papier de qualité très moyenne. Mais dès les premières lignes, on est surpris par la qualité de la plume de Leslie Charteris, vraiment inhabituelle dans ce type de littérature. L'action démarre très rapidement, suite à une introduction minimale. Elle ne s'arrêtera qu'à la dernière page. Le roman va donc droit au but, avec une réelle intensité et raconté avec beaucoup de clarté et un joli style. Bref, les amateurs du genre pourront se régaler sans modération. - [LES INVISIBLES : Rien que pour leurs yeux](https://julienbouffartigue.net/2019/01/21/les-invisibles/) - Ceux qui ont l'habitude de lire mes critiques de manière attentive (il paraît qu'ils existent) ont du remarquer à quel point le misérabilisme est un défaut pour lequel je n'ai guère de mansuétude. Ou, pour le dire beaucoup plus positivement, j'apprécie particulièrement les films qui savent échapper à ce travers. On peut facilement y voir là mon côté socialiste un peu bobo et je pense que l'on n'a pas complément tort en faisant ça. C'est donc en toute logique que j'ai pleinement apprécié Les Invisibles. Un film qui, après Discount, semble spécialiser Louis-Julien Petit dans les films sociaux. Sauf qu'il évite ici les pièges qu'il n'avait pas forcément su esquiver auparavant. La bande-annonce de Les Invisibles donnait déjà particulièrement envie d'aller voir ce film. En effet, elle donnait l'image d'un feel good movie où les personnages, des femmes SDF, sont valorisées, plutôt que l'on passe son temps à s'apitoyer sur leur sort. Et bien cette image est parfaitement représentative du propos de ce film. Bien sûr, il sait nous ramener de temps à autre à la dure réalité des choses, mais il a aussi parfois un petit côté bisounours assumé, mais assez maîtrisé pour être tout simplement rafraîchissant. On sourit beaucoup, on rit même parfois. Et on s'attache profondément à ces personnages un peu (beaucoup) cassés, mais qui savent aussi réparer (clin d'œil au protagoniste le plus marquant de cette histoire). - [BORDER : Aux frontières du réel](https://julienbouffartigue.net/2019/01/22/border/) - Parfois, on a l'impression que le scénario d'un film ne repose sur pas grand chose. Par exemple, on peut facilement penser que Border est juste un film sur une fille très moche qui finit par trouver l'amour auprès d'un mec aussi moche qu'elle. Si cette phrase correspond au contenu de l'intrigue, elle ne dévoile qu'une toute petite partie de celle-ci. Et le reste est tellement inattendu que cela donne finalement un film convaincant à partir de cette idée de pas grand chose. Un long métrage qui ravira les amateurs de films carrément décalés, qui n'ont pas besoin d'un gros budget pour surprendre le spectateur. Border est le genre de film où le spectateur passe son temps à se dire « mais qu'est ce que c'est que ce truc ? ». On peut certes mal le prendre si on n'accroche pas du tout et passer un moment carrément pénible. Mais ici, on a plus de chance au contraire de voir sa curiosité attisée et d'avoir envie où ces Suédois un peu barrés vont nous mener. Je n'en dirai rien évidemment, mais dites-vous simplement, ce que ce n'est certainement pas là où vous l'imaginiez au départ. Le tout est porté par une narration très intelligente qui dévoile chaque élément de l'intrigue l'un après l'autre, sans jamais ne rien laisser transparaître à l'avance. Beaucoup d'intelligence donc, qui compense mille fois le manque de moyen. - [L'ANGE : La gueule de l'emploi](https://julienbouffartigue.net/2019/01/23/l-ange/) - Traditionnellement, le mal est associé à la laideur et à l'inverse le bien à la beauté. Il est évident que ceci ne correspond en rien à la réalité, car on sait bien que les plus beaux yeux peuvent cacher les pires horreurs. L'Ange nous le démontre une nouvelle fois. Ce film argentin nous raconte en effet la plongée dans la violence d'un jeune homme au visage angélique (d'où le titre du film). Une histoire somme toute classique, mais dont les qualités témoignent une nouvelle fois de la vitalité du cinéma argentin. Une histoire qui nous renvoie aussi vers la relation très ambiguë que le spectateur peut nouer avec la violence. L'Ange se situe dans une longue lignée de films qui nous racontent comment un jeune garçon devient un criminel endurci et froid. Un parcours qui s'apparente souvent à une longue montée avec une chute terrible. Montée ou descente vertigineuse dans l'immoralité, question de point de vue. Le spectateur est à la fois horrifié et fasciné. Il est particulièrement ardu de décider ce que l'on ressent pour son personnage principal. Sympathie et attrait ou bien au contraire dégoût et détestation. Un peu de tout ça, simultanément ou bien alternativement. C'est bien cette difficulté à définir ce que l'on ressent qui fait tout l'intérêt du film. Et on peut voir dans ce personnage un symbole de bien des formes de violence face auxquelles on ressent les mêmes sentiments partagés. - [EDMOND : Adapater et c'est joué](https://julienbouffartigue.net/2019/01/26/edmond/) - Adapter représente un art presque aussi subtil que l'écriture d'une histoire originale. Un art bien trop déconsidéré, ce qui fait que l'on assiste régulièrement à de très mauvaises adaptions. Mauvaises adaptations de romans. Mais surtout mauvaises adaptations de pièce de théâtre. En effet, il est tentant de considérer que les deux arts sont tellement proches qu'il suffit de poser sa caméra devant une scène pour faire un film. Or, il n'en est rien. Les deux arts sont profondément différents et du théâtre filmé ne fera jamais un grand film. Edmond connaît un triomphe ininterrompu depuis trois ans au théâtre. Le voir débarquer sur grand écran ne constitue pas vraiment une surprise. Mais voir l'auteur même de la pièce diriger de l'autre côté de la caméra pouvait faire craindre un film ne sachant pas se détacher de l'œuvre théâtrale. Il n'en est heureusement rien. Le théâtre et le cinéma se distinguent en partie par la gestion de l'énergie. On occupe pas une scène et un écran de la même façon. Le grand mérite d'Edmond version cinéma est d'avoir su modifier profondément l'énergie qui habite cette histoire. Le film est nettement plus posé, faisant de la comédie théâtrale frénétique un long métrage drôle, mais laissant plus de place à la mélancolie ou à la tristesse. Quand les personnages se montrent pathétiques, ce n'est ici pas que pour faire rire, mais aussi pour les rendre plus humains et plus réalistes. En réalisant cette mutation, Alexis Michalik a vraiment su transformer son histoire pour l'adapter à son nouvel écrin. Cependant, en faisant ça, il faut l'admettre, il l'a aussi banalisé, lui faisant perdre une partie de ce qui explique son formidable succès. Il nous livre au final une bonne comédie, pas une grande comédie. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 18 : Congrès de Toulouse ou les graines de l'auto-destruction](https://julienbouffartigue.net/2019/01/26/tout-ca-pour-ca-episode-18/) - Suite à l'élection de François Hollande, le PS du continue à vivre sa vie de parti politique. Ses principaux leaders désormais Ministre et Martine Aubry partie bouder à Lille, il fallait bien trouver quelqu'un pour garder la maison. Un peu comme François Hollande lui-même en 1995 suite à la victoire aux législatives et la formation du gouvernement de Lionel Jospin. Un peu (beaucoup... totalement...) par défaut, c'est Harlem Désir qui sera chargé de cette mission. Pour cela, il fallait organiser un congrès. Il aura eu lieu à Toulouse. Il sera resté comme peut-être le moins intéressant de l'histoire du PS. Du moins, sur le front des idées. Car c'est peut-être ici que bien des graines d'auto-destruction furent semées. Fraîchement arrivée au pouvoir, le parti ne pouvait évidemment pas afficher trop vite des signes de désunion. La totalité des leaders se rangèrent donc derrière une seule et grande motion unitaire, qui ne ferait face qu'à des motions anecdotiques, même si celle conduite par Stéphane Hessel fit un peu parler d'elle, vu l'identité de son premier signataire, âgé alors de 95 ans. L'aile gauche du PS présentait bien également une motion, mais elle était privée de son principal leader, Benoît Hamon, obligé en tant que Ministre de se ranger derrière la motion majoritaire. Bel exemple d'unité ? Ou erreur stratégique ? - [SEMPER FEMINA (Laura Marling), THE NAVIGATOR (Hurray for the Riff Raff), THE LAST WALTZ (The Band) : Hurray !](https://julienbouffartigue.net/2019/01/27/the-navigator/) - On commence cet avis musical avec une artiste que j'aime beaucoup... d'habitude. Laura Marling est une artiste anglaise dont j'avais apprécié les trois précédents albums. Mais Semper Femina, sorti en 2017, m'a profondément déçu. Le ton y est assez sinistre et le résultat totalement transparent. Les interprétations sont très en-dedans. Le tout n'est pas spécialement beau, la voix est sous-utilisée. Bref, ça ne décolle pas. Les derniers titres viennent enfin nuancer quelque peu ce tableau assez noir avec deux titres qui marquent enfin : Nouel et Nothing, not nearly qui concluent l'album. On poursuit avec une belle et vraie découverte. Le groupe américain Hurray for the Riff Raff et son album The Navigator. Leur musique entre indie rock et folk est portée par la très belle voix d'Alynda Segarra. Cette dernière joue ses textes autant qu'elle les chante. Les instrumentations paraissent un rien brouillonnes, mais on sent que tout cela est en fait parfaitement maîtrisé. Le tout allie conviction et énergie pour un résultat solide et surtout agréable. Ce groupe possède une vraie personnalité. On retiendra notamment le titre Rican Beach. - [GLASS : Triangle non amoureux](https://julienbouffartigue.net/2019/01/27/glass/) - Quand on veut prendre des risques, faire face à l'incertain, se trouver devant une situation de tout ou rien, jouer le tout pour le tout, on a deux possibilités. Soit jouer la roulette russe, ce qui peut quand même aller loin en termes de décès. Ou bien aller voir un film de M. Nigth Shyamalan. En effet, rarement un réalisateur aura alterné à ce point le pire et le meilleur, nous offrant quelques vrais navets et quelques petits chefs d'œuvre. Glass vient conclure une trilogie commencée il y a fort longtemps avec Incassable, qui faisait clairement plutôt partie de la première catégorie, et poursuivie ensuite par Split, qui lui se classait incontestablement dans la seconde. Où allait-il donc se situer ? La réponse est clairement entre les deux. Glass n'est pas un mauvais film en soi, mais un film relativement décevant tout de même. J'avoue que je dois aussi cette déception à des commentaires des critiques bien plus élogieux que ma propre opinion. Cela renforce forcément le sentiment négatif, mais ceci n'explique pas tout. Le film passe pour moi à côté d'une partie de son ambition. On sent que M. Night Shyamalan veut monter au cours de son histoire, peu à peu, vers quelque chose de grand, mais tout cela se termine sur un final loin d'être inoubliable. Savoir conclure est un art difficile et franchement ce film ne restera pas comme un modèle dans ce domaine. Surtout que tout le reste est quand même émaillé de beaucoup d'éléments à la crédibilité douteuse qui ont fait que je ne suis jamais tout à faire rentré pleinement dans cette histoire. - [IN MY ROOM : Trop tard](https://julienbouffartigue.net/2019/01/28/in-my-room/) - Quand un scénariste tient une bonne idée, il essaye d'en tirer une histoire. Cela nécessite souvent d'étoffer l'idée initiale avec beaucoup d'à-côté pour nous faire entre autres découvrir les personnages, leur univers et leurs relations. Cependant, tout cela ne doit pas non plus faire perdre de vue le cœur du film qui doit prendre une place conséquente. C'est ce que semble avoir totalement oublié Ulrich Köhler, le réalisateur de In My Room. Il tenait pourtant dans sa main de quoi nous proposer un film étonnant et original. Il nous offre finalement avant tout un grand moment d'ennui. Il est très tentant pour moi de spoiler et de dévoiler ici la fameuse bonne idée qui se situe au cœur de In My Room. Simplement, comme elle ne se dévoile qu'à vingt minutes de la fin d'un film de deux heures, cela revient un peu à raconter tout le film, ce que je m'interdis lorsque je rédige mes critiques. Le scénario met donc un temps infini pour atteindre son propre cœur. Le problème est que lorsqu'il y parvient, le spectateur a décroché depuis longtemps et il n'y a plus aucune chance de voir reprendre le train avec enthousiasme. Il a trouvé le temps bien trop long avant cela pour donner une seconde chance à cette histoire. Il est simplement rassuré de voir qu'Ulrich Köhler avait bien quelque chose à raconter et qu'il ne l'a pas fait languir pendant près d'une heure et demi pour rien. Rassuré, mais certainement pas satisfait. - [LA MULE : Eternel talent](https://julienbouffartigue.net/2019/01/29/la-mule/) - Certains vieillissent, prennent de l'âge ou encore subissent le poids des ans. Et puis, il y a Clint Eastwood ! Certes, objectivement, il vieillit, prend de l'âge et subit quelque peu le poids des ans. Mais il le fait merveilleusement bien. Avec la Mule, il prouve qu'il a encore, à bientôt 89 ans, toute sa place derrière et même devant la caméra. En alors qu'il avait annoncé sa retraite en tant qu'acteur, il revêt une nouvelle fois cette double casquette pour nous offrir un film qui forcément lui doit beaucoup. On ne peut que saluer ce choix puisque ce rôle semblait effectivement définitivement fait pour lui. Mais c'est bien le film dans son ensemble qui est à saluer, prouvant encore une fois que Clint Eastwood est un grand cinéaste. Même si on n'avait pas besoin de cela pour en être persuadé. Ceux qui auront vu la bande-annonce de la Mule imagine sans doute qu'il s'agit d'un film sombre et profondément dramatique. Il n'en est rien et j'ai rarement vu un tel décalage dans ce sens. En effet, si on voit souvent des films pas drôles vouloir se faire passer pour des comédies, ici c'est exactement l'inverse. Le film peut définitivement être qualifié de comédie dramatique, genre où le septième art hexagonal excelle, mais qui tient là une brillant représentant. Le film aborde quelques vrais sujets qui ne prêtent pas vraiment à dire, mais le ton est quand même globalement assez léger. Il repose sur le ressort comique assez classique du personnage qui se retrouve plongé dans un monde avec lequel il est en total décalage. Entre un vétéran WASP de 90 ans et des gangsters latinos, ce ressort fonctionne une nouvelle fois à merveille. - [L'ORDRE DES MEDECINS : En bon ordre !](https://julienbouffartigue.net/2019/01/30/l-ordre-des-medecins/) - La mort représente la seule certitude dans la vie. Pourtant, c'est un sujet que l'on n'aime pas particulièrement aborder. Nos sociétés modernes essayent par tous les moyens de nous en protéger en la reléguant là où on ne peut pas la voir, comme si cela nous en protégeait le moins du monde. C'est évidemment une illusion qui rend sans doute encore plus difficile et douloureux la confrontation. Il reste cependant quelques films pour aborder de front ce sujet et on peut y voir une démarche particulièrement salutaire. L'Ordre des Médecins fait partie de ceux-là et nous livre un propos brillant. Si la mort se situe au centre de l'Ordre des Médecins, le film aborde à travers elle un grand nombre de thématiques assez variées. La famille, les certitudes, la vie hospitalière... Tout cela donne un scénario riche. Si on ajoute à cela une vraie justesse dans le propos, on comprend mieux pourquoi on s'intéresse à cette histoire du début à la fin. Le propos ne sombre jamais dans la banalité. Chaque idée fait réfléchir le spectateur et pousse la réflexion toujours un peu plus loin. De la profondeur et de la densité, voilà deux qualités que l'on est heureux de retrouver dans un film de ce type. Il n'oublie pas non plus de donner beaucoup d'humanité à ses personnages pour que de la réflexion surgisse aussi une réelle émotion. - [CONFITEOR (Jaume Cabré) : Souvenirs de Catalogne](https://julienbouffartigue.net/2021/08/19/confiteor/) - Parfois, certaines lectures sont des circonstance. Ainsi, c'est sous le soleil de Catalogne, que j'ai lu Confiteor, un roman justement écrit en catalan. Enfin, j'ai lu sa traduction française puisque ma maîtrise de la langue locale se limite à « gracies » qui remplace « gracias ». Tout cela tient évidemment de l'anecdote, même si pouvoir visualiser certains lieux - [LE CHATEAU DE CAGLIOSTRO : Le maître qui pointe](https://julienbouffartigue.net/2019/02/01/le-chateau-de-cagliostro/) - Il faut bien commencer un jour. Faire des premiers pas. Connaître ses grands débuts. Et ces moments sont rarement glorieux et idéaux. Hayao Miyazaki est un immense artiste, à l'univer singulier, personnel et plein de son immense créativité. Mais le premier film qu'il a réalisé ne correspond pas tout à fait à cette définition. En effet, il s'agissait d'un long épisode d'une série animée spécialement conçu pour le grand écran, dans la plus pure tradition des studios nippons. Cette série fut diffusée en France sous le nom d'Edgar, Détective Cambrioleur. Ici, le personnage retrouve son nom en Japonais, Lupin, puisque l'œuvre de Maurice Leblanc auquel il fait ouvertement référence figure désormais dans le domaine publique. En tout cas, le Château de Cagliostro vaut le coup de découvrir la naissance du maître. Evidemment, j'étais particulièrement disposé à apprécier le Château de Cagliostro. Déjà parce que je voue une admiration sans borne pour Hayao Miyazaki. Mais aussi, et peut-être surtout, parce que ce dessin-animé représente pour moi une jolie madeleine de Proust. Il fut rare sur nos écrans, mais j'en garde un très beau souvenir. En voyant ce film, je comprends mieux pourquoi. L'univers est typique d'une animation nippone s'adressant à un public plus adulte qu'enfantin. Ici le spectacle reste quand même familial, mais il ravira petits et grands. Une histoire qui débute en ayant l'air de rien et qui va prendre une dimension de plus en plus épique à mesure qu'elle avance et perd son côté gentillet. On y retrouve aussi bien des passages très « cartoon » qu'une certaine violence (soft tout de même). - [UN GRAND VOYAGE VERS LA NUIT : Voyage au bout de l'ennui](https://julienbouffartigue.net/2019/02/02/un-long-voyage-vers-la-nuit/) - Les films asiatiques ont la réputation d'être lents, contemplatifs et ennuyeux. Réputation totalement surfaite évidemment, comme la plupart des réputations qui tiennent plus du cliché qu'autre chose. Cependant, parfois, il arrive qu'elle ne soit pas totalement usurpée. En tout cas, Un Grand Voyage Vers la Nuit a la double particularité d'être chinois et surtout, vous me pardonnerez l'expression, d'être chiant à mourir. En plus, si vous ne faites pas attention, il pourra vous en coûter un euro de plus pour acquérir des lunettes 3D qui ne serve que pour le dernier tiers du film et qui ne servent pas à grand chose. Je peux concevoir que l'on se laisse fasciner par Un Grand Voyage Vers la Nuit. Mais pour ce genre de film, soit la rencontre avec le spectateur se fait, soit elle ne se fait pas du tout. Et dans ce dernier cas, vous passez un très très long moment. Le rythme de narration est d'une incroyable lenteur avec des plans ne servant pas à grand chose (sinon à être beaux, certes) qui n'en finissent pas. L'exemple le plus frappant est un long passage où le personnage principal va d'un point A à un point B dans une sorte de tyrolienne qui avance tout doucement et dont on va suivre le trajet dans son intégralité juste pour profiter du paysage. Si à ce moment là, vous êtes vraiment dans le film, sans doute trouvez-vous ça merveilleux. Si ce n'est pas le cas, vous vous dites que l'éternité, c'est long, surtout vers la fin... - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 19 : La Fronde se lève](https://julienbouffartigue.net/2019/02/03/tout-ca-pour-ca-episode-19/) - Les politiques ne respectent pas leurs promesses de campagne, c'est bien connu. Cette affirmation est totalement fausse, mais tout le monde s'en fout. François Hollande, comme les autres, au réalisé une large majorité de ses engagements. Mais comme dans toutes campagnes électorales, il a été amené à en formuler beaucoup, de natures variées et sur des sujets fort divers, et forcément, principe de réalité oblige, il y a eu quelques oublis et ratés en route. Pendant son quinquennat, il aura été aussi amené à prendre des décisions qui ne figuraient pas dans son programme, mais ça, j'aurais l'occasion d'y revenir plus tard. Tout élu va donc affronter le même schéma. Il aura beau réaliser la quasi totalité de ses promesses de campagne, au premier écart, tous ceux qui lui veulent du mal (soit généralement tout le reste de la classe politique qui rêverait d'être à sa place et qui lui en veut pour cela) ne vont plus que se focaliser là-dessus. Ils jetteront autant d'huile que possible pour entretenir le feu des idées reçues de l'opinion sur les reniements perpétuels des élus, comme s'ils ne le paieraient pas le jour où ils accéderont à leur tour au pouvoir. Le débat, les médias et les souvenirs du plus grand nombre vont alors porter que sur ça, oubliant tout ce qui a été accompli par ailleurs. Ceci se répète encore et encore, mais je suis toujours très étonné du fait que les élus semblent naïvement penser qu'ils y échapperont. - [SORRY TO BOTHER YOU : Effets de surprises](https://julienbouffartigue.net/2019/02/04/sorry-to-bother-you/) - Films militants et engagés. Films décalés et inattendus. Deux catégories du septième art qui se rejoignent rarement. En France, Benoît Delépine et Gustave Kervern y parviennent, mais passent pour des originaux. Mais ils ne sont pas les seuls. La preuve avec Sorry to Bother You, le premier film de Boots Riley. Un film que j'ai eu la chance d'aller voir sans avoir aucune idée de ce que c'était. Et quel plaisir de tomber sur un tel OVNI cinématographique au détour d'une salle obscure sans s'y attendre. Car la surprise est une vraie surprise et une belle surprise vu la qualité du film... même si sa principale qualité reste bien l'effet de surprise. Les premières minutes de Sorry to Bother You laissent le spectateur perplexe. Surtout quand ce dernier ne sait pas à quoi s'attendre. Puis il comprend peu à peu qu'il va assister à un film qui n'aura pas peur d'utiliser l'humour, l'absurde, le fantastique ou encore le 8ème degré pour nous parler de sujets sociaux qui auraient pu être traités avec le plus grand sérieux et la plus profonde gravité. Mais force est de constater que le message passe aussi bien, voire mieux. En effet, voilà un film difficilement oubliable et dont on a envie de parler. De plus, l'ironie, omniprésente ici, est un formidable levier pour mettre en lumière les travers d'une société qui préfère souvent fermer les yeux. - [SI BEALE STREET POUVAIT PARLER : Passion sans passion](https://julienbouffartigue.net/2019/02/05/si-beale-street-pouvait-parler/) - Qu'est ce qu'un beau film ? Voilà une question trop complexe pour que j'y réponde ici en quelques lignes. Si Beale Street Pouvait Parler est incontestablement un très beau film. Pour beaucoup de raisons que je vais vous exposer ici. Mais la beauté en elle-même ne fait pas tout. Il faut à une long métrage quelque chose de plus pour se révéler réellement passionnant. Du corps, un feu qui embrase l'enthousiasme du spectateur. Le cinéma n'est ni la peinture, ni la littérature, mais un art singulier qui possède ses propres règles. Barry Jenkins semble l'avoir oublié et ne protège pas le spectateur du pire fléau qui soit : l'ennui. L'histoire du cinéma est riche de films relativement contemplatifs parlant d'amour et ayant acquis un statut de classique, comme In the Mood for Love par exemple. Si Beale Street Pouvait Parler aurait pu les rejoindre. En effet, l'histoire est belle et émouvante, dotée d'un immense potentiel dramatique. Elle revisite l'éternelle injuste de la romance brisée par une société oppressante. Elle bénéficie d'une narration patiemment construire qui fait découvrir progressivement au spectateur tous les ressorts de l'intrigue. Tout cela mis en image avec une infinie délicatesse qui met parfaitement en valeur des comédiens et les comédiennes réellement investis dans leurs rôles. - [SLOWDIVE (Slowdive), IN MIND (Real Estate), RIPE DREAMS, PIPE DREAMS (Cameron Avery) : Le poids des mots](https://julienbouffartigue.net/2019/02/09/in-mind/) - A défaut d'avoir enrichi ma collection de bons albums, Slowdive du groupe... Slowdive m'aura au moins permis d'enrichir mon vocabulaire. En effet, en consultant la page Wikipedia de cette formation brittanique qu'elle nous propose du shoegazing. En creusant, un peu, j'ai appris ce que mot mystérieux désigne une sous-catégorie du rock alternatif. Comme quoi la segmentation de la musique ne semble pas avoir de limite. Sinon, le groupe nous propose des titres éthérés, d'autres plus énergiques, mais avec toujours un effet loin du micro qui m'horripile toujours autant. Surtout que le résultat est vraiment loin d'être toujours très beau. J'admets volontiers que le tout est maîtrisé et abouti, mais ce n'est définitivement pas mon genre de prédilection. On poursuit avec un groupe américain, Real Estate, qui nous offre avec In Mind du rock tout court (ok, je peux admettre que l'on qualifie cela de pop rock). Quel que soit le mot choisi, le résulat est plutôt classe et parfaitement maîtrisé. La qualité est constante, portée par une voix plutôt agréable. Au final, c'est solide mais il faut admettre que ce n'est pas non plus hyper original. L'album ne comporte pas de tube en puissance, mais il ne comporte que de bons titres. C'est quand même déjà pas mal. - [LA FAVORITE : Le fond sans la forme](https://julienbouffartigue.net/2019/02/09/la-favorite/) - Proposer un bon film nécessite du fond et de la forme. Un beau film sans histoire solide se révèle vite ennuyeux. Une bonne intrigue mais mise en scène de manière maladroite peut vite nous faire oublier toutes les qualités du récit. La Favorite figure définitivement dans cette dernière catégorie. Les choix artistiques de Yorgos Lanthinos sont parfois réellement vraiment discutables. Tout du moins, ne laissent-ils personne indifférent. C'était déjà le cas pour The Lobster qui l'avait fait connaître. Personnellement, je faisais partie du camp qui avait été pleinement séduit. Cette fois, je me situe clairement dans celui d'en face. La Favorite nous permet de découvrir que la caméra de sécurité figure parmis les outils du cinéaste. Mais pourquoi donc nous proposer dans un film en costumes des plans filmés de cette façon ? Cela donne simplement des plans hideux. L'originalité que cela leur confère est totalement surfaite et pour tout dire un rien riducule. A cela s'ajoute une musique particulièrement pénible, qui fait défintitivement sortir le spectateur du film. Enfin, certains d'entre eux, parce que voir ce long métrage nominé pour l'Oscar le plus prestigieux me rend particulièrement circonspect. Enfin tous les goûts sont dans la nature, ce film ne fait juste pas partie des miens. - [UNE INTIME CONVICTION : Le sens de la justice](https://julienbouffartigue.net/2019/02/10/une-intime-conviction/) - Le film de procès est un domaine réservé du cinéma hollywoodien. Mais comme tous les domaines réservés, il est voué à être contestés Impossible n'étant pas français, notre 7ème art hexagonal s'y attaque avec Une Intime Conviction. On y retrouve tout ce que l'on apprécie dans ce genre de production mais avec de vraies particularités liées à notre culture... et accessoirement à notre système judiciaire. Même si un habile procédé narratif permet de gommer quelque peu cette dernière différence. Mais le film marquera surtout les esprits par l'extraordinaire performance d'Olivier Gourmet. Une grande différence entre la France et les États-Unis réside dans le rôle joué par les avocats dans un procès. Chez nous, il n'y a aucune raison pour que ces derniers jouent les enquêteurs de choc. Dans Une Intime Conviction trouve un expédient narratif pour arriver dans une situation similaire. Mais cette trouvaille n'est pas là pour faire des acteurs de la défense des "héros". Elle permet au contraire de pousser le spectateur à s'interroger sur son rapport à la vérité et son envie irrépressible de désigner des innocents et des coupables, même en absence de preuve. Ceci est mené avec beaucoup d'habileté et on se retrouve contraint de réaliser son propre examen de conscience. - [DRAGONS 3 : LE MONDE CACHE : Le bout du monde](https://julienbouffartigue.net/2019/02/13/dragons-3/) - Le dragon reste une créature porteuse de nombreux symboles et d'une mythologie venue irriguer bien des cultures différentes. Un animal fabuleux beau et puissant. Mais aussi inspirant pour bien des inventeurs d'histoires fantastiques. Avec la saga Dragons, elle vient toucher un public familial, amateur d'aventures épiques, où l'humour est loin d'être absent. Le premier volet avait représenté une vraie et belle réussite, le second était plus ordinaire. Dragons 3 : le Monde Caché a priori le dernier. Il est toujours important de savoir réussir sa sortie. Et celle-ci restera comme plutôt réussie. Dragons 3 : le Monde Caché possède le défaut de sa qualité. En effet, le scénario est relativement sans fioriture, se contentant d'être rythmé, épique et drôle. Certains trouveront que l'emploi du verbe « se contenter » est quelque peu injuste ici. Tant de qualités pour un seul film représente quelque chose d'assez rare pour mériter un peu plus de considération. C'est vrai, mais il faut aussi admettre que tout cela ne donne pas assez d'épaisseur au film pour être suffisamment marquant pour devenir culte. Mais on assiste là à un très bon divertissement et on ne s'en plaint pas. On retrouve tout ce qui nous a fait apprécié cette saga. Ceux qui gardent un bon souvenir des deux premiers épisodes pourront donc aller voir cet ultime chapitre sans crainte. - [GREEN BOOK : SUR LES ROUTES DU SUD : Voyage à deux](https://julienbouffartigue.net/2019/02/14/green-book/) - Quel plaisir de rédiger la critique d'un beau et grand film ! Et Green Book : Sur les Routes du Sud en est un. Certes, les critiques de navet constituent aussi un plaisir particulier. Mais il est tout de même plus agréable de faire l'éloge que de critiquer vertement. Surtout si au final on pousse ne serait-ce qu'une personne à aller voir le film que l'on encense. Rien que pour cela, le texte que l'on écrit valait mille fois le temps que l'on y a passé. Alors, cher lecteur, si un d'entre vous va voir ce film grâce à tout le bien que je vais en dire, alors vous ne saurez me faire plus plaisir. Et je vous rassure, c'est avant tout à vous même que vous ferez plaisir. En fait, dire du bien de Green Book : Sur les Routes du Sud n'exige pas de longs discours. En effet, il nous raconte une histoire simple. Une histoire aussi simple (ou presque) que le laisse penser la bande-annonce. Simple parce que tout ce qui est raconté semble couler de source, être parfaitement naturel. On croit à cette histoire, comme une évidence, comme si elle nous était familière. Pourtant, vus les sujets abordés, elle aurait pu facilement tomber dans une lourdeur infinie, dans des lieux communs ou dans de bons sentiments. Ici, on est à mille lieux de tout cela. A ce point, c'est presque inexplicable, c'est tout simplement magique. Et c'est surtout beau en fait. - [AMERICANA (Ray Davies), PARTY (Aldous Harding), SINCERLY, FUTURE POLLUTION (Timber Timbre) : Gentillesses](https://julienbouffartigue.net/2019/02/17/sincerly-future-pollution/) - Americana, sorti en 2017, constitue le dernier album en date de l'artiste britannique Ray Davies, né en 1944 et surtout connu pour avoir été le leader du groupe The Kinks. Il nous livre une musique qui navigue entre rock, folk, parfois même country. Le tout est extrêmement classique et guère original. Il possède une vraie maîtrise de son art, mais manque parfois un peu de conviction. Quelques titres sont plus jolis, notamment un duo (je ne saurais dire avec qui). Mais le tout manque quand même d'une vraie étincelle pour s'enthousiasmer. Cela reste propre et gentillet. La néo-zélandaise Aldous Harding avec l'album Party nous fait découvrir sa voix claire, mais qui reste malheureusement un peu trop discrète. Cela donne une musique particulièrement épurée, douce et mélodieuse, toutefois aussi bien trop transparente. Là aussi, j'emploierai le mot gentillet. Certains titres dans la deuxième moitié de l'album deviennent même carrément lancinants et par la même un peu pénibles. - [LA TERRE (Emile Zola) : Rendez-vous en terre inconnue](https://julienbouffartigue.net/2019/02/17/la-terre/) - La longue saga des Rougon-Macquart d'Emile Zola reste certainement une des entreprises littéraires les plus ambitieuses de l'histoire. Dresser un tableau aussi exhaustif d'une époque et de tout un pays représente un travail titanesque qui va forcément entraîner l'auteur sur des terrains qu'il ne connaît pas. Malgré tout le travail de documentation qu'il pourra réaliser, il restera toujours une part d'idées reçues trop profondément ancrées pour totalement s'en débarrasser. De mon point de vue, et même si je ne suis pas un spécialiste de la paysannerie du XIXème siècle, la Terre est un roman qui traduit plus une vision préconçue de son auteur qu'un portrait fidèle. Et du coup, il peine à convaincre. En toute honnêteté, je n'ai peut-être pas lu la Terre dans les meilleures conditions. Une lecture avec des pauses assez longues qui a fait que j'ai assez vite décroché et me suis retrouvé perdu dans une foule de personnages, affublés de surnoms dont il est parfois difficile de se rappeler les liens notamment familiaux qu'ils entretiennent entre eux. Je ne suis donc pas parvenu à apprécier cette intrigue dont je n'ai pas toujours saisi tous les ressorts. Mais cela n'a fait que renforcer mon impression d'un auteur peu à l'aise avec son sujet et qui se laisse aller à la paresse de clichés trop faciles pour être totalement honnêtes. - [VICE : C'est l'histoire d'un mec](https://julienbouffartigue.net/2019/02/19/vice/) - Proposer un film à thèse constitue un exercice difficile qui peut faire sortir le réalisateur de fiction de son rôle. Raconter une histoire n'est pas tout à fait la même chose qu'établir des faits et chercher la vérité. Quand la frontière entre fiction et documentaire se brouille, la démarche artistique peut devenir discutable. Et ce, quel que soit le génie du cinéaste derrière la caméra. La magie d'une narration réussie réside dans la capacité à nous faire croire à l'histoire qu'elle raconte. Quand il s'agit uniquement de faits imaginaires, cela ne pose pas de problème. Pour les faits historiques, c'est tout autre affaire. Nouvel exemple avec Vice, film formellement génial, mais dont le fond pose tout de même question. La thèse défendue par Vice est simple : Dick Cheney est le véritable inspirateur de la politique de la droite américaine depuis quarante ans. George W. Bush ? un benêt gentillet qui veut juste prouver à papa qu'il est quelqu'un. Colin Powell ? Une victime, obligée de raconter n'importe quoi à l'ONU contre son gré. Voici en deux exemples illustré le travers clair de ce film. A force de dénoncer la responsabilité d'un homme, il en fait le monstre absolu, quand ceux qui l'entourent se voient déresponsabilisés. Il met très certainement en lumière des faits édifiants et surtout véridiques. Mais il va sans doute trop loin dans son attaque contre un homme et un seul, oubliant d'analyser réellement le système dans lequel il évolue. - [TOUT CE QU'IL ME RESTE DE LA REVOLUTION : Cri maladroit](https://julienbouffartigue.net/2019/02/24/tout-ce-qui-me-reste-de-la-revolution/) - L'engagement militant est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, vu mon propre parcours. Je sais trop bien à quel point il peut donner lieu à des réflexions et parfois des crises existentielles. Personnellement, j'ai toujours cherché à avoir un minimum de recul par rapport à cet engagement. Mais pour certains, c'est toute leur vie, voire même dans certain cas toute leur histoire familiale. Tout ce qu'il me Reste de la Révolution nous fait découvrir un personnage que l'on peut clairement ranger dans la dernière catégorie. Et cela est loin d'être facile à vivre tous les jours. Pour elle-même et pour les autres. Tout ce qu'il me Reste de la Révolution est un film portrait. Le risque avec ce genre de film est que si vous n'accrochez pas personnellement avec le personnage principal, vous risquez de ne pas accrocher avec le film tout entier. De mon côté, mes sentiments étaient partagés et ils le sont de même vis-à-vis de ce long métrage. Elle/Il possède un côté sympathique, mais à force de sombrer trop souvent dans l'excès, pour ne pas dire parfois le grand n'importe quoi, on devient moins indulgent et les travers finissent par prendre le pas sur les qualités. Globalement, le film est trop brouillon et manque parfois trop de mesure pour être totalement convaincant. - [DEUX FILS : Triangle familial](https://julienbouffartigue.net/2019/02/24/deux-fils/) - L'avantage des histoires sur la famille, c'est qu'encore plus que pour les histoires d'amour, on peut imaginer une infinité de configurations. Deux Fils porte assez bien son nom, puisqu'il nous parle de la relation de deux frères et de leur père. Vous me direz, s'il portait parfaitement son nom, il se serait appelé Deux Fils et leur Père, mais la perfection n'est pas de ce monde. Ce film n'est d'ailleurs pas parfait dans sa globalité mais il parvient tout de même à séduire le spectateur par ses nombreuses qualités. Et puis, avouons-le, les rares familles parfaites (ou modèle) que nous connaissons font rarement très envie ! Deux Fils repose donc sur un triangle familial, qui vaut bien des triangles amoureux. Trois personnages donc occupent le cœur du film, même si quelques personnages secondaires viennent enrichir le tout. Trois personnages assez différents que l'on doit apprendre à aimer pour vraiment apprécier le film. Felix Moati fait preuve de beaucoup de subtilité et d'intelligence pour nous les présenter car ils ne vont pas forcément faire naître un élan de sympathie immédiat. En fait, on va suivre le même chemin que les protagonistes les uns par rapport aux autres, qui apprennent à se comprendre pour vraiment s'apprécier. En nous faisant partager ce processus, il nous permet de rentrer vraiment dans cette histoire et de finir par la suivre avec un plaisir non dissimulé, même si elle ne révolutionne pas non plus le genre. - [RALPH 2.0 : Ralph ne casse plus la baraque](https://julienbouffartigue.net/2019/03/02/ralph-2-0/) - La culture geek est désormais bien installée dans le paysage culturel global. Elle s'est enrichie à un tel point qu'elle peut désormais se nourrir d'elle-même et nous proposer des œuvres reposant entièrement sur des références issues de celle-ci. Les Mondes de Ralph appartient à cette dernière catégorie, au même titre que Sucker Punch ou Ready Player One. Le premier volet avait représenté une belle réussite, alliant humour, aventure et beaucoup de nostalgie pour les spectateurs de ma génération qui ont grandi à proximité d'un Commodore 64 puis de consoles Nintendo. Ce succès ne pouvait conduire qu'à une suite, intitulée Ralph 2.0. La règle veut qu'elle soit moins intéressante que l'épisode originel. Parfois les règles sont suivies. Ralph 2.0 n'est pas un mauvais film, loin de là. Il constitue un divertissement familial distrayant, aux qualités réelles, mais aussi aux faiblesses, qui le sont tout autant. Ce qui fait l'originalité de cet univers et tout son charme, c'est le côté parodique, mêlant regard tendre et décalé sur les références geeks dont il se nourrit. C'est pour cela que l'on va voir ce film et c'est quand il prend cette direction qu'il devient presque enthousiasmant et nous offre de vrais éclats de rire. Mention spéciale aux princesses Disney transformées en ressort comique particulièrement efficace. Mais le tout manque de densité et quand le film devient juste un film d'aventures sans réel second degré, il perd beaucoup de son intérêt. - [ALITA : BATTLE ANGEL : Fallen angel](https://julienbouffartigue.net/2019/03/03/alita-battle-angel/) - Se rendre dans une salle obscure pour voir l'adaptation d'une œuvre dont on est fan par ailleurs s'apparente à une manœuvre particulièrement risquée. En effet, on regardera le film en question avec un œil particulier et critique, scrutant le moindre détail qui pourrait s'apparenter à une trahison et ne fera preuve d'aucune indulgence face au moindre écart de ce qu'on considère comme étant un canon dont il est criminel de s'écarter. Gumn fait partie des œuvres pour laquelle j'ai une tendresse particulière et que je suis avec la plus grande attention, puisque le manga continue d'être régulièrement publié. J'ai donc été voir Alita : Battle Angel avec cet œil particulier et une certaine appréhension suite à une bande-annonce pas vraiment convaincante. Le résultat est meilleure qu'espéré, mais loin d'être transcendant. Un point très positif reste que Alita : Battle Angel est particulièrement réussi visuellement. Le personnage principal est remarquablement travaillé pour rester à la frontière entre le virtuel et le réel, entre sa nature humaine et son corps de cyborg. Cette limite floue donne tout son intérêt au propos et structure profondément le film. Il nous permet de rentrer vraiment dans cette histoire et nous assure déjà de ne pas assister à un naufrage. La première partie du film reste particulièrement fidèle au manga et on se met à espérer une adaptation pleinement réussie. Malheureusement, la suite fera quelque peu déchanter. Certes, les écarts à l'histoire originelle ne dérangent au fond que les fans comme moi, mais le problème est que tous ces choix sont assez mauvais et font dérailler quelque peu l'histoire. - [CIGARETTES AFTER SEX (Cigarettes After Sex), HOW WEST WAS WON (Peter Perrett), DARK MATTER (Randy Newman) : Jazz is in the air](https://julienbouffartigue.net/2019/03/03/dark-matter/) - On débute avec un groupe américain au nom évocateur, Cigarettes After Sex, qui est aussi le nom de leur premier album sorti en 2017. Il débute d'ailleurs dans une ambiance assez sensuelle, crée par la lenteur de cette musique éthérée. On constate cependant assez vite que cela manque cruellement de punch. Le groupe fait preuve d'une grande maîtrise. Peut-être un peu trop justement. Le résultat est au final relativement monotone et monocorde, avec des instrumentations minimalistes qui tiennent plus de la paresse que d'une réelle ambition artistique. Peter Perrett est un artiste anglais qui a sévi à la fin des années 70 avec le groupe The Only Ones. Ce n'est que récemment qu'il signe son premier album solo, intitulé How the West Was Won. Une musique aux allures de dandy avec un chant le plus souvent légèrement désynchronisé de la musique. Cela nous plonge dans une ambiance assez sympathique entre rock et jazz. Cela rappelle aussi quelque peu le groupe Pulp. Peter Perrett fait preuve d'une réelle maîtrise et la qualité des titres reste constante. Cela manque cependant d'un vrai tube pour rendre l'album vraiment marquant. - [LE CHANT DU LOUP : Le chant du coq](https://julienbouffartigue.net/2019/03/07/le-chant-du-loup/) - Le film de sous-marin constitue un genre mineur et rare du cinéma, mais qui a offert quelques jolis moments au 7ème art. Ainsi, A la Poursuite d'Octobre Rouge est devenu un des films cultes du début des années 90. On ne s'attendait pas à voir le cinéma français s'y attaquer. C'est donc avec une certaine surprise que l'on a vu arriver sur nos écrans Le Chant du Loup. Avec une bande-annonce qui faisait vraiment envie, la surprise était même double. Du coup, ressortir de la salle en ayant la sensation d'avoir vu une vrai bon film n'en représentait plus vraiment une. Mais le plaisir, lui, était intact. Le Chant du Loup a tout pour lui. Une histoire solide, où la tension monte crescendo, jusqu'à un final particulièrement réussi. Des personnages marquants qui permettent au spectateur de rentrer dans le film en profondeur (ce qui est logique pour un film de sous-marin!) du fait de l'attachement que l'on ressent pour eux. Enfin, les décors et les vues extérieures sont particulièrement soignées, aussi réalistes que spectaculaires. Comme quoi, quand il s'en donne un peu les moyens et fait preuve d'ambition, le cinéma hexagonal n'a rien à envier aux films hollywoodiens. Voire même, il sait donner aux histoires qu'il raconte une épaisseur supplémentaire comparée à l'autre côté de l'Atlantique. - [GRACE A DIEU : Et Ozon osa !](https://julienbouffartigue.net/2019/03/09/grace-a-dieu/) - Si Ozon osait... Je me rappelle avoir utilisé ce titre pour la critique d'un film de François Ozon (Angel, je crois). Cela résume assez bien ce que je pense de celui qui reste un des plus brillants réalisateurs français en termes de maîtrise artistique et même narrative, mais à qui il avait jusqu'alors toujours manqué une réelle audace dans les sujets et les traitements pour nous offrir de vrais grands films qui parlent plus aux tripes qu'à l'intellect. Etre doué, c'est très bien, savoir prendre de risque, c'est mieux et vous permet d'accéder à un tout autre statut. Avec Grâce à Dieu, enfin, il ose vraiment avec une film et une démarche salutaire. Le cinéma français a beaucoup de mal à affronter son histoire contemporaine sur grand écran, même si c'est une démarche qu'il entreprend de plus en plus souvent. Grâce à Dieu marque une nouvelle étape puisque les événements qu'il décrit n'ont toujours pas connu leur conclusion judiciaire. Et le moins que l'on puisse dire est que François Ozon a décidé de prendre parti. Il se plonge réellement dans son sujet pour nous délivrer un message qui mêle les faits et les émotions. Tout cela donne une puissance formidable au propos qui frappe l'esprit et le cœur avec la même force. On en ressort bouleversé, ému et à vrai dire assez en colère. - [LA CHUTE DE L'EMPIRE AMERICAIN : Belle chute, tabarnak !](https://julienbouffartigue.net/2019/03/10/la-chute-de-l-empire-americain/) - La Chute de l'Empire Américain clôt la trilogie de Denis Arcand commencée en 1987 avec le Déclin de l'Empire Américain. C'est du moins ce qu'on peut lire parfois, même si certains rappellent qu'elle a plutôt été conclue par l'Age des Ténèbres. Le débat n'est guère intéressant et il est vrai qu'à part le parallèle entre les deux titres, le film qui squatte actuellement nos grands écrans n'a pas grand chose à voir avec les précédents. Le réalisateur québecois nous offre ici une comédie policière où on retrouve le regard ironique qu'il pose sur l'existence et la société, mais sans aller très loin dans l'analyse psychanalytique de l'époque. C'est avant tout léger et ma foi fort sympathique. La Chute de l'Empire Américain repose sur le ressort narratif ultra classique du personnage innocent et naïf, plongé un peu par hasard dans un monde qui n'est pas le sien. En gros, l'intello philosophe contre les gangsters. Ce n'est donc pas très nouveau, mais on ne se lasse pas facilement des bonnes choses. Le film fonctionne plutôt bien grâce à une galerie de personnages très réussie. On s'y attache et du coup on suit leurs péripéties avec un réel plaisir. Surtout que ces dernières sont variées et donnent un bon rythme à la narration. On est curieux de voir où tout cela va nous mener et si la fin n'est pas spécialement marquante, on ressort de la salle satisfait du spectacle auquel on vient d'assister. - [A LA FOLIE (Naive New Beaters), ADIOS SENOR PUSSYCAT (Michael Head), ANTICYCLONE (Raphael) : Folie douce](https://julienbouffartigue.net/2019/03/16/a-la-folie/) - Personnellement, je connaissais avant tout les Naive New Beaters à travers leurs facéties à la radio sur Ouï FM et celles au cinéma de leur chanteur. J'en oubliais donc presque qu'il s'agit avant tout d'un très bon groupe de rock-électro français. D'habitude, les sonorités électro ne constituent pas vraiment ma tasse de thé, mais je dois avouer que j'ai vraiment apprécié leur album A la folie. Leur univers est plutôt sucré et surtout marqué par un sens aigu de la fantaisie. C'est un peu bordélique parfois, mais interprété avec assez de conviction pour être vraiment bon. La qualité reste constante et les titres sont variés. On retiendra avant tout le single Heal Tomorrow. A l'inverse, je ne connaissais ni d'Eve, ni d'Adam Michael Head, un compositeur-interpréte anglais, auteur de Adios Senor Pussycat, sorti en 2017. Il nous propose un rock très classique, mais interprété avec une voix quelque peu éteinte. Beaucoup de titres s'apparentent à des ballades, mais l'album ne brille pas particulièrement pour son harmonie. Au final, c'est un peu transparent, sans être totalement désagréable à écouter. Surtout que l'on échappe à la monotonie, grâce à des titres assez différents les uns des autres. - [LE MYSTERE HENRI PICK : Pas vraiment à la page](https://julienbouffartigue.net/2019/03/26/le-mystere-henri-pick/) - Face à un film avec une actrice qu'on adore et un acteur qui nous horripile, notre cœur balance. Le mien a longtemps hésité devant le Mystère Henri Pick. En effet, je suis loin d'être le plus grand admirateur de Fabrice Lucchini, quand j'ai une affection particulière pour Camille Cottin. Pendant longtemps la réponse a plutôt penché vers la négative. Mais les conseils d'un collègue et, il faut l'avouer, le hasard des horaires m'ont conduit à aller le voir. Au final, il ne souffre pas des défauts que je pouvais lui prêter a priori. Malheureusement, il en possède d'autres qui ne permettent pas à cette histoire de se montrer assez convaincante pour emporter une totale adhésion. Je dois écarter toute responsabilité de Fabrice Lucchini concernant le caractère quelque peu décevant du Mystère Henri Pick. Pour une fois, il fait preuve d'une certaine retenue, ne gâchant pas son personnage par ses simagrées excessives habituelles. Mais d'où vient le problème alors ? Il provient avant tout d'un dénouement qui ne colle pas bien avec l'équilibre général du film. Difficile d'en dire plus sans rien révéler. En tout cas, j'en suis sorti sur une vraie note négative. Et dans un film où on attend tout du long la résolution d'un mystère, il est évident que quand la révélation finale est décevante, c'est tout le film qui en pâti. Tout le reste devient quelque peu vain et perd de son sens. On en oublie alors tout ce qui aurait pu donner un vrai charme à ce film. - [MARIE STUART, REINE D'ECOSSE : Femmes de tête](https://julienbouffartigue.net/2019/03/16/marie-stuart-reine-d-ecosse/) - Imaginer une histoire valant le coup d'être racontée, avec une grande et belle intrigue et de grands et beaux personnages, représente un exercice difficile. Heureusement, l'Histoire, celle avec un grand h, recèle déjà bien des épisodes pouvant rassembler ces deux caractéristiques. Il suffit d'en s'en inspirer pour en faire un film. C'est ce que Josie Rouke a fait pour nous proposer Marie Stuart, Reine d'Ecosse. Une réalisatrice qui quitte le monde du théâtre pour rejoindre celui du 7ème art. Ses débuts sur grand écran sont au final plutôt réussis, même si le film n'est pas dénué d'imperfections. On peut s'en douter à la lecture du titre, mais l'histoire est principalement centrée sur l'histoire d'un seul et même personnage. On peut parler de biopic, même si le terme semble un peu incongru pour un film en costumes qui nous emmène au XVIème siècle. Cependant, dans le dernier quart d'heure, le propos se recentre brutalement sur un autre personnage. Ce changement de cap semble un peu étrange et ne permet pas à Marie Stuart, Reine d'Ecosse de connaître la conclusion qu'il aurait mérité. En effet, malgré quelques longueurs, le reste du film ravira à la fois les curieux avides de parfaire leur culture historique et ceux qui se contenteront d'apprécier l'intrigue pleine de rebondissements et de tension. C'est toujours dommage de finir sur une impression quelque peu négative, mais il serait injuste de décrier de trop le film dans sa globalité. - [LES ETERNELS : Froids sentiments](https://julienbouffartigue.net/2019/03/17/les-eternels/) - Des films dressant un panorama de la société chinoise sortent régulièrement sur nos écrans. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela est rarement reluisant. Violence sociale, déshumanisation des relations entre individus, absence totale d'espoir dans un avenir meilleur qui effectivement ne vient jamais... Une vision sombre de ce pays pourtant amené à jouer un rôle de plus en plus central dans la marche du monde. Une nouvelle preuve avec Les Eternels. Une histoire centrée sur le destin de deux individus, mais qui a pour toile de fond la pègre chinoise et un tissu social en lambeaux. Les Eternels est un film chinois et ressemble donc à un film chinois également dans la forme. Il adopte donc un rythme de narration qui nous semble un rien contemplatif pour nos yeux d'Occidentaux. J'admets, je suis en train de chercher une périphrase pour dire qu'il est un rien ennuyeux. Le tout manque de souffle et on a bien du mal à être vraiment enthousiasmé par cette histoire. Si le tableau social est intéressant, l'histoire d'amour entre les deux personnages, qui constitue le cœur du scénario, peine à faire naître l'émotion qui sied à ce genre de récit. On reste ainsi de marbre devant des sentiments qui rappellent plus le frigo que le brasier. Une vision désabusée des rapports humains et amoureux qui peut parler à l'intellect, difficilement au cœur. - [DAMIEN VEUT CHANGER LE MONDE : Vent de fraîcheur, cri du coeur](https://julienbouffartigue.net/2019/03/19/damien-veut-changer-le-monde/) - La naïveté est généralement considérée comme un défaut. Pourtant, comme tout trait de caractère, son caractère positif ou négatif dépend des circonstances. Et comme tout trait de caractère, il passe d'autant mieux s'il est pleinement assumé. Damien Veut Changer le Monde est d'un film d'une naïveté assumée. C'est ce qui fait sa limite, mais c'est aussi ce qui lui donne un charme réel. Dans une période où les lourdeurs sont nombreuses et les nuages souvent sombres, un peu de fraîcheur fait vraiment du bien et aère aussi bien les poumons que l'esprit. Un plaisir léger mais salutaire. Damien Veut Changer le Monde possède le grand mérite d'aller à l'essentiel. Le propos est clair, direct et a du coup un vrai impact. On se moque bien des incohérences, des objections que l'on pourrait facilement soulever. On se laisse emporter par le même élan enthousiaste qui saisit les personnages, en écoutant son cœur et non plus sa raison. Cela laisse une impression fugace car on revient vite à la réalité dès qu'on a quitté la salle, mais surtout une très bonne impression. Toutes les faiblesses et les raccourcis du scénario passent au second plan. Surtout qu'on sent une profonde sincérité dans la démarche de Xavier de Choudens et même sans y adhérer pleinement, on ne peut que la saluer. - [NOS VIES FORMIDABLES : Formidable à plus d'un titre](https://julienbouffartigue.net/2019/03/20/nos-vies-formidables/) - L'effort de promotion dont bénéficie un film n'est en rien corrélé avec sa qualité. Le contraire se saurait depuis le temps. Ainsi, nos écrans accueillent quelques vraies pépites qui passent trop injustement inaperçues. Nos Vies Formidables fait partie de celle-ci. Certes, aucune vedette à l'écran et un sujet, la vie dans un centre de désintoxication, tout cela ne poussait pas vraiment ce film à faire la une des médias. Pourtant, il est à proprement parler formidable par ses nombreuses qualités et l'intelligence et l'humanisme avec lesquels il déroule son propos. A l'annonce du sujet, on peut facilement imaginer Nos Vies Formidables comme un film plombant et sombre. Certes, il ne nous emmène pas au pays des Bisounours, mais plutôt à celui de la souffrance, du désespoir et du déni. Mais il offre aussi cette lumière qui pousse le spectateur à reprendre espoir d'un avenir meilleur, avant même que ce dernier ne naisse chez les protagonistes eux-mêmes. C'est grâce à lui que l'on reste scotché à l'écran, saisi profondément par cette histoire poignante et forte. Tout cela ne nous mènera pas vers un grand happy-end, mais c'est bien l'espoir qui domine au final. Même après une scène peu avant la fin d'une intensité dramatique absolue qui vous déchirera le cœur. Mais la renaissance a parfois un prix bien lourd à payer. - [CAPTAIN MARVEL : Un peu plus près des étoiles](https://julienbouffartigue.net/2019/03/25/captain-marvel/) - Depuis la série Alias au début des années 2000, même le plus macho des spectateurs a déjà ressenti le plaisir de voir un personnage féminin se battre avec énergie contre des adversaires particulièrement baraqués de sexe masculin. Le monde des super-héros est souvent vu comme très marchiste, vu la plastique toujours très avantageuses des héroïnes. Pourtant, les lecteurs de comics connaissent depuis longtemps cette joie puisque des super-héroïnes particulièrement puissantes sont nées il y a bien longtemps déjà. Mais il est vrai que lors de leur passage sur grand écran, elles n'ont pas forcément occupé leur place légitime. Le mal a été quelque peu réparé chez DC grâce au succès de Wonder Woman. Marvel lui emboîte le pas avec Captain Marvel. Un film qui a reçu un accueil critique plutôt tiède, alors qu'il possède bien des qualités. Comme quoi, on est toujours plus exigeant avec les femmes que les hommes. Captain Marvel a deux atouts pour elle. Déjà, le personnage principal est vraiment attachant et pas simplement parce qu'il est sympathique. Sa stature épique et sa puissance lui confèrent un vrai charisme super-héroïque fort appréciable. Ensuite, le film est terriblement distrayant, avec sa bonne dose d'humour et d'action, quand les deux ne sont pas entremêlés. Certes, les esprits ronchons souligneront sans doute que dans un domaine ou dans l'autre, Marvel a déjà proposé mieux et plus original. Certes, mais ce n'est pas parce qu'on n'est pas le meilleur qu'on est forcément mauvais. On passe un vrai bon moment devant cette superproduction et on est vraiment heureux de voir la mythologie Marvel s'enrichir de ce personnage. Cela donne l'eau à la bouche avant le prochain Avengers et on a hâte de voir notre super-héroïne face à Thanos. Seuls les initiés voient dans cette dernière phrase une raison de s'enthousiasmer, mais ces derniers savent bien de quoi je parle ! - [MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN : Le génie et l'ego](https://julienbouffartigue.net/2019/03/28/ma-vie-avec-john-f-donovan/) - Je reconnais à Xavier Dolan un talent de réalisateur totalement hors du commun. Mommy reste pour moi un pur chef d'oeuvre, déchirant sur le fond, terriblement original sur la forme. Un talent comme celui-là doit lui permettre de nous offrir encore et toujours de nouveaux chefs d'œuvre. Juste la Fin du Monde m'avait plutôt déçu pour plusieurs raisons, mais j'espérais là qu'il ne s'agissait là que d'un simple accident de parcours. Malheureusement, après avoir vu Ma Vie avec John F. Donovan, je crains de devoir poser un diagnostic que j'espère sincèrement ne pas être définitif : le génie a disparu sous son propre égo. Il n'y a pas un seul plan de Ma Vie avec John F. Donovan qui ne soit parfait, sublime, spectaculaire... en un mot baroque. Mais comme dans une église baroque (et je sais de quoi je parle écrivant cette critique depuis Prague), ce clinquant, aussi flamboyant soit-il, ne laisse strictement aucune place à l'émotion et à la profondeur. Xavier Dolan essaye juste de nous en mettre plein la vue à chaque instant, de nous démontrer à quel point il est un grand cinéaste. Il semble fuir la simplicité comme la peste, mais nous laisse par la même totalement de marbre. C'est beau mais c'est froid. - [REBELLES : La prétention, c'est dépassé !](https://julienbouffartigue.net/2019/03/28/rebelles/) - Pour faire un bon film, un immense talent ne suffit pas toujours, comme on a pu le constater avec Ma Vie avec John F. Donovan. Avec beaucoup moins de talent, mais de l'énergie et du peps, on arrive par contre à proposer de longs métrages qui donnent beaucoup de plaisir au spectateur. Peut-être pas des chefs d'œuvre, peut-être par des moments inoubliables, mais de vrais bons moments, aussi éphémères soient-ils. Rebelles ne marquera pas profondément l'histoire du 7ème art. Mais en ne cherchant pas à être autre chose que ce qu'il est, ce film atteint parfaitement son but et nous en donne pour notre argent. Sans compter la présence de Cécile de France... L'idée de départ de Rebelles n'a vraiment rien d'original. A tel point, qu'on peut encore voir sur nos écrans la Chute de l'Empire Américain qui possède à peu près le même. Mais qu'importe, l'essentiel est ailleurs. Cela fait des siècles que l'imagination des humains fait naître des vaudevilles de toute sorte et on n'en a toujours pas fait le tour. Quand c'est drôle, rythmé, riche en rebondissements, même s'ils sont parfois un peu prévisibles, on ne boude pas notre plaisir. Le film dure un tout petit moins d'une heure et demi, ce qui prouve qu'Allan Mauduit sait aller à l'essentiel et on l'en remercie. On avait déjà pu le constater dans un genre radicalement différent lorsqu'il avait signé le scénario d'Arès qui ne durait qu'une heure vingt. - [SIBEL : Forte comme une Turque](https://julienbouffartigue.net/2019/03/29/sibel/) - Ce n'est pas parce qu'un sujet nous a déjà offert un grand film sur un sujet qu'il ne faut pas renoncer à l'aborder à nouveau. Ainsi, si vous avez aimé Mustang et avez été touché par le destin de ses héroïnes, je ne peux que vous conseiller d'aller voir Sibel (même si à l'heure où j'écris ces lignes, cela va devenir difficile de trouver une salle qui le programme encore). Surtout qu'au final les deux films racontent deux histoires très différentes, combien même la condition des jeunes filles dans la Turquie rurale reste la question centrale. Au-delà de tout cela, ce sont surtout ses qualités qui doivent vous inciter à donner à cette production franco-germano-turco-luxembourgeoise les honneurs qu'elle mérite. Sibel est un film portrait. Il repose donc largement sur les sentiments qui naissent envers son héroïne. On ne s'attache pas ici à elle parce qu'elle est une victime. Femme, muette, autant de caractéristiques qui ne lui promettent pas un destin facile, mais le personnage est loin de s'arrêter à ça. Au contraire, c'est pour sa force qu'on en vient à suivre son destin avec autant de ferveur. Le scénario possède une dimension presque épique qui lui donne un intérêt au-delà des sujets sociaux qui sont abordés. On assiste donc à un portrait particulièrement vivant qui fait entrer en synergie toutes ses dimensions pour en décupler l'impact et gagner le cœur et la raison du spectateur. - [LE SAINT A LONDRES (Leslie Charteris) : 2ème rendez-vous raté](https://julienbouffartigue.net/2019/03/29/le-saint-a-londres/) - Dans les histoires d'amour, le plus difficile est souvent le deuxième rendez-vous. C'est le moment où l'on a passé le cap de l'émerveillement de la nouveauté et de la découverte pour commencer à relever tous les petits travers et défauts de l'autre. C'est aussi le moment où on est soi-même moins attentif à donner une bonne image et où on peut finir par mettre en avant des choses que l'on aurait bien aimé laisser encore un peu caché. Ma première rencontre littéraire avec le Saint avait été assez enthousiaste, à l'occasion de ma lecture du Saint à New York. C'est donc avec joie que je me suis attaqué au Saint à Londres. Malheureusement, ces retrouvailles n'ont pas été celles que j'imaginais. Tout le monde (ou presque) sait à quel point j'apprécie la littérature de gare comme genre littéraire à part entière. Je sais apprécier tout sa richesse et ses qualités. Mais elle possède également incontestablement quelques défauts que le Saint à Londres met particulièrement en avant. Il s'agit d'un récit en trois parties, vaguement reliées entre elles. Ca semble écrit à la va-vite, sans que Leslie Charters n'ait cherché à proposer plus que le strict minimum. Je n'ai absolument pas retrouvé tout ce qui faisait le charme du Saint à New York, où l'intrigue était nettement plus étoffée et où on pouvait vraiment découvrir et apprécier ce personnage rendu légendaire par Roger Moore à la télévision. - [LES TEMOINS DE LENSDORF : En quête de vérité](https://julienbouffartigue.net/2019/03/30/les-temoins-de-lensdorf/) - Le polar est un des genres cinématographiques et littéraires les plus classiques. Si on en croit le Larousse, il implique forcément l'intervention de la police, ce qui est assez logique vue l'étymologie du mot. Mais on peut aussi élargir cette définition à tous récit impliquant un travail d'enquête, une traque d'indices, de preuves, pour faire éclater la vérité. Alors dans ce cas-là, les Témoins de Lendsdorf est incontestablement un polar, même si cette fois le scénario ne fait pas intervenir de policier, mais un historien juif orthodoxe. Les mécanismes sont bien les mêmes, même si le film est considérablement enrichi par bien d'autres éléments. Les Témoins de Lensdorf adopte donc une forme particulièrement prenante qui donne vraiment envie au spectateur de connaître le fin mot de l'histoire. De l'histoire et de l'Histoire, puisque le film possède évidemment une dimension historique aux intérêts multiples. Le film aborde aussi largement la question de la mémoire, ainsi que le fondement même de l'idée d'être juif. Le tout est traité avec une grande profondeur en poussant vraiment la réflexion jusqu'au bout. Le film est donc passionnant à plus d'un titre et ravira des spectateurs aux attentes et aux centres d'intérêt très différents. - [US : Double tranchant](https://julienbouffartigue.net/2019/03/31/us/) - Le problème avec le succès et la réussite, c'est qu'une fois que vous les avez obtenus, on s'attend à ce que cela devienne la norme à chacune de vos oeuvres. C'est ce qui arrive à Jordan Peele, réalisateur encensé pour Get Out. Des compliments mérités et qui ne doivent rien au hasard et beaucoup à son talent. La promotion de Us a beaucoup insisté sur le succès passé de son réalisateur. Il est donc logique que le spectateur s'attende à un nouveau film du même acabit. Malheureusement ce dernier, sans être mauvais pour autant, constitue un retour à l'ordinaire. Us est à ranger dans les films qui font peur. Or il fait peur, mais pas trop. Le film mise quand même aussi pas mal sur l'humour et les situations quelque peu décalées. Du coup, on ne sait pas trop sur quel pied danser et le film s'avère ni franchement drôle, ni terriblement terrifiant. De plus, on peut regretter que le mystère qui avait créé l'ambiance et donné son intérêt au film, disparaisse au travers d'une longue explication complète et précise, mais pas forcément hyper convaincante. L'histoire y aurait gagné à ne pas chercher à tout expliquer. Elle se termine par le twist final qui va bien, mais quelque peu prévisible. Au final, on aura plutôt passé un bon moment, mais sans jamais s'enthousiasmer totalement. - [CARRY FIRE (Robert Plant), MUSIC FOR PEOPLE IN TROUBLE (Suzanne Sundfor), HIPPOPOTAMUS (Sparks) : Vieux pots, jeune plante](https://julienbouffartigue.net/2019/03/31/music-for-people-in-trouble/) - On commence avec une légende incontournable du rock. Robert Plant, le chanteur de Led Zeppelin a commencé depuis peu une carrière solo qui n'a pas tout à fait le même retentissement que celle qu'il a eu avec son groupe. On comprend mieux pourquoi en écoutant Carry Fire, son deuxième album solo. Il nous y offre un rock classique où on sent que le style de Led Zeppelin n'est pas loin. De toute façon, rien qu'avec la voix, le parallèle est évident. On y retrouve son goût pour les sonorités orientales par exemple. Il fait preuve d'une grande maîtrise, il offre des titres plutôt variés, mais cela reste très propre sur lui. Ca se laisse au final écouter, mais rien ne vient vraiment accrocher l'oreille. Décevant vu la carrure de l'artiste. Suzanne Sundfor est une compositrice et interprète qui nous vient de Norvège. Music for People in Trouble, sorti en 2017, est déjà son 7ème album. On y découvre une musique particulièrement douce qui repose beaucoup sur sa voix. Le seul problème est que cette dernière n'est pas spécialement prenante, même si elle est assez claire pour être agréable. Au final, la plupart des titres sont beaux, mais parfois un peu ennuyeux. Certains, de longs instrumentaux, n'ont pas grand intérêt. Le tout manque vraiment de punch et de ruptures de rythme. - [UN MONDE SANS FIN (Ken Follett) : Le retour du (Pont du) roi](https://julienbouffartigue.net/2014/01/03/un-monde-sans-fin/) - Un Monde Sans Fin aurait pu bien porter son nom. En effet, 1350 pages, imprimées dans une police assez petite, on se dit qu'on n'en verra jamais le bout. Mais voilà, quand tout cela est porté par une plume aussi habile et une imagination aussi fertile que celles de Ken Follett, on les dévore plus qu'on ne les lit. Et au final, le pavé nous paraît beaucoup moins long que bien des romans médiocres. Un Monde Sans Fin est donc la « suite » des Piliers de la Terre, l'œuvre la plus remarquable du romancier gallois, pourtant abonnés aux best-sellers. Suite entre guillemets, puisque l'action se déroule près de deux siècles plus tard. Ce sont donc les lieux que l'on retrouve et non les personnages. L'avantage est qu'un lecteur peut s'attaquer à ce roman sans avoir lu le premier volet. Il ne saisira pas certaines allusions, mais elles sont vraiment peu nombreuses et n'ont aucun impact sur la compréhension. - [NEBRASKA : De l'autre côté de l'Amérique](https://julienbouffartigue.net/2014/04/26/nebraska/) - Lorsque le cinéma nous plonge au cœur de l'Amérique profonde, très profonde, c'est le plus souvent pour nous mettre en avant sa violence et la misère dont elle se nourrit. C'était le cas avec Les Brasiers de la Colère il y a quelques semaines ou Mud l'année dernière. Beaucoup plus rares sont les films qui portent sur cette « autre Amérique » un regard tendre, mais sans rien taire des travers de ce monde parfois cruel. C'est pourtant bien le cas de Nebraska, petit perle du cinéma indépendant qui a ravi nos écrans en ce printemps. Nebraska rappelle par certains côtés Little Miss Sunshine. Déjà parce que c'est un film sur la famille, qui nous montre que c'est quelque chose de formidable... mais justement quand elle ne ressemble pas aux clichés qu'essayent de nous vendre le cinéma hollywoodien à longueur de temps. C'est un film aussi sur le droit d'être différent, ou plutôt un peu décalé, un peu excentrique. Parce que ceux qui semblent se couler sans problème dans le moule se révèlent en fait souvent être des connards finis insupportables, dont le film nous présente une belle brochette. L'histoire traite largement du rapport à l'argent et montre parfaitement comment il peut rendre beaucoup d'être humains aussi hypocrites que sans scrupules, ni fierté. - [TRAFIC D'OR SOUS LES T'ANG (Robert Van Gulik) : Les débuts du Juge Ti](https://julienbouffartigue.net/2021/08/16/trafic-dor-sous-les-tang/) - Tous les héros connaissent leurs grands débuts. Ils les connaissent parfois lors du premier volet de leurs aventures racontées dans un ordre chronologique rigoureux. Mais souvent, les auteurs aiment à revenir à l'origine de leur héros après leur en avoir déjà fait vivre plusieurs. Robert Van Gulik n'aura pas attendu bien longtemps avant de raconter - [COMPANEROS : Putain 12 ans !](https://julienbouffartigue.net/2019/04/02/companeros/) - En France, il n'est pas rare de voir un homme politique de finir sa carrière devant les tribunaux, voire même parfois en prison, après avoir occupé un nombre importants de mandats diverses et variés. Mais il existe encore plus de pays où les hommes politiques ont tâté du cachot avant d'être élus. On pense à Nelson Mandela bien sûr, mais dans beaucoup d'ex-dictature, cela a pu être le cas. L'Uruguay a été soumis à une dictature militaire comme le continent sud-américain en a connu beaucoup. Les opposants ont y été longuement emprisonnés arbitrairement dans des conditions inhumaines. C'est ce que nous fait découvrir Companeros, le récit de 12 ans de captivité de trois hommes qui auront ensuite marqué l'histoire de leur pays. Faire un film de deux heures sur trois hommes enfermés dans un espace relativement restreint, voilà qui peut sembler difficile. Mais Alvaro Brechner parvient à construire un récit à tiroir, entre présent et flash-backs, qui parvient à réellement captiver le spectateur. Ne vous attendez pas à des scènes spectaculaires, mais au moins l'histoire propose quelques surprises et reste toujours parcourue d'une réelle tension narrative. Companeros a aussi le bon goût de ne pas en rajouter dans la description de l'horreur dans lequel les trois hommes sont plongés. Au contraire, il utilise parfois l'humour et l'absurde pour dénoncer avec force le calvaire qu'ils ont vécu. - [DUMBO : Ne pas se tromper](https://julienbouffartigue.net/2019/04/03/dumbo/) - Lorsque j'ai appris que Disney avait pour projet de transformer trois de ses plus grands classiques en film live cette année, je n'ai pas vraiment été saisi par l'enthousiasme, c'est le moins que l'on puisse dire. Puis quand j'ai appris que le premier d'entre eux, Dumbo, était réalisé par Tim Burton, un peu de curiosité a fini par naître. Puis en constatant que le film recevait de bonnes critiques, je m'y suis rendu relativement confiant. Et qui est plus digne de confiance qu'un pur génie comme Tim Burton ? Bon pour être totalement honnête, j'avais tout de même un fond d'appréhension. En effet, si Tim Burton reste une de mes idoles cinématographiques, je dois bien admettre que sa carrière a aussi connu quelques ratés. Mais Dumbo n'en fait incontestablement pas parti. Il a réussi la parfaite synthèse entre son propre style et une magie typique de l'univers Disney classique. Être à la fois un Disney et un Tim Burton, voilà une synthèse qui semblait impossible à réaliser. Et pourtant ce film y parvient pour le plus grand bonheur des petits et des grands, des rêveurs et des gothiques. - [C'EST CA L'AMOUR : Premier rang](https://julienbouffartigue.net/2019/04/07/c-est-ca-l-amour/) - Certains acteurs attendent toute leur vie pour le grand rôle à la hauteur de leur talent. En effet, les seconds rôles sont souvent occupés par des acteurs largement aussi bons que ceux qui trustent les premiers. Nombreux sont les acteurs condamnés au statut d'éternel second rôle, qui ne constitue pas forcément le pire destin qui soit, mais qui peut évidemment créer un peu de frustration. Bouli Lanners fait partie de ces visages que l'on connaît par cœur pour les voir souvent sur les écrans, mais sans forcément être capable de mettre un nom dessus, car le leur ne s'inscrit que rarement, voire jamais, en haut des affiches. Cela change avec C'est Ca l'Amour. Et on ne peut que remercier Claire Burger pour ce choix judicieux. C'est Ca l'Amour explore une thématique de plus en plus souvent traitée au cinéma : la relation père-fille dans un contexte de mère absente. S'il n'est pas totalement nouveau, il reste encore assez rare pour que le 7ème art soit loin d'avoir épuisé le sujet. Ce film peut être rangé dans la catégorie des films portrait, mais il s'agit avant tout du portrait d'une relation, je dirais même d'une émotion, plutôt que bêtement le portrait d'un personnage. On plonge profondément dans ce qu'il peut ressentir et cette émotion est largement partagée avec le spectateur. C'est bien ça qui donne toute sa force à ce très beau film qui peut difficilement laisser insensible. - [TEL AVIV ON FIRE : Crétins sans frontière](https://julienbouffartigue.net/2019/04/08/tel-aviv-on-fire/) - Le cinéma prouve souvent que l'on peut traiter les sujets les plus sérieux, les plus graves et les plus dramatiques avec beaucoup d'humour sans pour autant affaiblir le message, bien au contraire. Une nouvelle preuve avec Tel Aviv on Fire, un film palestinien d'une ironie féroce qui nous plonge en plein conflit israélo-palestinien. Point de discours géopolitique ici, ou d'envolées lyriques sur la paix ou la guerre, juste une brochette de personnages, souvent ridicules, mais qui en disent finalement long sur une réalité à la fois plus simple et plus complexe que ce que l'on imagine. Tel Aviv on Fire est avant tout drôle. Il est clair que l'intention première de Sameh Zoabi n'est pas de faire rire, mais de se servir du rire comme d'une courroie de transmission pour son message. Mais voilà, il la manie avec tant d'habileté que c'est la première chose qui nous frappe dans ce film. On rit, souvent et beaucoup. Un humour souvent au second degré, mais terriblement efficace. Il tourne en dérision les deux camps avec un enthousiasme débordant. Tout le monde en prend pour son grade et c'est particulièrement réjouissant. Pas forcément rassurant à première vue, car on voit mal comment se sortir d'autant de bêtise, mais d'un autre côté, il est aussi rassurant de voir que certains parviennent à prendre assez de recul pour remettre à leur place les prétentieux, ceux qui défendent jusqu'à l'absurde des causes sans fondement. - [MON INCONNUE : Et si...](https://julienbouffartigue.net/2019/04/13/mon-inconnue/) - Il existe quelques moments de notre existence où quelque chose s'est joué, changeant définitivement le cours de notre vie. La moindre différence dans le déroulement des événements aurait bouleversé profondément notre destin. Cette idée a donné naissance à une multitude d'histoires sur le mode "et si...". Si Smoking/Not Smoking d'Alain Resnais a été le plus loin dans l'exploration du concept, ce dernier irrigue quand même le cerveau et l'imagination de beaucoup d'auteurs depuis longtemps. Le dernier en date est Hugo Gélin qui s'y attaque à son tour avec Mon Inconnue. J'en ai presque déjà trop dit car, personnellement, j'ai eu la chance d'aller voir ce film sans rien en savoir et cela n'a fait que renforcer mon plaisir. Si au final, il ne s'agit pas d'un chef d'œuvre du 7ème art, il offre une combinaison personnages attachants/rythme de narration qui permet de passer un très bon moment. Il ne faut donc pas s'attendre à une originalité débordante de la part de Mon Inconnue. Sans être totalement dans le déjà vue, on peut rapprocher à peu près toutes les éléments clés du film dans d'autres œuvres qui l'ont précédé. Pourtant, on prend plaisir à se faire raconter cette histoire. Déjà parce qu'un courant de sympathie se crée assez vite avec les différents protagonistes, que ce soit le couple principal ou les quelques seconds rôles qui gravitent autour d'eux. Ensuite, l'histoire est racontée avec assez d'énergie et de rebondissements, même s'ils sont souvent sans grande surprise, pour que l'ennui ne pointe jamais le bout de son nez. L'humour est peut-être un peu potache parfois, mais assez efficace en tout cas pour nous donner un vrai grand sourire qui nous accompagne du début à la fin. Toutes les qualités que l'on cherche dans un divertissement drôle, un rien romantique et qui ne prend pas une seconde la tête. - [LA LUTTE DES CLASSES : La classe des gens](https://julienbouffartigue.net/2019/04/13/la-lutte-des-classes/) - Le Nom des Gens reste un film culte pour tous ceux qui ont baigné et baigne toujours dans la même culture politique que moi. Neufs ans ont passé et on attendait avec impatience que Michel Leclerc nous offre une nouvelle œuvre du même acabit. Certes, il y a bien eu la Vie Très Privée de Monsieur Sim entre temps, mais qui n'a pas laissé un souvenir particulièrement impérissable. Pour la Lutte des Classes, il a cherché à retrouver l'esprit de son premier grand succès et les ingrédients qui y ont contribué. Mais on fait que parfois les mêmes ingrédients ne donnent pas toujours la même saveur au plat et qu'il existe toujours un danger que ce dernier sente passablement le réchauffé. Heureusement, il n'en est rien ici. Le grand mérite de la Lutte des Classes est d'être capable de se moquer de tous les protagonistes avec un mélange détonnant de mordant féroce et de bienveillance sans faille. Pourtant, en abordant le champ du social et surtout du religieux, Michel Leclerc s'aventurait dans un terrain miné. Il en ressort indemne et fait même preuve d'un certain brio. Sauf peut-être sur la fin où le film sombre quelque peu dans un certain n'importe quoi, même si l'aspect « united color of bandes de cons » est assez réjouissant. En tout cas, si tous les commentateurs traitant de ces sujets faisaient preuve du même discernement et du même recul, le monde ne s'en porterait que mieux ! - [VILLAINS (Queens of the Stone Age), SHADOWS AND REFLECTIONS (Marc Almond), HEARTS THAT STRAINS (Jake Bugg) : Jeunesse passe](https://julienbouffartigue.net/2019/04/14/hearts-that-strain/) - On commence par une valeur sûre de la scène rock internationale actuelle, à savoir les Américains de Queens of the Stone Age et leur album Villains, sorti en 2017. Il y livre un rock puissant et plein de conviction, mais malgré cela pas vraiment accrocheur. Le tout est un peu lisse, plein d'une parfaite maîtrise, mais sans doute trop pour le coup. Les titres s'enchaînent sans tube en puissance à l'horizon. Cela donne quelque peu l'impression d'un groupe en roue libre, qui se contente de ce qu'il sait déjà faire sans jamais sortir de sa zone de confort. On poursuit avec l'Anglais Marc Almond qui signe avec Shadows and Reflections pas moins de son 31ème album depuis 1981. Il interprète ses titres avec une conviction évidente sur des instrumentations souvent assez simples. Son énergie est réellement communicative. Le tout est très propre et maîtrisé, distrayant, mais pas très original. On traverse l'album agréablement et en douceur, sans rien rencontrer de terriblement accrocheur et on en ressort sans en garder un grand souvenir. - [COMME SI DE RIEN N'ETAIT : Pour ne plus fermer les yeux](https://julienbouffartigue.net/2019/04/22/comme-si-de-rien-n-etait/) - Parfois, comme ça, pour déconner, je vais voir un film allemand dont le sujet central est le viol. Oui, je sais mettre de la joie et de la déconne dans mes soirées ! Evidemment, présenté comme cela, je ne vais pas vraiment donner envie d'aller voir Comme Si de Rien n'Etait. Ce serait un tort, vue la qualité du film, même s'il ne fait pas vraiment rêver dans un premier temps. Il faut dire que ce film est en fait l'œuvre de troisième cycle d'Eva Trobisch. Mais certaines étudiantes sont assez douées pour faire oublier qu'elles ne sont qu'étudiantes pour démontrer qu'elles sont simplement déjà des réalisatrices de talent. L'intérêt de Comme Si de Rien n'Etait réside dans le caractère presque anodin de l'histoire qui nous est racontée. Rarement un titre n'aura résumé parfaitement le fond d'un propos. Ce décalage entre son point de départ, qui est faut-il le rappeler tout simplement un crime, et tout ce qui suit, comme si ce qui c'était passé n'avait rien de vraiment dramatique, crée un malaise peut-être plus fort que si l'approche avait été plus directe. Ce n'est pas parce que la violence devient ordinaire, que sa gravité est niée par la victime elle-même, que ses conséquences en deviennent pour autant moins profondes et destructrices. Ce film en fait la brillante démonstration et c'est ce qui fait toute sa force. - [SYNONYMES : Ours en carton](https://julienbouffartigue.net/2019/04/26/synonymes/) - Il faut parfois se battre pour obtenir certaines choses. Certains combats valent vraiment le coup d'être menés. Mais parfois, une fois la victoire obtenue, on se dit qu'on aurait mieux fait de rester au fond de son lit ou de son canapé, ou tout simplement d'aller voir autre chose à la place. J'aurais mis du temps, faute d'horaires me convenant, et je me suis finalement rendu dans un cinéma quelque peu improbable pour aller voir Synonymes, me disant qu'il a quand même reçu l'Ours d'Or à Berlin. Certes, je savais que je prenais un risque puisque les critiques spectateurs se montraient aussi mauvaises que les critiques presse élogieuses. En bon démocrate, j'aurais dû écouter la voix du peuple et m'abstenir ! Synonymes présente un seul intérêt. A chaque scène on se montre bien incapable de prévoir ce qui nous attend. En effet, le scénario ne choisit jamais la solution qui possèderait un minimum de sens... ou pire un minimum d'intérêt. On reste relativement abasourdi devant cet enchaînement de n'importe quoi qui ne semble jamais vouloir s'arrêter ou au moins nous expliquer ce que tout cela signifie. On sent bien la volonté de Nadav Lapid de nous transmettre un message profond et subtil. Mais à moins d'abuser de substances psychotropes, bien malin serait celui capable de le décoder, tant il se cache sous un masque profond et obscur de ridicule et d'ineptie. L'histoire ne parvient d'ailleurs même pas à la moindre conclusion et se termine au milieu de nul part. - [LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR, TOME 2 : LE PROPHETE ROUGE (Orson Scott Card) : Décolage tardif](https://julienbouffartigue.net/2019/04/26/le-prophete-rouge/) - Savoir faire preuve d'un minimum de patience est une vertu. Cela permet également de ne pas passer à côté de certaines choses qui valent le coup si l'on sait attendre suffisamment. J'aurais ainsi pu abandonner la lecture de la saga d'Alvin le Faiseur après un premier volet pas forcément hyper emballant. J'aurais pu même m'arrêter après cent pages de ce deuxième tome, le Prophète Rouge, parce que je ne voyais alors rien venir, ne saisissant toujours pas vraiment ce qui pouvait constituer le fond de l'histoire et donner de l'épaisseur aux personnages. Et puis, après cette très longue mise en place, tout a semblé de mettre en mouvement pour le plus grand bonheur du lecteur. Le Prophète Rouge nous permet enfin de comprendre ce que Orson Scott Card a l'intention de faire de l'univers qu'il a créé. Pour faire simple, il se passe enfin quelque chose ! Le roman nous propose de l'action, du suspense et une situation qui évolue considérablement. Bref, le récit se lance d'un coup et il se lance franchement. Il nous happe et ressort de ce second tome avant une forte envie d'attaquer le suivant pour savoir ce qu'il va advenir des personnages et de cet univers assez original. Un univers fantastique, mais où l'on croisera Lafayette et Napoléon. Il prend ici une toute autre dimension, quand le premier tome restait confiné à un horizon beaucoup plus étroit. - [LES OISEAUX DE PASSAGE : Gangsters ruraux](https://julienbouffartigue.net/2019/04/27/les-oiseaux-de-passage/) - Au village aussi l'on a de beaux assassinats, dit la chanson. Il est vrai que les zones rurales recèlent bien des histoires sombres et sanglantes. Y compris les zones rurales de Colombie, dans des terres où les logiques claniques liées à l'appartenance à des tribus indiennes dominent. Elles n'ont rien à envier à la Sicile et peuvent nous offrir des histoires qui n'ont pas à rougir devant le Parrain et autre Gomorra. La preuve avec les Oiseaux de Passage, dont le titre ne donne pas vraiment une idée immédiate du contenu de ce film, qui nous raconte comment le développement de la production de cannabis et le trafic qui s'en suit a apporté le trouble et la violence dans ces régions dans les années 70. Les Oiseaux de Passage est un excellent film pour plusieurs raisons. Ce que l'on retient avant tout reste la galerie de personnages profondément marquants. C'est souvent le cas des films de « gangsters », ces derniers se démarquant souvent du commun des mortels. Ici, le contexte socio-géographique très particulier renforce encore cette singularité. On découvre aussi une culture et un aspect méconnu d'un pays. Cela donne toute la richesse de ce film. Tout cela est également porté par une intrigue solide, pleine de rebondissements, avec un rythme et une intensité qui va crescendo. Cela donne beaucoup de raisons pour apprécier cette histoire à la fois hyper classique et profondément originale. - [EL REINO : Corrida politique](https://julienbouffartigue.net/2019/04/29/el-reino/) - La politique est un monde impitoyable, qui ferait passer Dallas pour le royaume des Bisounours. Au cinéma, bizarrement (ou pas), il donne naissance le plus souvent à des thrillers haletants, bien plus souvent à qu'à des récits de combats nobles pour la défense du bien commun (même si ces derniers existent aussi heureusement). El Reino ne va certainement pas redorer l'image de la politique. Par contre, il démontre une nouvelle fois la capacité du cinéma espagnol de nous livrer des œuvres noires et intenses. El Reino est un film remarquablement bien construit. La montée en puissance du scénario représente un modèle du genre. Dans les premières minutes, on est loin de se douter d'où tout cela va nous mener. On suit donc le même chemin que le personnage principal qui fait face à une situation de plus en plus inextricable. Le récit nous conduit à un dénouement remarquable qui incite à une certaine réflexion, tout en laissant au spectateur la possibilité d'apporter sa propre conclusion. On en ressort le souffle court, tant on avait fini par se laisser porter par cette histoire qui n'a au final pas grand-chose à voir avec la politique au sens premier du terme. Une preuve que l'instinct de survie peut se révéler lui aussi parfois communicatif. - [L'AME DU TEMPLE, TOME 1 : LE LIVRE DU CERCLE (Robyn Young) : Tempête du désert](https://julienbouffartigue.net/2019/04/29/le-livre-du-cercle/) - Il existe des mythes qui irriguent l'imaginaire et donnent naissance à de multiples œuvres de fiction, à l'imagination plus ou moins débordante. Cette liberté est d'autant plus grande que le public méconnait la réalité qui se cache derrière. Les templiers constituent un bon exemple de ce genre de mythes. Rares sont ceux qui connaissent les faits historiques les concernant sur le bout des doigts, mais beaucoup plus nombreux sont ceux qui ont déjà lu ou vu une histoire les mettant en scène. Comme par exemple, Le Livre du Cercle, premier tome de l'Ame du Temple qui nous ramène au temps des croisades. Le Livre du Cercle est un mélange assumée d'invention et de vérité historique. La trame des évènements correspond à la réalité, quand les personnages et une grande partie des enjeux qui les concernent sont nés de l'imagination de Robyn Young. Cela se mélange de manière très efficace pour permettre au lecteur d'avant tout se divertir, mais aussi de se cultiver un peu par la même occasion. La première dimension demeure largement dominante car ce livre est avant tout un récit d'aventures riche et plaisant, même s'il aurait gagné à traîner un peu moins en longueur. Les 700 pages se lisent facilement, mais le même récit aurait pu tenir en une bonne centaine de pages de moins. - [ZIGZAG MOVIE (Elmore Leonard) : Gangsta Hollywood](https://julienbouffartigue.net/2015/04/11/zigzag-movie/) - John Travolta, Gene Hackman et Danny DeVito, voici un beau casting qui m'avait donné dans les années 90 envie de voir au cinéma Get Shorty. Je viens tout juste de me rattraper... en lisant le roman dont il est issu, signé Elmore Leonard, qui lui s'intitule Zigzag Movie. Si le film est assez médiocre paraît-il, le roman est quant à lui... pas génial non plus. Mais il se laisse lire. Zigzag Movie est une satyre du microcosme hollywoodien. Cet aspect-là constitue l'idée centrale de ce roman, puisque l'histoire de gangsters auquel elle sert de décor est au fond assez anodine. Le sujet est traité avec un humour et un second degré assez rafraîchissant et sympathique. On pourra juste reprocher à Elmore Leonard un petit manque de mordant et de politiquement incorrect. On n'est pas dans Californication et un peu plus de sens de la provocation n'aurait pas nui à l'ensemble. - [LIZ ET L'OISEAU BLEU : Grandir, c'est renoncer](https://julienbouffartigue.net/2019/05/01/liz-et-l-oiseau-bleu/) - Un des éléments les plus fascinants dans le cinéma japonais, et en particulier celui d'animation, est l'absence parfois totale d'éléments explicites en rapport avec les rapports amoureux ou la sexualité. Pas le même le début d'un baiser, même dans un récit débordant d'une certaine sensualité. La même histoire racontée par un Occidental comporterait une dimension « romantique », voire carréement « érotique ». Un exemple frappant est donné par Liz et l'Oiseau Bleu, une histoire d'amitié entre deux lycéennes, d'une innocence totale au premier degré,... mais d'une grande ambiguïté si on creuse un peu. Et c'est bien de cette dernière qu'il tire tout son intérêt. Les premières minutes de Liz et l'Oiseau Bleu nous incitent à nous demander ce que peut bien vouloir nous raconter Naoko Yamada, réalisateur du très remarqué Silent Voice. Puis les événements prennent sens et on comprend le fond du propos. Un propos à première vue assez gentillet sur l'affirmation de soi, mais qui prend une toute autre dimension si on y voit aussi une dimension amoureuse, jamais évoqué, mais que l'on peut facilement glisser entre les mots. Cela donne une tension dramatique supplémentaire à l'histoire qui nous y fait pleinement entrer. L'habilité du récit qui apporte un retournement final de perspective fait le reste pour nous livrer un joli moment qui va au-delà de la bleuette pour adolescentes qu'il paraissait être. - [PAINTED RUINS (Grizzly Bear), LOW IN HIGH SCHOOL (Morrissey), MONTREUIL-MENPHIS (Sansévérino) : Sur la route de Montreuil](https://julienbouffartigue.net/2019/05/01/montreuil-menphis/) - On commence cet avis avec un groupe américain de rock expérimental, Grizzly Bear, et leur album Painted Ruins, sorti en 2017. Un tel style musical laisse penser que cela n'était pas gagner d'avance pour me séduire. Les premières secondes n'y sont en effet pas parvenues avec cette voix aiguë pas très agréable qui nous accueille. Elle est vite rejointe par une voix grave qui n'a rien d'emballante non plus. Tout cela au milieu d'une ambiance éthérée d'une grande froideur. Le tout est plutôt lancinant, certes maîtrisé, mais sans réelle énergie créatrice. Ce n'est ni vraiment beau, ni jamais entraînant. Quelques passages ne s'avèrent certes pas désagréables, mais le tout reste avant tout transparent. On poursuite avec Morrissey, l'ancien chanteur des Smiths, un artiste britannique dont le nom est particulièrement familier. Mais avant d'écouter Low In High School, je ne connaissais pas grand chose, on peut même dire rien, de son œuvre. Dès les premières secondes, j'ai réalisé pourquoi l'homme est un mythe du rock. Le résultat est classique, mais accroche immédiatement l'oreille. Il y a de la conviction et surtout de la qualité dans tous les titres. Ces derniers ne se ressemblent pas, certains ayant même une dimension symphonique. Le tout est vraiment excellent et ravira tous les amateurs de rock pur et dur. - [WORKING WOMAN : Woman at war](https://julienbouffartigue.net/2019/05/02/working-woman/) - La prise de conscience récente du poids du sexisme dans la société irrigue forcément le cinéma et ce dans beaucoup de pays, comme le prouve ce nouveau film israélien sorti sur nos écrans, Working Woman. Il prouve d'ailleurs par la même occasion l'incroyable vitalité du 7ème art de ce pays que j'ai évoqué à plusieurs reprises ces derniers temps. La gravité et l'importance d'un sujet ne peuvent assurer à eux-seuls la réussite d'un film. Faut-il encore savoir le traiter sur le fond et sur la forme. Michal Aviad parvient à rendre son film remarquable sur les deux plans. Working Woman est évidemment porteur d'un message. On peut même le qualifier de film militant. Cependant, ceci se fait uniquement par l'exemple, sans réflexion générale ou prise de recul. C'est au spectateur de tirer ses conclusions. Mais l'exemple est tellement bien choisi et le propos percutant, qu'elles viennent d'elle-même. Toute la force du film passe par la tension palpable qui règne tout au long du récit. Il ne comporte au final pas tant de moments que ça où l'on est témoin d'un acte de harcèlement au sens propre du terme, mais on ressent l'oppression, le malaise constants que l'on partage avec le personnage. Tout cela naît aussi de l'ignorance et du coup la passivité des personnages extérieurs. Et on ne peut s'empêcher de se dire que l'on a peut-être déjà été dans la même position qu'un de ces derniers. - [90'S : Des débuts qui roulent](https://julienbouffartigue.net/2019/05/03/90s/) - La vie est quand même mal faite. On passe une bonne partie de sa vie à vouloir paraître plus jeune que ce que l'on est réellement. Mais on oublie souvent qu'on a passé une première partie de sa vie en souhaitant être plus vieux. Vouloir grandir plus vite est un sentiment commun chez les enfants, surtout chez ceux qui ne trouvent pas facilement leur place dans ce monde. 90's est un film sur ce sentiment. Un film sur le skate-board également, mais cela devient totalement secondaire. Premier passage de l'autre côté de la caméra réussi pour Jonah Hill en tout cas. 90's n'est pas un film autobiographique d'après son réalisateur. On est évidemment en droit de le croire, mais il semble évident qu'il a mis un peu de lui-même dans ce film. Il pose un regard tendre et sincère sur son personnage principal. Cette tendresse est vite partagée par le spectateur qui s'attache à ce jeune garçon en quête de repères en quelques minutes. La galerie de personnages assez riche de ce film présente le grand mérite de proposer des portraits sans fard. Le propos n'est jamais dans le noir et blanc. De toute façon, ce qui compte vraiment reste le processus, celui par lequel on grandit d'un coup pour quitter l'enfance et se diriger alors inexorablement vers l'âge adulte. Un passage forcément douloureux, mais aussi porteur d'espoir. - [AVENGERS ENDGAME : Clac de fin](https://julienbouffartigue.net/2019/05/08/avengers-endgame/) - Apporter une conclusion à une œuvre qui se compose de 22 films différents constitue un exercice assez inédit dans l'histoire du cinéma, même si l'essor des séries nous a habitués aux récits au long cours. Les films Marvel ont créé un univers cinématographique d'une grande richesse, formant ce que l'on pourrait facilement comparer à une nouvelle mythologie. Avengers Endgame était attendu comme rarement un film l'a été, surtout après la fin à couper le souffle d'Infinity War. Il ne fallait donc pas se rater. En misant sur les fondamentaux qui ont fait le succès de cette saga et sur un brin de nostalgie, le pari est incontestablement réussi, malgré quelques imperfections. Evacuons tout de suite le principal défaut d'Avengers Endgame : sa longueur. 3h c'est sans doute une petite demi-heure de trop. Ce qui rend se défaut tout à fait pardonnable, c'est que cet excès de longueur vient d'une surexploitation des meilleures idées proposées par le scénario. On en vient alors immédiatement à ce qui fait la force de ce film. Le récit qui est proposé n'est pas celui auquel on s'attendait. La curiosité du spectateur se trouve tout de suite en éveil et il se demande vraiment où les scénaristes ont décidé de l'emmener. Le voyage qu'ils nous proposent se révélera des plus plaisants grâce à un équilibre remarquable. - [L'ADIEU A LA NUIT : André, Catherine et les autres](https://julienbouffartigue.net/2019/05/10/l-adieu-a-la-nuit/) - J'apprécie particulièrement le cinéma d'André Téchiné. J'avais été choqué de la manière dont ses précédents films, Comme des Garçons et Nos Années Folles, ont été totalement oubliés lors des Césars, et ce dès les nominations. Quelle injustice pour ce monument du cinéma français, fournisseur officiel de bons films depuis 1969 ! Je ne crois pas que l'Adieu à la Nuit ne change quoique ce soit à cette situation. A moins que la présence à l'affiche de Catherine Deneuve, et la bonne dose de botox, qui va avec n'attire à nouveau les feux des projecteurs sur cet immense réalisateur. Cette fois, on ne criera pas au scandale, malgré quelques réelles qualités. L'Adieu à la Nuit ne restera pas comme le film le plus marquant de la carrière d'André Téchiné. Il s'est toujours attaqué à des sujets difficiles et douloureux et souvent avec beaucoup de bonheur. Ici le propos manque de corps et on ne sait pas très bien ce qu'il cherche au final à nous dire. Le film n'en n'est pas pour autant dénué de tout intérêt, mais disons qu'il n'est pas spécialement marquant et que le même sujet a été traité avec plus de force et de pertinence par ailleurs. On reste donc quelque peu sur sa faim, convaincu que l'on pouvait mieux exploiter une galerie de personnages, qui est par contre particulièrement réussie. Il manquera au film peut-être un peu d'audace pour proposer autre chose qu'un discours un tout petit peu convenu. - [TREMBLEMENTS : Stupeurs intolérables](https://julienbouffartigue.net/2019/05/11/tremblements/) - Le Guatemala, voici un de ces pays mystérieux dont on a souvent une image assez floue, puisqu'ils font rarement la une de l'actualité. Le film Tremblements vous permettra de mieux découvrir la société locale. Mais pas sûr que le film vous en donne une très bonne image car le sujet principal est le rejet profond de l'homosexualité qui y sévit, notamment du fait de l'influence très forte des églises évangélistes. Bref, rien qui ne donne envie de faire sa valise pour s'y installer, à moins de considérer que le degré de tolérance ne revêt strictement aucune importance. Cependant, vu comme cette valeur semble en recul un peu partout dans le monde, on se dit que certains y verront peut-être une incitation au voyage. Tremblements nous parle donc d'un sujet de société, mais il le fait au travers d'un destin individuel. Ce film nous raconte avant tout comment la vie d'un homme se retrouve totalement brisée, dans des proportions dépassants parfois notre entendement d'Européen, par la simple révélation de son orientation sexuelle. Le propos nous plongera ensuite dans le chemin qui lui est proposé pour « guérir », tout aussi terrifiant que le rejet de départ. Le propos n'a donc rien de joyeux. Il se caractérise par contre par sa force qui nous saisit. Le spectateur se trouve vite au-delà de la simple compassion, pour vite ressentir une grande colère face à un tel degré de bêtise collective aux conséquences humaines terribles. - [GLORIA BELL : 50 ans et toutes ses dents](https://julienbouffartigue.net/2019/05/12/gloria-bell/) - Quand on est sur le point de perdre son statut de trentenaire comme moi, on se met à craindre de tomber dans ce que le cinéma et les séries appellent la crise de la quarantaine. Pour l'instant, je n'ai aucune envie d'acheter une voiture de sport, mais je me dis que ça va peut-être finir par arriver. Il est donc particulièrement rassurant d'aller voir un film qui tend à vous expliquer que la vraie crise est plutôt celle de la cinquantaine, pour se dire qu'on a encore un peu de temps devant soi avant les grandes questions existentielles et les profondes remises en question. C'est donc avec un très grand plaisir que je suis allé voir Gloria Bell. Plaisir aussi et même avant tout lié à la présence de Julianne Moore à l'écran. Gloria Bell constitue un film portrait plutôt sympathique, entre humour, émotion et nostalgie. On entre facilement dans cette histoire, on s'y sent à l'aise, mais il faut bien avouer aussi que l'on en ressort tout aussi facilement, sans garder un souvenir particulièrement marquant de ce qui a précédé. Le film est quelque peu inégal, avec des scènes vraiment réussies et d'autres moments plus anodins. Il manque surtout au propos une vraie conclusion, même si la conclusion est peut-être justement qu'il n'y a pas de conclusion. Peut-être que le film a plus d'impact auprès de ceux pouvant s'identifier au personnage principal. Sinon, on ne dépasse pas le stade du divertissement certes intelligent, mais qui n'a rien d'inoubliable. - [NOUS FINIRONS ENSEMBLE : Ou pas...](https://julienbouffartigue.net/2019/05/14/nous-finirons-ensemble/) - Les Petits Mouchoirs avait profondément divisé la critique lors de sa sortie, certains détracteurs se montrant particulièrement féroces. D'autres, comme moi, y avait vu un petit chef d'œuvre, ou au moins un film culte, drôle et touchant. Nous Finirons Ensemble fait cette fois l'unanimité des critiques professionnels contre lui... et même des critiques amateurs comme moi ! Par contre, le public semble l'avoir pleinement apprécié. Comme quoi, il est difficile de faire l'unanimité. Comme il est difficile de vouloir tenter le diable deux fois en prenant les mêmes risques. Si la première fois, on franchit l'obstacle, pour la seconde, on risque fort de se planter. Ce qui avait été beaucoup reproché à Les Petites Mouchoirs était une forme d'indécence, vis-à-vis de la mort du personnage interprété par Jean Dujardin en parallèle avec les problèmes sans intérêt de bourgeois bobos (c'est un pléonasme, je sais, merci). Avec Nous Finirons Ensemble, Guillaume Canet flirte une nouvelle fois avec ce mélange des genres que l'on peut facilement trouver d'un goût douteux. Le soucis ici, c'est que le scénario se permet de raconter n'importe quoi sur des sujets qui méritent mieux que ça. Ainsi, les suicidaires dépressifs seront heureux d'apprendre qu'une bonne discussion avec vos potes peut suffire à vous remettre d'aplomb. Ce n'est pas simplement n'importe quoi, c'est surtout ridicule et un peu méprisant pour les personnes qui souffrent vraiment de ce genre de situation. Le mélange émotion/humour ne fonctionne pas du tout cette fois-ci, voire même inspire un peu de dégoût. - [LILIES (Mélanie De Biaso), UNDIVIDED HEART & SOUL (JD McPherson), TAKE ME APART (Kelela) : Dans le caméléon, tout est bon](https://julienbouffartigue.net/2019/05/16/undivided-heart-and-soul/) - Mélanie De Biaso est une artiste belgeo-italienne et Lilies, sorti en 2017, constitue son quatrième album. Les présentations faites, regardons (ou plutôt écoutons) sa musique de plus près. Elle nous offre une ambiance douce et sensuelle. Malheureusement, la voix, modifiée par un peu d'écho, manque quelque peu de chaleur. C'est d'un côté presque fascinant et souvent accrocheur, mais de l'autre, l'aspect très épuré des titres fait que le tout manque d'une petite étincelle pour vraiment s'enflammer. Ce chaud et froid possède un côté un peu frustrant, mais qui n'enlève rien au réel potentiel de l'artiste. JD McPherson est quant à lui américain. Lorsque l'on écoute son album Undivided Heart & Soul, on est tout de suite saisi par sa voix particulièrement marquante. Il nous propose tout d'abord un rock quelque peu basique, mais porté par une énergie communicative. Tout cela couplé avec une vraie maîtrise. Certains titres prennent des accents jazzy et présentent un vrai style. Les morceaux sont d'une grande variété, faisant de cet artiste un vrai caméléon. Mais on retiendra surtout leur qualité constante pour former un excellent album. - [LES CREVETTES PAILLETEES : Le petit bain](https://julienbouffartigue.net/2019/05/19/les-crevettes-paillettees/) - Les sports aquatiques sont décidément particulièrement à la mode chez les cinéastes français. Après la natation synchronisée qui donné naissance à l'immense succès, mérité, du Grand Bain, voici le water-polo qui nous permet de découvrir les Crevettes Pailletées. Les points communs entre les deux films s'arrêtent à la piscine, même si on peut voir dans ces deux œuvres une réflexion sur la différence et la souffrance qu'elle peut engendrer. Le ton est également ici humoristique, avec quelques degrés de moins de subtilité cependant. Mais l'énergie a ceci de magique qu'elle se montre parfois particulièrement communicative. Après avoir vu les Crevettes Pailletées, on est tenté de se lancer dans un long débat philosophique sur le caractère caricatural de la culture gay que donne ce film, sachant que celui du sportif homophobe l'est tout autant. La scène finale notamment peut prêter à discussion. Mais si le film fonctionne, c'est justement parce qu'il ne nous laisse pas le temps de nous poser ce genre de question. Il nous entraîne avec lui par son énergie, son humour et toutes les ondes positives qu'il dégage. Au final, le film défend tout de même avec beaucoup d'entrain la cause qui est la sienne et on peut tout de même remercier Cédric Le Gallo et Maxime Govare d'avoir fait ce film. - [RETOUR DE FLAMME : L'amour dure](https://julienbouffartigue.net/2019/05/25/retour-de-flamme/) - L'amour dure trois ans paraît-il. Nous avons tout de même heureusement tous autour de nous des exemples démontrant que cela peut aussi durer toute la vie. Parfois, les choses sont un peu plus compliquées et se situent entre les deux. Ce ne serait pas drôle sinon et ne nous permettrait pas de découvrir d'aussi bons films que Retour de Flamme. Un long métrage qui nous procure une nouvelle preuve de la vitalité du cinéma argentin et du talent incomparable de Ricardo Darin. Comme nous tous, il vieillit quelque peu, mais fait partie de ces êtres chanceux dont l'âge les fait ressembler de plus en plus à du bon vin. Retour de Flamme n'est pas vraiment une comédie romantique comme les autres, puisque c'est avant tout le récit d'une séparation. Même si le titre laisse penser que... Mais je n'en dirais pas plus car cette histoire réserve plein de belles surprises qu'il serait bien dommage de gâcher. Elle nous livre une réflexion légère sur l'amour, le temps qui passe, la nostalgie,... Le spectacle est plaisant, agréable, avec des touches d'humour et de poésie. Le film se caractérise surtout par le très joli regard plein de tendresse de Juan Vera sur ses personnages. Des personnages imparfaits, mais finalement incroyablement attachants et assez touchants pour donner à l'ensemble la petite pointe d'émotion qui donne son âme à cette histoire. - [SEDUIS-MOI SI TU PEUX : Sans complexe](https://julienbouffartigue.net/2019/05/29/seduis-moi-si-tu-peux/) - Quand on écrit une histoire à partir d'une idée qui semble quelque peu improbable et peu crédible, il est capital de ne surtout pas s'arrêter à cela et d'y aller malgré tout à fond. Le cinéma américain possède cet absence de complexe pour nous livrer des scénarios qui se moquent éperdument de leur crédibilité. Et il excelle particulièrement dans l'exercice quand tout cela met en scène leur Président... ou leur Présidente. Une nouvelle preuve avec Séduis-Moi Si Tu Peux, qui nous propose une histoire qu'aucun scénariste français n'aurait osé écrire. Mais les qualités du film nous démontrent qu'ils ont bien tort de se priver. Pour oser proposer une histoire dont pas un événement ne pourrait survenir dans la vraie vie vraie, il ne faut pas se poser trop de questions. Et pour faire adhérer le spectateur, il ne faut pas lui laisser l'occasion de s'en poser non plus. Séduis-Moi Si Tu Peux nous emporte immédiatement par son rythme, son humour, parfois très premier degré, mais tout de même très efficace. On se surprend à aimer immédiatement des personnages pourtant loin d'être subtils. Bref, on se retrouve diverti et on ne peut que s'en satisfaire puisque c'est exactement ce que le type de plaisir que l'on était venu chercher. Parfois, un coin de notre cerveau a envie de nous glisser que tout cela ressemble fort à un grand n'importe quoi, mais on oublie totalement de l'écouter, trop occupé à profiter du spectacle. - [VOLUME 1 (BNQT), MY LOVE DIVINE DEGREE (Cody ChestnuTT), BROKEN FLOWERS (Nev Cottee) : L'union fait la force](https://julienbouffartigue.net/2019/05/29/volume-1/) - BNQT est ce qu'on appelle un super-groupe. Cela ne signifie pas que ce groupe est absolument super, mais qu'il est composé de membres évoluant dans d'autres formations le reste du temps. On retrouve ici des artistes sévissant avec Franz Ferdinand, Travis, Midlake et d'autres encore. En 2017, leur union a donné naissance à Volume 1. Un album rock assez basique, mais maîtrisé. Il possède un côté un peu rétro, marqué aussi par un léger effet loin du micro (qui m'énerve toujours autant). Le résultat est globalement sympa et se laisse écouter avec un certain plaisir. On peut simplement déplorer que cela manque d'un tube et d'une petite étincelle pour vraiment nous enthousiasmer. Cody ChestnuTT est un artiste de RnB américain. Son album My Love Divine Degree s'ouvre sur un rythme groove pas très harmonieux. Un début à l'image d'un album pas vraiment transcendant, ni particulièrement marquant. La voix de l'artiste n'a rien de magique, ce qui est quand même quelque peu problématique dans ce genre musical. Surtout quand à côté de cela, les arrangements n'ont vraiment rien d'original. Cela donne un album jamais emballant et qui nous propose aussi une série de titres assez tristounets. - [UNE GOURMANDISE (Muriel Barbery) : Petit plaisir sur le pouce](https://julienbouffartigue.net/2021/08/14/une-gourmandise/) - L'imagination a cet immense avantage qu'elle permet de stimuler les cinq sens, à travers un seul. A priori, quand vous lisez un livre, seule la vue est stimulée. Pourtant, en choisissant les bons mots, un auteur peut vous faire entendre une douce musique, sentir une caresse douce ou torride ou bien encore vous titiller les - [PAINTING THE ROSES (Midnight Sister), CHEMTRAILS OVER THE COUNTRY CLUB (Lana Del Rey), DETROIT STORIES (Alice Cooper) : La douceur de l'âge](https://julienbouffartigue.net/2021/08/14/chemtrails-over-the-country-club/) - On commence avec un duo californien, Midnight Sister, qui n'a même pas droit à sa page Wikipedia (ni en français, ni en anglais). Une vraie découverte donc. Leur album Painting the Roses, sorti cette année, se montre d'entrée doux et convaincant. Cela nous entraîne immédiatement dans leur univers musical, quelque peu évaporé, mais avec une - [PASSION : Lointaine jeunesse](https://julienbouffartigue.net/2019/06/08/passion-2/) - Lorsqu'un cinéaste venu d'un pays lointain connaît un succès soudain en France, il n'est pas rare que des distributeurs opportunistes en profitent pour ressortir sur les écrans hexagonaux une œuvre de jeunesse qui n'avait pas à son époque trouvée sa place chez nous. Le soucis, c'est que l'on réalise souvent assez vite pourquoi le film n'avait alors pas franchi les océans. Ryusuke Hamaguchi a connu les honneurs des critiques et des spectateurs avec Senses puis Askao I & II. Mais était-il vraiment la peine de nous offrir sur grand écran Passion, son deuxième film sorti au Japon en 2008 ? Après l'avoir vu, la question reste entièrement posée pour moi. Je manque sans doute de courage en refusant de répondre clairement à cette question. En effet, d'un côté je me dis qu'il est toujours intéressant de pouvoir embrasser de manière globale l'œuvre d'un grand cinéaste, ce que Ryusuke Hamaguchi est incontestablement. De l'autre, on peut se demander pourquoi avoir choisi ce film, alors que sa filmographie compte bien d'autres longs métrages inédits en France. Il est vrai que l'on retrouve dans Passion ce qui avait pu nous séduire dans Senses notamment. Cette vision contemporaine et sans fard du Japon contemporain et surtout de ses habitants. Je n'ai évidemment aucune idée de ce à quoi ressemble ses autres œuvres inconnues sur nos écrans. L'amateur éclairé ne sera en tout cas pas dépaysé ici, mais pas forcément emballé non plus par un film qui apparaît moins abouti que ses successeurs. - [DOULEUR ET GLOIRE : Monsieur Pedro](https://julienbouffartigue.net/2019/06/07/douleur-et-gloire/) - Certains réalisateurs ont acquis une notoriété suffisante pour que l'on parle de leurs films, quand ils sortent sur les écrans, comme le dernier untel. Parmi ceux-là, Pedro Almodovar occupe une place de choix. Ainsi, si j'ai été voir Douleur et Gloire, j'ai été voir par la même occasion le dernier Almodovar. Et cette fois, le réalisateur espagnol se montre totalement à la hauteur de sa réputation en nous offrant un petit chef d'œuvre qui restera comme un des éléments les plus marquants de sa longue filmographie. Ce qu'il y a de réellement fascinant chez lui, c'est de voir à quel point il parvient tout en gardant certaines obsessions à toujours se renouveler. Je n'étonnerai personne en annonçant que parmi les thèmes abordés par Douleur et Gloire figurent l'homosexualité et surtout le rapport à la mère. Nous sommes donc là bien face à une œuvre qui aurait pu être difficilement signée par quelqu'un d'autre que Pedro Almodovar. Pourtant, il parvient à raconter une histoire profondément différence de toutes celles qu'il nous a livrées jusqu'à présent. Un film portrait d'une force éblouissante, où le spectateur reste porté par le cours des évènements en oubliant le reste de l'univers. Expliquer pourquoi cette histoire est à ce point passionnante s'avère particulièrement difficile. Mais c'est ce qu'il y a de bien avec le génie, c'est que cela ne s'explique pas justement. Et c'est très bien comme cela. - [LE CINQUIEME PROCEDE (Léo Malet) : Enchanté Nestor](https://julienbouffartigue.net/2019/06/08/le-cinquieme-procede/) - J'ai poursuivi ma découverte des célèbres détectives, connus pour l'adaptation télévisuelle de leurs aventures, mais qui ont d'abord été des personnages de roman. Après le Saint, j'ai eu l'opportunité de plonger dans l'univers littéraire de Nestor Burma avec le Cinquième Procédé, sorti en 1947. Un roman récompensé en son temps pour sa qualité et je ne suis pas étonné. En effet, si tout cela reste de la littérature de gare, avec ses codes et son format relativement court, la plume de Léo Malet se montre particulièrement aiguisée. Le Cinquième Procédé se distingue déjà de la littérature de gare plus « basique » par une complexité de l'intrigue nettement plus forte que d'habitude. On est ici devant une intrigue à tiroir où chaque personnage va se révéler ne pas être finalement celui que l'on pensait qu'il était au début. On leur découvre de nouvelles motivations et le sens de leur action change également du coup. Cela force le lecteur à jeter un regard sur les événements passés pour les revoir à la lumière de ce qu'il a appris. Heureusement, le récit de Léo Malet nous guide et nous permet de ne jamais nous perdre. Par contre, dommage que le dénouement s'avère quand même décevant, pas la hauteur du reste du récit en tout cas. - [ROCKETMAN : Il joue du piano debout](https://julienbouffartigue.net/2019/06/09/rocketman/) - La mode des biopics ne semble pas vouloir faiblir. Le soucis est que le nombre de personnes célèbres dont la vie vaut bien un film qui n'a pas déjà été fait commence à faiblir. On reste désormais parfois circonspect sur les personnalités choisies, dont la vie est supposée donner naissance à un long métrage. J'avoue que je n'ai guère été emballé à l'idée d'assister au récit de la vie d'Elton John, surtout en découvrant que ce dernier produit lui-même ce film. Cela sentait le produit formaté pour les fans à plein nez. Il est vrai que Rocketman n'échappe pas tout à fait à ce reproche. Mais il possède assez de qualités par ailleurs, certaines inattendues, pour nous enthousiasmer aussi parfois. La plus belle surprise vient de Taron Egerton. Que c'est étonnant me direz vous ! Un acteur de biopic dont la performance est salué, voilà qui n'a rien de bien surprenant, ce genre de numéro d'acteur (d'imitation ?) forçant généralement l'admiration. Ici, son grand mérite est justement de ne pas chercher à ressembler à tout prix à l'original. Certes, pour Rocketman, on l'a quand même affublé des dents du bonheur, mais au-delà de ça, la ressemblance n'est pas frappante. Cela donne des situations quelque peu décalées, quand il parle de ses complexes de « petit gros » par exemple, mais très étonnement cela marche parfaitement ! Et si c'était à cela que l'on reconnaît un vrai numéro d'acteur, au vrai sens vrai du terme ! Le débat reste ouvert. - [LES DENIERS DU COLT (Gilles Vidal) : Digestion en douceur](https://julienbouffartigue.net/2019/06/09/les-deniers-du-colt/) - Il y a des plats dont on finit par se lasser à force d'en manger. Et puis, il y a le Poulpe. Si on est prêt à y goûter encore et encore, c'est aussi parce que chaque bouchée est relativement légère. Vous l'aurez compris, je parle une nouvelle fois du Poulpe, version littérature, ce détective pas comme les autres, qui n'appartient à personne. L'épisode dont je vais vous parler aujourd'hui, les Deniers du Colt, a été écrit par Gilles Vidal, un romancier à la longue bibliographie, même si elle ne compte aucune œuvre particulièrement marquante. Tout l'intérêt de cette série, c'est qu'en changeant à chaque fois d'auteur, le personnage principal reste le même, tout en changeant toujours quelque peu. C'est encore le cas dans les Deniers du Colt, où Gilles Vidal nous offre un Poulpe moins ironique et détaché que d'habitude. Il nous livre par contre quelques jolis moment d'érotisme. On sent ce volume influencé par une culture du polar de gare plus classique. C'est peut-être légèrement infidèle à l'esprit de la série, mais au moins cela crée la surprise et renouvelle une nouvelle fois le plaisir de retrouver ce personnage. - [LE JEUNE AHMED : La religion de la sobriété](https://julienbouffartigue.net/2019/06/10/le-jeune-ahmed/) - Quand on veut se marrer un grand coup, quand on veut assister à un spectacle léger et drôle, quand on veut assister à un film à grand spectacle qui vous en met plein la vue, il y a une chose à ne pas faire, jamais, en aucun cas : aller voir un film des frères Dardenne. Par contre, lorsque l'on veut assister à une œuvre aboutie, où le fond importe plus que la forme, émouvante et qui pousse à la réflexion, alors leur cinéma est parfait pour cela. Une nouvelle démonstration nous vient du Jeune Ahmed, où les cinéastes belges s'attaquent au sujet délicat de la radicalisation des plus jeunes vers une mouvance islamique extrême. Mais force est de constater qu'ils s'en sortent avec beaucoup de brio. Le Jeune Ahmed est un film dans lequel on entre progressivement. En effet, le personnage principal n'inspire qu'assez peu de sympathie, voire même inspire une forte antipathie dès les premières minutes. Qu'importe son âge, son comportement nous est immédiatement dépeint sous un jour plutôt inquiétant. Mais peu à peu, on s'attache aux personnages qui gravitent autour de lui et qui essayent désespérément de le ramener vers la raison et la bienveillance. C'est pour eux qu'on souffre, ce sont leurs sentiments que l'on partage et qui nous touchent. Le propos prend donc un peu plus de force à chaque minute jusqu'à un dénouement particulièrement réussi. - [ALADDIN : Le rêve est toujours bleu](https://julienbouffartigue.net/2019/06/18/aladdin/) - Disney est sur le point de réussir son pari. Enfin un parmi les nombreux paris qui rythment la vie de cette entreprise. Après avoir tâté discrètement le terrain l'année dernière avec le Livre de la Jungle (que je n'ai pas vu et que je ne jugerai donc pas), la maison aux oreilles rondes a décidé de frapper fort cette, avec trois adaptations en prises de vue réelles de trois des plus emblématiques dessins-animés de son patrimoine. Le premier étage de la fusée, Dumbo, avait permis un décollage réussi. Mais avec un pilote aussi talentueux que Tim Burton, on pouvait s'y attendre. La suite, Aladdin, s'avérait plus risqué avec Guy Richie aux manettes. Mais il dirige finalement son vaisseau avec une maîtrise remarquable. Guy Richie n'est pas franchement connu pour être le réalisateur le plus subtil qui soit. Certes, Snatch est pour moi un film culte et j'ai de la sympathie pour sa version de Sherlock Holmes (enfin surtout le premier épisode). Cependant, j'avoue qu'il sombre parfois dans un surenchère visuelle pouvant s'avérer fort lourdingue. Et lui confier la mise en image d'une histoire basée sur un génie, un tapis volant et beaucoup de magie ressemblait à un cadeau empoisonné, le poussant vers ses pires travers. Il fait au final preuve d'une étonnante sobriété qui fait d'Aladdin un divertissement plaisant, qui ne fait pas mal aux yeux à force de multiplier les plans de moins d'une demi-seconde. Guy Richie s'attache surtout à respecter à la lettre l'esprit du dessins-animé originel. Il n'en retire rien et ajoute quelques suppléments pour l'enrichir. Il a surtout su mettre parfaitement en valeur les chansons qui peuplaient l'original. Certains y verront peut-être un manque d'audace. Ceux qui, comme moi, ont eu les yeux énamourés en 1992 retrouveront quelques émotions d'alors. - [JOHN WICK PARABELLUM : Petit plaisir](https://julienbouffartigue.net/2019/06/25/john-wick-parabellum/) - Avant d'écrire cette critique, on m'a posé une question assez bête, mais totalement légitime. En effet, après avoir mentionné que j'avais été voir John Wick Parabellum, j'ai précisé que j'avais trouvé le premier volet assez nul (je me cite). La question fut alors : pourquoi du coup être allé voir les deux autres ? J'ai bien eu du mal à répondre à cette question. En effet, je ne me rappelle absolument pas ce qui m'avait poussé à aller voir la première suite. Des critiques pas trop mauvaises je pense car c'est effectivement ce qui m'a poussé à aller voir ce troisième épisode. Je dois d'ailleurs leur donner raison. Dans une certaine mesure. Le grand mérite de John Wick Parabellum est ne plus chercher à donner au spectateur autre chose que ce qu'il est venu chercher. A savoir des scènes de baston particulièrement spectaculaires et violentes. Ce film lui en offre en quantité, ce genre de moments occupant un pourcentage rarement atteint dans un long métrage. Pour la qualité, c'est autre chose. Elles ont un caractère quelque peu répétitif, s'étirent parfois beaucoup trop en longueur et sont rarement profondément originales. Et quand une d'entre elles échappe à un de ces défauts, il souffre des autres de manière particulièrement marquée. Par exemple, la meilleure idée du film, une scène de baston impliquant des chiens de combat parfaitement dressés, n'en finit plus de finir et finit surtout par lasser. - [PARASITE : Pensée parasite](https://julienbouffartigue.net/2019/06/28/parasite/) - Une Palme d'Or est rarement un film comme les autres. On attend d'elle qu'elle soit suffisamment originale pour déstabiliser le spectateur. Alors on peut s'étonner de voir l'une d'entre elle vendue par les distributeurs comme étant « la Palme d'Or la plus accessible depuis Pulp Fiction ». Cependant, en découvrant le caractère dithyrambique des critiques de Parasite, on pouvait se dire qu'une exceptionnelle qualité compenserait largement le caractère quelque peu conventionnel. C'est donc avec beaucoup d'espoir que je me suis rendu dans une salle obscure pour découvrir ce film. L'espoir d'assister au chef d'œuvre annoncé. Incontestablement, j'aurais assisté à un très bon film. Il suffit parfois d'une petite chose pour vous empêcher de rentrer totalement dans un film. Pendant un bon moment, je n'arrête pas de me dire que Parasite ressemblait quand même fortement à Une Affaire de Famille, Palme d'Or l'année dernière. Au final, les propos et surtout l'ambiance générale sont très différentes dans les deux films, mais cela m'a titillé l'esprit et quelque peu déçu. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas réussi à trouver ce film génial. Simplement excellent, caractéristique qui apporte normalement beaucoup de satisfaction au spectateur, sauf quand il s'attend à encore mieux. Je ne peux cependant que saluer la maestria d'un scénario totalement maîtrisé, à défaut d'être profondément original. - [NOCTURNE (Girls in Hawaii), LA FETE EST FINIE (Orelsan), THE DECONSTRUCTION (Eels) : En famille](https://julienbouffartigue.net/2019/06/29/nocturne/) - Trois artistes que je connais bien de nom, mais sans forcément connaître leur discographie sur le bout des doigts, au programme. On commence par Girls in Hawaii, un groupe belge comme son nom ne l'indique pas, et leur album Nocturne, sorti en 2017. Le quatrième en seize ans de carrière. Un groupe à la musique rare donc. L'album débute par une ouverture tout en douceur qui sonne comme une invitation. On a très envie de se laisser bercer. C'est très bon et maîtrisé, même envoûtant par moment. Mais l'album finit aussi par être plus transparent par moments. Notamment quand les titres se font plus électro (ok, c'est peut-être un goût personnel, j'admets). Cependant, si l'album baisse incontestablement en densité sur la fin, tout le reste de grande qualité jusqu'au bout. De la Belgique à la Normandie, il n'y a qu'un pas, que l'on franchit avec Orelsan et son album la Fête est Finie. Je n'ai pas écouté beaucoup d'albums de rap en entier depuis le début des années 2000, mais comme j'aime globalement beaucoup l'artiste, je me suis laissé tenter. Je n'ai pas été déçu par les qualités des textes. Il nous livre une série de chansons livrant un regard à la fois nostalgique et désabusé sur la famille, avec comme point d'orge le titre La Famille, la Famille. On notera cependant un flow parfois un peu heurté et des instrumentations de fond parfois vraiment basiques. - [X-MEN : DARK PHOENIX : La renaissance attendra](https://julienbouffartigue.net/2019/06/29/x-men-dark-phoenix/) - La franchise Avengers vient de connaître un épilogue grandiose qui a fait la une de l'actualité et provoqué des queues sans fin au cinéma. L'autre grand univers cinématographique Marvel, celui des X-Men, connaît quant à lui une plongée progressive vers l'indifférence. Il faut dire que le précédent épisode s'avérait fort mauvais et les spin-offs n'ont vraiment valu le coup que lorsqu'ils se montraient franchement décalés (Logan et Deadpool). Alors ce X-Men : Dark Phoenix ne pouvait que redresser la barre. Mais force est de constater qu'il n'y parvient que de manière très limitée. X-Men : Dark Phoenix est d'un médiocrité confondante, même dans ses défauts. Il ne parvient même pas à être franchement mauvais, tant il se contente du minimum syndical du film d'action pour nous préservé de l'ennui, mais sans jamais faire naître la moindre trace d'enthousiasme. La faute à des dialogue frôlant parfois l'indigence et une intrigue qui manque passablement d'épaisseur. Les scènes d'action ne propose aucun moment de bravoure susceptible de marquer les esprits. L'ambiance sombre et crépusculaire que Simon Kinberg tente d'insuffler n'est finalement ni vraiment sombre, ni franchement crépusculaire. Ce film constitue son premier passage derrière la caméra, après une très riche carrière de scénariste de blockbusters, et ce n'est pas vraiment une franche réussite. Tous les éléments du films manquent de souffle et d'ampleur. - [ZOMBI CHILD : Enfant perdu](https://julienbouffartigue.net/2019/06/30/zombi-child/) - Certains films reçoivent des avis négatifs de la part des spectateurs, non pas parce qu'ils sont de mauvaise qualité dans l'absolu, mais parce qu'ils créent de la déception en ne se révélant pas être ce qu'ils semblaient être au premier abord. On peut légitimement penser que c'est ce qui se passe avec Zombi Child dont le titre pourrait être celui d'un film d'horreur tout à fait classique. Mais quand on voit que Bertrand Bonello est derrière la caméra, on se doute alors qu'il s'agit d'une œuvre plutôt cérébrale et hors des sentiers battus. Faut-il encore savoir qui est Bertrand Bonello. Et puis, très honnêtement, même en sachant pertinemment ce que l'on va voir, on peut fort bien trouver ce film fort ennuyeux. Le principal défaut de Zombi Child est qu'il ne s'y passe globalement pas grand-chose. On peut apprécier à sa juste valeur l'ambiance générale inquiétante et mystique. On peut saluer le montage assez habile qui met en parallèle deux époques. On peut souligner la qualité des personnages qui sont pour le coup très loin des clichés d'un film mettant en scène des zombis. On peut trouver fort intéressant d'en apprendre plus sur la culture vaudou. Mais tout cela ne change rien au fait que les péripéties sont peu nombreuses et que la narration reste quand même particulièrement lente et contemplative, à tel point que cela semble cacher un manque de matière pour un long métrage. Cela donne surtout l'impression d'une œuvre inaboutie qui aurait mérité d'être étoffée encore quelque peu. - [VINGT-MILLE VIEUX SUR LE NERFS (Jean-Paul Jody) : La fin est proche](https://julienbouffartigue.net/2021/08/13/vingt-mille-vieux-sur-le-nerfs/) - Avant-dernier Poulpe... Non de la série qui compte plus d'une centaine de volumes, mais de ceux que j'ai récupérés il y a quelques années et qui trônent depuis dans ma bibliothèque. Vingt Mille Vieux sur les Nerfs est un épisode de grande qualité, qui me fera regretter de ne plus en lire régulièrement. Il me - [BRASIER NOIR (Greg Iles) : Passé toujours présent](https://julienbouffartigue.net/2021/08/13/brasier-noir/) - Certains récits prennent une dimension supplémentaire lorsque la marche du monde vient résonner avec lui. Brasier Noir nous plonge au cœur d'un des aspects les plus dramatiques de l'histoire américaine. Le racisme et la violence qu'il engendre ont bouleversé le monde entier et n'a pas fini de faire parler, comme on a pu le constater - [LE DAIM : C'est l'histoire d'un blouson...](https://julienbouffartigue.net/2019/07/05/le-daim/) - Certaines personnes s'avèrent particulièrement horripilantes. Non pas parce qu'elles ont beaucoup de talent, ce que l'on pardonne quand même aisément. Mais parce qu'elles ont beaucoup de talents, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Quentin Dupieux fait partie de ces gens-là. Parce qu'en plus d'être Quentin Dupieux, réalisateur, il est aussi connu pour être Mr Oizo, musicien électro qui a connu son heure de gloire au début des années 2000. Au cinéma, il s'est spécialisé dans les OVNI cinématographiques. Mais des OVNI de très grande qualité. Après Réalité et Au Poste !, il revient avec le Daim, un film qui a fait beaucoup parler de lui (en bien !) au dernier Festival de Cannes. Comment Quentin Dupieux a-t-il pu imaginer cette histoire ? On se demande s'il n'a pas demandé à ses amis de lui donner un mot, le plus saugrenu possible, en leur promettant de faire un film autour de ça. C'est donc tombé sur le mot « daim ». Et cela aboutit à un film dont l'objet central est un blouson taillé dans le cuir de cet animal. Après avoir vu le Daim, vous pourrez donc dire que vous avez vu un film sur un blouson. Aussi étonnant que cela peut paraître cela résume assez bien ce film. En partant de ça, difficile de convaincre que ce film est drôle et étonnant, mais il l'est bel et bien. Il serait dommage d'aller plus avant dans un description des ressorts de ce film, tant il est plaisant de se laisser surprendre par cette histoire improbable. - [MEN IN BLACK INTERNATIONAL : Fallait pas](https://julienbouffartigue.net/2019/07/08/mib-international/) - Prendre un nouveau départ, repartir de zéro, faire table rase du passé pour recommencer sur de nouvelles bases. Voilà qui peut donner envie et permettre de rallumer une flamme que l'on pensait éteinte. Après un troisième volet décevant, la franchise Men In Black semblait être arrivée à son terme définitif. Mais toujours prêts à exploiter la moindre trace de nostalgie, les producteurs ont décidé qu'elle devait renaître de ses cendres, avec de nouveaux acteurs et même une nouvelle localisation, puisque Men In Black : International nous emmène en Europe, entre Londres et Paris. Mais parfois, il vaut mieux rester chez soi. Men In Black : International n'est même pas franchement mauvais. Il est juste terriblement médiocre. Il représente surtout le niveau zéro de la prise de risque. Un pur produit formaté, sans grande imagination et d'une paresse absolue. C'est certes distrayant, mais ne constitue en rien une renaissance. Cela ne donne aucune envie particulière de retrouver ces nouveaux personnages, même si on ne doute pas une seule seconde qu'ils reviendront pour un deuxième épisode (que j'irai sûrement voir pour en dire tout le mal que j'en pense). C'est toujours regrettable de mobiliser autant de moyens financiers et quelques bons acteurs pour en tirer à peu près rien. Mais ne doutons pas que les producteurs rentreront dans leurs frais sans grands efforts. - [PARCE SEPULTO (Danila Comastri Montanari) : Indifférence](https://julienbouffartigue.net/2019/07/14/parce-sepulto/) - La Rome antique représente un lieu et une époque très présente dans notre imaginaire collectif. En effet, c'est un peu le berceau de la civilisation occidentale et on voudrait facilement y voir un moment de l'histoire de l'humanité proche de la perfection. Cette image d'Epinal s'efface peu à peu pour laisser place à une vision plus réaliste. Danila Comastri Montanari et son personnage Publius Aurélius y contribuent. Comme toutes les histoires de meurtres, les siennes lèvent le voile sur les pires vicissitudes d'une époque pas si bénie que ça. Parce Sepulto ne représente cependant pas l'épisode le plus réussi de la série. Ce roman sénateur (le terme policier étant quelque peu impropre) n'est pas déplaisant, mais ne parvient pas à nous enthousiasmer. Les personnages, les situations, les rebondissements qui marquent l'intrigue manquent tous du petit quelque chose qui fait les vraies bonnes histoires. Rien de choquant ou de franchement désagréable, mais tout cela ne rentre en aucune façon en synergie pour vraiment décupler l'intérêt du lecteur. Parce Sepulto se laisse lire avec une certaine indifférence. Cela passe le temps, mais guère plus. C'est déjà pas mal, mais on pouvait légitimement s'attendre à mieux. - [TOY STORY 4 : Vers l'infini et c'est tant mieux](https://julienbouffartigue.net/2019/07/30/toy-story-4/) - Il est de bon ton ces derniers temps de gloser sur le manque d'imagination et de renouvellement chez les scénaristes. Surexploitation des franchises, suites à n'en plus finir, remake, reboot, prequel... Bref beaucoup de réchauffé et de recettes éculées et peu de nouveautés à se mettre sous les yeux des gourmets cinématographiques. Mais au milieu de tout ça, il reste quand même quelques bonnes raisons de se réjouir. La saga Toy Story en fait partie. Son quatrième volet, sorti ces dernières semaines, démontre avec brio qu'elle n'est toujours pas arrivée au bout de ce qu'elle peut nous offrir. En réalisation du changement dans la continuité, les studios Pixar nous émerveillent une nouvelle fois. La grande force de la saga Toy Story a toujours été ses personnages. Qu'il s'agisse de jouets prenant vie ne retire rien à leur réelle profondeur et leur profond intérêt. Cela ne retire rien non plus à l'attachement particulièrement fort qu'ils nous font ressentir. Toy Story 4 vient encore enrichir la galerie en continuant de nous surprendre et de nous toucher. Le tout s'adresse avec la même réussite à notre cerveau d'adulte et à notre cerveau d'enfant, entre vraie réflexion et douce nostalgie. La qualité d'écriture du scénario et des dialogues fait vraiment la différence et explique largement le succès de cette saga à nulle autre pareil. - [LETTRE A MON CORPS](https://julienbouffartigue.net/2021/07/31/lettre-a-mon-corps/) - Avouons-le, on ne s'est jamais trop aimé. Ou plutôt, je ne t'ai jamais trop aimé, parce qu'évidemment je ne sais pas ce que tu penses. Tu peux trouver ça injuste parce que tu m'as offert une vie sans problème de santé et j'ai toujours pu me servir de toi pour accéder à toutes sortes des - [BELLES FAMILLES : 12 ans d'attente pour ça ?](https://julienbouffartigue.net/2015/11/11/belles-familles/) - La famille reste une source inépuisable d'idées de scénario, en particulier pour un cinéma français particulièrement friand des histoires de ce type. Belles Familles nous en apporte une nouvelle preuve. A défaut de renouveler le 7ème art, ce genre de film nous fait généralement apprécier notre propre famille en nous faisant dire qu'on peut facilement trouver pire ou plus tordu ailleurs. C'est au moins une façon de se consoler quand le résultat est cinématographiquement moyen. Belles Familles a bien des qualités à faire valoir. Un scénario bien construit, avec des rebondissements. Un casting de très haut niveau, offrant des rôles sur mesure à des pointures du cinéma français. Une réalisation signée Jean-Paul Rappeneau sobre, mais qui met ainsi en valeur le travail des comédiens. Une galerie de personnages savoureuse, à défaut d'être inoubliable. Tout semble donc réuni pour un très bon moment de cinéma. Simplement, un film n'est jamais tout à fait égal à la somme de ses parties. - [NEW FRAGILITY (CYHSY), CARNAGE (Nick Cave), THE MOON AND THE STARS (Valerie June) : Une étoile dans la nuit](https://julienbouffartigue.net/2021/08/12/the-moon-and-the-stars/) - On débute avec un groupe américain au nom un tantinet long, à savoir Clap You Hands Say Yeah, que l'on peut abréger CYHSY, et leur album New Fragility, sorti cette année. Il s'agit pas moins de leur sixième album. Le premier titre sonne comme une longue intro. On y découvre la voix d'Alec Ounsworth, un - [LES 2 ALFRED : Roue trop libre](https://julienbouffartigue.net/2021/08/12/les-2-alfred/) - Le cinéma de Bruno Podalydès se distingue par deux caractéristiques. Tout d'abord, ses films sont généralement des comédies fantaisistes et humanistes, portant un regard critique sur la vacuité et la frénésie du monde moderne. Ensuite, il met généralement en scène son frère Denis, ce qui est relativement compréhensible, vu le talent du frangin. Les 2 - [NEVADA : Le Beau et la Bête](https://julienbouffartigue.net/2019/08/01/nevada/) - La boxe et les chevaux ont un point commun. Dans la réalité, je n'en suis pas spécialement adepte (et c'est un euphémisme). Par contre, au cinéma, je dois admettre qu'ils peuvent être à la base de grands films et forcer mon admiration. Une nouvelle preuve avec Nevada, qui nous raconte la relation qui se noue entre un prisonnier et un cheval sauvage. L'histoire d'une rencontre donc, qui intervient entre deux vrais personnages, à la carrure et au charisme étonnants. Une sorte de Belle et la Bête, même si on ne sait pas très bien qui est qui dans l'histoire. En tout cas, cette dernière se montre convaincante et émouvante. Nevada nous raconte bien le face à face entre deux personnalités et deux caractères. Le cheval est ici réellement un personnage à part entière, auquel il ne manque que la parole. Et encore, cette dernière ne s'avère pas forcément indispensable car son vis-à-vis ne se montre guère disert. C'est d'ailleurs sans doute ce point commun qui rend crédible la manière dont l'humain va évoluer au contact de l'animal... et réciproquement. Chacun apprivoise l'autre à sa manière, même si chacun gardera cette part de « sauvagerie » qui en feront des êtres à part. Le plus grand mérite de Laure de Clermont-Tonnerre est d'avoir réussi à nous raconter tout cela sans jamais nous proposer un film contemplatif, mais en offrant au contraire à son récit, et par là même au spectateur, une tension narrative constante. Il est vrai que le milieu carcéral offre bien des possibilités pour cela, par la violence omniprésente qui y règne. - [TOLKIEN : Mauvais pont](https://julienbouffartigue.net/2019/08/02/tolkien/) - Puisque tous les chanteurs ayant connu un minimum de succès ont eu droit à leur biopic, il faut bien se tourner vers d'autres catégories d'artistes. Parmi elles, les écrivains constituent un gisement dans lequel il est encore possible de puiser. Et quoi de plus vendeur que raconter l'histoire de l'homme qui aura écrit le roman le plus lu de l'histoire (si on ne considère pas la Bible comme un roman, ce qui peut évidemment se discuter), à savoir J.R.R Tolkien ? Avec ce film, sobrement intitulé Tolkien, on en apprendra plus sur l'histoire de cet homme à la postérité hors du commun. Dommage simplement que le film essaye de manière grossière et maladroite d'établir des ponts entre l'auteur et son œuvre. L'idée était pourtant séduisante, voire évidente. A quoi bon porter la vie d'un auteur à l'écran si on n'explique pas en quoi elle a influencé son œuvre ? Sauf que dans Tolkien, les liens sont tissés entre des épisodes de l'existence de l'écrivain et le Seigneur des Anneaux... le film !!!! Alors que évidemment, on n'est pas devant le biopic de Peter Jackson. Ce choix malheureux enlève au propos toute crédibilité, sans même parler de profondeur ou d'intérêt. Cela ramène le film au rang de production formatée pour exploiter les pulsions de tous les fans qui se sont sentis obligés d'aller le voir. C'est vraiment dommage car il semble évident que Dome Karukoski avait d'autres ambitions pour son histoire. - [LES ENFANTS DE LA MER : Salade de poissons](https://julienbouffartigue.net/2019/08/04/les-enfants-de-la-mer/) - Que l'on ne comprenne pas tout d'une œuvre particulièrement ésotérique ne constitue pas forcément en soi un problème. Au contraire, cela peut même constituer une réelle qualité quand le spectateur prend plaisir à se perdre dans une histoire dont il ne saisit pas tous les tenants et les aboutissants, mais qui le fait rêver, réfléchir ou l'émerveille. Le souci intervient quand l'histoire ne procure aucune de ces sensations. L'ennui n'est alors jamais très loin. C'est bien elle qui m'a saisi devant les Enfants de la Mer, un film d'animation japonais aux allures de fable, mais qui m'a laisse totalement froid, pour ne pas dire glacé. Les Enfants de la Mer nous propose pourtant une histoire riche. Elle dévoile chacune de ses dimensions une à une, laissant au spectateur le temps de s'y immerger progressivement. Mais sans doute, le problème est-il justement de cette accumulation de strates narratives qui finissent par ne plus avoir de lien solide entre elles. On comprend vaguement qu'elles délivrent un seul et même message. Cependant, le tout reste quelque peu confus et bien des événements surviennent sans que l'on en saisisse bien le pourquoi. Du coup, on reste largement imperméable à la philosophie qui essaye d'émerger tant bien que mal de l'ensemble. Sans doute n'avais-je pas tous mes chakras d'ouverts ce jour-là. - [YESTERDAY : Un garçon seul dans le vent](https://julienbouffartigue.net/2019/08/05/yesterday/) - Piquer les idées des autres constitue définitivement le thème central de Yesterday. Déjà en premier lieu parce qu'il est clairement inspiré de Jean-Philippe, la comédie de Laurent Tuel. En effet, le point de départ est sensiblement le même. Bon après d'un côté, on a Johnny Hallyday et de l'autre les Beatles, c'est aussi ça qui sépare la France de l'Angleterre, mais ceci est un autre débat. Ensuite, le film nous raconte l'histoire d'un chanteur sans succès qui se retrouve un jour être le seul homme sur Terre (ou presque) à se souvenir de l'existence des Beatles. Et se retrouve donc tenté de récupérer toutes leurs créations pour connaître enfin la gloire. Un point de départ original (enfin là pas complètement), ou du moins rigolo, ne suffit pas à faire un film. Il faut ensuite parvenir à l'exploiter de manière crédible et à ne pas se contenter de ça. Il faut évidemment nourrir cette bonne idée de plein d'autres choses pour donner assez d'épaisseur à l'histoire et justifier pleinement un long métrage. Dans ce domaine, Yesterday ne s'en sort pas trop mal. Tout n'est pas parfait, mais il bénéficie au moins d'une galerie de personnages plutôt attachants qui nous donnent envie de suivre cette histoire. L'humour est évidemment centré sur l'idée centrale, mais exploite aussi quelques à côtés et ne tourne ainsi pas en boucle. Enfin, il laisse aussi une juste place à la musique. Tous ceux qui apprécient de près ou de loin la musique des Beatles apprécieront d'autant plus ce film. - [LE ROI LION : Petit chat](https://julienbouffartigue.net/2019/08/08/le-roi-lion/) - Suite et fin du triptyque 2019 de Disney avec le Roi Lion. Triptyque d'adaptations « live » de grands classiques de l'animation. Après Dumbo et Aladin, voici le plus attendu de tous, le Roi Lion. Attendu car celui s'annonçant le plus spectaculaire. En effet, il n'y a aucun humain dans cette histoire, juste des animaux qui parlent et qu'il fallait donc faire apparaître à l'écran de manière réaliste. Le défi était de taille mais fort d'un Livre de la Jungle, plutôt réussi paraît-il, ayant servi de galop d'essai, le succès ne pouvait qu'être au rendez-vous. Après, il y aura quelques grincheux pour faire la fine bouche. Et il m'arrive parfois de me montrer grincheux... Cette nouvelle version ne possède à mon sens que peu d'intérêt. Déjà, en reprenant presque plan pour plan le déroulé du dessin-animé, Jon Favreau n'a pris strictement aucun risque et a livré une œuvre parfaitement impersonnelle. Si vous comptiez sur ce film pour revisiter l'histoire, n'y allez pas, vous seriez cruellement déçu. Ensuite, si le Roi Lion de 1994 était un film d'animation, le Roi Lion version 2019 reste toujours un film d'animation. Une animation certes très réaliste, mais qui reste tout de même de l'animation. On peut être admiratif de la prouesse technique incontestable, mais le but initial n'est pas tout à fait atteint. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil de la savane africaine et ce film nous donne surtout envie de retrouver les beaux aplats de couleur de la version originale. - [WILD ROSE : Sur la route de Menphis](https://julienbouffartigue.net/2019/08/12/wild-rose/) - Un personnage doté d'un talent artistique prononcé, d'une volonté d'en vivre, mais évoluant dans un milieu social qui ne lui reconnaît guère de mérite et qui ne lui permet pas de vivre son rêve. Ceci constitue le point de départ de très nombreuses histoires et on pourrait facilement croire que l'on a déjà largement fait le tour de la question. Cependant, il est des thématiques dont on ne parvient à jamais vraiment se lasser, même quand une œuvre l'aborde sans apporter grand-chose de nouveau. Certes, on ne s'enthousiasme pas forcément mais on peut passer tout de même un bon moment. C'est le cas avec Wild Rose, un film plutôt réussi, mais certainement pas révolutionnaire. Wild Rose nous raconte l'histoire d'une jeune Ecossaise qui sort de prison et qui rêve de devenir... chanteuse de country. Evidemment, Glasgow se situant relativement loin de Menphis, son plan de carrière n'a rien d'évident. Il s'agit avant tout d'un film de personnage, même si un fond de critique sociale, assez léger tout de même, vient à poindre. Le scénario est plutôt bien écrit, nous amenant vers un dénouement qui n'a rien de prévisible. Avoir su éviter les chemins tracés de manière trop évidente représente la principale qualité de ce film. Rien de bouleversant ou de vraiment étonnant, mais on échappe aux clichés ou aux rebondissements habituels de ce genre d'histoire. C'est bien pour ça que l'on passe un bon moment. - [LE CHERCHEUR D'OR (JMG Le Clézio) : Premier prix](https://julienbouffartigue.net/2019/08/13/le-chercheur-d-or/) - Prix Nobel de littérature, voici un titre dont peu d'auteurs peuvent se targuer. Notre pays en a connu quelques-uns, mais pas assez pour qu'un grand lecteur ne cherche pas à avoir un aperçu de la bibliographie de chacun d'eux. Certes, je n'ai pas vraiment cherché à lire le Chercheur d'Or de JMG Le Clézio, puisqu'il s'agit d'un cadeau. Cependant, c'est avec une réelle curiosité que je me suis plongé dans ce roman afin de mieux comprendre pourquoi son auteur a reçu un tel honneur. Ces quelques pages m'ont donné quelques clés pour mieux en saisir les raisons. Le Chercheur d'Or est un récit d'aventures, où le personnage est avant tout en quête de lui-même avant d'être en quête d'un trésor caché. Tous les actes qu'il accomplit, les rencontres et les choix qu'il fait, le conduisent à mieux comprendre progressivement les raisons profondes qui l'ont poussé à mener sa quête. Cela rappelle parfois l'Alchimiste de Paolo Coelho... mais en beaucoup mieux et surtout en beaucoup plus subtil ! Le récit de JMG Le Clézio est fascinant parce que l'on avance dans la réflexion par le déroulement d'événements qui auraient pu être ceux d'un récit nettement plus ordinaire. Pas de procédés narratifs à gros sabots, d'ésotérisme de pacotille, mais beaucoup de poésie et un propos qui pourra éclairer la propre expérience de chacun. - [GIVE ME LIBERTY : Vodka de Milwaukee](https://julienbouffartigue.net/2019/08/14/give-me-liberty/) - Les récits d'une journée (ou d'une nuit) qui devraient être ordinaires et où se succèdent finalement une série d'évènements inattendus sont nombreux. After Hours de Martin Scorsese est sans doute le plus grand chef d'œuvre du genre. Mais bien d'autres valent le coup d'œil. Le dernier d'entre eux s'intitule Give Me Liberty, un film qui nous plonge (entre autres) au cœur de la communauté immigrée russe de Milwaukee. Cela n'apparaît pas immédiatement susceptible de nous offrir des aventures inattendues et pleines de rebondissements. Mais il ne faut pas se fier aux apparences et se fier au contraire au talent et à l'imagination de Kirill Mikhanovsky. Give Me Liberty possède un charme qui nous happe immédiatement. On est tout de suite charmé par ses personnages décalés, souvent caractérisés par une forme ou une autre de folie douce. Au milieu de tout ce petit monde, on retrouve le personnage principal qui essaye désespérément de faire preuve d'un minimum de rationalité. On ressent un peu de compassion, tout en ayant une furieuse envie que ses mésaventures se poursuivent encore et encore. Surtout qu'il ne lui arrive jamais rien de grave, tout juste ne parvient-il jamais à reprendre le contrôle des événements. Ces derniers nous donnent le sourire, porteurs d'une énergie communicative. L'enjeu narratif est au final assez mince, mais on attend avec une impatience, pour ne pas dire une certaine gourmandise, la prochaine surprise que nous réservera le scénario. - [VERSATILE (Van Morrison), FACE YOUR FEAR (Curtis Harding), CUSP (Alela Diane) : Choc des générations](https://julienbouffartigue.net/2019/08/15/versatile/) - On commence par un grand Monsieur de la musique contemporaine, Van Morrison, dont le premier album remonte à 1968. Je vous parlerai ici de Versatile, sorti en 2017, qui prend place dans une discographie impressionnante, puisqu'il sort quasiment un album par an depuis 40 années. Le son est plutôt jazzy, avec une sonorité quelque peu rétro. La maîtrise et la conviction sont celles des plus grands. Le résultat est très classique, mais surtout d'une qualité constante. Il ravira donc les amateurs éclairés, comme les plus débutants comme moi. En tout cas, je suis heureux de compter enfin un album de cet artiste dans ma discothèque. On poursuit avec Curtis Harding, un artiste nettement plus jeune... puisqu'il a exactement mon âge, à deux jours près. Face Your Fear est le deuxième album de cet artiste américain. Dès le premier titre, on est pris dans l'ambiance parfois électrisante de cet album. Il fait preuve lui aussi d'une vraie conviction et d'une réelle maîtrise et sait jouer de sa voix protéiforme. Les titres sont généralement assez longs, mais toujours très aboutis et variés. Les instrumentations sont finement travaillées et jouent sur les sonorités. Il sait passer de la douceur à la puissance quand il le faut, pour un résultat particulièrement convaincant. - [SPIDER-MAN : FAR FROM HOME : Flirt d'été](https://julienbouffartigue.net/2019/08/15/spider-man-far-from-home/) - Malgré toutes les batailles cosmiques où le sort de l'univers tout entier est en jeu, c'est un petit super-héros new-yorkais, aux pouvoirs somme toute limités, qui reste la figure la plus mythique et la plus emblématique de l'univers Marvel. Ainsi, Spider-Man en est déjà à sa quatrième incarnation depuis le renouveau des films de super-héros, débuté justement la version de Sam Raimi. Certes, une de ces incarnations est à oublier (d'ailleurs qui s'en souvient encore ?), il n'empêche que rien ne serait pareil au pays des surhommes sans l'homme araignée. Surtout que la qualité du deuxième reboot démontrait avec brio qu'on était loin d'avoir fait totalement le tour du personnage. Du coup, on attendait beaucoup de la première suite du deuxième reboot (oui, je sais, c'est compliqué de suivre parfois). Au final, Spider-Man : Far From Home restera un film sympathique, mais très anodin. On ne s'ennuie pas une seule seconde devant Spider-Man : Far From Home. Mais on s'enthousiasme aussi rarement. Les scènes d'action sont distrayantes, mais aucune ne constitue un moment de bravoure qui retient vraiment l'attention. Certaines sombrent même dans certains excès qui font tiquer. Evidemment, on ne demande pas à ce genre de moment d'être totalement réalistes. Cependant, il faut que le spectateur arrive à y croire un minimum, ce qui n'est pas toujours le cas ici. En fait, le principal intérêt du film reste l'évolution des personnages qui intervient au fil des images. On pourrait presque parler de récit d'apprentissage, ce qui renoue en fait avec les racines du personnage et l'esprit du comic book. - [MAIGRET SE TROMPE (George Simenon) : Face face](https://julienbouffartigue.net/2019/08/16/maigret-se-trompe/) - Cela faisait quelque temps que je n'avais pas eu le plaisir de lire un livre écrit par George Simenon. Enfin, quelques mois tout au plus, mais tout est relatif. C'est avec un vrai bonheur que je me suis attaqué à Maigret se Trompe, titre prometteur quand on connaît la perspicacité habituelle du célèbre inspecteur. Au final, la formule ne correspond pas tout à fait au contenu du roman, mais il est incontestable que cet épisode de la série sort quelque peu de la routine dans laquelle peut nous plonger une lecture régulière des romans de cette série. Heureusement, toutes les qualités restent bien présentes. Maigret se Trompe nous raconte l'histoire d'un face à face entre l'inspecteur et le principal suspect. Dans ce dernier, le policier pense avoir trouvé son alter ego, en termes d'intelligence et surtout de connaissance profonde de la nature humaine. Il lui voue donc une forme d'admiration qui fait vraiment sortir le personnage de ses sentiers battus. C'est très intéressant de le voir ainsi déstabilisé (ce à quoi fait référence le titre, même s'il ne commet pas d'erreur à proprement parler). La grande originalité de ce roman est que ce face à face se fait... sans que les deux hommes ne se rencontrent. Enfin pas avant toute la fin du roman en tout cas. Bon désolé, j'ai un peu spoilé. - [DONNIE DARKO (Director's cut) : Reprise en beauté](https://julienbouffartigue.net/2019/08/20/donnie-darko/) - La notion de director's cut peut être vu comme une réelle justice rendue à une œuvre et à la vision de l'artiste qui se trouve derrière ou bien comme un prétexte pour rentabiliser encore et encore un film à succès. Certaines productions, comme Blade Runner en compte tellement qu'on ne sait plus à quelle version se vouer. On peut s'épargner ce débat philosophique sans fin en considérant simplement que cela permet de revoir sur grand écran certaines œuvres cinématographiques majeures. C'est le cas avec la sortie d'une nouvelle version de Donnie Darko, film culte s'il en est. Je n'ai pas bien saisi quelle différence il existait avec la version que j'avais vue au cinéma à sa sortie, mais quel plaisir de pouvoir revoir un tel film dans les meilleures conditions. Donnie Darko est un œuvre sombre et mystérieuse, et par la même fascinante. L'histoire laisse une grande place à l'interprétation du spectateur qui pourra la comprendre de différentes façons ou bien choisir de ne rien comprendre du tout. Cette dernière option ne gâche rien au plaisir que l'on ressent en s'immergeant dans cette ambiance très particulière crée par la réalisation splendide de Richard Kelly, dont on a du mal à comprendre que sa carrière soit par ailleurs si famélique. Si le film est facilement rangé au rayon fantastique, il constitue une œuvre en fait assez unique et inclassable. Tout son intérêt réside dans la manière dont elle déstabilise le spectateur. Si vous n'avez jamais imaginé qu'un costume de lapin puisse représenter un symbole puissamment inquiétant, c'est que vous n'avez définitivement pas vu ce film ! - [ON S'EST DEJA VU QUELQUE PART ? (Nuala O'Faolain) : Les gentes de Dublin](https://julienbouffartigue.net/2019/08/20/on-s-est-deja-vu-quelque-part/) - Et si je racontais ma vie ? Répondre positivement à cette envie demande soit un égo démesuré, soit beaucoup de courage. Dévoiler ainsi son intimité ne représente pas une démarche donnée à tout le monde. Raconter des histoires est le plus souvent le moyen de surmonter une sorte de timidité en sortant de soi-même pour parler de tout autre chose. Ecrire une autobiographie constitue la démarche radicalement inverse. De On s'Est Déjà Vu Quelque Part ? de Nuala O'Faolain, je retiendrai avant tout la postface, écrite après la sortie initiale du roman, et racontant comme l'auteur a vécu son succès et d'autres événements dramatiques, notamment le suicide d'un de ses frères. Non que le roman en lui-même n'ai pas d'intérêt, mais ça serait mentir de dire qu'il m'a totalement passionné. On s'Est Déjà Vu Quelque Part ? parlera plus particulièrement aux femmes irlandaises. Or, il est vrai qu'en tant qu'homme français, il m'était difficile de me sentir directement concerné. Cependant, cela n'enlève rien à l'intérêt intellectuel de découvrir comme ces deux identités peuvent se confronter dans ce pays encore récemment fortement marqué par une vision traditionnelle et fortement religieuse de la société, et donc du rapport entre les sexes. Femme de média, l'auteur a le mérite d'une grande sincérité. Du moins, c'est l'impression qui se dégage de son récit, avec tous les avantages et les inconvénients que cela comporte. Le principal avantage est la valeur que cela confère à ce témoignage. - [ANNA : Plus dure sera la chute](https://julienbouffartigue.net/2019/08/21/anna/) - Il est rare que l'on accomplisse un acte à portée sociale en allant au cinéma. Pourtant, aller voir Anna peut aider un homme à ne pas sombrer dans de graves difficultés financières et l'indigence. Ce n'est cependant pas par solidarité avec le porte-monnaie de Luc Besson que je suis allé voir Anna, mais simplement parce que j'admire encore le cinéaste, même si ses talents artistiques semblent fondre presque aussi vite que les bénéfices de sa société de production. Croyant une renaissance toujours possible, c'est armé d'une part de foi que je suis allé voir ce film. Mais force est de constater que le réalisateur n'a toujours pas retrouvé de réelle inspiration. Anna se situe dans la droite lignée de Nikita. Cela donne d'ailleurs l'impression que Luc Besson cherche à nous resservir une vieille recette pour assurer un succès. Malheureusement, le plat est froid et rien ne vient réchauffer les papilles du spectateur. Aucune surprise dans ce scénario totalement convenu qui ressemble à tant d'autres, dont les twists sont hyper prévisibles et qui ne contient pas un gramme d'originalité. C'est assez rythmé pour que l'on ne s'ennuie jamais, mais on a déjà oublié ce que l'on a vu à la seconde où l'on sort de la salle. Combien d'épisodes de série sont produits chaque semaine avec des récits plus aboutis que le scénario de ce film ? Des dizaines... Bref, Luc Besson semble définitivement perdu dans un monde cinématographique qui n'est plus le sien. - [FREEDOM (Amen Dunes), THINGS HAVE CHANGED (Betty LaVette), MARBLE SKIES (Django Django) : 74 ans et toutes ses dents](https://julienbouffartigue.net/2019/08/22/things-have-changed/) - On début cet avis musical avec un artiste solo, mais qui se définit comme un groupe quand il joue, Amen Dunes et son (leur) album Freedom, sorti en 2018. On est frappé par la voix légèrement discordante de Damon McMahon et dont le timbre n'est pas franchement emballant. Il nous livre un album globalement propre sur lui, mais pas hyper créatif, voire même carrément lancinant à certains moments. Au final, cela ne reste tout de même pas totalement désagréable, mais relativement transparent tout de même. Nettement plus réjouissante, la chanteuse soul Bettye LaVette et son album Things Have Changed. Une chanteuse de 74 ans donc la carrière a commencé dès 1962. Cela ne l'empêche pas d'attaquer son album par un titre très rock qui nous permet de découvrir avec beaucoup de bonheur sa voix à la fois chaude et cassée. Le reste sera dans un registre plus habituel pour elle, où elle excelle et fait preuve d'une parfaite maîtrise. Les sonorités jazzy et groove nous ravissent, même s'il manque peut-être un titre vraiment marquant pour faire sortir définitivement l'album du lot. On peut cependant retenir The Time They Are A Changin', mais à qui il manque lui aussi tout de même un petit je ne sais quoi pour être encore meilleur. - [PROMARE : Feu d'été](https://julienbouffartigue.net/2019/08/22/promare/) - Cet été cinématographique a été marqué par un grand nombre de films d'animation japonais aussi nombreux que variés. Après la poésie ésotérique (et un rien ennuyeuse) des Enfants de la Mer, voici l'action pure et dure, avec les gros robots qui vont bien, de Promare. Un anime qui pourrait paraître hyper basique de premier abord, mais qui se révèle riche et plein de bonnes surprises au final. Cela confirme surtout l'incroyable richesse du cinéma d'animation nippon qui mérite bien cette place de choix dans nos salles obscures. Promare se base sur un pitch relativement improbable. Une partie de l'humanité qui a soudainement tendance à la combustion spontanée, ce qui met le feu partout et nécessite la création d'une brigade de pompiers spécialisés et particulièrement high tech. Il est vrai que le scénario laisse quelque peu circonspect dans ses premiers instants. On se demande bien où tout cela pourrait bien nous mener, surtout vers quoi ce pourrait nous mener de vraiment intéressant. Finalement l'histoire se déroule en nous réservant quelques twists et en sortant du schéma manichéen qui semble être le sien à première vue. Le film est ponctué de quelques scènes d'action homériques dans la pure tradition du film de « mecha », mais avec infiniment plus de finesse qu'un Goldorak. Il brille enfin par une galerie de personnages assez jouissive et colorée. - [LES FAUSSAIRES DE MANHATTAN : Fausses lettres, vrai duo](https://julienbouffartigue.net/2019/08/23/les-faussaires-de-manhattan/) - Qui n'a jamais rêvé d'être un autre pour échapper la médiocrité de notre propre existence ? Allez, allez, vous pouvez l'avouer, cela arrive à tout le monde. Cela sert aussi de point de départ à de nombreuses histoires dans des genres et des contextes variés. Les Faussaires de Manhattan nous raconte exactement ce genre d'histoire. Celle d'une auteur quelque peu ratée qui connaît enfin la reconnaissance en imitant le style des autres et en créant de fausses lettres, soit autant de fausses pièces de collection que certains sont prêts à acquérir à prix d'or. Une histoire vraie qui donne un film tragi-comique relativement plaisant. Le grand mérite de les Faussaires de Manhattan est d'oser nous présenter des personnages criblés de défauts et de faiblesses. Dans un premier temps, cela peut nous conduire à les trouver particulièrement antipathiques. Mais finalement, peu à peu, on s'y attache de plus en plus. Ce processus procure à cette histoire un intérêt supplémentaire. On apprécie d'autant plus une intrigue qui sans cela n'aurait pas forcément justifié un long métrage. Elle n'est pas totalement linéaire et réserve quelques rebondissements, sans être cependant d'une incroyable intensité narrative. Avec ces deux couches, le récit possède au final une épaisseur tout à fait respectable. - [LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR, TOME 3 : L'APPRENTI (Orson Scott Card) : Go west](https://julienbouffartigue.net/2019/08/24/l-apprenti/) - Après un premier tome pas très emballant mais un deuxième plutôt passionnant, c'est avec une réelle curiosité que j'ai débuté la lecture de l'Apprenti, troisième volet de la saga Alvin le Faiseur. Une histoire étonnante qui nous emmène aux Etats-Unis à la fin du 18ème siècle, mais dans une version où la magie existe et où certaines personnes naissent dotées de pouvoirs plus ou moins extraordinaires. On suit ici les aventures d'un jeune garçon capable de commander à la matière, qu'elle soit inanimée ou vivante. Un pouvoir dont il peut se servir aussi bien pour créer que pour détruire. L'Apprenti est à l'image de la saga jusqu'à présent. Une première partie pas forcément passionnante, mais une montée en intensité de l'intrigue qui débouche sur une seconde moitié réellement prenante. Ce tome exploite pleinement des personnages désormais bien implantés dans l'esprit du lecteur, dont évidemment le personnage principal. Le récit en introduit de nouveaux, certains hauts en couleur et qui joueront très certainement un rôle dans les épisodes à venir. L'univers imaginé par Orson Scott Card est désormais vraiment mature et on prend beaucoup de plaisir à le parcourir en aussi bonne compagnie. Le récit mêle péripéties et évolutions des protagonistes pour ne jamais laisser le lecteur s'ennuyer, au moins dans la deuxième partie. - [TRANSANGELIC EXODUS (Ezra Furman), BOARDING HOUSE REACH (Jack White), TIME ELASTIC (Laish) : Expérimentations musicales](https://julienbouffartigue.net/2019/08/24/time-elastic/) - On commence avec un artiste américain, Ezra Furman, dont j'ignorais totalement le nom avant d'écouter son album Transangelic Exodus. Continuer à l'ignorer n'aurait pas représenté un grand drame car il est loin de m'avoir convaincu. L'album semble parfois avoir été enregistré dans un studio pour amateurs, vu sa piètre qualité sonore. Les titres ne sont ni harmonieux, ni énergiques, pour un résultat tristounet. Les instrumentations sont minimalistes, lentes et sans rythme. A partir du titre The Great Unknown, le 5ème de l'album, la qualité s'améliore quelque peu. Cependant, l'album ne deviendra jamais réellement marquant pour autant. On poursuit avec un de mes artistes préférés, à savoir Jack White. Même si sa carrière solo est un ton en dessous de celle qu'il a menée avec les White Stripes, c'est toujours avec impatience que je me plonge dans chacun de ses œuvres. Boarding House Reach nous plonge immédiatement dans des sonorités étranges et l'univers particulier de cet artiste. Le résultat se montre particulièrement créatif, nous entraînant dans des directions toujours différentes. Le résultat apparaît largement expérimental, pas toujours harmonieux. Un album globalement varié et inégal, mais avec de vraies prises de risque. - [PERDRIX : Fraîcheur en été](https://julienbouffartigue.net/2019/08/28/perdrix/) - Au cinéma, la folie douce est souvent vue comme une qualité, nous offrant des personnages auquel on s'attache très vite et très fortement. Dans la vraie vie, ces personnes sont plutôt considérées comme des handicapés sociaux, mais on aimerait moins le cinéma s'il n'enjolivait pas quelque peu la réalité. Le 7ème art est rempli d'histoires d'amour improbables entre des êtres pas tout à fait comme les autres, nous offrant une bonne dose de poésie et d'humour. Perdrix se situe dans cette droite lignée. Elle y prend place avec brio et beaucoup de qualité, pour un joli vent de fraîcheur alors que la température est au plus haut ces derniers jours. Perdrix est donc avant tout un film de personnage. Tout le talent d'Erwan Le Duc, dont c'est pourtant le premier film, est de nous le faire aimer immédiatement, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Mais les bons films sont comme beaucoup d'histoires d'amour, personne ne sait pourquoi elles fonctionnent, mais elles fonctionnent et c'est tout ce qui compte. Le film est particulièrement léger, donne le sourire aux lèvres du début à la fin. On ne boude donc pas son plaisir devant ce joli divertissement très réussi et plein de bonnes surprises. C'est frais et digeste, parfait pour l'été. - [LE GANGSTER, LE FLIC ET L'ASSASSIN : Coréen estival](https://julienbouffartigue.net/2019/08/31/le-gangster-le-flic-et-l-assassin/) - L'avantage du cinéma coréen est qu'il nous déçoit rarement. On peut facilement imaginer qu'il génère lui aussi régulièrement des navets, mais le filtre des distributeurs hexagonaux fait que, dans notre pays, ce sont les meilleurs films du pays du matin calme qui arrivent sur nos écrans. Une nouvelle preuve avec le Gangster, le Flic et l'Assassin, qui confirme à quel point ce pays excelle dans l'art du polar, même si celui-ci échappe à quelques attributs qui font d'habitude la particularité des polars coréens. Ce film ne comptera pas parmi les plus grands chefs d'oeuvre en provenance de Séoul, mais compte parmi les meilleurs films de cet été cinématographique. Le Gangster, le Flic et l'Assassin reste un film typiquement coréen par bien des points, mais avec peut-être une influence occidentale qui se fait plus sentir que d'habitude. Le personnage du flic ne ressemble guère à ceux que l'on voit habituellement dans ce genre de production. Cela crée un certain effet de surprise, mais cela édulcore quelque peu le mélange détonnant entre noirceur absolue et bouffonerie qui fait le charme des polars coréens. Que les amateurs éclairés se rassurent, on retrouve tout de même un mélange noirceur-humour, même si les l'humour trouve ici d'autres véhicules. Le film est un peu moins dépaysant, mais nous offre tout de même un spectacle particulièrement plaisant, avec le petit twist final qui va bien. - [CHICKEN STREET (Amanda Sthers) : Shalom Kaboul](https://julienbouffartigue.net/2021/08/10/chicken-street/) - Etre juif et vivre dans un Kaboul contrôlé par les Talibans, voici un destin que l'on n'envie pas. Chicken Street nous permet de rencontrer Simon et Alfred, les deux derniers juifs d'Afghanistan. Une idée de départ inattendue mais qui se voit considérablement enrichie par bien d'autres éléments, malgré la brièveté de ce roman, qui a - [NOMADLAND : Du bel Oscar](https://julienbouffartigue.net/2021/08/10/nomadland/) - Les films à forte dimension sociale sont toujours confrontés à un ennemi redoutable, qui peut facilement rendre leur propos beaucoup moins intéressant, voire insupportable : le misérabilisme. On peut dénoncer des situations, souligner des causes, mais le danger est de faire des personnages de simples victimes passives. Or la réalité n'est jamais aussi manichéenne et si - [ONCE UPON A TIME... IN HOLLYWOOD : Monstres sacrés](https://julienbouffartigue.net/2019/09/01/once-upon-a-time-in-hollywood/) - Des quelques réalisateurs dont le seul nom suffit à faire de la sortie de leur film un événement, Quentin Tarantino occupe une place à part. Peut-être parce que certains considèrent qu'il est le plus grand d'entre eux, mais surtout parce qu'il se fait assez rare sur les écrans pour renforcer le caractère événementiel de chacun de ses longs métrages. Son style si caractéristique continue de diviser, créant ainsi des débats sans fin et acharnés dès qu'il nous propose une nouvelle œuvre. Tout était donc réuni pour que Once Upon a Time... in Hollywood constitue l'événement cinématographique majeur de cet été, voire de l'année (enfin face à Avengers et Star Wars, c'est compliqué...). Effectivement, sa sortie alimente les discussions de tous les amateurs du 7ème art. Mais ce 9ème film de Tarantino (en comptant Kill Bill pour un seul) ne parviendra certainement pas à trancher définitivement la question. Once Upon a Time... in Hollywood est un film d'un réalisateur sûr de son art et de son talent. Il fait ce qu'il sait faire de mieux et il le fait tellement bien que cela ce suffit à lui-même. Certains y verront un manque d'audace et de renouvellement. Les autres souligneront à quel point il traite d'un sujet, d'un univers, d'une époque qui n'ont une nouvelle fois strictement rien à voir avec le reste de sa filmographie. En ce sens là, il est bien l'égal des plus grands, voire même de Stanley Kubrick. Par contre, il est vrai que pour la deuxième fois consécutive, il se laisse quelque peu aller à une sorte de cabotinage un rien paresseux, ponctuant ainsi son film de quelques longueurs que l'on peut regretter. Le phénomène est moins marqué que dans les Huit Salopards, mais on s'ennuie parfois légèrement. On est en droit d'attendre le jour où Quentin Tarantino saura vraiment réinventer totalement Quentin Tarantino. - [ROUBAIX, UNE LUMIERE : Lumière éclatante](https://julienbouffartigue.net/2019/09/02/roubaix-une-lumiere/) - Jusqu'à présent, aucun des films d'Arnaud Depleschin ne m'avait pleinement convaincu. Je continue à aller voir néanmoins sans aucune hésitation chacune de ses œuvres, car je reconnais à chacune d'elles un réel intérêt, mais gâché par un caractère inabouti et une forme qui pousse souvent le spectateur vers l'ennui. Je suis donc très heureux de dire que je suis enfin pleinement enthousiaste devant un long métrage de ce réalisateur majeur du cinéma hexagonal. En effet, Roubaix, une Lumière est un film remarquable à bien des points de vue. Le seul regret devant Roubaix, une Lumière est de constater à quel point la promotion de ce film a tenté de le faire passer pour ce qu'il n'est pas. Non, il ne s'agit certainement pas d'un polar, du moins pas au sens auquel on l'entend d'habitude. Il s'agit d'un film de personnages, d'une chronique sociale, d'un portrait de la misère qui caractérise cette ville. Le choix de le faire à travers le quotidien d'un commissariat et au final à travers une enquête policière ne constitue que le choix du support pour un propos qui va bien au-delà. Un choix judicieux car, cette fois, il détourne totalement le spectateur de l'ennui. Ce dernier peut donc apprécier pleinement le récit, ses multiples facettes et sa profondeur. - [LA VIE SCOLAIRE : Seine-St-Denis style !](https://julienbouffartigue.net/2019/09/04/la-vie-scolaire/) - Grand Corps Malade fait partie de ses gens horripilants qui font preuve d'un talent fou dans tout ce qu'ils touchent. A l'image de Orelsan avec Comme c'est Loin, il avait parfaitement réussi son passage sur grand écran avec Patients. Dans les deux cas, ces artistes nous avaient livré des œuvres très personnelles racontant en grande partie leur propre histoire. Avec la Vie Scolaire, il nous offre une œuvre plus distanciée, nous plongeant dans le quotidien d'un collège des nos jours et non à l'époque de sa propre adolescence. Il s'agit d'un exercice très différent et a priori plus difficile (même si parler de soi ne l'est pas toujours). Mais force est de constater qu'il continue de s'en sortir avec beaucoup de brio. La Vie Scolaire possède clairement moins de force que Patients. On en sort pas bouleversé, on y rit moins, on y pleure moins. Mais on en ressort la tête plein de questions, face à cette belle réflexion sur le système scolaire dans les quartiers difficiles. Une réflexion dont le plus grand mérite et le plus grand intérêt est d'embarquer dans le même élan les élèves, l'équipe éducative et même les parents (qui sont tout de même un peu plus en retrait). Traiter le problème par ces deux facettes indissociables, sans clichés, sans manichéisme n'était pas un exercice facile mais Grand Corps Malade et Medhi Idir s'en sortent beaucoup mieux que d'autres qui s'y sont essayés. Le seul reproche que l'on peut formuler à leur encontre reste l'absence d'une vraie conclusion. Certes la fin quelque peu ouverte permet à chacun de livrer sa propre interprétation, mais on aurait aimé qu'ils prennent vraiment parti. - [LATE NIGHT : Trop bonnes intentions](https://julienbouffartigue.net/2019/09/05/late-night/) - Beaucoup de films américains se caractérisent par de bonnes intentions un rien lourdingues, mais que l'on pardonne aisément car le reste est généralement assez bien foutu pour nous faire passer un excellent moment. Mais parfois le premier aspect l'emporte un peu trop sur l'autre pour que se montrer totalement magnanime. Late Night n'est pas foncièrement un mauvais film. Il comporte même pas mal de bonnes idées et des personnages plutôt réussis. Malheureusement, certaines ficelles sont bien trop grosses pour être honnêtes. Quand bien même les intentions étaient les meilleures du monde. Late Night est un film féministe et souligne la richesse que procure la diversité culturelle. Dit comme cela, on ne peut évidemment qu'adhérer. Mais quand cela est mis en avant sans aucune subtilité, rendant une bonne partie de l'histoire cousue de fil blanc, on déchante quelque peu. Tout cela pour nous amener à un épilogue de quelques secondes tellement risible qu'il enlève la dernière couche de crédibilité que le propos pouvait encore garder. C'est dommage, parce qu'avant cela, on a parfois bien ri, on a fini par aimer tous ces personnages. Bref, on a été diverti comme le film nous le promettait. Mais l'indulgence du spectateur a ses limites. - [THALASSO : Le grand néant](https://julienbouffartigue.net/2019/09/08/thalasso/) - Aller voir un film centré sur deux personnalités (je ne parle pas des artistes) que je déteste au plus haut point peut d'apparenter à une forme de masochisme. Peut-être s'agit-il d'une sorte de curiosité voyeuriste, un peu comme les petits vieux qui espionnent leurs voisins qu'ils méprisent par l'œilleton. Je retiendrai donc cette dernière raison liée à mon grand âge pour expliquer pourquoi j'ai été voir Thalasso. Cependant, vu mon manque d'enthousiasme vis-à-vis de ce film (doux euphémisme), je me dis que les années qui passent n'apportent pas qu'une sagesse susceptible de vous faire faire les bons choix. Pendant une petite moitié, le film intrigue assez pour capter l'attention du spectateur. Michel Houellebecq et Gérard Depardieu sont égaux à eux-mêmes, tout en s'auto-parodiant de manière assez savoureuse. Ils ont bien des défauts, mais ne manquent sûrement pas d'autodérision. On s'en amuse, on sourit et on finit surtout par s'en lasser. Parce qu'au-delà de ça, Thalasso s'apparente à un grand néant. Le fil rouge narratif qui finit par se superposer a ce double numéro de cabotinage ne présente strictement aucun intérêt, même s'il parlera peut-être de manière plus flagrante à ceux qui ont vu l'Enlèvement de Michel Houellebecq, dont il fait réapparaître les principaux personnages. Les autres se contrefoutent royalement de cette histoire de vieille dame fugueuse qui finit par prendre toute la place. Cela nous mène à un final qui sonne avant tout comme un aveu d'impuissance, Guillaume Nicloux se montrant incapable d'apporter une conclusion à une histoire qui n'en est pas vraiment une. - [LES HIRONDELLES DE KABOUL : Loin du printemps](https://julienbouffartigue.net/2019/09/11/les-hirondelles-de-kaboul/) - On associe facilement le cinéma d'animation avec l'enfance, l'humour et la légèreté. Bon tous ceux qui ont vu le Tombeau des Lucioles ou Valse avec Bachir savent qu'il peut aussi rimer avec gravité et drame. Ceux qui verront les Hirondelles de Kaboul en seront définitivement convaincus. Ce joli moment d'animation, sous la direction de Zabou Breitman, nous emmène au cœur de l'Afghanistan du temps où les Talibans régnaient en maîtres dans la capitale. Autant vous dire que cela ne ressemblait pas vraiment au Club Med, surtout pour les femmes éprises de liberté et d'art, comme l'héroïne de cette histoire. Mais la tyrannie aura brisé bien des destins et ces quelques images animées leur rend un très bel hommage. Les Hirondelles de Kaboul semble être dans un premier temps un film chorale. Le scénario finira par relier tous les fils de l'histoire pour montrer à quel point l'horreur aura touché l'ensemble des Afghans, quels que soient leur âge ou leur histoire. La narration nous fait découvrir peu à peu qui ils sont. Assez progressivement pour maintenir éveillé la curiosité du spectateur, sans en faire trop pour respecter la gravité du sujet. Dans ce film, se mêlent l'humain et l'inhumain, c'est ce qui fait sa force et sa richesse. On y trouve des bons et des méchants, des victimes et des bourreaux, mais sans manichéisme. Chaque personnage possède sa zone grise, ce qui le rend soit terriblement attachant, soit terriblement effrayant. - [L'AME DU TEMPLE, TOME 2 : LA PIERRE NOIRE (Robyn Young) : Plaisante croisade](https://julienbouffartigue.net/2019/09/14/la-pierre-noire/) - L'été on a envie de contrées ensoleillées, proches de la mer et en bonne compagnie. Donc quoi de mieux qu'un voyage sur les rives orientales de la Méditerranée ? Bon, évidemment, le voyage est moins plaisant quand il est émaillé de violence et de sang. Retourner au temps des croisades ne s'apparente pas vraiment à un voyage touristique. Mais quand il se fait au travers d'un roman, il peut agrémenter d'excellentes vacances. Surtout un roman de qualité comme le deuxième tome de l'Ame du Temple, intitulé la Pierre Noire. Une suite qui confirme toutes les qualités du premier volet et nous rend impatient de lire le troisième et ultime. La Pierre Noire est un roman d'aventures historiques comme on les aime, où se mêlent les événements historiques et des intrigues et des personnages sortis uniquement de l'imagination de l'auteur. Et Robyn Young n'en manque pas. Le récit est particulièrement riche. C'est heureux d'ailleurs car il s'étale sur plus de huit cents pages. Mais jamais une seule seconde on ne s'ennuie. Le style particulièrement léger et vivant fait que l'on a jamais l'impression d'être au milieu d'un pavé. Les intrigues se succèdent et se multiplient à un rythme particulièrement soutenu. Tout cela se déroule dans une grande clarté, surtout s'il on pense à consulter l'index des personnages qui se trouve à la fin du roman. - [THE LOOKOUT (Laura Veirs), UTOPIOID (Rosetta), ALL NERVES (The Breeders) : A la rentrée, j'oublie tout](https://julienbouffartigue.net/2019/09/16/all-nerves/) - On commence avec Laura Veirs, une artiste américaine, et son album The Lookout, sorti en 2018. On est accueilli par beaucoup de douceur et sa jolie voix. Le résultat est propre sur lui et maîtrisé. Mais on peut aussi le qualifier d'assez plat et de gentillet. Certains titres sont même carrément lancinants ou beaucoup d'entre eux proposent de petites mélodies assez agaçantes. La bonne impression initiale s'efface donc rapidement et on peut facilement oublier cet album. On reste aux Etats-Unis avec le groupe Rosetta et leur album Utopiod. Il nous entraîne dans une ambiance éthérée. Malheureusement, le résultat n'est pas très joli, ni très harmonieux. Pour tout dire, c'est même assez ennuyeux et sans intérêt au fond. Il y a de maîtrise certes, mais pour un résultat tout simplement transparent. Donc à quoi bon ? - [DEUX MOI : Chacun cherche son Klapisch](https://julienbouffartigue.net/2019/09/29/deux-moi/) - Cédric Klapisch est un réalisateur plutôt sympathique, qui fait des films sympathiques, qui peuvent même devenir culte à l'occasion (l'Auberge Espagnole en particulier). Sa filmographie ne compte pas de grands chefs d'œuvre, mais la qualité constante de son travail fait de lui un réalisateur qui compte. Il fait incontestablement partie du club restreint des réalisateurs dont on va voir le nouveau film en disant "je vais voir le dernier...". En allant voir Deux Moi, je me suis effectivement dit que j'allais voir le dernier Klapisch. Et comme d'habitude, sans être totalement bouleversé par la qualité du film, j'aurais passé un moment fort agréable. Et j'espère sincèrement que ce ne sera pas le dernier. Deux Moi, comme son nom l'indique, est un film centré sur des personnages qui se comptent au nombre de deux. Le Moi en question est bien le moi freudien, avec deux protagonistes en quête d'eux-mêmes. C'est peut-être moins trépidant que des quêtes héroïques, pleines d'aventures et de dangers, mais au moins cela pourra parler à tout un chacun. Les deux personnages se montrent immédiatement attachants, assez en tout cas pour s'intéresser tout de suite à cette histoire. Et comme l'attachement ne fait que grandir, l'intérêt du spectateur ne faiblit jamais. Cela compense largement un fond narratif un peu léger, au bon sens du terme... mais aussi dans un sens un peu plus péjoratif. C'est plus plaisant que réellement profond. - [PLAYLIST : L'amour toujours](https://julienbouffartigue.net/2021/08/09/playlist/) - L'amour, l'amour, toujours l'amour... Il façonne nos existences et nous passons notre vie à savoir comment vivre avec pour que le bonheur qu'il nous apporte dépasse définitivement la peine qu'il nous cause parfois. Cela s'appelle grandir, mûrir.. pour ne pas dire vieillir. Il se trouve donc au cœur des innombrables récits d'apprentissage peuplant littérature et - [PROMISING YOUNG WOMAN : Débuts prometteurs](https://julienbouffartigue.net/2021/08/09/promising-young-woman/) - Oscar du meilleur scénario original, Promising Young Woman fait partie de ces films qui peuvent parfois décevoir les spectateurs à l'esprit des plus étroits. En effet, difficile de le ranger dans une case bien déterminée. Ce n'est ni vraiment une comédie, ni un polar, ni film social. Aller le voir avec des attentes très précises - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 17: Au-revoir Tokyo, rendez-vous à Paris](https://julienbouffartigue.net/2021/08/08/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-17/) - Voilà, c'est fini... Je ne dirai pas « déjà » parce qu'après une telle dose de sports et de réveils extrêmement matinaux, on a légèrement envie de passer à autre chose et de faire à nouveau une grasse matinée. Les Jeux Olympiques de Tokyo viennent de s'achever par une belle cérémonie de clôture, à l'image des quinze - [AUDREY HEPBURN](https://julienbouffartigue.net/2009/08/15/audrey-hepburn/) - udrey Hepburn est née le 4 mai 1929 à Bruxelles. De son vrai nom Edda Kathleen van Heemstra Hepburn-Ruston, elle est la fille de Joseph Hepburn-Ruston, un banquier irlandais et de Ella van Heemstra, riche baronne hollandaise. En 1935, son père quitte le foyer familial sans laisser d’adresse, tandis qu’elle commence les cours de danse - [TU MERITES UN AMOUR : Tout le mérite pour Hafsia Herzi](https://julienbouffartigue.net/2019/10/05/tu-merites-un-amour/) - Il est des artistes qui gagnent à être connus et reconnus. Hafsia Herzi en fait partie. On avait déjà pu entrapercevoir ses talents de comédiennes à travers plusieurs seconds rôles, notamment dans les films d'Abdelatif Kechiche. Avec Tu Mérites un Amour, on découvre qu'elle possède tout l'envergure nécessaire pour occuper un premier et beau rôle, mais surtout qu'elle est aussi un réalisatrice prometteuse, en même temps qu'une scénariste particulièrement douée et même une productrice de qualité. Bref, beaucoup de cordes à l'arc d'une jeune femme qui pourrait bien compter pour le cinéma français dans les années qui viennent. En tout cas, ce premier film est vraiment réussi et donne envie qu'il ne soit que le premier d'une longue filmographie. Tu Mérites un Amour est un film sur... l'amour. Sans déconner ? Mais ne vous attendez surtout pas à un film fleur bleu et gentillet. L'amour dont on parle ici est celui qui peut détruire, vous pousser irrésistiblement vers quelqu'un qui vous fait du mal, mais dont on ne peut se détacher. Cependant, le propos n'est pas totalement sombre. Il porte avant tout sur la difficulté, mais par la même la possibilité, de se reconstruire, de retrouver la confiance et l'assurance indispensables pour enfin aimer quelqu'un qui vous apprécie à votre juste valeur. Difficile de ne pas voir dans cette histoire des échos d'une situation auquel on a assisté, dans sa propre existence, en tant que spectateur ou même évidemment en tant qu'acteur. - [CA : CHAPITRE 2 : Ah Ca ira !](https://julienbouffartigue.net/2019/10/06/ca-chapitre-2/) - Ca : Chapitre 1 avait constitué une excellente surprise. L'œuvre culte de Stephen King ne s'annonçait pas facile à adapter de manière convaincante. La première partie s'était montrée à la hauteur, mais au prix d'un choix fort...et discutable. En effet, en traitant uniquement de la partie « enfance » de l'histoire, elle brisait un des principaux intérêts du roman, à savoir les allers et retours constants entre deux époques. Malgré cela, le film fonctionnait assez bien et on se montrait particulièrement curieux de la manière dont le scénario traiterait la partie « adulte » dans Ca Chapitre 2 pour rendre le résultat tout aussi convaincant. Mais en reniant le choix initial, l'histoire ne possède plus tout à fait la même force. La tentation était trop grande pour ne pas finalement y revenir. En effet, Ca : Chapitre 2 nous propose bien des allers et retours constants entre les deux époques. Mais que reste-t-il à raconter pour la partie enfance ? Rien de terriblement nouveau en tout cas et les nombreuses scènes du film nous ramenant dans le passé sentent passablement le réchauffé. C'est vraiment regrettable car le récit adulte est vraiment réussi, apporte un souffle nouveau et permet vraiment à l'histoire de rebondir. Mais une fois dit cela, je me dois d'admettre que malgré les 2h50 du film, je n'ai pas du tout vu le temps passer. Je ne peux donc pas me montrer totalement critique face à un film qui m'aura tout de même fait perdre la notion du temps, porté par une tension permanente, qui fait parfois fermer les yeux de peur de voir ce qui va se passer ensuite. - [PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU : De braise](https://julienbouffartigue.net/2019/10/06/portrait-de-la-jeune-fille-en-feu/) - Les arts peuvent se sublimer mutuellement quand ils se mélangent. Certaines associations se font tout naturellement, comme le cinéma et la musique, qui sont souvent intimement liés. Par contre, tout pourrait opposer la peinture et le cinéma. L'image statique contre l'image animée. Pourtant, la création picturale nous a offert bien de beaux et grands films. Une nouvelle preuve avec Portrait de la Jeune Fille en Feu. Certes, les thèmes abordés sont bien plus nombreux et le propos plus large, mais force est de constater que c'est bien à travers des moments de création que l'intrigue prend toute sa dimension. Céline Sciamma et Adèle Haenel se sont révélées en même temps en 2007 avant Naissance des Pieuvres. Les voilà à nouveau réunies et on ne peut que souligner la synergie qui continue d'exister entre la réalisatrice et son actrice. Mais Portrait de la Jeune Fille en Feu repose sur un trio de grand talent, puisque Noémie Merlant porte elle aussi une grande partie de ce film sur ses épaules. Il s'agit là d'une vraie et belle révélation, pour une actrice qui n'avait jusqu'alors connu que des seconds rôles et souvent dans des films passés relativement inaperçus. L'histoire reposant très fortement sur les émotions et les sentiments traversant les personnages, la qualité de l'interprétation constitue un élément central de ce film et explique largement pourquoi il est aussi réussi. - [AD ASTRA : 2019, l'Odysée de Brad Pitt](https://julienbouffartigue.net/2019/10/06/ad-astra/) - Il vaut mieux souvent la qualité que la quantité. Voilà ce que doit se dire James Gray. Entre chacun de ses films passent généralement plusieurs années. Mais c'est le plus souvent pour nous proposer de grands et beaux longs métrages. Peu de réalisateurs possèdent son talent et son sens profond de l'esthétique. Avec Ad Astra, il prouve une nouvelle fois sa capacité à proposer des images sublimes au service d'un propos d'une grande profondeur. Mais il nous rappelle aussi que la perfection n'est pas de ce monde. En effet, peut lui reprocher une nouvelle fois un sens de la narration parfois un peu défaillant. Ad Astra restera à n'en pas douter un des meilleurs films de cette année cinématographique. On pourra cependant regretter d'être passé si près d'un immense chef d'œuvre. En effet, l'histoire, et notamment le dénouement, est pollué par des petits détails pas du tout crédibles, même pour ceux, qui comme moi, ne sont pas ingénieur aérospatial. C'est dommage car cela vient couper l'émotion dans son élan. Un élan pourtant puissant, impulsé par une histoire aussi passionnante que magnifique et des images sublimes. Ce n'est certes pas la première fois que l'espace intersidéral sert de base à une réflexion quelque peu ésotérique sur le sens de la vie (2001, Interstellar...), mais celui-ci à quelque chose de singulier du fait de la personnalité artistique affirmée de son réalisateur. - [UN JOUR DE PLUIE A NEW YORK : Back home](https://julienbouffartigue.net/2019/10/07/un-jour-de-pluie-a-new-york/) - Chaque année, inexorablement, revient le Beaujolais nouveau. C'est un repère, un rituel, qui marque le cours des années. Au cinéma, c'est un peu la même chose avec le Woody Allen nouveau. Sauf que ses films sont nettement plus savoureux que la piquette infâme au goût de banane. Une nouvelle preuve avec Un Jour de Pluie à New York. Un plat particulièrement léger, mais avec cette petite pointe d'épice qui fait toute la différence. Une nouvelle ode à une des grandes cités de ce monde, après Londres, Rome et Paris. Un film qui permet au réalisateur de revenir chez lui. Et quoi de mieux que de se sentir chez soi ? Un Jour de Pluie à New York est un vaudeville des plus classiques. Il est également dans sa forme un Woody Allen des plus classiques. Bref, pas de grande surprise ou d'originalité délirante donc, mais la parfaite maîtrise d'un réalisateur qui n'a plus rien à prouver depuis longtemps. Un grand classicisme ne signifie en rien une qualité moyenne. Ce film se démarque par bien des points des productions les plus courantes. Un humour subtil et incisif tout d'abord, qui se moque des New-Yorkais pour mieux nous faire aimer New York. Un vrai sens de la narration, et en particulier de son rythme, qualité indispensable pour vrai bon vaudeville. - [FUGUE EN NIMES MAJEUR (Monique Demerson) : Poulpe à plat](https://julienbouffartigue.net/2019/10/09/fugue-en-nimes-majeur/) - Une série aux multiples tomes est déjà forcément inégale. Mais quand en plus chaque épisode est écrit par un auteur différent, elle est forcément sujette à des hauts et des bas. Dans la série du Poulpe, Fugue en Nîmes Majeur de Monique Demerson constitue incontestablement un point bas. Il en faut, donc on en tiendra donc pas trop rigueur à son auteur et on ne lassera pas pour si peu de ce personnage attachant, qui méritait mieux pour le coup. L'avantage est que le roman étant particulièrement court, on passe vite à autre chose. L'intrigue de Fugue en Nîmes Majeur change quelque peu des intrigues habituelles du Poulpe. Pas de meurtre... enfin si un, mais qui restera au final assez anecdotique, mais une course poursuite pas très passionnante au milieu de la feria de Nîmes (d'où le titre). Le manque d'épaisseur de l'enjeu fait que l'on a bien du mal à s'intéresser à ce qui se passe. Les premières pages étaient pourtant prometteuses, mais le souffle retombe très vite et le roman se termine alors qu'on a l'impression qu'il n'avait jamais commencé. Comme quoi le changement, ça n'a pas toujours du bon ! - [DOWNTON ABBEY : For fans only](https://julienbouffartigue.net/2019/10/11/downton-abbey/) - Je suis le premier à relativiser certaines de mes critiques de films qui s'adressent avant tout à un public qui connaît déjà l'univers dans lequel il se déroule. Forcément, le regard entre le fan qui le connaît déjà sur le bout des doigts et le novice n'est pas du tout le même. D'habitude, je me trouve dans la position du fan et je dois reconnaître que mon enthousiasme est tout relatif. En allant voir Downton Abbey, série dont je n'ai jamais vu un seul épisode et dont je ne savais pas grand chose, je me suis retrouvé dans la situation exactement inverse. Evidemment, quand il vous manque six saisons, vous n'attaquez pas une histoire en ayant toutes les armes pour l'apprécier. Etre jeté directement dans le grand bain ne constitue pas toujours, voire jamais, la meilleure façon d'apprendre à nager. Mettre un orteil après l'autre dans l'eau représente souvent une façon beaucoup plus adéquate de se faire la main. Donc plonger dans un univers complexe, peuplé d'une foule de personnages, sans aucune scène d'introduction de qui ou quoi que ce soit, ressemble plus à une noyade qu'à un apprentissage accéléré. Certes, j'ai terminé Downton Abbey en comprenant qui est qui, mais sans savoir eu le temps, ni l'occasion de s'attacher à eux. Et du coup, difficile de trouver le moindre charme à cette histoire quasiment entièrement basée sur eux. - [LES SPELLMAN CONTRE-ATTAQUENT ! : Petit coup de mou](https://julienbouffartigue.net/2019/10/12/les-spellman-contre-attaquent/) - Des personnages attachants constituent incontestablement un atout majeur pour toute série. Un atout qui a l'avantage non négligeable de rendre le lecteur (mais ça marche aussi avec le spectateur) relativement indulgent en cas de moment faible de l'intrigue proprement dite. En effet, le bonheur de retrouver les personnages, devenus des proches, presque des amis, suffit presque à lui-même. La preuve avec les Spellman Contre-Attaquent ! qui souffre de bien des faiblesses, mais qu'on a tout de même plaisir à lire. Les Spellman Contre-Attaquent souffre d'un manque d'inspiration. En effet, si le récit concernant les relations entre les personnages possède l'épaisseur habituelle, peut-être un peu déjanté cependant. Il faut dire qu'ils vieillissent et que l'auteur décrit parfaitement la maturité qui vient, mais cela rend leurs mésaventures un peu moins jouissives. Cependant, comme je l'ai dit plus haut, on est tellement attaché à eux qu'on suit tout de même cette évolution avec délectation. Par contre, l'aspect enquête policière qui va avec (les Spellman restent avant tout une famille de détectives privés) est vraiment faiblarde et ne nous permet pas de nous montrer aussi enthousiaste que pour les épisodes précédents. - [CEUX QUI TRAVAILLENT : En altitude](https://julienbouffartigue.net/2019/10/17/ceux-qui-travaillent/) - Les rapports professionnels et le chômage sont des sujets classiques du cinéma français. Ces sujets sont le plus souvent traités à l'échelle d'un destin individuel. Les grands films politiques sont plutôt l'apanage du cinéma américain. Ceux qui Travaillent semble à première vue rentrer dans la première catégorie. Mais il tente cependant de livrer un propos beaucoup plus large. Et c'est finalement quand il prend de la hauteur que le film trouve son principal intérêt, au-delà de ses réelles faiblesses. L'histoire d'un homme perdant son travail et devant affronter le regard de sa famille et de ses proches est somme toute particulièrement classique. Dans Ceux qui Travaillent, ce sont les événements qui conduisent à cette perte d'emploi qui le sont nettement moins. Ils servent de base à une réflexion plus générale sur notre rapport au travail et surtout sur notre société de consommation et le prix à payer pour la faire vivre. Un prix souvent payé par d'autres que ceux qui en profitent. Malheureusement, tout cela émerge au milieu de nombreuses séquences qui s'apparentent à des clichés ou même de passages et de dialogues guère crédibles. - [ALICE ET LE MAIRE : Naissance des idées](https://julienbouffartigue.net/2019/10/17/alice-et-le-maire/) - Quand un film aborde un sujet que l'on connaît particulièrement bien, on le regarde forcément un œil quelque peu différent. Pas forcément plus critique ou au contraire plus indulgent que pour un béotien, mais qui donne un jugement basé sur des critères quelque peu différents. On jugera évidemment avant tout de la crédibilité du propos, mais aussi la capacité de ce dernier à aller au-delà des évidences et des clichés. En tant que militant et ancien élu socialiste, c'est avec ce regard particulier que j'ai pu voir Alice et le Maire. Le film nous plonge dans les coulisses de la construction des idées et des programmes politiques. Un film qui a surtout le bon goût de ne pas nous livrer un discours manichéen et facile sur ce monde objet de bien des fantasmes. Car celui-ci, comme d'autres, s'avère bien plus complexe que ce que l'on imagine. Alice et le Maire n'est pas le récit de la conquête du pouvoir. C'est en ça qu'il se démarque de beaucoup de films consacrés à la politique. C'est un film sur la manière dont les programmes s'élaborent. Le principal objet du scénario, ce sont les idées. Pourtant, le film n'a rien de contemplatif. Nicolas Pariser nous livre un vrai récit, sous-tendu par une tension narrative réelle. Les relations entre les personnages sont subtiles. Quand elles semblent cousues de fil blanc, elles finissent par prendre une direction différente de ce que l'on aurait pu imaginer à première vue. Les fils des intrigues se confondent donc avec eux qui relient les protagonistes et on se laisse prendre avec plaisir dans ce filet. Ce filet compte évidemment un fil plus important que les autres, celui qui relie les deux personnages ayant donné son titre au film. - [AU NOM DE LA TERRE : Tout autour de la terre](https://julienbouffartigue.net/2019/10/26/au-nom-de-la-terre/) - J'ai déjà proposé pour ma précédente critique, celle d'Alice et le Maire, une introduction tournant autour du fait de bien connaître le sujet dont traite un film. J'ai donc quelques scrupules à utiliser le même procédé pour introduire celle sur Au Nom de la Terre. J'ai en effet la chance, parce que c'est une chance, de travailler en prise directe avec le milieu agricole et de bien connaître, par la même occasion, ses acteurs principaux, à savoir les agriculteurs. La sortie du film a provoqué beaucoup d'émotion au sein de ce monde qui vit des heures passablement difficiles. Restait à savoir si l'émotion n'allait pas troubler le jugement sur ce film. Au Nom de la Terre évite le plus grand piège dans lequel il aurait pu tomber. En effet, il ne nous livre pas un propos manichéen. Ce n'est pas l'histoire d'une victime d'un système. Le propos n'élude la responsabilité de personne et sûrement pas celle du personnage principal. La figure du grand-père est particulièrement révélatrice. Il apparaît à la fois comme un sage qui sent venir la catastrophe, mais aussi comme un homme froid et insensible à la détresse de son fils. Le film dit beaucoup sur l'ambiguïté des valeurs paysannes et notamment ce rapport si particulier au foncier. On voit que rien n'a vraiment changé depuis la Terre d'Emile Zola. - [JOKER : Magistral](https://julienbouffartigue.net/2019/10/27/joker/) - Ce qui rend le héros d'une histoire vraiment mythique, c'est souvent avant tout la qualité du méchant auquel il fait face. On apprécie Luke Skywalker, mais c'est avant tout Darth Vador que l'on aime. Pour Batman, c'est quand le Joker apparaît que l'œuvre prend toute sa dimension, en particulier au cinéma. L'annonce d'un film lui étant entièrement consacré a donc fait naître beaucoup d'attentes, surtout quand on a appris qu'il serait interprété par Joaquin Phoenix. Par contre, le nom de Todd Philipps à la réalisation pouvait faire naître quelques doutes, du fait d'un passé cinématographique essentiellement tourné vers la comédie. Mais il signe finalement une œuvre magistrale, portée par une vraie synergie entre le cinéaste et son interprète. Joker n'a vraiment rien d'un film de super-héros. On retrouve pourtant bien des éléments de l'univers de Batman avec la vision d'un Gotham City décadent, où la violence semble prête à exploser à tout moment . Quelques clins d'œil aux origines de l'homme chauve-souris aussi. Mais ça s'arrête là. Je ne sais pas quel serait le regard d'un spectateur ne connaissant rien du personnage et du monde dans lequel il évolue, mais il y a des chances qu'il prenne lui aussi beaucoup de plaisir à suivre cette histoire. L'histoire d'un homme qui sombre dans une folie violente en même tant que toute une société. Ce parallèle entre les destins individuels et collectifs forme la colonne vertébrale du film et toute la force du message. Oubliez les parallèles hasardeux avec la situation actuelle en France formulés par certains. Cette histoire est profondément intemporelle et universelle. - [FREEDOM'S GOBLIN (Ty Segall), THANKS FOR LISTENNING (Chris Tile), TRIBUTE TO 2 (Chris Tile) : Born in the USA](https://julienbouffartigue.net/2019/10/28/thanks-for-listenning/) - On débute cette avis musical avec Freedom's Goblin du compositeur et interprète américain Ty Segall, sorti en 2018. Cet album débute par du rock percutant aux accents rétros. La suite s'avère malheureusement nettement plus transparente. C'est maîtrisé mais pas toujours hyper intéressant. Les titres sont plutôt variés entre eux, mais souvent lancinants, avec quelques très longs passages instrumentaux. Cela tire même parfois sur le franchement n'importe quoi. Au global, l'album est vraiment inégal, avec seulement un tiers des morceaux que l'on puisse qualifier de bons. On enchaîne avec un autre artiste américain, à savoir Chris Tile et son album Thanks for Listenning. On est tout de suite saisi par sa voix pleine de conviction qui vient se poser sur des instrumentations minimalistes. Cela titille la curiosité et on plonge dans cette atmosphère quelque éthérée, aux accents jazz, un rien dandy. Le tout est varié, maîtrisé, toujours agréable et dans la douceur. Un album vraiment sympa et surtout particulièrement reposant pour les oreilles. - [PAPICHA : Un destin, un pays](https://julienbouffartigue.net/2019/10/31/papicha/) - Certains films vous permettent de prendre conscience du côté dérisoire de certains débats qui enflamment l'actualité. Quand on parle sans fin d'un bout de tissu jusqu'à la nausée, Papicha nous rappelle ce qu'est vraiment l'islamisme et que ses premières victimes, dans une absolue majorité, sont des musulmans, y compris des femmes portant pourtant le voile. Il permet de mieux comprendre le basculement dans l'horreur de la société algérienne au début des années 90. Mais ce film reste avant tout un très beau portrait d'une jeune femme éprise de liberté et pleine d'ambition. Papicha est un film humaniste, avant même d'être un film politique. C'est par un destin individuel que l'on suit le destin de tout un pays. On ne peut que s'attacher profondément au personnage principal, pourtant pas dénué de défaut. Cette jeune fille force notre admiration en même temps que notre affection. On partage sa colère face à un monde qui s'écroule et les murs qui se dressent. On partage ses espoirs de prouver sa valeur au monde et de trouver le bonheur malgré tout. Et bien sûr, on partage également les moments dramatiques. Ce mélange d'émotions, fortes et sincères, donne toute la dimension de ce film salutaire et bouleversant. - [BEL AMI (Maupassant) : Ascension boudoir](https://julienbouffartigue.net/2019/10/31/bel-ami/) - Le 19ème siècle reste décidément pour moi l'âge d'or de la littérature. Je rêverai de posséder un style aussi puissant et une maîtrise de la langue aussi totale que Victor Hugo, Honoré de Balzac, Gustave Flaubert, Emile Zola ou encore Guy de Maupassant. Pour ce dernier, j'étais moins convaincu car je connaissais finalement assez peu son œuvre. Je me suis donc décidé (enfin au hasard des livres ramassés dans la rue) à lire Bel Ami, sans savoir grand chose d'autre qu'il s'agit d'un des plus grands classiques de la littérature française. Je sais désormais pourquoi. Bel Ami est une œuvre étonnante par son aspect profondément et ouvertement immoral. Le personnage principal, un arriviste qui utilise son charme pour manipuler les femmes et arriver à ses fins, est un anti-héros qui inspire autant de fascination que de dégoût. Ses victimes ne sont pas toutes des modèles de vertu, mais difficile de cautionner toutes les manœuvres qu'il entreprend pour gravi les échelons de la société. On comprend aisément que derrière tout cela, il y a une dénonciation forte de l'hypocrisie de l'époque et des valeurs morales prônées par une bourgeoisie qui ne les appliquait guère pour elle-même. On retrouve l'esprit de Pot Bouille d'Emile Zola avec un mordant encore plus fort à mon sens. - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 16: Le grand pardon](https://julienbouffartigue.net/2021/08/07/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-16/) - Je leur pardonne ! Oui, aujourd'hui, je peux enfin pardonner à tous les professeurs d'EPS qui m'ont forcé à jouer à ce sport horrible qu'est le volley-ball. Ceux qui me connaissent diront que j'aurais dû aimer un sport où on a rarement besoin de courir, mais je leur rappellerai que c'est avant tout un sport d'adresse - [VERS LA BATAILLE : Tout petit](https://julienbouffartigue.net/2021/08/08/vers-la-bataille/) - Le manque de moyens n'est pas toujours rédhibitoire pour réaliser un film qui puisse être pleinement apprécié par les spectateurs. Parfois cependant, cela ressemble à un petit grain de sable qui vient se glisser dans la chaussure de l'audience. Ainsi, pendant Vers la Bataille, je n'ai pas arrêté de me dire : ça n'a clairement pas - [HOSPITALITE : Surfer sur la vague](https://julienbouffartigue.net/2021/08/08/hospitalite/) - Les distributeurs sont des personnes opportunistes et il faut bien admettre qu'ils ont bien raison de l'être. Si une vague de succès se présente, pourquoi effectivement ne pas surfer dessus. Donc, pourquoi ne profiteraient-ils pas de l'immense succès de Parasite et du regain d'intérêt qu'il a provoqué pour le cinéma est-asiatique pour ne pas ressortir - [HORS NORMES : L'humain d'abord](https://julienbouffartigue.net/2019/11/02/hors-normes/) - Connaître un jour dans sa carrière d'artiste un immense succès représente évidemment avant tout une chance, que chaque créateur, qu'il l'avoue ou non, rêve d'avoir. Cependant, c'est également potentiellement aussi comme une malédiction, car l'artiste se trouver renvoyer encore et toujours à cette œuvre. Avec l'incroyable succès d'Intouchables, Eric Toledano et Olivier Nakache ont acquis un statut à part dans le cinéma français. Mais on attend désormais d'eux qu'il fasse aussi bien (si cette expression a un sens). Avec le Sens de la Fête, ils sont déjà parvenus à connaître un nouveau grand succès dans un style un peu différent. Avec Hors Normes, ils reviennent à ce qu'ils savent faire le mieux, comme s'ils ne pouvaient s'en éloigner trop longtemps. Mais force est de constater que le succès risque d'être à nouveau au rendez-vous. La grande force d'Eric Toledano et Olivier Nakache reste leur capacité à ne jamais confondre les bons et les beaux sentiments. Hors Normes n'est certainement pas un film qui se contente d'une émotion facile. C'est un film humaniste, au sens profond du terme, rempli de personnages à qui l'histoire donne une véritable épaisseur, sans les enfermer dans un rôle précis et encore dans leur handicap quand ils en ont un. Le tout est porté par des intrigues multiples qui créent une vraie tension narrative constante. Bref, ce n'est ni larmoyant, ni contemplatif et on passe un vrai bon moment plein de rires, de larmes, de découvertes et de jolies rencontres. Il faut beaucoup de talent pour parvenir à faire ça avec un sujet qui tendait une multitude de pièges à celui comptant s'y attaquer. - [MATTHIAS & MAXIME : Maltraitance de sujet](https://julienbouffartigue.net/2019/11/03/matthias-et-maxime/) - Xavier Dolan est un génie, ceci est relativement incontestable. Mais être un génie ne signifie pas toujours ne produire que des œuvres géniales. Il faut savoir utiliser l'immensité de son talent à bon escient et ne pas se reposer uniquement sur lui avec complaisance. Juste la Fin du Monde, Ma Vie avec F.Donovan étaient des films formellement brillants, mais où il manquait cette étincelle pour enthousiasmer pleinement. Matthias et Maxime, à travers sa bande-annonce, semblait prometteur, dans une ambiance plus intime, plus québecoise, bref plus proche de son auteur. Mais un scénario guère convaincant ne parvient pas à nous faire apprécier pleinement la maestria de la forme. Matthias et Maxime fait à mon sens typiquement partie des films où on est censé s'émouvoir face à un personnage qui se comporte comme un crétin, combien même il a quelques raisons compréhensibles pour agir ainsi. Je n'ai ressenti aucune compassion, aucune émotion face à un comportement juste exécrable. Incapable de rentrer dans l'histoire, je me suis ennuyé ferme. Et je n'ai pas non plus été convaincu face à une conclusion d'une banalité confondante, qui inspire un simple « tout ça, pour ça ». La valeur du sujet valait un tout autre scénario, car ce dernier ici ne vaut vraiment pas un film. Bref, on est face à un cas clair de maltraitance de sujet. - [AU BOUT DU MONDE : Lost in Translation](https://julienbouffartigue.net/2019/11/05/au-bout-du-monde/) - Quand on va voir un film d'un réalisateur qui nous avait habitué à des œuvres quelque peu décalées, on se montre forcément quelque peu décontenancé quand il revient à une certaine normalité. C'est ce que l'on peut ressentir devant Au Bout du Monde, œuvre de Kiyoshi Kurosawa. Mais ce qu'il y a d'encore plus troublant est la parenté évidente avec Lost in Translation, même si c'est cette fois une Japonaise qui se retrouve loin de chez elle, incapable de communiquer avec la population locale. Difficile dans ces conditions d'entrer complètement dans un film très beau par ailleurs. Je ne sais pas si tous les spectateurs auront envie de passer leurs prochaines vacances en Ouzbékistan, mais au moins Au Bout du Monde titille-t-il la curiosité de ceux-ci à propos de ce pays. Les amateurs de dépaysement seront servis. On a cependant parfois du mal à comprendre toutes les réactions de "l'héroïne", combien même son état d'esprit est particulier et sa culture éloignée de la nôtre. On a donc un peu de mal à sympathiser et à compatir. On suit les événements avec un intérêt poli, mais guère plus. En tout cas, pas d'enthousiasme à l'horizon. - [TERMINATOR : DARK FATE : Place aux femmes](https://julienbouffartigue.net/2019/11/06/terminator-dark-fate/) - Certaines franchises passent du culte à l'oubli et l'indifférence à force de s'étirer encore et encore. La sortie de Terminator : Dark Fate est très loin d'avoir eu le même retentissement que la sortie de Terminator 2 en 1991. On peut même parler d'une certaine indifférence. Il faut dire que la qualité cinématographique de ces deux films n'a vraiment rien de comparable. Mais faut-il pour autant jeter ce sixième volet d'une saga qui n'est pas (plus) vraiment une ? Pas forcément ! En effet, on assiste tout de même à un agréable divertissement, qui sait jouer avec malice sur la nostalgie et l'humour. On ne retrouve pas les émotions de l'époque, mais au moins passe-t-on un bon moment. Si les trois premiers volets de la saga Terminator formait un tout cohérent, les trois autres qui ont suivi ne cherchent plus forcément à éviter les contradictions avec les autres épisodes. Par exemple, ce Terminator : Dark Fate n'est guère compatible avec les événements décrits dans le troisième volet. Mais qu'importe au fond. On est plutôt devant une variation sur le même thème et c'est un exercice tout à fait respectable. Une fois qu'on l'a admit, on peut simplement apprécier ce film d'aventures rythmé, qui va droit au but et qui nous offre quelques jolies scènes d'action. Rien de révolutionnaire, mais une efficacité qui permet d'y trouver ce que l'on pouvait raisonnablement espérer du sixième volet d'une telle saga. - [SONGS OF PRAISE (Shame), BLOOD (Rhye), ALL THE WAY TO RIO (Anna Ternheim) : Oubliables](https://julienbouffartigue.net/2019/11/06/all-the-way-to-rio/) - On débute cet avis avec le premier album d'un groupe anglais, Shame, et de son premier album Songs of Praise, sorti en 2018. Il nous propose du bon vieux gros rock qui tâche. Ce n'est ni mélodieux, ni énergique. Ca rappelle parfois les Clash, mais avec infiniment moins de talent. Le chanteur crie plus qu'il ne chante vraiment. On peut leur reconnaître cependant une certaine variété, car malgré tout cela, les titres ne se ressemblent pas. Et on peut faire ressortir le titre Lampoon, qui s'avère être le seul un minimum entraînant. Rhye est un duo entre deux artistes, l'un canadien, l'autre danois. Ils nous offrent Blood, un album qui débute avec une pop éthérée. La voix est plutôt aigrelette et pour tout dire pas vraiment agréable à écouter. C'est globalement propre sur soi, ça se laisse parfois écouter, mais sans réel enthousiasme. D'autres titres tirent sur le jazz, l'électro, ou les deux à la fois. Les morceaux les plus doux sont les plus marquants et ceux que l'on prend le plus de plaisir à écouter. - [MALEFIQUE 2 : LE POUVOIR DU MAL : Suite paresseuse](https://julienbouffartigue.net/2019/11/09/malefique-2/) - Quand on a beaucoup aimé un film, on est à la fois heureux et inquiet quand on apprend qu'il y aura finalement une suite. On a évidemment envie de retrouver l'univers qui nous avait séduit, mais on a aussi peur qu'elle ne soit pas à la hauteur de l'œuvre initiale, ce qui est d'ailleurs assez souvent le cas. Cependant, une fois le film sorti, on surmonte finalement son appréhension, quand bien même les critiques se montrent majoritairement négatives. C'est exactement ce que j'ai fait avec Maléfique 2 : le Pouvoir du Mal après une certaine hésitation. Et force est de constater qu'une nouvelle fois, ce n'est pas forcément une bonne idée. Maléfique 2 : le Pouvoir du Mal est un film paresseux. En effet, il propose quelques bonnes idées et des directions nouvelles potentiellement intéressantes. Mais aucune n'est vraiment exploitée avec l'application nécessaire. Tout est cousu de fil blanc et parsemé d'éléments qui fonctionnent très mal. Rien n'est vraiment abouti, jamais embarrassé de la moindre dose de subtilité. Ce serait mentir de dire que l'on s'ennuie, mais on n'est pas vraiment pris par l'histoire qui nous divertit finalement assez mollement. La grande bataille finale ne restera pas vraiment dans les mémoires alors qu'elle aurait pu potentiellement se voir portée par un souffle épique tout autre, si les scénaristes avaient bien voulu s'en donner la peine. - [CHAMBRE 212 : Chambre avec vue](https://julienbouffartigue.net/2019/11/09/chambre-212/) - Christophe Honoré est un des réalisateurs les plus imaginatifs du cinéma français. Du coup, ses films laissent rarement indifférents. Personnellement, j'ai pu m'enthousiasmer pour certaines de ses oeuvres, mais certaines m'ont laisser passablement indifférent, pour ne pas dire plus. Le prix à payer pour la prise de risque. Chambre 212 propose un propos plutôt original sur un sujet, le couple après de longues années de mariage, pourtant extrêmement classique. Malheureusement une incapacité à conclure de manière convaincante vient doucher la curiosité initiale. Ceux qui ont vu la bande-annonce de Chambre 212 connaisse déjà le principe narratif sur lequel il repose. Je laisserai aux autres la joie de la surprise et de la découverte car c'est finalement là le principal intérêt du film. Il permet une découverte progressive des personnages, de leurs contradictions et de leur complexité, à partir d'un point de départ somme toute assez banal. S'en suivra une réflexion plutôt légère mais souvent pertinente sur la vie de couple et les regrets que l'on peut avoir par rapport à son passé. Cependant au moment d'apporter une conclusion, le propos ne semble plus savoir où aller et surtout s'étire désespérément en longueur, nous laissant sortir sur une mauvaise impression. - [MARTIN EDEN : Les routes du paradis](https://julienbouffartigue.net/2019/11/10/martin-eden/) - Le récit d'apprentissage est un grand classique, même si on pense vite à un roman du 19ème siècle. Cependant, ce thème continue de nous offrir encore et toujours de nouvelles histoires et on peut ranger de nombreux films dans cette catégorie. Dernier en date, Martin Eden, un film italien qui nous conte le parcours d'un jeune homme sans éducation qui va vouloir s'élever intellectuellement et par la même occasion socialement. Une récit assez classique, mais qui brille par la qualité de son personnage principal, mais qui souffre d'une forme un peu désuète. Ce type d'histoire repose forcément de manière quasi exclusive sur son personnage principal. Ce n'est pas par hasard si le film porte simplement son nom. Ce n'est pas tant par son caractère initial que par son évolution qu'il nous fascine et nous pousse à le suivre dans son apprentissage. Martin Eden est un portrait extrêmement vivant et toujours en mouvement. Rien dans ce personnage n'est statique, tout est toujours en construction, du coup jamais le film n'est contemplatif. Il dégage un mélange de force et de faiblesse qui le rend profondément humain et donne son équilibre au film. Il restera une figure marquante de cette année cinématographique. - [SORRY WE MISSED YOU : L'uber et l'argent de l'uber](https://julienbouffartigue.net/2019/11/10/sorry-we-missed-you/) - Les plus grands réalisateurs se distinguent par leur capacité à explorer toujours de nouveaux territoires et à nous proposer des films toujours différents. Du coup, on est en droit de se demander si Ken Loach est réellement un grand réalisateur. Question quelque peu provocante tant l'immensité de son talent est universellement reconnu. Mais il est vrai que son ouvre est une des plus homogènes des cinéastes de cette renommé. Sorry We Missed You se situe dans la droite lignée de Moi, Daniel Blake, son précédent film. Mais tant qu'il parviendra à nous proposer des œuvres de cette qualité, il sera difficile de lui adresser le moindre reproche. Sorry We Missed You dénonce le développement des contrats dits 0 heure en Grande-Bretagne. Une forme de précarisation qui transforme les salariés en soi-disant entrepreneurs. Bref ce que l'on appelle plus communément l'uberisation du marché du travail. Un sujet plus universel qu'il n'y paraît et qui se trouve remarquablement traité ici. Ken Loach, comme à son habitude, s'intéresse avant tout à l'humain et tire son propos politique d'un vécu concret, pas de grandes idées abstraites et hors sol. L'intelligence du scénario lui offre un impact qui vaut mille thèses d'économétrie. - [CAMILLE : Si loin, si proche](https://julienbouffartigue.net/2019/11/11/camille/) - Prendre de la distance avec un sujet s'avère souvent nécessaire. C'est vrai dans beaucoup de contextes, y compris lorsqu'on veut faire un film avec un minimum de réalisme et d'objectivité. Boris Lojkine y parvient parfaitement à travers son film Camille. Cela n'avait rien d'évident car il nous raconte l'histoire tragique d'une jeune photographe, morte en Centrafrique, notamment parce qu'elle s'est trouvée trop personnellement impliquée dans ce conflit sanglant. Le film nous livre une réflexion pertinente sur ce sujet, en même temps qu'un portrait profondément touchant. Un spectateur de Camille vit en fait un peu la même situation que la jeune femme. On est forcément émue par son enthousiasme et son humanité. Mais dans notre situation, ça n'a évidemment aucune conséquence fâcheuse bien au contraire. On rentre profondément dans cette histoire et on la vit intensément. Cela ne nous empêche pas d'être amené à se poser de vraies questions. Le film n'apporte pas vraiment de réponse, c'est au spectateur de se forger sa propre opinion et c'est très bien comme ça car il a vraiment tous les éléments pour le faire. - [MOBY DICK (Melville) : L'encyclopédie de la baleine](https://julienbouffartigue.net/2019/11/11/moby-dick/) - Un nouveau grand classique ne manque plus à ma culture depuis que j'ai lu Moby Dick d'Herman Melville. Mais parfois, même quand il s'agit d'une œuvre aussi célèbre et universelle, on peut se trouver profondément surpris par son contenu. Ce roman n'est pas du tout celui que j'attendais et je ne vais pas forcément m'en plaindre (ou plutôt que m'en plaindre...). Cette part d'originalité explique sûrement l'immense postérité de ce récit. Il s'agit d'une œuvre relativement unique en son genre, aussi rare que la grande baleine blanche que le Capitaine Achab pourchasse inlassablement. Et ceux qui ont déjà lu le roman savent que ce n'est pas peu dire. Moby Dick est un roman d'une longueur conséquente, composé d'un multitude de chapitres parfois très courts. Se succèdent des éléments de récit au sens premier du terme et des chapitres encyclopédiques qui permettent au lecteur de découvrir tout ce qui touche de près ou de loin la chasse à la baleine. On passe de l'anatomie du cétacé au moindre détails du fonctionnement du navire. C'est passionnant ou anecdotique, mais toujours différent. Les curieux et les amateurs de savoirs aussi indispensables que futiles en auront pour leur argent. D'autres trouveront ça horriblement long et que souffle narratif se retrouve noyé dans cette mer de détails parfois superflus. - [MIDWAY : Au milieu](https://julienbouffartigue.net/2019/11/17/midway/) - Ah Roland Emmerich ! Mon chouchou... enfin un chouchou un peu spécial car si je l'affectionne autant, c'est parce que je me fais un malin plaisir à aller voir tous ses films pour en dire tout le mal que j'en pense. Attitude masochiste penseront certains. C'est parce qu'ils ne connaissent pas le plaisir infini d'écrire une critique assassine quand il s'agit d'une grosse production bien formatée ! Ce n'est pas du masochisme, c'est du sadisme ! C'est donc dans cette optique que je suis allé voir Midway. Au final, quelle déception ! Non que le film soit génial, ni même réellement intéressant. Mais voilà, il n'est pas franchement mauvais, juste franchement moyen. Et c'est du coup beaucoup moins amusant de délivrer mon opinion sur ce film qui ne marquera guère les mémoires. Ni dans un sens, ni dans l'autre. Bien sûr, Midway souffre de tous les défauts qui accablent d'habitude les films de Roland Emmerich. Les personnages manquent toujours autant de profondeur, l'intrigue tient une nouvelle fois avec des ficelles plus grosses que mes cuisses et on assiste une nouvelle fois à une célébration sans retenue de la grandeur de l'armée américaine. Qu'est ce qui peut donc bien sauver le film après tout ça ? Et bien, on peut tout de même remarquer un effort dans l'écriture du scénario qui s'avère pour une fois sans excès de manichéisme. Le générique de fin dédicace ce film à tous les combattants, américains et japonais confondus. En effet, l'histoire s'évertue à saluer le courage et le sacrifice de tous les combattants, indépendamment de l'idéologie que leurs dirigeants défendaient. Ce ne va pas très loin, mais ça insuffle un tout petit peu d'intérêt au propos qui peut pousser à poser un regard bienveillant sur ce film tout de même relativement médiocre. - [LE TRAITRE : Regarde les mafieux tomber](https://julienbouffartigue.net/2019/11/17/le-traitre/) - La mafia fascine le cinéma depuis longtemps. Elle a fait l'objet d'un très grand nombre d'œuvres de fiction, mais aussi de quelques œuvres inspirées de faits réels. Le Traître est un biopic. Il raconte l'histoire de Tommaso Buscetta, l'homme qui a trahi Cosa Nostra dans les années 80 en Italie et a permis l'arrestation de dizaines de ses membres. Le film est tout à la fois un portrait, un film de procès, le tableau d'une époque et d'une société. Une grande richesse qui justifie la longueur du film (près de 2h30),...mais pas tout à fait. Le Traître est divisé en plusieurs parties bien distinctes, liées aux différentes étapes du parcours de Tommaso Buscetta, tour tour, parrain, fugitif, prisonnier. La plus importante est constituée des scènes de procès, qui donne lieu à un spectacle assez croquignolesque. Mais elles s'enchaînent autour de la même mécanique et cela finit par s'avérer quelque peu répétitif. Le film connaît donc une sérieuse baisse de rythme à un moment donné et Marco Bellochio aurait pu alléger son film de vingt bonnes minutes sans que la qualité du film en souffre, bien au contraire. Cela n'enlève rien au très grand intérêt de l'histoire qui est racontée. Elle donne une image certainement plus réaliste de ce milieu que celle que le 7ème art a l'habitude de véhiculer. Une image nettement moins glamour également. - [J'AI PERDU MON CORPS : Haut la main](https://julienbouffartigue.net/2019/11/24/j-ai-perdu-mon-corps/) - Le cinéma d'animation est encore perçu par certains comme synonyme de cinéma pour enfants. Pour preuve, la présence dans salle à la projection de J'ai Perdu mon Corps de nombreux bambins, amenés ici par leurs parents. Je ne suis pas sûr qu'ils y aient trouvé ce qu'ils attendaient car l'histoire, dans le fond et la forme, racontée ici s'adresse clairement à un public adulte. Tous ceux qui ont vu la bande-annonce ont été intrigués par cette main « vivante », parcourant la ville à la recherche de on ne sait quoi. C'est évidemment un axe fort de ce film, mais loin d'en représenter l'essentiel. J'ai Perdu mon Corps est un film qui superpose deux fils narratifs, dont l'un concerne cette fameuse main. Je dois avouer que je n'ai pas complètement saisi la signification profonde de ce dernier, alors que l'autre axe de l'histoire se suffit finalement à lui-même. Mais cela présente tout de même un avantage non négligeable. Cela s'avère particulièrement intriguant et cela maintient du coup l'intérêt du spectateur au maximum. Cela ne lui enlève surtout rien du plaisir et de l'intérêt de suivre le reste, qui constitue au final le corps (sans jeu de mots) de ce long métrage. Une histoire à la fois banale et forte, à la fois simple et belle. Ce mélange, qui donne quand même une vraie originalité au film, passe finalement très bien, mais sans comprendre le sens de tout ses composants. - [J'ACCUSE : Une histoire pour l'Histoire](https://julienbouffartigue.net/2019/11/25/j-accuse/) - Il ne sera ici évidemment sujet ici que de cinéma. Pour le reste, il existe un système judiciaire et des tribunaux. J'Accuse offre enfin à l'Affaire Dreyfus un grand film, à la hauteur de l'importance de cette histoire dans notre Histoire. Il est tout de même étonnant de constater que le cinéma français aura attendu aussi longtemps pour s'en emparer. Cela confirme que nous avons parfois du mal à affronter à travers l'art les moments les plus critiques de notre passé commun. Cela constitue pourtant une thérapie fort utile, dont notre pays a bien besoin. J'Accuse se distingue d'abord par une narration qui rend le propos absolument passionnant. Entre le polar et le film de procès, le scénario nous fait marcher dans les pas de son héros à travers le dédale dans lequel il s'est engagé. Les murs se resserrent peu à peu et semblent se renfermer sur lui inexorablement. Evidemment, on connaît le dénouement mais on est porté par cette envie de savoir comment la vérité finira par éclater au grand jour. Sans doute les portraits des personnages historiques sont-ils un peu forcés pour rendre l'intrigue encore plus prenantes, mais le film est une leçon d'Histoire comme on aurait aimé en recevoir plus souvent. - [THE FATHER : Monsieur Hopkins](https://julienbouffartigue.net/2021/08/07/the-father/) - Un grand acteur ne suffit pas pour faire un grand film. Mais ça peut quand même aider. Surtout quand l'acteur en question est Anthony Hopkins. The Father restera de ces films intimement associés à la performance de leur tête d'affiche, qui est présent à quasiment chaque plan et qui capte toute l'attention du spectateur. Mais - [LE SOUPIR DES VAGUES : Vague à l'âme](https://julienbouffartigue.net/2021/08/07/le-soupir-des-vagues/) - Un moyen de susciter l'intérêt du spectateur est de mettre un peu de temps avant de révéler la vraie nature d'un film et le sens réel de l'histoire qu'il nous raconte. Le risque de l'en faire sortir, sans parvenir ensuite à le raccrocher. C'est le risque qu'a pris Kōji Fukada, le réalisateur du Soupir des - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 15: Tradition de 30 ans](https://julienbouffartigue.net/2021/08/06/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-15/) - Les JO de Barcelone ont été un acte fondateur historique pour le sport français. Je vous ai déjà expliqué que c'est à cette occasion que mon amour des Jeux Olympiques est né... Mais je ne parle évidemment pas de ça. Je veux évoquer ici l'émergence d'un sport qui jusqu'en 1992 vivait dans la plus profonde - [FALLING : Une corde de plus à son arc](https://julienbouffartigue.net/2021/08/06/falling/) - En tant que consommateur relativement compulsif de produits culturels, j'ai bien des idoles, des artistes à qui je voue une admiration sans borne. Viggo Mortensen en fait clairement partie. Il lui aura fallu bien peu de films pour cela, mais chacune de ses apparitions éclaboussent l'écran d'une classe dont j'aimerais posséder n'en serait-ce qu'une fraction. - [SLALOM : Hors-jeux](https://julienbouffartigue.net/2021/08/06/slalom2/) - Copyright Charlie Bus Production On soulignera particulièrement la performance magistrale de la jeune Noée Abita, qu'on avait déjà entraperçu dans le Grand Bain. Jouer un rôle aussi dur doit évidemment demander beaucoup de courage à une adolescente, mais elle donne à son personnage une dimension qui tire le film vers les sommets. Celle de Jérémie - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 14: Douleur et gloire](https://julienbouffartigue.net/2021/08/05/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-14/) - On associe souvent le sport à une bonne santé et à un corps s'approchant de la perfection. Si effectivement le sport est un acte sanitaire de première importance, qui devrait être pleinement inclus dans les politiques publiques de santé, on oublie souvent que le sport de haut niveau pousse souvent le corps dans des extrêmes - [LA BELLE EPOQUE : Chère nostalgie](https://julienbouffartigue.net/2019/12/01/la-belle-epoque/) - La nostalgie est un sentiment puissant et l'on mesure depuis longtemps la faculté de certains à en faire un business florissant. Qui ne paierai pas cher pour retrouver un peu de sa jeunesse ? Personnellement, j'y pense, même si je ne suis pas sûr que me faire faire des implants capillaires seraient la meilleure idée du monde. Nicolas Bedos exploite cette idée pour nous proposer la Belle Epoque, l'histoire d'une société qui, contre une somme quelque peu conséquente, permet à ses clients de revivre une époque et un moment de leur vie. Un point de départ assez malin duquel pouvait partir bien des chemins. Celui choisi est plutôt plaisant, même si on ne croit pas toujours à cette histoire. La Belle Epoque représente avant tout un film de personnages. L'idée de base ne constitue qu'un prétexte pour donner vie à une belle galerie de protagonistes. Le vrai cœur de la narration réside dans l'évolution des rapports qu'ils entretiennent entre eux. Le ton est plutôt léger et la réflexion sur le rapport au temps n'atteint pas non plus des profondeurs abyssales. C'est là, avec un manque de crédibilité de certains éléments, que réside la limite de ce film, qui ne dépasse ainsi pas le stade du purement distrayant. Ce n'est pas forcément un problème en soi, mais on ne peut s'empêcher de penser que le sujet aurait quand même pu être exploité avec un peu plus d'audace et de parti pris. Ca reste finalement assez superficiel, tout en faisant néanmoins passer un bon moment au spectateur. - [ADULTS IN THE ROOM : Tragédie grecque](https://julienbouffartigue.net/2019/12/01/adults-in-the-room/) - La question de l'objectivité quand une fiction cherche à récréer des faits réels se pose et peut donner lieu à des débats sans fin. Adopter un point de vue très marqué (ce qui est différent de mentir) peut représenter un choix assumé. Il faut alors le prendre comme tel. C'est exactement dans cet état d'esprit qu'il faut aller voir Adults in the Room, le nouveau film de Costa-Gavras. Le scénario est tiré du livre écrit par Yanis Varoufakis. Les faits rapportés sont donc racontés tels que l'ancien ministère de l'économie grec les voit, avec une subjectivité évidente. Il est le héros de l'histoire, proche du chevalier blanc, nageant au milieu des forces hostiles, pour ne pas dire maléfiques. Cela en fait un très mauvais documentaire... Sauf que ce film n'est pas un documentaire. Costa-Gavras reste très certainement le plus grand des réalisateurs de films politiques de l'histoire du 7ème art. D'un point de vue formel Adults in the Room démontre une nouvelle fois son incomparable talent. Sa science de la narration, du rythme et du cadrage parvient à créer une tension narrative particulièrement intense qui fait ressembler ce film à un polar haletant. L'exercice de style est relativement passionnant à suivre et on est emporté par le spectacle, une nouvelle version de David contre Goliath. Le cinéaste grec fait même preuve parfois d'une imagination dans sa réalisation qu'on lui avait rarement connu, notamment une scène finale d'une grande originalité. - [LA REINE DES NEIGES 2 : Les soeurs sisters](https://julienbouffartigue.net/2019/12/07/la-reine-des-neiges-2/) - Libérée, Délivrée, voici deux mots qui rappellent un terrible cauchemar à bien des parents. Tous ceux qui ont dû voir, revoir, voir et revoir encore et encore la Reine des Neiges. Les adultes n'ayant pas la même faculté que les bambins à supporter la répétition, cette passion dévorante de leurs enfants pour ce dessin-animé a fini en séance de torture à répétition ! Quelle inquiétude face à la sortie de la Reine des Neiges 2. Un Disney qui a la caractéristique de n'être que le deuxième de l'histoire à avoir droit à une suite sur grand écran (je dis bien sur grand écran, pas en DVD) après... ah non trop facile, creusez-vous les méninges. Ceux qui comme moi n'ont pas d'enfants ont par contre été très heureux de retrouver Elsa et Anna pour de nouvelles aventures. Comme toute suite, la Reine des Neiges 2 ne bénéficie plus d'effet de surprise. C'est toujours la grande limite de l'exercice. Cependant, les premières minutes laissent espérer une vision quelque peu différente des personnages. Plus mature, plus profonde, plus sombre (enfin moins manichéenne en tout cas)... quelque peu différente en tout cas et pour tout dire assez prometteuse. La suite ne sera malheureusement pas tout à fait à la hauteur des promesses du début et on en reste à un récit d'aventure classique, qui ne prend jamais totalement la dimension épique espérée. Il aura manqué un peu d'audace aux scénaristes pour aller au bout de leurs idées. Mais, rendons-leur justice, on est également loin d'un produit bâclé et formaté, voué uniquement à exploiter la crédulité des fans. Le film est porté par une vraie histoire qui donnera du plaisir aux petits et aux grands. - [LES MISERABLES : Sous le choc !](https://julienbouffartigue.net/2019/12/08/les-miserables/) - Avec la Haine, en 1995, la banlieue a fait une entrée fracassante dans le cinéma français en remportant le César du meilleur film. Près de 25 ans plus tard, aucun des problèmes mis en lumière par ce film n'a vraiment été réglé, bien au contraire. Sinon, il n'y aurait pas eu les Misérables. Un long métrage qui représentera la France dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Un film qui démontre à quel point cette problématique continue d'irradier le cinéma français. Et de plus en plus, ce sont les acteurs des ces quartiers eux-mêmes qui passent derrière la caméra pour en parler. A la vue de ce film, on ne peut que considérer qu'on ferait mieux de les écouter. La personnalité de Ladj Ly peut être sujette à polémique et certains de ses propos aussi. Mais le grand mérite de Les Misérables est de nous livrer un point de vue tranché presque extrême, mais qui n'est en rien manichéen. Chaque partie prenante à sa part d'ombre et de lumière et le film ne porte aucun jugement définitif sur aucun d'eux. Le film est un constat fort sur la colère et la violence qui menace, en montre les causes, mais sans vraiment dénoncer un coupable unique. Il dénonce par contre avec une incroyable force la situation globale, le système, même si je déteste ce mot, dans lequel tous les protagonistes sont enfermés et qui ne peut conduire qu'à la haine et à l'affrontement. Chaque spectateur se fera sa propre opinion des protagonistes de cette histoire. Il pourra détester, compatir, mépriser, comprendre chacun d'eux selon sa propre sensibilité. Le grand mérite de cette histoire est de laisser ouvert l'esprit du spectateur et la fin est absolument remarquable en la matière. - [LES EBLOUIS : Lumière éteinte](https://julienbouffartigue.net/2019/12/08/les-eblouis/) - L'extrémisme religieux, sous une forme ou sous une autre, faisant bien trop souvent la une de l'actualité, il sert de point de départ à bien des films, de genre très diverses. Mais il est vrai que dans la plupart des cas, c'est l'islamisme qui se trouve au cœur des scénarios, le terroriste islamiste ayant remplacé l'espion communiste dans l'imaginaire des scénaristes. Mais l'extrémisme guette toutes les religions, l'actualité l'a souvent prouvé également. Les Eblouis nous plonge dans les dérives sectaires que peut connaître la religion catholique dans certaines communautés qui se referment sur elles-mêmes. Sans être totalement crédible, il parvient tout de même à nous plonger dans une histoire réellement prenante. Finalement, les Eblouis est plus un polar qu'une réflexion sur les raisons qui peuvent conduire certains à s'abandonner à l'influence d'une secte. On a un peu de mal à croire à la rapidité du processus décrit ici. Du coup, cette part du récit apparaît plutôt comme un moyen pour permettre au reste d'exister, plutôt qu'un sujet en lui même. Le cœur de l'intrigue sera le parcours d'une des filles pour remettre en doute les convictions qu'on veut lui imposer et chercher à sortir du piège qui s'est refermé sur elle et sa famille. C'est cette quête que l'on suit avec beaucoup d'intérêt, porté par une tension narrative réelle qui va crescendo, avec quelques vrais rebondissements. Par cela, il se laisse regarder avec beaucoup de plaisir. - [LE MANS 66 : Vavavoum !](https://julienbouffartigue.net/2019/12/15/le-mans-66/) - Certains vont dire que je radote quelque peu (normal à mon âge), puisque je me sers régulièrement de cet argument pour introduire des critiques, mais je vais rappeler une nouvelle fois que le cinéma parvient à rendre magnifique certains sports qui pourtant, dans la réalité, me laissent totalement froid, voire m'insupportent. Le cas le plus emblématique reste la boxe, mais il y en a d'autres. La course automobile par exemple, comme le prouve Le Mans 66 qui nous raconte comment Ford est parvenu à mettre fin à la suprématie de Ferrari aux 24h du Mans, compétition dont je me tamponne le coquillard habituellement. Pourtant, ce film m'aurait presque fait vibrer. L'art de la narration, quand il s'agit d'une histoire vraie, revient à embellir quelque peu les faits tout en permettant au spectateur d'y croire quand même. Du peu que j'en sais, le scénario flirte avec la trahison des faits et parfois un peu avec la crédibilité. C'est parfois un peu trop beau pour être vrai (ça ne l'est d'ailleurs pas toujours) mais on se surprend à vouloir y croire quand même. Parce que tout cela est raconté avec assez d'intelligence pour embarquer le spectateur à bord et démarrer en trombe. Evidemment, Le Mans 66 repose sur beaucoup de faux suspense (personne n'imagine que ça soit une Ferrari qui gagne à la fin), mais réserve quelques vrais rebondissements aussi. - [RUINS (First Aid Kit), WELCOME TO MY NIGHTMARE (Alice Cooper), A-SIDES 1978-2016 : Au pays des merveilles](https://julienbouffartigue.net/2019/12/15/ruins/) - On commence par le duo féminin suédois First Aid Kit et son album Ruins, sorti en 2018. Une musique entre pop, rock et folk, avec de forts accents électro. Elles font preuve de conviction et de maîtrise pour un résultat plutôt bon. Cela sonne parfois comme le groupe irlandais The Corrrs. On retrouve quelques beaux titres comme It's a Shame, à la fois simple et entraînant. L'ensemble est vraiment sympa et d'une qualité constante. Décidément, la Suède nous aura toujours fourni des groupes qui valent le détour. Dans la série des grands artistes que je connais mal, malgré leur renommé, figure Alice Cooper, un groupe de rock américain, né dans les années 60 avant de devenir un artiste solo (on n'est jamais aussi bien servi que par soi même). Welcome to My Nightmare, sorti en 1975, est le premier sous cette configuration. Il a connu une seconde jeunesse et un remixage beaucoup plus récent. Il nous permet de découvrir un rock de grande classe. Il y fait preuve d'une parfaite maîtrise artistique, débordant d'énergie tout en gardant toujours une ligne mélodique claire. Les titres sont vraiment variés, tout en gardant une qualité constante. Il parvient même à rendre trouble la frontière entre country et hard rock ! - [A COUTEAUX TIRES : Scandale dans la famille](https://julienbouffartigue.net/2019/12/21/a-couteaux-tires/) - Un manoir, une famille nombreuse, avec quelques domestiques, un mort et un détective privé perspicace... Vous pensez tout de suite à Agatha Christie ou à quelques parties de Cluedo qui ont rythmé votre enfance. Désormais, vous pourrez penser également à A Couteaux Tirés, le dernier film de Rian Johnson, l'homme qui a offert au monde le meilleur ou le pire des Star Wars, selon chaque camp. En tout cas, cette fois-ci le résultat est unanimement salué comme étant une grande réussite. Le film parvient à être d'un classicisme total, tout en livrant une intrigue relativement inédite. Avec surtout beaucoup de second degré particulièrement rafraîchissant. Les premières minutes de A Couteaux Tirés semblent nous mener dans une direction totalement attendue. On imagine déjà tous les protagonistes rassemblés dans une même pièce avec le détective désignant tout à coup le coupable, très certainement celui que l'on soupçonnait à première vue le moins. Et bien... pas du tout. L'histoire ne va pas suivre ce cheminement cousu de fil blanc, mais un autre bien plus original et pour le coup bien plus réjouissant. Il y a un vrai effet de surprise (que je viens de gâcher un peu... oups!) et cela vous met dans les meilleures dispositions pour suivre le reste de l'intrigue. Elle ne réservera pas de twist renversant mais elle est menée avec assez d'intelligence, sans se prendre au sérieux, pour apporter une bonne grosse dose de plaisir au spectateur. - [STAR WARS, EPISODE IX : L'ASCENSION DE SKYWALKER : The return of the fan](https://julienbouffartigue.net/2019/12/22/l-ascension-de-skywalker/) - J'avais intitulé ma critique de The Last Jedi : Kill the fan, kill the past pour saluer la manière dont Rian Johnson s'était efforcé de tourner une page pour engager la saga Star Wars sur un nouveau chemin. Il tournait aussi par la même occasion définitivement le dos à la nostalgie ayant légèrement plombé l'épisode VII, signé JJ Abrams. Cependant, cette tentative de rupture a provoqué un déluge délirant de haine et de reproches de la part de tous les fans incapables de faire le deuil de leur enfance. Il suffit de voir Star Wars, Episode IX : l'Ascension de Skywalker pour comprendre que cette réaction d'enfants gâtés a eu un réel impact sur la production, qui s'est empressée de rappeler JJ Abrams aux manettes. Ils ont gagné. Pas sûr que le cinéma, lui, soit gagnant. Star Wars, Episode IX : l'Ascension de Skywalker constitue un bon exemple de film pour lequel il est quasiment impossible d'écrire une critique totalement objective. En effet, difficile de ne pas le juger, non dans l'absolu, mais pour sa place dans un ensemble beaucoup plus grand et surtout par rapport aux attentes que l'on pouvait formuler à son égard. Si on assume cette subjectivité, alors on peut estimer que ce film est décevant. Il aurait pu, il aurait dû se révéler bien meilleur, plus original, plus ambitieux, plus surprenant. Il s'efforce au contraire de ramener l'histoire, les personnages, les péripéties dans un cadre déjà connu, où le fan se sent peut-être à l'aise, mais qui ne lui permet pas de connaître des émotions nouvelles. Pas d'émotions du tout du coup ? - [PROXIMA : Des étoiles au coeur](https://julienbouffartigue.net/2019/12/22/proxima/) - Loin des yeux, loin du cœur. Et sûrement encore plus quand ce lointain se situe en dehors de notre planète. Difficile d'imaginer ce que représente la douleur de quitter ses proches avant de partir pour un long séjour dans l'espace. Cela concerne peu de monde ici-bas, mais assez pour que Alice Winocour nous propose Proxima. Un film qui explore la relation d'une astronaute et de sa fille dans les semaines et les jours qui précèdent le grand départ. Un thème banal, mais développé dans des circonstances qui le sont nettement moins, pour un résultat aussi touchant qu'intéressant. Une histoire ne peut tenir par son seul décor. Mais celui de Proxima joue quand même un rôle central et ajoute un supplément d'intérêt loin d'être négligeable. Le film décrit de manière assez précise, parfois passionnante, à quoi peut ressembler la préparation d'une astronaute, l'engagement cela exige et les doutes qui peuvent naître quand celle qui doit partir est une femme. Mais tout cela reste secondaire face à la description du lien entre une mère et sa fille et la manière dont il menace de distendre face à l'absence et plus tard face à l'éloignement. Le sujet principal du film reste avant tous les relations humaines, avant l'aventure que peut représenter la préparation pour un tel voyage. Il est traité avec beaucoup d'humanité et de subtilité. - [TRANQUILITY BASE HOTEL + CASINO (Artic Monkeys), TELL ME HOW REALLY FEEL (Courtney Barnett), DARK EYED MESSENGER (Adrian Crowley) : Démarrage en douceur](https://julienbouffartigue.net/2019/12/23/tell-me-how-you-really-feel/) - On commence avec un groupe phare de la scène rock actuelle, Artic Monkeys et leur album Tranquility Base Hotel and Casino, sorti en 2018. Il s'ouvre avec un titre qui ressemble à une sorte de slow déstructure. Il donne le ton d'un album dont le ton est assez doux et mélodieux. Cela se laisse écouter, mais cela n'accroche que rarement vraiment l'oreille. On pourra noter quelques bons titres comme Four Out of Five, mais on attend quand même tout l'album le titre vraiment énergique qui nous sortirait d'une sorte de monotonie. Il ne vient malheureusement jamais. On poursuit avec Courtney Barnett, un artiste dont j'ai déjà dit beaucoup de bien dans ces pages. Ce sera une nouvelle fois le cas avec Tell Me How You Really Feel. On entre dans cet album tout en douceur, avant de tomber sur des titres beaucoup plus énergiques et accrocheurs. La musique alterne le pop et le rock, voire même le très rock, et s'avère toujours maîtrisée et agréable. Le résultat n'est jamais totalement bouleversant mais est d'une qualité réelle et constante. - [SYMPATHIE POUR LE DIABLE : A bonne distance](https://julienbouffartigue.net/2019/12/23/sympathie-pour-le-diable/) - Décidément, ce dernier trimestre cinématographique aura été marqué par les films consacrés aux reporters de guerre. Et même plus précisément au sujet de la distance qu'ils gardent, ou non, avec les protagonistes des conflits qu'ils sont chargés de couvrir. Après le très réussi et touchant Camille, voici Sympathie pour le Diable, qui nous replonge dans le siège de Sarajevo en 1992. Il nous permet de faire la connaissance de Paul Marchand, qui a couvert le conflit avec acharnement et beaucoup de conviction. Quitte à s'attirer les foudres des autorités ou même de ses collègues, qu'il ne trouvait pas toujours assez engagés. Sympathie pour le Diable est un film au triple intérêt. Il s'agit tout d'abord d'un film portrait d'un homme au caractère hors du commun. Un vrai personnage de cinéma, si ce n'est qu'il a réellement existé. Après, difficile de savoir si l'écart inévitable entre la fiction et la réalité est important ou pas. Ensuite, le film nous plonge dans le quotidien des habitants de Sarajevo et nous fait découvrir les acteurs de ce conflit. On en apprend beaucoup sur une situation très compliquée, qui est présentée ici de manière claire et précise, sans jamais ralentir l'intrigue. Enfin, il y enfin une vraie réflexion sur le rôle et la place d'un journaliste dans une telle situation. Paul Marchand n'était pas un témoin neutre et distancié. Etait-ce un mal ou bien ? Le film ne répond pas vraiment mais donne beaucoup d'éléments pour que chacun puisse se faire une idée. - [LA REVOLTE DES ANGES (Anatole France) : Tombés du ciel](https://julienbouffartigue.net/2019/12/24/la-revolte-des-anges/) - Cette année aura été pour moi celle de la découverte littéraire de deux Prix Nobel de littérature français. Après le Chercheur d'Or de JMG Le Clézio, récompensé en 2008, j'ai eu l'occasion de lire la Révolte des Anges d'Anatole France, qui a reçu lui la distinction en 1921. Un roman fantastique sorti à la veille de la Première Guerre Mondiale. Un récit original et étonnant, porté par une très belle plume. Mais un récit qui manque parfois un peu de corps pour vraiment passionner, une fois la curiosité de départ dépassée. La Révolte des Anges rappelle quelque part les Lettres Persanes. Avant d'être un récit fantastique, il avant tout une portrait mordant de la société française de l'époque. Anatole France utilise l'artifice d'un faux regard extérieur pour porter un jugement supposé neutre sur ses contemporains. Certes, le roman propose aussi une forte ligne narrative autour des anges qui se rebellent contre Dieu (le titre ne sort pas de nul part) mais cela ressemble plutôt à un prétexte. L'équilibre entre les deux est un peu bancal, le récit ne sachant jamais dans quelle voix clairement s'engager. Entre deux, il ne parvient pas à accrocher totalement l'intérêt du lecteur. - [SEULES LES BETES : Puzzle au sommet](https://julienbouffartigue.net/2019/12/25/seules-les-betes/) - Une histoire peut ressembler soit à un long fil que l'on déroule et qui vous mène au dénouement dans un même mouvement. Certaines ressemblent au contraire à un puzzle où chaque pièce se met en place une à une, sans que l'on puisse voir au début comment tout cela va bien pouvoir former une image cohérente. Seules les Bêtes est l'archétype de ce dernier genre de construction. Une histoire racontée du point de vue de chaque protagoniste, qui dévoilera chacun une part de vérité. Un puzzle réussi est un puzzle où toutes les pièces s'emboîtent à la perfection. Celui proposé ici a été découpé avec la plus grande précision. Ce genre de film peut facilement tomber dans deux pièges. Soit il propose des surprises qui n'en sont pas, soit il propose des éléments surprenants car totalement incohérents et irréalistes. Seules les Bêtes échappe avec brio à ces deux écueils. La qualité de la narration est ici assez remarquable pour intriguer immédiatement le spectateur qui se demande bien quel peut être le rapport entre tous les faits qui lui sont présentés. Elle se poursuit sur la même lancée pour livrer une explication finale qui s'avère à la fois convaincante et inattendue. On est là dans le pur plaisir que peut nous faire ressentir un bon polar. C'est futile, mais c'est bon. - [IT MUST BE HEAVEN : Humour étranger](https://julienbouffartigue.net/2019/12/25/it-must-be-heaven/) - La poésie et le cinéma font parfois bon ménage, parfois un peu moins. Juger un film poétique peut permettre d'en souligner les grandes qualités. Mais c'est aussi parfois une manière extrêmement polie de dire qu'un film est un tantinet ennuyeux. It must Be Heaven est effectivement très poétique. Mais il est aussi, admettons-le, un tantinet ennuyeux. Léger euphémisme pour ne pas dire carrément chiant. Ses qualités sont indéniables. Mais ses défauts le sont tout autant. It Must Be Heaven est parcouru d'une douce poésie, portée par un humour absurde. Elia Suleiman nous propose sa vision décalée sur la Palestine, Paris et New York. Le problème est que l'on ne saisit pas toujours ce qu'il cherche à nous dire. Cela donne au film un caractère très répétitif et pour tout dire relativement lassant. On aimerait pourtant rentrer pleinement dans cet univers qui parvient tout de même assez sympathique et amusant. Mais Elia Suleiman a tout simplement oublié de le rendre accessible au spectateur. Se sentant bêtement exclu, ce dernier finit par s'en détourner. - [BROOKLYN AFFAIRS : Toc toc](https://julienbouffartigue.net/2019/12/26/brooklyn-affairs/) - Le cinéma a ceci de magique qu'il peut rendre positif quelque chose qui dans la vie ne l'est franchement pas. Par exemple, les tics et les tocs ne sont pas forcément des caractéristiques qui rendent la vie plus plus belles pour ceux qui en sont frappés et ceux qui y sont confrontés. Pourtant, le 7ème art nous a souvent proposé des personnages qui en présentent, et parfois même des sévères, pour qu'au final cela les rendent plutôt sympathiques. Une nouvelle preuve avec Brooklyn Affairs, deuxième film d'Edward Norton. Cependant, cela ne s'avère tout de même pas suffisant pour donner tout son intérêt à un film. Brooklyn Affairs se situe entre le polar et le film de gangsters. Mais ce que l'on retiendra surtout c'est le syndrome de Gilles de la Tourette dont est frappé son personnage principal. Parce que pour le reste, l'intrigue passionne peu. Elle ne possède pas l'épaisseur qui justifie deux heures et demi de film et du coup tout est dilué et perd en impact. On entre assez facilement dans l'histoire, mais à mesure que le mystère se dissipe, on est généralement assez déçu des explications données. On finit sur une impression assez désagréable de « tout ça, pour ça ». On ne s'est pas tant ennuyé que ça, mais on a quand même l'impression de s'être fait avoir par un scénario qui parvient simplement à masquer longtemps sa faiblesse. - [MARK KOZELEK (Mark Kozelek), THE HORIZON JUST LAUGHED (Damien Jurado), NO SHAME (Lily Allen) : Flamme vacillante](https://julienbouffartigue.net/2019/12/26/no-shame/) - Quand un artiste ne sait pas comment intitulé un de ses albums, il lui reste toujours la possibilité de lui donné son propre nom. Certes, cela ne marche qu'une fois par carrière, mais c'est un procédé assez classique. Ainsi Mark Kozelek a sorti en 2018 un album tout simplement intitulé Mark Kozelek. Il s'ouvre avec une mélodie aiguë sur laquelle vient se poser une voix grave, mais un peu cassée. Cela donne le ton du reste de cet album. Le chant y est rarement harmonieux, les paroles étant même souvent beaucoup plus parlées que chantées. Le tout ne présente pas un grand intérêt et s'avère particulièrement monotone. On poursuit avec Damien Jurado et son album The Horizon just Laughed. Il nous propose onze chansons douces, portées par une voix plutôt intéressante. Il fait preuve d'une vraie maîtrise artistique qui lui permet de ne proposer que des titres de qualité. Cependant, aucun d'eux ne marque spécialement l'auditeur qui aura tout de même profiter d'un moment musical fort agréable. - [LA VIE INVISIBLE D'EURIDICE GUSMAO : Mélo de fin d'année](https://julienbouffartigue.net/2019/12/26/la-vie-invisible-d-euridice-gusmao/) - Dans un premier temps, je n'avais pas forcément imaginé aller voir la Vie Invisible d'Euridice Gusmao. Quelle erreur funeste aurais-je commis ! Récompensé par le Prix Un Certain Regard au dernier Festival de Cannes, ce film est des petits bijoux qui viennent enchanter les salles obscures en cette fin d'année. Beau, passionnant, touchant, ce film nous propose une histoire forte, peuplée de personnages marquants et nous offrant un vrai panorama sur un pays et une époque. Ce film est donc à ajouter dans la longue liste des petits chefs d'œuvre cinématographiques venus du Brésil. La Vie Invisible d'Euridice Gusmao est un vrai mélodrame. Ce terme prend parfois un sens péjoratif. Il n'en est rien ici et redonne au contraire à ce genre toutes ses lettres de noblesses. Pas d'émotion facile ou de grosses ficelles narratives, mais un récit poignant qui prend des allures de fresques familiales et quasi historiques. Car à travers le destin de deux sœurs et de leur famille, c'est toute une société que l'on découvre et que l'on voit évoluer. La construction du récit est vraiment remarquable. Il prend progressivement de l'épaisseur pour laisser le temps au spectateur de s'imprégner de chaque couche, qui est aussi réussie que la précédente. Il passera par beaucoup d'émotions, toujours plus fortes et toujours sincères. - [THE LIGHTHOUSE : Joli creux](https://julienbouffartigue.net/2019/12/27/the-lighthouse/) - Devenir fou n'est pas quelque chose qui arrive tous les jours, ni très facilement. Mais le cinéma n'étant pas tout à fait le reflet de la réalité, on y assiste souvent à des chutes vers la folie, parfois particulièrement spectaculaires et rapides, spectacle parfois particulièrement fascinant. Un nouvel exemple avec The Lighthouse. Mais si ce genre de glissement d'un personnage vers la folie est un point de départ solide pour bâtir une histoire, il faut l'agrémenter de bien d'autres choses pour lui donner du sens et par là même un certain intérêt. C'est bien ce qui manque ici, où l'esthétisme ne peut rattraper une profonde vanité. A toutes les critiques que l'on peut énoncer à l'encontre de The Lighthouse, on a parfois l'impression que Robert Eggers pense qu'il pourra y opposer un seul argument : « oui mais c'est en noir et blanc ! ». Il est vrai que cela donne une vraie personnalité visuelle au film mais cela paraît parfois aussi comme un artifice pour masquer le vide qui l'habite et se donner un style un peu « intello ». Mais un joli creux reste désespérément creux. Le spectacle proposé est relativement gratuit et finit très vite par lasser. Le film dure près de deux heures et on a l'impression d'assister toujours plus ou moins à la même chose, même si tout va crescendo. Plus l'histoire avance, plus la frontière entre délire et réalité se brouille, mais ni l'un, ni l'autre ne nous émeut. Les allers et retours incessants entre les deux nous laissent donc totalement froid. - [NE LE DIS A PERSONNE... (Harlan Coben) : L'art du récit](https://julienbouffartigue.net/2019/12/27/ne-le-dis-a-personne/) - On dit souvent que les adaptations cinématographiques des romans sont décevantes par rapport au livre dont ils sont issus. Une solution pour éviter cette déception, commencer par voir le film pour ensuite lire le livre. C'est ce que j'ai fait avec Ne le Dis à Personne... d'Harlan Coben. J'avais le souvenir d'avoir adoré le film de Guillaume Canet, mais plus du tout le souvenir du contenu exact de l'intrigue et encore moins de son dénouement. C'est donc avec un plaisir infini que j'ai redécouvert cette histoire, cette fois couchée sur le papier. En tant qu'écrivain amateur, j'ai forcément une admiration sans borne pour tous ceux qui savent raconter des histoires. Mais ceux qui le savent vraiment ! Harlan Coben fait partie de ces rares élus. Son récit, malgré une certaine complexité, est d'une clarté totale de la première à la dernière ligne. Il sait quand alimenter son lecteur en éléments nouveaux pour le faire avancer dans le récit, lever un coin du mystère, répondre aux questions qu'il se pose... tout en le poussant à s'en poser de nouvelles aussitôt. C'est ce cheminement qui rend Ne le Dis à Personne... aussi plaisant à lire. - [UNE VIE CACHEE : Au service de l'histoire](https://julienbouffartigue.net/2019/12/28/une-vie-cachee/) - Certains réalisateurs possèdent un style particulièrement marqué qui ne laisse pas indifférent. Terrence Malick fait partie de ceux-là. Je fais partie de ceux qui ont par exemple trouvé The Tree of Life absolument extraordinaire. Mais je me rappelle aussi très bien de toutes les personnes quittant la salle avant la fin. Je dois admettre que certains de ses films plongent même les spectateurs les plus bienveillants à son égard dans un ennui des plus profonds. Aller voir un de ses films s'apparente donc toujours à un pari. Et un pari risqué puisque la plupart de ses films frôlent les trois heures. C'est un nouvelle fois le cas avec Une Vie Cachée. Mais cette fois, la réussite est pleinement au rendez-vous. Avec une bonne demi-heure de moins, Une Vie Cachée serait sûrement définitivement un grand film. Cependant, s'il était plus court, il ressemblerait moins à un film de Terrence Malick. La grande force de ce film est de parvenir à allier la puissance esthétique de la réalisation avec une histoire particulièrement forte. On assiste ici à un vrai récit, avec un enjeu fort, une tension dramatique qui saisit le spectateur et le rive à ce film. Il souffre de quelques longueurs en son milieu, mais la première et la dernière partie sont absolument passionnantes. Le propos est riche et bouscule le spectateur. Il prouve aussi que son style si particulier ne le condamne pas à un cinéma uniquement contemplatif. Il peut être aussi au service d'un scénario puissant. - [LA LAC AUX OIES SAUVAGES : Il était une fois dans l'Est](https://julienbouffartigue.net/2019/12/30/le-lac-aux-oies-sauvages/) - Le polar noir chinois a fait sa place dans le paysage cinématographique français. Diao Yinan s'était déjà fait remarquer sur nos écrans avec Black Coal. Le revoici distribué chez nous avec le Lac aux Oies Sauvages. Une nouvelle plongée dans une Chine loin du miracle économique, où se côtoient misère et violence. Si le film n'échappe pas à tous les stéréotypes du genre, il nous livre un scénario assez original et inattendu pour réellement nous tenir en haleine tout du long. Je ne sais pas s'il pleut aussi souvent à verse en Chine que dans les polars qui en sont issus. Ce n'est qu'un détail, mais assez révélateur des quelques éléments récurrents que l'on trouve régulièrement dans ce genre de film. Malgré tout cela nous transporte dans un monde assez éloigné du notre pour ne pas du tout tomber dans une impression de déjà-vu. Le cœur de l'intrigue, vraiment réussi, aurait pu sans doute être transposé dans des décors plus familiers. Mais le Lac aux Oies Sauvages y aurait évidemment perdu beaucoup de son intérêt à nos yeux de spectateurs occidentaux en mal de dépaysement. - [ADN : Famille, je te hais](https://julienbouffartigue.net/2021/08/05/adn/) - Quand un film a la famille pour sujet principal, il vous fait généralement aimer la vôtre en vous faisant réaliser à quel point elle est équilibrée et vous offre des rapports sains. Celle qui se trouve au cœur d'ADN, le nouveau film de Maïwenn, ne répond à aucune de ces deux caractéristiques. Sans cela, il - [OSS 117, ALERTE ROUGE EN AFRIQUE NOIRE : Pas de quoi s'alerter](https://julienbouffartigue.net/2021/08/05/oss-117-alerte-rouge-en-afrique-noire/) - La constance est une qualité importante paraît-il. Evidemment, on peut nuancer cette assertion quand cela concerne une constance dans la médiocrité. Œuvre culte pour beaucoup, OSS 117, le Caire Nid d'Espions est pour moi une film extrêmement médiocre, sans rythme, avec un Jean Dujardin en roue libre complète. La suite, Rio Ne Répond plus, a - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 13: La force du collectif](https://julienbouffartigue.net/2021/08/04/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-13/) - Et un, et deux, et trois, et quatre, et cinq équipes de sport collectif tricolore en demi-finale. On peut même dire six, si on y associe le rugby à 7. Dans des Jeux Olympiques mitigés pour le sport français et en un jour où se dessine une nouvelle cruelle déception avec le physique défaillant de - [PALMARES 2019 : Les papys font de la résistance](https://julienbouffartigue.net/2020/01/02/palmares-2019/) - Il avait été annoncé bien à l'avance comme un chef d'œuvre, de manière un peu suspecte. La bande annonce avait fait naître beaucoup d'espoirs. Du coup, on pouvait facilement craindre que tout cela n'aboutisse à une amère déception. Il n'en a rien été. Joker est bien le meilleur film de cette année 2019, qui nous a réservé quelques autre beaux moments de cinéma par ailleurs. Une année marquée par la prédominance du cinéma américain, même si le cinéma hexagonal parvient tout de même à placer deux représentants dans un classement relativement resserré. 9 films seulement, dont une reprise, ce palmarès 2019 est relativement léger. La faute sans doute à l'absence de films asiatiques, pourtant souvent largement représenté dans ce classement. Beaucoup pourront me reprocher d'avoir oublié Parasite. Mais j'assume de montrer un peu plus mitigé à son propos que beaucoup d'autres (mais en ayant beaucoup aimé néanmoins). Mais on peut se réjouir de voir six films américains, tous très différents, démontrant ainsi qu'il n'y a pas encore de raison de désespérer du cinéma d'Outre-Atlantique. - [CHILDQUEEN (Kadhja Bonet), LUMP (Lump), LOST & FOUND (Jorja Smith) : Montrer la voix](https://julienbouffartigue.net/2020/01/02/lost-and-found/) - On commence avec une artiste dont je n'avais vraiment pas apprécié le premier album. Kadhja Bonet revient en 2018 avec Childqueen. Les premiers titres de cet album m'ont laissé penser que je porterais le même jugement sur celui-ci. Il s'ouvre sur dans une ambiance symphonique, avec des chœurs, mais pour un résultat relativement lancinant. C'est éthéré mais sans consistance. La production est plutôt sophistiquée, mais froide. Puis peu à peu, on finit par se laisser séduire par la voix de Kadhja Bonet et l'impression d'harmonie de l'ensemble. Cela se laisse écouter finalement, avec quelques passages parfois presque fascinants. Le groupe américain Lump, et leur album du même nom, crée la même impression initiale, mais sans pouvoir finalement faire changer l'auditeur d'opinion. La musique est lente et éthérée, sur laquelle vient se poser une traînante. C'est vraiment tristounet et sans punch. Les mélodies s'avèrent particulièrement lancinantes et le tout est franchement sans intérêt. - [LA VERITE : Monstres gâchés](https://julienbouffartigue.net/2020/01/08/la-verite/) - Monstres sacrés, voici une expression un peu étrange. Mais elle convient relativement bien pour parler de la place qu'occupent Catherine Deneuve et Juliette Binoche dans le cinéma français. Les voir réunies à l'écran à de quoi réjouir tous les cinéphiles. Malheureusement, les meilleures actrices du monde ne peuvent pas donner à elles seules de l'intérêt à un film. La preuve avec la Vérité qui livre une réflexion bancale et sans grand intérêt sur la famille et en particulier les relations mère-fille. Mais faute de crédibilité, on s'ennuie ferme. Livrer un film aussi centré sur ses personnages que la Vérité avec des protagonistes aussi peu enclins à faire naître la moindre empathie chez le spectateur représentait un pari risqué. Il est clairement perdu. Jamais aucun attachement ne naît pour ces deux femmes qui ont vraiment des problèmes de riches comme l'on dit. Et ce n'est pas cette histoire de troisième femme décédée il y a longtemps qui va apporter la moindre émotion supplémentaire. Cela apparaît comme totalement artificiel et absolument pas convaincant. Les rapports entre les personnages ont effectivement une certaine complexité qui aurait pu donner de la profondeur à la réflexion, mais on n'a pas grand chose à faire des états d'âme des uns et des autres. - [NOTRE-DAME : Divine légèreté](https://julienbouffartigue.net/2020/01/08/notre-dame/) - Parfois le plus grand des hasards donne à un film une saveur supplémentaire non prévue à l'origine. Y compris un hasard quelque peu tragique. Valérie Donzelli n'a pas écrit Notre-Dame pour rendre hommage à ce monument suite à l'incendie de l'année dernière, mais sa sortie quelque mois après ce dernier procure à ce film un relief supplémentaire. Cependant, même sans cette concordance des temps involontaire, il serait resté cette comédie pleine d'imagination, de fantaisie et d'humour (ce qui est quand même bienvenu pour une comédie) qui nous aura ravi et permis de passer de 2019 à 2020 dans la joie et la bonne humeur ! A mon sens, la Guerre est Déclarée est une des meilleurs films de l'histoire du cinéma hexagonal. Il est vrai que le reste de sa filmographie est beaucoup plus anodin, mais j'ai n'ai été en rien surpris d'être agréablement surpris par un film de Valérie Donzelli. On y retrouve sa créativité débridée et sa capacité à traiter de manière enjouée les sujets le plus divers, y compris les plus graves.Bon il est vrai que ceux qu'aborde Notre-Dame sont à base le plus souvent d'un poids fort modeste, mais elle parvient à leur enlever définitivement toute trace de lourdeur, même la plus insignifiante. Son plus grand mérite est de parvenir à offrir autant de légèreté à son propos sans le priver de consistance. - [LES FILLES DU DOCTEUR MARCH : Jeunes femmes, grande oeuvre](https://julienbouffartigue.net/2020/01/11/les-filles-du-docteur-march/) - Il n'est jamais trop tard pour boucher les trous béants dans sa culture. Il existe encore beaucoup d'histoire, d'artistes, d'œuvres que je connais de nom, sans vraiment savoir ce qu'il y a derrière. J'ai toujours pris les 4 Filles du Docteur March pour une histoire cucul pour jeunes filles prépubères. Il faut dire que la traduction française du titre original (Little Women) du roman de Louisa May Alcott s'avère particulièrement mauvaise et trahit totalement son esprit. Heureusement, Greta Gerwing m'a permis de découvrir enfin ce qu'il en était vraiment grâce à une excellente adaptation. De plus, le film bénéficie d'une nouvelle traduction du titre, particulièrement recherchée... les Filles du Docteur March (sic!). C'est donc sans aucune connaissance de l'histoire que je suis allé voir les Filles du Docteur March. J'ai donc eu le bonheur de découvrir ce récit émouvant et passionnant, portant avec beaucoup de brio des thématiques fortes. La plus centrale demeure avant tout l'émancipation individuelle, à une époque où les conventions pesaient encore lourdement sur les individus, évidemment encore plus fortement quand il s'agissait de jeunes femmes. Mais il offre une réflexion plus général sur le bonheur, le prix à payer pour l'atteindre, la difficulté de faire les bons choix, le courage qu'il faut pour le garder et sa précarité aussi. Un récit de grande envergure qui mérite bien sa postérité. - [PLAY : Ma génération](https://julienbouffartigue.net/2020/01/12/play/) - Il existe deux types de films générationnels. D'une part, ceux qui auront marqué une génération et que celles qui suivent regardent d'un air un peu étonné, ne partageant pas du tout l'enthousiasme de leurs aînés. D'autre part, il y a les films qui « racontent » une génération, essayant de récréer l'ambiance, l'univers, la culture dans lesquels elle a baigné et s'est construite. Play est définitivement à ranger dans cette deuxième catégorie puisque c'est même clairement le but de cette histoire. Une belle histoire en tout cas, qui vaut bien plus que la simple nostalgie qu'elle véhicule. Nostalgie qui touchera le cœur de tous ceux nés comme moi autour de l'entrée des années 80. Les personnages de Play sont visiblement nés en 1980, contrairement à moi qui suis né en 1979. Mais cette petit année d'écart ne change pas grand chose à cette impression étrange de revivre une partie de sa propre existence. Même si j'ai un parcours de vie différant quelque peu de celui des protagonistes de cette histoire, il y a trop de choses dans ce film qui m'ont rappelé des souvenirs pour ne pas me sentir particulièrement concerné. Cet effet miroir fait mouche et démultiplie les émotions véhiculées par l'histoire. Car ce film nous raconte aussi une histoire d'amour un rien ordinaire, mais une belle histoire tout de même, qui parlera à toutes les générations. - [THE HIDING (Kacey Johansing), BIRD DOG DANTE (John Parish), A QUALITY OF MERCY (RVG) : Tour du monde](https://julienbouffartigue.net/2020/01/13/the-hiding/) - On commence avec la Californienne Kacey Johansing et son album The Hiding, sorti en 2017. On y découvre une voix quelque peu éthérée se posant sur des sonorités folk ou pop, parfois un peu sucrée. Elle allie maîtrise et conviction pour un résultat agréable, même si la voix est un tantinet trop haute perchée pour être parfaite. Le seul gros défaut de l'album est au final de ne comporter aucun titre vraiment marquant et d'être toujours plus ou moins sur le même registre. Bon ok, cela fait deux gros défauts, mais pas assez gros pour totalement gâcher le plaisir de l'auditeur. On poursuit avec John Parish, un anglais surtout connu pour sa carrière de producteur, mais qui a également sorti sept albums solos, dont ce Bird Dog Dante. Il s'ouvre sur une introduction quelque peu tristounette. La suite est un peu plus vive, mais la montée se fait péniblement. On attend désespérément l'étincelle. Le tout est maîtrisé, mais sans punch. Certains titres comportent de longs instrumentaux minimalistes qui nous enfoncent désespérément dans la tristesse. - [LES SIFFLEURS : En Roumanie aussi](https://julienbouffartigue.net/2020/01/14/les-siffleurs/) - Le cinéma n'a pas de frontière et il n'y a pas beaucoup de pays au monde dont on n'a pas l'occasion de découvrir un bon film de temps à autres. Certains nous en proposent cependant plus fréquemment que d'autres et pas toujours ceux auxquels on s'attend. La Roumanie par exemple s'impose peu à peu comme une place forte du cinéma européen. On imagine facilement ce pays nous proposer des films sombres, voire sinistres. Cela a parfois été le cas, mais pas toujours. La preuve avec les Siffleurs, un vrai bon polar aux multiples qualités. Les Siffleurs est de ces polars qui tirent leur intérêt avant tout de la qualité des personnages et de tout ce qui gravite autour de "l'enquête", plus que du suspense inhérent à cette dernière. Un film d'ambiance donc plutôt qu'un thriller. Il est néanmoins parcouru par une réelle tension narrative, grâce notamment à une chronologie qui dévoile que très progressivement tous les tenants et les aboutissants de l'intrigue. On se demande jusqu'au bout où tout cela va nous mener et le destin qui attend les personnages. Ces derniers contribuent largement à la curiosité du spectateur qui prend beaucoup de plaisir à suivre cette histoire qui ravira au-delà des purs amateurs de polar. - [LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR, TOME 4 : LE COMPAGNON (Orson Scott Card) : Suite royale](https://julienbouffartigue.net/2020/01/15/le-compagnon/) - Depuis que je me suis sérieusement lancé dans l'écriture d'un roman (d'une saga même), je lis désormais les ouvrages de ce type avec un œil un peu différent. J'observe la manière dont se construisent les récits, notamment celle dont des événements qui ne sembleraient pas passionnants à première vue prennent tout leur intérêt quand ils prennent place dans un univers déjà bien installé. C'est le principe même de la série. Les Chroniques d'Alvin le Faiseur, tome 4 : le Compagnon illustre parfaitement ce principe. Et me donne encore plus envie d'écrire moi-même. En lisant Les Chroniques d'Alvin le Faiseur, tome 4 : le Compagnon, à un moment donné, j'ai réalisé que j'avais déjà lu 350 pages, que je n'avais pas vu le temps passé, alors qu'il ne s'était pas passé tant de choses que ça dans l'intrigue. Mais j'étais bien dans cet univers et le simple plaisir de continuer à s'en imprégner suffisait à mon bonheur. Ce tome semble poser des jalons pour des événements nettement plus spectaculaires que l'on attend avec impatience. Bref, on ressort de cet épisode avec une grande envie de lire le prochain dès que possible. - [LES ENFANTS DU TEMPS : Réchauffé](https://julienbouffartigue.net/2020/01/19/les-enfants-du-temps/) - Deux adolescents, un amour (passionnément platonique ou platoniquement passionné, comme on veut) et une bonne dose de fantastique. Voici la recette habituelle de beaucoup de longs métrages d'animation japonais. En particulier ceux de Makoto Shinkai, que l'on avait découvert avec le très beau Your Name. Le revoici avec les Enfants du Temps. Un film qui nous permet de retrouver tout ce qui peut nous séduire dans ce genre de film. Mais de manière peut-être un peu trop exhaustif pour se montrer pleinement enthousiaste. Poésie, émotion, personnages un rien décalés, les ingrédients sont connus. Pas étonnant qu'au final la recette soit relativement similaire. Ce qui fait la différence ce sont des petits riens, un peu comme les épices et les aromates dans la cuisine. Le plat que nous offre les Enfants du Temps s'avère moins délicatement savoureux que l'était celui proposé avec Your Name. Il manque une vraie dose de magie et d'éléments de réelle surprise pour que le film soit profondément marquant. Les deux films se ressemblent trop par trop d'aspects pour que l'on ne soit pas pousser à faire la comparaison. Il serait injuste de parler de déception, mais on pouvait s'attendre quand même à un peu plus de nouveauté. Seule la part de fantastique diffère vraiment, mais cela ne parvient pas à masquer les nombreux points communs. - [LE REVE (Emile Zola) : Parenthèse plus ou moins enchantée](https://julienbouffartigue.net/2020/01/19/le-reve/) - La saga des Rougon-Macquart, née sous la plume d'Emile Zola, représente une des œuvres littéraires les plus ambitieuses de l'histoire. Chaque roman nous plonge dans une réalité différente d'une même époque. Cela donne à la fois une réelle unité et une grande diversité à l'ensemble. Cependant, certains volumes se démarquent des autres pour nous plonger dans des histoires plus centrée sur l'intime que sur la fresque sociale. C'était le cas de la Faute de l'Abbé Mouret. Cela l'est à nouveau avec le Rêve. Un livre qui se démarque vraiment des autres épisodes. Le Rêve est, de loin je pense, l'épisode des Rougon-Macquart le plus court. Il ressemble vraiment à une parenthèse dans la saga. Le roman a été ajouté par Zola pour prouver à ses détracteurs qu'il était aussi capable de dépeindre les beaux et grands sentiments, pas seulement les pires noirceurs de l'âme humaine. Il y parvient parfaitement, mais à sa manière. Car sur la fin la dimension sociale reprendra le dessus. L'auteur tombera aussi dans son travers de rendre ses histoires quelque peu improbables pour les rendre dramatiques. Cela prive le final de la force qui aurait pu être la sienne car le lecteur a bien du mal à croire aux événements relatés. - [1917 : A very good plan](https://julienbouffartigue.net/2020/01/26/1917/) - Au Panthéon des réalisateurs, certains occupent une place que personne ne contestera et que personne n'oubliera de leur accorder : Orson Wells, Akira Kurosawa, Stanley Kubrick, Steven Spielberg... Mais d'autres seront éventuellement injustement oublié. Non que leur talent soit moindre, mais pas forcément reconnu. Sam Mendes fait partie de ces immenses cinéastes dont la renommé n'est pas la hauteur de la qualité de leur œuvre. On connaît ses films, mais sans forcément se rappeler que c'était lui qui se trouvait derrière la caméra. Peut-être que 1917 contribuera à réparer cette injustice. Même si Sam Mendes est sans doute passé à côté de quelque chose d'encore plus grand. Artistiquement parlant, 1917 est un film en de nombreux points hors du commun. Qu'il ne soit formé que d'un seul et même plan séquence (enfin plutôt deux, si on est vraiment tatillon) tient presque de l'anecdote par rapport à la qualité de la photographie et de la réalisation. Rarement un même long métrage n'aura proposé autant de plans à couper le souffle. Le travail sur la lumière, les mouvements de caméra est absolument fabuleux par la maîtrise absolue avec lequel ils est mené. Ils sont surtout au service d'une histoire qui vous happe dès les premières secondes pour ne plus jamais vous lâcher. Le spectacle proposé est incroyablement haletant et profondément immersif. - [SCANDALE : Fox pigs](https://julienbouffartigue.net/2020/01/28/scandale/) - Vue l'importance prise par le mouvement « me too » et plus largement par la prise de conscience du poids du harcèlement sexuel dans de nombreux secteurs d'activité, il n'est pas étonnant de voir Hollywood s'emparer déjà du sujet. On aurait pu plutôt s'attendre à un film sur l'affaire Weinstein, mais sans doute le procès en cours pousse les scénaristes à attendre son dénouement pour proposer une histoire dont elle sera le sujet central. C'est donc à travers une affaire moins connue de ce côté-ci de l'Atlantique que la thématique surgit. En effet, Scandale nous relate la chute du créateur et directeur de la rédaction de Fox News en 2016. Scandale est un film parfaitement hollywoodien en terme d'efficacité scénaristique et artistique. Un produit un rien formaté donc, mais qui fonctionne à la perfection. On ne se plaindra pas que pour une fois, tout cela soit mis au service d'une grande et belle cause. La dénonciation est salutaire, surtout qu'elle ne porte pas uniquement sur le harcèlement sexuel qui sévissait chez Fox News. Leur ligne éditoriale et l'éthique journalistique et intellectuelle dont ils usent sont largement éreintées également. Evidemment, quand le propos prêche un convaincu, comme moi, cela ne peut que provoquer une adhésion enthousiaste et immédiate. Mais les qualités du film sont suffisantes pour gagner celle d'un public un peu moins conquis d'avance. - [LE PHOTOGRAGHE : L'histoire sans fin](https://julienbouffartigue.net/2020/01/30/le-photographe/) - L'amour impossible est un sujet aussi ancien que l'existence des conventions sociales, c'est à dire depuis un petit moment. Et ce genre d'histoire prendra d'autant plus facilement naissance dans un pays où ces conventions pèsent particulièrement lourd. L'Inde est un parfait exemple de telle société, même dans l'Inde urbaine et tournée vers la modernité. C'est d'ailleurs un sujet extrêmement classique dans le cinéma de ce pays. Ritesh Batra n'est pas tout à fait un réalisateur typique du style Bollywood. Avec le Photographe, il dépeint une nouvelle fois avec beaucoup de subtilité et de délicatesse l'Inde d'aujourd'hui. Le Photographe renverse quelque peu le schéma classique puisque dans cette histoire d'amour contrariée par la distance sociale. En effet, il raconte la rencontre entre un homme d'extraction sociale modeste avec une femme de la haute société. Mais l'histoire fonctionne car le scénario se montre particulièrement intelligent et réserve quelques belles surprises. Il nous fait découvrir une très belle galerie de personnages, au-delà des deux personnages principaux. Il nous fait surtout découvrir une Inde des grandes villes déchirée entre le poids de traditions extrêmement encore présentes et une modernité occidentale à laquelle elle aspire. - [ON-GAKU : NOTRE ROCK ! : Rock sans le roll](https://julienbouffartigue.net/2021/08/04/on-gaku-notre-rock/) - Le hasard des horaires et l'envie de ne pas me contenter d'un seul film pour cette reprise après une si longue attente m'ont conduit à aller voir On-Gaku : Notre Rock !, un film d'animation japonais d'un genre un peu particulier. Ou du moins très différent de ce que ce pays à l'habitude de nous offrir en - [MILLA : La fureur de vivre](https://julienbouffartigue.net/2021/08/04/milla/) - Milla nous raconte l'histoire d'une jeune adolescente atteinte d'un cancer, tombant amoureux d'un junkie. Autant être clair, ce film n'a rien d'une joyeuse comédie. Mais la magie du cinéma fait que ce n'est pas non plus un drame ou un mélo larmoyant. Les sujets aussi lourds sont rarement traités de manière réellement intéressante si le - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 12: Au sommet de l'olympe](https://julienbouffartigue.net/2021/08/04/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-12/) - Depuis les débuts de ces Jeux Olympiques, je n'ai quasiment parlé que des performances des athlètes français. On peut y voir la traduction d'un vilain chauvinisme cocardier. Mais aussi l'absence jusqu'alors de moments vraiment inoubliables, au-delà de l'enjeu lié à la présence d'athlètes tricolores. J'aurais pu effectivement évoquer Simone Biles et ses démons, ou bien - [MES FILMS PREFERES](https://julienbouffartigue.net/2009/08/14/mes-films-preferes/) - Les films notés A+: -My Fair Lady -Pulp Fiction -Moulin Rouge Les films notés A : -les Star Wars -les Indiana Jones -la trilogie du Seigneur des Anneaux -Beaucoup de bruit pour rien -Breaking the waves -Chantons sous la pluie -Chicago -Certains l'aiment chaud -La Cité de la peur -Citizen Kane -Chat noir, chat - [K CONTRAIRE : Cas d'école](https://julienbouffartigue.net/2020/02/01/k-contraire/) - Le cinéma français a fait du film social une de ses spécialités, sans guère d'équivalent (même si Ken Loach...). Du coup, il devient difficile de proposer un film dans ce genre qui retienne vraiment l'attention et se démarque de la masse. K Contraire n'est pas du tout un mauvais film, mais il est vrai qu'il aborde des thématiques déjà traitées à de nombreuses reprises par d'autres productions hexagonales, parfois de manière plus brillantes ou originales. Les lois de la concurrence sont parfois rudes. Mais il serait injuste de ne pas souligner tout de même les réelles qualités de ce film, qui a enfin de compte beaucoup de mérite d'exister. K Contraire nous raconte le parcours d'un jeune homme qui sort de prison et replonge immédiatement dans le trafic de stupéfiants pour pouvoir assumer la charge de sa mère profondément dépressive. Un tableau guère réjouissant donc, mais traité tout de même avec beaucoup d'humanité. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants. Ils possèdent cependant une grande profondeur qui donne tout son intérêt à ce film, bien plus que les seules péripéties vécues par les protagonistes. Le scénario n'est ni naïvement optimiste, ni désespérément pessimiste. Un juste milieu qui donne de la crédibilité et de quoi nourrir la réflexion du spectateur, qui ne sort donc pas sans rien de la salle. - [SWALLOW : Dur à digérer](https://julienbouffartigue.net/2020/02/01/swallow/) - Etre mal à l'aise n'est pas un sentiment très agréable en soi. C'est rarement quelque chose que l'on recherche. Pourtant, certains films provoquent volontairement ce genre d'impression et parfois le spectateur y prend beaucoup de plaisir. Masochisme ? Peut-être... mais il est vrai que l'on va aussi au cinéma pour des sensations fortes que l'on a pas forcément envie de retrouver dans la vraie vie, comme la peine ou la peur. Mais évidemment, il faut que ceci ne vienne pas non plus sans raison et trop gratuitement, sinon cela tourne vite à une certaine forme de torture. Swallow est un film profondément malaisant. Et sans profond intérêt. Le mélange de ces deux caractéristiques ne prête guère à l'enthousiasme. Swallow nous raconte l'histoire d'une femme qui, pour exprimer son mal être, se met à avaler tout et n'importe quoi. D'où le titre. Ainsi, le film nous offre une scène mémorable où la jeune femme avale une punaise. Dis comme ça, ça paraît plus curieux qu'autre chose, mais en fait, cela plonge le spectateur dans un profond malaise. Il n'a absolument aucune envie d'assister à ce spectacle et souffre presque autant que l'héroïne. Et ce genre de scène va se répéter plusieurs fois, sans autant étirer les événements en longueur, mais suffisamment pour faire frisonner plus d'une fois. D'un point de vue purement visuel, le film n'est guère spectaculaire. C'est l'idée même du geste que la jeune femme est en train d'accomplir qui provoque ce sentiment très désagréable. - [LA LLORONA : Audacieux mélange des genres](https://julienbouffartigue.net/2020/02/02/la-llorona/) - Comme vous le savez, si vous êtes un lecteur assidu de ces pages, j'apprécie particulièrement d'aller voir un film en ne sachant strictement rien sur lui à l'avance. Quel bonheur de se faire surprendre ! Surtout si la surprise est bonne. Et encore plus si la surprise est réellement surprenante. J'ai vécu cette expérience délicieuse au travers de la Llorona. Un film particulièrement original en parvenant à mélanger, avec beaucoup de bonheur, deux genres cinématographiques qui semblent à première vue impossibles à concilier. Comme quoi rien n'est jamais réellement impossible dans la vie. Les premières minutes de la Llorona vous plonge dans l'ambiance angoissante d'un film d'horreur, tendance maison hantée. Puis tout cela s'efface pour laisser place à un film politique sur le passé dictatorial du Guatemala et la difficile mémoire de cette époque. On se dit alors que les premières minutes n'étaient qu'un leurre. Puis les deux aspects commencent à se mélanger pour donner une histoire qui tient parfaitement debout pour les deux aspects. Un mélange étonnant et audacieux donc. Mais qui ravit le spectateur grâce à la qualité d'écriture du scénario. - [TOUCHEZ PAS AU GRIZZLY (Jean-Pierre Huster) : Poulpe inhabituel](https://julienbouffartigue.net/2020/02/02/touchez-pas-au-grizzly/) - Touchez pas au Grizzly est un épisode des aventures du Poulpe particulier à bien des titres. Bon, le principe même de cette série, un auteur différent par roman, en fait une œuvre toujours renouvelée, mais cette fois celui qui tient la plume est Jean-Pierre Huster, le frère de Francis. Bon, me direz-vous, cette particularité est assez anecdotique et ne dit pas grand chose du contenu. Et c'est quand même sur ce dernier que l'on juge la qualité d'un livre. Déjà, ce volume se démarque de ses petits copains par son épaisseur. Je rassure les allergiques des pavés, il ne pèse tout de même pas bien lourd. Mais avec deux cents pages, il en compte une cinquantaine de plus de la moyenne de la série. Il faut dire Touchez pas au Grizzly déroule une intrigue un petit peu plus complexe. On navigue entre des événements se déroulant à des époques différentes et de multiples personnages. Le récit de Jean-Pierre Huster est moins direct que d'habitude et prend plus son temps. C'est dans l'ensemble plutôt une qualité car cela donne une réelle envie au lecteur de savoir où tout cela va le mener. - [NOONDAY DREAM (Ben Howard), C'EST LA VIE (Phosphorescent), GOAT GIRL (Goat Girl) : Pas de quoi devenir chèvre](https://julienbouffartigue.net/2020/02/08/goat-girl/) - On débute cet avis musical par un artiste britannique, Ben Howard et son album Noonday Dream, sorti en 2018. Il y une livre une musique assez douce, de facture relativement classique. Sa voix n'est pas désagréable, mais sans plus. Cela donne un résultat globalement assez tristounet, dans une ambiance passablement éthérée. Le tout manque d'énergie. L'étincelle attendue ne vient jamais, nous livrant une œuvre où l'auteur semble toujours en-dedans. On franchit l'Atlantique pour découvrir Phosphorescent, qui est en fait le pseudonyme d'un artiste solo, Matthew Houck de son vrai nom. Son album C'est la Vie, contrairement à ce qu'on pourrait penser, est bien écrit en anglais. Il nous fait découvrir une pop aux sonorités électro. Le résultat est assez mélodieux, portée par une belle voix, bien posée. C'est un rien sucré, souvent dynamique. Le tout est plutôt sympa, sans être totalement enthousiasmant non plus. C'est cependant assez varié pour se laisser écouter, même si certains titres s'étirent un peu trop en longueur parfois. - [THE GENTLEMEN : Tant qu'il y aura des hommes](https://julienbouffartigue.net/2020/02/09/the-gentlemen/) - Avoir un style bien à soi et reconnaissable entre tous représente un atout incontestable quand on est un artiste. Cela permet de se démarquer de la masse et de trouver son public. Celui de Guy Richie est suffisamment marqué pour ne pas passer inaperçu. Par contre, à mesure que la carrière avance et que la filmographie se remplit, cette qualité peut tourner en défaut quand le public commence à avoir un sentiment de déjà-vu. The Gentlemen est un film particulièrement réussi, drôle et rythmé, mais il sonne aussi comme un avertissement. En signant un quasi-remake de Snatch, le film qui l'a fait connaître, Guy Richie peut donner l'impression d'un cinéaste en panne d'inspiration. La nostalgie est un sentiment à la mode. Alors peut-être simplement que Guy Richie a voulu rajeunir ceux pour qui Snatch est un film culte. Vous aviez aimé la transformation de Brad Pitt en gitan incompréhensible, vous aimerez celle de Hugh Grant en paparazzi maître chanteur ! Ce film prouve en tout cas une nouvelle fois la capacité de ce réalisateur à bénéficier de casting particulièrement prestigieux et d'employer certaines stars, aussi immenses soient-elles, relativement à contre-emploi. Il continue plus globalement de briller par sa capacité à créer des galeries de personnages particulièrement savoureux et hauts en couleurs. Ils représentent un vecteur très efficace d'humour, même si The Gentlemen mise aussi sur quelques gags visuels et surtout quelques dialogues parfois politiquement assez incorrects (et ça fait du bien!). - [CUBAN NETWORK : La face cachée de l'histoire](https://julienbouffartigue.net/2020/02/12/cuban-network/) - Le manichéisme est un mal particulièrement répandu au cinéma, mais dans toute forme de narration en fait. Quand il s'agit d'une pure fiction, ce n'est pas très grave, voire souhaitable. Combien d'histoires prennent tout leur intérêt grâce à un méchant mémorable, car vraiment, mais alors vraiment, méchant ? Quand on touche à la réalité par contre, la situation est différente. Dans le monde réel, rien n'est simple, gris ou noir. Ce sont donc souvent les histoires vraies qui laissent le plus de place à la diversité des points de vue qui sont les plus marquantes. Au cours de son histoire, le septième art hollywoodien a souvent fait des Occidentaux les gentils, défenseurs de la liberté, et des "communistes" la figure du mal incarné, prêts au pires exactions pour arriver à leurs fins. On touchait évidemment à la caricature. Cuban Network nous plonge dans la guerre froide entre les Etats-Unis et Cuba avec un angle inattendu et qui donne surtout tout son intérêt au propos. Dans les années 80 et 90, des mouvements anti-castristes basés à Miami ont organisé plusieurs attentats sur le sol cubain, faisant quelques victimes au passage. Cuban Network raconte l'histoire des espions envoyés par le pouvoir de la Havane pour infiltrer ces mouvements et empêcher de nouveaux attentats et de nouvelles victimes. Des espions agissant dans l'illégalité sur le sol américain pour empêcher des mouvements agissant dans l'illégalité sur le sol américain et cubain. Bref, une histoire sans gentil et sans méchant, juste le portrait d'hommes et de femmes et un panorama plutôt brillant de la complexité de la situation. Le spectateur manque un peu de repère au début, ne sachant qui aimer ou détester. Mais il finira par apprécier de découvrir cette facette peu connue des rapports entre Cuba et les Etats-Unis. - [JOJO RABBIT : L'amour du risque](https://julienbouffartigue.net/2020/02/15/jojo-rabbit/) - Pour parler d'un sujet grave et sérieux, dramatique et triste, on peut évidemment choisir de raconter une histoire grave et sérieuse, dramatique et triste. Mais on peut aussi prendre le parfait contre-pied et se servir du rire et de la dérision pour passer les mêmes messages. Bien sûr, l'exercice devient alors beaucoup plus périlleux. Il faut avoir un peu de courage pour oser s'aventurer dans cette voie. Certains réalisateurs ont eu cette audace. Depuis la Vie est Belle de Roberto Benigni, on sait que même la thématique de l'Holocauste peut être traitée avec bonheur de cette façon. Une nouvelle preuve avec Jojo Rabbit, même si ce film deviendra certainement moins culte que son illustre prédécesseur. Taika Waititi a vraiment osé en réalisant ce film. Il y a une vraie prise de risque artistique qui mérite beaucoup de respect à elle seule. C'est ceux qui ne prennent jamais de risque qui ne font jamais d'erreur. Jojo Rabbit est un film largement imparfait, un peu foutraque et pas toujours totalement abouti. Mais il tire de ce bordel organisé une énergie tout à fait appréciable. La réalisation, le casting, le scénario, tout cela s'engage dans la direction définie avec énormément de conviction. Ils finissent par la transmettre au spectateur qui rentre dans cette histoire avec beaucoup de jubilation. Le rire va vite succéder aux larmes, puis au rire, plus aux larmes, mais la douche écossaise est vraiment plaisante ! Chaque émotion nourrit l'autre et c'est elles que l'on retient au final, bien plus que les imperfections. - [DEUX : L'hymne à l'amour](https://julienbouffartigue.net/2020/02/16/deux/) - L'amour n'a pas de frontière, n'a pas d'âge, tout ça, tout ça... Dans la vie ce n'est malheureusement pas si simple. Au cinéma parfois non plus, quand les films « romantiques » délaissent les fleurs bleues pour un peu de réalisme. Deux est un très beau film d'amour, mais avant tout un film sur la difficulté à vivre un amour « hors normes ». Un sujet délicat qui demande un minimum de subtilité pour être un minimum intéressant. Si celui-ci est imparfait, il traite avec beaucoup de pertinence et surtout d'émotion des rapports humains et des sentiments plus forts que les conventions sociales. Le sujet de Deux se déploie à deux niveaux. Le cœur se situe dans l'histoire d'amour entre les deux principales protagonistes. Je ne dévoilerai rien des péripéties qu'elles vont affronter, mais cet aspect du récit n'est en rien contemplatif. Mais tout se déroule au profit d'une émotion profonde et sincère transmise avec beaucoup de force aux spectateurs. L'autre aspect est dans la relation avec les enfants, qui ne vont pas accepter facilement la situation. Cette dimension est traitée de manière un peu plus caricaturale, trop en tout cas pour vraiment donner une couche supplémentaire d'intérêt à l'histoire. Il n'en avait pas forcément besoin pour mériter d'être vu, mais il se prive d'une force supplémentaire. - [WANDERER (Cat Power), LES RESCAPES (Miossec), KAMIKAZE (Eminem) : Gare à l'excès de sucre](https://julienbouffartigue.net/2020/02/16/kamikaze/) - On commence avec Cat Power, une artiste américaine, et son album Wanderer, sorti en 2018. On y découvre une musique douce et mélodieuse qui sonne un peu comme une chorale. Les instrumentations sont vraiment épurées et tout, ou presque, repose sur la voix. Le résultat est relativement solide et maîtrisé, mais ne propose aucun titre qui ressortirait vraiment du lot. C'est donc au final un rien monotone, même si la qualité est constante. On poursuit avec Miossec et son dernier opus en date, les Rescapés. Sa voix y semble plus claire qu'à son habitude, les mélodies plus sucrées, les textes un peu moins mélancoliques. Les instrumentations nous ramènent quelque peu dans les années 80. C'est totalement maîtrisé, mais ce n'est pas tout à fait le Miossec que l'on aime. Cela sonne plus « mainstream » et ce n'est pas vraiment ce que l'on attend de lui. On peut aussi y voir une forme de renouvellement, si on souhaite rester positif. - [UN DIVAN A TUNIS : Portrait tunisien](https://julienbouffartigue.net/2020/02/17/un-divan-a-tunis/) - Depuis quelque temps, on voit fleurir sur nos écrans des films sur le désir d'émancipation de la jeunesse du Maghreb, et plus largement même du monde arabe. Cela tourne le plus souvent autour de l'envie de vivre librement ses amours et ses désirs. L'envie de créer librement a également été mise en avant. Un Divan à Tunis aborde la question par un angle réellement original et au final assez efficace. A travers son film, Manele Labidi nous raconte le parcours d'une jeune femme qui a quitté Paris pour revenir sur sa terre natale pour ouvrir un cabinet de psychothérapie. Un Divan à Tunis reste avant tout un film léger, pour ne pas dire une comédie. Mais il n'en est pas moins pertinent. En effet, il livre un portrait plein de tendresse de la société tunisienne, que l'on soupçonne être relativement fidèle. Evidemment, je ne la connais pas assez pour réellement en juger, mais en tout cas le propos est convaincant, même quand le ton est clairement à la caricature. Le film séduit aussi par la galerie de personnages qu'il nous propose. En premier lieu, les clients qui défilent dans le cabinet, mais aussi bien d'autres protagonistes de cette histoire (j'ai une affection particulière pour la fonctionnaire du Ministère de la Santé). Beaucoup sont des vecteurs d'effets comiques, mais chacun d'eux à quelque chose à dire et à nous apprendre sur la société tunisienne. - [LA FILLE AU BRACELET : Non-réponse pertinente](https://julienbouffartigue.net/2020/02/22/la-fille-au-bracelet/) - Lorsque l'on raconte une histoire, qu'on le veuille ou non, on laisse toujours à son lecteur ou au spectateur une certaine liberté d'interprétation. De nombreux films sont à l'origine de débats sans fin pour déterminer le sens de tel ou tel événement du récit. C'est parfois involontaire de la part de l'auteur, mais parfois il laisse cette marge d'incertitude volontairement. Stéphane Demoustier a clairement fait ce choix avec la Fille au Bracelet. Il prouve que ne pas apporter une réponse définitive et toute faite à une question peut avant tout souligner sa pertinence. Surtout quand l'exercice est aussi parfaitement maîtrisé. Dans un scénario, comme dans la vie, il s'avère particulièrement difficile de cacher quelque chose sans se trahir. Le scénario et l'interprétation peuvent en effet facilement trahir des intentions que l'on chercher pourtant à cacher. Dans la Fille au Bracelet, la question est de savoir si une jeune fille de 18 ans a bien, deux ans plus tôt, commis ou non un odieux meurtre de sang froid. On peut bien sûr ressortir de ce film avec une opinion personnelle. Mais cela tiendra de l'intuition car rien ne vient donner de preuve tangible pouvant donner une réponse ferme et définitive à la question. Du coup, on est forcé de s'interroger sur ce fonde une culpabilité, sur le rapport à l'innocence supposée de la jeunesse et sur le regard que l'on peut poser sur un proche qui subit une telle accusation. - [MANDIBULES : Reprise en douceur](https://julienbouffartigue.net/2021/08/03/mandibules/) - Après autant de mois de frustration, quel plaisir de retrouver le chemin de salles de cinéma ! Quel plaisir aussi de pouvoir à nouveau écrire des critiques de film, même si j'ai continué à écrire sur les livres et la musique ! Je me souviendrai donc longtemps de Mandibules, le film qui m'aura permis de renouer avec - [ONODA, 10 000 NUITS DANS LA JUNGLE : La guerre sans fin](https://julienbouffartigue.net/2021/08/03/onoda-10-000-nuits-dans-la-jungle/) - Parfois la réalité dépasse la fiction. Du coup, il est tentant de faire de cette réalité une fiction. Hiro Onoda est un soldat japonais qui se rendit et accepta la fin de la guerre en... 1974, après trente ans passés dans les montagnes des Philippines à poursuivre une guérilla contre un ennemi imaginaire. Cela semble - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 11: Petits sports, grands souvenirs](https://julienbouffartigue.net/2021/08/02/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-11/) - Parmi les lieux communs qui peuplent les discussions sur les Jeux Olympiques, il y a les fameux « sports que l'on ne regarde que tous les quatre ans ». Et comme beaucoup de clichés, cela s'avère en fait parfaitement fondé, même si l'utiliser semble facile et un rien vulgaire quand on cherche à être éclairé et pointu. - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 9: TOUT SIMPLEMENT IMMENSE](https://julienbouffartigue.net/2021/07/31/chronique-des-jo-de-tokyo-jour9/) - Bouh, bouh, mais c'est quoi cette arnaque ! C'est du bidon en fait ces supposées chroniques des Jeux Olympiques ! Aujourd'hui, on se retrouve avec le même titre qu'hier et encore une photo avec Teddy Riner. Franchement, depuis qu'il poste des belles photos de lui sur Internet, il n'en fout plus une le Julien et il essaie - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 7: Chocolat amer ?](https://julienbouffartigue.net/2021/07/29/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-7/) - J'aurais pu faire le choix en ce septième jour de compétition de parler d'argent, soit la couleur des trois médailles tricolores du jour. J'aurais pu parler également du sport féminin puisque elles ont été décernées toutes les trois à des athlètes de ce sexe. J'aurais pu notamment faire honneur à la magnifique Madeleine Malonga, dont - [SEROTONINE (Michel Houellebecq) : Ecrivain agronome](https://julienbouffartigue.net/2021/08/02/serotonine/) - J'entretiens un rapport particulièrement ambigu avec Michel Houellebecq. Il n'y pas grand chose que j'aime chez l'homme, voire même beaucoup de choses chez lui m'inspirent un profond mépris. D'un autre côté, je ressens une certaine affection du fait qu'il soit un des rares Agros Paris à avoir accédé à un tel degré de notoriété. Et - [THE SUICIDE SQUAD : Le retour du reboot](https://julienbouffartigue.net/2021/08/02/suicide-squad/) - Copyright 2021 Warner Bros The Suicide Squad est aussi l'occasion de retrouver avec beaucoup de bonheur Margot Robbie. Elle prend visiblement énormément de plaisir à interpréter pour la troisième fois le personnage d'Harley Quinn. Et ce plaisir se montre particulièrement communicatif. Le film serait radicalement moins sympathique et réussi sans elle. Les autres personnages sont - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 10: Histoire de famille](https://julienbouffartigue.net/2021/08/01/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-10/) - Depuis le début des Jeux Olympiques, je m'efforce de montrer comment derrière chaque médaille, il y a une histoire. Regarder les Jeux Olympiques ne revient pas qu'à regarder des compétitions sportives, c'est aussi découvrir toutes sortes d'histoire. Et forcément, dans cette diversité, il y a des histoires de famille. Celle de la famille Manaudou aura - [ACQUAINTED FOR THE NIGHT (Lael Neale), HAUTE FIDELITE (Raphaël), MILANO (Daniele Luppi & Parquet Courts) : A mi-chemin](https://julienbouffartigue.net/2021/08/01/acquainted-for-the-night/) - On commence avec une jeune américaine nommée Lael Neale et son album Acquainted with Night, sorti cette année. On est immédiatement frappé par le caractère dissonant de sa voix, mais qui parvient à faire preuve d'une réelle profondeur et d'une jolie personnalité. Elle alterne les moments où elle parle plus qu'elle ne chante, avec ceux - [LA LOI DE TEHERAN : Iranian connection](https://julienbouffartigue.net/2021/08/01/la-loi-de-teheran/) - Le cinéma iranien reste étonnamment dynamique quand on connaît la situation du pays à tous points de vue. Peut-être que cette dernière pousse justement les cinéastes locaux à s'emparer d'un des rares territoires d'expression. Ils parviennent toujours à dresser un panorama de la société et du pays, de façon assez neutre, mais avec assez de - [DRUNK TANK PINK (Shame), CATSPAW (Matthew Sweet), NOT YOUR MUSE (Celeste) : Douceur céleste](https://julienbouffartigue.net/2021/07/31/not-your-muse/) - On débute cet avis en se rendant à Londres pour découvrir Shame et leur deuxième album, sorti en en ce début d'année, intitulé Drunk Tank Pink. On est tout de suite confronté à du gros rock qui tâche. Charlie Steen crie, voire même beugle, plutôt qu'il ne chante, même si on peut lui reconnaître le - [KAAMELOTT : 1er VOLET : Sacré graal](https://julienbouffartigue.net/2021/07/31/kaamelott-1er-volet/) - Je garde un très mauvais souvenir de la dernière fois que j'ai été voir un film tiré d'une série dont je ne connaissais rien... ou pas grand chose. C'est d'ailleurs sans doute un pas grand chose qui fait toute la différence. En effet, je ne savais strictement rien de Dowton Abbey avant d'aller voir le - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 8: Tout simplement immense](https://julienbouffartigue.net/2021/07/30/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-8-2/) - J'ai failli intitulé cette chronique « immense quand même »... Mais quatre médailles en quatre olympiades, dont deux en or, ne méritait pas un « quand même ». Tout est relatif, écrivais-je hier. Il faut bien juger la performance de Teddy Riner non relativement aux espoirs du jour, mais bien à la réalité de sa - [CHRIS (Christine and the Queens), 13 RIVERS (Richard Thompson), HUNTER (Anna Calvi) : Succès mérité](https://julienbouffartigue.net/2020/03/21/chris/) - On commence cet avis musical avec une artiste très en vogue, Christine and the Queens, dont je ne connaissais que les plus grands tubes et que j'ai découvert plus longuement en écoutant Chris, son deuxième album, sorti en 2018. Elle nous offre une musique pop, énergique et brillante. Elle lui donne une petite touche de glamour qui lui confère toute sa personnalité à son oeuvre. L'artiste mord vraiment dans ses titres, avec sa voix claire et prenante. L'album est d'une grande variété, on est curieux de découvrir ce que va nous réserver le prochain titre. Les titres en français sont aussi bons, même si on a quelque peu du mal à saisir le sens profond des textes. En tout cas, elle mérite amplement son succès. On change de génération et de genre, en passant à Richard Thompson, un auteur-compositeur britannique, né en 1949, et son album 13 Rivers. Il nous propose de son côté une voix sombre et profonde, même si elle parvient à garder une certaine clarté. Les instrumentations sont très marquées par les percussions et le résultat est parfois un peu lancinant. C'est souvent plus martelé que réellement entraînant. Cependant, il y a assez de créativité pour offrir une certaine variété entre les titres. La fin de l'album est plus dynamique offrant deux titres vraiment sympathiques, You can't Reach Me, un rock classique très américain, et O'Cinderella. - [QUEEN & SLIM : A fond la forme](https://julienbouffartigue.net/2020/03/22/queen-and-slim/) - Le mouvement de lutte pour l'égalité « raciale » aux Etats-Unis inspire depuis longtemps les cinéastes, mais le plus souvent dans une perspective historique, avec des portraits des grandes figures. Avec Queen & Slim, il trouve une traduction plus contemporaine. Melina Matsoukas fait des choix artistiques forts pour porter son propos. Mais en faisant cela, elle sacrifie quelque peu le fond au profit de la forme. Et quand on traite un sujet aussi fort, c'est sans doute une erreur regrettable. La scène qui va lancer toute l'histoire de Queen & Slim n'est pas totalement crédible. Or elle représente la fondation sur laquelle est bâti tout le film. Avec une base aussi fragile, le reste de l'intrigue paraît quelque peu chancelant. On comprend vite que le scénario est en fait celui d'une fable. Il ne vise pas vraiment le réalisme et mise surtout sur les symboles. Mais cela donne un mélange un peu étrange, un peu flou, qui a du coup bien du mal à être totalement convaincant. L'intention de Melina Matsoukas est de donner à son point de départ, un fait divers finalement banal, une dimension toute autre. Il est sans doute possible de rentrer assez dans cette histoire pour vraiment se laisser porter. Mais si on garde une vision un peu distancée, l'enthousiasme n'est définitivement pas au rendez-vous. - [UNE DOUCE VENGEANCE (Elizabeth George) : La fin d'une histoire](https://julienbouffartigue.net/2020/03/23/une-douce-vengeance/) - Parfois, il faut se faire une raison. Quand l'amour ne vient, il ne vient pas, on ne peut rien y faire. Même quand le premier rendez-vous était particulièrement prometteur, quand la suite ne parvient pas à faire grandir la flamme, inutile de se replonger éternellement dans le souvenir initial. On se fait du mal pour rien et on perd son temps. C'est exactement ce qui m'arrive avec Elizabeth George et les aventures de l'inspecteur Thomas Lynley. Si j'avais réellement apprécié Enquête dans le Brouillard, j'ai depuis enchaîné trois amères déceptions. Une Douce Vengeance est la dernière en date. Je crois qu'il est temps de rompre. J'ai retrouvé dans Une Douce Vengeance le même défaut que dans des épisodes précédents. Au moins, Elizabeth George a la constance pour elle. Elle convoque dans ses récits une foule de personnages, mais ne parvient pas à les rendre assez distincts des uns des autres pour que le lecteur les différencient clairement. Du coup, même au trois quart du récit, il arrive qu'on se demande « mais c'est qui déjà ? » quand un protagoniste intervient dans un chapitre. Du coup, on arrive pas à suivre aisément le fil du récit, ce qui nous rend assez indifférent à celui-ci. Au moment où la vérité éclate, on se sent plus soulagé de voir arriver la fin du roman que de voir enfin se lever le mystère. - [LE CAS RICHARD JEWELL : Clint en forme olympique](https://julienbouffartigue.net/2020/03/24/le-cas-richard-jewell/) - Clint Eastwood a visiblement décidé de se spécialiser dans les portraits des personnes « ordinaires » qui un jour deviennent plus ou moins volontairement des héros. Pour le meilleur, avec Sully, ou le pire, avec le 15h17 pour Paris (même si je ne l'ai personnellement pas vu). Il récidive avec Le Cas Richard Jewell. On pouvait donc se demander de quel côté la balance allait pencher cette fois-ci. Mais quand on connaît l'extrême qualité de la filmographie de ce géant du 7ème art, on se doutait bien de la réponse. Une nouvelle fois, il s'est montré à la hauteur de la situation. La première grande qualité de Le Cas Richard Jewell tient à celle de sa narration. En effet, il parvient dans un équilibre subtil à mener de front un récit d'enquête (plus proche du film de procès que du polar) et le portrait fouillé de son personnage central. Les deux aspects ne font pas que se compléter, ils entrent en synergie. Tout cela est porté par le talent artistique de Clint Eastwood qui, le moins que l'on puisse dire, sait manier une caméra comme peu de cinéaste. Par le truchement (oui j'ose le truchement!) de ces qualités, le spectateur entre immédiatement dans l'histoire et y restera profondément plongé jusqu'à la dernière seconde. - [TRUE MEANINGS (Paul Weller), MERRIE LAND (The Good, the Bad & the Queen), GONERS (Laura Gibson) : Sans accroche](https://julienbouffartigue.net/2020/03/26/merrie-land/) - On débute par un musicien à la collègue déjà longue, Paul Weller, qui a signé en 2018 son 13ème album, intitulé True Meanings. Il nous y livre une musique douce et maîtrisée, une musique folk qui laisse parfois la place aux violons. La voix posée est pleine de l'expérience accumulée, celle d'un artiste sûr de son talent, qui ne cherche pas à en faire trop par des fioritures inutiles. Le résultat est très classique et un rien monotone. Cela s'avère particulièrement doux à l'oreille, mais, il faut l'avouer, pas spécialement marquant. The Good, the Bad and The Queen est un groupe mené par Damon Albarn, l'un parmi une longue série. Il est accompagné ici de beau monde avec des anciens musiciens de The Clash et The Verve. Après un premier album éponyme en 2007, ils sont revenus 11 ans plus tard avec Merrie Land. On y retrouve une ambiance électro éthérée, où l'ancien chanteur de Blur parle souvent plus qu'il ne chante. Les titres sont posés, tranquilles. C'est sans surprise mais totalement maîtrisé. Mais du coup, pas réellement accrocheur. - [CYRILLE, AGRICULTEUR, 30 ANS, 20 VACHES, DU LAIT, DU BEURRE, DES DETTES : L'amour n'est pas dans le pré](https://julienbouffartigue.net/2020/03/28/cyrille-agriculteur/) - La ruralité est à l'honneur depuis quelques temps sur nos écrans. Après la pure fiction (Petit Paysan), l'histoire vraie (Au Nom de la Terre), voici le documentaire intitulé Cyrille, Agriculteur, 30 Ans, 20 Vaches, du Lait, du Beurre, des Dettes. Un titre qui en dit long sur le contenu, même si l'histoire est assez étonnante pour ne pas s'arrêter à ça. Le film nous offre une rencontre humaine réellement poignante. Beaucoup plus qu'une vraie réflexion sur l'agriculture. On peut juste craindre que certains le prennent comme cela. Cyrille, Agriculteur, 30 Ans, 20 Vaches, du Lait, du Beurre, des Dettes décrit une réalité du monde rural, qui s'efface peu à peu mais qui n'a pas encore totalement disparu. L'histoire racontée ici n'a rien de représentative, même si on retrouve bien des éléments qui restent totalement d'actualité. Notamment la difficulté pour beaucoup d'éleveurs de développer une vie sociale. Le cas de ce jeune homme est particulièrement extrême, mais pas totalement déconnecté de ce que vivent encore d'agriculteurs. On n'a pas non plus crée l'Amour est dans le Pré pour rien. Globalement, le film est de tout façon avant tout le portrait d'un homme dont personne ne pourra évidemment nié l'existence. Son histoire est profondément émouvante car d'une sincérité absolue. On peut penser ce qu'on veut du contexte, mais l'être humain touchera les plus endurcis. - [GLAMORAMA (Bret Easton Ellis) : Glamour à mi-temps](https://julienbouffartigue.net/2020/03/29/glamorama/) - Bret Easton Ellis est connu pour avoir dénoncé de manière assez spectaculaire les travers de la société américaine contemporaine à travers son roman Americain Psycho. On connaît moins le reste de son œuvre, qui porte le même regard et les mêmes thématiques, avec même très souvent des personnages passant d'un roman à l'autre. Glamorama s'attaque cette fois-ci plus particulièrement au monde du show-biz avec le même mordant. Mais aussi les mêmes travers qui rend les livres de cet auteur quelque peu frustrant. Glamorama est un roman qui fait naître de réelles envies. Même si le cœur de l'intrigue met beaucoup de temps à émerger, on est immédiatement plongé dans un univers effervescent et délirant assez enthousiasmant. La plume de Bret Easton Ellis possède une énergie incroyable, qui fait ressentir au lecteur de manière presque physique la folie qu'il décrit. Il prend son temps pour poser son décor, mais c'est un temps que l'on a beaucoup de plaisir à passer. Malheureusement, il ne parvient pas à canaliser toute l'énergie qu'il a déployée au moment de faire réellement avancer les enjeux qui sous-tendent le récit, condamnant son roman à une objet avant tout contemplatif. - [NEGATIVE CAPABILITY (Marianne Faithfull), SUSPIRIA (Thom York), BOTTLE IN IT (Kurt Vile) : Le crépuscule d'une déesse](https://julienbouffartigue.net/2020/03/29/negative-capbility/) - On débute cet avis par une grande dame de la scène musicale internationale, Marianne Faithfull. A 72 ans, elle a sorti Negative Capability en 2018. Ce qui frappe immédiatement est malheureusement le poids des ans qui pèse fortement sur sa voix. Elle parle désormais presque plus qu'elle ne chante. Cela a un côté un peu pathétique, mais malgré tout, le charme opère encore. L'ambiance est très douces, avec des instrumentations très épurées. Les textes sont du coup particulièrement mis en avant. Et quand elle reste dans les graves, au lieu de monter dans des aigus qu'elle a désormais du mal à atteindre, le résultat reste assez magique. On poursuit avec un album solo de Thom York, le chanteur de Radiohead. Il s'agit en fait de la bande-original du film Suspiria. Il n'est donc pas étonnant d'être plongé dans une atmosphère musicale assez étrange. La plupart des titres sont des instrumentaux qui s'avèrent souvent assez lancinants. Et quand la voix apparaît, elle se trouvent très (trop) haut dans les aigus, assez en tout cas pour être plus agaçante que mélodieuse. Bref, un résultat pas hyper intéressant. - [JUDY : Déclin et renaissance](https://julienbouffartigue.net/2020/03/30/judy/) - On fait bien des mauvais choix dans la vie, mais certains en font plus que d'autres, avec des conséquences plus ou moins fâcheuses. Le jour où Renée Zellweger s'est dit « oh, ça serait une bonne idée si je faisais de la chirurgie esthétique », elle a tout simplement eu la pire idée de sa vie. A tel point qu'à un moment, on a pu la croire totalement perdue pour le grand écran et bonne pour jouer les monstres dans les foires. Mon propos est un peu cruel et sans doute un peu injuste. Car le talent ne disparaît jamais vraiment et elle vient d'en apporter une preuve plus qu'éclatante en remportant un Oscar pour sa performance dans Judy. Une autre femme qui n'a pas toujours brillé par la pertinence de ses choix. Je ne sais pas si un jour, on produira un film intitulé Renée. En effet, les erreurs de l'actrice sont d'une toute autre nature que celles de son personnage. Ce dernier est en effet avant tout la victime d'une maltraitance profonde liée à son statut d'enfant star. Si le scénario se concentre essentiellement sur un épisode de sa vie située quelques mois avant sa mort, il nous fait découvrir, à travers de nombreux flash-backs, la tragédie de son destin. Une plongée dans l'envers du décor d'une carrière qui lui aura volé son enfance, son bonheur, sa santé, poussée volontairement à l'anorexie. Judy nous révèle des faits extrêmement graves, même si le but est surtout de dresser le portrait d'une femme qui aura cherché toute sa vie un bonheur qu'elle aura toujours été incapable de saisir. - [THE WAVES, THE LAKE (Great Lake Swimmers), BLACK VELVET (Charles Bradley), WARM (Jeff Tweedy) : Le bel adieu de Charles Bradley](https://julienbouffartigue.net/2020/03/31/black-velvet/) - On commence avec un groupe canadien dénommé Great Lake Swimmers et leur album The Waves, The Lake, sorti en 2018. On est tout d'abord surpris par la voix un peu trop haut perchée, qui vient se poser sur une musique assez douce. Heureusement, le chanteur aura la bonne idée de la placer rapidement un peu plus bas. Le groupe fait preuve de beaucoup de maîtrise et d'une réelle conviction. Le résultat est solide, mais manque d'un ou deux tubes pour vraiment se démarquer. La voix du chanteur Tony Dekker, reste définitivement le point faible du groupe, surtout que beaucoup de titres ont des accents très folk. On poursuit avec Charles Bradley et son album posthume, Black Velvet. Il transmet beaucoup d'énergie dès les premières secondes. Il nous fait part de toute sa classe, tout en maîtrise. Le résultat coule aux oreilles avec douceur, tout en parvenant à être entraînant. Un vrai tour de force. Sa voix nous fait réellement vibrer. Dommage que quelques titres soient vraiment en retrait pour que l'album soit définitivement inoubliable. - [RETOUR DE SERVICE (John Le Carré) : En déséquilibre](https://julienbouffartigue.net/2021/07/30/retour-de-service/) - Depuis que j'écris moi-même, je me montre particulièrement attentif à la manière dont les autrices et auteurs débutent leur roman. Et j'ai ainsi pris conscience que certains écrivains consacrent plusieurs dizaines de pages à la présentation des personnages et de la situation initiale, avant de faire réellement démarrer l'intrigue proprement dite. Cela permet de faire - [DESIGNE COUPABLE : Témoignage à l'ombre](https://julienbouffartigue.net/2021/07/30/designe-coupable/) - La prison de Guantanamo représente un trou noir de la justice et du droit. Il y reste un peu moins de quarante détenus, toujours sans aucun cadre juridique. Entre temps des procès ont fini par avoir lieu et tous ne se sont pas déroulés comme l'espérait l'administration des Etats-Unis. Un des cas les plus emblématiques - [READY PLAYER ONE (Ernest Cline) : L'odeur de la madeleine](https://julienbouffartigue.net/2020/04/02/reay-player-one/) - Dans l'absolu, je préfère lire un roman avant de voir son adaptation en long métrage. A une époque, je surveillais même les sorties quelques mois à l'avance et programmais quelques lectures exprès pour cela. Bon face à la lourdeur de la contrainte, j'ai arrêté. Mais l'inverse peut aussi s'avérer très agréable. Comme on dit que les livres sont toujours meilleurs que les films qui en sont tirés, quelque part cela revient à garder le meilleure pour la fin. C'est pourquoi, à l'aéroport de Seattle, alors qu'il me restait quelques dollars à dépenser, j'ai acheté Ready Player One, le roman, alors que j'avais vraiment adoré le long métrage que Steven Spielberg en avait tiré quelques mois auparavant. Heureusement, les deux œuvres sont finalement assez éloignées l'une de l'autre pour éviter de se focaliser sur la comparaison. Lire Ready Player One m'a déjà rassuré sur un point. Je suis encore capable de lire un roman en anglais sans difficulté. Ok, le livre est clairement écrit pour un public adolescent et le langage est donc clair et accessible. Donc, peut-être que pour un parfait anglophone, cela constitue une limite pour le roman, mais pour moi c'était au contraire vraiment parfait ! Le récit nous décrit un monde futuriste avec beaucoup de détails et de précision, sans jamais perdre le lecteur, ni ralentir le rythme de l'intrigue. Cela constitue la plus grande force de ce roman qui se dévore avec avidité et une facilité déconcertantes. On se retrouve plongé dans cet univers particulièrement riche et on y prendre un plaisir fou. - [DARK WATERS : Eau trouble brillante](https://julienbouffartigue.net/2020/04/01/dark-waters/) - Hollywood est depuis longtemps la capitale mondiale des films d'enquête, qu'elles soient menées par des policiers, des avocats ou des journalistes. Evidemment, dans l'immense majorité des cas, c'est un meurtre qui est investigué. Mais depuis Erin Brockovich, on sait aussi que l'environnement malmené par de vilaines multinationales constitue également un bon sujet. Un nouvelle preuve avec Dark Waters. Comme pour le film de Soderbergh, il s'agit d'une histoire vraie. Derrière la caméra, Todd Haynes qui nous avait plutôt habitué aux drames intimistes. Mais ici aussi, ses qualités artistiques nous offrent un film aussi beau qu'intéressant. Dark Waters a de quoi devenir un classique du genre. Parce qu'on y retrouve tout ce que l'on aime dans ce genre de film. Peut-être un tout petit peu trop d'ailleurs. Tout est peut-être trop parfait pour que croire que tout s'est exactement passé de cette façon. Mais qu'importe, la machine narrative est parfaitement huilée et on se laisse porter non sans un certain enthousiasme. On prend évidemment fait et cause pour le « héros » de cette histoire, éternelle répétition de David contre Goliath. Dans les moments de doute, où on se dit que tout est perdu, on sait bien au fond qu'il n'en est rien, mais malgré tout on partage les états d'âmes de cet avocat qui aura mené son combat seul contre tous. C'est la magie du cinéma et on ne va pas s'en plaindre. - [YAWN (Bill Ryder Jones), FOXWARREN (Foxwarren), GLASTONBURY 2000 (David Bowie) : Reposons en paix](https://julienbouffartigue.net/2020/04/04/glastonbury-2000/) - On ouvre cet avis musical avec Bill Ryder Jones et son album Yawn, sorti en 2018. Un artiste britannique qui murmure plus qu'il ne chante, ce qui donne au final une impression d'intimité plutôt sympathique. Le ton est posé et le rythme est lent. Le tout se montre très agréable, nous plongeant dans une ambiance paisible et reposante. Les instrumentations sont plutôt épurées, mais cela aboutit à un résultat solide et constant en qualité. On part au Canada avec le groupe Foxwarren et leur album éponyme. Il nous livre une musique douce et très propre sur elle. Cela forme un fond sonore plutôt agréable, mais jamais vraiment accrocheur. La maîtrise artistique est totale, on peut que le reconnaître. Cela coule tout seul aux oreilles, avec une grande légèreté, sans monotonie. Malgré toutes ces qualités, rien ne marque vraiment l'esprit de l'auditeur. Mais si c'est cela que l'on recherche, c'est parfait ! - [LA COMMUNION : The new priest](https://julienbouffartigue.net/2020/04/05/la-communion/) - Le cinéma polonais est un fournisseur régulier de nos écrans et le plus souvent les films distribués dans l'Hexagone sont de très bonne qualité. Mais avouons-le, ces longs métrages sont rarement des comédies légères et enjouées. Peut-être parce que c'est représentatif du 7ème art polonais ou tout simplement parce que les distributeurs français cherchent à entretenir les clichés sur ce pays, qu'on associe facilement à la grisaille et à la tristesse. La Communion nous raconte l'histoire d'un détenu, maltraité par ses congénères en prison, qui se fait passer pour un prêtre au lieu de rejoindre l'usine où il devait travailler. Pas vraiment le scénario d'une farce, mais celui d'un film très réussi. Pourtant, il ne faut surtout pas croire que la Communion ne dégage pas aussi une bonne dose de positivité. Certes, ne vous attendez pas à ce que tout se termine en happy-end. Les sujets principaux restent cependant la capacité à dépasser les apparence, la capacité à changer, le pardon... Tout cela est traité sans aucun angélisme, mais avec parfois tout de même une petite touche d'optimisme sur la nature humaine. Un film en couleur donc, certainement pas en noir et blanc. Le propos est traité d'une manière extrêmement vivante, jamais de manière contemplative. Il se passe beaucoup de choses dans ce film, avec de vrais rebondissements. Un travail remarquable d'écrire pour allier la forme et le fond. - [SONGS FOR JUDY (Neil Young), STAX'68 A MENPHIS, REMIND ME TOMORROW (Sharon Von Etten) : Somptueux voyage dans le temps](https://julienbouffartigue.net/2020/04/08/stax-68-a-menphis-story/) - Neil Young est un artiste particulièrement prolifique et ce, depuis plusieurs décennies. Donc pas évidemment de savoir par où commencer pour découvrir son univers. Songs for Judy peut constituer une bonne porte d'entrée. Cet album live est sorti en 2018, mais les enregistrements remontent à 1976. On est réellement plongé au cœur de son univers musical. On peut y apprécier pleinement la tonalité unique de sa voix. Il y a du mordant, de la conviction dans ses interprétations, le tout avec une vraie constance. Certains trouveront que les titres ne sont pas d'une variété extrême, mais c'est effectivement là sans doute la plus grande limite de cet artiste. Stax Records a produit certains des plus artistes de la soul music, notamment Otis Redding. Stax'68 A Menphis Story est un coffret de cinq CD regroupant l'ensemble des singles sortis cette année sous ce label. Elle commence par (Sittin' on) the Dock of the Bay, soit une des plus belles chansons jamais écrites. Cela vous met tout de suite dans l'ambiance et vous plonge littéralement au cœur d'une époque et d'un style. On est vraiment face à la crème du genre. C'est un vrai régal du début à la fin. Seules quelques titres, notamment des reprises en instrumental, présentent un peu moins d'intérêt, mais ils ne remettent jamais en cause le très grand intérêt de cette compilation. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE :EPISODE 20 : Mariage pour tous, honte pour moi](https://julienbouffartigue.net/2020/04/09/tout-ca-pour-ca-episode-20/) - J'ai souligné la dernière fois que contrairement aux idées reçues, les hommes politiques respectent le plus souvent la plupart de leurs engagements, mais qu'on leur reprochait le moindre écart ou le moindre manquement, en oubliant tout le reste. Mais force est de constater que parfois l'application d'une mesure pourtant clairement énoncée à l'avance provoque des tempêtes inattendues, alors qu'elle n'avait fait l'objet d'aucun débat particulier pendant la campagne. François Hollande et tout le PS en feront l'amère expérience avec le Mariage pour Tous. Pourtant, personne ne doutait au moment de son élection que la société française serait assez mature sur la question pour que la loi soit adoptée comme on dépose une lettre à la Poste. Mais le début du quinquennat avait déjà trop fragilisé François Hollande pour que l'adversité n'y voit pas là une occasion de se faire entendre. Tout le monde sera surpris par l'ampleur de la mobilisation des « anti ». La mise en lumière d'une France rétrograde qui semblait avoir quasiment disparu a représenté un fait marquant qui connaît malheureusement bien des répliques depuis. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE :EPISODE 21 : Veillée d'arme !](https://julienbouffartigue.net/2020/04/11/tout-ca-pour-ca-episode-21/) - Les élections municipales de 2014 approchaient. Le fait que je devienne tête de liste avait quelque chose d'évident, mais pour autant j'évitais de trop me projeter vers cette idée. Sans doute, trouvais-je ça quelque peu délicat et prétentieux de dire « au fait, on est bien d'accord que ça sera moi la prochaine tête de liste ? ». Et puis en février 2013, lors d'une réunion du bureau de la Section, la question a été abordée. Tous les membres présents considéraient que cela ne nécessitait aucun débat et personne n'envisageait un autre scénario. Je suis sorti de la réunion en ayant en tête que je serais le futur candidat du Parti Socialiste pour la mairie de Viroflay. Je n'ai pas le souvenir de m'être senti bouleversé par tout ça, mais ça a tout de même remué quelques questions dans mon esprit. J'ai même écrit un billet à ce sujet (Se jeter à l'eau). Mais cela marquait incontestablement une étape supplémentaire dans l'exercice d'une forme de leadership dont j'ai déjà parlé longuement ici. Forcément, ça remuait un peu car cela rendait tout à coup beaucoup plus concret quelque chose qui était jusqu'alors plutôt diffus. A 33 ans, dans une Section comptant un grand nombre de militants très expérimentés, on se demande obligatoirement, au moins l'espace d'un instant, si on va être à la hauteur. Mais pour être honnête, le billet cité plus haut est la seule trace qui me reste de cette cogitation. - [WHY HASN'T EVERYTHING ALREADY DISAPPEARED ? (Deerhunter), FEVER (Balthazar), ARE THE VILLAGE GREEN PRESERVATION SOCIETY (The Kinks) : Les voix qui comptent](https://julienbouffartigue.net/2020/04/12/fever/) - On débute avec un groupe américain, Deerhunter, auquel j'ai laissé une seconde chance, après l'écoute d'un premier album qui ne m'avait guère convaincu, avec Why Hasn't Everything Already Disappeared ?, sorti en 2019. Ils nous offrent un son pop-rock aux accents électros. C'est propre, maîtrisé, interprété avec conviction. Mais le tout manque quand même passablement de peps et de quelque chose qui accrocherait réellement l'oreille. Les titres sont relativement variés, mais jamais emballants. Ce n'est pas pour autant désagréable à écouter et on retiendra un titre, Plains, un peu plus enjoué que les autres. On revient plus proche de nous avec Balthazar, venu de la Belgique voisine. Fever nous plonge tout d'abord dans une ambiance sombre avec des mélodies un rien lancinantes. Les paroles sont parfos plus parlées que chantées, sur des instrumentations épurées. Mais l'univers ainsi crée est plutôt intéressant et d'une certaine classe. Le travail sur la voix (il n'y a pas de chanteur attitré, chaque musicien apportant sa contribution) confère à l'ensemble une réelle personnalité. De plus, l'album va crescendo dans la qualité nous permettant d'en ressortir sur une très bonne impression. - [MINI-ACCRO DU SHOPPING (Sophie Kinsella) : Toujours accro](https://julienbouffartigue.net/2020/04/13/mini-accro-du-shopping/) - Il y a des choses difficile à assumer dans la vie. Il faut un peu de courage pour l'avouer et oublier la peur des conséquences pour son image auprès de ses proches ou de ses collègues. Mais aujourd'hui, j'ai envie de faire cette terrible confession... Oui j'adore les roman de Sophie Kinsella et en particulier la série l'Accro du Shopping. Je sais, c'est moche, mais que voulez-vous, il y a midinette qui vit en moi. Mais même ce goût bizarre et quasi-pathologique pour une homme de 40ans ne m'empêchait pas d'admettre que la série perdait peu à peu de son intérêt. Heureusement, Mini-accro du Shopping relance un peu la machine. En plein confinement, on a plutôt envie de légèreté et de détente. Le moins que l'on puisse dire est qu'une lecture comme celle de Mini-accro du Shopping ne vous donne pas trop mal à la tête. C'était donc parfait pour cette période passablement étrange. Surtout que cet épisode est nettement plus réussi que les précédents. Peut-être parce qu'à cours d'idées intéressantes « réalistes », Sophie Kinsella a été obligé de se lâcher. Cet épisode tombe parfois dans l'improbable, frôlant même le n'importe quoi. Mais au final, cela fonctionne plutôt bien. Elle parvient à entraîner son lecteur dans les nouvelles aventures de l'inénarrable Becky de la première à la dernière page. - [EVENING MACHINES (Gregory Alan Isakov), DRIFT CODE (Rustin Man), JOY AS AN ACT OF RESISTANCE (Idles) : En attendant des jours meilleurs](https://julienbouffartigue.net/2020/04/15/drift-code/) - Gregory Alan Isakov est un artiste sud-africain, dont l'influence principale est Leonard Cohen. Cependant, être influencé ne veut pas forcément dire avoir le même talent. La preuve avec son album Evening Machines, sorti en 2018. Il nous plonge dans une musique lancinante, quelque peu fantasmatique. Les chœurs sont souvent présents. La voix, beaucoup plus claire que son idole, n'est pas totalement assurée. Les instrumentations mettent en œuvre des sonorités et des instruments variées mais tiennent le plus souvent de la ritournelle, plutôt que de la mélodie. Le résultat est extrêmement classique, pas désagréable en soi, mais qui ne propose rien de particulièrement enthousiasmant. Rustin Man est un artiste anglais, qui signe avec Drift Code son deuxième album... dix-sept ans après le premier. Ce qui frappe en premier c'est sa voix qui porte bien son âge (60 ans) et n'est vraiment pas mélodieuse. Mais c'est le tout qui n'est de toute façon pas très harmonieux. Ni le chant, ni les mélodies ne sont emballantes. Les titres présentent une certaine variété, mais sans jamais nous proposer quoique ce soit accrochant réellement l'oreille. Les meilleurs moments sont finalement les quelques solos un peu jazzy, bien plus intéressants que les parties chantées. - [PIETR-LE-LETTON (George Simenon) : Débuts hésitants](https://julienbouffartigue.net/2020/04/16/pietr-le-letton/) - Même les plus grands peuvent avoir connu des débuts hésitants. Même un immense auteur comme George Simenon. Son œuvre est marquée par une volonté d'explorer l'envers du décor d'une bourgeoisie bien pensante. C'est un élément que l'on retrouve pratiquement dans tous ses romans et qui leur donne toute leur saveur et tout leur intérêt. Mais cet angle est sûrement né de l'expérience venue avec le temps. Pietr-le-Letton constitue la première enquête du commissaire Maigret et la première histoire que l'auteur signe sous son nom. Il explore d'autres sujets : le grand banditisme international avec un petit fond de géopolitique. Le résultat n'est pas totalement convaincant. Une blague est rarement drôle quand on est obligé de l'expliquer. L'intrigue de Pietr-le-Letton se trouve un peu dans le même cas. Le lecteur a bien du mal à la suivre et à la comprendre, et surtout de saisir où tout cela va en venir. George Simenon a du le sentir car l'enquête se termine par une longue explication de ce qui s'est réellement passé, de qui était finalement qui et du pourquoi des agissements de chacun. Ca peut rappeler la fin d'un Agatha Christie, mais cela sonne ici plutôt comme un aveu de faiblesse d'un récit mal maîtrisé. Et qui a vrai dire aura assez peu passionné le lecteur auparavant. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 22 : Dresser la liste](https://julienbouffartigue.net/2020/04/17/tout-ca-pour-ca-episode-22/) - Avant de rentrer dans le vif d'une campagne électorale, il faut évidemment d'abord déterminer qui sont les candidats. Pour une élection municipale, il faut une tête de liste (cf. l'épisode précédent) et le reste de ceux qui vont l'accompagner. Viroflay compte 33 conseillers municipaux. Il nous fallait donc trouver 32 noms avec une contrainte non négligeable : 16 femmes, 16 hommes, inscrits sur les listes électorales de la commune ou à défaut y payant des impôts locaux. Et je peux vous assurer que ce n'était pas une mince affaire. Pour vous rendre compte de la difficulté de l'exercice, il suffit de comparer Viroflay et Versailles. Viroflay comptait alors 16 500 habitants et Versailles 85 000, Viroflay 33 conseillers municipaux, Versailles 53. Bref à Viroflay, c'est un conseiller pour 500 habitants, Versailles un pour 1600. Le réservoir dans lequel puiser est donc bien plus restreint que dans une commune de taille supérieure. Et vous imaginez bien qu'à Viroflay, le réservoir de personnes de gauche prêtes à s'engager est d'autant plus restreint. Surtout qu'en 2014, le tissu militant du PS commençait déjà sérieusement à se déliter (j'y reviendrai dans un autre billet). - [ENCORE (The Specials), BOBBIE GENTRY'S THE DELTA SWEETE REVISITED (Mercury Rev), WEEZER (BLACK ALBUM) (Weezer) : Funky family](https://julienbouffartigue.net/2020/04/18/encore/) - The Specials est un groupe britannique, pionner du ska à la fin des années 70. Ils ont continué à se produire et à sortir de temps de nouveaux albums. En 2019, ils en ont finalement sorti un troisième, intitulé Encore, en français dans le texte. Les titres se situent à la frontière entre le funk, le jazz et le reggae, sans qu'aucun d'entre eux ne soit purement du ska. Le résultat est réellement maîtrisé et même assez classe. C'est très classique mais donne souvent envie de danser. La qualité est là dans tous les styles. On passe de l'un à l'autre dans une grande variété de titres. L'album compte 21 titres, trop pour qu'il y en ait pas qui soient un peu en retrait, notamment quelques reprises pas forcément très intéressantes. Mais pas de quoi gâcher le plaisir. On part aux Etats-Unis pour retrouver Mercury Rev, un groupe d'indie rock, et son album Bobbie Gentry's The Delta Sweete Revisited. Un album où le groupe réinterprète en duo avec d'autres artistes les titres d'un album de la chanteuse Bobbie Gentry, sorti en 1968. Un projet original avec quelques beaux invités : Norah Jones, Hope Sandoval, Lucinda Williams... On est plongé tout d'abord dans une ambiance fantomatique. Le reste est sous le signe de la douceur et aussi d'une certaine monotonie dans les mélodies. Heureusement, l'invité changeant à chaque fois, la variété des voix vient la compenser quelque peu. On peut noter également un joli travail sur les sonorités et les instruments utilisés. Je retiendrai avant tout le titre Sermon avec Margo Price. - [LUX PRIMA (Karen O & Danger Mouse), THIS (IS WHAT I WANTED TO TELL YOU) (Lambchop), INFERNO (Robert Forster) : Non-éloge de la lenteur](https://julienbouffartigue.net/2020/04/20/inferno/) - On commence par un duo entre deux artistes américains, Karen O et Danger Mouse, qui ont enregistré ensemble en 2019 l'album Lux Prima. On y trouve une musique lente, aux instrumentations particulièrement sobres. Si dans un premier temps on peut se sentir envoûter, on finit très vite par se lasser des longs et mornes instrumentaux. La voix faiblarde de Karen O ne parvient pas à s'imposer, même quand elle tente désespérément de la pousser. Elle fait preuve de beaucoup de bonne volonté, mais n'a visiblement pas les armes pour le faire. Le duo a au final un certain potentiel, mais le résultat est bien trop en retrait pour retenir l'attention. On poursuit avec le groupe Lambchop, venu de Nashville, dont j'avais apprécié un de leurs précédents albums. Je n'en dirai malheureusement pas autant de This (Is What I Wanted to Tell You). La voix distordue de Kurt Wagner se pose sur une musique particulièrement lente, pour un résultat qui est ni beau, ni mélodieux. L'album s'avère réellement tristounet et au final sans intérêt. Il ne compte que peu de titres, tous relativement longs, mais qui se ressemblent tous. Une déprimante monotonie. - [TERMINUS LES ETOILES (Alfred Bester) : Monte-Cristo dans les étoiles](https://julienbouffartigue.net/2020/04/21/terminus-les-etoiles/) - Ce n'est pas parce que l'homme a inventé la science-fiction et décidé de raconter des histoires imaginaires dans des futurs éloignés ou dans des galaxies lointaines, très lointaines, qu'il a abandonné les grandes thématiques qui ont toujours donné les meilleurs récits depuis que l'humanité en invente. Je sais, ma phrase d'introduction est un peu longue. Bref, parmi les sentiments qui habitent les personnages de fiction les plus remarquables, le désir de vengeance occupe une belle place. Gully Foyle, le personnage principal de Terminus les Etoiles s'ajoute à la liste. Il prend vie dans une œuvre incontournable d'un des pères de la science-fiction moderne. Alfred Bester reçu le premier prix Hugo, le prix Nobel de la science-fiction, de l'histoire en 1953 avec un autre roman, L'Homme Démoli. Mais chaque œuvre de cet auteur est un moment d'histoire du genre car il en a écrit relativement peu (une demi-douzaine). Terminus les Etoiles permet de la découvrir à travers une histoire qui rappelle quelque peu celle du Conte de Monte-Cristo. On est vraiment face à de la science-fiction profondément classique... tout simplement parce que ce sont des auteurs comme Alfred Bester qui ont inventé les référence du genre. Par contre, il possède des qualité qui ne sont pas si classiques que cela dans ce type de roman. - [LET'S ROCK (The Black Keys), SHEPERD IN A SHEEPSKIN VEST (Bll Callahan), ARRIVALS & DEPARTURES (The Leisure Society) : Let's rock indeed !](https://julienbouffartigue.net/2020/04/24/let-s-rock/) - Pour commencer, un des groupes phare de la scène musicale actuelle, The Black Keys et leur album Let's Rock, sorti en 2019. Le groupe fait preuve d'une parfaite maîtrise, en propose une musique d'une qualité constante et surtout très haute. Il propose un rock à la fois très classique et doté d'une réelle personnalité. Les titres sont variés. On passe de sonorités country à des sonorités électro avec le même bonheur. Le tour de force est vraiment de nous offrir un rock à la fois électrique et mélodique. Un vrai bonheur. On poursuit avec Bill Calahan, un vieux routier de la musique country américaine. Mais une musique country qualifiée de country alternative, loin des clichés du genre. Sheperd in a Sheepskin Vest nous propose une musique particulièrement épurée, au rythme très lent. La voix de l'artiste est toujours aussi prenante, mais une partie de l'album nous pousse à nous demander si elle peut vraiment à ce point porter tout l'album. Le résultat manque de corps, mais se laisse écouter malgré tout. Les titres ne sont pas toujours hyper harmonieux, sont plus parlés que chantés. L'album compte pas moins de 20 titres, une petite sélection n'aurait pas fait de mal. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 23 : Toucher le fond](https://julienbouffartigue.net/2020/04/24/tout-ca-pour-ca-episode-23/) - Mener une campagne électorale, c'est mener de front trois dimensions différentes : le fond, la forme et l'administratif. Ce qui demande évidemment beaucoup de travail. A l'époque des municipales 2014, j'avais « la chance » d'occuper un emploi me laissant beaucoup de liberté et surtout de temps. Comme beaucoup d'aventure exaltante, on se lance dans un telle campagne en sous-estimant largement le temps que cela va vous prendre au final. Je n'ai pas décompté précisément le temps que j'y aurais consacré, mais je peux résumer ça à un bon mi-temps pendant quatre à six mois, surtout en ayant fait le choix de faire toutes les mises en page moi-même. Les trois aspects se mènent de front. La difficulté est de trouver le bon équilibre pour ne rien négliger. Il faut avancer dans toutes les directions à la fois, ce qui s'avère particulièrement chronophage. J'ai choisi de ne pas vous raconter les choses chronologiquement, déjà parce que j'aurais bien du mal à me rappeler les événements de cette façon et surtout parce que c'est sans doute la meilleure façon de ne rien oublier. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 24 : A fond la forme](https://julienbouffartigue.net/2020/04/26/tout-ca-pour-ca-episode-24/) - Avoir des idées ne demande rien de plus qu'un peu de jus de cerveau. Ce n'est pas cher, même si cela ne garantit évidemment pas la qualité du résultat. Les faire connaître est une autre paire de manches et demande des moyens matériels, parfois non négligeables. Pour les campagnes électorales, les moyens financiers sont fournis par la puissance publique (j'y reviendrai dans le prochain billet), reste à savoir quoi en faire pour attirer l'attention d'une population majoritaire indifférente qui ne voit de toute façon aucune raison immédiate de voter pour vous. Six ans plus tôt, nous avions mené une campagne des plus classiques et sans réelle imagination (cf. épisode 2). Je me donne donc pour objectif de faire beaucoup mieux et beaucoup plus original. Première décision, se passer d'agence pour faire les tracts. Mon expérience professionnelle m'a donné quelques compétences en mise en page et je sais que je peux faire largement aussi bien que l'agence à laquelle nous avions fait appel six ans plus tôt. Je ne mesurais pas bien le temps que ça allait me prendre, mais j'avais une activité professionnelle qui me permettait de consacrer quasiment l'équivalent d'un mi-temps pendant plusieurs mois. Je ne sais plus combien de mails en une journée nous nous étions échangés pour finaliser le bulletin de vote par exemple, mais cela avait fait surchauffé nos boîtes de réception. - [CHRIS COHEN (Chris Cohen), WEATHER DIARIES (Ride), HELP US STRANGER (The Raconteurs) : Le plaisir du rock](https://julienbouffartigue.net/2020/04/27/help-us-stranger/) - On commence avec un artiste américain, dénommé Chris Cohen et son album sobrement intitulé Chris Cohen, sorti en 2019. Ce qui frappe en premier, c'est sa voix fluette, largement distordue. Elle vient donner vie à des titres très calmes, qui bercent l'auditeur. Il y a un vrai travail sur les sonorités, des morceaux plutôt variés, mais rien ne vient vraiment compenser le caractère désagréable de la voix. Après, si on n'est pas dérangé par elle, il est possible d'apprécier cet album et de le trouver tout à fait sympathique. On renvient en Europe avec le groupe britannique Ride et leur album Weather Diaries. Ce dernier s'ouvre sur un rock aux sonorités électro pour une ambiance un peu éthérée. La suite sera plus pop, plus énergique. Le groupe sait varier les plaisirs, mais toujours avec une grande maîtrise. Les instrumentations sont recherchées, abouties et parfois assez complexes. Le résultat se laisse écouter avec une vraie curiosité et surtout un certain plaisir. Dommage simplement que l'album se termine par un long instrumental de 25 minutes. - [LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR, TOME 5 : FLAMMES DE VIE (Orson Scott Card) : La fin du tas](https://julienbouffartigue.net/2020/04/28/flammes-de-vie/) - Un beau jour de 2009, un de mes voisins déposent devant l'entrée de mon immeuble deux cartons plein de livres. Ils deviendront « les livres du tas », me rappelant une époque et un appartement où par terre était un meuble. J'ai depuis emménagé dans des logements m'autorisant à avoir la quantité adéquate de bibliothèques. Mais cette bonne centaine de livres resteront à jamais associés à ce surnom. Le cinquième des Chroniques d'Alvin le Faiseur, Flammes de Vie, est le dernier que je lirai. Il m'en reste bien encore un autre dans ma bibliothèque, mais je ne le lirai pas en tant que tel (parce qu'il correspond à un demi-tome de l'édition livre de poche d'une autre saga). Bon ça peut paraître anecdotique, mais c'est un petit d'émotion pour moi ! Et sinon ce roman ? Les Chroniques d'Alvin le Faiseur est une saga que j'ai appris à aimer au fur et à mesure, surtout après un premier tome qui m'avait laissé froid. Orson Scott Card revisite l'histoire de l'Amérique du début du 19ème. Une Amérique où la magie et le merveilleux ont fait dévié l'histoire du cours que nous lui connaissons. Clairement, Flammes de Vie n'est pas le meilleur épisode de la saga. L'auteur a voulu y traité deux thèmes intéressants de l'histoire américaine, l'esclavage et les procès pour sorcellerie, mais le fait d'une manière un rien artificielle. Du coup, l'intrigue principale se retrouve quelque peu parasitée et n'avance pas comme on aurait aimé qu'elle le fit. - [NOS CHEVEUX BLANCHIRONT AVEC NOS YEUX (Thomas Vinau) : Pas un cadeau](https://julienbouffartigue.net/2020/04/30/nos-cheveux-blanchiront-avec-nos-yeux/) - Vous l'aurez bien compris si vous êtes un ou une fidèle lecteur/lectrice de ce site, j'aime laisser le hasard mettre sur mon chemin des lectures que je n'aurais pas forcément choisies de moi-même. Parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Pour Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux, je me méfiais quelque peu. En effet, il s'agissait d'un roman offert quand on achetait deux livres du même éditeur. Je me doutais bien que ce dernier n'aurait pas agi ainsi pour écouler un best-seller unanimement salué par la critique. Effectivement il y a peu de chance que ce roman rentre dans cette catégorie quand on considère que sa plus grande (seule ?) qualité est sa brièveté. Nos Cheveux Blanchiront avec nos Yeux est difficile à résumer puisqu'il n'y a pas vraiment d'histoire, même si on suit vaguement le parcours du personnage/narrateur. Le livre est en fait plutôt un recueil d'impressions sur le temps ou une mouette qui passe. Un enchaînement de courts paragraphes, entre un tiers et une demi-page petit format, grande police, sur tout un tas de sujets, dont le principal point commun est d'être totalement inintéressants. Évidemment d'un sujet totalement inintéressant, on tire le plus souvent un texte qui l'est tout autant, si ce n'est plus. Tout cela ressemble à un exercice d'atelier d'écriture, fort sympathique au demeurant, mais ne méritant clairement pas d'être publié. En tout cas, ça donne de l'espoir aux écrivains amateurs comme moi. Tout le monde a une chance de l'être un jour. - [LA LEGENDE DES MILLE TAUREAUX (Yacha Kemal) : L'âme d'un peuple](https://julienbouffartigue.net/2021/07/29/la-legende-des-mille-taureaux/) - Certaines régions du monde semblent encore des terres inconnues à nos yeux d'Occidentaux. Certains peuples nous apparaissent toujours totalement étrangers, comme si nous n'habitions pas sur la même planète, quand bien même elle est supposée être devenue un grand village. Ainsi, les Turkmènes n'évoquent pas forcément grand chose pour le grand public de notre pays. - [BERGMAN ISLAND : A double titre](https://julienbouffartigue.net/2021/07/29/bergman-island/) - Vraiment rien ne garantissait que je puisse apprécier Bergman Island. Déjà parce que la bande-annonce ne faisait pas spécialement envie. Mais aussi parce que ma précédente expérience avec le cinéma de Mia Hansen-Løve ne m'avait pas spécialement convaincu. J'étais d'autant plus échaudé que le film tourne beaucoup autour de la figure d'Ingar Bergman, dont la - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 6: Les petits nouveaux](https://julienbouffartigue.net/2021/07/29/chronique-des-jo-de-tokyo-jour6/) - Entre la compétition pour choisir la ville organisatrice des Jeux et les compétitions sur la piste, a lieu une troisième compétition qui échappe largement aux feux médiatiques. En effet, des nombreux sports cherchent à intégrer le programme olympique, quand d'autres essaient de sauver leur peau. Pour Tokyo, quatre d'entre eux font leur entrée. En attente - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 29 : Gem, Gem, Gem](https://julienbouffartigue.net/2020/06/08/tout-ca-pour-ca-episode-29/) - Le Parti Socialiste est connu pour avoir toujours été structuré autour de différentes sous-composantes qui auront pris différents noms au cours de son histoire : courant, motion, texte d'orientation... Ceci est d'autant plus fort que cette structuration est bien volontaire, se situant au cœur des processus démocratiques au sein du parti. Ces composantes s'affrontent au moment des Congrès et les militants sont appelés à trancher grâce à leur vote. Tout ceci serait très sain et fertile, favorisant l'émergence de nouvelles idées à travers le débat, si cela se limitait aux périodes de Congrès et ne provoquait pas des fractures beaucoup plus profondes et constantes. Ces sous-composantes ont été toujours plus ou moins structurées, selon leur permanence et la culture de ceux qui les faisaient vivre. L'aile-gauche du parti socialiste a toujours été la mieux organisée, bien qu'elle compte parfois un grand nombre de chefs autoproclamés. Mais elle a toujours pu compter sur le soutien du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) qui lui offrait de facto une certaine organisation. Elle pouvait aussi s'appuyer sur une culture profonde des pratiques militantes et de la prise de contrôle du parti. Ce n'est évidemment pas le seul mouvement au sein du PS à avoir pratiqué l'entrisme, l'intimidation ou les fausses cartes d'adhérents (les régions PACA et Nord, contrôlées par d'autres chapelles, savaient très bien y faire), mais c'est sûrement la force interne qui l'aura exercé avant le plus de constance, sans jamais parvenir à ses fins cependant (ce qui conduira à la création de Génération.s, mais ceci est une autre histoire). - [SOLEIL ENCULE (Arlt), HAVE WE MET (Destroyer), MUSIC TO BE MURDERED BY (Eminem) : La bonne technique](https://julienbouffartigue.net/2020/06/15/music-to-be-murdered-by/) - On commence cet avis par un groupe français particulièrement méconnu. Arlt a sorti Soleil Enculé en 2019. Dans un premier temps, on semble plongé dans un conte pour enfants. Le groupe est en fait un duo, mais c'est la voix féminine qui domine largement. Les mélodies sont lancinantes et pas toujours très harmonieuses. Les textes sont quant à eux sans grand intérêt. Le résultat est relativement étrange, mais ce côté décalé ne vient jamais provoquer la curiosité de l'auditeur qui passe rapidement et définitivement à autre chose. On enchaîne avec les canadiens de Destroyer et leur album Have We Met. La voix du chanteur, Daniel Béjar, semble parfois en décalage avec la musique. L'ambiance crée est assez intimiste. Elle traduit surtout une vraie personnalité de l'artiste, qui compense le manque d'harmonie ou de maîtrise. L'album compte quelques bons moments, mais se révèle tout de même relativement inégal. Il devient même parfois assez pénible à écouter. Dommage. - [MIND HIVE (Wire), HOTSPOT (Pet Shop Boys), THE NEON SKYLINE (Andy Shauf) : Toujours verts](https://julienbouffartigue.net/2020/06/18/hotspot/) - Parfois on a l'impression de découvrir un nouveau groupe émergeant, avant de découvrir qu'il n'en est rien. Wire est un groupe britannique qui s'est formé dans les années 70. Mind Hive, sorti en 2020, est leur 17ème album. Mais j'avoue que les premières minutes étonnent quelque peu. Cela pourrait presque ressembler à une parodie. Le reste sera plus classique, pour ne pas dire basique et toujours propre sur lui. C'est maîtrisé, mais un peu le cul entre deux chaises. Les textes sont autant joués que chantés. Mais tout cela laisse froid, car jamais leur musique ne parvient à créer l'émotion. Nés dans les années 80, les Pet Shop Boys sont d'autres vieux routiers de la scène musicale mondiale. Hotspot est leur dernier album en date. On est tout de suite frappé par leur dynamisme et leur mordant. Ils sont bien dans le style, du coup cela a un charmant goût vintage, qui nous replonge trente ans en arrière. La plupart des titres sont entraînants, voire carrément dansants, même si certains sonnent plutôt comme des balades. Leurs voix restent incomparables et les instrumentations s'avèrent particulièrement élaborées. La qualité des titres restent longtemps très haute et constante, même si l'album ne compte pas de grand tubes en puissance. - [LES AVENTURIERS DE LA MER : L'INTEGRALE 3 (Robin Hobb) : A bon port](https://julienbouffartigue.net/2020/06/17/les-aventuriers-de-la-mer-3/) - Dernier volet des Aventuriers de la Mer, « Ship of Destiny » a été édité en français sous la forme de trois romans, ce qui constitue une mauvaise habitude pour les éditions français d'œuvres d'heroic fantasy. Mais passons, car j'ai lu les trois volumes à la suite, retrouvant ainsi l'esprit et la structure de ce roman, tel qu'il a été imaginé par Robin Hobb, avec son début, son milieu et sa fin. C'est bien mieux comme ça et m'a permis d'apprécier pleinement cette conclusion particulièrement réussie. Cela confirme que cette saga, si elle est loin d'être aussi inoubliable que l'Assassin Royal, est allée crescendo. Les Aventuriers de la Mer répond à un schéma particulièrement classique de ce genre. L'histoire débute alors que les très nombreux personnages se retrouvent dispersés, loin les uns des autres. Et parfois dans une situation relativement difficile. Ils finiront pas se retrouver dans un long final de haute volée. Ceci se fera à travers de nombreux rebondissements, parfois surprenants, qui préserveront totalement le lecteur de l'ennui. Robin Hobb fera même quelques choix osés, notamment un qui peut vraiment prêter à débat. Pas question de spoiler, mais attendez-vous à un moment donné à être assez choqué par ce que vous allez lire. - [JUNIOR (Corridor), THREE CHORDS AND THE TRUTH (Van Morrison), IMMANENT FIRE (Emily Jane White) : Toujours vert](https://julienbouffartigue.net/2020/06/07/three-chords-and-the-truth/) - On part de l'autre côté de l'Atlantique mais pour entendre parler français. En effet Corridor est un groupe venu de Montréal. Leur album Junior, sorti en 2019, nous fait découvrir leur univers éthéré, où la voix distordue résonne avec un effet d'écho. Ceci a pour double effet de mettre la voix totalement en retrait et de rendre totalement incompréhensibles les paroles. Restent donc les mélodies, mais qui ne cassent pas trois pattes à un canard. Le résultat a un petit côté années 80, mais se révèle surtout terriblement lancinant. Pour tout dire, c'est un peu pénible à écouter. On enchaîne avec une légende de la scène rock, Monsieur Van Morrison, né en 1945, 47 albums au compteur, dont ce Three Cords and the Truth. On comprend la dimension du bonhomme en découvrant sa musique tout en maîtrise et de grande classe. Il navigue entre jazz, country et rock. Sa voix enchanteresse et relativement originale donne tout son charme à l'ensemble. On peut cependant trouver cet album un rien monotone. Cela reste en effet toujours très classique, même si tous les titres sont tout de même de grande qualité. - [INVISIBLE MAN : Retour réussi](https://julienbouffartigue.net/2020/06/23/invisible-man/) - Cette critique constitue évidemment un moment particulier puisque c'est la première que j'écris depuis près de trois mois. Vous imaginez bien que je n'ai pas pu attendre à l'annonce de la réouverture des cinémas et dès lundi 17h30, je prenais place dans une salle obscure, un peu ému je dois l'admettre. Quel bonheur de se retrouver devant ce grand écran ! Le bonheur n'aurait évidemment pas été complet si le film que j'avais choisi s'était avéré mauvais. Heureusement, il n'en fut rien et Invisible Man m'a fait passer un très bon moment. Un thriller somme toute classique, un tout petit peu long, mais quand même globalement très bien foutu. Invisible Man nous propose un scénario en plusieurs séquences. La première, celle où l'héroïne sent autour d'elle la présence d'un homme invisible (je ne crois pas trop spoiler, vu le titre et la bande-annonce) reste la plus réussie. C'est tout simplement flippant, même si les ressorts sont archi connus. La réalisation joue parfaitement son rôle, car faire naître la peur à partir de quelque chose que l'on ne voit pas n'est pas si évident. On pourra simplement regretter qu'à partir du moment où l'histoire commence à passer à autre chose, le rythme ne s'accélère pas plus franchement. On ne s'ennuie jamais mais le récit aurait gagné à être plus tranchant dans des parties plus tournées vers l'action pure. - [UN SINGE EN ISERE (Marin Ledun) : Poulpe vert](https://julienbouffartigue.net/2021/07/28/un-singe-en-isere/) - Lentement mais sûrement, je m'approche de la fin de ma réserve de romans mettant en scène ce détective, qui n'en est pas vraiment un, surnommé le Poulpe. Après Un Singe en Isère, il ne m'en restera plus que deux et la source sera tarie. Peut-être que d'autres me tomberont sous la main, mais j'en lirai - [TITANE : Voyage pénible en terre inconnue](https://julienbouffartigue.net/2021/07/28/titane/) - Il est rare qu'un film récompensé par une Palme d'Or fasse totalement l'unanimité. Cela tient à la nature des longs métrages sacrés, qui se distinguent le plus souvent par une forte originalité, voire un caractère hors normes. Titane n'échappera pas à la règle. Tout le monde s'accordera à dire que l'on ne voit pas des - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 5: L'essence d'une championne](https://julienbouffartigue.net/2021/07/27/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-5/) - Depuis le début des Jeux Olympiques, j'ai parlé avant tout de belles histoires et d'événements inattendus, source d'émotions fortes. Cependant, certaines médailles d'or représentent le dénouement d'une histoire sans surprise. La notion de favori est évidemment subjective, mais pour beaucoup d'épreuves un nom se détache assez nettement pour faire l'unanimité. Il y a deux jours, - [FOR THE MANY (UB40), FISHING FOR THE FISHES (King Gizzard et the Lizard Wizard), VISITOR (Michelle Blades) : Les papys font de la résistance](https://julienbouffartigue.net/2020/05/01/for-the-many/) - On commence avec une vieille connaissance des années 80 que l'on pensait hors du coup, mais qui a bien sorti un album en 2019. UB40 nous propose avec For the Many une musique dans la droite lignée de ce qu'on leur connaît, mais avec une maturité nouvelle dans la voix. Cela donne une ambiance plus sombre, moins sucré. Le groupe est sûr de son art et déroule les excellents titres avec beaucoup de maîtrise. Même les non fans de reggae comme moi sont ravis. Il y a de l'énergie, de la conviction, quelques sonorités un peu plus jazz qui font de cet album un vent de fraîcheur un peu inattendu. Pour être dans l'air du temps, le groupe propose même quelques titres un peu hip-hop sur la fin de l'album, mais ce n'est pas eux que l'on retiendra en premier. On part en Australie pour découvrir le groupe King Gizzard and the Lizard Wizard et leur album Fishing for the Fishes. Le style est pop-rock avec une touche d'électro, voire même une très grosse touche parfois. Le résultat est maîtrisé et énergique et se laisse écouter avec plaisir. Un seul bémol, très personnel, la voix légèrement distordue, effet qu'il m'horripile au plus haut point. Le résultat est solde mais manque tout d'un ou deux vrais tubes pour accrocher définitivement l'oreille de l'auditeur. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 25 : Campagne adminstrative](https://julienbouffartigue.net/2020/05/01/tout-ca-pour-ca-episode-25/) - Dernier aspect d'une campagne électorale, l'aspect administratif. Cela peut presque paraître négligeable quand on se lance, mais on s'aperçoit vite que c'est une part importante du travail à accomplir. Cependant, je pouvais me lancer dans cette aventure sans trop d'appréhension à ce niveau-là. L'avantage de faire parti d'un « vieux » parti politique est de pouvoir être épaulé par des militants chevronnés qui se sont déjà pliés à l'exercice à plusieurs reprises. Et j'avoue que pour cette campagne des municipales, j'ai été parfaitement accompagné. Premier nerf de la guerre et premier problème à résoudre... l'argent. Certes, la puissance publique finit par rembourser les frais de campagne (cf. la fin de ce billet), mais il faut bien avancer l'argent. Ici on parle d'environ (de mémoire) 15 000 euros. La loi nous autorisait à dépenser le double, mais cette la deuxième moitié n'aurait pas été remboursée. Nous décidons très vite de nous contenter de ce budget et de ne pas faire appel aux dons. C'était en effet largement suffisant et je n'ai pas le souvenir de m'être jamais senti contraint par le moindre manque de moyens financiers. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 26 : Illusions brisées](https://julienbouffartigue.net/2020/05/03/tout-ca-pour-ca-episode-26/) - Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Union pour Viroflay Solidaires à Viroflay... 9 bulletins pour le Maire sortant avant de voir sortir un bulletin pour notre liste. Je connais la notion d'échantillon représentatif, 10 bulletins ne suffisent pas pour cela. Mais je comprends immédiatement ce que ce début de dépouillement signifie. Le résultat sera mauvais. Il ne s'agissait évidemment pas de gagner et d'empêcher le maire sortant d'être réélu. Le Graal absolu aurait été d'obtenir un second tour et de pouvoir répéter pendant toute une mandature qu'il représentait moins de 50% de la population. Cependant, je n'y ai jamais cru car nous aurions eu besoin pour cela d'un bon score de la seconde opposition. Pour bien des raisons, il me semblait probable qu'elle fasse moins bien que six ans plus tôt. Ce qui fut bien le cas. - [I AM EASY TO FIND (The National), FATHER OF THE BRIDE (Vampire Weekend), STONECHILD (Jesca Hoop) : Wonderful week-end !](https://julienbouffartigue.net/2020/05/04/father-of-the-bride/) - On commence par un groupe américain, The National, dont j'ai déjà pu apprécier plusieurs album. Le dernier en date, I am Easy to Find, est sorti en 2019. Il nous offre un rock calme, assez typique du groupe, mais cette fois-ci relativement transparent. Certaines instrumentations sont étonnement brouillonnes. Le groupe paraît très en-dedans. La voix de Matt Berninger ne perce pas à travers la musique. C'est d'autant plus audible que l'album compte de nombreux duos et sa voix ne supporte jamais la comparaison. Aucun titre ne retient vraiment l'attention et le tout est globalement longuet et monotone. Vampire Weekend est un autre groupe de rock américain, mais nettement plus énergique. Father of the Bride est là pour le prouver. Pourtant l'album s'ouvre avec un titre plutôt calme, porté par des chœurs. Leur musique est souvent posé, toujours maîtrisée et surtout toujours interprétée avec une réelle conviction. Le groupe mord dans ses titres pour notre plus grand bonheur. La voix de Ezra Koening et les instrumentations sont vraiment au top. Cela donne un album varié, où les titres s'enchaînent avec une qualité constante (et très haute, vous l'aurez compris). - [ENDERNESS (A.A. Bondy), YAWNY YAWN (Bill Ryder-Jones), PAST GOLD LIFE (Fruit Bats) : Fruits savoureux](https://julienbouffartigue.net/2020/05/06/past-gold-life/) - A.A. Bondy est un artiste rock américain dont Enderness, sorti en 2019, est son 4ème album. La musique qu'il nous propose nous semble tout d'abord jouée au ralenti. Mais on ne peut s'empêcher de trouver ça classe, grâce à une voix assez prenante. On aimerait un peu plus de punch pourtant. La légère distorsion de la voix peut agacer. Les instrumentations marquent plus le rythme qu'elles ne forment une réelle mélodie. Au final, on est face à un vrai univers musical, doté d'une réelle personnalité, mais qui ne s'avère pas spécialement emballant. On poursuit avec Bill Ryder-Jones, un artiste dont j'ai déjà souligné la qualité de quatre de ces précédents albums. Je ne pourrais malheureusement pas en dire autant de Yawny Yawn, une version acoustique de Yawn, un des albums que j'avais pourtant apprécié. Les titres sont tous sur le mode voix posée sur un petit air de piano. L'artiste murmure, il ne chante pas vraiment. Le résultat ne possède strictement aucun relief, est totalement monotone. Tous les titres se ressemblent désespérément. C'est tellement insignifiant qu'on a du mal à y prêter attention et on en oublierait même parfois qu'on est en train dé l'écouter. - [LE COMPLOT CONTRE L'AMERIQUE (Philip Roth) : Si c'était vrai...](https://julienbouffartigue.net/2020/05/08/le-complot-contre-l-amerique/) - Certaines œuvres prennent un sens et une dimension supplémentaires quand elles sont lues à une certaine époque avec laquelle elles rentrent en résonance. Par exemple, on lit certainement 1984 différemment aujourd'hui qu'il y a trente ans, quand on imaginait pas nos vies ainsi à la merci de structures pouvant accéder à toute l'information que nous laissons sur nous sur Internet. Lire en 2020 le Complot contre l'Amérique de Philip Roth, écrit en 2002, se révèle une excellente idée. Parce que ce que le romancier avait imaginé pour son pays 60 ans plus tôt s'avère être prophétique de ce qui arrivera à son pays 15 ans plus tard. Le Complot contre l'Amérique est un dystopie, faussement autobiographique. Il nous raconte l'histoire d'une Amérique qui finit par élire, en 1940, Charles Lindbergh, aux sympathies nazies et antisémites notoires, au lieu d'offrir un troisième mandat à Roosevelt. On peut facilement imaginer que la face de la guerre s'en verra changer et surtout le quotidien des juifs vivants aux Etats-Unis. La figure d'un Président terriblement populiste, jouant constamment avec la vérité en rappelle évidemment un autre. Certes, le récit est surtout tourné vers le quotidien du narrateur, plutôt que sur ce qui se passe précisément à la Maison Blanche, mais, placée dans le contexte actuel, l'œuvre prend incontestablement une dimension supplémentaire. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 27 : Deuxième petit tour](https://julienbouffartigue.net/2020/05/09/tout-ca-pour-ca-episode-27/) - Je ne garde pas un souvenir vraiment marquant du premier Conseil Municipal de mon deuxième mandat. Déjà parce que ce n'était pas mon premier Conseil Municipal tout court. Mais aussi parce que je m'y suis rendu en faisant grise mine. Nous étions un élu de moins et nous nous retrouvions donc plus que jamais relégué en bout de table dans la salle du Conseil. Je me souviens simplement d'avoir fait le choix de présenter ma candidature pour le poste de Maire. J'indiquais en préambule que je le faisais évidemment de manière symbolique, pour que vive jusqu'au bout le processus démocratique. Je n'ai naturellement récolté que les trois voix de mon groupe, l'autre opposition décidant de s'abstenir. Etre à égalité numérique avec l'autre opposition avait une conséquence fâcheuse. En effet, le Conseil Municipal désigne en son sein les membres d'un certain nombre de commissions diverses et variées. Les règles de désignation en vigueur nous permettait, quand nous étions quatre contre trois, d'occuper systématiquement la place restant pour un représentant de l'opposition. Ces commissions revêtent une grande importance car elles représentent une des rares occasions pour un élu d'opposition d'avoir accès à une information détaillée sur les dossiers en cours. Le Maire m'avait indiqué qu'il ne comptait pas nous départager et m'avait donc demandé de voir avec la troisième tête de liste comment on se répartissait les postes. - [JAIME (Brittany Howard), FREE (Iggy Pop), FABULA MENDAX (The Monochrome Set) : L'iguane à la peau dure](https://julienbouffartigue.net/2020/05/16/free/) - Brittany Howard est connue pour être la leader du groupe Alabama Shakes. Mais elle poursuit également une carrière solo depuis 2019, avec l'album Jaime. Un style volontairement brouillon qui rappelle parfois Prince ou Macy Gray (ou tout simplement Alabama Shakes... ce qui est assez logique). Ce n'est pas toujours hyper harmonieux, mais ça se laisse écouter avec un certain plaisir la plupart du temps. Malheureusement, cela sombre aussi de temps en temps dans un n'importe quoi assez pénible à écouter. Bref, un album pas tout à fait abouti. On ne présente plus Monsieur Iggy Pop. Free est son dernier album en date, et rien moins que son 18ème album (sans même compter les 5 album avec The Stooges et un album en duo avec James Williamson). Sa voix unique est toujours aussi puissante. Le poids des ans fait peut-être qu'elle est plus posée, mais reste terriblement prenante. On apprécie particulièrement le single James Bond, délicieusement jazzy et vraiment classe. Il interprète ses titres avec un petit côté crooner un peu espiègle, toujours avec conviction, même dans le calme. Sur la fin, quelques titres ressemblent plus à des récitations de poème et viennent conclure un album assez court (10 titres, 33 minutes). - [PUREE D'AVOCAT SAUCE CHILI : Savoureux Poulpe](https://julienbouffartigue.net/2020/05/17/puree-d-avocat-sauce-chili/) - Quoi de mieux pour sortir du confinement qu'un excellent Poulpe. En effet, Purée d'Avocat Sauce Chili est un des meilleurs épisodes de la série qu'il m'ait été donné de lire. Peut-être parce que la série s'ouvre ici à des auteurs étrangers, en la personne de Francisco Gonzales Ledesma, un auteur de polar espagnol. Il a même écrit le livre dans sa langue natale puisqu'il est indiqué un nom de traducteur. Mais rassurez-vous, l'inspecteur aux longs bras continue bien d'exercer ses talents à Paris et ce roman respecte totalement l'esprit de la série. Le contenu de Purée d'Avocat Sauce Chili n'a rien de révolutionnaire. Un polar auquel se mêle un peu de géopolitique et des acteurs au passé trouble qui se dévoile peu à peu. Par rapport au reste de l série, ce volume se démarque par contre vraiment par la qualité de la narration. Les coups de théâtre et les rebondissements sont nombreux et convaincants. S'il n'est pas plus long que la moyenne, sa trame s'avère beaucoup plus riche que d'habitude. Cela reste un simplement divertissement littéraire et policier, mais vraiment de qualité. L'intrigue tient debout et on la suit de bout en bout, avec une réelle impatience de voir où elle va bien pouvoir nous mener. - [LOOKOUT LOW (Twin Peaks), ALL MIRORS (Angel Olsen), GHOSTEEN (Nick Cave and the Bad Seeds) : Non éloge de la paresse](https://julienbouffartigue.net/2020/05/20/all-mirors/) - On commence par un groupe américain au nom plus connu que le groupe en question. En effet, on pense rarement à eux quand on pense à Twin Peaks. En tout cas, ils ont sorti en 2019 un album intitulé Lookout Low. Ils nous y offrent un rock un peu jazzy, maîtrisé mais très propre sur lui. C'est relativement agréable mais très classique. On regrette vite le manque de personnalité dans la voix et les mélodies. Le groupe gagnerait vraiment à se lâcher. L'album est au final assez monotone et absolument pas marquant. On reste aux États-unis avec Angel Olsen et son album All Mirors. On y découvre une petite voix timide qui interprète des titres pop-rock, très années 80. La production est propre et maîtrisée et peu paraître dans un premier temps pas très originale. Mais au final, les mélodies font naître un univers mystérieux et éthéré. Mais surtout un univers réellement personnel, pas inintéressant. L'album se laisse écouter avec un certain plaisir non feint. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 28 : Les grands guignols](https://julienbouffartigue.net/2020/05/21/tout-ca-pour-ca-episode-28/) - Il est temps de quitter Viroflay pour reprendre le fil de mon récit à l'échelle nationale. La déroute socialiste aux municipales aura eu en effet une conséquence quasi immédiate : le départ de Jean-Marc Ayrault de Matignon et l'arrivée de Manuel Valls. Certains qualifieront cet événement de tournant du quinquennat, mais je ne partage pas vraiment cette vision des choses. Parce que je reste convaincu que ce choix fut avant tout un choix par défaut et même aujourd'hui, je ne vois pas qui aurait pu être nommé à sa place. Il est une conséquence. Pas une cause. En politique, quand vous devez faire face à un tel choix, vous avez deux options. Soit vous nommez quelqu'un au centre de votre électorat, soit quelqu'un au centre de l'opinion. Les deux options présentent leurs avantages et leurs inconvénients et je ne crois pas que l'une soit meilleure que l'autre dans l'absolu. A mon sens, François Hollande n'a pas vraiment eu le choix car son électorat s'était déjà largement délité. La catastrophe des municipales s'expliquait largement par la bouderie d'une partie de l'électorat de gauche. Il aurait pu en effet tenter de le reconquérir, mais cela semblait difficile sans appuis politiques. Or, une partie du PS était déjà embarquée dans un esprit de Fronde et les représentants d'EELV n'attendaient qu'un prétexte pour quitter le gouvernement. C'est la malédiction de la présidentialisation à outrance du système politique français. Quand vous êtes un Président fragilisé, vous perdrez définitivement des alliés, chacun se positionnant déjà pour l'échéance suivante en misant sur votre défaite. - [TWO HANDS (Big Thief), VALVE BONE WOE (Chrissie Hynde), THEY FOUND MY BODY IN A BAG (Bror Gunnar Jansson) : Divine surprise](https://julienbouffartigue.net/2020/05/23/valve-bone-woe/) - On commence par un groupe américain, Big Thief, et son album Two Hands, sorti en 2019. Le leader au chant et à la guitare est une femme, Adrianne Lenker, ce qui est assez rare pour le signaler. D'ailleurs, on est tout de suite marqué par sa petite voix fluette. Sur les premiers titres, elle vient se poser sur de petites mélodies, un rien sucrées, mais qui manquent cruellement de corps et d'originalité. Ce n'est pas non plus particulièrement harmonieux. Ensuite, le groupe fait preuve parfois d'un peu plus de punch, avec notamment Not, le meilleur titre de l'album. Ca retombe à nouveau sur la fin pour un résultat globalement pas désagréable, mais tout simplement transparent. Bien avant Adrianne Lenker, il y a eu Chrissie Hynde, la leader des Pretenders. Mais c'est en solo qu'elle nous offre Valve Bone Woe, un album pas rock du tout. En effet, elle nous surprend en nous offrant une série de reprises de classiques du jazz. Elle éblouit de sa classe et de son élégance, pour un résultat tout simplement excellent. Elle est la parfaite crooner au féminin. Cela est particulièrement frappant avec la reprise de I Am a Fool to Want You de Frank Sinatra. Elle finit par nous surprendre avec le dernier titre de l'album et une reprise, en français, de Que Reste-t-il de nos Amours ? de Charles Trenet. Cela vient conclure un album vraiment remarquable qui ravira toutes les oreilles. - [I HAVE MADE A PLACE (Bonnie 'Prince' Billy), WHO (The Who), THANKS FOR THE DANCE (Leonard Cohen) : Les vieux sont là](https://julienbouffartigue.net/2020/05/27/who/) - On commence avec un artiste américain particulièrement prolifique, mais que je ne connaissais pas du tout. Will Oldham, connu aussi sous le nom de Bonnie 'Prince' Billy, évolue dans un univers entre folk et country. I Have Made a Place est sorti en 2019. On y découvre la conviction de cet artiste qui met de l'énergie dans chacun de ses titres. C'est propre et maîtrisé, il y a de diversité et de la qualité à chaque morceau. Mais rien n'est jamais très original. Au final, c'est plutôt sympathique et ça se laisse écouter, mais sans jamais vraiment marquer les esprits. On enchaîne avec des vieux routiers du rock, à savoir le groupe The Who et leur album sobrement intitulé Who. Ce n'est finalement que le 12ème album d'un groupe qui a pourtant débuté sa carrière en 1965.Et simplement le deuxième depuis 1982. Ce album constitue donc en lui-même un petit événement. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le groupe est en pleine forme, malgré le poids des ans. Certes, le résultat est très classique, typique de ce qu'ils ont proposé tout au long de leur carrière, mais tout simplement excellent. La maîtrise est totale, on les sent totalement sûrs de leur musique. Il y a beaucoup de variété entre les titres et la qualité est constante. L'âge ne leur pas fait perdre leur énergie car certains titres sont très rock. Un album qui se savoure du début à la fin. - [PAPILLON DE NUIT (R.J. Ellory) : La ligne pourpre](https://julienbouffartigue.net/2021/07/27/papillon-de-nuit/) - Bien avant le mouvement BlackLivesMatter, de nombreuses œuvres ont abordé la différence de traitement de la justice américaine (et à vrai dire d'une large part de la société) selon l'origine ethnique des personnes concernées. C'est le cas de Papillon de Nuit, de R.J. Ellory. Pourtant, il s'agit d'un récit à la première personne d'un personnage - [ANNETTE : Talent et prétention](https://julienbouffartigue.net/2021/07/27/annette/) - Le prétention est un travers très dommageable pour un artiste. Connaître sa valeur est important, se croire plus talentueux que ce qu'on est réellement représente un vilain défaut. D'après certains critiques, Leos Carax est un véritable génie. Ils avaient chanté les louanges d'Holy Motors son précédent film. De mon côté, j'avais trouvé le film incroyablement - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : JOUR 4: Justice et injustice](https://julienbouffartigue.net/2021/07/26/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-4-justice-et-injustice/) - Le meilleur a gagné ! Voilà le constat qui est supposé conclure chaque compétition. Le champion olympique est celui qui s'est montré le plus performant. Et ce n'est que justice ! Enfin logiquement. En effet, il arrive parfois qu'un des battus trouve que ce n'est pas la justice qui triomphe avec son vainqueur, mais bien - [RISE, BLACK IS... (Sault), 2020 (Magik Markers) : Maigrelet](https://julienbouffartigue.net/2021/07/26/2020/) - Sault est un groupe britannique particulièrement mystérieux. En 2019, il a sorti deux albums : Rise et Black Is... et c'est tout. Pas d'interview, pas de photos, pas de scène. Reste juste donc la musique, ce qui est tout de même l'essentiel. Commençons donc par le premier de deux. On y plonge dans une ambiance électro - [LA DÉBÂCLE (Émile Zola) : La fin d'un monde](https://julienbouffartigue.net/2021/07/26/la-debacle/) - Tout au bout d'une grande saga, on s'attend d'abord à une fin, qui achève la narration et marque le bout des fils de l'intrigue, puis à un conclusion, qui tire les leçons de tout ce qui a été raconté. Pour la saga des Rougon-Macquart, Emile Zola nous propose d'abord la Débâcle, récit de la défaite - [BENEDETTA : Soeur soupirs](https://julienbouffartigue.net/2021/07/26/benedetta/) - Les couvents et les monastères constituent des décors particulièrement propices pour des histoires de toute sorte. Nimbés de mystère et de spiritualité, ils peuvent être l'objet de nombreux fantasmes, liés à l'ignorance par ceux qui vivent en dehors de ce qui se passe réellement à l'intérieur. De nombreux auteurs s'en sont emparés et y donner - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO: JOUR 3 : Dans la tête d'une championne olympique](https://julienbouffartigue.net/2021/07/25/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-3/) - Qu'est ce que ça fait de devenir championne olympique ? Voilà une question que les mordus de sport se sont souvent posés. Personnellement, elle m'est venue à l'esprit en suivant la course cycliste en ligne féminine ce matin, avec la victoire surprise de l'autrichienne Anna Kiesenhofer. Parce que même dans ses rêves les plus fous, elle - [AU REVOIR LA-HAUT (Pierre Lemaître) : Bonjour chef d'oeuvre !](https://julienbouffartigue.net/2020/07/27/au-revoir-la-haut-2/) - On dit souvent que les films restent toujours moins bons que les livres dont ils sont tirés. Comme toute idée toute faite, elle souffre de nombreuses exceptions, mais il est vrai qu'elle se vérifie tout de même dans un grand nombre de cas. C'est donc avec beaucoup d'envie que j'ai attaqué la lecture de Au Revoir La-haut de Pierre Lemaître, vu tout le bien que je pense de son adaptation par Albert Dupontel. Si le livre était encore meilleur, cela devait être forcément un petit chef d'œuvre. Et comme la vie est parfois bien faite (mais parfois non), c'est bien le cas. Il s'agit d'un grand, d'un très grand roman qui a bien mérité son Prix Goncourt. Au Revoir La-haut est de ces rares histoires d'une originalité assez forte pour qu'on puisse se dire que l'on n'avait jamais rien lu de tel. Les personnages, leurs relations, les péripéties, tout cela forme un tout totalement cohérent, où chaque élément entre en synergie avec le reste, tout en proposant quelque chose d'inattendu. Le récit s'avère extrêmement riche et chacune de ses parties présente un immense intérêt. En un mot, c'est tout simplement passionnant. Ici, le terme n'est vraiment pas galvaudé. Je ne sais pas comment l'idée d'une telle histoire est venue à Pierre Lemaître, mais c'est un coup de maître... Bien meilleur que ce très mauvais jeu de mots en tout cas ! - [AMERICAN UTOPIA ON BROADWAY (David Byrne), WEST OF EDEN (HMLTD), AND IT'S STILL ALRIGHT (Nathaniel Rateliff) : En quête d'harmonie](https://julienbouffartigue.net/2020/07/02/and-it-s-still-alright/) - David Byrne est avant tout connu pour être le chanteur du groupe Talking Heads. Mais il mène également une carrière solo. En 2018, il sortait American Utopia. Un an plus tard, il sortait un version live de cet album, Americain Utopia on Broadway. Sa voix nasillarde et ses mélodies faiblardes nous font vite penser que le résultat n'est pas d'un intérêt flagrant. Certes, les titres nous offrent une certaine variété, mais la qualité globale nous fait parfois plus penser à la Fête de la Musique au coin de la rue qu'à Broadway (bon, je suis un peu sévère là!). Les mélodies se montrent le plus souvent relativement lancinantes. On retiendra cependant le titre Toe Jam qui s'avère entraînant et énergique. On poursuit avec les anglais de HMLTD dont West of Eden est le premier album studio, après un EP et quelques singles. Ils nous offrent un rock pas très harmonieux. Les sonorités nous rappellent parfois The Cure, mais sans le même talent. Parfois, le chant semble correspondre à peine à la musique. En fait, si certains titres semblent quand même plus aboutis, certains sombrent dans le n'importe quoi. Le groupe semble revisiter le rock des années 80 pour un résultat très inégal. Les bons titres sont un peu plus nombreux dans la deuxième partie de l'album, mais on reste sur une impression très mitigée. - [LES QUATRE (Agatha Christie) : Hercule Poirot 007](https://julienbouffartigue.net/2020/07/05/les-quatre/) - Agatha Christie est sans doute l'auteur dont j'ai lu le plus de livres. Je pense même que je peux enlever sans risque le « sans doute ». Ses romans ont pourtant un style particulièrement reconnaissable et les intrigues ont souvent beaucoup de points communs entre elles. Pourtant, quand on aime Hercule Poirot ou Miss Marple, on ne se lasse pas de ces histoires de meurtres au sein de la bonne société anglaise. Et le plaisir est d'autant plus grand lorsque l'on attaque une de ces œuvres pour très vite s'apercevoir qu'elle ne correspond pas du tout à ce qu'Agatha Christie nous réserve habituellement. Pourtant, les Quatre met bien en scène le célèbre inspecteur belge. Les Quatre tient en effet plus du roman d'espionnage que du roman policier. La bibliographie d'Agatha Christie compte quelques ouvrages de ce type, cela ne constitue donc pas en soi une surprise. Par contre, voir Hercule Poirot en être le principal protagoniste est assez inattendu. En écrivant cette critique, j'ai découvert que le roman est en fait un recueil de douze nouvelles qui ont été rassemblées pour former une seule et même histoire. Cela explique le côté quelque peu haché du récit, qui avance par petits à-coups. C'est assez dommage ne pas avoir conservé la structure originelle. Le choix de le faire passer pour un roman classique rend la structure de l'histoire assez peu fluide et crée un peu d'incompréhension quand on ignore cette anecdote. - [L'OMBRE DE STALINE : La lumière de la vérité](https://julienbouffartigue.net/2020/07/11/l-ombre-de-staline/) - Il est toujours intéressant de s'intéresser au décalage entre la vision contemporaine d'un événement et sa vision historique a posteriori. On a du mal à appréhender en 2020 ce que pouvait être la connaissance de la réalité de l'Holocauste de la population française pendant la Guerre, quand elle est devenue pour nous un événement historique majeur. Cela nous interroge sur notre propre perception d'événements actuels, dont nous avons l'impression de saisir la réalité. L'avenir nous prouvera peut-être que non. L'Ombre de Staline constitue un autre exemple pouvant alimenter notre réflexion sur le sujet. Je me rappelle avoir entendu parlé lors de mes cours d'histoire au lycée de la famine survenue dans les années 30 en URSS et en particulier en Ukraine. On imagine mal qu'un tel événement puisse être caché aux yeux du reste du monde. Cela serait beaucoup plus difficile aujourd'hui, mais il faut rester vigilant. L'Ombre de Staline nous raconte l'histoire de Gareth Jones, un journaliste gallois qui aura été le premier à révéler l'ampleur du drame, dont il a été directement témoin, au péril de sa vie. Je ne mesure pas à quel point le scénario de ce film dramatise son histoire. En tout cas, elle valait le coup d'être racontée. Pas seulement pour son profond intérêt historique, mais aussi parce que le travail qui le mènera sur le chemin de la vérité est digne des meilleurs romans d'aventures et d'espionnage. Le film est aussi chargé d'une réelle puissance émotionnelle, en nous montrant de manière très crue la réalité des conditions des vies des victimes de cette grande famine. - [STRAY (Bambara), MAN ALIVE! (King Krule), SALONE (Bai Kamara Jr) : Belgian blues](https://julienbouffartigue.net/2020/07/14/salone/) - Bambara est un groupe venu de Brooklyn, dont Stray est le quatrième album, sorti en 2000. Ils nous offrent un rock sombre, dont les sonorités sont le plus souvent martelées et lancinantes. Le résultat est relativement basique et la voix de Reid Bateh est très mal mise en valeur. Il vomit plus ses textes qu'il ne les chante. Cela manque cruellement d'énergie. La production s'avère quelque peu bordélique. Leur musique n'offre ni réelle originalité, ni intérêt débordant. Bref, on peut passer. On peut passer aussi King Krule, un artiste anglais, et son album Man Alive!. On est reste quelque peu circonspect devant les petites mélodies électro, mais tendance synthétiseur Bontempi, qu'il nous offre. Surtout que sa voix sonne presque comme une parodie. Le résultat est décousu, un rien psychédélique, mais il s'avère avant tout pénible à écouter. Quand les sonorités sont plus rock, cela ressemble à du The Clash sous Xanax. Comme tous les titres sont sur même mode tristounet, on décroche vite. - [L'ANNEE DU LION (Deon Meyer) : Le monde d'après](https://julienbouffartigue.net/2020/07/14/lannee-du-lion/) - Quand Deon Meyer a écrit l'Année du Lion en 2016, il ne pensait pas décrire l'année 2020. Bon pas tout à fait, mais presque, puisque son roman raconte le destin d'une poignée de survivants après que l'humanité ait été décimée par un... coronavirus, issu d'une chauve-souris. Comme quoi, l'épidémie qui nous frappe cette année n'était peut-être pas si imprévisible que ça. En tout cas, la lecture de ce roman prend en cette période particulière une toute autre portée. Evidemment, nous sommes loin de connaître l'apocalypse décrite dans cette histoire, mais elle nous parle forcément un peu plus fortement désormais. Si on fait abstraction de tout ça, l'Année du Lion reste un roman inégal, mais globalement très bon. Les premiers chapitres sont en effet particulièrement prometteurs avant que le soufflet ne retombe quelque peu. Heureusement, le récit reprendra peu à peu de l'intensité, jusqu'à un dénouement réussi. Le lecteur n'aura pas eu le temps de décrocher totalement et n'aura jamais lâché le fil qui le relie à l'intrigue. Le roman est très riche en personnages et traite un grand nombre de sujets. C'est de cette richesse que le livre tire tout intérêt. - [LA NAUSEE (Jean-Paul Sartre) : Le dégoût des autres](https://julienbouffartigue.net/2020/07/16/la-nausee/) - De temps en temps, il faut savoir combler les trous qu'on a laissé dans sa culture. J'en ai encore beaucoup, mais ne jamais avoir lu Jean-Paul Sartre n'en fait désormais plus partie, puisque je viens de lire la Nausée. Une œuvre légère et joyeuse... Euh non pas vraiment. Un œuvre profonde en tout cas, mais dont on ne ressort pas vraiment le cœur en fête, nageant dans l'allégresse et l'optimisme. Bien au contraire. J'avoue ne pas avoir été loin de passer à côté de cette morceau majeur de la littérature française. Mais les dernières pages, explicitant le sens global du propos, m'ont permis d'embrasser pleinement la pensée sartrienne. Et d'y trouver le profond intérêt qui explique se place dans l'histoire de la philosophie. Les premières pages de la Nausée attise la curiosité. C'est donc avec un certain entrain qu'on attaque ce roman. La suite peut laisser plus circonspect. On a du mal à bien comprendre ce que Jean-Paul Sartre cherche à nous dire, au-delà de la simple litanie des états d'âme du personnage. Mais quand le propos prend de la hauteur, on est interpellé par la puissance du propos. Que l'on se sente proche ou au contraire à l'opposé du narrateur, on découvre toute la pertinence de la réflexion. Elle l'est encore plus quand elle se mêle vraiment au récit, comme dans les dernières pages du roman. - [LUCKY STRIKE : Coréen mais pas trop...](https://julienbouffartigue.net/2020/07/18/lucky-strike/) - Le cinéma coréen est un grand fournisseur de bonheur cinématographique. Et le plus souvent à travers les films noirs, voire très noirs. Son succès international est désormais bien établi, couronné par le triomphe de Parasite à Cannes et surtout aux Oscars. Le risque est qu'en voulant toucher un public de plus en plus large, il perde un peu de son âme et nous offre finalement des films qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à des films occidentaux tout ce qu'il y a de plus classiques. C'est malheureusement ce que l'on peut craindre en voyant Lucky Strike. Mais ces craintes n'enlèvent rien aux qualités réelles de ce film. Lucky Strike est une énième film où de nombreux personnages vont courir après le même magot, chacun étant prêt à tout pour l'obtenir. Chacun y ira de sa ruse, de son plan machiavélique pour arriver à ses fins, pour le plus grand bonheur du spectateur. Rien de vraiment original ici, mais quand ce genre d'histoire est racontée avec intelligence et malice, on continue à se régaler. C'est le cas ici. Mais il manque clairement à ce film quelque chose d'inattendu, de surprenant ou d'exotique pour réellement nous enthousiasmer. Le spectacle est plaisant, certainement pas inoubliable. Et jamais il ne nous propose cette noirceur toute coréenne qu'on apprécie d'habitude dans les productions de ce pays. - [TOUT SIMPLEMENT NOIR : Tout simplement pertinent](https://julienbouffartigue.net/2020/07/19/tout-simplement-noir/) - Parfois un film sort dans des circonstances particulières qui lui donnent une résonance particulière. On pourrait parler de circonstances heureuses pour le film et son réalisateur, mais quand elles sont tragiques, il serait déplacé de le faire. Je ne sais pas à quel point Jean-Pascal Zadi et John Wax se « réjouissent » de voir leur film sortir au milieu d'un telle actualité, mais personne ne pourra nier que cela rend son propos d'autant plus pertinent. Car au-delà de la comédie, Tout Simplement Noir nous offre du grain à moudre pour réfléchir sur tout un tas de sujets polémiques, pour ne pas dire brûlants. A n'en pas douter, certains rejetteront le propos. Personnellement, j'y souscris totalement. Tout Simplement Noir renvoie, pas un formidable sens de la dérision, dos à dos le racisme et une certaine forme de lutte contre le racisme. S'il y a une conclusion à en tirer, c'est que la noblesse d'une cause ne peut pas justifier de dire et faire n'importe quoi. Ce qui fait que le film fonctionne est aussi bien est le choix de faire du personnage incarné Jean-Pascal Zadi le porteur de cette vision erronée. Il ne s'agit donc pas que de dérision, mais d'auto-dérision. On peut donc réfléchir sans se sentir visé (même si chacun pourra à un moment donné se sentir renvoyé à ses propres contradictions), surtout que la maladresse du « héros » le rend en fait terriblement sympathique et attachant. On rit de lui certes, mais souvent aussi avec lui, car on sent bien qu'il cherche à nous dire quelque chose à travers cette caricature. - [LA VITA NUOVA (Maria Mc Kee), HEAVY LIGHT (U.S. GIRLS), LET ALL IN (Arbouretum) : Plaisir estival](https://julienbouffartigue.net/2020/07/25/heavy-light/) - On commence cet avis plutôt réjouissant avec Maria McKee, une artiste américaine, que j'ai découvert avec l'album la Vita Nuova, sorti cette année, mais qui compte déjà une longue carrière. J'ai avant tout découvert une jolie voix claire. Les mélodies et les arrangements sont relativement classiques, mais toujours agréables. Les accompagnements se font le plus souvent au piano avec quelques cordes ou bien un air assez minimaliste de guitare. Les titres sont assez homogènes dans le style folk et surtout en qualité. Cela se laisse écouter avec un plaisir réel, même si cela serait mentir de dire que c'est terriblement marquant. U.S. Girls est aussi une découverte. Ce groupe a une carrière moins longue que l'artiste précédente, mais Heavy Light est déjà leur septième album. On y découvre d'abord une pop assez sucrée qui donne envie de taper du pied. C'est parfaitement maîtrisé, avec une production impeccable. La qualité est réelle et la variété qui va bien est là. L'ambiance est parfois un peu moins sucré par la suite, mais cela reste toujours aussi bon. Voire meilleure et surtout plus intéressant quand la voix de Meghan Remy se fait plus chaude. Le résultat représente au global une jolie découverte. - [ETE 85 : Ozon sensible](https://julienbouffartigue.net/2020/07/26/ete-85/) - François Ozon est un réalisateur avec qui j'ai une relation particulière. Non pas que je le connaisse personnellement, mais son œuvre me plonge souvent dans une abîme de perplexité. En effet, il possède un talent de cinéaste comme le 7ème art hexagonal en a rarement connu. Mais dans beaucoup de ses films, cette perfection formelle conduit à une certaine froideur. Même quand il aborde des sujets sulfureux le résultat a quelque chose de lisse, qui nuit à la force des émotions. Cependant, j'ai déjà noté, qu'avec l'âge, ce défaut s'efface et ses films se dotent peu des aspérités qui retiennent profondément l'attention du spectateur. Eté 85 en est une nouvelle preuve ! Eté 85 raconte une histoire que l'on peut avoir l'impression de connaître par cœur. Les premiers amours adolescentes, l'homosexualité, le personnage séducteur et irrésistible, mais terriblement instable... Autant d'éléments qui ont nourri bien des scénarios. Cependant, la narration est ici d'une grande intelligente pour maintenir une tension constante. Certes, le procédé pour y parvenir, l'histoire racontée en flash-back, n'est pas non plus hyper original, mais la maîtrise de François Ozon lui permet de fonctionner à merveille et d'entraîner le spectateur. On est vite intrigué par le récit et on se demande jusqu'au bout où il va nous mener. - [I AM NOT A DOG ON A CHAIN (Morissey), THE LAUGHING APPLE (Yusuf Islam), HYACINTH (Spinning Coin) : Talent éternel](https://julienbouffartigue.net/2020/07/27/the-laughing-apple/) - On commence cet avis musical par une valeur sûre, à savoir le chanteur britannique Morrissey et son album I Am Not a Dog on a Chain, sorti cette année. Les premières sonorités prennent des accents quelque peu électros. Puis vient sa voix à la fois chaude et claire de l'ancien leader des Smiths. Le mélange est assez inattendu, mais plutôt sympa, malgré une impression de décalage entre les deux. Il interprète ses textes avec beaucoup de « jeu », ce qui donne à l'ensemble beaucoup de personnalité. On sent un artiste sûr de lui et de son talent, mais qui du coup paraît quelque peu en roue libre. Il revient d'ailleurs assez vite sur un terrain plus classique pour lui. Cela reste très bon, mais moins surprenant. On reste de l'autre côté de la Manche avec Yusuf Islam, nom que Cat Stevens a adopté depuis les années 90. The Laughing Apple est sorti en 2017. On sent que la voix porte un peu le poids des ans, mais reste réellement magique. Son univers musical reste inchangé et on ne va surtout pas s'en plaindre. Cet album est d'une qualité qui le situe dans la droite lignée du reste de son œuvre. On remarquera simplement un caractère « expérimental » un peu moins prononcé qu'à ses débuts. Le jeu sur les sonorités étranges et originales, venant accompagnées la guitare, est moins prégnant, mais pas non plus totalement absent. On retiendra en particulier Blackness of the Night qui ouvre l'album. - [LANDS OF MURDERS : Polar au goût de polar](https://julienbouffartigue.net/2020/07/30/lands-of-murders/) - Ce mois de juillet cinématographique un peu particulier ne brille pas vraiment par l'originalité des thèmes abordés par les long métrages ayant retrouvé le chemin des grands écrans. Non qu'il n'y ait pas de bons films, mais des films au scénario relativement classique. C'est encore le cas avec Lands of Murders, un polar qui a un scénario de polar ressemblant très fortement à un scénario de polar. Bref, rien de très étonnant jusque là. L'histoire est d'autant moins originale qu'il s'agit du remake allemand d'un film espagnol, la Isla Minima. N'ayant pas vu l'œuvre originale, cet état de fait ne m'a guère influencer pour apprécier pleinement ce film réussi, mais sans surprise. Comme par hasard, l'enquête de Lands of Murders est menée par deux flics que tout oppose. Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, effectivement, environ un polar sur deux. Rien de très original ici en effet... mais ailleurs également. En fait, toute la personnalité du film vient du contexte historique du scénario qui se déroule quelques temps après la réunification allemande. Ce petit à côté enrichit le mécanisme pur de l'enquête et donne à ce film le petit supplément d'intérêt qui peut justifier un déplacement dans une salle obscure. Cela nous évite en tout cas le travers d'une impression pure et simple de déjà-vue. - [1275 AMES (Jim Thompson) : Humour noir](https://julienbouffartigue.net/2020/07/30/1275-ames/) - On associe rarement le roman noir avec l'humour. Cela semble relativement antinomique. Pourtant, il existe bien un humour noir, il semble donc possible que les deux cohabitent. Il existe quelques exemples d'œuvres qui parviennent à concilier les deux. C'est le cas de 1275 Ames, un roman de Jim Thompson de 1964, qui flirte gentiment avec la parodie. Il nous fait découvrir un personnage principal relativement inoubliable et surtout totalement décalé. Pour notre plus grand bonheur. Nick Corey, héros et narrateur de 1275 Ames, n'est pas un shérif comme les autres. Dans ce coin reculé et calme de l'Amérique profonde, il maintient l'ordre en laissant à peu près tout le monde faire à peu près ce qu'il veut. Comme ça personne ne se plaint, il n'y pas de vagues et il assure sa tranquille réélection. Mais au cours de ce roman, on découvrira que sous ses airs placides et débonnaires se cache.. Bon, je n'en dirai par plus car tout l'intérêt de ce roman repose justement sur la surprise et l'inattendu. Et Jim Thompson manie ces deux éléments avec beaucoup de talents pour nous proposer une histoire dont l'immense mérite est d'être drôle. - [CHRONIQUE DES JO DE TOKYO : Jour 2 : La belle histoire](https://julienbouffartigue.net/2021/07/25/chronique-des-jo-de-tokyo-jour-2/) - Dans mon billet d'hier, j'évoquais que derrière chaque médaille, il y avait une histoire. Il ne s'agit pas que de sport. Il s'agit aussi d'autant de destins individuels, souvent extraordinaires. On ne devient pas médaillé olympique sans avoir quelque chose qui brûle en soi, allant bien au-delà de l'unique talent. Il faut une volonté, une - [LE PRIEURE DE L'ORANGER (Samantha Shannon) : Autrice héroïque](https://julienbouffartigue.net/2021/07/25/le-prieure-de-loranger/) - Cela fait quelques temps que l'heroic fantasy n'est plus une affaire uniquement masculine. Au niveau des personnages déjà. L'époque de JRR Tolkien, ou elles se retrouvaient reléguées aux rôles secondaires, est bien désormais révolue. Mais ce changement se fait également sentir de l'autre côté de la plume. On pense évidemment à Robin Hobb est son - [BLACK WIDOW : Espionne, mais pas trop](https://julienbouffartigue.net/2021/07/25/black-widow/) - Les super-héros Marvel possèdent de nombreux pouvoirs fort différents les uns des autres. Ceux qui ont l'habitude de lire les comics savent qu'ils en ont cependant tous un en commun... Une capacité à ne jamais mourir définitivement. De grands héros sont tombés, ce qui était alors présenté comme un grand événement. Mais les auteurs se - [POCKET MOON (Simon Joyner), MISSION BELLS (The Mission Ornaments), SEVEN DIALS (Roddy Frame) : Verre à moitié plein](https://julienbouffartigue.net/2020/08/02/seven-dials/) - On commence cet avis musical relativement réjouissant avec Simon Joyner, un artiste américain, et son album Pocket Moon sorti l'année dernière. Son style est fait de douceur, avec beaucoup de maîtrise, ce qui donne un résultat plutôt agréable. Les accompagnements sont généralement simples, avec une simple guitare sèche. Cela reste très classique et se heurte aux limites de la voix de l'artiste, qui n'a pas de réel intérêt. Il n'y au final rien à jeter dans cet album. Certes, rien de très enthousiasmant non plus, mais il serait dommage de voir le verre à moitié vide. On poursuit avec The Proper Ornaments, un groupe visiblement anglais, mais dont je ne sais pas grand chose, puisqu'il ne bénéficie pas de page Wikipedia. Cela ne les a pas empêché de sortir Mission Bells. On y découvre une voix un peu traînante, légèrement loin du micro, mais que l'on peut trouver malgré tout dans un premier temps plutôt agréable. Cependant, on finit par être agacé par cette impression d'une interprétation un peu éteinte, sans raison valable. Du coup, on a bien du mal à vraiment accrocher, malgré des qualités évidentes. Cela donne au final avant tout un sentiment d'un potentiel inexploité. Dommage ! - [CHAINED, BELOVED : En couple, mais pas trop](https://julienbouffartigue.net/2020/08/03/chained-beloved/) - Deux films pour une seule critique, mais ceci pour une bonne raison. En effet, Beloved et Chained forment deux parties d'un même triptyque dont le dernier volet sortira en septembre. Il ne s'agit pas de deux épisodes d'une même histoire, mais de deux histoires différentes qui se croisent et quo comptent certains personnages en commun. Malheureusement, l'intérêt de cette caractéristique reste relativement anecdotique, faute d'être réellement exploitée. Les propos des deux films s'avèrent de plus pas du même intérêt, rendant le tout est peu frustrant. Chained raconte l'histoire d'une séparation en épousant le point de vue de la moitié masculine du couple. Il livre un formidable portrait, d'une remarquable subtilité, sans aucun manichéisme. En allant voir Beloved, on s'attend à assister à la même histoire du point de vue féminin. C'est d'ailleurs ce que laisse largement entendre les promoteurs du film. Cependant, il n'en est rien. Ce deuxième volet est en fait un triple portrait de femme. Certes l'une d'elle est bien celle qui finira par quitter son mari dans l'autre film, mais le propos n'est pas du tout ici centré sur son couple. Si certains éléments permettent de mieux comprendre ce qui s'est passé par ailleurs, la synergie est assez ténue et il aurait presque pu s'agir de deux films totalement différents. - [LES CHRONIQUES D'ALVIN LE FAISEUR, TOME 6 : LA CITE DE CRISTAL (Orson Scott Card) : Conclusion claire](https://julienbouffartigue.net/2020/08/04/la-cite-de-cristal/) - Suite et fin (provisoire) des aventures d'Alvin le Faiseur, avec le sixième tome des Chroniques portant son nom, intitulé la Cité de Cristal. Fin provisoire car l'auteur, Orson Scott Card a annoncé qu'il écrivait (ou écrirait) un septième tome. En attendant, ce volet apporte tout de même une vraie conclusion à cette saga quelque peu inégale, mais qui tient là un solide dénouement. L'approche de ce dernier force l'auteur à faire avancer les différents fils de l'intrigue, redonnant un rythme à la narration qui avait manqué lors des deux épisodes précédents. Les Chroniques d'Alvin le Faiseur, tome 6 : la Cité de Cristal renoue avec ce qui avait fait du deuxième volet, le Sorcier Rouge, le meilleur épisode de la saga. Ici les aventures prennent une autre dimension que les simples mésaventures du personnage principal et de ses compagnons. C'est un destin beaucoup plus large qui se joue et les enjeux sont tout autres. Pas sauver le monde, mais presque. Cela donne au récit un souffle épique supplémentaire, celui-là même qui a manqué à certains volets de l'histoire. - [LA NUIT VENUE : La fin venue...](https://julienbouffartigue.net/2020/08/05/la-nuit-venue/) - Trouver le dénouement qui marquera définitivement votre histoire du sceau de la réussite représente un exercice difficile pour tous les créateurs d'histoire. Beaucoup de récits, pourtant passionnants pendant toute leur durée, déçoivent au final, faute d'une conclusion à la hauteur du reste. La Nuit Venue appartient malheureusement à cette dernière catégorie. Pourtant le reste du scénario, l'ambiance générale du film avaient de quoi séduire les spectateurs les plus exigeants. Mais un final aussi peu convaincant nous laisse sur une impression beaucoup plus mitigée que ce qu'elle aurait du être. Avoir une fin prévisible n'est pas toujours un problème rédhibitoire. Sinon, pourquoi irions-nous voir des comédies romantiques ? Le vrai souci est quand l'évidence de la conclusion ne saute pas aussi aux yeux du principal intéressé. Dans la Nuit Venue, on a envie d'engueuler le personnage principal pour lui dire « tu es con ou quoi ? Pourquoi tu fais ça ? Il est évident que... ». Cela donne un caractère un peu artificiel et forcé au dénouement. On en oublierait presque la curiosité de la découverte d'un milieu, la belle histoire entre les deux principaux protagonistes et la tension réelle qu'une bonne partie de l'histoire fait naître. Les bases du scénarios possédaient un potentiel à faire beaucoup mieux, si le sommet de la pyramide avait été de la même qualité. - [SONG FOR OUR DAUGHTER (Laura Marling), HERMITAGE (Ron Sexsmith), ALL VISIBILE OBJECTS (Moby) : Douce douceur](https://julienbouffartigue.net/2020/08/06/hermitage/) - On commence cet avis avec une artiste dont je vous ai souvent parlé ici, à savoir l'anglaise Laura Marling, avec cette fois-ci son album Song for our Daughter, sorti en 2020. Elle nous propose toujours sa musique pop posée, plutôt douce et un rien sucrée. On apprécie également toujours sa jolie voix et la maîtrise dont elle fait preuve. Sa musique coule toute seule aux oreilles grâce notamment à sa qualité constante. Après quelques albums plus faibles, on retrouve ici le meilleur de cette artiste. Les instrumentations sont faites le plus souvent à la guitare sèche ou bien avec un mélange de piano et de cordes. On peut simplement trouver que l'album prendrait une dimension supplémentaire s'il comportait un ou deux titres plus pêchus pour apporter un peu plus de diversité. On part au Canada avec Hermitage, le dernier album en date de Ron Sexsmith. On peut profiter pleinement de sa voix douce, qui fait sonner beaucoup de ses titres comme des berceuses. Le résultat respire la classe et ma maîtrise. On sent toute la maturité de l'artiste avec une vraie qualité constante. Les titres accrochent vraiment l'oreille malgré leur douceur. Les instrumentations et accompagnements s'avèrent plus complexes qu'ils en ont l'air si on prête bien l'oreille. Autre preuve de son immense talent, variété et qualité restent les mêmes quand les titres se font plus dynamiques. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 30 : On va faire comme d'habitude...](https://julienbouffartigue.net/2020/08/07/tout-ca-pour-ca-episode-30/) - Le calendrier électoral laisse rarement aux militants politiques l'occasion de s'accorder une véritable pause. Un an après les municipales eurent lieu, en 2015 les élections départementales. Elles portaient pour la première ce nom, ce qui les rendait tout de même nettement plus compréhensibles. Il faut se rappeler que précédemment, elles s'appelaient les élections cantonales, qui permettaient d'élire des conseillers généraux qui géraient le département... L'éloignement des citoyens de la démocratie vient aussi de ce genre de détail qui peut paraître insignifiant à tous ceux dont la culture politique est solide. Autre grande nouveauté, la division du nombre de circonscription par deux pour en former des plus grandes, au sein desquels les électeurs étaient amenés à voter non pas pour un, mais pour un ticket paritaire. Avant cette belle innovation que l'on doit à l'action de François Hollande, les conseils généraux (départementaux) ressemblaient à des clubs réservés aux hommes. Avec ce système, ils se trouvaient condamnés à devenir paritaires. Quelques notables y perdirent une source de revenus non négligeables, mais la démocratie y gagnait par contre largement. - [NUITS DE PRINCES (Joseph Kessel) : Exotisme de proximité](https://julienbouffartigue.net/2020/08/07/nuits-de-princes/) - Il y a des livres qui traînent dans la bibliothèque familiale depuis longtemps, que l'on a jamais lus mais qui nous semblent du coup à force familiers. Parfois, il nous semble qu'on en connaît le sujet, voire même l'histoire. Un peu comme ces habitants de son quartier que l'on croise régulièrement sans leur avoir parlé, mais dont à l'impression qu'on pourrait raconter leur vie. Mais le jour où on se décide enfin à vraiment faire connaissance... bref à lire le livre en question, on s'aperçoit que c'était uniquement notre imagination qui avait travaillé et que son contenu n'a rien à voir avec ce que l'on pensait. Ce fut mon cas avec Nuits de Princes de Joseph Kessel. Avec un titre pareil, j'imaginais que ce livre allait nous entraîner dans des pays lointains, très certainement orientaux. Or, Nuits de Princes nous emmène à... Montmartre, à deux pas de chez moi. Par contre, il n'est pas totalement dénué d'exotisme puisqu'il nous plonge au cœur de la communauté russe exilée dans les années 20. Nous suivons en particulier le parcours de l'héroïne, partagée entre sa recherche du bonheur, la préservation de son honneur... et le besoin d'argent pour survivre. Le roman fourmille de personnages hauts en couleur et peut être vu avant tout comme un livre portrait d'une société dans la société. C'est surtout par cet aspect de découverte qu'il présente de l'intérêt. - [THE CLIMB : Au sommet](https://julienbouffartigue.net/2020/08/08/the-climb/) - Si l'amour reste le principal sujet abordé par toutes les histoires racontées en ce bas monde, l'amitié n'est pas en reste. Surtout quand l'amour (et oui, on y revient toujours) vient perturber celle-ci. C'est en tout cas le point de départ de The Climb, l'histoire de deux amis qui vont voir leur relation perturbée par les projets de mariage de l'un des deux. Une idée de base assez simple, voire simpliste, mais qui va donner lieu à un grand nombre de rebondissements savoureux et parfois inattendus. Un film plein d'humanité et de tendresse, saupoudré de beaucoup d'humour. Et avant tout un très bon film ! The Climb allie de manière remarquable l'originalité des situations et l'originalité de la réalisation. La scène d'ouverture en reste la meilleure illustration. Un long plan séquence pendant une ascension en vélo (d'où le titre!), où le plus à l'aise des deux amis profite de la situation pour annoncer à son compagnon, incapable de le rattraper, quelque chose de très désagréable à attendre. La même scène filmé classiquement dans un café n'aurait pas du tout la même saveur et ne présenterait pas du tout le même intérêt. Cela lance parfaitement le film car le reste sera exactement dans la même veine. Le propos n'est pas bouleversant de profondeur, mais il est livré avec assez d'intelligence pour faire de ce long métrage un vrai régal. - [PEUR BLEUE (Stephen King) : L'art difficile de l'adaptation](https://julienbouffartigue.net/2020/08/09/peur-bleue/) - Stephen King est connu pour avoir écrit beaucoup d'excellents romans dont ont été tiré de très mauvais films. Les quelques chefs d'œuvre cinématographiques issus de son œuvre, au premier rang duquel Shining, s'avèrent souvent assez peu fidèles au texte dont ils sont nés. Cela peut paraître totalement paradoxal. Ou peut-être est-ce simplement la preuve que la narration littéraire et cinématographique sont deux exercices très différents. Il existe un moyen de s'en rendre compte en lisant Peur Bleue, au moins dans son édition J'ai Lu, qui nous permet de découvrir une excellente nouvelle... et l'exécrable scénario qui en est tiré. J'avoue, je n'ai jamais vu Peur Bleue, le film réalisé à partir de ce scénario. Mais les avis spectateurs laissés sur Allociné ne donnent vraiment pas envie de le découvrir. Ils confirment surtout l'impression laissé à la lecture du script. Mais parlons d'abord de La Nuit du Loup-garou, titre officiel de la nouvelle de base. On y retrouve tout l'extraordinaire talent de narrateur de Stephen King. L'histoire est racontée par des cours chapitres, de deux à quatre pages le plus souvent, racontant un événement survenu chaque mois d'une même année. Le récit ne suit donc pas un cours classique et on apprécie réellement la maîtrise de l'art de la nouvelle qu'a toujours démontré Stephen King. Soit comment à travers un texte court faire naître une intrigue, des personnages, un décor, une ambiance. Il y parvient une nouvelle fois à la perfection avec un talent infini. - [BEYOND THE PALE (JARV IS), FOR THEIR LOVES (Other Lives), JACQUELINE (Jackie Lynn) : Pulp Fiction](https://julienbouffartigue.net/2020/08/09/beyond-the-pale/) - On commence avec un nouveau groupe britannique, JARV IS, le nouveau groupe de Jarvis Cocker. Ce dernier a d'abord connu une première carrière avec le groupe Pulp puis une carrière solo. Il revient donc avec une nouvelle formation pour un premier album intitulé Beyond the Pale, sorti en 2020. Il ne commence pas très bien avec un titre sombre, plus parlé que chanté. Or, n'est pas Leonard Cohen qui veut. Heureusement, dès le deuxième titre, l'ambiance se fait plus dynamique et ça commence à ressemble comme deux gouttes d'eau à du... Pulp... ce qui est assez logique. Ca devient alors bon, entraînant et accrocheur. On peut pleinement apprécier la voix unique de Jarvis Cocker, notamment à travers morceaux plus jazzy, particulièrement classe. Mais la qualité est toujours présente, malgré une réelle variété. On poursuit avec le groupe américain Other Lives et leur album For Their Loves. Ils nous proposent un rock mélancolique et un rien sombre. L'ambiance est quelque peu éthérée, voire évaporée. Mais le tout manque sérieusement de consistance. Il font preuve de beaucoup de maîtrise, au détriment malheureusement de l'énergie et du caractère. Certes, les titres sont variés, mais semblent toujours interprétés sous prozac. L'ensemble s'avère frustrant car le groupe possède un potentiel indéniable. - [LES GENS D'EN FACE (Georges Simenon) : Bon baisers d'URSS](https://julienbouffartigue.net/2020/08/10/les-gens-d-en-face/) - Quand vient l'été, vient le temps de passer quelques jours à la campagne et de piocher dans la bibliothèque, relativement bien fournie, qui s'y trouve. Et celle-ci s'avère particulièrement riche en ouvrages signés par Georges Simenon. Il est donc habituel que l'un d'entre eux fasse partie de mes lectures estivales. Cette fois-ci, mon choix (et un peu le hasard puisque j'ai pris le premier qui venait) s'est porté sur Les Gens d'En Face. Un livre écrit suite au voyage de l'auteur belge en Union Soviétique en 1933. Les Gens d'En Face nous emmène à Batum, une ville portuaire de la Mer Noire, où le personnage principal a été nommé consul de Turquie. C'est donc à travers ses yeux d'étranger que l'on va découvrir la réalité de la vie de la population locale, notamment la surveillance policière permanente. Procédé classique et vieux comme la littérature, mais qui fonctionne toujours aussi bien, surtout sous une plume aussi brillante que celle de Georges Simenon. Surtout, que le roman s'enrichit par une exploration de l'âme humaine comme ce dernier sait en proposer. - [THE KING OF STATEN ISLAND : King of summer](https://julienbouffartigue.net/2020/08/11/the-king-of-staten-island/) - Judd Appatow est pour moi une des réalisateurs contemporains les plus déconsidérés par rapport à son immense talent. La faute à des films qui ne rentrent pas des une case prédéfinie. Ni réellement comédie, ni vraiment film social, son style se situe entre Woody Allen et les frères Farrelly. Les inconditionnels de ces deux styles n'y trouvent pas leur compte, surtout s'ils s'attendaient à autre chose. The King of Staten Island a cette fois-ci rencontré un beau succès critique. Malheureusement, il sort dans une période vraiment particulière et terriblement défavorable. Du coup, un grand nombre de spectateurs passeront à côté de ce qui restera peut-être comme le meilleur film de cet été (bon ok, en attendant Nolan...). The King of Staten Island est un film portrait. Celui d'un jeune homme un peu paumé, qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Le reste sera un parcours d'apprentissage finalement assez classique, mais mené ici avec une grande intelligence. La narration est tout d'abord remarquable, en dévoilant progressivement toutes les facettes du personnage et donc de l'histoire. Elle promet dans les premiers instants d'être assez simplistes et convenues, mais on en découvre vite toute la subtilité et la réelle profondeur. Les évolutions s'avèrent crédibles dans leur mesure. Elles ne sont jamais gratuites et on adhère totalement un message humaniste et positif qui se dégage de cet excellent long métrage. - [LA VIE SECRETE D'UNE MERE INDIGNE (Fiona Neill) : Moralement médiocre](https://julienbouffartigue.net/2020/08/12/la-vie-secrete-d-une-mere-indigne/) - Ayant tout juste dépassé l'âge canonique de 40 ans, il est normal que les histoires portant sur la fameuse « mid-life crisis » me parle un minimum. Effectivement, c'est un moment dans son existence où on est amené à se poser bien des questions. Bon, quand le récit tourne autour de la vie de couple après de nombreuses années de mariage, je me sens un tantinet moins concerné. C'est peut-être pour cela que je n'ai guère apprécié la Vie Secrète d'une Mère Indigne de Fiona Neill. Il était assez évident qu'il ne s'agissait pas de grande littérature. Mais je ne m'attendais pas forcément à une morale aussi convenue. Un couple, un membre fait une rencontre « troublante » et voici venir la tentation de l'adultère. Voilà comment on pourrait résumer la Vie Secrète d'une Mère Indigne. Une situation assez classique, sauf qu'ici tout cela sera traité de manière très superficielle pour vanter simplement à la fin le bonheur de vivre avec un con, mais un con qu'on aime et avec qui on est lié par les liens sacrés du mariage. Tout ça pour ça ? Et bien oui. Et comme les à côtés de l'histoire sont parfois sympathiques, mais sans plus, il n'y a pas beaucoup de raisons de trouver un intérêt à ce roman. - [CONTAINER (The Wants), KITCHEN SINK (Nadine Shah), GHOSTS OF WEST VIRGINIA (Steve Earle) : In the country](https://julienbouffartigue.net/2020/08/12/ghosts-of-west-virginia/) - On commence avec Container, le premier album du groupe The Wants, sorti il y a quelques semaines. On y découvre une pop aux accents électro, qui malheureusement agresse un peu les oreilles. L'harmonie ne règne pas tout à fait entre chant et musique. La suite de l'album est un peu plus propre à ce niveau-là, mais leur son qui rappelle les années 80 ne se montre jamais bouleversant d'intérêt. Certains titres largement instrumentaux s'avèrent même assez mauvais et pénibles. Globalement, l'album se montre très inégal, mais jamais très bon de toute façon. On poursuit avec le quatrième album de l'artiste britannique Nadine Shah, Kitchen Sink. Les premiers titres de l'album nous laissent quelque peu circonspects. La musique prend des accents jazz, avec cuivres et percutions. Sa voix se révèle chaude fascinante. Le tout manque un peu de punch, ne se montre pas hyper impactant, voire lancinant et répétitif. Mais quand les titres se font plus rock, l'intérêt de l'auditeur se réveille. Il se rend compte alors que cet album est vraiment élaboré et abouti. Il se laisse finalement écouter avec intérêt, car cette artiste fait vraiment preuve de personnalité et nous livre un travail assez original. De plus l'album va crescendo en qualité et on retiendra avant tout le titre Wasps Nest. - [LE CYBER POULPE : L'union fait la force](https://julienbouffartigue.net/2020/08/13/le-cyber-poulpe/) - Le Poulpe est un personnage qui n'appartient à aucun auteur en particulier puisque chaque épisode de cette série en possède un différent. Mais le Cyber Poulpe va encore plus loin, puisque chaque chapitre de ce roman a été écrit par une personne différente dans le cadre d'un atelier d'écriture, organisé sur le site internet de Mano Solo (l'info n'a aucun intérêt en soi, si ce n'est que j'ai trouvé ça amusant). L'écriture collective bénéficie de l'intelligence du même nom puisque ce volume est à mon sens le meilleur de la série (parmi ceux que j'ai lus bien sûr). Le Cyber Poulpe écrit donc à travers d'internet confronte le détective aux grands bras au monde numérique et aux sombres activités pratiquées en ligne. Le choc culturel est violent et donne lieu à des situations savoureuses. Ce volume respecte totalement l'esprit de la série, avec son ironie omniprésente. La source donnant vie à cette dernière paraît ici intarissable. Mais la qualité du Cyber Poulpe ne s'arrête pas là car l'enquête en elle-même est incontestablement une des plus riches, complexes et passionnantes que la série nous ait proposée. - [MADRE : Hors de propos](https://julienbouffartigue.net/2020/08/14/madre/) - Un personnage vit un drame affreux et un scénariste est alors tenté d'en faire un film. En effet, quoi de mieux que le malheur pour écrire une histoire. Notre empathie nous pousse vers un sentiment de sympathie envers celui qui le vit et on est prêt à lui pardonner beaucoup de choses, puisqu'il a une excuse toute faite pour expliquer son comportement. L'auteur s'attend à ce que l'on soit ému et compréhensif, à moins de passer pour un monstre insensible. Je le suis peut-être parfois, car tout cela ne me suffit pas toujours pour me faire aimer un film. Nouvelle preuve avec Madre, qui m'a surtout inspiré indifférence, voire hostilité. Pour résumer, Madre nous raconte l'histoire d'une jeune mère dont le fils a été enlevé quand il était tout petit et qui, des années plus tard, croise le chemin d'un jeune adolescent qui lui rappelle ce qu'aurait pu être désormais son fils. Et que croyez-vous qu'elle fait ? Et bien, elle débute avec lui une relation quasi amoureuse qui finira par devenir charnelle (même s'il y a une certaine ambiguïté à ce niveau-là). Bref, le film nous présente des élans pédophiles comme une manière de faire son deuil. Je caricature un tantinet, mais le propos est définitivement glauque et sans grand intérêt. Dans ces conditions, comment s'attacher à un personnage qui a un tel comportement ? - [A STEADY DRIP, DRIP, DRIP (Sparks), ULTIMATE SUCCESS TODAY (Protomartyr), JIMMY LEE (Raphael Saadiq) : Vaut mieux tard que jamais](https://julienbouffartigue.net/2020/08/16/a-steady-drip-drip-drip/) - A travers ces critiques, je découvre un nombre important de groupes. Le plus souvent ils sont tout frais, tous neufs. Mais parfois pas du tout. Ainsi Sparks est un groupe américain dont le premier album est sorti en 1971. A Steady Drip, Drip, Drip, sorti lui en 2020, n'est pas moins que leur vingt-sixième album. Et cela valait le coup d'attendre. Le premier le titre donne un air de chorale au groupe et s'avère assez accrocheur et original pour intriguer l'auditeur. Le reste sonne plus rock, mais sans perdre tout à fait l'effet chorale. Et surtout sans perdre l'originalité, à laquelle on peut ajouter la personnalité et une qualité constante. Il nous offre un travail intéressant sur les sonorités. Les textes sont vraiment joués, avec parfois beaucoup d'humour et de fantaisie. Le résultat est un album qui ne se prend visiblement pas au sérieux, mais doté d'une grande rigueur artistique. Une belle découverte. On poursuit dans les découvertes avec le groupe de « post punk » (d'après Wikipédia) Protomartyr et leur album Ultimate Success Today. Un groupe qui ne sévit que depuis 2012. Sévir est le mot puisque après un premier titre sous forme d'une longue introduction instrumentale, on découvre la voix de Joe Casey, qui se révèle simplement horrible. Il chante relativement faux et rarement en harmonie avec la musique. C'est tout simplement du gros rock qui tâche, nous plongeant dans une ambiance sombre et monotone. L'album est ans grand intérêt, entre le manque d'harmonie et l'absence de réelle recherche artistique. A oublier - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 31 : Le Congrès de Poitiers, partie 1 : le PS toujours social démocrate](https://julienbouffartigue.net/2020/08/17/tout-ca-pour-ca-episode-31/) - L'impopularité croissante de François Hollande et du gouvernement et les très mauvais résultats des élections municipales et départementales ont évidemment laissé des traces au sein du Parti Socialiste. Après les premières, le remaniement et l'arrivée de Manuel Valls furent l'occasion d'exfiltrer un Harlem Désir dépassé par les événements en le nommant Secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes. Acte absolument lamentable, une nomination à ce genre de poste n'étant évidemment pas faite pour régler des affaires internes à un parti. Certes, son long passé de député européen ne le rendait pas totalement illégitime pour une telle fonction, mais la manœuvre était trop grosse pour croire vraiment que c'est sa compétence qui avait prévalu. Pour le remplacer, Jean-Christophe Cambadélis est nommé Premier Secrétaire par intérim et va le rester un long moment, en dehors de toute procédure prévue par les statuts du PS. Personnellement, j'étais assez effaré par cette arrivée aux manettes d'un homme qui représente pour moi tout ce qui pose problème au PS. Un parfait apparatchik, ayant prouvé à de maintes reprises sa parfaite incompétence (cf. la campagne des européennes 2009), qui ne reste député que parce qu'il bénéficie d'une circonscription acquise au PS (enfin jusqu'en 2017...)... Je me rappelle très bien avoir dit un jour que jamais je ne voterai pour lui si jamais il devait être candidat au premier secrétariat. La suite me prouvera qu'il ne faut vraiment jamais dire jamais. - [LA DERNIERE TRIBU (Eliette Abécassis) : Parallèle osé](https://julienbouffartigue.net/2020/08/18/la-derniere-tribu/) - Religion et polar font assez bon ménage. Le point d'orgue de ce mariage pas forcément évident à première vue a été le succès phénoménal de The Da Vinci Code. Depuis, beaucoup de livres de ce type sont mis en avant par les spécialistes du marketing, mais si on creuse on voit vite que le genre n'a rien de nouveau. Ainsi l'œuvre d'Eliette Abécassis compte une série de romans pouvant s'inscrire pleinement dans cette mouvance, débutée avant la publication de son best-seller par Dan Brown. La Dernière Tribu en fait partie et m'aura offert une lecture de vacances sympathique, mais loin d'être inoubliable. L'intrigue de la Dernière Tribu repose sur un parallèle osé entre le judaïsme et le shintoïsme. Je ne dévoilerai pas ce qu'est la thèse finalement développée au final, mais je doute qu'elle ait la moindre crédibilité historique. Mais qu'importe au fond, il s'agit juste d'une fiction. Cependant, cet aspect des choses est extrêmement présent et ne pas vraiment y croire nuit quand même fortement à l'enthousiasme que l'on peut ressentir en lisant ce livre. A côté de cela, les mécanismes d'enquête sont cependant assez bien huilés pour happer la curiosité du lecteur quel est le fin mot de l'histoire. Le côté « osé » de l'intrigue permet en tout cas à cette dernière de ne pas être trop prévisible. - [AMYL AND THE SNIFFERS (Amyl and the Sniffers), DOGREL (Fontaines D.C.), PSYCHOGEOLOGY (Gemma Ray) : Bordel plus ou moins organisé](https://julienbouffartigue.net/2020/08/19/amyl-and-the-sniffers/) - On débute cet avis en partant en Australie, ce qui n'est pas si fréquent, pour faire la connaissance d'Amyl and the Sniffers et leur premier album sobrement intitulé Amyl and the Sniffers, sorti en 2019. On est tout de suite plongé dans un son très rock, voire punk, d'entrée. La voix de la chanteuse, Amy Taylor est débordante d'énergie. Leur est musique est un peu bordélique mais entraînante. Cela tourne parfois au grand n'importe, mais ils mettent assez de cœur pour qu'on leur pardonne aisément. L'album donne envie de se lâcher et sauter partout. A final, c'est assez basique et assez uniforme mais ça fait du bien par où ça passe. On part ensuite en Irlande pour un autre premier album, Dogrel, du groupe Fontaines D.C. Là aussi la musique est bordélique et énergique. Mais le parallèle avec le groupe précédent s'arrête malheureusement là car le résultat s'avère avant tout dissonant et pénible. La voix de Grian Chatten est vraiment poussive pour le genre. La musique reste basique et ne présente guère d'intérêt. Quelques titres semblent tout de même un peu plus aboutis, mais rien qui ne sorte de l'ordinaire. La voix reste de toute façon trop horripilante pour vraiment ressentir du plaisir à l'écoute de cet album. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 32 : Le Congrès de Poitiers, partie 2 : le PS épuisé](https://julienbouffartigue.net/2020/08/20/tout-ca-pour-ca-episode-32/) - Un jour de congés de posé et me voilà dans la voiture avec deux camarades yvelinois en route pour Poitiers. Si politiquement, ce Congrès n'aura pas légué un héritage intellectuel remarquable, il restera à jamais pour moi un très beau souvenir. Le point d'orgue d'une belle histoire d'amitié, forgée autour de combats communs. Si je ne regrette jamais tout le temps que m'aura pris mon militantisme politique, même dans les réunions le plus inutiles, c'est pour les rencontres qu'il m'aura permis de faire. Pour la première fois donc, j'assistais à un Congrès du Parti Socialiste. J'avais largement suivi celui de Reims à la télévision, mais bien d'eau avait coulé sous les ponts, et la dramaturgie n'avait plus grand chose à voir. Nous arrivâmes sur place le vendredi après-midi. A l'extérieur, de nombreux stands qui font ressembler le Congrès plus à une foire qu'à un moment de réflexion politique. Mais c'est surtout un endroit de convivialité qui a finalement plus de valeur que les débats formels qui ont lieu sur la scène à l'intérieur. Surtout qu'en ce premier jour, il y avait encore très peu de monde et les personnes invitées à la tribune parlaient principalement devant des sièges vide. - [LES RACINES DU MAL (Maurice G. Dantec) : Intelligence bien réelle](https://julienbouffartigue.net/2020/08/21/les-racines-du-mal/) - Ecrire un roman avec comme élément majeur une technologie émergente implique le risque de voir son contenu prêter à sourire quelques années après, les évolutions imaginées se réalisant rarement. Cela peut parfois décrédibiliser totalement un texte. Mais quand le reste est de très grande qualité, on pardonne aisément, voire on apprécie l'audace et la prise de risque. Publié en 1995, les Racines du Mal anticipait comment pouvait se concrétiser la notion d'intelligence artificielle à l'aube de l'an 2000. Au final, dans le monde réel, on en était loin, même si peu à peu la réalité rattrape la fiction depuis. Mais cela n'empêche en rien ce roman d'être un grand polar ! Au final l'aspect technologique du roman est à la fois central et mineur. L'intelligence artificielle constitue un des personnages principaux dont on ne peut pas faire abstraction. Par contre, on peut facilement faire abstraction de son caractère cybernétique. Si on considère qu'il est un personnage comme un autre, alors on peut apprécier pleinement les Racines du Mal. On peut pleinement profiter du très beau sens de la narration de Maurice G. Dantec. Il parvient d'une manière magistrale à dévoiler progressivement toutes les couches de son récit pour lui donner au final une épaisseur que l'on ne soupçonnait pas à travers les premières pages. Et même s'il va peut-être un peu loin à un moment donné, on est totalement saisi par ce récit sombre et terriblement prenant. - [AMIR (Tamino), WHEN I HAVE FEARS (The Murder Capital), 5+1 ZENZILE MEETS JAYREE (Zenzile) : Tristounet](https://julienbouffartigue.net/2020/08/22/amir/) - On débute cet avis quelque peu tristounet par un artiste venu de Belgique, Tamino et son premier album Amir, sorti en 2018. On remarque tout de suite sa belle voix. Le résultat reste assez classique mais parvient à accrocher l'oreille. Sa musique fait largement penser à celle de Radiohead. C'est beau tout en en étant un rien sombre. La production est très propre et les premiers titres se laissent écouter avec un certain plaisir, bien que l'on puisse regretter que cela manque d'une étincelle. Mais à mesure que l'on avance dans l'album, on rencontre de plus en plus de titres en retrait. Il perd de sa substance peu à peu. Au final, il reste parfois joli, mais globalement inégal. The Murder Capital est un groupe qui vient de quelque part (il ne bénéficie pas d'une page sur Wikipedia) et qui nous propose, à travers son album When I Have Fears, un gros rock qui tâche. Le chanteur parle et crie, plus qu'il ne chante. Le résultat n'est ni énergique, ni entraînant, ni harmonieux. La musique est martelée, reste toujours un rien dissonante et le chant se montre presque toujours un peu faux. L'album est vraiment médiocre, même si quelques titres plus posés s'avèrent meilleurs, mais jamais très intéressants. - [L'INFIRMIERE : Doute à l'arrivée](https://julienbouffartigue.net/2020/08/25/l-infirmiere/) - Raconter une histoire, c'est aller d'un point A vers un point B. Pour certaines, depuis le premier, on aperçoit clairement le deuxième et le chemin qui y mène. Pour d'autres, la route est plus sinueuse et tout le plaisir procuré par le film vient du fait qu'il nous fait avancer à l'aveugle. Peu à peu, la route se dessine pour nous conduire à un dénouement que l'on imaginait pas forcément au premier abord. L'Infirmière fait clairement partie de cette dernière catégorie avec un scénario qui va dévoiler progressivement tous ces contours pour entraîner avec lui le spectateur et aspirer irrésistiblement le personnage principal. Cependant, si ce genre d'expérience s'avère le plus souvent particulièrement agréable, on est vraiment heureux quand le point d'arrivée nous satisfait aussi pleinement. Ici, ce n'est malheureusement pas tout à fait le cas. L'Infirmière brille à la fois par la qualité de sa narration, mais aussi par l'ambiance particulière dans laquelle nous plonge Kôji Fukada. Il parvient à nous faire sentir très rapidement que quelque chose va venir troubler une situation de départ presque banale. On se doute bien, quand un premier événement survient, que ce dernier va avoir une série de répercussions qui vont nous emmener loin du point de départ. Cette atmosphère quelque peu troublante vient titiller fortement la curiosité du spectateur. On nous cache quelque chose et on veut savoir quoi ! Si la réponse est la hauteur, les dernières minutes du film peine à apporter une réelle conclusion au propos. On peut s'interroger sur le sens profond de l'ultime scène par exemple. Si on positive, on peut considérer que le réalisateur a voulu entretenir jusqu'au bout l'impression de mystère, ou bien considérer plutôt qu'il ne savait pas vraiment comment apporter un vrai point final à son histoire. Ceci ne vient pas gâcher l'ensemble, mais peut renfrogner quelque peu le spectateur. - [NEW-YORKAISES (Laura Jacobs) : Nothing in the city](https://julienbouffartigue.net/2021/07/24/new-yorkaises/) - Depuis la série Sex in the City, on sait que le destin des femmes new-yorkaises peuvent faire un excellent sujet pour une fiction. Mais tout le monde n'a pas le talent pour faire naître une excellente fiction à partir d'un excellent sujet pour une fiction. Pour preuve, ce roman très moyen de Laura Jacobs, simplement - [PRESIDENTS : Un fauteuil pour deux](https://julienbouffartigue.net/2021/07/24/presidents/) - Nicolas Sarkozy est un bon personnage pour un film. La Conquête l'avait déjà prouvé en 2011. Quand est-il de François Hollande ? Voilà une bonne question que je n'aurais jamais eu l'occasion de me poser si Anne Fontaine n'avait pas eu l'idée de nous offrir Présidents. Certes, cette comédie politique nous propose des personnages très proches - [CHRONIQUE DES JO TOKYO : JOUR 1 : Un enthousiasme toujours renouvelé](https://julienbouffartigue.net/2021/07/24/chronique-des-jo-tokyo-jour-1/) - Tous les quatre ans (ou presque), je raconte la même histoire. Celle d'un jeune adolescent qui, un soir d'été de 1992, est tombé amoureux. Il ne se doutait alors pas que quelque chose allait changer à jamais. Certes, il aimait déjà profondément le sport, dévorant l'Equipe tous les jours depuis le 1er juin précédent. Mais - [LONTANO (jean-Christophe Grangé : Suspense en confort](https://julienbouffartigue.net/2021/07/22/lontano/) - Depuis les Rivières Pourpres, Jean-Christophe Grangé est une valeur sûre parmi les auteurs de polar de notre pays. Ses récits ont beaucoup de points communs, nous plongeant toujours dans des univers sombres, où de lourds secrets, généralement sanglants, sommeillent en attendant d'être révélés par un personnage refusant de se contenter des apparences. Lontano nous propose - [MINARI : Rêves en exil](https://julienbouffartigue.net/2021/07/22/minari/) - Ceux qui connaissent le cinéma coréen ne seront pas surpris de voir que le casting de ce film nous permet de découvrir une série de merveilleuses comédiennes et de merveilleux comédiens. Les fans de The Walking Dead retrouveront Steven Yeun avec beaucoup de joie, dans un contexte radicalement différent de la série qui l'a fait - [SELF WORTH (Mourn), THINK OF SPRING (M Ward), LIVE AT THE ALBERT HALL (ArCtic Monkeys) : Reprise de qualité](https://julienbouffartigue.net/2021/07/17/self-worth/) - On commence cet avis musical par une destination proche, mais assez rare quand il s'agit de rock. En effet, on part du côté de Barcelone pour découvrir un groupe féminin, Mourn, et leur album Self Worth, sorti en 2020. On y découvre une musique plutôt énergique. Le rock au féminin reste assez rare pour que - [GAGARINE : La cité dans les étoiles](https://julienbouffartigue.net/2021/07/17/gagarine/) - Les lieux ont une histoire et même parfois une âme. C'est évidemment vrai pour des lieux hautement symboliques, ayant traversé l'histoire et qui nourrissent l'imagination y compris de personnes ne les ayant jamais vus en vrai. Il suffit de voir l'émotion mondiale provoquée par l'incendie de Notre-Dame. La perspective de la destruction de la cité - [MÉDECIN DE NUIT : Nuit noire](https://julienbouffartigue.net/2021/07/16/medecin-de-nuit/) - Le film noir, grande tradition du cinéma hexagonal, peut prendre des formes particulièrement variées. Evidemment, on pense plus naturellement à un détective bourru ou un flic flirtant constamment avec la légalité. Un peu moins à un docteur. Pourtant Médecin de Nuit est un vrai film noir. Pas uniquement par son caractère avant tout nocturne. Aussi - [CRUELLA : Vilaine surprise](https://julienbouffartigue.net/2021/07/15/cruella/) - Un des beaux livres qui trônent depuis le plus longtemps dans ma bibliothèque, auquel je suis particulièrement attaché, est consacré aux méchants dans les films de Walt Disney. Cependant, les 101 Dalmatiens ne fait pas partie de mes classiques préférés de la firme aux oreilles rondes. C'est donc sans attentes particulières que je suis allé - [LA GRANDE PERCHE (Georges Simenon) : Moment de faiblesse](https://julienbouffartigue.net/2021/07/12/la-grande-perche/) - Ma critique de la Grande Perche de Georges Simenon - [SANS UN BRUIT 2 : Le danger après le virage](https://julienbouffartigue.net/2021/07/12/sans-un-bruit-2/) - De plus, John Krasinski fait aussi preuve d'un vrai sens de l'image et de la réalisation. Le montage est vraiment de qualité, notamment un final qui met en parallèle deux lieux et deux situations, pour une double dose de suspense. Rien de terriblement spectaculaire, mais rien de gratuit. Tout est fait pour tirer le meilleur - [LA NUÉE : Le bon genre](https://julienbouffartigue.net/2021/07/11/la-nuee-le-bon-genre/) - Ma critique de la Nuée - [THE PERFECT CANDIDATE : La comédie humaine](https://julienbouffartigue.net/2020/09/01/the-perfect-candidate/) - De plus en plus de cinéastes issus du monde arabo-musulman porte des œuvres pour défendre la place des femmes dans la société. Haifaa Al Mansour avait été une précurseuse en la matière en signant le magnifique Wadja en 2012. Elle revient cette fois-ci avec The Perfect Candidate, l'histoire d'une jeune femme qui se retrouve, presque par hasard, candidate à une élection municipale en Arabie Saoudite et qui va tout faire pour remporter la victoire. Une histoire au sujet sérieux, mais traité sous un ton de comédie, que l'on devine surtout choisi pour contourner la censure. Il prouve encore une fois que la légèreté peut être une arme redoutable pour porter, sans en avoir l'air, bien haut des messages pourtant très lourds de sens. Le grand mérite d'Haifaa Al Mansour est d'avoir trouver le parfait équilibre qui lui permet de critiquer de manière forte un patriarcat aux fondements profondément religieux... sans jamais critiquer formellement le poids de la religion ou même le système instauré par le pouvoir. En effet, The Perfect Candidate se concentre sur les femmes et les hommes d'Arabie Saoudite et le regard qu'elles/ils portent les uns sur les autres. Finalement, cela s'avère un excellent choix, car c'est bien parce que chacun le fait vivre, ou simplement l'accepte, que de tels systèmes oppressifs parviennent à survivre. Le film parvient à ne se montrer jamais manichéen. Il n'y a pas de méchant, juste une chape de plomb qui pèse sur tous. Cette réussite se concrétise particulièrement dans une dernière scène, assez attendue certes, mais qui parvient à nous émouvoir profondément. Preuve tout ce qui a précédé qui a fonctionné à la perfection. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 33 : Le Congrès de Poitiers, partie 3 : le couteau dans le dos](https://julienbouffartigue.net/2020/09/03/tout-ca-pour-ca-episode-33/) - Après les débats nationaux, le Congrès se traduit dans un deuxième temps au niveau local, avec un renouvellement des instances au niveau local (Section) et départemental (Fédération). Il paraît que beaucoup de militants se sont engagés en politique pour changer le monde. Chaque Congrès prouve, qu'à défaut d'y parvenir, ils sont prêts à tout pour gagner une petite part de pouvoir au sein des instances du PS. On a les combats et l'ambition que l'on peut. Au niveau de ma Section, je suis sollicité par quelques camarades pour me présenter au poste de Secrétaire. En effet, nos effectifs ont fondu et la Section apparaît de plus en plus moribonde (j'y reviendrai dans un prochain épisode) et certains considèrent qu'il y a des choses à changer dans l'animation. J'aurais très certainement accepté si je n'avais déjà en tête mon futur départ de Viroflay. J'ai donc poliment refusé et nous avons reconduit simplement le Secrétaire de Section sortant. Au niveau fédéral, les choses sont nettement moins tranquilles. La motion soutenant l'action gouvernementale a fait un bon score, meilleure que ce que j'avais imaginé (je n'ai plus le chiffre précis), montrant que l'emprise des forces hamonistes et frondeuses n'est peut-être pas si importante que ça. Nous gardons donc l'espoir qu'au moment d'élire le Secrétaire Fédéral, les militants choisirons la cohérence avec leur vote de motion. - [ENRAGE : Dans la peau de Russell Crowe](https://julienbouffartigue.net/2020/09/03/enrage/) - Certains acteurs ont un don incroyable pour se métamorphoser physiquement à chaque rôle. On ne parle pas simplement de prendre ou de perdre du poids, mais véritablement de changer de tête. Parfois le matin, en se regardant dans la glace, on aimerait avoir ce pouvoir, mais il est malheureusement réservé à quelques uns. Russel Crowe en fait partie. Il nous le prouve une nouvelle fois avec Enragé. Un film haletant, mais pas trop, dont l'intérêt principal tient à la performance de la star australienne. Enragé nous raconte pour la énième l'histoire de la jeune femme innocente qui va se retrouver poursuivie par un psychopathe. Rien de bien nouveau ou de très original. Certes, cette fois le personnage du fou dangereux n'est pas piqué des hannetons, comme disent les jeunes qui ont longtemps vécu. Le scénario ne cherche d'ailleurs pas spécialement à nous surprendre, mais simplement à se montrer efficace. Il y a parvient plutôt bien. Le film dure une heure et demi tout juste, preuve qu'il va directement à l'essentiel. Ainsi, on passe tout de même un bon moment, même si on ne retiendra rien de vraiment marquant dans cette intrigue assez banale. - [MIGNONNES : La fin de l'enfance](https://julienbouffartigue.net/2020/09/04/mignonnes/) - Grandir est un processus exaltant, mais aussi douloureux. Surtout quand on veut grandir trop vite dans l'espoir d'échapper à un milieu qui vous oppresse. Cette problématique se trouve au cœur du sujet de Mignonnes, qui traite en particulier de la sexualisation précoce de certaines jeunes adolescentes. Des sujets forts et délicats mais qui sont ici traités avec beaucoup de pertinence par Maïmouna Doucouré. Cette dernière fait également preuve de beaucoup de qualités artistiques. Mignonnes peut faire craindre dans ses premières minutes que le film va se résumer à une litanie de clichés. Mais contrairement à beaucoup de films traitant de l'adolescence, celui-ci évite tous les chausse-trappes qui se trouvent sur la route de son histoire. Le scénario offre une belle profondeur aux personnages, aussi jeunes soient-ils. On s'y attache malgré leurs défauts et leurs excès car le film parvient à ce que les spectateurs les comprennent. Or, tout parent vous expliquera que comprendre un adolescent n'a rien d'un exercice évident. Tout cela ne fait que décupler l'émotion véhiculée par l'histoire. - [UN NOEL DE MAIGRET (Georges Simenon) : Pas si joyeux](https://julienbouffartigue.net/2020/09/04/un-noel-de-maigret/) - Un auteur aussi prolifique que George Simenon a laissé derrière lui beaucoup de petits textes qui se retrouvent parfois édités ensemble, de manière un peu arbitraire. Un Noël de Maigret est un recueil de trois nouvelles, écrites à des époques différentes et ne mettant pas du tout en scène les mêmes personnages. Elles ont cependant en commun de se dérouler, au moins en partie, le soir ou le jour de Noël. C'est un point commun comme un autre. Des trois textes formant Un Noël de Maigret, celui mettant en scène le célèbre commissaire à la pipe est de loin le plus marquant. Sans doute est-ce la magie des personnages récurrents qui nous offre du plaisir par le simple fait de les retrouver. L'histoire est courte mais suffisante et nous fait découvrir Maigret dans l'intimité de son foyer. Si Madame Maigret apparaît souvent dans les romans, elle est ici très présente. La nouvelle constitue au final un texte relativement anecdotique mais fort sympathique pour ceux qui aime le personnage. - [TWELVE NUDES (Ezra Furman), THE ENGLISH GENTLMENS CLUB (The English Gentlemens Club), CES GARCONS-LA (Radio Elvis) : Voix dissonantes](https://julienbouffartigue.net/2020/09/05/ces-garcons-la/) - Alors que son album précédent, Transangelic Exodus ne m'avait pas guère convaincu, j'ai laissé une seconde chance à Ezra Furman avec Twelve Nudes, sorti en 2019. Il nous offre un rock énergique, un rien rétro. Le résultat est certes maîtrisé, mais un peu monotone. Il fait preuve de beaucoup de conviction malgré les limites évidentes affichées par sa voix. Les instrumentations sont plus énergiques qu'élaborées. L'album nous offrent parfois des titres plus originaux, mais qui tournent un peu au n'importe quoi parfois. A tel point, que certains peuvent donner l'impression d'être un rien parodiques. Reste à savoir si c'est volontaire ou pas. Au final, on retiendra tout de même la qualité globale de l'album, le positif dominant grâce à la réelle personnalité affichée. The Victorian English Gentlemens Club est un groupe gallois, dont le premier album, sorti en 2006 (j'aurais mis du temps à le trouver), est sobrement intitulé The Victorian English Gentlemens Club. Leur musique est particulièrement énergique mais surtout un peu bordélique. La voix haut perchée de Adam Taylor est clairement horripilante, surtout qu'il chante régulièrement un peu faux. Il est souvent accompagné par celle de Louise Mason, mais qui ne vaut guère mieux. Tout cela donne un album punk particulièrement basique. Ils font certes preuve de conviction, mais le résultat ressemble parfois à un grand n'importe quoi cacophonique. Dans le genre, on a déjà vu nettement mieux. Certains titres s'avèrent même carrément pénibles à écouter. - [AKIRA : Bienvenue en 2020](https://julienbouffartigue.net/2020/09/06/akira/) - La culture est comme le gruyère (bon l'emmental en fait). On a beau faire, il y a toujours des trous. C'est même pour ça qu'on l'apprécie. Si on avait un jour l'impression d'avoir tout lu ou tout vu, la vie serait beaucoup plus triste. Le film Akira faisait partie des gros trous dans ma propre culture. Un trou uniquement cinématographique puisque le manga trône en intégralité depuis longtemps dans ma bibliothèque. La ressortie du film sur grand écran constituait une occasion unique de boucher cette regrettable cavité, occasion que je n'ai évidemment pas ratée (sinon, je ne serai pas en train d'écrire cette critique). J'ai pu comprendre pourquoi il était devenu culte à ce point... mais aussi les critiques qui lui ont été adressés. La principale critique porte sur un choix d'adaptation audacieux et risqué. En effet, les trois premiers quarts du film sont assez fidèles au manga. Sauf que les événements racontés ne représentent qu'un tiers de l'histoire originelle. On imagine donc facilement que la fin a été profondément modifiée pour conclure le récit infiniment plus rapidement, éliminant totalement des grands pans de l'intrigue. On a vite fait d'y voir une trahison, même cela revient à dire que Katsuhiro Otomo a trahit Katsuhiro Otomo. J'avoue que j'ai eu un peu de mal à faire abstraction de ce choix quelque peu étrange et qui dénature quand même assez largement l'œuvre dont Akira est adapté. Ceci s'explique par le fait que le film est sorti avant la fin de la publication du manga, mais tout de même. Evidemment, si vous n'avez jamais lu le manga, vous n'aurez absolument pas ces considérations en tête et pourrez apprécier pleinement cette histoire qui reste extraordinaire et unique. - [AGATHA (Frédérique Deghelt) : Elle était seule](https://julienbouffartigue.net/2020/09/08/agatha/) - L'histoire recèle quelques moments mystérieux où on ne sait pas exactement ce qui s'est passé. Cela laisse évidemment tout loisir aux auteurs audacieux de s'en emparer pour l'imaginer. On en avait eu un exemple au cinéma avec Elvis & Nixon par exemple, qui imaginait ce que ces deux personnages avaient pu se dire lors d'un entretien à la Maison Blanche. Le roman Agatha nous livre un récit fictionnel, racontant les dix jours où Agatha Christie a disparu. Un épisode qui avait alors la une des journaux, mais sur lequel la mère d'Hercule Poirot n'est jamais revenu, y compris dans son autobiographie. Frédérique Deghelt pouvait donc laisser parler sa créativité. Elle n'en a malheureusement pas fait grand chose. Agatha se présente sous forme d'un journal qui aurait été tenu par Agatha Christie pendant sa fugue. Cela crée une certaine intimité avec l'autrice de Ils Etaient Dix et un attachement assez immédiat. Malheureusement, le reste n'est qu'une longue litanie d'états d'âmes et de considérations plus ou moins philosophiques sur l'amour, la jalousie, le manque de lucidité que ces sentiments génèrent. Car les pensées sont celles d'une femme quittée, mais encore amoureuse, qui se trouve largement dans le déni. Cette phrase résume bien tout le contenu du livre. Sauf que c'est un peu léger. Si parfois certaines réflexions font échos à des situations que l'on a nous-mêmes vécues et même si le roman n'est pas finalement pas si long, on aurait aimé qu'à un moment donné le propos dérive vers d'autres sujets. - [LIGHT OF MY LIFE : It's a men's world](https://julienbouffartigue.net/2020/09/10/light-of-my-life/) - Et si demain, le monde se trouvait privé de la moitié féminine de l'humanité ? Oui certes, on pourrait définitivement regarder le football en buvant des bières, mais qui alors garderait les enfants ? Il est vrai que la perpétuation de l'espère deviendrait également problématique. Voici une question posée par Casey Affleck dans Light of My Life. J'admets pas tout à fait dans ces termes, mais il nous emmène dans un monde où un virus mystérieux et mortel aurait affecté les femmes du monde entier et les aurait décimées. Une idée plus originale qu'elle en a l'air... mais qui est au final totalement sous-exploitée. Light of My Life est au final un récit extrêmement classique où un père et une fille essaye de survivre dans un monde devenu hostile, en vivant au maximum à l'écart. En coupant ses personnages de leur environnement, Casey Affleck se prive de la possibilité d'explorer vraiment les conséquences d'une disparition des femmes de la surface de la Terre. Cela ne devient qu'un prétexte pour un film qui s'assmile plus à un récit sur les rapports père/fille qu'à un récit de science-fiction. Ce n'est pas que le propos est déplaisant, ni dénué d'intérêt ou de poésie, mais se prive de la possibilité d'être réellement marquant. - [LONGTEMPS (Constance Verluca), MY OWN WAY (Richie Havens), SHADOW PEOPLE (The Liminanas) : Agréables retrouvailles](https://julienbouffartigue.net/2020/09/13/longtemps/) - On commence avec une artiste bien trop méconnue, Constance Vercula, que j'avais découvert à travers un premier album aux textes à mourir de rire. Douze ans après, en 2019, elle en sort un second, intitulé Longtemps. Le ton a légèrement changé. Musicalement, on se retrouve plongé dans une ambiance entre la période des yéyé et les années 70. Sa voix claire et très agréable donne à sa pop un goût sucré. Le ton est un rien mélancolique pour un résultat vraiment séduisante, même si les titres sont toujours un peu dans le même ton. En tout cas, voilà des retrouvailles bien agréables. Richie Havens est un artiste américain de près de 80 ans à la discographie longue comme le bras. My Own Way, sorti en 2012, et qui regroupe des titres enregistrés en studio mais qui n'avaient jamais été exploités. Cela nous permet de découvrir sa musique entre blues et country, pleine de maîtrise et de conviction. Il faut dire que sa voix typique et parfaite pour ce genre de musique. Mais au final, on reste cependant plus admiratif que réellement enthousiaste. Certains titres ont un petit côté dissonant pas toujours agréable. Le tout reste globalement très classique, sans rien qui ne retienne vraiment l'attention. C'est peut-être aussi pour ça que tous ces titres n'avaient pas été utilisés à l'époque... - [EFFACER L'HISTORIQUE : Point à la ligne](https://julienbouffartigue.net/2020/09/13/effacer-l-historique/) - Benoît Délépine et Gustave Kervern ont fini par se faire une vraie place dans le monde du cinéma français, ce qui n'est jamais garanti quand on vient du monde du petit écran. Leur univers décalé et poétique nous a déjà offert de jolis moments et surtout surprenants. Effacer l'Historique se situe vraiment dans la continuité de leur filmographie sur bien des points. Il bénéficie donc de toutes les qualités habituelles qui nous les ont faits aimer en tant que réalisateurs. Mais il se heurte aussi aux mêmes limites. Comme beaucoup de leurs films, Effacer l'Historique s'apparente presque à un films à sketch, mais sans l'être de manière assumée. Le scénario s'efforce de rassembler toutes les séquences pour faire progresser une seule et même histoire. Il y parvient dans l'absolu, mais cela garde un petit aspect artificiel. On parfois l'impression qu'ils ont d'abord listé tous les travers du monde numérique et on construit l'histoire pour que tout y trouve sa place. Cet entre-deux empêche le film de prendre vraiment une vraie dimension et de devenir une dénonciation forte et profonde. Il en restera au stade de la dénonciation légère et poétique,ce qui correspond bien au style de Délépine et Kervern. Certes leur cinéma est militant, mais sans jamais se prendre réellement au sérieux. - [LES NOUVEAUX MUTANTS : Bienvenue à eux](https://julienbouffartigue.net/2020/09/20/les-nouveaux-mutants/) - Les films Marvel au cinéma sont parvenus à séduire un public très large en sachant varier les genres. Entre les combats dantesques et cosmiques de Infinity Wars, les blagues potaches de Deadpool ou la fresque crépusculaire comme Logan, il existe de grands écarts. Et pourtant il s'agit toujours de super-héros. En refusant de se prendre totalement au sérieux, cet univers ne s'interdit rien et se trouve prêt à accueillir toutes sortes d'histoires. Avec les Nouveaux Mutants, Marvel s'attaque cette fois-ci au film d'horreur. Pour un résultat plutôt convaincant, même s'il séduira certainement plus les fans de super-héros que ceux de ce genre cinématographique si particulier. Les Nouveaux Mutants est un film d'horreur qui ne fait pas très peur, soyons honnêtes. Il reprend quelques codes du genre, avec cette histoire d'adolescents enfermés faisant face à une puissance maléfique. Mais on ne dépassera pas le stade du « à la manière de ». Seules les âmes les plus jeunes ou les plus sensibles trembleront réellement devant les péripéties qui attendent les héros. On fait donc plutôt face à un film d'aventures assez efficace pour ne pas s'ennuyer et pour passer un moment tout à fait distrayant. Les amateurs de l'univers Marvel prendront par contre beaucoup de plaisir à voir apparaître à l'écran quelques héros, jouant peut-être en deuxième division, mais pour qui ils ressentent une affection particulière. C'est mon cas, je l'avoue, et cela a sûrement permis un attachement immédiat aux personnages. - [LA BETE HUMAINE (Emile Zola) : L'homme et la machine](https://julienbouffartigue.net/2020/09/20/la-bete-humaine/) - Lentement mais sûrement, je me rapproche de la fin de la saga des Rougon-Macquart d'Emile Zola que j'ai commencé à lire dans leur ordre de parution en 2006. Je pourrais dire que je m'approche de la fin de la ligne, pour faire un mauvais jeu de mots, avant de vous parler de la Bête Humaine, épisode de la saga qui se passe dans le monde ferroviaire. Un roman qui traite surtout des pires instincts qui peuvent naître au tréfonds de l'être humain. Plus qu'un simple portrait d'une époque, cette histoire nous propose des personnages forts livrés à des sentiments violents. La saga des Rougon-Macquart alterne des romans dont le premier objectif est décrire de manière méticuleuse la France du Second Empire, dans tous les lieux et les classes sociales. D'autres sont centrés avant tout sur les personnages et ainsi sur l'intrigue. Si les théories sur l'hérédité sous-jacente à la grande œuvre de Zola n'ont pas survécu aux progrès de la science, elles nous auront offert les tomes les plus marquants. La Bête Humaine fait incontestablement partie de ceux-là. Les sentiments exaltés des personnages datent quelque peu le roman, mais le roman nous offre tout de même une grande histoire quasi intemporelle. De toute façon, c'est bien l'excès des sentiments qui ont fait les grandes histoire, pas leur réalisme. - [TENET : Vertige temporel](https://julienbouffartigue.net/2020/09/22/tenet/) - On pense parfois que certains concepts ont donné tout ce qu'ils avaient à donner à l'histoire de la fiction. On pense qu'ils ont été exploité tellement souvent que plus rien ne viendra les renouveler profondément. Il existe heureusement dans ce monde des esprits assez géniaux et assez fous pour imaginer ce que personne n'avait encore jamais osé imaginer. Le voyage dans le temps occupe les récits depuis longtemps. Vers le futur, vers le passé, conjecturant encore et encore sur les conséquences d'une telle possibilité. Le terme remonter le temps y était fréquemment employé mais toujours dans le sens : se transporter d'un saut en arrière dans le temps avant de reprendre son cours normal à partir de son point d'arrivée. Personne (ou presque...) n'avait pensé à prendre l'expression de manière littérale, c'est à dire dans le sens de vivre le cours du temps à l'envers... Personne avant un cinéaste de génie... Monsieur Christopher Nolan qui nous a offert Tenet. Notre perception du temps si profondément ancré dans notre perception de la réalité même que l'on a du mal à accepter que le temps soit autre chose que ce que nous percevons. Tous ceux qui se sont intéressés de prêt ou de loin à la théorie de la relativité le savent bien. Tenet nous offre une expérience tellement contraire à notre manière habituelle de percevoir le temps qu'il est facile de se montrer totalement rétif à cette histoire. Mais si vous acceptez ce point de départ, cette idée simple, celle que peuvent cohabiter des êtres et des objets ne vivant pas le temps dans le même sens, mais aux conséquences vertigineuses et parfois impossibles à appréhender, alors vous vivrez une expérience en tout point extraordinaire. En se laissant simplement porter par l'histoire, en ne cherchant pas à comprendre chaque détail de chaque seconde du film (il faudrait le revoir dix fois pour ça), alors le voyage s'avère merveilleux. - [LOTTA SEA LICE (Courtney Barnett et Kurt Vile), IN THE RAINBOW RAIN (Okkervil River), AMERICAN UTIOPIA (David Byrne) : Univers personnels](https://julienbouffartigue.net/2020/09/23/lotta-sea-lice/) - Lotta Sea Lice est un album, sorti en 2017, qui réuni l'Australien Courtney Barnett et l'Américain Kurt Vile. On est tout de suite frappé par la synergie entre les deux voix, qui mordent vraiment dans les premiers titres. Ils nous plongent dans une ambiance folk énergique, avec quelques accents rock parfois. Mais leur qualité constante relie tous les titres. L'album est très bon de bout en bout pour un résultat solide et particulièrement convaincant. Okkervil River est un groupe de rock américain. In the Rainbow Rain est leur neuvième album. La voix de Will Shef laisse d'abord quelque peu circonspect par son originalité dès le premier titre. Ce dernier commence comme une ballade simple avant de devenir plus dynamique, presque symphonique. C'est un peu à l'image de l'album. Finalement, l'originalité se mue en réelle personnalité. Le groupe nous offre des titres variés, plein de maîtrise et de conviction. Le style prend parfois des accents de crooner, puis passe au jazz avec des pointes d'électro. La qualité est vraiment constante donc on prend au final beaucoup de plaisir à naviguer ainsi d'un style à l'autre. - [DANS UN JARDIN QU'ON DIRAIT ETERNEL : L'heure du thé](https://julienbouffartigue.net/2020/09/23/dans-un-jardin-qu-on-dirait-eternel/) - Tous ceux qui s'intéressent de près ou de loin au Japon ont entendu parler de la cérémonie du thé. Mais seuls ceux qui ont un vraie connaissance des traditions nippones savent réellement ce que cela signifie. J'avoue que je faisais partie des ignorants en la matière. Enfin avant de voir Dans un Jardin qu'on Dirait Éternel. Un film qui nous fait découvrir en profondeur ce pan de la culture japonaise, qui semble hors du temps, mais qui nous permet malgré tout à mieux comprendre le Japon contemporain. Évidemment, il vaut mieux s'intéresser un minimum au sujet pour apprécier ce film. Si vous cherchez ne serait-ce qu'un minimum d'action, alors il vaut mieux peut-être éviter Dans un Jardin qu'on Dirait Éternel. Le film s'avère relativement contemplatif, à l'image d'une tradition qui cherche à créer une parfaite harmonie. Le film prend vraiment le temps d'explorer toutes les facettes de cette fameuse cérémonie à travers le parcours initiatique d'une jeune femme... sur plusieurs dizaines d'années. On se rend compte ainsi de toute la complexité d'un sujet dont on n'imaginait pas forcément faire un film. On en ressort moins ignorant, ce qui peut être un vrai plaisir pour ceux qui font preuve d'une curiosité envers le Japon et ses mystères. Les autres peuvent s'ennuyer ferme, il faut bien l'admettre. - [PETIT PAYS : Les trous dans la mémoire](https://julienbouffartigue.net/2020/09/24/petit-pays/) - Le grand public, par le biais des médias, se focalise sur certains aspects d'événements historiques, qui intègrent ainsi la mémoire collective, quand d'autres restent dans l'ombre et l'oubli. Tout le monde a entendu parlé de la guerre civile au Rwanda, des Hutus, des Tutsis et du déchaînement de violence et de haine qui a marqué cette époque. Par contre, peu de gens ont conscience de ce qui s'est passé au même moment au Burundi, pays voisin lui aussi divisé entre les deux mêmes ethnies. Petit Pays permet de réparer ce trou béant dans une histoire universelle qui reste largement partielle et souvent partiale. Si Petit Pays possède un intérêt documentaire indéniable qui donne un grand intérêt au film, ce dernier reste avant tout une fiction. L'histoire d'une famille tiraillée de toute part à un moment où chacun était sommé de choisir un camp. Au-delà de la grande Histoire, on y découvre aussi l'histoire d'un jeune garçon qui a du se construire au milieu de toute cette violence. Le mélange entre la dimension géopolitique et une sorte d'humanisme de proximité fonctionne très bien. Bien ancré sur deux piliers solides et convaincants, le film émeut autant qu'il cultive. Eric Barbier signe là son œuvre la plus marquante et celle qui vaut enfin vraiment le détour. - [ENORME : Lourdeur éléphantesque](https://julienbouffartigue.net/2020/09/26/enorme/) - Un film qui nous présente un personnage au comportement insupportable, mais qui finit par changer, fait-il l'apologie du comportement en question en en minimisant la portée ? Bref, le cinéma doit-il nous faire aimer les salauds et leur offrir une forme de rédemption ? La question peu paraître idiote, mais l'époque l'est parfois aussi. Pour preuve la polémique autour du film Enorme. Mais fallait-il vraiment faire naître une polémique autour d'un film aussi raté ? Raté au moins à trois quart car on a rarement vu un film aussi mauvais nous proposer une fin aussi réussie. Comme quoi il est décidément jamais trop tard pour bien faire ! Faire un film avec des personnages aussi antipathiques que Enorme, c'est prendre un vrai risque. Celui de voir le spectateur trouver le film en lui-même antipathique. C'est exactement le sentiment que fait naître ce film pendant un long moment. L'histoire n'est pas du tout maîtrisée. Ses excès la décrédibilisent totalement, horripilent sans jamais parvenir à faire rire. Personne n'a envie d'assister à un tel spectacle et souhaite que cela s'arrête au plus vite. Et puis, comme par miracle, Sophie Letourneur nous offre une très longue scène d'accouchement parmi les plus fortes et touchantes jamais tournées. C'est quelque peu paradoxal, quand on sait combien de comédies ont offert des scènes de ce type vraiment affligeantes. C'est quand le film cherche plus vraiment à faire rire qu'il semble enfin trouver du sens. - [POISSONSEXE : OVNI marin](https://julienbouffartigue.net/2020/09/27/poissonsexe/) - Quand on va voir un film intitulé Poissonsexe, on s'attend évidemment à assister à un OVNI cinématographique. Si au final, le film ne vient pas de la planète Mars, il ressemble tout de même à une fable assez improbable, mais non dénuée de poésie. Une œuvre réalisée avec quelques bouts de ficelle, de l'imagination et un joli casting. Le résultat ravira les amateurs de longs métrages décalés et sympathiques. Et les amoureux d'India Hair (c'est mon cas, mais chuuuut!) auront les yeux qui pétilleront quelque peu. Poissonsexe est une réflexion sur les rapports humains et leur détérioration dans la société actuelle. Le film nous emmène dans un futur où les poissons auraient presque totalement disparu car ils refuseraient de se reproduire. On comprendra vite que cette névrose touche largement les humains également. Tout cela sera agrémenté par quelques péripéties savoureuses et une histoire d'amour pleine de tendresse. Le scénario est parfois bancal, pas toujours totalement abouti, mais si on se laisse porter, on passe tout de même un joli moment. Le spectateur a une envie de se montrer très indulgent et oublier les faiblesses du film, qui est parvenu malgré tout à gagner toute sa sympathie. - [MISS : Bienveillance mixte](https://julienbouffartigue.net/2020/10/25/miss/) - Le question de l'identité sexuelle donne lieu à des débats souvent passionnés, où certains ne pardonneront pas le moindre point de vue contraire au leur, J.K. Rowling peut en témoigner. Du coup, cela fait du bien de tomber sur un film qui traite de ce sujet avec beaucoup de bienveillance. Je suis persuadé que beaucoup d'esprits chagrins trouveront Miss trop ceci ou pas assez cela, crieront au scandale ou je ne sais quoi encore. Mais beaucoup apprécieront ce film touchant et avant tout léger, qui traite parfois un peu naïvement du droit à la différence. La naïveté peut parfois être une vertu. Miss reste un film quelque peu inégal, mais globalement très réussi. On passe de la franche comédie, à des moments plus intimes et profonds. Parfois, le propos ne se montre pas forcément convaincant, comme dans certains passages plus moralisateurs, mais il fait de ce film un feel good movie, ce qui n'était pas gagné, vu le sujet. Il y a dans ce film quelque chose de hollywoodien, quand une tradition plus française lui aurait conférer une plus grande gravité. Mais Ruben Alves fait assume et maîtrise parfaitement ce choix. Il avait déjà prouvé avec son formidable premier film, la Cage Doré, qu'il sait traiter de sujets sérieux avec une légèreté enthousiasmante. - [ADIEU LES CONS : Ce n'est qu'un au revoir !](https://julienbouffartigue.net/2020/10/30/adieu-les-cons/) - Le cinéma français voit régulièrement sa mort annoncée. Avant tout par des esprits chagrins et nostalgiques. Mais chacun vieillissant un peu plus chaque jour, on est souvent tenté par le fameux « c'était mieux avant ». Heureusement, il reste quelques artistes comme Albert Dupontel qui éloigne, pour quelques années encore, un avis de décès définitif. Adieu les Cons ajoute une nouvelle ligne savoureuse à une filmographie qui commence à devenir extraordinaire. Et si le confinement va nous priver pendant de longues semaine de septième art, au moins pourra-t-on, pour ceux qui l'auront vu, partir avec un excellent souvenir en tête. En signant Au-Revoir Là-Haut, Albert Dupontel avait prouvé qu'il pouvait mettre son talent au service d'une œuvre qui n'était pas la sienne. Avec Adieu les Cons, il revient à une forme et un fond très personnelle. C'est d'ailleurs, le seul reproche sérieux que l'on peut formuler à l'égard de ce film. Il rappelle par bien des côtés certains autres de ses films. Par le propos profondément humaniste, un rien anarchiste. Par l'humour et l'énergie qui ont toujours été sa marque de fabrique. Et par une photographie caractéristique qui rappelle fortement celle de 9 Mois Ferme. Albert Dupontel est clairement resté dans sa zone de confort, mais c'est aussi là que son talent s'exprime le mieux, alors il serait injuste le lui reprocher sérieusement. - [A HERO'S DEATH (Fontaines D.C.), UNFOLLOW THE RULES (Rufus Wainwright), NOTHING AS IDEAL (All them Witches) : Du bon au moins bon](https://julienbouffartigue.net/2020/10/31/unfollow-the-rules/) - Je n'avais guère apprécié le premier album des Irlandais de Fontaines D.C. dont je vous avais offert la critique ici il y a quelques semaines. Je leur ai cependant laissé une seconde chance en écoutant A Hero's Death, leur second album, sorti cette année. Ils nous proposent un rock sombre et lancinant. La voix de Grian Chatten est peut-être moins horripilante que précédemment, mais elle reste sans relief. Les instrumentations sont sans imagination, pour un résultat globalement très basique et sans intérêt. C'est même parfois assez bordélique. Dommage car cela devient nettement meilleur quand, à de rares moments, cela devient plus doux et mieux maîtrisé. Nettement plus réjouissant, Unfollow the Rules, du canado-américain Rufus Wainwright. Il mord dans ses morceaux avec sa voix claire et puissante. Autant de conviction, alliée avec une grande qualité, emporte immédiatement l'enthousiasme de l'auditeur. Il navigue dans un style entre pop et folk assez classique, mais il propose assez de constance et de de variété pour sortir largement du lot. On retiendra en particulier le titre Peaceful Afternoon, au sein d'un album que l'on peut simplement définir comme excellent. - [ANTOINETTE DANS LES CEVENNES : Auprès de mon âne...](https://julienbouffartigue.net/2020/10/06/antoinette-dans-les-cevennes/) - J'insiste régulièrement ici quand un film est desservi par sa bande-annonce, quand elle donne une impression totalement erronée sur le ton, le sujet ou la qualité du film. La bande-annonce d'Antoinette dans les Cévennes donnait l'image d'un film drôle et sympathique, que l'on prendrait beaucoup de plaisir à regarder. Heureusement, parfois, les bande-annonces donnent une image fidèle de ce que sont les films. En effet, il s'agit bien ici d'un long métrage drôle et sympathique, qui procure beaucoup de plaisir à celui qui aura la chance de le regarder. Et je ne dis pas ça à cause de l'affection tout particulière que je ressens pour Laure Calamy. L'intrigue d'Antoinette dans les Cévennes ne surprendra aucun de ceux qui ont vu sa bande-annonce. Mais l'histoire d'un film ne tient pas uniquement à ses péripéties. Elle tient aussi sur la profondeur de ses personnages, la sympathie qu'ils font naître, les petits à côté, les clins d'oeil, les troisièmes rôles... Dans ce film, tous ces petits éléments donnent à ce film une légère dimension supplémentaire, pour passer d'une bonne comédie à une comédie vraiment réussie. On rit bien sûr, mais on est aussi touché, voire ému parfois. On ne ressort pas de ce film en ayant mené une réflexion profonde sur le sens ultime de la vie. Mais on aura passé un excellent moment. - [ADOLESCENTES : L'histoire de la vie](https://julienbouffartigue.net/2020/10/08/adolescentes/) - Faut-il forcément une grande histoire pour faire un grand film ? La question anime les débats entre cinéphiles depuis toujours. Evidemment, la question se pose un peu différemment pour un documentaire. Mais on peut reformuler en disant... faut-il un grand sujet pour faire un grand documentaire ? Parler de la vie banale de deux jeunes adolescentes habitant Brive n'est peut-être pas un grand sujet. Mais ce qui est sûr, c'est que Adolescentes est un documentaire pleinement réussie, porteur d'une émotion étonnante et qui surprendra plus d'un spectateur. Que dire sur Adolescentes de plus qu'il s'agit d'un documentaire sur la vie de deux jeunes filles de l'obtention de leur brevet des collèges au début de leurs études supérieures. Rien ne les prédestine à vivre des aventures extraordinaires... et ce n'est au final pas le cas. Mais de la banalité naît en fait la plus grande des singularités. Celle qui fait de chacun d'entre nous un être différent. Une personnalité différente. Un parcours différent. Des aspirations différentes. Ce film nous montre à quel point la vie elle-même est digne d'intérêt. La notion d'humanisme prend ici tout son sens. Dans une simplicité absolue, qui démontre toute sa puissance. - [STRIPPED : La trilogie du vide](https://julienbouffartigue.net/2020/10/10/stripped-2/) - Je suis un cinéphile discipliné. Si ce n'était pas le cas, je ne serai sûrement pas allé voir Stripped, dont la teneur des critiques n'incitait pas vraiment à se rendre dans une salle obscure. Mais voilà, il s'agit du troisième et dernier volet d'une trilogie (avec Chained et Beloved, sortis en juillet) par le réalisateur israélien Yaron Shani. Sauf qu'au final, le lien entre les trois films est vraiment ténu, voire ici totalement anecdotique, et le concept de trilogie n'a pas vraiment de sens. Et surtout, ce film ne présente pas un grand intérêt et la forme n'aide pas le spectateur à prendre le moindre plaisir face au spectacle proposé. Dans Stripped (comme dans les deux précédents volets), les parties génitales des actrices et acteurs, et même la poitrine des actrices est floutée. Choix étrange et à mon sens passablement ridicule, quand les personnages ont par ailleurs souvent l'occasion de se dénuder, sans que ça soit toujours indispensable. Et surtout quand le film ne prend aucune précaution pour nous montrer de manière crue du vomi ou de la matière fécale canine. Ce n'est évidemment pas ce que l'on aurait retenu en premier si le propos s'était révélé par ailleurs enthousiasmant. Mais comme le sujet, pourtant d'une gravité extrême, est traité de manière grossière, avec une sorte de faux suspense qui frise le grotesque. Elle n'offre aucune réelle conclusion. La narration est terriblement maladroite. Bien au-delà en tout cas de ce qu'on peut pardonner. - [LUX AETERNA : Si Gaspar...](https://julienbouffartigue.net/2020/10/10/lux-aeterna/) - Un jour Gaspard Noé fera à nouveau un vrai film. Et ce jour-là, on verra ce qu'on verra. Car cet homme a bien du génie dans sa caméra. Un génie rare, qui rend sublimes des scènes à première vue anodines et donnent une force incroyable à ses scènes les plus élaborées. Chaque image est finement ciselée et même quand certaines d'entre elles tombent dans un excès parfois à la limite du supportable, on sent à quel point tout cela reste parfaitement maîtrisé. Cependant voilà, Gaspard Noé se contente de nous offrir des exercices de style. Particulièrement brillants certes, mais qui n'ont pas l'impact d'un vrai film. Lux Aeterna en est un nouveau. Lux Aeterna n'est même pas un long métrage. D'une durée de cinquante et une minutes, il est à ranger dans la catégorie des moyens métrages. Le voir distribué au cinéma tient sûrement à la période où le matériel manque pour faire vivre les écrans, mais témoigne tout de même du talent de ce réalisateur hors norme. Par contre, on peut lui reprocher de recycler ici beaucoup d'éléments déjà présents dans Climax, son dernier film. Ce manque de renouvellement nous rend beaucoup moins indulgents et l'impression de déjà vue douche quelque peu notre enthousiasme. - [UN PAYS QUI SE TIENT SAGE : Tempête subjective](https://julienbouffartigue.net/2020/10/11/un-pays-qui-se-tient-sage/) - Un documentaire se doit-il d'être totalement objectif ou bien peut-il être la démonstration d'un certain point de vue ? Cette question est importante pour savoir si on apprécie pleinement ou non Un Pays qui se Tient Sage. En effet, il s'agit d'un documentaire sur les violences policières survenues pendant l'épisode des Gilets Jaunes. S'il laisse la place à l'expression de plusieurs points de vue contradictoires, il est évident que le propos n'est pas de faire un bilan exhaustif des événements, mais bien de démontrer un usage disproportionné de la force. Mais qu'on soit d'accord ou non avec la thèse défendue, les réflexions qui sont menées ne manquent pas d'intérêt. Il y a une chose qui m'a cependant gêné dans Un Pays qui se Tient Sage. En effet, le documentaire est en fait une succession d'extraits d'entretiens menés avec différents acteurs, parfois seuls, parfois en confrontation avec un autre acteur. Mais le film n'indique pas qui sont les personnes qui parlent et donc à quelle titre elles s'expriment. Tout cela sera révélé à la fin, mais ne pas le savoir sur le moment est assez troublant. C'est un choix clairement volontaire auquel je n'adhère pas du tout. Cela prive le spectateur de la connaissance de certains biais dans l'objectivité des opinions exprimées. Je trouve le procédé pas forcément hyper honnête. - [A COEUR BATTANT : Loin du corps](https://julienbouffartigue.net/2020/10/13/a-coeur-battant/) - L'amour à distance est loin d'être la chose la plus facile à gérer, je peux en témoigner. Mais on se dit qu'avec les moyens modernes de communication, notamment les appels en visio, les choses devraient être plus faciles et permettre aux couples de vivre mieux ce genre de situation. Surtout que les publicités des opérateurs télécoms nous vendent à longueur de spots la proximité qu'ils sont capables de nous apporter avec les êtres chers qui se trouvent loin de nous. Nous auraient-ils menti ? La publicité serait-elle finalement parfois mensongère ? A Cœur Battant nous offre une réponse. Je ne peux évidemment pas exposer quelle la leçon finale que l'on peut tirer de cette histoire, sans en révéler le dénouement. Je dirais donc simplement que A Cœur Battant est une histoire d'amour. Une histoire d'amour contrariée par la distance mais que les deux protagonistes tentent tant bien que mal de faire vivre, surtout qu'il y a un enfant dans l'affaire. Le film ne s'arrête pas à la problématique de la distance. Il traite aussi de la difficulté de faire vivre une histoire malgré des nationalités et des cultures différentes, même quand elles ne sont pas si éloignées que cela. Au final, le film nous raconte une histoire presque ordinaire, mais à laquelle le cinéma n'a pas donné vie si souvent que cela. Ce film, à défaut d'être génial, semble combler comme un vide dans le panorama de la réalité actuelle que nous offre le septième art. - [JOSEP : En mémoire](https://julienbouffartigue.net/2020/10/14/josep/) - En allant au cinéma, on cherche le plus souvent avant tout à se distraire, à rêver, à s'échapper du quotidien en voyageant vers des mondes plus ou moins lointains. On peut aussi chercher à réfléchir, à se voir proposer une autre vision du monde ou exposer une thèse plus ou moins profonde. Enfin, parfois, le cinéma permet de se cultiver quand on ressort d'un film moins ignorant. Josep m'a ainsi permis de savoir qui est Josep Bartoli, artiste espagnol qui fut aussi l'amant de Frida Kahlo. Mais ce film, magnifique, m'aura aussi permet de rêver (un peu) et de réfléchir (beaucoup). Autant de raison pour l'aimer et l'apprécier à sa juste valeur. Josep permet aussi de découvrir un épisode sombre et méconnu de l'histoire de France, à savoir la manière dont notre pays a traité les réfugiés espagnols de la guerre civil. Le film le montre crûment et on comprend mieux pourquoi cela a été enfoui dans notre mémoire collective. La solidarité face à la cruauté reste d'ailleurs le thème principal du film, bien avant d'être le portrait de personnages et d'événements historiques. Le film est porteur de beaucoup d'émotions, que le contexte historique ne fait que renforcer. Tout cela donne vraiment une vraie puissance au propos de ce film, qui marque vraiment le spectateur. - [KAJILLIONAIRE : En famille](https://julienbouffartigue.net/2020/10/14/kajillionaire/) - Si forcément on s'attache à bien des personnages valeureux et courageux prêts à défendre le bien au péril de leur vie, on peut parfois considérer que ce sont les méchants qui donnent vraiment tout leur intérêt à une histoire. Du coup, on se demande ce qu'il y a de plus important pour réussir son scénario. Reste une troisième option qui permet de bénéficier à la fois de l'attachement et de l'apport d'intérêt... celui du anti-héros. Les personnages de Kajillionaire rentrent clairement dans cette catégorie, en version losers qui plus est. Mais la magie du cinéma et le talent de Miranda July feront que l'on finira par les aimer. Pour eux-mêmes, mais aussi parce qu'ils nous permettent de passer un très bon moment dans une salle obscure, plaisir devenu bien trop rare par ces temps qui courent. Quand on base un film quasiment entièrement sur ses personnages, comme c'est le cas avec Kajillionaire, deux options s'offrent à tout scénariste. Soit il cherche à les rendre immédiatement sympathiques pour permettre au spectateur de rentrer directement dans l'histoire. Soit au contraire, il ne dévoile pas immédiatement leurs meilleurs côtés, pour piquer la curiosité du spectateur. C'est un pari toujours un peu risqué, car rien ne garantit jamais qu'ils parviennent à gagner finalement le coeur de spectateurs partis sur un a priori négatif. Mais Miranda July y parvient parfaitement ici. Aussi parce que le scénario s'assimile ici à un récit d'apprentissage. Les personnages, enfin certains, ne seront pas les mêmes à la fin qu'au début. L'intérêt porté par le spectateur naît du chemin parcouru, dont on se demande où il pourra bien déboucher. Il finit par faire de ce film un "feel good movie" assez savoureux. - [YALDA, LA NUIT DU PARDON : Ciné réalité](https://julienbouffartigue.net/2020/10/17/yalda/) - L'Iran est un pays absolument fascinant. Pas que pour de bonnes raisons mais cet état de fait donne aux films iraniens un supplément d'intérêt d'emblée. Ce qui est frappant est ce mélange de rejet total des valeurs occidentales... et une imprégnation par ces dernières malgré tout. Ce contraste souligne l'hypocrisie d'un régime répressif qui a échoué sur bien des plans. Yalda, la Nuit du Pardon en livre un merveilleux exemple. Où quand les lois islamiques rencontrent la télé-réalité. Le principal intérêt de Yalda, la Nuit du Pardon vient bien du fait qu'il relate des faits réels et nous livre donc une vision, sans doute un rien romancée, de la réalité de la société iranienne. Car au-delà de ça, le film se heurte à de sérieuses limites. En effet, les circonstances relatées auraient du permettre de faire naître une tension psychologique entre les personnages profonde, intense et subtile. Le propos reste malheureusement un peu trop caricatural et superficiel pour être vraiment passionnant. L'intrigue se contente de faire naître un suspense purement mécanique et quelque peu sans âme. - [LA FEMME QUI S'EST ENFUIE : Le sujet qui s'est enfui](https://julienbouffartigue.net/2020/10/17/la-femme-qui-s-est-enfuie/) - J'aime assez passionnément le cinéma coréen pour beaucoup de raisons. Il a depuis longtemps trouvé son chemin jusqu'aux écrans hexagonaux et chaque année, j'ai de quoi satisfaire cette affection particulière. Depuis le succès assez phénoménal de Parasites, leur présence à l'affiche s'est encore renforcée. Mais force est de constater que tout n'est pas bon dans le 7ème art du Pays du Matin Calme. Pour preuve, la Femme qui s'est Enfuie, dont je cherche encore le sens et l'intérêt profond. Rien que par son titre, on peut se douter que ce film est un film portrait (et accessoirement celui d'une femme). Mais la Femme qui s'est Enfuie passe une partie de sa durée, pourtant relativement courte, à faire des digressions sur des péripéties anecdotiques des personnages secondaires. Du coup, le portrait central manque foncièrement de profondeur et j'aurais bien du mal à exposer clairement ce que Hong Sang-soo a voulu nous dire à travers cette histoire. Cela ne semble pas seulement vide ou creux, le propos semble tout simplement inexistant. - [MATERNAL : Bonjour les enfants](https://julienbouffartigue.net/2020/10/17/maternal/) - Bizarrement (ou pas bizarrement d'ailleurs, mais il fallait bien que je commence ma critique par un mot... alors pourquoi pas celui-là), les couvents et les monastère se prêtent particulièrement bien à devenir des décors de cinéma. Il y a clairement une surreprésentation de ces derniers par rapport aux nombres de personnes qui y habitent dans la vraie vie. Mais tant que cela donnera de très bons films, personne ne s'en plaindra. Et certainement pas ceux qui ont été voir Maternal, qui nous emmène dans un couvent de Bueno Aires qui accueille des jeunes filles mères sans ressources. Une jolie réflexion sur le désir d'être parent. Maternal nous offre un triple portrait. Trois jeunes femmes au parcours et à la personnalité très contrastés. Chacune d'elle touche le spectateur d'une façon différente et c'est tout ce qui fait la richesse de ce film. Le scénario n'a rien de contemplatif et les portraits se dressent à travers une vraie tension narrative et psychologiques et quelques péripéties et rebondissements. On n'est parfois pas si loin que cela du polar. L'histoire présente le grand mérite de nous pousser au final à la réflexion et à poser son propre jugement sur chacune des protagonistes. Le propos ne prend pas partie pour l'une ou l'autre, mais nous donne toute les clés pour se faire sa propre opinion. Si on se prête au jeu, cela donne un réel supplément d'intérêt au film. - [LUPIN III : THE FIRST : Nostalgie de haut vol](https://julienbouffartigue.net/2020/10/18/lupin-iii-the-first/) - La nostalgie est un allié puissant des professionnels du marketing ou des auteurs en manque d'inspiration. Il est de bon ton de dénoncer les recyclages d'idées qui ont marqué les années 80 et la jeunesse de ma génération comme étant de l'indigence artistique uniquement motivée par l'appaît du gain. Mais devons-nous vraiment nous plaindre ? Si la nostalgie marche aussi bien, c'est avant tout parce qu'elle nous fait du bien. Et y-a-t-il vraiment du mal à se faire du bien ? Donc pourquoi bouder son plaisir de voir arriver sur nos écrans une version modernisée de Lupin (Edgar à l'époque, pour des questions de droits d'auteur) avec Lupin III : The First. Surtout que le résultat est plutôt sympathique. Un an et demi après la ressorti sur grand écran du Château de Cagliostro, un film de 1979 tiré de la même série, mais surtout premier long métrage réalisé par Hayao Miyazaki, voici une version cette fois-ci totalement contemporaine de ce personnage né à la fin des années 60 et qui se veut un descendant japonais de notre Arsène Lupin national. Lupin III : The First n'a certainement pas le même charme, mais son principal protagoniste en possède suffisamment pour continuer à nous séduire. Le film est parfaitement respectueux de l'esprit du manga original, avec ses nombreux personnages secondaires tout aussi délicieux. - [A DARK, DARK MAN : Welcome in Kazakhstan !](https://julienbouffartigue.net/2020/10/19/a-dark-dark-man/) - L'avantage avec le cinéma est qu'on peut voyager depuis un fauteuil pour un prix modique (enfin surtout quand on a une carte d'abonnement). On y voit des pays merveilleux que l'on aurait envie de visiter pour de vrai, quand le virus cessera de nous empêcher de voyager librement. Mais il nous fait découvrir aussi des destinations dont on se passera volontiers, même si les paysages y valent le coup d'œil. Ainsi, A Dark, Dark Man n'est pas le meilleur film de promotion pour faire du Kazakhstan une destination touristique en vogue. Même Borat en donne une meilleure image. Il nous reste plus alors qu'à apprécier un film noir, qui souffre malheureusement de quelques défauts. A Dark, Dark Man nous raconte une histoire finalement extrêmement classique. Celui d'un flic qui finit par se rebeller face à un système totalement corrompu. Cette histoire a été racontée à de maintes reprises à d'autres époques, d'autres contextes et d'autres pays. Seul le côté relativement exotique et rarement exploré par le 7ème art du décor lui donne un caractère inattendu. Et il faut bien admettre que cette histoire a été souvent racontée de manière plus réussie. En effet, la narration est lente et on flirte quand même assez souvent avec l'ennui. Si finalement, les personnages intriguants et la curiosité inspirée par les lieux nous en préservent de justesse, tout cela ne se montre pas suffisant pour réellement nous enthousiasmer. - [DRUNK : A notre santé !](https://julienbouffartigue.net/2020/10/20/drunk/) - L'alcool ne résout pas les problèmes... Ceci dit l'eau et le lait non plus. Voici un adage plein de sagesse que le film Drunk incite à méditer autour d'un bon verre. En tout cas, pour revenir à un propos plus sérieux, il s'agit d'un film d'une remarquable intelligence qui pousse à la réflexion, sans jamais laisser la moindre place à l'ennui. Un film qui étanchera la soif des spectateurs les plus exigeants. Et le gosier de ces derniers est souvent à sec en ce temps de quasi disette cinématographique. On est au final très heureux que Thomas Vintenberg ait décidé de remplir nos verres. Drunk est typique des films qui ont un petit truc en plus qui les rendent vraiment marquants. Cela les rend souvent inclassable car ils proposent bien trop de contenu pour ne tenir que dans une seule boîte. Il est plus qu'une chronique d'une bande de copains, plus qu'une comédie des moeurs, plus qu'une comédie tout court et plus qu'un drame. C'est une histoire au point de départ quelque peu inattendu mais qui en dit beaucoup sur la nature humaine et notre société. Pas de grands discours, mais un propos subtil, profond et pertinent. Rien que ça ! - [THE LOVES OF YOUR LIVES (Hamilton Leithauser), OCCASIONAL RAIN (Bob Stanley et Pete Wiggs), FUNS COOL (The Prettiots) : Triple bonheur](https://julienbouffartigue.net/2020/10/21/funs-cool/) - On commence cet avis musical avec l'artiste américain Hamilton Leithauser et son album The Loves of Your Life, sorti cette année. On y découvre une voix qui domine des instrumentations épurées. Dans le premier titre, il semble prendre à parti l'auditeur. La suite sera plus posée et réellement séduisante. On découvre un vrai univers personnel. Rien de vraiment spectaculaire, mais de la maîtrise et de la variété et surtout l'impression que chaque titre raconte une histoire différente. Un album vraiment solide du début à la fin. Bob Stanley et Pete Wiggs sont deux membres du trio anglais Saint Etienne. Mais pour Present Occasional Rain, ils ne sont que deux et signent donc cet album sous leur nom. La musique rappelle le rock classique des années 60. La production est vraiment impeccable et on a parfois l'impression d'écouter une compilation de faces B (puisqu'on ne connaît les titres). La qualité est constante. L'album se laisse écouter avec un vrai plaisir, même s'il ne comporte pas de tubes en puissance. - [L'APRES-MIDI BLEU (William Boyd) : Dans les limbes](https://julienbouffartigue.net/2020/10/24/l-apres-midi-bleu/) - Il est des œuvres dont on pourrait écrire la critique, même des années après les avoir lues ou vues, tant elles vous ont marqué. On oublie alors sans doute toujours quelques détails, mais pas l'essentiel, qui reste gravé profondément dans son imaginaire personnel. Et puis, il y en a d'autres que l'on oublie en quelques jours. Si vous devez en écrire la critique, il vaut mieux le faire très rapidement, avant que les détails et l'essentiel s'échappent de concert de votre esprit. Ayant voulu rattraper mon retard en termes de critiques cinématographiques, j'ai tardé à écrire celle de L'Après-midi Bleu de William Boyd. Et j'avoue qu'il n'en reste plus grand chose. Mais je vais tout de même faire au mieux. En se concentrant un peu, des impressions demeurent. L'impression d'être entrée assez facilement dans le roman, lors d'une première partie plutôt bien menée. Mais on découvre vite que cette première partie ne sert finalement pas à grand chose. L'essentiel du récit sera en fait un long flash-back, les événements dans le présent tenant plus de l'anecdote. Et là, j'avoue que je n'ai pas trouvé d'intérêt débordant dans ce que l'Après-midi Bleu raconte. Une histoire d'amour contrariée dans la bonne société des Philippines au début du XXème siècle. Même les aspects historiques et exotiques ne parviennent pas à vraiment raviver la flamme du récit. - [L'AGENCE N°1 DES DAMES DETECTIVES (Alexander McCall Smith) : Bienvenue au Botswana](https://julienbouffartigue.net/2020/10/25/l-agence-n-1-des-dames-detectives/) - Quand on pense détective privé, on imagine rapidement un bureau dans les bas-fonds new-yorkais ou éventuellement quelque part à Paris. Dans tous les cas, on pense à une grande ville du monde occidental... et le plus souvent à un homme. Mais certainement pas à une femme... du Botswana. Mais pourquoi pas au fond ? Si vous n'êtes toujours pas convaincu, il faut lire au plus vite L'Agence N°1 des Dames Détectives de Alexander McCall Smith, un recueil des trois premières aventures de Precious Ramotswe. Des aventures qui font voyager le lecteur, mais qui frustreront quelque peu les amateurs de polar pur et dur. Les trois romans rassemblés dans L'Agence N°1 des Dames Détectives ne sont en fait qu'à la marge des histoires de détectives. En effet, l'aspect enquête constitue avant tout un prétexte pour nous faire découvrir des personnages hauts en couleur et le plus souvent attachants. Pas de grand suspense, ou de serial killer. Le récit traite avant tout de la vie privée des protagonistes et des conséquences que leur statut de détective peut avoir. Le tout est sympathique, sans être profondément passionnant. Les intrigues manquent un peu de corps et d'épaisseur. Les romans se situent plus proches du sitcom que du grand récit policier. - [CINEMA](https://julienbouffartigue.net/2009/08/14/cinema/) - MES FILMS PREFERES AUDREY HEPBURN STAR WARS - [CERTAINS L'AIMENT CLOS (Laurent Martin) : Vrai polar](https://julienbouffartigue.net/2020/11/01/certains-l-aiment-clos/) - Laurent Martin est un vrai auteur de polar. Son roman l'Ivresse des Dieux a même été primé. Il avait donc toute légitimité pour signer un épisodes du Poulpe, ce personnage qui n'appartient à personne, dont chaque aventure est signée par un auteur différent. Certains l'Aiment Clos est un des meilleurs que j'ai eu l'occasion de lire et je commence à en avoir lu un certain nombre. En tout cas, c'est un des volumes qui s'apparente le plus à un vrai polar, en suivant les codes les plus classiques de ce genre littéraire. Peut-être pas le plus original donc, mais clairement un des mieux écrits. Certains l'Aiment Clos est un huis-clos classique (d'où le titre) où de nombreux personnages sont enfermés et voient certains d'entre eux mourir les uns après les autres. Situation indémodable qui ne se démode pas puisque le récit est plaisant à lire. Le décor, un monastère, est lui aussi du déjà vu, mais là aussi il s'avère très efficace. Le tout fonctionne très bien, puisque l'on retrouve par ailleurs tout l'esprit de ce personnage, un peu cynique et désabusé. Un Poulpe qui revient donc aux fondamentaux, du polar et de la série elle-même, pour un épisode convaincant. L'intrigue se déroule avec beaucoup de maîtrise, parvenant à ménager un vrai suspense qui nous tient en haleine. - [MICHEL-ANGE : Sous le marbre](https://julienbouffartigue.net/2020/11/01/michel-ange/) - Trouver un titre pour une œuvre représente toujours un exercice difficile, qui peut avoir un impact non négligeable sur son succès. Et puis, il y a les biopics. Là, on n'a pas forcément beaucoup de questions à se poser. Certes, on peut opter pour un surnom, comme pour la Môme, mais le plus simple reste de donner au film le nom de celle ou celui dont on raconte la vie comme titre. Ainsi, sans aucune surprise ou originalité, Michel-Ange nous raconte tout simplement la vie de Michel-Ange. Et je parle bien de l'artiste de la Renaissance, pas de la Tortue Ninja (au cas où quelque aurait un doute). Techniquement, Michel-Ange n'est pas totalement un biopic. En effet, il ne nous raconte pas la vie de ce génie, mais simplement un épisode de son existence. Mais à travers celui-ci, on fait connaissance avec sa personnalité torturée et surtout on découvre un vrai panorama d'une époque. Le scénario est d'une grande richesse et parvient de manière très intelligente à nous livrer une vraie leçon d'Histoire à partir d'une histoire (combien même, ce n'est pas celle de n'importe qui). Toute personne s'y intéressant, que ce soit celle de l'art mais aussi politique, trouvera dans ce film un réel intérêt. - [EMPTY HORSES (Tobin Sprout), BY THE FIRE (Thurston Moore), NASHVILLE TEARS (Rumer) : Si douce torpeur](https://julienbouffartigue.net/2020/11/04/nashville-tears/) - Tobin Sprout est un artiste américain, né en 1955, mais qui aura attendu d'avoir 51 ans pour sortir son premier album solo. Empty Horses, sorti cette année, est son huitième. Il nous livre de l'indie rock (selon Wikipedia, je n'ai jamais bien compris ce que ça recouvrait exactement) très classique, porté par sa voix agréable et sympathique, sans être pour autant exceptionnelle. Le résultat est propre, se laisser écouter. Les accompagnements sont souvent très sobres, mais variées, alternant les instruments. Un album léger qui s'écoute tout seul avec un certain plaisir. On poursuit avec un artiste dont j'ai déjà parlé ici, un autre américain, à peine plus jeune (né en 1958), Thurston Moore, et son album By the Fire. Il est surtout connu pour avoir été le leader du groupe Sonic Youth. L'album commence par une longue instrumentation qui nous fait rentrer progressivement dans son univers. Il donne le ton pour le reste... mais aussi un aperçu de ce qui finira par clocher. Son rock, parfaitement maîtrisé, est un rien sombre. Au final, il finit par un peu se perdre dans ces longs instrumentaux qui finissent par lasser. Pourtant, exception de cela, la qualité est constante, même si rien n'est jamais totalement enthousiasmant. - [COMPTINES ASSASSINES (Pierre Dubois) : Contes pour adultes](https://julienbouffartigue.net/2020/11/05/comptines-assassines/) - Les contes sont faits pour être racontés aux enfants avant de s'endormir. Mais en les modifiant quelque peu, on peut en faire des histoires pour ces grands enfants qu'on appelle des adultes. C'est ce à quoi s'amuse Pierre Dubois qui, après Les Contes de Crimes, a signé Comptines Assassines. Un second recueil de nouvelles qui détournent certaines contes très connus, ou du moins leurs personnages principaux, pour nous livrer des histoires peuplés de morts sanglantes et d'assassinats en règle. L'exercice est sympathique, mais assez inégal. La plus grande qualité des Comptines Assassines est la variété des récits. Ils sont de longueur et de contenu varié. Ils ont tous le double points communs du lien avec les contes et les meurtres qui les peuplent, mais tout cela est décliné de manière variée. Certaines nouvelles sont savoureuses, titillant la curiosité du lecteur du début à la fin. D'autres sont plus ternes. Il est dommage d'ailleurs que l'ultime histoire du recueil soit la plus longue... et moins convaincante. Bon pour le coup, c'est peut-être simplement moi qui n'ai rien compris, mais je suis sorti de ce livre sur une mauvaise note. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 34 : Régionales 2015 : la machine à perdre](https://julienbouffartigue.net/2020/11/08/tout-ca-pour-ca-episode-34/) - Je vous ai parlé à de nombreuses reprises dans cette chronique de cet objet étrange qu'est une fédération au Parti Socialiste. Un truc qui prend beaucoup d'énergie et de temps aux militants les plus investis, sans servir à grand chose au fond. Constituer la liste des candidats pour les élections régionales constitue un des rares moment où elles jouent un vrai rôle. Et c'est bien pour ça que la majorité fédérale sortante avait tout fait pour renforcer son emprise sur les instances, en se comportant de la pire des façons et profitant d'une certaine naïveté de la part de notre collectif hollandais. Quand les discussions débutent, nous comprenons vite que nous allons avoir un problème. En effet, parmi les élues sortantes, trois appartiennent à notre motion. Une a vendu son soutien à majorité hamoniste au moment du congrès. Une est candidate largement hors sol, mais qui bénéficie d'importants soutiens au niveau national. L'autre fait pleinement partie de notre collectif, mais certains s'en méfient (l'histoire leur donnera largement raison). A cela, s'ajoute la volonté légitime d'une des militantes les plus méritantes qui soient, qui n'a rien à envier à personne intellectuellement et moralement, de voir son travail dans l'ombre depuis des années enfin récompensé. Or, le rapport de force issu du Congrès ne nous permet pas d'espérer autant de places éligibles (à l'époque on espère encore légitimement remporter la victoire) pour les femmes. Il faudra donc choisir. Au sein de la motion, mais aussi donc au sein de notre collectif. Les négociations s'annoncent difficile, puisque nous n'avons strictement aucun moyen de pression. La majorité n'a pas besoin de nous pour faire adopter la liste qu'elle aura choisi et à remplir les places réservées à notre motion avec des candidats qui lui plaisent. Quiconque a déjà mené une négociation dans ces conditions sait qu'il ne s'agit pas vraiment d'une négociation. - [BLUE HEARTS (Bob Mould), ALICIA (Alicia Keys), HOUSE FOR SALE (It's Immaterial) : Débuts difficiiles](https://julienbouffartigue.net/2020/11/11/alicia/) - On commence cet avis musical par un artiste américain de 60 ans, Bob Mould, qui a été le leader de plusieurs groupes punk. Mais, il s'est un peu calmé avec l'âge, mais à peine. Pour preuve son album solo, sorti cet année, intitulé Blue Hearts. Il s'ouvre sur une titre presque doux avec simplement la voix et une guitare. Le reste sera plus rock, voire très rock. C'est bordélique, plein d'énergie (comme du punk), mais cette dernière se révèle pas ici particulièrement communicative. Mais après ce début basique et sans grand intérêt (on dirait du Pearl Jam, mais sans évidemment la voix unique d'Eddie Vedder), la suite est plus maîtrisée et se laisse finalement écouter. Un album inégal donc, non indispensable, mais dont on ne peut nier les qualités. On poursuit avec une grande star, Madame Alicia Keys et son dernier album sobrement intitulé Alicia. Les débuts sont hésitants, en retrait. Mais très vite, on profite enfin pleinement de sa très belle voix. La musique est douce, pleine de maîtrise et de conviction. Certains titres savent aussi se montrer entraînants. Cela coule tout seul avec beaucoup de plaisir. La qualité reste constante et élevée, même si l'album ne comporte aucun tube en puissance. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 35 : Présidence déchue](https://julienbouffartigue.net/2020/11/13/tout-ca-pour-ca-episode-35/) - Certains événements ont tellement marqué la conscience collective, que tout le monde, ou presque, est capable de vous raconter où il était, ce qu'il faisait et avec qui ce jour là. Ils peuvent être des événements joyeux comme la victoire de la France en 1998 ou bien des drames terribles. Pour ces derniers, les attentats terroristes occupent une place à part. 11 septembre, Charlie Hebdo et le 13 novembre 2015... autant de moments dont tout le monde se souvient. Pour cette dernière date, je me souviens parfaitement avoir appris qu'il se passait quelque chose à une terrasse. Heureusement pour moi, je me trouvais à Montparnasse. Pas là où le sinistre commando œuvrait. Je me souviens très bien d'avoir entendu à la télévision les premiers mots de François Hollande. C'était ceux d'un homme tout simplement. Un homme qui avait bien du mal à ne pas être submergé par une émotion terrible. Devenir Président de la République demande une capacité à se glisser dans une armure hermétique. Parfois, le costume devient trop lourd à porter. Mais il n'est jamais loin. Quelques minutes plus tard, alors qu'il arrive sur les lieux du drame, le ton a radicalement changé. Il est froid, dur et déterminé. Ce n'est plus celui d'un concitoyen partageant la même détresse, mais celui d'un chef dont la force doit être capable de nous guider. Ce sentiment de communion de la Nation autour du chef de l'Etat durera quelques temps. Mais ce genre d'élan ne peut jamais se prolonger éternellement. Le lundi 16 novembre, quand François Hollande s'exprime devant le Congrès, il est encore bien présent. C'est pourquoi, tous les parlementaires, toutes tendances confondues, finissent le discours debout pour l'applaudir. Je ne veux pas douter de la sincérité de ce moment où tout autre attitude aurait paru déplacée. Mais certains d'entre eux n'avaient-ils déjà pas à l'esprit la séquence pathétique qui allait suivre ? - [SHIBUMI (Trevanian) : Inculte](https://julienbouffartigue.net/2020/11/13/shibumi/) - Pourquoi une œuvre culte ou acquière le rang de classique ? Par sa qualité bien sûr, mais aussi son succès commercial. Par sa place dans la littérature d'espionnage, Shibumi de Trevanian, un roman qui a un très bel âge (c'est à dire le mien), peut prétendre à ce statut. Je confesse que j'ignorais totalement son existence avant que l'on me l'offre. Mais il n'est jamais trop tard pour parfaire sa culture. Cependant, si l'œuvre n'aura pas le même statut dans ma bibliothèque personnelle. Je n'ai pas trouvé que Shibumi est un mauvais roman, loin de là. Déjà parce qu'il est remarquablement bien écrit. Si le style est toujours difficile à juger dans le cadre d'une traduction, la plume de Trevanian est vraiment exceptionnelle, surtout pour un roman de ce style. L'histoire est aussi d'une grande originalité. Il s'agit d'une dystopie, dont le récit se situe entre le roman d'apprentissage, le portrait et la réflexion philosophique. Le tout donnant un roman d'espionnage. Une œuvre assez singulière pour sortir vraiment du lot. Toutes ces caractéristiques expliquent largement son succès. - [PROTEAN THREAT (Osees), WORKING MEN'S CLUB (Working Men's Club), OHMS (Deftone) : Variété décevante](https://julienbouffartigue.net/2020/11/15/ohms/) - Osees est un groupe de rock américain difficile à suivre. En effet, il change régulièrement de nom, de composition et explore des univers musicaux différents. Protean Threat est sorti en 2020 et nous plonge dans un univers rock électro relativement bordélique. La musique n'est ni harmonieuse, ni entraînante et les mélodies sont saccadées et mécaniques. Il y a un vrai travail sur les sonorités, différentes d'un titre à l'autre et souvent étranges. Mais le résultat est plus désagréable que vraiment créatif. La variété reste la seule réelle qualité car le reste est très basique. Working Men's Club est un groupe anglais qui a sorti un album du même nom. On se retrouve dans un son électro qui sent bon les années 80. Mais le résultat s'avère lancinant et tristounet. Certes, les instrumentations et les sonorités sont souvent très élaborées. Et on peut leur reconnaître une réelle maîtrise artistique qui permet aux différents titres de ne pas se ressembler. Par contre, on ne retrouve pas cette variété au sein des titres qui sont tous extrêmement répétitifs. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 36 : Fin de règne](https://julienbouffartigue.net/2020/11/16/tout-ca-pour-ca-episode-36/) - Après les élections régionales et la déchéance de nationalité, le moral des militants socialistes ne se situent pas au beau fixe en ce début d'année 2016. L'échéance électorale de l'élection présidentielle se rapproche à grande vitesse et rien ne vient laisser penser que le quinquennat pourra être sauvé. Le dernier clou sera mis par la Loi Travail. J'ai beau être me situer sur l'aile droite (même si je récuse ce titre) du PS au niveau économique, il faut avouer que défendre cette initiative pouvait difficilement être défendu avec cœur et enthousiasme par un militant socialiste. 2016 restera pour moi une belle année d'un point de vue personnel. Celle d'un grand changement dans ma vie qui va venir bouleverser ma vie de militant. Depuis septembre 2015, je me rends tous les lundis matin dans les locaux de l'association de anciens de mon école d'ingénieur pour suivre une « formation » pour chercher efficacement un nouveau travail. Dans ma tête, le changement est donc désormais inéluctable. Il intervient au printemps, où je change d'emploi. Un nouveau job situé en plein Paris et m'offrant un salaire qui me donne les moyens de réaliser un vieux projet de vie : vivre enfin dans la capitale intra-muros. Cette dernière étape n'interviendra qu'en septembre. Mais je l'ai en ligne de mire depuis septembre 2015. Je le garde pour moi, tant que le changement ne se concrétise pas, mais je vis désormais tout avec un certain détachement. L'histoire du PS de Viroflay et des Yvelines s'écrira bientôt sans moi et je le sais. Alors je me sens de moins en moins concerné, avec une envie de moins en moins forte de m'investir pour résoudre les difficultés qui surviennent. Mon univers militant est de plus en plus mal en point et je sais que je ne ferai pas grand chose pour y remédier. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 37 : La fin d'une vie](https://julienbouffartigue.net/2020/11/20/tout-ca-pour-ca-episode-37/) - En août 2016, ma période d'essai vient de se terminer. Je suis donc en mesure de mettre en oeuvre la dernière étape de mes envies de changement. Je me mets donc en recherche d'un appartement sur Paris... que je trouve à ma première visite. Je suis plutôt chanceux pour le coup. Mais une fois le préavis donné et le bail signé, une course contre la montre commence. Beaucoup de démarches, beaucoup de cartons et un coup de fil à passer. Auparavant, je n'avais jamais appelé le Maire de Viroflay au téléphone. Il n'a jamais eu rien à craindre de moi et moi, jamais rien à espérer de lui. Nous nous sommes toujours témoignés une forme d'indifférence. J'ai mené une campagne municipale, sans jamais l'évoquer et je n'ai jamais fait de politique pour le plaisir d'être son opposant. Ce jour là pourtant, je suis sur le balcon de mon bureau pour lui annoncer que je m'apprête à lui envoyer un courrier de démission du Conseil Municipal. L'échange sera court et sans affect. Je ne me souviens plus très bien du moment où j'ai prévenu mes camarades de mon départ. Je crois bien que c'est avant de trouver un appartement, peut-être même avant l'été. En tout cas, en le faisant, je me libère d'un poids. Je peux enfin arrêter de mentir, même si c'est mentir par omission. Les réactions sont bienveillantes. Il faut dire qu'une des différences entre la gauche et la droite à Viroflay tient aussi dans le rapport à la ville. Un des objectifs des élus de la majorité, rappelés sans cesse, étaient de permettre à leurs enfants d'y habiter (vaut mieux nos enfants, que des pauvres dans les logements sociaux...). Notre objectif était de permettre à nos enfants d'accomplir leurs rêves, qui passent souvent par un autre horizon que cette ville parfois désespérément calme... - [SONGS (Adrianne Lenker), VIOLET VENT BACKWARDS OVER THE GRASS (Lana Del Rey), LETTER TO YOU (The Boss) : Still the Boss](https://julienbouffartigue.net/2020/11/21/letter-to-you/) - On commence avec une chanteuse-compositrice américaine d'un peu moins de trente ans, mais qui compte déjà cinq albums solo à son actif, ainsi que quatre autres avec son groupe Big Thief. Adrianne Lenker n'est donc pas du genre à traîner en route. Cette année, elle nous a proposé Songs. Les débuts sont hésitants. Sa petite voix se pose sur une mélodie très simple. Elle murmure plus qu'elle ne chante et le tout s'avère répétitif. Puis, la voix se fait plus claire dans les titres suivants. La musique est douce, sonnant parfois comme une berceuse enfantine. Elle crée une réelle intimité avec l'auditeur. Sa voix originale attire vraiment l'attention, même si cela ne fait tout de même pas totalement oublié une certaine monotonie. On retiendra tout de même le joli titre Zombie Girl. On poursuit avec le dernier album d'une immense star Lana Del Rey. Violet Bent Backwards Over the Grass est avant tout le premier recueil de poésies qu'elle a publié. Elle en a fait également un "album" du même nom. S'agit-il vraiment de musique ? Certes, elle récite ses poèmes sur une petite mélodie qui l'accompagne, mais elle ne chante pas. Elle récite. Cela a quelque chose de très mélodieux malgré tout. Difficile de juger réellement la qualité des textes, mais ils sonnent tout de même agréablement aux oreilles. - [RIEN NE VA PLUS CHEZ LE SPELLMAN (Lisa Lutz) : Ils sont de notre famille](https://julienbouffartigue.net/2020/11/22/rien-ne-va-plus-chez-les-spellman/) - Certaines familles qui peuplent notre imaginaire et les fictions qui nous ravissent finissent par ressembler à la nôtre. On a plaisir à la retrouver, même pour des occassions anodines. Je suis tombé amoureux de la famille Spellman dès les premières pages du premier volet de leurs aventures. Certes, les différentes suites n'ont jamais été du même niveau, mais ce n'est pas pour ça que je ne me suis pas montré heureux de les croiser à nouveau. Rien ne Va Plus chez les Spellman n'est certainement pas un grand roman. Mais ce n'est pas pour ça qu'il ne ravira pas les amateurs de cette série. La plus grande limite à laquelle se heurte Rien ne Va Plus chez les Spellman est l'aspect assez famélique de trame narrative sous-jacente. Certes, dans cette série qui met en scène une famille de détectives, ce ne sont jamais les enquêtes en elle-même qui constituent le principal sujet d'intérêt. Les romans reposent tous avant tout sur les relations entre les personnages. Et celles-ci ne sont pas simple, chaque membre de cette tribu ayant son grand grain de folie. Le ton est celui de l'humour, jamais celui du polar. Mais précédemment, il y avait tout de même toujours un petit fil rouge de cette nature. Là quasiment pas. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 38 : Orphelin politique](https://julienbouffartigue.net/2020/11/29/tout-ca-pour-ca-episode-38/) - Nouveau boulot, nouvelle ville, nouvelle appart... en gros nouvelle vie. Et par la même occasion nouvelle Section. Si mon PS viroflaysien a toujours été paisible et convivial, je quitte une fédération des Yvelines en feu, marquée par une violence des rapports entre les forces militantes que je ne regrette pas le moins du monde. On peut même dire que je suis heureux de la quitter en espérant ne plus jamais avoir à militer dans une telle ambiance délétère. Cependant, mon arrivée à Paris correspond à la période des désignations au PS pour les élections législatives et sénatoriales. Le député sortant est Daniel Vaillant. Il occupe ce mandat depuis 1988 (avec quelques interruptions). Il a aussi été maire de l'arrondissement de 1995 à 2014. Autant dire que ce n'est pas n'importe qui. A bientôt 70 ans, on lui a fait comprendre qu'il est temps de passer la main. Mais il rechigne. Pour faire passer la pilule, on lui promet en échange d'un renoncement une place éligible sur la liste PS des sénatoriales. Le timing des événements va proposer un scénario dont seul le PS a le secret. La date limite des dépôts de candidature à la candidature pour la députation est atteinte avec une seule d'enregistrée, ce qui aurait dû permettre de régler la question de la succession sans heurt. Le lendemain, le Conseil Fédéral se réunit et annonce la liste pour les sénatoriales. Daniel Vaillant en est absent. Il crie à la trahison et annonce sa volonté de briguer malgré tout un nouveau mandat de député. Mais les statuts du PS ne lui permettent pas de le faire sous cette étiquette, la date butoir pour la valider à travers le vote des militants étant passée. - [ACCESS DENIED (Asian Dub Foundation), ELLA - THE LOST BERLIN TAPES (Ella Fitzgerald), SUNDOWNER (Kevin Morby) : L'élégance incarnée](https://julienbouffartigue.net/2020/11/30/ella-the-lost-berlin-tapes/) - On commence par un groupe tout droit venu des années 90, le temps où le mot fusion ne parlait pas qu'aux amateurs de physique nucléaire. Asian Dub Foundation revient cette année avec un album intitulé Access Denied. La première partie est excellente. Le groupe mord vraiment dans ses morceaux. C'est un joyeux bordel, mais on le sent totalement maîtrisé. Le flot des paroles ressemble à une lame de rasoir. Le titre qui a donné son nom à l'album se révelle vraiment excellent, avec des passages chantés sur un air de guitare, montrant la polyvalence du groupe. Puis, le groupe perd quelque peu le fil et le bordel se transforme en une sorte de magma quelque peu informe. Les paroles sont remplacées par de longs instrumentaux, pas toujours hyper intéressants. La fin repart sur de meilleures bases, mais reste nettement plus transparente que le début. On enchaîne avec un véritable bijou. Une session live d'Ella Fitzgerald, intitulé Ella – The Lost Berlin Tapes. On est immédiatement saisi par la voix au timbre unique et d'une incroyable classe. Sa musique jazz est d'une élégance folle. C'est un régal pour les oreilles. On le sent particulièrement sur son interprétation de Cry Me a River, titre auquel son immense talent donne toute sa dimension. Chaque titre est un enchantement et que dire de l'album dans son ensemble ! - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 39 : Les primaires si moyennes](https://julienbouffartigue.net/2020/12/08/tout-ca-pour-ca-episode-39/) - François Hollande avait pleinement bénéficié de la dynamique insufflée par les primaires pour être élu Président de la République. Cinq ans plus tard, au moment de renouveler la démarche, l'ambiance et les perspectives n'ont plus rien à voir. Il ne s'agit plus de battre un Président sortant impopulaire. Il ne s'agit plus de primaires organisées par un parti politique qui a enchaîné les victoires aux élections locales pendant dix ans. Il s'agit d'une tentative un peu désespérée de recoller les morceaux au sein d'une gauche en lambeaux. Le résultat s'avérera totalement inverse, mais à l'heure de préparer l'organisation des primaires citoyennes, les militants PS gardent malgré tout un petit fond d'espoir. La question de la participation éventuelle à des primaires du Président sortant s'étant réglée toute seule, il reste celle de leur périmètre exact. Pendant longtemps, le PS a espéré organiser des primaires "de Macron à Mélenchon". Je ne sais pas si quelqu'un a un jour vraiment cru à cette éventualité. Mais afficher cette volonté ne coûtait pas grand chose. La participation de deux leaders politiques ayant bâti leur mouvement en siphonnant un côté et l'autre du PS aurait pu paraître incongrue. Pourtant, je reste persuadé que l'un ou l'autre aurait peut-être été finalement élu Président s'il l'avait fait... Mais qu'est ce que je raconte ? Emmanuel Macron a été élu Président de la République ! Certes... l'histoire oublie cependant souvent que sans le bénéfice qu'il a tiré de l'affaire Fillon, il n'aurait certainement pas remporté l'élection, faute d'une base fidèle et militante suffisante. Je maintiens donc mon propos... Sur lequel je reviendrai dans le prochain et ultime épisode de ce récit. En attendant, les primaires ont lieu sans lui et sans le leader de la France Insoumise. Parmi les candidats sur la ligne de départ, trois favoris : Manuel Valls, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. - [HEY CLOCKFACE (Elvis Costello), My Echo (Laura Veirs), The Jungle (Plants and Animals) : Douceur inégale](https://julienbouffartigue.net/2020/12/12/my-echo/) - On commence par un vieux routier, Elvis Costello et son album Hey Clockface, sorti cette année. Une retour après sept ans de silence. On entre tout de suite dans une ambiance sombre et inquiétante. La voix sonne étrangement faux. La musique est dissonante, voire carrément horripilante. Il cherche bien à insuffler de l'énergie dans ses titres, mais elle se dilue dans un manque de maîtrise, étonnant pour un tel artiste. Heureusement, il offre beaucoup de variété, explorant plusieurs styles. Il nous offre tout de même quelques titres sympas, dans une fin d'album de meilleure qualité. On poursuit avec l'américaine Laura Veirs qui a signé My Echo, son onzième album. La douceur est ce qui domine de sa musique, même si le rythme est parfois un peu heurté. Le ton est parfois un peu plus chaloupé et cela donne alors un résultat plutôt séduisant. Sa voix se montre particulièrement claire, mais manque du coup de chaleur. Le tout est quand même agréable, mais pas vraiment percutant. La musique très épurée fait de cet album plus un fond sonore plus que quelque chose que l'on va écouter avec la plus grande attention. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPISODE 40 : Plus dure fut la chute](https://julienbouffartigue.net/2020/12/13/tout-ca-pour-ca-episode-40/) - En racontant cette histoire, je pourrais mentir en disant que je n'ai jamais envisagé de voter pour Benoît Hamon aux élections présidentielles. Je me suis bien posé la question... pendant les quelques jours suivant les primaires où il a semblé bénéficier d'une dynamique suffisante pour avoir ses chances. Cela ne dura pas longtemps avant qu'on lui colle l'étiquette du Monsieur 6%, score que lui promettait les sondages et qui a bien été le sien. En racontant toute cette histoire, je me suis toujours évertué à éviter de me décrire comme quelqu'un qui aurait toujours tout prévu et qu'on n'aurait jamais écouté. C'est toujours tentant de le faire a posteriori. Mais un beau jour, j'ai écrit ce billet : http://www.julienbouffartigue.net/index.php/blog-actualites/1992-apprendre-de-ses-victoires. Dans celui-ci, j'écrivais : Benoît Hamon a remporté les primaires en étant l'homme qui défendait une idée forte et tous ses adversaires se sont évertués à en faire le centre du débat et lui offrir la victoire sur un plateau. Qu'il continue sur cette voie s'il compte l'emporter. La principale question est de savoir s'il possède encore des munitions pour reprendre la main. S'il compte s'asseoir à l'Elysée avec le seul revenu universel comme étendard, il va au devant d'une grande désillusion.J'ignore s'il a encore des idées fortes sous le coude. Mais sa victoire sera à ce prix. Et uniquement à ce prix ! Je suis donc en droit de le dire, j'avais anticipé le désastre qu'allait représenter sa candidature. Et pas uniquement à cause de toutes les raisons que j'avais de lui vouer un mépris, voire une certaine forme de haine. J'avais identifié sa faiblesse et il s'est passé exactement ce que j'avais prédit. J'aurais sincèrement préféré que l'histoire me donne tort. Je ne sais pas si cela me confère un titre de gloire, mais cela constitue certainement un des éléments qui m'ont fait m'estimer légitime pour livrer ainsi ma vision de ces dix années. - [ANNA KARENINE (Léon Tolstoï) : Coeur de marbre](https://julienbouffartigue.net/2020/12/19/anna-karenine/) - Peu à peu, je comble les plus gros trous qui font ressembler ma culture à un gruyère (même si le gruyère n'a pas de trous, contrairement à l'emmental... ma culture fromagère est par contre relativement complète). La littérature russe est un domaine que je n'avais guère exploré (peut-être même pas du tout d'ailleurs) jusqu'à présent. La lecture d'Anna Karénine de Léon Tolstoï constitue donc une vraie découverte. Et non des moindres, vue la notoriété de l'œuvre et sa longueur. 900 pages imprimées avec une petite police. Malheureusement, les découvertes ne sont pas toujours des surprises inoubliables. Si je garderai Anna Karénine tout de même un peu dans mon cœur, c'est parce que c'est le seul roman, à ma connaissance, qui offre une long passage sur les cultures fourragères. Globalement, on parle beaucoup d'agriculture dans ce roman. On parle de beaucoup de choses en fait, diluant presque à l'infini les intrigues principales. Un lecteur assidu de Zola comme moi n'aurait pas dû être trop perturbé. Mais ici, cela prend des proportions encore supérieures. Ce qui m'a plus perturbé, c'est le fait que le personnage d'Anna Karénine tient finalement une place limitée dans cette histoire. A l'origine, Léon Tolstoï voulait l'intituler « Deux mariages, deux couples », ce qui aurait beaucoup mieux traduit le contenu du récit. - [IDIOT PRAYER (Nick Cave), SUNSET IN THE BLUE (Melody Gardot), LOVE IS THE KING (Jeff Tweedy) : Douceur hivernale](https://julienbouffartigue.net/2020/12/20/sunset-in-the-blue/) - On commence cet avis avec un des plus grands artistes de la scène internationale, l'Australien Nick Cave. Un album intitulé Idiot Prayer, sous-titré Nick Cave Alone at Alexandra Palace, sorti cette année. Un album live où il se retrouve seul avec un piano et sa voix inimitable. L'ambiance est posée et tranquille, ce qui donne un univers moins sombre que d'habitude. C'est beau, mais il y perd un peu de sa personnalité. Evidemment, il reste la voix qui est toujours un vrai régal à écouter. Grâce à elle, l'album est très agréable, à défaut d'être vraiment marquant. Par contre, on en a vraiment pour notre argent avec vingt-deux titres au compteur. On enchaîne avec une vraie découverte pour moi, l'artiste jazz Melody Gardot et son album Sunset in the Blue. La douceur domine, dans une ambiance très classe. C'est parfois réellement enchanteur, grâce à la voix claire mais chaleureuse de l'artiste. Les accompagnements sont faits avec un piano et/ou une guitare et restent épurés et toujours harmonieux. Les mélodies sont souvent chaloupées, réchauffant l'ambiance hivernale actuelle. Mais c'est la voix qui domine avant tout. La qualité est constante, même si on peut regretter l'absence d'un titre phare qui sort du lot. - [TOUT CA, POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PARTI SOCIALISTE : EPILOGUE : Socialiste un jour...](https://julienbouffartigue.net/2020/12/26/tout-ca-pour-ca-epilogue/) - Quand j'ai commencé le récit que je viens d'achever, j'imaginais l'écrire sur quelques mois, et non en un peu plus de trois ans. Au départ, j'avais prévu de le terminer sur un épilogue intitulé « et maintenant ? ». Cependant, cela n'aurait plus vraiment de sens de l'écrire aujourd'hui. J'aurais pu faire le choix aussi de poursuivre mon récit qui serait devenu « 13 ou 14 ans au Parti Socialiste ». Mais cela n'aurait pas non plus tellement de sens, tant le bloc des dix années entre la défaite de Ségolène Royal et le renoncement de François Hollande constitue un cycle complet avec son début et sa fin. Depuis, c'est une autre histoire qui a commencé à s'écrire et bien difficile aujourd'hui de savoir où elle va mener le Parti Socialiste. Cela ne veut cependant pas dire que je n'aurais rien à raconter sur ces trois années et demi depuis le début de l'écriture de mon récit. Le PS parisien est un monde particulier qui vaut bien celui des Yvelines. Et j'ai trouvé dans le 18ème une Section d'une autre dimension que celle de Viroflay. Avoir Lionel Jospin comme camarade lors des réunions de Section vous donne l'occasion de quoi nourrir une narration. Les dernières élections municipales ont aussi donné lieu à quelques épisodes savoureux. Peut-être un jour viendra où j'aurais envie d'en tirer quelques lignes et à les partager. Mais rien n'est moins sûr. Si j'ai eu envie de raconter ces dix années, de 2007 à 2017, ce n'est certainement pas pour cracher dans la soupe ou pour dénoncer quoique ce soit. C'est pourtant facile ou tentant de jouer les donneurs de leçons. Je reconnais que je ne suis certainement pas parvenu à échapper totalement à ce travers. Mais j'espère ne pas ressembler à tous ceux que j'ai croisés, prompts à critiquer, sans se remettre eux-mêmes en question et criant au scandale quand ils ne sont simplement pas parvenus à gagner la confiance des autres. - [INFILTRATION (Yehoshua Kenaz) : Plongée sans filtre](https://julienbouffartigue.net/2020/12/30/infiltration/) - La littérature représente un moyen efficace de découvrir les fondements d'une autre culture. D'aller au-delà des quelques clichés que l'on perçoit par ailleurs. Infiltration de Yehoshua Kenaz, paru en 1986 dans son pays d'origine, est devenu un classique de la littérature israélienne. Il aura fallu attendre 2003 pour le voir traduit en français et publié dans notre pays. L'action de déroule dans les années 60 (même si ce n'est pas évident à saisir à la lecture), le propos a donc perdue son actualité, mais il permet de mieux comprendre ce sur quoi a été bâti la culture de ce pays pas tout à fait comme les autres. Infiltration nous raconte le service militaire d'un groupe de jeunes Israéliens. L'histoire est racontée par un narrateur, on peut soupçonner un caractère autobiographique au roman (hypothèse totalement personnelle). Dans ce pays profondément marqué par la guerre et les problèmes de sécurité, le service militaire est une période qui marque lui-même profondément la population. Le roman permet de mesurer à quel point il transforme les individus, pour le meilleur, mais surtout pour le pire. Le roman n'est clairement pas une ode à la culture militariste de son pays. Il la décrit plutôt comme une vraie cause de souffrance. Elle broie certains individus et fait ressort le mal enfoui chez certains. - [PALMARES 2020 : S'il n'en reste que trois...](https://julienbouffartigue.net/2020/12/31/palmares-2020/) - 2020, année définitivement particulière dans tous les domaines. Pour le 7ème art forcément aussi, avec les salles obscures fermées la moitié de l'année et de très nombreuses sorties repoussées sine die. Ce palmarès 2020 sera donc maigre. Seulement trois films, dont une reprise. Autant dire quasiment rien. J'aurais effectivement pu modifier les critères de sélection pour l'occasion, en baissant la barre de sélection à 14,5 (ce qui aurait permis à le Cas Richard Jewell et Drunk de figurer dans le classement) ou à 14. Mais je suis un homme de principes ! Ce classement voit triompher pour la seconde fois Christopher Nolan, après son couronnement en 2010 pour Inception. Tenet est un film qui a profondément divisé, mais son caractère unique et les qualités artistiques exceptionnelles de ce cinéaste font qu'il sort du lot et ne peut laisser indifférent. Il prouve que l'imagination et le talent parviennent encore à renouveler des thématiques déjà maintes fois traitées. 1917 est aussi l'œuvre d'un immense cinéaste, Sam Mendes. Un chef d'œuvre d'une grande audace formelle. Une plongée vertigineuse dans l'horreur de la guerre qui saisit le spectateur de la première à la dernière seconde. Du grand spectacle, mais bien plus qu'un spectacle ! Enfin Akira est un grand classique du cinéma de science-fiction. Sorti à l'origine en 1988, le film nous emmène en...2020. Le futur décrit n'est pas celui que l'on connaît (et heureusement). Même si certains aspects ont quelque peu vieilli, mais cela reste un chef d'œuvre que certains spectateurs, comme moi, ont eu la chance de découvrir sur grand écran pour la première fois. - [L'ARGENT (Emile Zola) : Curée boursière](https://julienbouffartigue.net/2021/01/23/l-argent/) - Le plus dur dans l'écriture d'une série est de savoir se renouveler continuellement pour maintenir l'intérêt de son histoire dans la durée. C'est vrai pour les scénaristes œuvrant pour Netflix bien sûr, mais c'était déjà vrai au XIXème siècle, quand la littérature était le seul vecteur de récits au long cours. La saga des Rougon-Macquart en est un parfait exemple. L'Argent en est le dix-huitième épisode. Emile Zola y explore le monde de la finance, et dans la moindre mesure celui du journalisme. Un nouveau thème qui vient compléter ce portrait volontairement exhaustif de la société du Second Empire. Par contre, le roman exploite largement des ressorts narratifs déjà exploités. On retrouve dans l'Argent, le personnage de Saccard, qui était déjà le personnage principale de la Curée, deuxième volet de la saga. Cette fois, il ne spécule plus sur l'immobilier, mais sur des actions. Le décor change, mais le parallèle entre les deux épisodes est trop frappant pour ne pas avoir une légère impression de panne d'inspiration. Les deux sont les miroirs l'un de l'autre, ils explorent les mêmes travers de l'âme humaine, pour une conclusion largement similaire. Moins marquant que la Curée, ce volume est un des volets les moins lus et on comprend aisément pourquoi. - [INTERIEUR NUIT (Marisha Pessl) : Roman noir en blanc](https://julienbouffartigue.net/2021/01/18/interieur-nuit/) - Il ne faut pas juger un livre à sa couverture. Non plus parfois parfois à la collection dans lequel il est édité. Ainsi, Intérieur Nuit se trouvait dans ma bibliothèque en me présentant la tranche blanche qui caractérise la collection Folio. Une collection que j'associe plutôt aux plus grands classiques et à une littérature contemporaine, en dehors de la littérature de genre. En tout cas, je ne l'associe pas à la publication de polars... pour lesquels la collection Folio Policier existe. Mais j'ai compris après quelques pages que je tenais dans les mains un roman très noir. Et très vite également qu'il s'agissait d'un excellent roman. L'originalité de Intérieur Nuit est qu'il s'agit d'un roman dont fait partie des éléments « graphiques ». Principalement des captures de pages Internet ou des coupures de journaux. Ce n'est finalement pas grand chose, mais je n'ai pas d'autres exemples en tête d'un tel procédé. Cela contribue à rendre le récit plus vivant et beaucoup plus immersif. On rentre d'autant plus facilement dans cette histoire et le mystère épais qu'il fait naître dès les premières pages. Cela n'enlève rien à la part d'imagination qui fait de la lecture d'un roman quelque chose de profondément différent d'une fiction audiovisuelle. Cela s'avère au final un peu plus qu'un simple gadget, même si les principales qualités du roman sont ailleurs. - [WE ARE (Lucidvox), EARTH TO DORA (Eels), SERPENTINE PRISON (Matt Berninger) : Les avantages de la maturité](https://julienbouffartigue.net/2020/12/06/earth-to-dora/) - On commence, une fois n'est pas coutume, par un groupe russe. Lucidvox et leur album We are, sorti cette année. Les premières notes nous font découvrir une chorale dans une ambiance étrange. Du gros rock arrive rapidement et le reste du titre sera un mélange des deux. Il donne le ton d'un album. La plupart des titres ont un côté dissonant. Malheureusement, le tout manque de relief, d'originalité et de personnalité. Leur musique possède un côté robotique et hachée, qui leur donne un aspect caricatural. Finalement, seul le fait qu'ils chantent en russe attire vraiment l'oreille. Mais cela ne compense pas certains passages carrément insupportables. On enchaîne avec un groupe phare des années 90, mais qui n'a jamais vraiment disparu depuis, même s'il se fait plus discret. Les américains de Eels reviennent avec Earth to Dora, leur 13ème album. Il nous livre un rock élégant et maîtrisé. On retrouve leur univers musical bien à eux. Ils font preuve d'une grande maturité artistique. La qualité est constante tout au long de l'album. Les titres parviennent ainsi à allier douceur et conviction. Du grand art ! - [PORCUPINE MEAT (Bobby Rush), LOVE I OBEY (Rosemary Standley & Helstroffer's Band), ROCK BOTTOM RHAPSODY (Pokey Lafarge) : Néo classique](https://julienbouffartigue.net/2020/10/06/porcupine-meat/) - Bobby Rush n'est pas né de la dernière pluie. Quand il remporte un Grammy Awards avec son album Porcupine Meat, sorti en 2016, il a l'âge vénérable de 83 ans. Son univers en jazz et funk et le timbre de sa voix nous rappelle souvent la musique de Steve Wonder. Le résultat est extrêmement classique. Tout y est bon, même si rien n'est jamais totalement excellent ou réellement marquant. Mais cette qualité constante, cette solidité placent clairement cet album largement au-dessus de la moyenne. Rosemary Standley est une artiste franco-américaine. Elle a signé, avec le groupe Hellstroffer's Band, l'album Love I Obey. Elle nous plonge dans une musique douce, faites de ballades. Sa voix haut perchée s'avère quelque peu horripilante. On a donc un peu de mal à totalement apprécier cet univers singulier aux accents celtiques. Cela reste quelque peu monotone et ne se montre jamais hyper marquant, avec ses instrumentations minimalistes. Il nous manque donc quelque chose auquel s'accrocher pour ne pas oublier cet album aussi vite qu'on l'écoute. - [BLACKBIRD : Sans ailes](https://julienbouffartigue.net/2020/10/04/blackbird/) - Comment faire naître l'émotion dans un film ? La réponse la plus simple est de poser une situation suffisamment dramatique pour que le sens moral du spectateur le force à ressentir de l'empathie, sous peine de passer pour un être insensible au cœur de pierre. Mais est-ce vraiment suffisant ? N'est-ce pas trop facile ? En effet, cela ressemble parfois à une chantage émotionnel et rien ne nous force à l'accepter. Ainsi, rien ne nous force à aimer Blackbird, un film qui traite d'un sujet lourd et qui ne devrait pas laisser indifférent. Sauf si le film n'est pas très bon. Et c'est malheureusement le cas. Blackbird traite de l'euthanasie. Il nous raconte le dernier week-end d'une femme atteinte de sclérose en plaques et à qui son mari, docteur, va administrer une dose létale d'un produit dont j'ai oublié le nom. Elle le passe entourée de sa famille, dont tous les membres ne se montrent pas enthousiastes à l'idée de la voir mourir prématurément. Un point de départ idéal pour arracher des larmes aux spectateurs. Ce serait mentir de dire que le film ne parvient pas à nous en arracher une ou deux petites, mais on est loin d'être réellement bouleversé. La faute à des rapports entre les personnages qui forment une trame narrative aux ficelles trop grosses pour être convaincantes. Le scénario entretient notamment un long faux suspense qui doit nous conduire au climax de l'intrigue, mais dont on devine immédiatement le dénouement. Bref, le spectateur a trop l'impression d'être pris pour un imbécile pour se laisser submerger par l'émotion. - [LES CHOSES QU'ON DIT, LES CHOSES QU'ON FAIT : La France éternelle](https://julienbouffartigue.net/2020/10/03/les-choses-qu-on-dit-les-chose-qu-on-fait/) - Réaliser des films est une activité comme une autre. Certains ont un tel talent qu'ils parviennent immédiatement à maîtriser l'exercice à la perfection dès la première fois. D'autres, pour ne pas dire la plupart, ont besoin de plusieurs tentatives avant de parvenir à proposer un résultat vraiment convaincant. Emmanuel Mouret est de ceux-là. Après plusieurs films froidement accueillis par le public, il a connu un beau succès avec Mademoiselle de Joncquières. Son film suivant se devait d'être celui de la confirmation. Les Choses qu'on Dit, les Choses qu'on Fait marque en effet définitivement son entrée dans les valeurs sûres du septième art français. Sur bien des points, Les Choses qu'on Dit, les Choses qu'on Fait ressemble à une caricature de film français. Un film sur l'amour, étalant longuement les états d'âmes de personnages intellectuels torturés qui pourraient n'intéresser strictement personne. Mais si le septième art français répète encore et encore l'exercice, c'est peut-être finalement parce qu'il y excelle. Le sujet reste inépuisable et tient avant tout à l'attachement que l'on ressent pour les personnages. Ici, il n'est pas forcément immédiat. Tout d'abord, on se demande ce qu'on doit penser des différents protagonistes, mais cela permet finalement au spectateur d'avoir le temps d'aiguiser sa curiosité et de rentrer pleinement dans l'histoire. - [POLICE : Tirer sur l'ambulance](https://julienbouffartigue.net/2020/10/03/police/) - Tirer sur les ambulances n'est pas vraiment un loisir dont on peut être fier. Mais parfois, c'est vrai que ça défoule. Quand on écrit des critiques ciné, la tentation est d'enfoncer plus que de raison un mauvais film. En effet, écrire des commentaires négatifs peut avoir quelque chose de jouissif. L'auteur se défoule à travers ses mots et oublie quelque peu son objectivité. Objectivement, Police est un très mauvais film. Je suis tenté d'en brosser un portrait apocalyptique. Je vais m'efforcer de garder une certaine forme de retenu. Police souffre de nombreux défauts. Le premier, et non des moindres, est un manque de réalisme flagrant dans la description du travail de la police. Si on pardonne facilement ce type de travers à des polars, genre qui a su développer ses propres codes, pour un un film qui traite des dilemmes moraux auxquels peuvent faire face les gardiens de la paix, c'est un peu plus difficile de passer outre. Ensuite, les personnages de ce film sont largement caricaturaux et leurs réactions apparaissent comme des grosses ficelles narratives qui peinent vraiment à convaincre. Du coup, il ne reste plus grand chose pour y parvenir. - [PALMARES 2018 : Vive Kechiche, vive la France !](https://julienbouffartigue.net/2019/01/01/palmares-2018/) - 2018 restera une année plus qualitative que quantitative pour le cinéma. Seulement sept films dans ce top de l'année, mais forcément sept grands films, qui montrent l'infinie diversité du 7ème art. C'est ce qui fait tout son charme et lui permet à chaque fois un peu de bonheur renouvelé. Le vainqueur cette année s'appelle Mektoub My Love : Canto Uno, ce qui permet à Abdelatif Kechiche de placer pour la deuxième fois un de ces films à la première place de ce classement. Si ce film ne possède pas tout à fait la puissance de la Vie d'Adèle, il reste l'œuvre d'un réalisateur à nul autre pareil, dont le talent artistique pur n'est certainement pas reconnu à sa juste valeur. Ce classement confirme aussi l'excellente santé du cinéma français, qui, en plus de la première place, offre trois films sur sept à ce classement. On pourrait même dire trois et demi, puisque les Frères Sisters constitue la première œuvre hollywoodienne de notre Jacques Audiard national. 2018 aura décidément l'année où la France aura été championne du monde ! Et encore, je n'ai pas intégré à ce classement Amanda, le seul film de l'année que j'ai noté 14,5/20 et qui est donc virtuellement huitième de ce classement. - [WOMAN AT WAR : Changer le monde... ou pas](https://julienbouffartigue.net/2018/07/31/woman-at-war/) - Tous les amateurs de football en sont convaincus depuis le dernier Euro, les Islandais sont des guerriers. Mais les Islandaises ? Pour leur équipe de football, je ne sais pas bien, mais pour ce qui est de leurs militantes écologistes, il suffit d'aller voir Woman at War pour en être convaincu. Un film écolo et féministe et surtout un film bien mené et bien construit. Un long métrage qui vous donnera aussi envie de découvrir ce pays aux paysages grandioses. Déjà que le tourisme y explose, le succès de ce film ne va pas inverser le phénomène. Et si en plus, le pays compte d'autres cinéastes aussi talentueux que Benedikt Erlingsson, alors il s'agit définitivement d'une contrée qui gagne à être mieux connue et qui vaut bien un clapping ! Dans un premier temps, Woman at War peut paraître un film relativement naïf et plein de bonnes intentions. Mais très vite, on réalise qu'il ne faut pas confondre l'idéalisme du personnage principal et le propos porté par le scénario. Certes, ce dernier épouse largement son point de vue et prend clairement son parti, mais en soulignant fortement les difficultés auxquelles elle va se heurter. L'intérêt du film est donc double. Il porte à la fois un message presque politique, mais un rien désabusé, et reste avant tout un film de personnage. Le contenu est donc riche, mais jamais indigeste. Il est à la fois léger et grave, drôle et émouvant, riche en surprises et rebondissements. On ne peut que s'attacher à l'héroïne et finir par partager ces combats, quelque soit le camp dans lequel on se serait trouvé dans la vraie. C'est là la magie du cinéma et la force d'un propos convaincant. - [TRASURE HOUSE (Cat's Eyes), SCHMILCO (Wilco), LET THE RECORD HOUX : DEXYS DO IRISH AND COUNTRY SOUL (Dexys) : Personnalité inégale](https://julienbouffartigue.net/2018/07/29/schmilco/) - Tout le monde sait que Cat's Eyes est un dessin-animée qui aura marqué ma génération. Mais ce que l'on sait moins, c'est que c'est aussi un duo anglais qui a notamment sorti en 2016 l'album Treasure House. Il nous y propose aussi bien des titres évaporés et légèrement dissonants et d'autres plus pop, interprétés avec plus de conviction, et à vrai dire plus convaincants et sympas. Il font preuve d'une vraie maîtrise et leur musique possède une réelle personnalité. Cependant, cela reste vraiment trop inégal pour être réellement transcendant. On poursuit avec le groupe américain Wilco et leur album Schmilco. Il s'agit du quatrième album de ce groupe dont je parle ici (visiblement j'ai raté celui d'avant celui-ci) et il s'écoute une nouvelle fois avec plaisir, mais sans enthousiasme cependant. Ils nous offrent une musique douce et tranquille, mélodieuse et maîtrisée. Ils affichent une vraie personnalité, nous offrent des titres variés, mais cela manque parfois un peu de punch. La qualité est constante, mais aucun titre n'accroche vraiment l'oreille. - [PARANOIA : Folie en mode mineur](https://julienbouffartigue.net/2018/07/29/paranoia/) - Steven Soderbergh figure incontestablement parmi les cinéastes les plus prolifiques de l'histoire du 7ème art, du moins dans son histoire la plus récente. Certains trouveront du coup qu'il dilue quelque peu son immense talent. Il est vrai que toutes ses œuvres ne se valent pas et certaines sortent sur les écrans dans un certain anonymat. Il n'y a pas eu par exemple d'hystérie autour de la sortie de Paranoïa, son dernier film passé relativement inaperçu. Ceci s'explique aussi assez naturellement par le fait qu'il ne figurera certainement pas parmi les éléments les plus marquants de sa filmographie. Ceci dit il ne s'agit pas non plus d'un mauvais film. Paranoïa reprend un point de départ assez classique. Les hôpitaux psychiatriques ont toujours constitué un lieu relativement fascinant pour les scénaristes. Il est vrai qu'ils offrent de multiples possibilités, même si on retrouve toujours plus ou moins les mêmes éléments d'intrigue. Rien de très nouveau ici, mais on reconnaîtra volontiers à Steven Soderbergh une réelle habileté pour construire son histoire de manière à maintenir une tension et un intérêt du spectateur constants. Tout cela n'apportera rien à longue histoire du 7ème art, mais aura offert un agréable moment au public, ce qui n'est pas si mal, avouons-le. - [DOGMAN : Une vie de chien](https://julienbouffartigue.net/2018/07/28/dogman/) - Le cinéma nous raconte bon nombres d'histoires dont le héros est fort, grand et courageux. A la fois, comment en pourrait-il être autrement pour être un héros ? Il ne reste donc guère de place pour les petits, les chétifs, les timides. Pourtant, ils existent tout autant, si ce n'est plus, dans la vraie vie. Pour Dogman, Matteo Garrone a choisi de nous parler une nouvelle fois de l'emprise du grand banditisme sur certaines régions d'Italie, mais cette fois-ci non pas du point de vue de ceux qui veulent se faire une place au soleil, mais de ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre et sont condamnés à toujours subir. Enfin même si le film démontrera que tout n'est pas si simple. Dogman est l'archétype du film de personnage. Le portrait d'un personnage singulier, même si derrière cela se dessine le portrait d'une société tout entière. On peut craindre dans les premières minutes que Matteo Garrone ait quelque peu forcé le trait en choisissant un personnage aussi diamétralement opposé de la figure du truand redoutable, flamboyant et sûr de lui. Mais on comprend vite que le scénario va vite exploiter de manière particulièrement brillante ce point de départ relativement improbable. Surtout qu'il nous mènera dans des directions que l'on ne soupçonnait pas forcément au début. On reste vraiment captivé par cette histoire inattendue jusqu'à la dernière minute. - [SICARIO : LA GUERRE DES CARTELS : Viva Benicio !](https://julienbouffartigue.net/2018/07/27/sicario-2/) - Si le trafic de drogue constitue bien un fléau partout où il s'installe, d'un point de vue purement cinématographique, il constitue plutôt une source d'inspiration inépuisable. La thématique a offert au 7ème art bon nombre de bons scénarios, de héros et au moins autant d'anti-héros. De méchants qui ressemblent à des gentils ou de gentils qui n'ont pas grande différence avec les pires vilains. Mais c'est cette confusion, cette ambiguïté constante qui font le charme de ce genre d'histoire. Sicario n'a pas fait forcément partie des films les plus inoubliables dans cette lignée. Sicario : la Guerre des Cartels n'y appartiendra pas non plus. Mais ce qui s'apparente désormais à un franchise nous fait passer tout de même un agréable moment. Parfois, un film nous procure beaucoup de plaisir pour ce qui s'apparente pourtant à un détail. Un nom au générique par exemple. Ici, c'est Benicio Del Toro qui nous offre ce petit supplément de bonheur cinématographique qui fait la différence. Pas forcément une grande différence, mais suffisamment pour suivre Sicario : la Guerre de Cartels sans jamais le regretter. Son personnage est de loin le plus marquant du scénario et lui offre un rôle sur mesure. Il est dans un registre qu'il connaît par cœur et se sent assez à l'aise pour nous ravir sans se forcer. Et l'ouverture finale vers un troisième volet nous donne le sourire, car on a vraiment envie de le retrouver une nouvelle fois dans ce rôle. - [AU POSTE ! : Réjouissante absurdité](https://julienbouffartigue.net/2018/07/25/au-poste/) - L'humour absurde est connue pour être une spécialité anglaise, dont les Monty Python ont longtemps été le fer de lance. Mais un peu comme pour le football, ce n'est pas parce que les Anglais ont tiré les premiers qu'ils restent forcément les meilleurs et les seuls à exceller. En France aussi, nous possédons notre savoir faire en la matière, même s'il s'est plus souvent concrétisé à la télévision qu'au cinéma. D'ailleurs, Au Post !e ne possède pas toutes les caractéristiques d'un long métrage avec une durée de 1h13 seulement. Mais il n'en reste pas moins une fable à l'humour décalé et parfois même poétique, se laissant regarder avec grand plaisir. Un film qui n'a pas la prétention d'être plus que ce qu'il est. Et on ne s'en plaint pas. J'avoue que, pendant longtemps, ce genre d'humour m'a laissé relativement insensible. Je l'apprécie désormais nettement plus, sans en être encore tout à fait un grand fan. Mais je dois admettre que c'est sans grand effort que je me suis laissé séduire par Au Poste !. Pendant les premières minutes, on ne sait d'ailleurs pas vraiment à quelle sauce nos zygomatiques vont être mangés, jusqu'à une histoire d'œil brouillé qui plante définitivement le ton du film. Je comprends parfaitement que l'on puisse ne pas accrocher et rester en dehors de cet univers sans queue ni tête. On est plus amusé que l'on éclate de rire. Mais on est surtout charmé par cet inattendu réjouissant. - [JOUEURS : Faux départ](https://julienbouffartigue.net/2018/07/21/joueurs/) - Si je n'ai pas pleinement apprécié Love, Simon pour sa fin dénuée de toute crédibilité, je reste particulièrement mitigé à propos de Joueurs pour des raisons très proches. Mais ici, ce n'est pas le dénouement qui pèche mais le point de départ. Et ce défaut est encore plus problématique car il vous empêche de rentrer dans l'histoire et c'est toujours très difficile de le faire en cours de route. Du coup, difficile d'apprécier tout le reste à sa juste valeur et de donner du crédit à une intrigue dont on la sensation qu'elle n'aurait jamais du se produire, puisqu'elle n'aurait jamais du commencer. Tout ce qui suit manque d'impact du coup et le film vous laisse froid. Marie Monge aura commis une erreur que l'on qualifiera « de la débutante » puisque Joueurs est son premier film. Elle a voulu plonger le plus rapidement possible au cœur du sujet, ce qui aurait pu effectivement donner du rythme à son long métrage. Cependant, pour traiter un sujet tournant autour de l'amour et de l'addiction, on peut difficilement faire totalement l'impasse sur la manière dont ils naissent. Les bonnes intentions initiales s'apparentent donc au final à une erreur dommageable. On suit le reste de l'intrigue avec un intérêt poli, mais sans réelle émotion, sans trembler pour des personnages auxquels on reste modérément attachés. Surtout que le dénouement ne propose pas vraiment de vraie surprise, ni de conclusion forte. - [LOVE, SIMON : Triste fin](https://julienbouffartigue.net/2018/07/11/love-simon/) - Un peu de bons sentiments peuvent faire du bien parfois. Il ne faut pas en abuser bien sûr, mais la guimauve n'est pas toujours écœurante si elle est servie avec un minimum de modération. C'est surtout au moment du dessert que l'équilibre doit être surprise. Pour un film, c'est au moment du dénouement que tout se joue, où le doux sirop peut se transformer d'un coup en une mélasse beaucoup trop sucrée et indigeste. Love, Simon s'apparente pendant longtemps à une petite douceur cinématographique très agréable au palais. Malheureusement, la fin du menu reste sur l'estomac et ne nous incite pas du tout à recommander ce restaurant. La scène qui vient conclure l'intrigue de Love, Simon reste une des plus idiotes que je n'ai jamais vue. Elle ne possède pas une once de crédibilité et se révèle même totalement risible. Les scénaristes ont cru tenir là une idée originale pour apporter une conclusion inoubliable à leur jolie histoire, mais au final ils n'auront fait qu'ôter toute profondeur à la réflexion. Pourtant, on avait fini par s'attacher à ces personnages un peu caricaturaux, mais filmés avec beaucoup de tendresse par Greg Berlanti. Le message était plutôt simpliste, assez agréablement délivré cependant pour prendre beaucoup de plaisir à le recevoir. Difficile cependant de se rattacher à cela pour oublier ce final particulièrement raté. - [TULLY : Grosse fatigue](https://julienbouffartigue.net/2018/07/05/tully/) - Les enfants sont formidables. Mignons. Adorables. Bref on ne peut que les aimer... ou pas. En effet, il est également possible de les voir comme des vampires parasites qui sucent le sang, la sueur, l'énergie et la totalité de leur temps à leurs parents. Et le plus souvent, il faut bien l'avouer, en premier lieu à leur mère. Si vous gardez une vision angélique de la parentalité, je vous conseille vivement d'aller voir Tully. Enfin peut-être pas si vous êtes enceinte, prête à accoucher, vous pourriez avoir des remords avant l'heure. En tout cas, vous n'en n'aurez aucun si vous allez voir ce film. Tully reprend des thèmes souvent explorés par le cinéma, mais le plus souvent sur le ton de la comédie. En effet, difficile d'assumer un discours sérieux sur le thème "avoir des enfants, ce n'est pas toujours formidable... ça peut même s'assimiler à l'enfer sur Terre". Le film à le grand mérite d'aborder le sujet de front (même s'il réserve bien des surprises), sans en faire trop. Il conserve sa part de légèreté dans un subtil équilibre qui crédibilise réellement le propos. Aucun personnage n'est caricatural et on s'attache à eux aussi bien pour leurs qualités que pour leurs travers. De vraies rencontres donc qui offrent au film un supplément d'émotion. - [HEREDITE : En famille](https://julienbouffartigue.net/2018/07/04/heredite/) - Visiblement la tendance est au grand frisson. Mais au grand frisson de qualité. En effet, on retrouve au même moment sur les écrans Sans un Bruit et Hérédité. Deux facettes du cinéma qui fait peur et donne envie parfois de détourner le regard de l'écran pour ne pas voir ce qui va se passer. Deux sujets et deux styles très différents, mais deux belles réussites. Ici, il s'agit d'une histoire de revenant, d'esprit et autre dialogue avec les morts. Des sujets légèrement surexploités au cinéma, mais dont on ne se lasse pas quand ils sont manipulés avec talent. Ari Aster nous offre là un premier film remarqué, surtout qu'il en signe à la fois la réalisation et le scénario. Hérédité a bien des qualités, mais il est vrai pas celle de réinventer le genre. Par contre, la maîtrise d'Ari Aster parvient tout de même à faire la différence. Il maîtrise en premier lieu à merveille l'art de la narration en faisant monter la tension peu à peu. On entre progressivement dans l'histoire et devinant même lorsque les événements pourraient paraître anodins à première vue qu'il se trame quelque chose de sombre et d'inquiétant. Tout cela nous conduira à un dernier quart d'heure vraiment flippant, avec une jolie suite de rebondissements que l'on a pas forcément vus venir. On peut juste se dire qu'avec un peu plus d'audace, le film aurait pu être encore plus marquant et rivaliser avec les œuvres le plus cultes du genre. - [HAVE A NICE DAY : A nice movie](https://julienbouffartigue.net/2018/07/03/have-a-nice-day/) - Un magot qui attise des convoitises multiples et qui entraîne un chassé-croisé de personnages prêts à tout pour le récupérer. Voilà une idée qui sert de point de départ à de très nombreux films. On imagine alors mal comment un long métrage qui reposerait sur ce dernier arriverait tout de même à nous surprendre. Pourtant, Have a Nice Day y parvient. Il faut dire qu'il possède deux autres caractéristiques : il est chinois et il s'agit d'un film d'animation. Aucune de ces trois caractéristiques n'est terriblement originale, mais les trois ensemble donnent un spectacle que l'on a pas forcément l'habitude de voir. Au cinéma, comme en amour, rien n'est pire que la routine. Or, on en sort quelque peu avec ce film. Have a Nice Day n'est pas qu'un film où gangsters et losers plus ou moins paumés se courent après. C'est aussi un portrait de la Chine d'aujourd'hui. Un pays à la fois familier, proche de nous et qui garde de réelles singularités. Un voyage dans la Chine du bas donc, celle qu'aucun touriste ne verra jamais. Heureusement pour lui d'ailleurs car cela ne lui donnerait pas vraiment envie de revenir. La galerie de personnages est assez savoureuse et permet de réaliser à quel point, malgré des différences culturelles, les archétypes humains sont les mêmes, surtout chez les truands. Pas sûr que ça soit totalement rassurant pour le coup. Le film traite son sujet avec beaucoup d'humour et de dérision, nous offrant un spectacle réellement savoureux. - [22/11/63 (Stephen King) : Le retour du roi](https://julienbouffartigue.net/2018/07/02/22-11-63/) - Je suis tombé dans le Stephen King à l'adolescence. A partir de ce moment-là, en une dizaine d'années, j'ai du lire une quinzaine de ses romans. Ensuite, peu à peu, j'ai perdu cette habitude, si on met de côté les épisodes de la Tour Sombre, qui occupe de toute façon une place réellement à part dans l'œuvre de cet auteur. Pourtant, je suis loin d'avoir fait le tour de sa foisonnante bibliographie. Surtout qu'elle continue de s'enrichir encore et encore. En 2011, il signa 22/11/63 qui a connu un très gros succès en librairie et même une adaptation en série. Un grand roman qui m'aura fait passer un excellent moment. Et m'aura surtout redonner l'envie de remettre régulièrement cet auteur au programme de mes lectures. 22/11/63 est un vrai roman fantastique. Pas d'horreur, de fantôme ou d'extra-terrestre. Juste un élément d'irrationnel qui fait naître une histoire réellement extraordinaire. Je ferai le choix d'en dire le moins possible pour offrir un éventuel futur lecteur la même joie de découvrir peu à peu ce qu'il en est. On retrouve dans ce roman tout ce qui fait l'incroyable talent de conteur de Stephen King. Plus de mille pages, mais pas une page d'ennui. Même quand il ne semble pas se passer grand chose, le lecteur a toujours l'impression de lire un passage de première importance. On se retrouve en immersion totale dans le récit et on est particulièrement heureux d'oublier tout ce qui nous entoure, plongé au cœur du roman. - [SANS UN BRUIT : Silence original](https://julienbouffartigue.net/2018/07/01/sans-un-bruit/) - Il faut parfois une petite idée qui ne paye pas de mine pour doter une histoire d'une grande originalité. Ce petit quelque chose qui arrive à rendre créatif des films qui se figurent pourtant dans des genres quelque peu éculés. On peut facilement se dire qu'il n'y a plus rien à inventer dans le domaine du survival horror... Non, pardon pour l'anglicisme... Dans le domaine du scénario qui implique des humains devant survivre à une menace susceptible de les trucider de manière horrible si elle les attrape (c'est quand même plus long en bon français). Sans un Bruit repose sur ce genre d'idée qui pourrait ne pas mener très loin à première vue, mais qui donne au final un spectacle offrant une impression de jamais-vu, impression fort agréable par les temps qui courent. Si on commence par ce qui fâche, Sans un Bruit souffre tout de même de quelques faiblesses. Quelques incohérences notamment. Rien de bien méchant, mais assez pour qu'on se dise parfois que les choses ne collent pas vraiment. Certes, la crédibilité n'est pas forcément ce que l'on recherche dans une histoire d'insectes géants décimant l'humanité, mais ce n'est pour ça que l'on pardonne tout. Heureusement, la tension va crescendo et on oublie très vite tout cela pour plonger totalement dans l'histoire. La qualité des effets spéciaux, en premier lieux le design et l'animation des créatures, aide également le spectateur à finalement y croire. D'autant plus facilement que l'on a envie d'y croire pour s'offrir un joli grand frisson. - [HOW TO TALK TO GIRLS AT PARTIES : Perché haut](https://julienbouffartigue.net/2018/06/30/how-to-talk-to-girls-at-parties/) - Il paraît que la vie, c'est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber, comme disait un grand philosophe du 7ème art. Alors, on peut dire que le cinéma est comme la vie. Même en ayant vu plusieurs fois la bande-annonce, bien malin serait celui qui saurait à quoi s'attendre en allant voir How to Talk to Girls at Parties. Certes, personnellement j'avais bien entendu parler de science-fiction en lisant quelques commentaires sur ce film. Mais je ne pouvais imaginer qu'il soit perché si haut. Dans les étoiles sûrement, tant ce film est un OVNI cinématographique. Surtout que s'il y est beaucoup question de musique punk, il est aussi question d'extra-terrestres. How to Talk to Girls at Parties est un film sans grand moyen (si on excepte un casting de blockbuster), mais qui regorge d'imagination. On entre dans cet univers en oubliant facilement les effets ou les costumes un peu cheaps. Il est vraiment agréable de tomber sur un scénario, et plus globalement une œuvre réellement originale et inattendue. Du coup, on pardonne les moments plus faibles et les quelques longueurs en savourant pleinement le lot d'étonnement apporté par chaque séquence. Le tout nous mènera vers un très joli dénouement, confirmant la grande qualité du travail de John Cameron Mitchell, réalisateur et scénariste rare mais remarquable. Il s'agit ici réellement d'un vrai film d'auteur, au sens très noble du terme car rien ici n'est préformaté. - [MAMMIFERES (Miossec), A MOON SHAPED POOL (Radiohead), THE PARTY (Andy Shauf) : La monotonie des vieilles connaissances](https://julienbouffartigue.net/2018/06/27/mammiferes/) - On commence par une première vieille connaissance, à savoir le chanteur breton et légèrement alcoolique, Miossec et son album Mammifères, sorti en 2016. Un artiste que j'apprécie, même si aucun de ses albums ne m'aura jamais autant plu que Boire, son premier album, sorti onze ans plus tôt. Celui-ci surprend par une humeur plutôt positive, moins désabusée que d'habitude. On retrouve naturellement la voix si particulière du chanteur, avec un travail sur les instrumentations et les sonorités plus élaboré que d'habitude. Malheureusement, les textes ne sont pas toujours hyper inspirés. Le résultat final n'a vraiment rien de marquant par rapport au reste de sa carrière. On poursuit avec une autre valeur sûr, le groupe Radiohead. Des stars mondiales cette fois-ci, qui nous ont offert A Moon Shaped Pool. Enfin, offert c'est vite dit. Ca débute très mollement. L'ambiance est assez sinistre, les arrangements minimalistes. On n'est vraiment pas emballé, c'est le moins que l'on puisse dire. Les titres s'enchaînent de manière totalement monotone, ceux-ci étant plus transparents les uns que les autres. Aucun ne ressort pour sauver cet album de l'ennui absolu. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 13 : Leadership](https://julienbouffartigue.net/2018/06/25/tout-ca-pour-ca-episode-13/) - L'image du responsable politique est associée à beaucoup de caractéristiques. Certes, beaucoup sont désormais négatives, type malhonnêtes et manipulateurs. Mais si on abandonne ces clichés grossiers, on l'imagine aussi facilement charismatique et doté d'une âme de meneur. Autant dire du leadersphip, même si je n'aime pas forcément les anglicismes. Pour le charisme, j'ignore si j'en ai, pas du tout, un peu ou beaucoup et ce n'est de toute façon pas le sujet ici. Par contre, je sais très bien que je n'exerce pas naturellement le leadership au sein d'un groupe. Ce n'est pas de la fausse modestie, ce n'est vraiment pas mon genre, mais juste une constatation. Je ne suis certes pas pour autant un suiveur. Je suis plutôt un solitaire qui aime que les événements se déroulent comme il en a envie. Mais pour cela, je vais plus naturellement suivre ma route en impliquant le moins de personnes extérieures possible, plutôt que de convaincre le plus grand nombre de faire comme je l'entends. Or, mon parcours politique a du me forcer quelque peu ma nature pour assurer un rôle de meneur pour lequel je ne suis pas forcément fait. - [DESOBEISSANCE : Le mot de la fin](https://julienbouffartigue.net/2018/06/23/desobeissance/) - Certaines bandes-annonces indiquent de manière bien trop claire et exhaustive le contenu d'un film et parfois jusqu'au dénouement. Personnellement, cela ne me donne jamais l'envie d'aller voir le long métrage en question, bien au contraire. Ainsi, je n'étais pas spécialement emballé à l'idée d'aller voir Désobéissance. Finalement, je me suis laissé tenter. Le scénario était bien celui que j'imaginais, mais heureusement il n'avait pas exposé non plus toute sa richesse au travers de la bande-annonce. On peut regretter d'avoir dévoilé tant de choses au public avant même le début du film. Mais en tout cas, le spectateur, et moi-même évidemment, ne regrette pas d'y avoir été malgré tout. Désobéissance vaut bien de se rendre dans une salle obscure car il nous propose déjà un dénouement que la bande-annonce ne laissait pas spécialement présager. Cela permet de créer une réelle tension narrative du début à la fin, combien même le chemin parcouru reste pendant longtemps relativement balisé et attendu. Le rythme est assez lent de plus, le récit aurait donc pu facilement perdre tout intérêt et plonger le spectateur dans l'ennui. Mais la curiosité de ce dernier reste vive de bout en bout et jusqu'aux dernières secondes il se demande où tout cela va le mener. Apporter une belle conclusion est particulièrement cruciale pour une histoire dramatique et elle est ici assez convaincante pour laisser le spectateur sur une excellente impression. - [CHAMPIONS : Moral de vainqueurs](https://julienbouffartigue.net/2018/06/22/champions-2/) - Le handicap est un sujet particulièrement périlleux dans lequel un scénariste a vite fait de se prendre les pieds. On peut facilement tomber dans un pathos lourdingue et une émotion tellement facile et forcée qu'elle n'émeut pas une seule seconde. Cependant, il peut aussi nous offrir de très beaux moments de cinéma. On peut penser alors à Intouchables, un des plus grands succès de l'histoire du cinéma français. Je pencherai plutôt pour Hasta la Vista, un film belge, sorti la même année et tout aussi inoubliable. Champions est-il un film du même acabit ? Malheureusement non ! Il n'empêche qu'il nous offre un bien agréable moment. Le handicap mental renforce encore les écueils sur lesquels un scénario peut s'échouer, comparé au handicap physique. Champions y échappe quasiment tout du long grâce à ses personnages. Si on s'attache terriblement à cette équipe réellement hors du commun, ce n'est pas par pitié. Jamais ce sentiment ne naît dans l'esprit du spectateur. Non, c'est bien les personnalités des protagonistes aussi diverses qu'affirmées qui nous charment et nous font dire que l'on a fait de belles rencontres à travers ce film. Au final, le handicap devient presque secondaire, même s'il demeure évidemment central. Tout cela est filmé avec une infinie tendresse et beaucoup d'humour par Javier Fesser. Il est vraiment difficile de rester indifférent, combien même on n'a aucune affinité pour la grosse balle orange. - [DEADPOOL 2 : Si bon mauvais goût](https://julienbouffartigue.net/2018/06/14/deadpool-2/) - C'est depuis que Marvel a compris que le second degré donnait à ses productions un charme supplémentaire, que cet univers a définitivement conquis le cœur d'un large public, bien au-delà de son audience initiale. Il a vraiment su pousser cette logique aussi loin que possible avec le premier Deadpool qui avait constitué une belle surprise et une franche réussite. Evidemment, il n'y a rien de plus difficile que de reproduire l'effet de surprise. Deadpool 2 n'y parvient pas vraiment. Cependant, il nous livre tellement de bonnes choses qu'il est difficile de ne pas apprécier pleinement cette friandise cinématographique de très mauvais goût parfois. Mais le mauvais goût est tellement bon parfois aussi. Deadpool 2 est excellent parce qu'il est avant tout très drôle. Il nous offre une foule d'éclats de rire francs et clairs. Tout cela repose sur un humour à ne pas mettre devant les yeux les plus sensibles et chastes et qui est souvent compréhensible que l'on saisit la référence sur lequel il s'appuie. Pas toujours hyper abordable donc, mais terriblement efficace. Le grand mérite de ces dernier épisode est d'avoir su garder une réelle intensité pour compenser la perte par rapport à l'épisode précédent de la joie de la découverte d'un personnage assez à part dans l'univers Marvel. On échappe donc complètement à l'impression de réchauffé et on n'a pas du tout la sensation qu'on soit arrivé au bout du potentiel de cet anti-héros absolu. Le côté complètement décalé de ses aventures fait vraiment souffler un vent de fraîcheur dans un univers qui gagne vraiment à ne pas se prendre trop au sérieux (prends en de la graine DC!). - [TROIS VISAGES : Taxi province](https://julienbouffartigue.net/2018/06/13/trois-visages/) - J'apprécie particulièrement les soirées cinématographiques particulièrement contrastées, qui me rappellent pourquoi j'aime tant le 7ème art et toute sa diversité. Partout dans le monde, sur tous les sujets, dans tous les styles, des longs métrages sont produits pour notre plus grand bonheur. Ainsi, il y peu, un même soir, j'ai vu à la suite Jurassic Parc : Fallen Kingdom et Trois Visages. Comment faire plus opposés qu'un blockbuster hollywoodien et une production iranienne à petit budget. Bien sûr, le plaisir aurait été nettement plus intense si les deux films avaient été de qualité. Vous savez déjà combien j'ai trouvé le premier particulièrement médiocre. Heureusement, le second m'a permis de vivre un bon voyage sur grand écran. Jafar Panahi n'est sûrement pas un grand artiste du cinéma. Son amour immodéré pour les plans à l'intérieur d'une voiture, qui est presque devenu sa marque de fabrique, n'est pas celui d'un esthète travaillant méticuleusement sa photographie et son cadrage. Par contre, il reste un formidable narrateur et un magnifique humaniste. Pas d'artifice donc pour nous livrer un récit à la fois tendre et sévère sur l'Iran profond. Il n'y a jamais de méchanceté ou de jugement dans Trois Visages, même quand il met en lumière les profonds archaïsmes et la bonne dose d'hypocrisie qui caractérisent cette société. Il fait toujours ressortir une part de sympathie chez tous ceux dont les deux personnages vont croiser la route. Rien n'est jamais manichéen. - [JURASSIC PARK : FALLEN KINGDOM : Débrancher le dino](https://julienbouffartigue.net/2018/06/12/jurassic-park-fallen-kingdom/) - Dans le cochon tout est bon. Dans le dino, tout est beau. Enfin, c'est ce qu'on pouvait croire avant que la franchise Jurassic World vienne nous faire passer le goût du tyrannosaure. Déjà le premier volet n'était vraiment pas terrible, mais ce n'était rien comparé à ce deuxième volet d'une médiocrité déconcertante. Fallen Kingdom, cet épisode porte bien son nom. C'est la chute de la créativité et de l'originalité dont il est question ici. Une chute vertigineuse que pas grand chose ne vient sauver, même pas ces monstres d'un autre temps dont on ne pensait jamais devoir se lasser totalement. C'est bien la seule raison pour laquelle le film de Juan Antonio Bayona sort de l'ordinaire. Jurassic World : Fallen Kingdom semble être le premier scénario écrit par un algorithme. En effet, tout ce qui doit se passer se passer, exactement de la manière dont on imagine qu'elle va se passer. Le pire reste la galerie de personnages secondaires totalement dénuée de la moindre parcelle d'imagination. Visiblement, Colin Trevorrow et Derek Connolly n'ont pas même pas essayé d'apporter ne serait qu'un seul élément inattendu. C'est franchement désespérant et surtout empêche le spectateur de s'intéresser vraiment au spectacle qu'il ne regarde que d'un œil un peu distrait. Certes, il ne s'ennuie pas, mais les images traversent son cerveau sans y imprimer grand chose. - [SOLO : A STAR WARS STORY : Gentil vaurien](https://julienbouffartigue.net/2018/06/11/solo/) - Le pire n'est jamais sûr. Parfois les catastrophes annoncées n'ont pas lieu. Il arrive que les tempêtes se transforment en petite brise. Depuis de long mois déjà, suite à un tournage particulièrement mouvementé, Solo s'annonçait désastreux. Avant même que quiconque n'en ait vu la moindre minute, le film était décrit comme totalement raté et son acteur principal vertement critiqué. C'est donc dans un état d'esprit plutôt pessimiste que je me suis rendu voir cette nouvelle production liée à l'univers Star Wars. Le grand avantage, c'est que je ne pouvais qu'être agréablement surpris. Et ce fut bien le cas, même si le résultat reste assez médiocre par bien des aspects. Et pas des moindres. Commençons déjà par un des principaux prévenus sur le banc des accusés : Alden Ehrenreich. On l'a souvent accusé de posséder infiniment moins de charisme que Harisson Ford dont il reprend le rôle. Ces accusations sont pleinement justifiées. Non pas qu'il soit mauvais, mais il n'éclabousse l'écran d'aucune classe et se fait largement bouffer par un Donald Glober élégant, une Emilia Clarke flamboyante et un Woody Harrelson toujours parfait. Si la galerie de personnages de Solo est savoureuse, ce n'est pas grâce à son personnage principal assez falot. Or l'histoire tourne trop autour de ce dernier pour que cela n'impacte pas de manière sensible l'intérêt global de ce film. Le génial devient en tout cas totalement hors de portée. - [CHANGES (Charles Bradley), EMPIRE BUILDER (Laura Gibson), THE SHIP (Brian Eno) : Le grand Charles](https://julienbouffartigue.net/2018/06/10/changes/) - On débute cet avis musical par une valeur sûre, l'américain Charles Bradley, qui nous a quitté en 2017. Avant cela, il nous avait offert un ultime album, Changes. On est immédiatement saisi par sa voix puissante qui dégage pourtant une vraie sensualité et un groove vraiment unique. Les titres sont totalement maîtrisés, même s'il manque juste un petit rien pour être totalement emballant. Cependant, il ne faut pas faire trop la fine bouche non plus. Et il serait dommage de ne pas apprécier pleinement cet album solide et réellement convaincant. Laura Gibson est une autre artiste américaine, bien vivante par contre. Empire Builder nous offre des mélodies et des instrumentations maîtrisées sur laquelle se pose sa voix extrêmement classique. Le résultat est plutôt sympa, mais pas vraiment impactant. C'est plutôt agréable à l'oreille, on ne parvient pas cependant à s'enthousiasmer. L'enchaînement des titres est marqué par une certaine monotonie, même si la qualité reste constante. - [EN GUERRE : En première ligne](https://julienbouffartigue.net/2018/06/10/en-guerre/) - Les grands acteurs peuvent interpréter toute sorte de rôles. C'est même en ça qu'ils sont grands. Mais malgré cela, certains gardent des prédispositions particulières pour certains types de personnage ou d'univers. De Niro restera à jamais un parfait gangster, bien qu'il ait été également éblouissant dans des rôles radicalement opposés. Vincent Lindon quant à lui semble né pour les films à forte dimension sociale. En Guerre en apporte une nouvelle preuve. Une nouvelle preuve aussi de la jolie complicité née entre le réalisateur Stéphane Brizé et cet acteur. Deux hommes que l'on imagine facilement réunis par beaucoup de choses. En premier lieu des convictions. Il ne fait pas le moindre doute vers qui dans ce film penche le cœur de Stéphane Brizé. Cependant, son plus grand mérite est d'avoir su conserver une réelle impartialité. On peut même presque parler de détachement. En Guerre n'est certainement pas un film qui vous envoie une opinion au visage en vous priant d'être d'accord avec elle. Il cherche à relater des faits et à amener le spectateur à se faire sa propre opinion. Evidemment, une mise en scène n'est jamais totalement neutre, mais rien ici ne vous empêchera d'avoir un avis objectif. Les personnages, les propos, les situations ne sont jamais manichéennes, rien n'est blanc, ni noir. Cet équilibre représente une des grandes forces du film. - [PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE : Universelle singularité](https://julienbouffartigue.net/2018/06/04/plaire-aimer-et-courir-vite/) - Les générations ayant été profondément marquées par l'épidémie de SIDA telle qu'on la vivait dans les années 80 et 90 ont désormais l'âge de faire des films. Cela se ressent lorsque l'on lit les scénarios des productions hexagonales de ces dernières années, voire simplement de ces derniers mois. On pense évidemment à 120 Battements par Minute, mais le thème est présent au cœur de bien d'autres histoires. La preuve avec Plaire, Aimer et Courir Vite, le dernier film de Christophe Honoré. La maladie y joue ici un rôle essentiel dans l'intrigue, sans pour autant être à proprement parler le sujet du film. Plaire, Aimer et Courir Vite nous parle avant tout du sujet le plus universel qui soit, à savoir l'amour. L'amour ici avec la perspective de la mort qui rôde, mais l'amour quand même. C'est en cela que l'histoire possède bien quelque chose d'universelle, dans les relations entre les personnages notamment. D'un côté, le film aurait pu être le même dans un autre temps, d'autres lieux, une autre sexualité... De l'autre, le film aurait été radicalement différent puisque tous ces éléments donnent à ce film un relief et un intérêt supplémentaires. Le grand mérite de ce film est d'arriver à dresser des portraits singuliers de personnages, d'une époque, d'un contexte, en montrant aussi ce qu'il y a de plus immuable dans les sentiments et les relations humaines. - [CHRONIQUES D'UN GUERRIER SINAMM, TOME 3 : LA PROHETIE DE SAHARAMA (Nicolas Jarry) : Départ en beauté](https://julienbouffartigue.net/2018/06/03/la-prophetie-de-saharama/) - N'est pas J.R.R Tolkien qui veut ! Ou George R. Martin, si on veut une référence plus moderne. Ce n'est évidemment pas qu'une question de consonne insérée dans le nom, mais de talent littéraire et de faculté à faire naître des mondes imaginaires qui marquent profondément des générations entières d'amateurs de fantasy et même au-delà. Nicolas Jarry n'est clairement ni l'un, ni l'autre. Il y a peu de chance que son nom traverse les âges et que ses livres deviennent des classiques intemporels. Mais on pourra au moins lui reconnaître un mérite qui n'est pas donné à tout le monde. Il a su achever en beauté sa trilogie Chroniques d'un Guerrier Sînamm avec la Prophétie de SaharAma. Cette saga française sera vraiment monté en puissance. Le premier tome était assez moyen, le deuxième déjà plus emballant et le troisième franchement réussi. Rien d'extrêmement novateur ici, mais un vrai plaisir à suivre cette nouvelle aventure. La Prophétie de SaharAma est distrayant et mieux écrit que les précédents volets. Certes, le lecteur a eu le temps de prendre ses marques dans cet univers, mais Nicolas Jarry a fait plus d'effort que précédemment pour rendre son récit fluide et compréhensible. Pas d'ellipse ou de raccourci sur les enjeux ou les intentions de personnages dans leurs actions. Cela paraît la base pour un roman, mais ces préceptes sont souvent oubliés par les auteurs de fantasy. - [EVERYBODY KNOWS : Promesses non tenues](https://julienbouffartigue.net/2018/06/03/everybody-knows/) - Certaines affiches sont particulièrement alléchantes. Un réalisateur reconnu et un casting de prestige, autant d'éléments susceptibles de mettre l'eau à la bouche de tout cinéphile qui se respecte. Everybody Knows est un film qui a tout pour faire naître de telles attentes. Mais ces dernières créent un écueil pour le réalisateur. En effet, il ne pourra se contenter d'une médiocrité de film juste moyen sous peine de créer une grande déception. Il serait injuste de taxer ici Asghar Farhadi de médiocrité, mais force est de constater que son film ne parvient pas vraiment à satisfaire toutes les espérances du spectateur. Il est incontestable qu'Everybody Knows constitue une oeuvre parfaitement maîtrisée. Alors pourquoi faire la fine bouche ? Parce que le talent ne fait pas forcément tout. Encore faut-il qu'il soit un minimum challengé par un minimum de prise de risques. Le scénario est brillant, mais sans surprise profonde, ni réelles aspérités. Le classicisme peut parfois constituer une qualité, il s'apparente cependant ici à une peur de sortir des chemins balisés. On ressort de ce film charmé certes, sans être pour autant tombé follement amoureux, comme on aurait pu légitimement l'espérer. - [L'OEUVRE (Emile Zola) : Au coeur de la création](https://julienbouffartigue.net/2018/05/28/l-oeuvre/) - Lentement mais sûrement, je m'approche de la fin de ma lecture exhaustive des Rougon-Macquart. Il me reste encore cependant quelques marches à franchir. Et espérons qu'elles soient aussi sublimes que l'œuvre. Un livre qui cherche évidemment à dépeindre un nouvel aspect de la société contemporaine d'Emile Zola, mais qui a aussi un léger aspect autobiographique. Ou plutôt qui s'inspire d'artistes qu'il a fréquentés et de sa relation avec eux. Un roman qui lui vaudra d'ailleurs une fâcherie profonde avec ces derniers. L' œuvre est un portrait dans tous les sens du terme. L'ambition de cet épisode est bien le même que le reste de la série, à savoir nous donner une vision complète, réaliste et sans fard de la France de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il nous décrit ici longuement le milieu artistique de cette époque. De la lutte entre les peintres « innovant,s » comme les impressionnistes, et le monde académique qui fera tout pour les condamner. C'est aussi la retranscription quasi clinique de l'acte de création. Certes, il concerne la peinture, mais on sent bien que Zola a puisé dans ses propres démarches et son propre ressenti. - [SENSES : Le Japon sans cliché](https://julienbouffartigue.net/2018/05/28/senses/) - Le cinéma et la télévision peuvent nous donner l'impression de bien connaître certains pays. Il suffit de s'y rendre pour se rendre compte à quel point il s'agit d'un miroir déformant. Je peux d'autant mieux en témoigner que je suis aux États-Unis à l'heure où j'écris ces lignes. Le Japon est un autre pays qui peut nous sembler particulièrement familier même sans y avoir jamais mis les pieds. Je n'ai jamais eu la chance de m'y rendre mais mon regard a déjà quelque peu changé en allant voir Senses, sorti en trois temps sur nos écrans. Senses est un film en cinq parties, une par sens. Plus de 5 heures de film que la distribution en France a découpé en trois volets. L'histoire ordinaire de quatre japonaises ordinaires. Mais à travers elles, une immersion totale dans une société si singulière. Une société aux règles et contraintes multiples qui limitent l'épanouissement individuel. Avec une pudeur assez extraordinaire, le film nous fait partager l'aspiration à la liberté et au bonheur de ces femmes qui refusent à se résigner. - [DERNIER ROUND (Kool Shen), MALAMORE (The Liminanas), VISION OF US ON THE LAND (Damien Jurado) : La partie vaut bien le tout](https://julienbouffartigue.net/2018/05/27/dernier-round/) - Un tout est censé être plus que la somme de ses parties. Ainsi, lorsqu'un duo se sépare pour que chacun des deux membres se lancent dans une carrière solo, on peut s'attendre à que le résultat ne soit pas à la hauteur de leurs œuvres collectives. Ainsi, on pourrait facilement imaginer que Dernier Round de Kool Shen ne soit qu'une pâle copie de ce qu'il proposait avec le Suprême NTM. Mais on se tromperait alors. En effet, dès les premières secondes, on est séduit par un rap plutôt entraînant, qui montre que Kool Shen est en pleine forme. Le style est particulièrement fluide, les textes rebelles mais à l'esprit positif. Bref, on sent une réelle maturité chez cet artiste. La qualité est constante du début à la fin de l'album, même si on retiendra avant tout Two Shouts Iv My People et le Retour du Babtou. On reste en France avec le groupe The Limiňanas et leur album Malamore, sorti en 2016. Un style qui se caractérise par des textes plus parlés que chantés. Cependant, les textes ne sont pas spécialement accrocheurs, ni poétiques, marqués aussi par un certain sens de l'ironie. Le tout manque franchement d'harmonie et les titres sont souvent quelque peu heurtés. Même les quelques titres plus chantés ne sont pas terribles non plus, tout comme ceux qui tirent sur le rock anglais. Bref, rien de bien intéressant. - [COMME DES ROIS : Robin et fils](https://julienbouffartigue.net/2018/05/27/comme-des-rois/) - Depuis la naissance du mythe de Robin des Bois, les fictions mettent souvent en scène des "héros" aux revenus particulièrement modestes dont le vol est devenu le principal moyen de subsistance, sans que cela ne choque la morale outre mesure. Dans une histoire manichéenne, voler un méchant lui même voleur ne fait pas de vous son égal, mais au contraire un gentil. Heureusement, certaine histoire nous offre un propos plus nuancé. Par exemple, celle qui a servi de base au scénario de Comme des Rois. Face à ce film, difficile de ne pas trouver sympathique ce duo père-fils qui se retrouve à arnaquer des personnes âgées trop crédules. Pourtant le charme opère. Mais ce qui rend Comme des Rois vraiment intéressant, c'est qu'il ne fait pas l'impasse sur le revers de la médaille. Ce dernier constitue même le cœur du film. On ressent de l'attachement, pour ne pas dire de l'affectation, pour les personnages, mais en mesurant toutes les imperfections qui les caractérisent et tous les dilemmes auxquels ils font face. C'est bien la combinaison de ces deux aspect qui fait que ce film mérite d'être vu. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 12 : La Coopol, la bonne blague](https://julienbouffartigue.net/2018/05/10/tout-ca-pour-ca-10-ans-de-militantisme-au-ps-episode-12-la-coopol-la-bonne-blague/) - Après avoir négligé quelque peu cette chronique, il est temps d'y revenir avec un épisode qui prête plutôt à sourire, mais qui en dit long sur le fonctionnement du Parti Socialiste (et de tous les partis politiques en fait). Bon, il est vrai que je dis ça à peu près à chaque billet, je l'admets. Je vais donc vous parler de la Coopol, acronyme de Coopérative Politique. Je suis sûr que je viens de réveiller un mot oublié depuis longtemps chez les vieux militants et en prononcer un totalement inconnu chez les autres. La Coopol était un réseau social destiné aux adhérents du PS et aux sympathisants. Un projet particulièrement ambitieux qui a été mené à peu près n'importe comment, qui a coûté un prix faramineux pour constituer au final un bide retentissant. A la limite, j'aurais presque envie de m'arrêter là, puisque tout est dit, mais je vais quand même vous contez de manière un peu plus précise comment ce fiasco s'est déroulé. - [TRANSIT : L'heure des choix](https://julienbouffartigue.net/2018/05/10/transit/) - Un dilemme, qu'il soit moral ou amoureux, constitue un point de départ potentiel pour un bon scénario. En effet, conduire les spectateur à se demander quel sera finalement le choix du personnage représente une façon assez simple de faire naître une certaine forme de suspense. Et on peut multiplier le procédé au sein de la même histoire avec plusieurs décisions à prendre pour plusieurs personnages. C'est sur cela que repose Transit, le nouveau film du réalisateur allemand Christian Petzold, que l'on avait déjà remarqué en France avec Phoenix. Il nous livre là sans doute son film le plus abouti. Transit possède une toile de fond qui peut quelque peu surprendre. En effet, il se déroule dans ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la France d'aujourd'hui, mais une France secouée par des événements politiques totalement imaginaires, avec la prise de contrôle du territoire progressive par une armée fasciste et la traque de tous les réfugiés... y compris les réfugiés allemands. Ce point de départ est un peu déstabilisant, nous ancrant à la fois dans la réalité et dans l'imaginaire. Il nous fait perdre par mal de repères, mais c'est pour mieux nous rendre perméable à l'émotion. On peut aussi y voir là un écho à une évolution politique plutôt inquiétante qui sévit en Europe. - [L'ILE AUX CHIENS : Wes Anderson a du chien](https://julienbouffartigue.net/2018/05/08/l-ile-aux-chiens/) - Wes Anderson fait partie de ces très rares réalisateurs possédant une personnalité artistique assez forte pour que l'on reconnaisse son style au premier regard. Un style qui séduit par sa poésie, la folie douce qui anime ses personnages, le tout mis en image avec une maîtrise et une originalité hors du commun. Des films reconnaissables, mais tous différents. L'Ile aux Chiens constitue une nouvelle œuvre qui ne ressemble à aucune autre, même si on est vite tenté de la comparer à Fantastic Mr. Fox, sa précédente incursion dans le monde de l'animation. Mais en tout cas, le talent est toujours aussi éclatant. L'Ile aux Chiens est d'abord une belle histoire, pleine de poésie, d'aventures, de romance... Une histoire particulièrement romanesque qui montre ce qu'on peut faire d'un film d'animation où les animaux parlent (une petite pensée aux scénaristes de Comme des Bêtes, qui auront pris des notes devant ce film j'espère). Du rythme, des rebondissements et des personnages, humains et animaux, toujours aussi attachants. On est au cœur de tout ce qui a toujours fait le succès de Wes Anderson. Un univers enfantin, mais d'une subtilité et d'une richesse qui séduiront le plus adulte des spectateurs. - [HOPELESSNESS (Anohni), THE HOPE SIX DEMOLITION PROJECT (PJ Harvey), LITTLE WINDOWS (Teddy Thompson et Kelly Jones) : Assiette britannique](https://julienbouffartigue.net/2018/05/07/the-hope-six-demolition-project/) - On début cet avis musical par une artiste anglaise transgenre, nommée Anohni et son album Hopelessness, sorti en 2016. Une artiste qui ne m'a pas vraiment convaincu déjà du fait de sa voix quelque peu horripilante. Elle livre un son pop rock, avec quelques accents électros, maîtrisé, propre, mais sans éclat. La première moitié de l'album n'accroche pas vraiment l'oreille, la seconde sera carrément inaudible par moment. On poursuit avec une valeur sûre : PJ Harvey et son album The Hope Six Demolition Project. La voix démarre sans introduction et on retrouve tout de suite tout ce qu'on aime chez cette artiste. On notera cependant un ton peut-être un peu plus enjoué que d'habitude. Tous les titres sont pleinement maîtrisés, d'une qualité constante. Sa voix est toujours aussi électrisante. Il manque simplement ici un titre vraiment accrocheur. Du coup, c'est beau, mais pas trop non plus. Surtout que l'album s'achève avec quelques titres qui ressemblent quelque peu à du remplissage. - [FOXTROT : Ennuyeuse audace](https://julienbouffartigue.net/2018/05/06/foxtrot/) - Lorsque l'on aborde au travers un film un sujet extrêmement sérieux, voire explosif, on peut être tenté d'opter pour une forme sobre, voire austère, gage de sérieux. Il faut être sacrément sûr de soir et posséder un certain courage pour, au contraire adopter un forme originale, voire même provocante. C'est bien le choix audacieux réalisé par Samuel Maoz et son film Foxtrot. Une audace que l'on aimerait saluer en criant au génie. Malheureusement, cette qualité, même si elle inspire un profond respect, ne suffit pas à combler un spectateur. Foxtrot nous surprend du début à la fin. Ou plutôt, nous surprend régulièrement, mais entre temps nous ennuie quelque peu. Les scènes sont la plupart du temps beaucoup trop longue. Leur côté décalé allume toujours une lumière d'intérêt, mais ensuite, une fois l'effet de surprise estompé, elle se dissipe rapidement. Tout cela fait surtout ressembler ce film à un exercice de style, sans émotion profonde. On en ressort pas bouleversé comme on aurait pu l'être. Cela tient en partie au choix d'un humour mordant et ironique, plutôt qu'une démonstration directe, mais comme on ne rit pas non plus réellement, le spectateur se trouve dans un entre deux qui a bien du mal à faire naître l'enthousiasme. - [AVENGERS : INFINTY WAR : Le crépuscule des Dieux ?](https://julienbouffartigue.net/2018/05/05/avengers-infinity-war/) - Avengers : Infinity War faisait partie des films les plus attendus cette année. Attendu évidemment en premier lieu par les fans de comics, impatients de voir enfin longuement le personnage de Thanos à l'écran. Mais ces dernières années, l'univers Marvel a su séduire sur grand écran un public bien plus large que les simples inconditionnels des bandes-dessinées. Et nombreux étaient ces amateurs de super-héros au cinéma à piaffer eux aussi. Le film par de nombreux aspects comble totalement ces attentes. Mais ne va guère plus loin. Avengers : Infinity War marque une sorte d'aboutissement d'un processus relativement inédit de création d'un univers fictionnel au cinéma d'une telle ampleur en si peu de temps. Mais aboutissement rime aussi avec essoufflement. Le film nous livre de nouvelles batailles épiques et spectaculaires. Les mêmes batailles que l'on a déjà adoré auparavant. Les mêmes... c'est bien là le (léger) problème. Le plaisir est là, on a ce que l'on est venu chercher, mais rien de plus. Rien de bien nouveau non plus. Du coup, l'intérêt du film repose avant tout sur la personnalité d'un méchant particulièrement réussi. C'est un peu faible pour justifier 2h30 de film, qui, du coup, n'est pas exempt de longueurs. - [MES PROVINCIALES : Apprentissage moderne](https://julienbouffartigue.net/2018/05/01/mes-provinciales/) - Si on pense à un jeune provincial qui monte à Paris, plein de rêves et d'ambitions, prêt à conquérir la capitale, on pense plutôt à un roman d'apprentissage du 19ème siècle. Cependant, il reste encore des histoires de ce type à raconter. Jean-Paul Cyverac s'est attaqué à l'exercice avec Mes Provinciales. Le titre à l'international, A Paris Education, en dit long sur la parenté avec des œuvres plus anciennes. Un film qui permet donc de se rendre compte que même si les époques changent, la nature humaine, elle, évolue peu. Mes Provinciales a pour thème central, le thème le plus universel et intemporel qui soit. Je parle évidemment de l'amour. En effet, en montant à Paris, le jeune homme en question va laisser derrière lui son amour d'adolescence et être très vite soumis à de nombreuses tentations. Mais le propos du film ne se limite pas à cela. Il traite de tous les éléments qui font que l'on quitte définitivement l'enfance pour entrer dans l'age adulte, de toutes les questions existentielles auxquelles on est confronté quand il s'agit de donné une direction, à défaut d'un but clairement identifié, à sa vie. - [COMME DES GARCONS : Femmes de tête](https://julienbouffartigue.net/2018/04/30/comme-des-garcons/) - Les grands combats méritent de grands films, à la hauteur des enjeux et de la grandeur de ceux qui les ont menés. Mais parfois, un film plus léger peut aussi à la hauteur et apporter sa modeste pierre. La preuve avec Comme des Garçons qui nous relatent la lutte de jeunes femmes déterminées... à jouer au football. En effet, il nous raconte comment l'Equipe de France féminine est née au début des années 70, des années après la plupart des autres pays d'Europe. C'est bien connu, la France est le pays des droits de l'Homme, pas forcément des droits des Femmes... Commençons par ce qui fâche... Le football au cinéma. C'est un fait connu et reconnu, ce sport, aussi populaire et télévisuel soit-il, n'est absolument pas cinégénique. Cela sonne tout de suite faux et on voit immédiatement que les actrices n'ont clairement pas le niveau qu'elles sont censées avoir. Ce n'est d'ailleurs pas la seule chose qui n'est absolument pas réaliste dans ce film. Entre comédie et reconstitutions des faits, Julien Hallard choisit souvent clairement la première option, au détriment de la crédibilité historique. Mais au final, tout cela n'est pas bien grave. - [SEBOLAVY (Mickey 3D), WEEZER (THE WHITE ALBUM) (Weezer), EMILY'S D+EVOLUTION (Esperanza Spalding) : Valeurs sûres et jolie rencontre](https://julienbouffartigue.net/2018/04/30/emilysd/) - On commence avec un groupe que j'affectionne depuis longtemps, même si cela fait un moment déjà qu'ils ne m'ont pas enthousiasmé. Ce ne sera malheureusement toujours pas le cas avec l'album Sevolavy, sorti en 2016. Mickey 3D, puisque c'est d'eux dont je parle, signe ici un album au ton plutôt mélancolique. Dans la plupart des titres, on ne retrouve pas l'énergie qui les caractérisait. Quelques uns font exception, comme le titre qui a donné son nom à l'album. Au final, l'album reste tout de même globalement agréable, mais quelque peu transparent. On poursuit avec un autre valeur sûre, le groupe américain Weezer et leur album sobrement intitulé Weezer (The White Album). Il nous propose un rock maîtrisé, solide et parfois réellement emballant. Cela reste cependant très classique, avec rien qui ne dépasse. De joli riffs de guitare viennent ponctuer les titres qui sonnent comme du rock US pur et dur. On retiendra en premier lieu le titre Do You Wanna Get High, le meilleur titre d'un album vraiment impeccable de bout en bout. - [THE THIRD MURDER : Perplexité](https://julienbouffartigue.net/2018/04/29/the-third-murder/) - Nombreux sont les polars où un tueur et un policier se livrent une guerre psychologique, chacun essayant de manipuler l'autre. Nombreux sont les films de procès où un avocat fait tout pour défendre un innocent, parfois contre la volonté de ce dernier. The Third Murder parvient à mélanger les deux approches pour une histoire originale qui bouscule les codes des films de ces deux genres. Un film qui repose sur des ressorts avant tout psychologiques qui plongent le spectateur dans la même perplexité que le personnage principal. The Third Murder reste quand même très classique par certains côtés. Le scénario s'assimile à une quête de la vérité et dès qu'on pense la tenir, de nouveaux éléments viennent bouleverser les certitudes. L'histoire propose de vrais rebondissements, le plus souvent relativement imprévisibles. La profondeur des personnages apporte une deuxième couche d'intérêt à ce film au propos relativement riche. On n'est donc définitivement pas devant un énième polar ou un énième film de procès, mais bien devant une œuvre originale. - [READY PLAYER ONE : Immense plaisir](https://julienbouffartigue.net/2018/04/28/ready-player-one/) - Cette année, Steven Spielberg est le kiss-cool du 7ème art. Il y a le premier effet avec un superbe film hollywoodien extrêmement classique, Pentagon Papers. Puis il y a le deuxième avec un film de science-fiction visionnaire, Ready Player One. En deux mois, il aura offert plus de plaisir aux cinéphiles que bien des cinéastes en toute une vie. Plaisir, voilà qui résume bien l'effet produit par ce dernier film sur le spectateur. Un plaisir régressif mais immense. Un film qui confirme définitivement qu'il est peut-être le grand réalisateur de films de divertissement de l'histoire. Commençons par un léger bémol, pour mieux l'écarter rapidement. Ready Player One a comme défaut d'être un peu trop... spielbergien. Il aurait pu être un film encore plus immense s'il avait su dépasser ce manichéisme absolu et cette absence quasi totale de politiquement incorrect. Mais il serait injuste de reprocher d'être juste lui-même quand on apprécie par ailleurs tout ce cette notion recouvre de positif. Ce film reprend la quintessence d'une partie de son œuvre et gommer ses défauts en nommerait aussi quelque peu sa personnalité. - [MEKTOUB, MY LOVE : CANTO UNO : Sensualité faite film](https://julienbouffartigue.net/2018/04/27/mektoub-my-love-canto-uno/) - J'entretiens une relation passionnelle avec le cinéma d'Abdelatif Kechiche. Passionnelle, mais légèrement tumultueuse. Car si le cinéaste français a signé à mon sens avec la Vie d'Adèle un des films les plus extraordinaires de l'histoire du cinéma, récompensé par une des Palmes d'Or les plus mérités, il est également l'auteur de l'Esquive, qui est pour moi peut-être le plus mauvais film jamais récompensé par un César. Et entre les deux, se situe la Graine et le Mulet, dont la première moitié est aussi sans intérêt que la seconde est absolument fantastique. J'avais donc hâte de savoir où se situerait Mektoub, my Love : Canto Uno. Autant lever le suspense tout de suite, Mektoub, my Love : Canto Uno est un film merveilleux. Commençons pas son seul défaut : il représente ce qu'Abdelatif Kechiche fait de mieux, mais sans rien de vraiment nouveau ou surprenant quand on connaît bien la carrière de ce dernier. Le film n'est donc pas une claque comme a pu l'être la Vie d'Adèle. C'est l'œuvre d'un cinéaste sûr de son génie et qui sait l'utiliser à la perfection. Certes, il ne sort pas de sa zone de confort, mais en a-t-il vraiment besoin quand on maîtrise à ce point l'art de la réalisation. - [LA MORT DE STALINE : La mort ne leur va pas si bien](https://julienbouffartigue.net/2018/04/26/la-mort-de-staline/) - La mort de Staline ne semble pas à première vue représenter un événement historique susceptible d'inspirer une pure comédie, mais plutôt un drame historique à la hauteur du personnage. A première vue seulement. La preuve en est avec un film simplement intitulé... la Mort de Staline. Preuve à moitié convaincante cependant. Dans l'histoire du cinéma, certains dictateurs auront inspiré des comédies infiniment plus marquantes. Mais n'est pas Charlie Chaplin ou Sacha Baron Cohen qui veut. La Mort de Staline n'est pas totalement raté. Mais difficile de ne pas être déçu, tant la bande-annonce était prometteuse. Malheureusement, elle dévoilait l'essentiel des ressorts comiques utilisés et le film ne dévoile guère d'autres surprises. Du coup, ça tourne vite en rond et sans être réellement poussif, le film devient routinier et par la même occasion à moitié drôle. On peut saluer l'audace de l'idée de départ mais on a bien du mal à s'enthousiasmer réellement pour sa concrétisation. Un rendez-vous raté donc, ou en tout cas assez décevant. - [LA PRIERE : La vie n'est pas un long fleuve tranquille](https://julienbouffartigue.net/2018/04/25/la-priere/) - Lorsqu'un réalisateur cherche à nous dire quelque chose au travers d'un film, deux possibilités s'offrent à lui. Soit il expose clairement son propos et développe un à un les arguments qui doivent convaincre le spectateur. Soit il laisse planer jusqu'au bout le suspense quant à la conclusion de sa démonstration. Cette seconde possibilité est clairement le choix fait par Cédric Kahn avec la Prière. Une histoire forte dont on se demande jusqu'à l'ultime image où elle va nous mener. Cette attente constitue un moyen efficace pour happer l'attention du spectateur. Cela permet surtout à ce dernier de suivre à la trace le chemin suivi par le personnage principal. Comme lui, on ne sait pas où tout cela va nous mener et on partage ses doutes et ses interrogations. Cela renforce évidemment l'attachement que l'on peut ressentir et démultiplie les émotions fortes véhiculées par cette histoire. En effet, la route que nous fait emprunter la Prière est loin d'être paisible et tranquille. - [COMMENT VA LA DOULEUR ? (Pascal Garnier) : Tragi-comique](https://julienbouffartigue.net/2018/04/25/comment-va-la-douleur/) - Certains titres sont parfois trompeur. On a du mal à imaginer qu'un roman intitulé Comment Va la Douleur ? ne soit pas sinistre. Surtout quand il débute par un événement plutôt tragique. Mais il ne faut vraiment jamais juger un livre par sa couverture et donc encore moins par son titre. Non que le roman de Pascal Garnier soit exempt de toute noirceur, mais il nous livre une histoire tragi-comique que l'on savoure avec plaisir. Comment Va la Douleur ? est avant tout une rencontre. La rencontre de deux personnages tout d'abord, à l'origine de toute l'histoire. Mais aussi la rencontre du lecteur avec ces personnages. Leur personnalité originale représente l'élément le plus marquant du récit. Les aventures et mésaventures qu'ils vont vivre tirent leur intérêt principalement de la manière dont elles vont faire évoluer les protagonistes et la relations qu'ils entretiennent. - [LA BELLE ET LA BELLE : Gâchis et gâchis](https://julienbouffartigue.net/2018/04/22/la-belle-et-la-belle/) - Une bonne idée de base, deux très bonnes actrices, on peut se dire que cela constitue une très bonne base pour proposer un excellent film. Une base suffisamment bonne en tout cas pour attirer le spectateur en salle. Mais une fois que la lumière s'éteint, ce dernier, même pas spécialement exigeant, en attend plus. Et s'il ne trouve pas ce petit supplément, il ressort du cinéma forcément déçu. C'est exactement le sentiment qui m'a habité lorsque je suis ressorti de la Belle et la Belle. Sophie Filières échoue à donner corps à son idée de départ. Cette dernière est certes intéressante, mais la réalisatrice ne sait pas vraiment quoi en faire. Le propos reste donc très superficiel et n'éveille guère d'intérêt chez le spectateur. On traverse le film en se demandant quand l'histoire va enfin décoller. Ce moment n'arrive jamais. La Belle et la Belle gâche donc son potentiel scénaristique. Ce n'est malheureusement pas tout. - [LES BONNES MANIERES : Les bonnes idées](https://julienbouffartigue.net/2018/04/18/les-bonnes-manieres/) - Les films de genre ont souvent ce charme particulier lié à un manque de moyen par rapport à ce qui serait nécessaire, le fantastique ou l'horreur exigeant souvent quelques effets spéciaux. Mais comme ce genre de film est le fruit de cinéastes plein d'imagination, ils se débrouillent souvent pour contourner ces contraintes en faisant beaucoup avec peu. Ce sont un peu les McGyver du cinéma. Au Brésil comme ailleurs. La preuve avec les Bonnes Manières, un film qui ne bénéficie certainement pas du budget le plus colossal de l'histoire du cinéma, mais de beaucoup de bonnes idées. Raconter quoi que ce soit à propos de l'histoire de les Bonnes Manières serait relativement criminel. En effet pendant une bonne moitié du film, le scénario est construit pour nous dévoiler très lentement le fond de l'intrigue. La deuxième partie sera plus directe mais la première est un peu comme un strip-tease scénaristique. Anticiper l'effeuillage revient à priver le spectateur d'une partie du plaisir. En tout cas, la narration est remarquablement construite pour masquer le plus longtemps possible le fin mot de l'histoire. Cette première partie constitue vraiment l'aspect le plus intéressant de ce film, la seconde étant nettement plus classique. - [VENT DU NORD : Bon vent !](https://julienbouffartigue.net/2018/04/14/vent-du-nord/) - Prolétaires du monde entier, unissez-vous ! Tel pourrait être le slogan de Vent du Nord. Un film social qui nous emmène de France en Tunisie, autour de la délocalisation d'une usine et du destin d'un ouvrier d'ici et un de là-bas. Un film dans une pure tradition cinématographique française, mêlant portrait de personnage et message politique (de gauche) sous-jacent. Et ce qu'il y a de bien avec les traditions, c'est que même quand ce n'est pas génial, ce n'est pas mal quand même. Surtout quand le film a la bonne idée de ne pas livrer de propos manichéen ou caricatural. Vent du Nord échappe totalement au travers le plus courant de ce genre de film, à savoir le misérabilisme. Aucun personnage n'est une pure victime, sans pour autant que cela vienne édulcorer les idées défendues. Le film brille donc par son équilibre, même si j'aurais personnellement opté pour une fin différente. La démonstration n'est pas la plus brillante et la plus profonde qui soit, mais elle est menée avec conviction et sincérité. On est du coup forcément touché par ces personnages qui n'ont pas la vie facile, même s'ils ne s'en laissent pas compter. - [CHRONIQUES D'UN GUERRIER SINAMM, TOME 2 : LA TERRE D'HORIZON (Nicolas Jarry) : Deuxième chance](https://julienbouffartigue.net/2018/04/03/la-terre-d-horizon/) - Quand une série commence un peu mollement, il faut parfois savoir lui laisser une chance. C'est vrai pour les séries télévisées mais aussi en littérature. Le Loup de Deb, premier volet de la trilogie Chroniques d'un Guerrier Sînamm, ne m'avait qu'à moitié convaincu. Mais comme ce sont les tomes 2 et 3 que j'ai ramassé un beau jour devant chez moi, la suite m'attendait déjà dans ma bibliothèque. Je me suis donc attaqué à La Terre d'Horizon sans en attendre grand chose et sans grand risque d'être déçu. Et au final, ce fut tout le contraire. La Terre d'Horizon est loin d'être le plus grand chef d'œuvre de l'histoire de la fantaisie, soyons clair. Mais il a gommé beaucoup des défauts dont souffrait le premier épisode. En premier lieu, le récit est beaucoup plus clair. On comprend ce qui se passe, les enjeux de chaque passage et la motivation des personnages. Il règne parfois encore un léger flou, mais rien qui puisse perdre le lecteur et c'est vraiment appréciable. Du coup, on peut vraiment prendre le temps de découvrir l'univers crée par Nicolas Jarry. - [THE RIDER : Grands espaces intimistes](https://julienbouffartigue.net/2018/04/03/the-rider/) - Ces dernières semaines, nous avions déjà pu redécouvrir avec Hostiles à quel point les grands espaces américains étaient cinégéniques. On peut s'en persuader définitivement en allant voir The Rider. Même s'il y est question de cow-boys et de chevaux, ce film n'a cette fois rien d'un western. La magie des images restent pourtant la même, même pour un propos radicalement différent. Un décor ne fait pas un film. Mais un décor sublime peut tout de même aider à faire d'un beau film un très beau film. The Rider est un film portrait. Celui d'une étoile montante du rodéo, privé de sa passion suite à un accident. Un tel pitch pourrait en arrêter certains, si jamais la musique country et les chevaux sauvages les laissent froid. Cela constituerait une grossière erreur car la quête du jeune homme pour trouver un nouveau sens à sa vie nous offre un propos d'une portée qui dépasse de très loin son point de départ. Certes, le décor est particulier, mais le thème développé est universel. Surtout quand il est développé avec autant de subtilité, de finesse et un rien de poésie. - [NEW VIEW (Eleanor Friedberger), LES CONQUETES (Radio Elvis), EVERYTHING YOU'VE COME TO EXPECT (The Las Shaddow Puppets) : Du solide !](https://julienbouffartigue.net/2018/04/02/new-view/) - On commence cet avis musical avec une artiste, chanteuse, compositrice et interprète, américaine, Eleanor Friedberger. Elle a connu une première carrière au sein d'un groupe intitulé The Fiery Furnaces, avant continuer en solo. New View, sorti en 2016, est son troisième album en solitaire. Elle nous offre une musique pop-folk portée par sa voix claire et des instrumentations simples mais très agréables. On y retrouve un travail discret, mais intéressant sur les sonorités. Le tout est interprété avec conviction. L'album est vraiment sympathique et de qualité de bout en bout. Mention spéciale pour le titre Because I Asked You. On enchaîne avec le groupe français Radio Elvis, que je connaissais avant tout de nom, suite à leur Victoire de la Musique remportée en 2017. Leur unique album à ce jour, les Conquêtes, nous permet de découvrir la voix assez prenante de Pierre Guénard. Les mélodies sont assez simples mais mettent parfaitement en valeur cette dernière. Les textes sont parfois assez obscurs, voire carrément absurdes, mais apparaissent plutôt comme un support pour la voix. La musique est parcourue de quelques accents électro, pour un résultat fort sympathique. Surtout que les titres sont assez variés pour être écoutés avec un minimum d'attention du début à la fin. - [RAZZIA : Not much loved](https://julienbouffartigue.net/2018/04/02/razzia/) - Le plus difficile dans une carrière, c'est de confirmer après une victoire. Ah oui, c'est vrai, je ne suis pas censé parlé de sport ici, mais de cinéma. Mais le parallèle est facile. Nabil Ayouch avait signé avec Much Loved un film magnifique qui avait fait énormément de bruit. Il était évidemment au tournant pour son prochain film. Razzia paraissait particulièrement prometteur à la vue de la bande-annonce. C'est donc avec une réelle impatience que je m'y suis rendu. Malheureusement, la réussite fuit parfois le buteur qui venait pourtant de signer un triplé le match précédent... Bon allez, fin du parallèle footballistique. La différence entre Much Loved et Razzia permet de bien saisir ce qu'est l'inspiration. Les deux films sont proches dans leurs dimensions humanistes, relevant toutes les failles de la société marocaine. Mais si le premier avait été touché par une grâce absolue, le second ressemble à une démonstration un peu forcée, un peu facile. Il est incontestable que ce qui est exposé correspond bien à une réalité, mais elle est livrée ici de manière trop directe, sans ce supplément d'âme qui fait passer du convaincant au sublime. On partage bien les difficultés traversées par les personnages, mais sans émotion débordante. - [AVANT QUE NOUS DISPARAISSIONS : Envahisseurs et vieilles ficelles](https://julienbouffartigue.net/2018/04/01/avant-que-nous-disparaissions/) - Les envahisseurs sont parmi nous ! Non ce n'est pas le titre d'un vieux tract du Front National (enfin pas que), mais un thème classique de la science-fiction des années 60. Un thème désormais largement tombé en désuétude. Mais ceci n'est pas pour faire peur au cinéma nippon qui n'est pas avare de thèmes quelque peu décalés. La preuve avec Avant que Nous Disparaissions, une œuvre qui réhabilite des mécanismes scénaristiques quelque peu oubliés. Cependant il faut avouer qu'on comprend pourquoi ils avaient été abandonnés. L'avantage avec l'idée des envahisseurs qui prennent la place d'humains, c'est que cela ne demande pas trop de moyens. En effet, pas de costumes, maquillages ou autres effets spéciaux, mais juste des acteurs habillés comme vous et moi. Avant que Nous Disparaissions ne bénéficie clairement pas d'un budget colossal. Du coup, il faut compenser par de l'imagination et des idées. Cela donne un caractère assez rafraîchissant à ce film, qui se situe très loin d'Independance Day, malgré une idée départ pas si éloigné. Malheureusement, le scénario reste un peu la reliure entres deux chaises. - [HOSTILES : Le sang de la plaine](https://julienbouffartigue.net/2018/03/31/hostiles/) - Longtemps les westerns ont été le plus souvent une affaire de cow-boys et d'indiens. Puis peu à peu, il n'a plus été de bon ton de faire de ces derniers les méchants, face à des pionniers courageux venus apporter la civilisation à des sauvages sanguinaires. Du coup, leur présence se fait plus discrète dans les scénarios. Hostiles remet au cœur d'un film ce passé sombre et sanglant. Son grand mérite reste d'avoir su aborder le sujet sous un angle nouveau. Mais il présente aussi certaines limites. Hostiles est en premier lieu un film de personnages. Des personnages qui doivent vivre avec un passé marqué par la mort qu'ils ont semé et la culpabilité qui en résulte et qui les ronge. Le film ne traite donc pas tant des guerres indiennes, que sur les traces qu'elles ont laissées chez les vétérans. Un sujet rarement traité pour ces conflits, alors qu'il est extrêmement classique pour des épisodes plus récents. La réalisation est formellement de très grande qualité, exploitant une nouvelle fois le potentiel cinématographique des grands espaces américains. - [TESNOTA : Une vie et une caméra à l'étroit](https://julienbouffartigue.net/2018/03/30/tesnota/) - La Russie est un pays joyeux qui nous offre régulièrement des comédies tout aussi joyeuses et légères... ou pas. En effet, les films russes distribuées en France nous raconte plutôt un pays qui fait face à de graves difficultés et une société profondément fracturée. Tesnota nous emmène dans les temps qui ont suivi la chute de l'URSS pour nous faire découvrir une Russie profonde où surgit alors un communautarisme et où règne une insécurité de tous les instants. Autant d'éléments qui broyent tout désir d'émancipation (le sous-titre du film est Une Vie à l'Etroit). L'histoire de Tesnota tourne autour du désir de liberté d'une jeune fille, malgré la désapprobation de sa famille et de ses proches. Mais le film prend aussi le temps de nous décrire cette société qui vient de perdre ses repères et qui se fracture à vitesse grand V. Cette double clé d'entrée donne au propos sa richesse et tout son intérêt. Il est vrai qu'elle dilue aussi le rythme d'un récit dont on sort parfois pour entrer dans ce qui ressemblerait presque à un documentaire. Il nous propose notamment un long passage d'images d'archives sur l'arrivée de l'islamisme en Tchétchénie assez dérangeant et qui à un rapport lointain avec le fil rouge narratif. - [L'ORDRE DES CHOSES : L'ordre et la morale](https://julienbouffartigue.net/2018/03/25/l-ordre-des-choses/) - Partir de faits d'actualité extrêmement récents pour en faire des films est plutôt l'apanage du cinéma américain. Mais le cinéma européen n'est pas en reste, comme le prouve l'Ordre des Choses, un film italien, traitant des rapports troubles entre le gouvernements de ce pays et les autorités libyennes pour réguler le flux de réfugiés prêts à traverser la Méditerranée. Et vu le chaos qui règne à Tripoli, ces relations sont particulièrement complexes. Elles posent surtout des questions morales fondamentales. L'Ordre des Choses est à la fois un film de personnage et la dénonciation de tout un système. En se focalisant sur un rouage, le scénario parvient cependant à dresser les plans d'une mécanique beaucoup plus large et nous en décrypter le fonctionnement. Par contre, la question morale se pose à l'échelle de l'individu, mais il pose du coup la question de la place de la responsabilité individuelle dans un système. L'éternelle question du « si je trouve le courage de dire non pour suivre ma conscience, au fond ça ne changera rien, alors est-ce que ça vaut le coup ? ». L'histoire nous conduit vers une conclusion forte et tranchée, mais jusqu'à la dernière seconde, on s'interrogera sur ce qu'elle va être. - [TOUT LE MONDE DEBOUT : A bas les préjugés !](https://julienbouffartigue.net/2018/03/25/tout-le-monde-debout/) - Il ne faut jamais avoir définitif sur quoi que ce soit. Et surtout sur qui que ce soit. Par exemple, je n'ai strictement aucune affection pour Franck Dubosc. Mais pas encore assez d'antipathie pour refuser d'aller voir Tout le Monde Debout sous prétexte qu'il figurait à l'affiche, alors que les critiques apparaissaient plutôt élogieuses. Mais quand j'ai découvert pendant le générique qu'il était aussi réalisateur, j'ai pris un peu peur. Une appréhension largement infondée puisque le film est au final agréablement réussi. On savait depuis la Famille Bélier que l'on peut proposer de jolies comédies sur le sujet du handicap, sujet pas très drôle à première vue. Cela se confirme avec Tout le Monde Debout. L'humour est utilisé non pour se moquer, mais pour apporter un regard tendre et positif, et chasser tout misérabilisme facile. L'équilibre n'est pas forcément facile à trouver, mais Franck Dubosc est vraiment parvenu. Il signe au final une comédie romantique presque comme les autres, même si quelques passages sont porteur d'une réflexion sur le poids du regard des autres. - [GHOSTLAND : Tension maximale](https://julienbouffartigue.net/2018/03/23/ghostland/) - Si j'aime aussi passionnément le cinéma, c'est que je suis capable de vivre les histoires qu'il raconte comme si je les vivais moi-même. Donc vous imaginez dans quel état peuvent me mettre les films qui font peur. Surtout ceux qui font vraiment peur comme Ghostland. J'ai vécu grâce à ce dernier un vrai moment de plaisir masochiste. Mais moins que ma voisine de fauteuil qui a failli faire un malaise ! Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'en menais pas large non plus. Ce qu'il y de très énervant avec Ghostland, c'est qu'à peu près tout ce qui arrive est largement prévisible. Malgré cela, le film reste terriblement efficace. Peut-être justement parce qu'on reste tendu constamment dans l'attente de quelque chose d'inexorable, mais que l'on aurait tellement envie d'éviter. La tension reste l'élément le plus marquant de ce film qui nous oppresse dès les premières minutes. Et pas du tout parce qu'on a forcément un peu peur que Mylène Farmer se mette à chanter. - [LA NUIT A DEVORE LE MONDE : Robison Crusoë contre zombies](https://julienbouffartigue.net/2018/03/18/la-nuit-a-devore-le-monde/) - Le film de genre est souvent vu comme le parent pauvre du cinéma français, parfois jugé avec une pointe de mépris par les intellectuels du cinéma. Et dans la grande famille des films de genre, les films de zombies encore plus. Il y avait bien eu la Horde il y a quelques années, mais le film n'avait pas reçu un très bon accueil. La Nuit a Dévoré le Monde est quant à lui plutôt salué par la critique. On ne peut que s'en réjouir même s'il confirme que niveau moyens, parent pauvre reste bien le mot. La Nuit a Dévoré le Monde est un film à petit budget et ça se voit. Mais de la contrainte naît souvent la solution. Sans cela, le scénario n'aurait très certainement pas été aussi intelligent et malin. Le film n'est pas vraiment un "survival horror movie", mais plutôt une vision moderne et un rien décalé de Robinson Crusoë. L'histoire joue sur d'autres ressorts que les classiques du genre et le résultat est un rien inattendu et agréablement rafraîchissant. Le film souffre peut-être de quelques longueurs, mais rien de bien méchant. - [LA FETE EST FINIE : La vie continue](https://julienbouffartigue.net/2018/03/18/la-fete-est-finie/) - Je reproche parfois au cinéma de donner vie à l'idée que deux personnes qui vont mal, parce qu'elles vont se rencontrer et se comprendre vont réussir à s'aider mutuellement à aller mieux, alors que dans la vraie vie elles se s'entraîneraient plutôt mutuellement vers le fond. C'est exactement ce que je craignais en allant voir la Fête est Finie, surtout que la bande-annonce le laisser penser fortement. Finalement, le propos de ce film est beaucoup plus subtil que ça, le tout porté par une très belle interprétation. La Fête est Finie aurait pu facilement proposer un scénario cousu de fil blanc, mais il n'en est rien. Au contraire, l'histoire prendra des directions que l'on avait pas anticipé et qui nous surprennent agréablement. Ces rebondissements servent avec intelligence un propos qui vise justement à nous expliquer que rien n'est jamais aussi simple que ce que laissent présager les apparences. Et le scénario parvient à proposer tout ceci, tout en apportant un message finalement optimiste. Vu le sujet, on peut considérer ça comme une jolie prouesse. - [THE DISASTER ARTIST : Savoureux désastre](https://julienbouffartigue.net/2018/03/15/the-disaster-artist/) - Pour devenir célèbre, il faut figurer parmi les meilleurs. Mais pas forcément les meilleurs en partant du début. Etre terriblement mauvais peut aussi vous permettre d'atteindre un haut degré de notoriété, voir même devenir l'objet d'un culte. Au cinéma, il y a le cas Ed Wood qui a eu droit à son biopic hommage signé Tim Burton, hommage mérité quand on est le réalisateur du supposé plus mauvais film de l'histoire. Il y aura désormais Tommy Wiseau, à qui on doit l'inénarrable The Room, auquel James Franco rend hommage pour son premier et nous offre, avec The Disaster Artist, un joli moment de bonheur cinématographique. Si The Disaster Artist est avant tout une comédie. Bien sûr, elle n'aurait pas la même saveur s'il ne nous racontait pas une histoire vraie. Pour preuve, un des moments les plus savoureux reste le générique de fin où on peut comparer le vrai The Room, avec sa reconstitution, particulièrement fidèle, pour ce film. James Franco a une vraie tendresse pour son sujet et cela se sent. Il se moque certes, ce qui nous fait rire, mais il a aussi une pointe d'admiration pour cette homme qui a mené son projet jusqu'au bout, entraîné par sa folie douce, sans jamais renoncer. Il entraîne avec lui le spectateur, partagé de la même façon. - [MOI, TONYA : 50 nuances de gris](https://julienbouffartigue.net/2018/03/13/moi-tonya/) - Au cinéma, il y a souvent des gentils et des méchants. Dans la vie, les choses sont généralement beaucoup plus compliquées, même si l'opinion aime beaucoup repeindre la réalité en noir et blanc. Une opinion qui, à une époque, avait fait de Tonya Harding une super-vilaine, elle qui avait cherché à abattre la super-héroïne Nancy Kerrigan. Moi, Tonya cherche à nous montrer que cette vision manichéenne n'est peut-être pas LA vérité. Si tant est que cette dernière existe. Moi, Tonya a évidement une saveur particulière pour ceux qui se rappellent très bien de cette épisode de l'histoire du sport. Mais ce film peut séduire un public beaucoup plus large par l'originalité de la manière dont il traite son sujet. Certes, la figure de l'anti-héros est assez commune, mais rarement on n'aura poussé la logique aussi loin. La grande force de ce film est de ne pas chercher à rendre son personnage sympathique, mais juste à le sortir d'une vision simpliste. En lui donnant de l'épaisseur et une certaine complexité, le spectateur finit par changer le regard qu'il porte sur cette patineuse hors norme. A défaut de l'aimer, on se dit que c'est trop simple de juste la détester. Trop simple et sûrement trop injuste. - [DISTANCE INBETWEEN (The Coral), FOR THE YOUNG (Anna Ternheim), NEW MISERY (Cullen Omori) : Ce petit rien qui manque](https://julienbouffartigue.net/2018/03/11/for-the-young/) - On début cet avis musical par un groupe de rock britannique, The Coral et leur album Distance Inbetween, sorti en 2016. Une formation qui se distingue par la présence d'un organiste dans sa composition. Le tout donne un rock légèrement psychédélique, limite mystique parfois. Leur musique est maîtrisé à défaut d'être emballante. L'ambiance est un peu évaporée et les instrumentations sont parfois lancinantes. La voix de James Skelly manque au final de profondeur pour vraiment donner à leur musique un élan supplémentaire qui ferait la différence. Anna Ternheim est une auteur-compositeur-interprète suédoise. For the Young est son 5ème album. Son style rappelle fortement celui de Suzanne Vega et leurs voix sont vraiment très proches. Elle nous offre de nombreuses ballades mélancoliques. Le résultat est maîtrisé et agréable mais manque quand même de ce petit rien, qui lui permettrait de dépasser le stade du « gentillet ». Cela manque parfois un peu de variété quand même, les instrumentations étant toujours très épurées. - [LADY BIRD : Wonderful Lady](https://julienbouffartigue.net/2018/03/11/lady-bird/) - Quoi de mieux qu'un dimanche après-midi pluvieux pour aller au cinéma. Et dimanche dernier le fut particulièrement. Quoi de mieux surtout quand vous vous rendez dans une salle obscure non pas pour un, mais pour deux films merveilleux qui vous enchantent et vous font totalement oublier le temps qu'il fait. Après Call Me By Your Name, j'ai eu la chance dimanche dernier d'aller voir dans la foulée Lady Bird. La qualité de ce dernier m'a définitivement permis de passer une formidable après-midi cinématographique. Lady Bird est un énième portrait d'adolescente un peu « différente ». Sujet assez classique mais qui peut donner le meilleur comme le pire. Vous l'aurez compris ici, il s'agit vraiment du meilleur. Un film tendre, drôle, féroce parfois, émouvant souvent. Un film de personnage, avec en creux cependant un portrait de la jeunesse et la société américaine, le tout dans un subtil et savoureux équilibre. Chaque élément, chaque sujet prend naturellement sa place à côté d'un autre pour que le scénario ne perde jamais en intérêt, ni en intensité. - [CALL ME BY YOUR NAME : Rencontre universelle](https://julienbouffartigue.net/2018/03/10/call-me-by-your-name/) - Call Me By Your Name n'a rien d'original. Ni dans son scénario, ni dans sa forme. Des thèmes que le cinéma évoque souvent, un dénouement finalement prévisible. Cependant, c'est bien d'un très beau film dont je vais vous parler. Certaines histoires peuvent être revisitées encore et encore, sans ne jamais donner l'impression que l'inspiration manque à celui qui s'en empare après tant d'autres. Deux êtres humains qui se rencontrent et qui vivent une histoire d'amour, rien n'est plus éculé. Pourtant, malgré tout, rien n'est plus sublime parfois. La différence d'âge, l'homosexualité, au fond tout cela n'a pas tant d'importance. Bien sûr, ces éléments donnent à Call Me By Your Name son intérêt, mais la naissance du désir, les deux êtres qui se cherchent avant de se trouver, tout cela reste profondément universel. Luca Guadagnino a la réalisation, James Ivory au scénario parviennent cependant à traiter ce sujet avec une subtilité rare, explorant avec une force rare la profondeur des sentiments qui naissent lors d'une passion soudaine (ou presque) et irrépressible. Une dissection du cœur et de ses raisons pour un sublime cours d'anatomie. - [L'ANGE DES TENEBRES (Caleb Carr) : Il n'est jamais trop tard](https://julienbouffartigue.net/2018/03/10/l-ange-des-tenebres/) - Il faut parfois savoir être patient. Les premières pages d'un livre peuvent ne pas être particulièrement emballantes avant de vous conduire doucement vers un dénouement nettement plus réussi. La patience est alors récompensée. J'ai attaqué la lecture de l'Ange des Ténèbres avec beaucoup d'envie puisqu'il s'agit de la suite (qui peut cependant se lire indépendamment) de l'Aliéniste, petit chef d'œuvre du polar historique. Longtemps la déception a prédominé avant un dernier quart réellement emballant. Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Une grande partie des intrigues ne sont pas imaginées pour elles-mêmes mais parce qu'elles forment le chemin qui conduit au point exact où l'auteur souhaite emmener son lecteur. C'est exactement ce qui se passe avec l'Ange des Ténèbres. Le lecteur a pendant longtemps l'impression de perdre son temps avant d'aboutir à la confrontation directe entre les protagonistes. Une confrontation qui nous fera presque oublier le léger ennui qui a précédé, en se disant qu'il fallait en passer par là. Le roman aurait clairement gagné à être plus équilibré, mais on est heureux de retrouver enfin le même bonheur que l'on avait ressenti à la lecture de l'Aliéniste. - [LA FORME DE L'EAU : Amélie Poule d'Eau](https://julienbouffartigue.net/2018/03/04/la-forme-de-l-eau/) - Il y a des films qu'on aime autant que l'on s'y attendait, d'autre que l'on déteste sans aucune surprise. Des films que l'on apprécie alors qu'on en attendait rien. Et enfin des films qui nous déçoive alors qu'on aurait tant voulu les aimer. Parce que le thème nous parle, parce que l'on admire le réalisateur ou qu'on idolâtre les acteurs, parce que les critiques apparaissent unanimes. Qu'importe. Juste compte le fait que l'on se sent au final un peu trahi. Du coup, on a du mal à apprécier pleinement des qualités réelles, mais pas à la hauteur de ce que l'on attendait. C'est exactement ce que j'ai ressenti en voyant la Forme de l'Eau. On m'avait prévenu, mais j'ai quand même été frappé par la première moitié de la Forme de l'Eau largement inspiré d'Amélie Poulain, au moins d'un point de vue formel. On peut y voir un hommage ou bien le signe d'un léger manque d'inspiration. Le soucis est qu'à côté de ça, je n'ai pas vraiment trouvé les personnages plus attachants que ça. C'est un peu trop forcé, un peu trop facile. Des personnages taillés pour être aimés (ou à l'inverse détestés) mais qui sont ainsi totalement lisses. Du coup, j'ai ressenti au moins autant d'indifférence que d'émotion en suivant les épreuves qu'ils vont traverser. - [SECRET IN THE DARK (Monika), JESU/SUN KIL MOON (Jesu/Sun Kill Moon), WHO SOLD MY GENERATION (Night Beauts) : Allons voir chez les Grecques](https://julienbouffartigue.net/2018/03/03/secret-in-the-dark/) - On ne part ni en Angleterre, ni aux Etats-Unis pour commencer cet avis musical, mais en Grèce, destination beaucoup moins commune. On y part pour une jolie découverte. Monika et son album Secret in the Dark, sorti en 2014. Elle nous livre des titres variés et maîtrisés, même s'ils sont parfois quelque peu lancinants ou répétitifs. Mais dès que c'est plus dynamique et plus groovy, ça devient tout de suite plus convaincant, plus que les moments de douceur. Du bon et du moins bon donc, mais un moment musical quand même globalement agréable. L'album Jesu/Sun Kil Moon est tout simplement un duo entre l'artiste électro Jesu et le chanteur folk Sun Kil Moon. La rencontre donne un rock sombre et tristounet. La voix parle plus qu'elle ne chante pour un résulte globalement lancinant et pénible. Les titres sont toujours sur le même ton et sont parfois réellement interminables. Bref, on oublie ! - [L'APPARITION : Quêtes intérieures](https://julienbouffartigue.net/2018/03/03/lapparition/) - Le religieux et le mystique constituent deux bonnes sources d'inspiration pour les scénaristes. En effet, ils permettent facilement de placer facilement des personnages dans une position où il vont douter, ne sachant pas ce qui relève du miraculeux surnaturel et ce qui relève de la supercherie cherchant à abuser de la naïveté du croyant. L'Apparition exploite pleinement ce filon, qui constitue réellement le cœur de l'intrigue. Mais au final, le film dresse avant tout le portrait de ses protagonistes, avant de nous raconter une quête pour la vérité. Le fil rouge narratif de l'Apparition reste bien pourtant la question du mensonge ou de la vérité. Mais il nous conduira à une explication finale assez décevante, qui nous fait dire « tout ça, pour ça ! ». Si cet aspect du scénario peut fasciner au début et nous permettre de rentrer dans l'histoire, on va vite décrocher pour mettre ça en second plan dans notre esprit. Le film aurait été d'une autre envergure avec un peu plus de consistance à ce niveau. On peut cependant respecter pleinement le choix de Xavier Giannoli de faire de son film, plutôt qu'un pseudo-polar, un film humaniste. - [PHANTOM THREAD : Sentiments paradoxaux](https://julienbouffartigue.net/2018/02/28/phantom-thread/) - Il est des films que l'on adore, d'autres que l'on déteste. Des sentiments clairs et tranchés. Mais d'autres encore ne vous laissent qu'une impression fugace et neutre. D'autres enfin font naître chez vous quelque chose de tangible et durable, mais indéfinissable. Positif ou négatif, dur de se décider et de répondre à cette question toute bête (et souvent insupportable) : alors, tu as aimé ? En tant que critique amateur, je me dois de répondre à cette question et même d'argumenter. Pour Phantom Thread, l'exercice sera particulièrement difficile. D'un point de vue purement formel, on ne peut qu'être impressionné par la maîtrise totale et absolue de Paul Thomas Anderson. Mais même fait exprès, un grain d'image volontairement désuet comme celui de Phantom Thread peut rester un choix artistique assumé, mais dont l'intérêt ne saute pas aux yeux. De même une direction d'acteurs parfaite, sublimant le jeu sublime (c'est dire) d'un comédien et d'une comédienne habitant leur rôle comme rarement, ne garantit en rien que l'on va s'attacher aux personnages. L'admiration n'est définitivement pas l'amour. Ils n'ont rien d'incompatibles, mais l'un peut aller sans l'autre. - [BLACK PANTHER : Un héros renversant](https://julienbouffartigue.net/2018/02/25/black-panther/) - Les amateurs peu éclairés des films Marvel ont pu se dire en voyant arriver Black Panther que les producteurs commençaient vraiment à consacrer des films à des super-héros de seconde zone. Mais s'ils pensent cela, c'est bien qu'ils sont des amateurs peu éclairés. En effet, le personnage reste un des piliers de cet univers et occupe une place singulière dans l'histoire de sa construction. Ce n'est donc que justice de lui consacrer un long métrage à lui tout seul. Surtout un long métrage aussi réussi. Black Panther a fait beaucoup parlé de lui du fait de sa résonance avec une actualité beaucoup moins légère qu'un film de super-héros. Une actualité mais aussi en fait toute une histoire puisque ce super-héros a bien été crée avec une arrière pensée politique et sociale. Le film est en train d'avoir le même impact que la naissance de son alter-ego dessiné en 1966. En faire abstraction revient à passer à côté de l'essence même du personnage. Le renversement des valeurs (et des clichés) qui caractérisent ce film lui procure une saveur supplémentaire et donne quelque peu à réfléchir. - [LE RETOUR DU HEROS : Héros et héroïne](https://julienbouffartigue.net/2018/02/24/le-retour-du-heros/) - Le danger lorsque l'on confie un rôle de cabot à un acteur qui a une légère tendance à cabotiner, c'est que cela tourne vite au cabotinage. Mais les dangers sont parfois évités et le pire n'est jamais sûr. La bande-annonce du Retour du Héros pouvait facilement faire craindre le pire à ce niveau-là. Car malgré l'immense de talent de Jean Dujardin, sans une direction d'acteur un minimum ferme, il peut vite sombrer dans le n'importe quoi non contrôlé et horripilant. Il n'en est au final rien et on assiste avec plaisir à cette comédie légère et maîtrisée. Certes, j'ai introduit ma critique du Retour du Héros en parlant de Jean Dujardin. Mais il serait pas impardonnable de lui associer dès ce second paragraphe Mélanie Laurent. Tout le monde (ou presque) connaît mon amour immense pour cette actrice qui transforme tous les films qu'elle tourne (ou presque) en or massif. Il serait impossible de dissocier ici ce duo autour duquel tout tourne et qui joue à la perfection, avec une réelle force comique, sans jamais en faire trop une seule seconde. Ils en font beaucoup certes, mais toujours à bon escient car c'est le rôle qui veut ça. Ils emplissent le film d'une énergie et d'un enthousiasme communicatifs. - [LE LABYRINTHE : LE REMEDE MORTEL : Triste fin](https://julienbouffartigue.net/2018/02/21/le-labyrinthe-le-remede-mortel/) - Il trois sortes de trilogie. Celles, extrêmement rares, qui nous proposent trois épisodes de très grande qualité. Celles qui connaissent un coup de mou lors du deuxième épisode avant de rebondir avec éclat pour un final de toute beauté. Et enfin celles qui perdent peu à peu de leur intérêt au fur et à mesure avant de s'achever dans une totale médiocrité. Le Labyrinthe : le Remède Mortel prouve qu'i s'insère dans une saga qui appartient à ce troisième type. Un dénouement qui commence doucement avant de finir totalement à l'arrêt. Le Labyrinthe : le Remède Mortel est typique des histoires dont les scénaristes ont écrit le début sans réellement penser à la fin. Cette histoire relativement passionnante pendant deux épisodes aboutit ici à une impasse. Si le point d'arrivée est somme toute assez logique, on y parvient en suivant un chemin sans imagination. Pas le moindre début de bonne idée pour relancer l'intérêt d'un récit qui devient du coup particulièrement poussif. Bref, une déception sur toute la ligne. - [JUSQU'A LA GARDE : Sidérant](https://julienbouffartigue.net/2018/02/20/jusqu-a-la-garde/) - L'année ne commence vraiment jamais tout à fait sans son premier grand film. Certes, j'ai lancé mes premiers bravos pour 3 Billboards, mais sans aller jusqu'à noter le film assez haut pour qu'il puisse figurer dans mon top de l'année. Ce sera bien le cas de Jusqu'à la Garde. Un film d'une force incroyable qui vous clouera à votre fauteuil. Rarement un film n'aura abordé un sujet aussi grave et aussi ancré dans le réel en produisant un tel effet sur le spectateur, sans que cela ne soit jamais gratuit. L'angoisse est un sentiment plutôt associé aux films d'horreur. Aux sorcières dans le placard ou des fantômes griffus hantant les cauchemars des adolescents. Beaucoup plus près de nous, les cauchemars de certains sont peuplés d'inquiétudes nettement moins fantasmagoriques. Jusqu'à la Garde vous fera partager cette peur qui peut vous saisir sans avoir besoin pour cela de monstre ou de revenant. Il nous propose un récit brut, qui s'adresse avant tout au ressenti. Chacun en tirera une morale ou une conclusion, mais il aura de toute façon beaucoup de matière pour cela. - [SPARRING : 1er round réussi](https://julienbouffartigue.net/2018/02/19/sparring/) - Cela tient désormais du lieu commun pour qui parcourt régulièrement mes critiques, mais la boxe représente pour moi le sport le plus (le seul ?) cinégénique. Pourtant dieu sait si je déteste le noble art en dehors du grand écran. Et ce lieu commun va encore se renforcer avec Sparring. Un film qui parle infiniment plus de boxeurs que de boxe, mais qui nous amène tout de même au bord du ring. Et force est de constater que cela reste un endroit particulièrement bien choisi pour poser sa caméra. Sparring propose une nouvelle version du personnage éternel du combattant un peu trop vieux et usé pour les combats qu'il mène. Un personnage attachant autant que pathétique, mais dont le destin n'est pas écrit d'avance. La fin sera-t-elle noire ou optimiste ? Je ne répondrai évidemment pas à la question mais c'est bien elle qui maintient l'intérêt du spectateur tout du long. Les personnages qui peuplent ce film ne sont pas les plus inoubliables qui soient, mais tiennent assez la route pour nous faire pleinement apprécier ce scénario tout de même bien construit. - [L'INSULTE : Géopolitique pour les nuls](https://julienbouffartigue.net/2018/02/18/l-insulte/) - Les anecdotes en disent parfois plus long que les grands discours théoriques. Des sujets particulièrement obscurs et complexes peuvent devenir nettement plus clairs grâce à un fait qui, dans un premier temps, vous semble anodin. L'Insulte en est une magistrale démonstration. Une histoire dont le point de départ peut sembler insignifiant mais qui nous offre au final toutes les clés pour mieux saisir les tenants et les aboutissants des tensions qui parcourent la société libanaise. Une leçon de géopolitique donc, mais à travers une histoire profondément humaine particulièrement prenante. Vous l'aurez compris le fond de l'Insulte présente un intérêt profond. Mais la forme le rend particulièrement passionnant. Une bonne partie du film revient à un film de procès qui n'a rien à envier aux modèles du genre hollywoodiens. On assiste avec une attention toute particulière à l'enchaînement des événements qui permet de passer de l'acte banal à l'affaire d'état, par une mécanique qui va vite dépasser les protagonistes. La narration est réellement remarquable avec son lot de surprises de rebondissements, qui surviennent à un rythme soutenu. - [LA DOULEUR : Livre audio illustré](https://julienbouffartigue.net/2018/02/06/la-douleur/) - Adapter un roman au cinéma, cela revient un peu à transformer un carré en cercle ou un cercle en carré, comme vous préférez. Il s'agit bien de changer d'objet, avec son lot de renoncements, de sacrifices et de choix douloureux. Il faut faire le deuil du livre pour donner naissance à un film marchant sur ses deux pellicules. Emmanuel Finkiel n'a pas su faire les choix qui s'imposaient pour s'éloigner du texte originale de Marguerite de Duras pour faire de la Douleur un œuvre appartenant pleinement au 7ème art. Sur les un peu plus de deux heures que dure le film, Mélanie Thierry en passe une partie significative à lire de longs passages du roman en voix-off. Du coup, la Douleur ressemble presque autant à un livre audio illustré qu'à un véritable long métrage. Cela plonge le spectateur dans un profond ennui, pour ne pas dire un ennui profond. Cela dilue tout début de tension narrative et prive le récit de toute intensité. Le film se transforme donc en fresque contemplative et faussement intimiste. - [WONDER WHEEL : Bavardages](https://julienbouffartigue.net/2018/02/04/wonder-wheel/) - Au-delà des polémiques concernant Woody Allen, son nouveau film constitue un rendez-vous annuel incontournable pour tous les cinéphiles éclairés. Avec un film par an, le réalisateur new-yorkais ne peut évidemment pas nous proposer à chaque fois un chef d'œuvre. Wonder Wheel restera comme une oeuvre mineure de sa filmographie. Seul l'avenir nous dira s'il s'agit de son dernier film ou non. Si c'était le cas, il aurait alors quelque peu raté sa sortie. Sur la forme, Wonder Wheel est un Woody Allen tout ce qu'il y a de plus classique. Les dialogues occupent une place extrêmement importante. Mais ce qui fait le charme de son oeuvre alourdit ici terriblement le film. Le scénario aurait gagné à être traité de manière moins bavarde. L'histoire avance du coup au ralenti et on décroche parfois un peu. Mais quand on se concentre à nouveau sur l'intrigue, on reprend le fil sans aucune difficulté. Bref on flirte souvent avec l'ennui, un peu trop en tout cas pour s'enthousiasmer pour ce film. - [BLACK RECORD (Rocket From the Tombs), IT'S A HOLIDAY SOUL PARTY (Shanon Jones), LOVE (Get Well Soon) : Soul de Noël](https://julienbouffartigue.net/2018/02/03/it-s-a-holiday-soul-party/) - Rocket From the Tombs est un groupe de punk américain qui a connu une carrière éclair dans les années 70 avant de se séparer. Ils se sont reformés 30 ans plus tard pour signer plusieurs albums dont ce Black Record. En bon représentant de ce genre musical, leur musique commence directement sans introduction. Le ton est plutôt sombre. Le groupe possède un petit côté Iggy Pop, mais en moins bien. L'album compte d'ailleurs des reprises bien en dessous des originaux. Au final, c'est maîtrisé, mais pas vraiment emballant. Shanon Jones aura attendu l'âge de 45 ans pour connaître le succès en 1996. Elle est malheureusement décédée 20 ans après et It's a Holiday Soul Party restera son dernier album. Un album soul comme son nom l'indique, avec un groove chaleureux et entraînant. Les morceaux sont courts et percutants avec un savoureux style rétro. La reprise de White Christmas est notamment excellente, mais c'est bien tout l'album qui est particulièrement solide. - [GASPARD VA AU MARIAGE : Film au praliné](https://julienbouffartigue.net/2018/02/03/gaspard-va-au-mariage/) - La famille au cinéma, c'est un peu comme une boîte de chocolat. On ne sait jamais vraiment sur quoi on peut tomber. Sur le pire, version Festen, au meilleur, version Little Miss Sunshine. Gaspard Va au Mariage est plutôt à ranger dans le deuxième groupe, nous faisant découvrir une famille frappée d'une folie douce savoureuse. Et quoi de plus agréable de tomber sur un des meilleurs chocolats de la boîte (celui au cœur de praliné pour moi), soulagé d'avoir évité celui fourré par un alcool infâme ? J'ai été voir Gaspard Va au Mariage sans en savoir grand chose, si ce n'est le bon retour des critiques. Il a constitué au final une vraie bonne surprise. Un film drôle, touchant et doté d'une belle profondeur. Une leçon de vie servie tout en subtilité, sans aucune lourdeur, sans même en avoir l'air. Il livre une très belle conclusion qui donne à réfléchir et qui mériterait presque de devenir proverbiale. Les personnages sont d'une réelle originalité et tous assez attachants pour que l'on ait une folle envie d'y croire, malgré leur côté quelque peu improbable. - [PENTAGON PAPERS : Le déclin attendra](https://julienbouffartigue.net/2018/01/31/pentagon-papers/) - Les prophètes amateurs sont souvent prompts à annoncer l'inexorable déclin de certains. Mais comme souvent, les prophéties se révèlent aussi fiables qu'un porte-parole de Volkwagen qui parle d'environnement. Roger Federer en a encore fait taire quelques uns ce dimanche et Steven Spielberg a fait de même la même semaine. Pentagon Papers nous prouve à quel point il reste un immense réalisateur. A 71 ans, il est cependant peu probable qu'il corrige ses petits défauts qui nous gâche parfois un tout petit peu le plaisir. Avec Pentagon Papers, Steven Spielberg démontre sa maîtrise totale. Pas un plan qui ne soit un modèle du genre. Comme pour Licoln ou le Pont des Espions, il parvient à créer une tension permanente et forte, alors que les événements se déroulent avant tout entre les quatre murs d'un bureau ou d'un appartement. Mais c'est bien un moment de l'histoire américaine qui nous est raconté, un moment à la portée universelle, pour un combat qui mérite d'être encore mené dans encore bien des endroits du monde. - [LAZARE DINE A LUYNES (Jacques Albina) : Du bon Poulpe](https://julienbouffartigue.net/2018/01/31/lazare-dine-a-luynes/) - Le Poulpe encore et toujours. Et c'est loin d'être terminé puisque je dois avoir lu tout juste la moitié du stock que j'ai récupéré. Le principe reste le même : un tome, un auteur différent, ce qui donne à ce personnage ce charme particulier. Ce qui fait qu'il nous surprend toujours, même si chacun s'efforce de respecter l'identité du personnage. Évidemment, le résultat est forcément quelque peu inégal. Mais Lazare Dîne à Luynes fait incontestablement partie des meilleurs que j'ai eu l'occasion de lire jusqu'à présent. Les aventures du Poulpe n'ont pas vocation de donner naissance à de grands romans. En effet, le format toujours court les rapproche plus de la longue nouvelle que du roman fleuve. Lazare Dîne à Luynes n'échappe pas à la règle. Cela donne un récit direct et sans fioriture. Pourtant ici, Jacques Albina parvient à dresser le portrait de divers personnages et plus largement de notables qui cachent des secrets monstrueux. Certes, ce n'est pas du Simenon, autre amateur des romans courts, mais ça se laisse lire avec un vrai plaisir. - [3 BILLBOARDS : Premier bravo de 2018 !](https://julienbouffartigue.net/2018/01/31/3-billboards/) - On a parfois l'impression que les scénaristes ont bien du mal à nous proposer des histoires vraiment nouvelles. J'aime assez les comparaisons pour admettre qu'il est généralement facile de trouver pour l'immense majorité des synopsis qui nous sont proposés un autre avec lequel établir un parallèle. Pourtant, certains arrivent encore à nous proposer des histoires qui sortent vraiment de l'ordinaire et proposent un cheminement narratif et des personnages inattendus, car ne ressemblant à aucun autre. C'est le cas de 3 Billboards, le premier très bon film de cette année 2018. Pour ceux qui auraient vu la bande-annonce de 3 Billboards et qui pensent avoir à travers elle déjà plus ou moins vu le film (on m'a fait la réflexion), détrompez-vous. Elle ne brossait que le point de départ et ne disait rien sur les multiples développements qu'elle connaît au fur et à mesure. Jusqu'à la dernière minute, le spectateur ignore quels événements vont survenir ensuite. Mais évidemment tout ceci n'aurait pas grand intérêt si ces derniers ne formaient pas une histoire réellement prenante, subtile et livrant une réflexion sur la nature humaine qui échappe à tous raccourcis malheureux. - [LA SURFACE DE REPARATION : En milieu de tableau](https://julienbouffartigue.net/2018/01/27/la-surface-de-reparation/) - Le football et le cinéma sont deux des éléments culturaux les plus universels. Les stars du 7ème art et du ballon rond sont des figures mondialement connues. Pourtant, ils cohabitent très mal, le football étant un sport particulièrement peu cinégénique. Restent alors la possibilité de proposer une histoire sur les à-côtés de ce sport très médiatique, mais bizarrement ces derniers n'inspirent que peu les scénaristes. Il est donc surprenant de considérer que la Surface de Réparation est un film à l'histoire originale. Ou du moins qu'on a pas l'habitude de voir sur grand écran. La Surface de Réparation n'est certainement pas un grand film, mais incontestablement un film réussi. Il est évident qu'il touchera différemment les amateurs de football et les autres. Non qu'il faille maîtriser parfaitement la règle du hors-jeu pour comprendre le scénario. Mais la passion viscérale que peut engendrer ce sport se situant au cœur de l'intrigue, on s'identifiera d'autant mieux aux sentiments des personnages qu'on est capable de les ressentir soi-même. Dans tous les cas, le film recèle un intérêt sociologique qui pourra intéresser tous les publics. - [LE RIRE DE MA MERE : Du rire aux larmes](https://julienbouffartigue.net/2018/01/26/le-rire-de-ma-mere/) - L'enfance et la mort apparaissent comme deux notions antinomiques. Cependant, le jeune âge ne protège évidemment pas de la mort de ses proches. Et même de ses parents. Cette fausse contradiction a inspiré bien des scénaristes pour des films plus ou moins sombres et plus ou moins tristes. Le Rire de ma Mère adopte un ton tragi-comique, qui fait passer du rire aux larmes en un instant. Un joli film chargé d'émotion, même si tout n'y est pas parfait. Quand on s'attaque à un sujet aussi potentiellement chargé de tristesse, on peut facilement tomber sur l'écueil de l'émotion facile. Cette sorte d'injonction du style : c'est triste donc soyez émus ! Sauf que la vraie émotion demande beaucoup de subtilité et ne vient pas forcément sur commande. Le Rire de ma Mère ne tombe absolument pas dans ce piège. Il propose déjà une vraie richesse dans le propos en nous faisant partager le point de vue de l'ensemble des protagonistes et pas seulement celui de l'enfant. Ensuite, il nous propose des personnages qui sont loin d'être attachants en toutes circonstances. Ils n'en sont que plus réels et permet que ça soit bien à l'histoire que l'on s'attache avant tout. - [DOWNSIZING : De plus en plus petit](https://julienbouffartigue.net/2018/01/23/downsizing/) - Un film est constitué d'un début, d'un milieu et d'une fin. On peut pardonner un début raté, voire également un milieu médiocre, si la fin est à la hauteur et permet de sortir sur une note positive. Le crescendo est une caractéristique tout à fait acceptable cinématographiquement. Par contre, le decrescendo est beaucoup plus difficilement pardonnable. Il suffit d'aller voir Downsizing pour s'en rendre compte. Un film qui commence par nous séduire mais sans savoir où nous mener ensuite. Downsizing est doté d'un excellent pitch et on sait à quel point certains films s'en sortent honorablement en s'en contentant. Mais en étirant son film sur plus de deux heures, Alexander Payne ne peut cacher très longtemps qu'il ne sait pas vraiment comment l'étoffer et surtout comment lui offrir une conclusion. Même la morale bienpensante n'est pas particulièrement nette et on ne sait pas vraiment quel message cette histoire cherche à transmettre. On décroche à mi-film environ et rien vient ensuite nous donner envie de reprendre le train en marche. - [LE SIECLE, TOME 3 : AUX PORTES DE L'ETERNITE (Ken Follett) : On n'oublie pas le guide](https://julienbouffartigue.net/2018/01/21/aux-portes-de-l-eternite/) - Le souvenir que l'on garde d'un voyage ne dépend pas que du guide qui nous montre le chemin, mais il est vrai que ce dernier joue un rôle important. Encore plus, évidemment quand le voyage est littéraire. La traversée du XXème siècle sous la direction de Ken Follett se poursuit et s'achève avec le dernier volet de sa trilogie le Siècle, intitulé Aux Portes de l'Eternité. Après les deux Guerres Mondiales, ce volume nous plonge dans les méandres de la Guerre Froide. Et encore une fois, la petite et la grande histoire se mêlent avec un grand bonheur. On retrouve dans Aux Portes de l'Eternité tout ce qui m'avait enthousiasmé dans le première tome du Siècle et que j'avais trouvé moins présent dans le deuxième volume. Les amateurs d'histoire en apprendront beaucoup sur les dessous de certains événements qu'ils connaissent bien. A la lecture de ce roman, on comprend mieux pourquoi et comment certains tournants de l'histoire du monde sont survenus, avec en point d'orgue la chute du Mur de Berlin et la chute du communisme en Europe de l'Est. Ce fond historique fait la particularité de cette trilogie et beaucoup de son intérêt. - [THE TIES THAT BIND (Bruce Springsteen), FREE AS A BIRD (Soom T), WEST KIRBY COUNTY PRIMARY (Bill Ryder Jones) : Légende et découverte énergique](https://julienbouffartigue.net/2018/01/14/free-as-a-bird/) - On commence avec un monument du rock, Bruce Springsteen et l'album The Tie That Bind. Il s'agit en fait d'une version « augmentée » du mythique album The River. 4 CD, dont les deux volets de l'album original. On redécouvre ainsi (pour les malheureux qui l'auraient oublié) ce moment de pur génie, ce sommet de l'histoire du rock, marqué par le titre éponyme absolument sublime. La vraie nouveauté vient du 4ème et dernier CD qui nous livre une vingtaine d'inédits écrits à l'époque et qui auraient tout aussi bien pu figurer sur l'album. En effet, on est stupéfait par la qualité de ces titres qui ont failli finir à jamais à la poubelle. Ce genre d'opération ressemble souvent à des coups marketing sans intérêt. Mais ici, il s'agissait d'une opération de sauvetage absolument indispensable ! On enchaîne avec une formidable découverte. Soon T nous vient de Glasgow et elle est qualifiée de MC de ragga sur Wikipedia. Mais il est souligné que son univers musical est beaucoup plus large. La preuve avec Free as a Bird, son seul et unique album à ce jour, sorti en 2015, et qui n'a visiblement pas connu la destinée qu'il aurait mérité. On est frappé immédiatement par l'incroyable énergie dégagé par les premiers titres. C'est funky, jazzy, électrique et terriblement entraînant. La voix est original et prenante. Le reste de l'album est marqué aussi par des passages plus hip-hop, en tout cas plus lents, un peu en retrait. Mais ça reste toujours très bon. On citera entre autres les titres City Zoo, Gimme Gimme, Black Butterfly, Broken Robots ou encore la jolie ballade Free as a Bird qui conclue l'album. - [LES HEURES SOMBRES : Grandes heures pour un grand acteur](https://julienbouffartigue.net/2018/01/10/les-heures-sombres/) - On reste dans la politique avec ce nouvel avis, mais cette fois pour revivre un moment légendaire de l'histoire contemporaine. Un de ces moments où tout bascule, où l'action d'un homme fait toute la différence. Des moments évidemment que chaque personne engagée aimerait vivre. Enfin pas tout à fait non plus... Je n'aimerais évidemment pas vivre les événements racontés par les Heures Sombres. Mais disons que prononcer un discours comme celui de Wiston Churchill est chargé d'un peu plus de sens et de d'impact sur le destin d'une nation que de discuter des tarifs des concessions au cimetière au Conseil Municipal de Viroflay. Certains reprochent à les Heures Sombres d'être clairement une hagiographie de Wiston Churchill. Ce dernier fait est incontestable, mais on peut simplement le prendre comme un choix artistique comme un autre. A la fois, on est bien devant un film, non un documentaire. Il est moins question ici d'explorer la complexité d'un homme que de faire revivre un épisode clé de l'histoire d'un pays. Un épisode chargé d'imaginaire collectif et qui ne correspond donc certainement pas tout à fait à la réalité historique au sens strict. Mais qu'importe en fait, donner corps à cette légende vaut bien un film. - [EL PRESIDENTE : Chemins tortueux](https://julienbouffartigue.net/2018/01/09/el-presidente/) - Tout le monde connaît mon amour pour la politique, pour l'avoir moi-même pratiqué pour me remettre doucement à la pratiquer à nouveau. Tout le monde connaît aussi mon amour pour le cinéma, sinon vous ne seriez pas en train de lire cette critique écrite de mes propres petites mains. Vous ne connaissez peut-être un peu moins mon amour pour le cinéma argentin, né avec Dans Tes Yeux, et mon admiration pour Ricardo Darin. Donc vous imaginez bien mon impatience quand j'ai vu arriver sur nos écrans un thriller politique avec ce dernier. El Presidente n'a malheureusement pas déchaîné mon enthousiasme. Pourtant, El Presidente possède une qualité que j'apprécie particulièrement au cinéma, à savoir qu'il propose un scénario vraiment surprenant qui vous emmène sur des chemins plutôt inattendus. J'en dirais rien pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui souhaiteraient y aller. Simplement, même si je ne m'y attendais pas, je n'ai pas vraiment été convaincu par ces choix audacieux. Je trouve que l'histoire perd progressivement en tension narrative et à force de partir dans trop de direction, chacune se dilue quelque peu. La fin laisse un peu perplexe et on aurait apprécié une conclusion beaucoup plus forte. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 11 : Elections régionales 2010, la grande illusion](https://julienbouffartigue.net/2018/01/07/tout-ca-pour-ca-episode-11/) - A chaque défaite électorale, chaque parti politique déçu jure la main sur le cœur qu'il saura tirer toutes les leçons, de faire le bilan de ses erreurs et de revenir victorieux. L'expérience montre, au PS ou ailleurs, que c'est rarement le cas. Il est alors facile d'imaginer qu'une telle analyse n'est jamais réalisée en cas de triomphe. Cela serait pourtant nécessaire, comme l'a prouvé l'écrasante victoire du PS aux élections régionales de 2010. Certes l'Alsace résistait encore mais sans cette tâche bleue, la France métropolitaine aurait été uniformément rose ce soir là. Partout, les scores étaient écrasants, dépassant parfois 60% pour certaines majorités reconduites. A Viroflay, la liste mené par Jean-Paul Huchon avait fait un score légèrement supérieur à 48%, score historique pour la gauche dans notre commune. Évidemment, lors de la soirée post électorale organisée chez notre regretté camarade Jean-Etienne, nous avions tous le sourire. Mais avons-nous raison ? Notre sourire n'était-il pas excessivement arrogant ? - [LE GRAND JEU : Départ moyen](https://julienbouffartigue.net/2018/01/07/le-grand-jeu-2/) - L'univers du jeu représente une source d'inspiration non négligeable pour les scénaristes. Quoi de mieux pour commencer 2018 que se plonger dans une histoire de poker et des gros sous qui vont avec. Une histoire vraie en plus. Mais la réalité dépasse-t-elle toujours la fiction ? On peut en douter en allant voir le Grand Jeu. Un film brillant sur la forme, au scénario riche, à la distribution de haut vol, mais auquel il manque un petit quelque chose. Un départ mi-figue mi-raisin donc pour cette année cinématographique. Une paire de deux, pas un carré d'as. Le Grand Jeu est tiré de la vraie vie d'une certaine Molly Bloom au destin qui, il est vrai, vaut bien un film. J'ignore évidemment à quel point le film est fidèle à son autobiographie et à quel point cette dernière était fidèle à la réalité. Mais le récit nous amène vers un dénouement assez plat et décevant, rendant un peu futile et vain ce qui a précédé. Cela s'est peut-être réellement passé comme ça. Cependant, le spectateur n'est pas venu voir un documentaire, mais bien un film dont il attend une histoire convaincante et forte. Ce n'est pas le cas ici et on en ressort un peu chagrin. - [I AM NOT A WITCH : Si loin, si proche](https://julienbouffartigue.net/2018/01/06/i-am-not-a-witch/) - Le continent africain reste encore le parent pauvre du cinéma. Mais dans le monde du 7ème art, comme ailleurs, les choses évoluent doucement, le succès de Timbuktu aux Césars il y a trois ans est là pour le rappeler. I Am Not a Witch vient poursuivre cette lente émergence. Il nous emmène cette fois en Zambie pour nous faire découvrir un monde qui nous semble incroyablement éloigné du monde occidental, tout en ayant des liens forts avec lui (une scène inoubliable sur des perruques vient le rappeler). Un voyage dépaysant donc, mais aussi un portrait social assez sombre et qui laisse peu de place à l'optimisme. Comme son titre l'indique, I Am Not a Witch nous fait découvrir le sort réservé aux femmes accusées d'être des sorcières et reconnues comme telle par les autorités gouvernementales (largement corrompues) elles-mêmes. Un destin dramatique qui vient frapper une jeune fille juste parce que la femme qu'elle croise trébuche alors qu'elle la regarde. Le film précise bien en introduction qu'il s'agit d'une pure fiction, mais qu'il décrit une situation qui reste encore une réalité à notre époque en Zambie. - [BLACKSTAR (David Bowie), CUBIST BLUES (Alain Vega, Alex Chilton et Ben Vaughn), SO THERE (Ben Folds) : Sortie ratée](https://julienbouffartigue.net/2018/01/06/blackstar/) - Il est de tradition de ne dire que du bien des artistes morts et par la même occasion de leur dernière œuvre. J'aurais donc du encenser Blackstar, ultime album de David Bowie. Mais je ne suis pas un homme de tradition et je n'hésiterai pas à clamer toute ma déception. Un album qui s'ouvre avec un titre affreux et affreusement long (10 minutes) qui donne le ton de l'album. Ce n'est jamais mélodieux, c'est faussement créatif et cela frôle même parfois l'inaudible. Cependant, un tel génie ne peut jamais être totalement absent et on savourera tout de même un titre, I can't Give Everything Away sur lequel on retrouve le Bowie que l'on aime et que l'on regrette tant aujourd'hui. On poursuit avec un trio d'auteurs-compositeurs américains : Alan Vega, Alex Chilton et Ben Vaughn qui se sont associés pour nous proposer Cubist Blues. Un album blues un peu rétro (mais chacun d'eux a déjà un certain âge), mais malheureusement plus lancinant qu'emballant, plus sombre qu'entraînant. Je reconnais un vrai travail sur les sonorités, mais le résultat est souvent assez désagréable. Surtout que le chant est à côté de cela sans grand intérêt, pour un résultat globalement assez pauvre. - [PALMARES 2017 : 120 bravos pour un an](https://julienbouffartigue.net/2018/01/05/palmares-2017/) - La grande leçon de cette année 2017 aurait pu être le retour au premier plan du cinéma hollywoodien. Avec 6 films (dont un indépendant il est vrai) sur 10, les Etats-Unis prouvent qu'ils restent bien la première puissance cinématographique mondiale. Cela constitue tout de même une très bonne nouvelle pour le 7ème art car il était dommage de voir autant de moyens engloutis dans autant de productions médiocres ces dernières années. Cependant, on retiendra avant tout la seconde première place consécutive pour un film français. Là aussi, il s'agit d'une excellente nouvelle. J'ai assez souvent dénoncé ici les insuffisances du cinéma hexagonal pour ne pas me réjouir de voir mon pays capable de nous proposer aussi régulièrement de grands films comme 120 Battements par Minute. On pourrait faire remarquer qu'ils ne sont que deux à figurer dans le classement, contre trois l'année dernière, mais Au-Revoir Là-Haut est un moment assez magistral de cinéma pour oublier ce détail insignifiant. - [L'ECHANGE DES PRINCESSES : Histoire, histoire et petit caillou](https://julienbouffartigue.net/2018/01/04/l-echange-des-princesses/) - En tant que passionné d'histoire, j'apprécie particulièrement les films qui vous apprennent quelque chose sur une époque, des événements ou un personnage historique. Je le souligne régulièrement dans mes critiques en considérant l'aspect "pédagogique" comme une qualité cinématographique comme une autre. C'est pourquoi, aller voir l'Echange des Princesses a représenté un vrai plaisir. Cependant, au-delà de ma culture un peu moins lacunaire, il est vrai que le film n'est pas exempt de défauts. L'intérêt historique de l'Echange des Princesses est multiple. Il nous offre un regard éclairé à la fois sur la géopolitique de l'époque et la vie quotidienne à la cour. La petite et la grande histoire se rejoignent constamment, ce qui rend le film particulièrement enrichissant. Il aurait sans doute gagné à être un peu moins long, mais il est assez riche pour que l'amateur d'histoire ne s'ennuie pas une seule seconde. Pour les autres, j'ai moins de garantie malheureusement. - [THE FLORIDA PROJECT : Sous le soleil...](https://julienbouffartigue.net/2018/01/03/the-florida-project/) - Le ciel d'azur et Disneyworld. La Floride a de quoi faire rêver. Le poète dit que la misère serait moins pénible au soleil. The Florida Project peut sembler lui donner raison dans un premier temps . Mais la légèreté du début va vite laisser place à un portrait sans concession de la pauvreté aux États-Unis. Une pauvreté qui se moque bien du climat ou des parcs d'attraction et brise les vies. Un film aux deux visages donc qui nous montre avec brio que la surface des apparences peut vite cacher des réalités bien sordides. Ceux qui ont vu la bande-annonce de The Florida Project seront peut-être surpris par mon introduction, pensant plutôt que j'allais décrire un film plus léger sur l'innocence de l'enfance. C'est effectivement ainsi que ce long métrage débute avant de changer peu à peu de ton. Le scénario illustre à la perfection la notion de trappe à pauvreté, c'est-à-dire l'ensemble des forces qui ramènent inexorablement un pauvre vers la pauvreté, ruinant ses espoirs et ses aspirations à en sortir. - [FADING FRONTIER (Deerhunter), RETURN TO THE MOON (El Vy), THE LIGHT IN YOU (Mercury Rev) : Démarrage en douceur](https://julienbouffartigue.net/2018/01/02/return-to-the-moon/) - On débute ce premier avis musical de 2018 par un groupe de rock expérimental venu d'Atlanta. Deerhunter signe avec Fading Frontier leur 6ème album. La voix androgyne de Bradford Cox vient se poser sur des instrumentations maîtrisées interprétées avec conviction. Le résultat est plutôt agréable, mais constitue plutôt une musique d'ambiance qu'une musique qui va réellement accroché l'oreille et s'écouter avec attention. On reste aux Etats-Unis avec le premier album du groupe El Vy, intitulé Return to The Moon. Un album empli de titres aux sonorités diverses, parfois jazzy et entraînante, parfois plus sombre et torturé. Diverses mais quelque peu inégal cependant. Heureusement, la voix de Matt Berninger possède une personnalité fort sympathique et les instrumentations sont intéressantes et maîtrisées. On retiendra avant tout le titre Silent Ivy Motel. - [TOUT L'ARGENT DU MONDE : Sans génie](https://julienbouffartigue.net/2018/01/02/tout-l-argent-du-monde/) - Ridley Scott appartient au cercle des réalisateurs pour lequel j'ai le plus d'admiration. Cependant, il faut avouer que sa filmographie particulièrement fournie est peuplée de chefs d'œuvre, mais aussi de quelques navets. Aller voir un de ses films revient donc à prendre le risque d'être déçu. Pourtant, j'ai un peu de mal à décider de quel côté de sa carrière placer Tout l'Argent du Monde. Un film formellement réussi mais qui a bien du mal à soulever l'enthousiasme. Le principal reproche que l'on peut formuler à l'encontre de Tout l'Argent du Monde est de ne rien proposer de nouveau dans aucun domaine. Ridley Scott y apparaît comme un réalisateur en roue libre, fort de ses certitudes, sûr de son talent, mais incapable ici de le forcer. On ne s'ennuie pas, mais on suit les événements avec un intérêt plus poli que profond. On apprécie la qualité de la mise en scène, le scénario est assez riche pour ne jamais connaître de réels temps mort malgré la longueur du film. Pourtant, aucun éclair de génie ne vient éclairer tout ça. - [LA PROMESSE DE L'AUBE : La fête des mères](https://julienbouffartigue.net/2018/01/01/la-promesse-de-l-aube/) - Certains films vous font aimer votre propre famille. Même si l'idée de normalité est toute relative, certains portraits de famille font vraiment peur et on est heureux de ne pas être sur la photo. Si vous avez des choses à reprocher à votre mère, allez donc voir la Promesse de l'Aube et vous lui pardonnerez plus facilement. Certes, du coup vous ne deviendrez pas un écrivain de génie comme Romain Gary mais on ne peut pas tout avoir dans la vie non plus. De plus, vous aurez tout de même eu l'occasion de voir un bon film. La Promesse de l'Aube est un film terriblement romanesque, pas seulement parce qu'il est justement tiré d'un roman. Des personnages marquants, des péripéties en casquade et du coup pas le temps de s'ennuyer. On est constamment saisi par la curiosité de savoir ce qui attend le personnage dans la scène suivante. Le résultat n'est pas inoubliable mais constitue un bon moment de cinéma et on a vraiment pas le temps de relever toutes les petites imperfections qui le ponctuent. - [MARIANA : Le poids du passé](https://julienbouffartigue.net/2017/12/31/mariana/) - Il est parfois difficile pour un pays de faire face à son propre passé. En France, la collaboration ou la colonisation ne peuvent être évoquées sans soulever des polémiques. Le phénomène est encore plus fort dans des pays où les acteurs de certaines heures sombres sont encore bien vivants et même parfaitement insérés dans la société. C'est le cas du Chili, un pays qui n'a pas finit de solder le bilan de plusieurs années de dictature. C'est le sujet principal de Mariana qui se montre plus complexe et riche que ce que pouvait laisser penser la bande-annonce. Comme souvent pour les films dont le titre est le nom du ou de la principale protagoniste, Mariana est avant tout un film de personnage. Un portrait de femme donc, avant d'être une réflexion sociale sur le poids du passé. Mais le grand mérite du scénario reste d'avoir su mêler les deux intimement de manière naturelle, jamais artificielle. Surtout que les deux aspects sont traités avec une grande pertinence, sans jamais enfoncer de portes ouvertes. Du coup, on suit l'intrigue avec grand intérêt, même si cela nous mène à une conclusion décevante. - [MARIA BY CALLAS : Des éclairs et c'est tout](https://julienbouffartigue.net/2017/12/30/maria-by-callas/) - Si j'écoute régulièrement de l'opéra, je ne suis pas non plus un amateur pointu ou passionné. Je connaissais donc Maria Callas de nom, sans vraiment connaître son histoire, ni même son œuvre. J'avais simplement idée de la dimension mythique du personnage. Cette dernière attisant ma curiosité, je suis allé voir Maria by Callas pour en savoir plus et mieux mesurer le pourquoi de sa place particulière dans l'histoire. Malheureusement, l'idée même de départ de ce documentaire ne l'autorisait pas. Maria by Callas consiste en fait à une série d'extraits d'interviews de la chanteuse. Il s'agit bien de la découvrir à travers ses propres mots, de partager son regard sur elle-même. Du coup, il n'y a pas de recul, d'expertise extérieure. Pour quelqu'un qui connaîtrait déjà bien son histoire, cela présente sûrement un grand intérêt. Pour les spectateurs qui, comme moi, cherchent à découvrir qui elle est, son parcours, son œuvre, ce choix est un peu frustrant. Je n'en ai pas appris autant que je l'espérais et finalement, le film a plus attisé que rassasié ma curiosité. - [GREY TICKLES, BLACK PRESSURE (John Grant), ANGELS & GHOSTS (Dave Gahan and Soulsavers), VAMPIRE EN PYJAMA (Dionysos) : Toujours au top !](https://julienbouffartigue.net/2017/12/29/vampire-en-pyjama/) - On commence cet avis avec un artiste américain, John Grant, né en 1968, mais qui n'a débuté sa carrière solo qu'en 2010. Grey Tickles, Black Pressure est lui sorti en 2015 et constitue son troisième album. Ce dernier se démarque par une grande variété, même s'il est au final assez inégal. Cela rappelle un peu l'univers de Beck. On enchaîne des titres aux accents électros, pas les plus réussis, avec des titres très rock. L'album va d'ailleurs crescendo en termes de qualité, porté par une voix assez marquante et un travail toujours pointu sur les sonorités. On retiendra notamment le titre Global Warming. On enchaîne avec un artiste britannique encore un peu plus âgé (né en 1962) mais dont la carrière est-elle très longue. Dave Gahan s'associe ici avec le groupe Soulsavers pour nous proposer Angels & Ghosts. Là encore, c'est la variété qui prédomine avec un univers parfois très sombre ou d'autres titres plus posé, tirant presque sur le crooner. Là aussi la voix est marquante, mais la musique un peu moins, manquant un peu trop souvent d'épaisseur. De la maîtrise certes, mais pas de génie. - [A GHOST STORY : Un fantôme pas comme les autres](https://julienbouffartigue.net/2017/12/29/a-ghost-story/) - Si on pense film de fantôme, on pense naturellement à un film d'horreur, avec le bruit dans le placard et la musique qui fait peur. Il est fort possible qu'une partie du public ait imaginé cela en allant voir A Ghost Story. Or, il n'en est rien et c'est peut-être pour cela qu'elle a déserté la salle avant la fin. En effet, pas d'effroi, ni de frisson dans ce film mais beaucoup de poésie. Il s'agit d'un film contemplatif. Très contemplatif. Trop contemplatif ? Étirer une scène à l'infini pour plonger le spectateur dans l'attente de la chute est un procédé de mise en scène fort respectable. Mais répéter l'opération pour quasiment chacune d'elles finit surtout par plonger le spectateur dans un certain ennui. L'effet de surprise disparaît et finit par être remplacé par une réelle impatience, pour ne pas dire un agacement. Surtout que certaines scènes de A Ghost Story ne sont pas non plus toutes indispensables. Bref, il n'y avait pas vraiment matière à proposer un long métrage. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 10 : Collage et tractage, les deux mamelles du militant PS](https://julienbouffartigue.net/2017/12/28/tout-ca-pour-ca-episode-10/) - Lorsque l'on adhère à un parti politique, on s'imagine facilement en train de changer le monde. Voire le sauver pour les plus hardis. On ne sait pas vraiment comment on va s'y prendre mais on est hyper motivé. On découvre vite que le Grand Soir n'est peut-être pas pour demain et qu'il faut revoir ses ambitions à la baisse. En attendant, les militants sont conviés à deux activités centrales dans la vie de l'adhérent PS : le collage et le tractage. Je dois admettre que j'ai toujours esquivé les séances de collage. Une seule en dix ans, pas de quoi se vanter. Mais il faut dire que nous disposions à la Section de militants chevronnés et motivés par ce genre d'exercice. Tellement motivés d'ailleurs que chaque cession s'étirait en longueur et décourageait toutes les bonnes volontés voulant leur apporter un peu d'aide. En effet, la plupart des militants, moi le premier, ont autre chose à faire entre 23h et 1h du matin, heure traditionnelle des collages, comme par exemple dormir ! - [LUCKY : Good-bye Harry, hello John](https://julienbouffartigue.net/2017/12/28/lucky/) - Aller voir le dernier film d'un grand acteur récemment décédé est une belle manière de lui rendre hommage. Surtout quand ce dernier aura encore occupé le haut de l'affiche à 90 ans, achevant ainsi une vie tout entière marquée par le 7ème art. Lucky constitue donc l'occasion d'adresser un dernier au revoir à Harry Dean Stanton. Surtout que le film a été spécialement écrit pour lui et s'inspire largement de sa vie et de sa personnalité. Pas étonnant alors qu'il y soit aussi éblouissant. Lucky repose donc sur cet ultime et brillant numéro d'acteur. Car il faut l'avouer, en dehors de l'émotion due à la présence de Harry Dean Stanton à l'écran, le film flirte parfois avec l'ennuyeux. Flirte seulement heureusement. Faisant moins d'une heure et demi, il a la bonne idée de ne pas se prolonger plus que nécessaire. Le temps d'apprécier la découverte d'un personnage assez remarquable, et pas que par son âge, et de savourer une vision moins caricaturale que d'habitude de l'Amérique profonde. - [LES GARDIENNES : Attendre et attendre encore](https://julienbouffartigue.net/2017/12/27/les-gardiennes/) - En cette période de centenaire, la Première Guerre Mondiale apparaît comme un sujet privilégié ces derniers temps au cinéma. La vie sur le front et l'après-guerre ont déjà fait l'objet de longs métrages. Les Gardiennes nous présente quant à lui la vie à l'arrière, plus particulièrement dans des exploitations agricoles désertées par les hommes où les femmes ont du prendre les choses en main. Xavier Beauvois signe un film dans son style habituel... Mais qui ici donne un film avant tout ennuyeux. Proposer un film lent et contemplatif quand il place la notion d'attente au coeur de son propos peut apparaître comme une bonne idée. Sauf que du coup le spectateur attend plus qu'il ne contemple. Ce n'est qu'il se passe rien dans les Gardiennes, mais tout se passe lentement. Chaque scène s'étire plus que de raison, diluant ainsi toute tension narrative et par la même occasion l'intérêt du spectateur. C'est dommage car le scénario recèle en sin sein les éléments d'une histoire puissamment dramatique. - [HOLLOW MEADOWS (Richard Hawley), ONES AND SIXES (Low), UNBREAKABLE (Janet Jackson) : Que du bon !](https://julienbouffartigue.net/2017/12/26/hollow-meadows/) - Décidemment, la qualité est en hausse avec un avis musical empli de bonnes choses. On commence avec Richard Hawley, un artiste britannique, et son album Hollow Meadows. Un musicien folk qui navigue entre belles ballades mélancoliques et titres plus énergiques. Il fait surtout preuve d'une belle maîtrise et d'une réelle conviction dans ses interprétations. La voix est chaude, mais pas trop, possédant en tout cas un charme particulier. Ceci donne un album de très bonne qualité du début à la fin. On enchaîne avec Low, un groupe américain, dont j'avais déjà apprécié le précédent album. Ones and Sixies, dont il s'agit ici, nous propose une musique un rien évaporée, mais en tout cas mélodieuse et agréable. Les titres ne sont pas extrêmement variées, mais toujours maîtrisée artistiquement. Au final, ce sont les titres les plus pop, parfois un peu sucrés, qui sont les plus réussis. Il manque juste un petit pas grand chose pour être vraiment génial. On peut le regretter ou souligner que le résultat est pas mal quand même. - [SANTA ET CIE : Ho ho ho !](https://julienbouffartigue.net/2017/12/26/santa-et-cie/) - A Noël, on a facilement envie de rires et de légèreté. Bon en fait, on en a envie tout le temps, mais disons qu'il est de bon ton d'oublier un peu ses soucis à cette période de l'année. Donc quoi de mieux qu'une bonne comédie familiale, drôle et touchante, pour cela. Il suffit donc de se rendre dans une salle obscure pour aller voir Santa et Cie, nouveau film d'Alain Chabat. Et surtout un de ses plus réussis. Si Alain Chabat a signé dans sa carrière un des films les plus cultes de l'histoire du cinéma français (Asterix et Obelix, Mission Cléopâtre), il a également signé plusieurs comédies à moitié réussies, parfois même aux trois quart ratées. Avec Santa et Cie, il signe un film avant tout, pour ne pas dire uniquement, léger mais abouti. L'humour fait mouche, les personnages sont attachants, l'histoire est rythmée. Le tout saupoudré d'un rien de poésie qui ne fait pas de mal, surtout que cela n'alourdit en rien le reste, qui demeure beaucoup plus digeste qu'une bûche avec trop de matière grasse. - [BIENVENUE A SUBURBICON : Mêmes les meilleurs ont des faiblesses](https://julienbouffartigue.net/2017/12/25/bienvenue-a-suburbicon/) - George Clooney constitue pour moi une idole absolue. C'est donc par solidarité avec lui que j'ai été voir Bienvenue à Suburbicon, malgré un accueil critique plus que mitigé. Et forcément en tant que socialiste, la solidarité est essentielle pour moi. Surtout qu'un scénario signé des frères Coen ne pouvait pas donner à mon sens quelque chose de foncièrement mauvais. Comme quoi on peut se tromper car il s'agit incontestablement d'un film raté auquel il manque trop de choses pour être vraiment intéressant. Bienvenue à Suburbicon se veut tout d'abord une satyre de l'Amérique blanche des banlieues américaines dans les années 60... même si beaucoup de thèmes sont encore d'actualité. Le trait est malheureusement trop grossier pour ne pas se contenter d'enfoncer des portes ouvertes. Le film est aussi un nouveau récit de quidams se lançant dans une entreprise criminelle qui les dépasse progressivement. Un thème récurrent chez les frères Coen. Mais ils retrouvent ici incapables de se renouveler et semblent à cours d'idées nouvelles. - [STAR WARS, EPISODE VIII : LES DERNIERS JEDI : Kill the past, kill the fan !](https://julienbouffartigue.net/2017/12/24/les-derniers-jedi/) - Rédiger la critique d'un Star Wars constitue un exercice à la fois difficile et exaltant. Mais écrire celui sur Star Wars, Episode VII : les Derniers Jedi revient carrément à participer à une bataille intergalactique d'une violence inouïe. Pourtant en ressortant de ce film, je me suis dit qu'on pouvait difficile être fan et ne pas l'adorer, malgré les faiblesses objectives. Or c'est exactement l'inverse qui se produit. Une grande partie des admirateurs de la saga est entrée dans une croisade délirante pour le descendre en flamme, quand les spectateurs plus neutres l'ont apprécié à sa juste valeur. Je vais de mon côté m'efforcer de garder la tête froide et de parler sereinement de objet passionnel. Je vais faire tout mon possible pour ne pas spoiler le film pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu, même si grande est la tentation. Je dirais simplement que pour le fan, tout se joue dans une des premières scènes du film. On reprend là où l'Episode VII s'était arrêté, Rey tend son sabre laser à Luke et là... Chuuuut ! Simplement, soit vous trouvez ce qui se passe ensuite totalement surprenant, inattendu et du coup génial (c'est mon cas), soit vous trouvez que c'est une insulte impardonnable et vous basculez à mon avis irrémédiablement dans le côté obscur des contempteurs de Star Wars, Episode VIII : les Derniers Jedi. - [SING INTO MY MOUTH (Iron and Wine et Ben Bridwell), DEPRESSION CHERRY (Beach House), POISON SEASON (Destroyer) : Retour au sympathique](https://julienbouffartigue.net/2017/12/23/poisonseason/) - Après une série d'avis musicaux emplis de déceptions et parfois d'albums carrément inaudibles, voici enfin quelques petites choses agréables à se mettre sous l'oreille. On commence par Iron and Wine en duo avec Ben Bridwell et leur album Sing into my Mouth, sorti en 2015. J'avais rédigé un avis sur le précédent album du premier en le qualifiant de sympathique mais manquant de relief. Je ne suis pas loin de résumer celui-là, un album de reprises, de la même façon. La musique est douce et agréable, une sorte de country un peu sucré, mais qui tire parfois vers la soupe. Cependant, il y a de la maîtrise et de la conviction. Rien d'inoubliable, mais les deux artistes ne déméritent cependant pas. On enchaîne avec un groupe de « dream pop » (je suis définitivement fan des noms de genres musicaux sur Wikipedia) américain et leur album Depression Cherry. J'aurais bêtement qualifié ça d'électro-pop un peu sucré et un rien évaporé. Le résultat est cependant surtout lancinant et pas très intéressant. C'est tellement plat que c'est au final même pas vraiment désagréable, mais simplement totalement oubliable. - [COCO : T'as le look Coco !](https://julienbouffartigue.net/2017/12/23/coco/) - A force de parler autant de l'impact de Disney sur la franchise Star Wars ou même l'univers Marvel, on en oublie que la Mickey Mouse Compagny continue de produire et réaliser des films d'animation. Et même de très bons films d'animation. Coco passe relativement inaperçu dans cette fin d'année cinématographique et c'est vraiment regrettable. Il s'agit pourtant d'un film en tout point réussi qui rassemblera toute la famille, dans le sourire et la bonne humeur. Ce n'était pourtant pas gagner d'avance pour un film qui parle avant tout... de la mort. Coco fait donc preuve d'une certaine audace dans le choix du thème de départ. Et d'une grande intelligence scénaristique pour arriver à séduire un public aussi large à partir de ce dernier. Certes, le film n'est peut-être pas à conseiller aux tous premiers âges, mais pas besoin d'attendre longtemps non plus. Le film est assez drôle et enjoué pour plaire aux enfants, mais cette légère noirceur sous-jacente apporte une certaine maturité au propos qui ravira les adultes. Et tout le monde se retrouvera pour apprécier pleinement les aventures rythmées et haletantes que vont vivre des personnages terriblement attachants. - [MAKALA : Voyage, rencontre et cinéma](https://julienbouffartigue.net/2017/12/22/makala/) - Le cinéma permet de s'évader, de visiter des terres inconnues et surprenantes. Elles sont souvent totalement imaginaires, inquiétantes ou féeriques. Mais le 7ème art peut aussi nous permettre de voyager sur notre bonne vieille Terre et découvrir des lieux et des personnes tout ce qu'il y a de plus réels. C'est le cas notamment de Makala, qui nous emmène sur les pas d'un producteur de charbon de bois au Congo. On ne part donc pas dans une galaxie lointaine, très lointaine, mais le dépaysement est garanti. Makala est un film documentaire. Un documentaire dans le sens où on y retrouve non pas des comédiens interprétant un rôle, mais on assiste à des scènes de vie de personnes vivant simplement leur quotidien. Mais un film puisqu'il nous raconte une histoire avec un début et une fin, sans aucun commentaire extérieur. On se doute bien que certains passages ont peut-être fait l'objet d'un minimum de mise en scène, mais il y a aussi beaucoup d'instants pris sur le vif. De toute façon, le spectateur n'a pas vraiment le temps de se poser la moindre question et est tout de suite happé par le récit. - [LA VILLA : A bout de souffle](https://julienbouffartigue.net/2017/12/17/la-villa/) - Certains réalisateurs passent toute leur carrière à faire et refaire toujours le même film. D'autres, sans doute allergiques aux castings, tournent encore et toujours avec les mêmes comédiens. Certains comme Robert Guédiguian cumule les deux. Une nouvelle preuve avec la Villa qui réunit une nouvelle fois Ariane Ascadie, Jean-Pierre Darroussin et Gérare Meylan. Mais à force de toujours se baser sur les mêmes éléments, la paresse gagné. La Villa brille par une interprétation d'une médiocrité désespérante. Rares sont les répliques qui sonnent vraies. Robert Guédiguian ne semble pas chercher une seule seconde à diriger son casting. C'est un travers fréquent des trop vieux couples (ou ici plutôt la partouze) où la connaissance mutuelle s'apparente à une routine mortifère. Plus personne ne fait d'effort pour personne, tout le monde est en roue libre. Difficile alors d'accrocher alors pour cette histoire pas particulièrement intéressante par ailleurs. - [MARVIN OU LA BELLE EDUCATION : la Belle caricature](https://julienbouffartigue.net/2017/12/16/marvin-ou-la-belle-education/) - Parfois, un film ne nous motive pas.... et on a bien raison ! Il n'y a que des cinéphiles acharnés comme moi qui vont aller au-delà de leur réticence initiale pour quand même y aller. Pour le coup, en allant voir Marvin ou la Belle Education, j'ai eu tort de ne pas me fier à mon instinct, même si je n'ai pas non plus celui d'un Maître Jedi. Un film qui confirme la carrière en dents de scie d'Anne Fontaine, dont la filmographie compte autant de belles réussites que vrai ratés. Marvin ou la Belle Education souffre de personnages beaucoup trop caricaturaux pour être réellement intéressants. Si le milieu intellectuel et bobo est décrit avec une certaine pertinence, les couches « populaires » semblent sortis tout droit de Groland, beaucoup plus que de la réalité. Il existe sans doute des « comme ça » en France, mais leur représentation tourne ici à la grosse ficelle qui décrédibilise tout le propos. Grégory Gadebois met en œuvre tout son talent, mais il ne parvient pas à nous faire croire à son personnage. - [CHRONIQUES D'UN GUERRIER SINNAM, TOME 1 :LE LOUP DE DEB (Nicolas Jarry) : Français héroïque](https://julienbouffartigue.net/2017/12/10/le-loup-de-deb/) - L'heroic fantasy est un gente littéraire largement dominé par les anglo-saxons. Peut-être parce que le père de ce genre désormais florissant, JRR Tolkien, était tout d'abord un linguiste, détail qui n'en n'est pas un quand on connaît bien son œuvre. Cependant, il existe aussi une école francophone, moins active que sa consœur de science-fiction, mais qui nous permet tout de même d'enrichir notre bibliothèque de quelques volumes. Le Loup de Deb, premier volet de la trilogie Chroniques d'un Guerrier Sînamm, en est la preuve. Même s'il n'en est pas le plus brillant ambassadeur. Le Loup de Deb est frappé du même travers que beaucoup d'autres œuvres de fantasy. Nicolas Jarry semble ignorer le fait que le lecteur n'est pas directement connecté à son cerveau. Faire découvrir un monde imaginaire nécessite un minimum de clarté et d'explicitation, puisqu'on ne peut pas boucher les trous laissés par les allusions avec ce que l'on connaît par ailleurs. Bref, on est souvent perdu en lisant ce roman et on ne saisit pas toujours le où, qui, comment, pourquoi. Et si on pardonne ce travers à un génie comme George R. R. Martin, on est un peu moins magnanime avec un Nicolas Jarry. - [KEY MARKETS (Sleaford Mods), APPLE BONKERS (Joel Gion), CURRENTS (Tame Impala) : Toujours pas top](https://julienbouffartigue.net/2017/12/09/currents/) - Décidément, je n'ai pas de chance en ce moment avec mes avis musicaux. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas écouté quelque chose qui me donne envie de m'emballer. Et ce n'est pas avec cet avis que cela va changer, même s'il y a un peu de progrès par rapport à la dernière fois. On commence avec un groupe post-punk britannique (d'après Wikipedia), que je qualifierais bêtement de punk de mon côté, Sleaford Mods et leur album Key Markets. Leur musique est plutôt basique, ni vraiment énergique, ni jamais mélodique. La voix est plus parlée que chantée. Certains morceaux sont carrément insupportables. Le groupe s'essaye même dans le hip-hop pour un résultat ridicule. Bref, à oublier. Joel Gion est un percussionniste américain qui a sorti son premier album solo en 2014. Intitulé Apple Bonkers, il nous propose un rock maîtrisé et propre sur lui. Dommage qu'il soit marqué par un effet d'écho et de voix loin du micro qui m'horripilent tant dans les mixages. Il y a des choses que je comprendrai jamais. L'album recèle cependant quelques titres sympas comme Hairy Flowers, au style rétro très sympa. Mais même les meilleurs titres restent souvent un peu trop en-dedans et le résultat global n'est pas vraiment emballant. - [THELMA : Fantastique nordique](https://julienbouffartigue.net/2017/12/09/thelma/) - Les pays nordiques sont connus pour leur polars. En particulier les romans, mais aussi quelques adaptations cinématographiques réussies. Mais les auteurs du Nord de l'Europe peuvent aussi s'aventurer dans d'autres genres. On avait déjà pu apprécier il y a quelques années le film de vampires suédois, avec Morse. Voici le film fantastique norvégien avec Thelma. Tous ces films ont au moins en commun cette ambiance particulière peut-être liée au climat, aux nuits particulièrement longues. Mais surtout au talent de ceux qui les ont réalisés. Joachim Trier n'est pas un inconnu avec plusieurs films distribués en France, certains comme Back Home ayant bénéficié d'un casting international (Isabelle Huppert, Jesse Eisenberg). Ils s'attaquaient à des sujets de société et on ne l'attendait pas vraiment dans un film de genre. Mais Thelma reste cependant avant tout un film psychologique, explorant la complexité de ses personnages. Malgré la bonne dose de fantastique que recèle cette histoire, il ne faut pas s'attendre à des effets spéciaux spectaculaires ou des scènes d'action. Par contre, une atmosphère pesante qui tient le spectateur en haleine. - [BATTLE OF THE SEXES : Du tennis et bien plus encore](https://julienbouffartigue.net/2017/12/08/the-battle-of-the-sexes/) - Le tennis est à l'honneur dans les salles obscures ces dernières semaines. Après Borg vs McEnroe, voici Battle of the Sexes. Le premier avait déçu par des scènes de match pas crédibles une seule seconde. C'est donc avec une petite appréhension que je suis allé voir le second, me demandant si la petite balle jaune pouvait avoir sa place au cinéma. Heureusement un exemple ne fait pas une règle et le film qui nous intéresse ici échappe totalement aux défauts de son prédécesseur. Il fait preuve de plus de nombre de qualités bien à lui. Le propos de Battle of the Sexes dépasse largement le cadre du simple tennis. Il livre également le portrait de la misogynie ordinaire des années 70 (et qui est loin d'avoir disparu) et nous relate le combat des joueuses de l'époque pour faire reconnaître leur valeur et leur mérite. Tout cela à travers un épisode sportivo-médiatique célèbre et qui en dit long sur ce sujet. Cela donne un film vivant, aussi intelligent que distrayant, et qui est à même de séduire un public bien plus large que les amateurs de tennis féminin. - [SIMON ET THEODORE : C'est un peu court, jeunes hommes !](https://julienbouffartigue.net/2017/12/07/simon-et-theodore/) - Le cinéma fait souvent vivre l'idée que deux pas tout à fait au mieux dans leur tête peuvent s'entraider pour retrouver épanouissement et équilibre. C'est évidemment une idée purement fictionnelle. Dans la vraie vie, avec genre de rencontre, les deux protagonistes vont évidemment se tirer mutuellement vers le bas. Mais le temps d'un film, on va faire comme si on y croyait vraiment. C'est indispensable pour aller voir Simon et Théodore. Une histoire assez improbable... et au final pas si intéressante que ça. Il est difficile de vraiment aimer un film basé autant sur ses personnages si ces derniers s'inspirent pas spécialement de sympathie. C'est malheureusement le cas de Simon et Théodore dont les deux principaux protagonistes inspirent certes un peu de compassion, mais certainement pas d'attachement profond. Au final, ce sont les personnages secondaires féminins, incarnés par Mélanie Bernier et Audrey Lamy qui sauvent le film. Mais c'est un peu court tout de même pour vraiment justifier de payer une place de cinéma. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 9 : Les Européennes 2009 ou médiocrité quand tu nous tiens](https://julienbouffartigue.net/2017/12/03/tout-ca-pour-ca-episode-9/) - Les élections intermédiaires pendant le mandat de Nicolas Sarkozy sont restées dans les mémoires comme étant toutes des triomphes du Parti Socialiste, avec en point d'orgue les élections régionales de 2010 qui feront l'objet d'un autre billet. On oublie qu'un an avant celle-ci, les élections européennes ont été marqué par un résultat plus que médiocre pour le PS. Un résultat particulièrement révélateur de tous ses travers. Et le fait que personne, ou presque, ne s'en souvienne aujourd'hui, démontre bien à quel point aucun enseignement n'est jamais tiré de quoi que ce soit. Tout s'annonçait pourtant sous les meilleurs auspices. Le pouvoir sarkozyste commençait déjà à faire le plein de mécontents. Face à cela, le PS avait en sa possession un outil de campagne particulièrement intéressant : le manifeste du Parti Socialiste Européen. Imaginez une trentaine de partis socialistes ou sociaux-démocrates européens qui s'étaient entendus sur un programme commun. Quand on connaît les différences culturelles et politiques entre tous ces pays, cela tenait de l'exploit. - [M : Débuts réussis](https://julienbouffartigue.net/2017/12/03/m/) - Parfois aller au cinéma est un acte de solidarité. Ainsi, ayant une affection particulière pour Sara Forestier, j'ai été voir M, son premier film, avant tout pour la soutenir. En effet, la bande-annonce ne m'avait guère donné envie et les critiques positives ne m'avaient qu'en partie rassuré. Ayant le cœur sur la main et toujours prêt à soutenir mon prochain, j'ai pris sur moi et je me suis rendu dans mon cinéma habituel pour accomplir un acte limite sacrificiel. Au final, aucun sacrifice, mais une vraie bonne surprise. A la vue de la bande-annonce, M m'apparaissait comme un film plein de bon sentiments et de naïveté, sur fond social. Il est vrai qu'aucun de ces impressions ne se révèlent totalement erronées, mais par contre elles se révèlent être substantiellement secondaires. En effet, il s'agit avant tout d'un film sur la honte et la haine de soi. Il traite ce sujet avec force et conviction. Il en ressort de vraies émotions, diverses, positives et négatives, qui secoue un spectateur qui ne s'y attendait pas. Enfin, en tout cas, le spectateur que j'étais. En tout cas, j'ai été ravi d'être bougé comme ça. - [LE BRIO : A voix un peu basse](https://julienbouffartigue.net/2017/12/02/le-brio/) - Dans la vie, la fiction rejoint parfois la réalité. C'est par ce lieu commun passablement éculé que je vais débuter ma critique de Le Brio. En effet, ce film a pour élément central un personnage issu des minorités visibles et habitant en banlieue (oh la belle périphrase politiquement correcte) qui s'attaque à un concours d'éloquence. Cette œuvre de fiction vient quelques semaines après la sortie du documentaire A Voix Haute qui nous faisait rencontrer des personnages très ressemblants à l'héroïne de ce film, mais bien réels ceux-là. Et pour une fois, on préférera la réalité à la fiction. Le Brio n'est pas un mauvais film, loin de là. Certes, la première demi-heure, on a tellement de mal à apprécier les personnages qu'on a surtout du mal à apprécier cette histoire. Puis la magie opère, les vilains petits canards ne se transforment pas en cygnes, mais presque, et on se met à y croire rentrer dans le jeu et avoir le cœur qui bat un peu plus fort quand l'enjeu le devient également. Mais au final, on se dit quand même qu'on n'a pas non plus échappé à une pluie de clichés, même si le film tente parfois naïvement de les démonter. - [DIANE A LES EPAULES : Epaules solides](https://julienbouffartigue.net/2017/12/01/diane-a-les-epaules/) - La grossesse constitue une source inépuisable d'inspiration pour les scénaristes. Cette période particulière de l'existence est à l'origine avant tout de comédies. Mais ces dernières peuvent aussi comporter un peu de gravité, de profondeur et de réflexion sur la société. Diane A les Epaules est une comédie des mœurs, au sens le plus littéral du terme. Un genre cinématographique qui tient une place particulière dans le 7ème art français. Un film réussi qui prouve qu'il y a souvent du bon dans les traditions. Diane A les Épaules reste avant tout une comédie romantique. Au fond, la réflexion sur l'homoparentalité ou bien sur l'attachement d'une mère à son enfant n'est qu'un enrobage autour de tout ça. Mais il est vrai que c'est ce dernier qui permet au film de se démarquer et de devenir intéressant. La réflexion est pertinente, même si elle n'est pas non plus d'une portée exceptionnelle. Elle forme cependant un excellent complément aux aspects plus légers, pour former un tout à la fois distrayant et intelligent. - [HAPPY BIRTHDEAD : Un meurtre sans fin](https://julienbouffartigue.net/2017/11/30/happy-birthdead/) - D'une bonne idée, on peut évidemment faire un bon film. Mais à vrai dire, pourquoi s'arrêter à un seul ?! Un Jour Sans Fin figure en bonne place au panthéon des films cultes. Mais l'idée d'un personnage condamné à vivre encore et encore là même journée possède assez de potentiel pour servir de base à bien d'autres bons films. La preuve avec Happy Birthdead (Le titre original étant Happy Death Day... sans commentaire). Pas de film culte à l'horizon, mais un petit plaisir cinématographique dont il serait dommage de se priver. On vient de le voir, l'idée de départ de Happy Birthdead n'a rien de nouveau. Mais le film la développe à sa manière en l'exploitant jusqu'au bout, avec un minimum de talent et d'inspiration. Si le film comporte quelques scènes du type « attention, il y a peut-être un tueur dans le placard, vu que la musique fait super peur d'un coup », cela ne constitue vraiment pas le cœur de celui-ci. Il repose avant tout sur son intrigue, les surprises et les rebondissements qu'elle propose. Le tout fonctionne plutôt pas mal, jusqu'au twist final qui va bien. - [KHIBULA : Voyage, voyage](https://julienbouffartigue.net/2017/11/29/khibula/) - Ce qu'il y a de bien avec le cinéma, c'est qu'il permet, entre autres, de voyager dans l'espace et le temps. Ainsi, vous n'avez jamais imaginé voyager en Géorgie quelques temps à peine après l'explosion de l'URSS. Il est vrai que connaître l'histoire politique de ce pays précis à cette époque précise demande tout de même une culture particulièrement pointue. Ou bien il suffit de se rendre dans une salle obscure pour aller voir Khibula. Khibula est un film pour spectateur curieux d'histoire et de paysages. En effet, il faut bien avouer, le film n'a rien de spectaculaire ni sur le fond, ni sur la forme. Le récit est assez répétitif, une série de rencontres qui jalonnent un jeu de chat et de souris entre un Président déchu et le pouvoir nouveau. Chaque personnage nous en apprend un peu plus sur cette culture et cette époque. Pour le reste, c'est vrai qu'il ne se passe pas grand chose et le scénario manque quelque peu de contenu et de densité. - [PRENDRE LE LARGE : Mais pas trop loin non plus](https://julienbouffartigue.net/2017/11/26/prendre-le-large/) - Ce qu'il y a de merveilleux dans le cinéma, et la fiction en général en fait, c'est de constater à quel point un même point de départ peut donner des histoires au ton et au contenu radicalement différents. Une entreprise délocalisée, une employée qui accepte le reclassement dans le pays où est partie la production, aura donné Crash Test Aglaé d'un côté et Prendre le Large de l'autre. Une comédie dramatique d'un côté, un drame tout court de l'autre. Entre les deux, que choisir ? La réponse est plutôt, pourquoi choisir ? Les deux films auront en commun d'être imparfaits, mais de se laisser voir sans regret. Prendre le Large propose une alternance de beaux moments, de moments durs, bref de moments forts et d'autres où le film fonctionne moins bien. Le personnage incarné par Sandrine Bonnaire n'est pas toujours totalement convaincant et on se dit parfois qu'aussi existentielle soit sa quête, cela ne justifie pas non plus toutes les inconsciences. Mais au moins, on ne pourra pas reprocher à Gaël Morel de ne pas être allé au bout de ses idées, même si un peu de retenu aurait rendu le propos plus solide. - [LA HUITIEME CASE (Herbert Lieberman) : Le grand néant](https://julienbouffartigue.net/2017/11/25/la-huitieme-case/) - Souvent une histoire part d'une idée, d'un pitch comme l'on dit. On imagine facilement l'auteur la voyant surgir dans son esprit se dire qu'il possède là de quoi écrire un roman. Parfois, par contre, en parcourant les pages d'un livre, on s'interroge vraiment sur ce qui a pu conduire quelqu'un penser qu'il avait là la matière pour proposer autre chose qu'une courte nouvelle. C'est le sentiment que m'a procuré la lecture de la Huitième Case d'Herbert Lieberman. Il suffit de lire le quatrième de couverture de la Huitième Case pour avoir la puce à l'oreille et se dire qu'il y a sans doute un problème avec ce roman. En effet, il met déjà en avant son épilogue, soit les quelques pages qui concluent le livre et qui, en effet, change le regard que l'on peut porter sur ce qui a précédé. Mais en rien lui donner un supplément d'épaisseur. C'est un peu comme si l'éditeur, conscience de la faiblesse indigne de ce qu'il propose, essayait de donner des raisons au lecteur de ne pas décrocher avant la fin. - [LE MUSEE DES MERVEILLES : Liens éphémères](https://julienbouffartigue.net/2017/11/25/le-musee-des-merveilles/) - Il y a des films qui marquent à vie et d'autres qui vous laissent une trace particulièrement éphémère. Une semaine après l'avoir vu, j'ai un mal fou à entamer l'écriture de ma critique de Le Musée des Merveilles. Je dois consentir un certain effort pour me rappeler ce que j'en ai pensé et ce que j'ai ressenti en le regardant. Au final, pourtant, je vais en dire avant tout du bien. Mais il y a une grande différence entre posséder des qualités et laisser une trace dans l'esprit du spectateur. Le Musée des Merveilles apparaît tout d'abord comme un film chorale. Une petite chorale certes, puisqu'on ne suit que deux histoires en parallèle. Deux histoires qui ne semblent tout d'abord n'avoir aucun lien entre elles, avant de découvrir que... Non, non, je n'en dirai pas plus ! Deux belles histoires, agréables à suivre... mais pas plus que ça. Le film est touchant, mais pas vraiment émouvant et encore moins bouleversant. On en ressort un léger sourire aux lèvres mais qui s'efface assez vite. - [JUSTICE LEAGUE : Les caves se rebiffent](https://julienbouffartigue.net/2017/11/23/justice-league/) - L'avantage d'un film dont on n'attend strictement rien, c'est que l'on ne peut être qu'agréablement surpris. Et Dieu sait que je n'attendais rien de Justice League, vu la piètre qualité des dernières productions issues de l'univers DC Comics. Les critiques désastreuses ont renforcé ma certitude d'aller voir un gros navet. Bon ok, le mot navet qualifie assez bien ce film. Cependant, ce serait mentir de dire que je me suis ennuyé ne serait-ce qu'une seconde. Ce n'est pas grand chose, mais c'est déjà ça. Apprécier Justice League est possible avec un peu d'abnégation. De l'abnégation pour oublier toute attente concernant la subtilité, la crédibilité du scénario et des personnages. Quant aux costumes... ils sont assumés avec un certain courage, quand Marvel se sert de l'humour et du second degré pour les justifier. Bref, il faut juste oublier toute notion de bon goût et de profondeur intellectuelle et tout va alors pour le mieux. Je sais, c'est beaucoup demander. Mais avouons que parfois, cela fait un bien fou de mettre tout cela de côté. - [JALOUSE : Gâchée](https://julienbouffartigue.net/2017/11/22/jalouse/) - Je ne sais pas si c'est parce que je m'approche moi-même de l'âge fatidique, mais le cinéma français s'est emparé de la thématique de la crise de la quarantaine avec une certaine frénésie. Pour le meilleur, et pour l'instant surtout pour le pire. Et ce n'est malheureusement pas ce Jalouse qui va rehausser la moyenne. En effet, il est difficile de faire apprécier un film de personnage, quand son personnage principal nous attire aussi peu de sympathie. J'ai un métier passionnant, je me trouve un mec fantastique, je suis plutôt bien conservé... mais je vais super mal et je me comporte de manière totalement infecte avec l'ensemble de mon entourage. Voici le point de départ de Jalouse. David et Stéphane Foenkinos ont tous simplement oublié que la compassion n'a rien d'automatique. Ils nous donnent tellement peu de raisons d'aimer cette femme, qu'on en vient à ne pas aimer le film non plus. Et même si un peu de tendresse vient naître au fond du cœur du spectateur dans les dernières minutes, il est bien trop tard pour rattraper le coup. - [LE MONDE DE MOO (Moodoïd), BARRAGAN (Blonde Redhead), LULLABY AND... THE CEASELESS ROAR (Robert Plant) : Horripilation en série](https://julienbouffartigue.net/2017/11/19/barragan/) - Voilà un avis musical qui ne va pas rester dans les mémoires. Trois albums, trois grosses déceptions. On commence par Moodoïd un groupe français qui signait en 2014 Le Monde de Möö, leur seul et unique album. Une musique électro-pop aux sonorités évaporées un peu ridicules. La voix est aigue et carrément horripilante. Les textes sont tout simplement risibles et les mélodies... pas mélodieuses du tout. Bref, rien à retenir de cet album inaudible. On enchaîne avec Blonde Redhead, un groupe américain, et leur album Barragan. Ils nous offre une musique électro-rock lancinante, portée par une petite voie aiguë. Ce n'est pas toujours désagréable, mais reste vraiment sans intérêt. L'auditeur est plongé dans une profonde torpeur face à tant de platitude. Franchement, on peut imaginer à l'écoute des premiers titres que cela fera une bonne musique d'ambiance, mais l'aspect très répétitif rend vite l'album légèrement horripilant. - [BORG VS MCENROE : Faute au filet](https://julienbouffartigue.net/2017/11/19/borg-vs-mcenroe/) - Cinéma et sport, si on excepte la boxe, ne font pas bon ménage. Il est d'ailleurs paradoxal de voir qu'un spectacle aussi télégénique ne parvienne pas à être crédible sur grand écran. La représentation du football, toujours désastreuse, constitue le meilleur exemple. Le 7ème art s'est moins souvent attaqué à la petite balle jaune. C'est chose faite avec Borg vs McEnroe, en attendant Battle of the Sexes. Mais encore une fois, le résultat peine à convaincre. Borg vs McEnroe est un film en trois parties qui se croisent et s'entremêlent. La plus réussie reste le portrait du champion suédois. Peut-être parce que ce dernier a participé à l'écriture, même s'il n'a pas échappé aux polémiques autour de l'image donnée de son entraîneur. Cet axe sauve le film car le reste est moins réjouissant. Le portrait de McEnroe est un peu trop caricatural pour être vraiment intéressant et on comprend que le vrai soit furieux de l'image donnée de lui, malgré la qualité de l'interprétation de Shia LeBoeuf. - [A BEAUTIFUL DAY : Comparaison n'est pas rasion](https://julienbouffartigue.net/2017/11/18/a-beautiful-day/) - Les affiches et autres actions de promotion font facilement le lien entre le film qu'ils cherchent à mettre en avant et un succès du passé. Le parallèle n'est pas toujours heureux et parfois totalement artificiel. Pour A Beautiful Day, le qualificatif de Taxi Driver du XXIème siècle n'est pas totalement usurpé, tant on peut faire facilement des parallèles entre les deux films. Cependant, il est clair que les deux n'auront pas le même impact sur l'histoire du 7ème art. A Beautiful Day est finalement un énième récit d'un homme obligé d'entrer dans un cycle de violence croissante pour se sortir d'une situation où il est plongé malgré lui. Le film se démarque néanmoins par un équilibre entre des séquences où la violence est éludée et d'autres où elle est montrée de manière beaucoup crue, jouant avec les nerfs du spectateur. Le scénario ne réserve pas de vraies surprises mais la forme parvient tout de même à créer une certaine fascination. - [THE SECRET MAN - MARK FELT : Bien trop secret](https://julienbouffartigue.net/2017/11/18/the-secret-man/) - Dans la série des films passés injustement inaperçus, après Corps et Âme, voici The Secret Man - Mark Felt. Un film qui nous raconte la véritable histoire de Gorge Profonde. Non rien à voir avec l'industrie du porno. Il s'agit bien du célèbre informateur qui a permis au scandale du Watergate de prendre assez d'ampleur pour contraindre Richard Nixon à la démission. Un homme dont l'identité ne fut révélée qu'il y a quelques années, peu de temps avant sa mort. Le film lui rend un hommage mérité et nous offre un éclairage nouveau sur des évènements que le cinéma a pourtant déjà largement relaté. The Secret Man - Mark Felt est extrêmement classique dans sa forme aussi bien visuelle que narrative. C'est bien les évènements qu'il relate qui font tout son intérêt. Je ne sais pas si le film peut passionner un spectateur qui ne saurait rien du contexte historique dans lequel il se déroule. Mais les férus d'histoire, en particulier d'histoire politique, seront ravis. Il est rare qu'un film nous apprenne vraiment des choses que même les plus cultivés ignorent. Et bien c'est un vrai plaisir pour les esprits curieux. - [CORPS ET AME : Un si bel Ours](https://julienbouffartigue.net/2017/11/16/corps-et-ame/) - Cannes, Venise et Berlin sont les trois villes qui accueillent les plus prestigieux festivals cinématographiques internationaux. Mais il est vrai que c'est sans doute le troisième qui bénéficie de la plus faible notoriété et qui a l'impact sur le public le plus limité. Au moins chez nous. Pour preuve, la disparition en tout juste deux semaines des écrans de Corps et Ame qui a pourtant remporté l'Ours d'Or en 2017. Un échec retentissant donc, mais surtout totalement incompréhensible. Corps et Ame aurait pu être un film tout ce qu'il y a des plus banal. Une histoire d'amour, pour ne pas dire une comédie romantique, entre deux êtres singuliers et un peu paumés. La trame narrative sous-jacente est donc extrêmement classique, pour ne pas dire éculée. Mais se pose sur celle-ci des éléments qui le sont pas du tout, bien au contraire. Les personnages d'abord, mais aussi le décor ou les différentes étapes qui vont jalonner ce parcours amoureux, tout est marqué par une réelle audace et qui est à chaque fois pleinement récompensée. Le tout est au final parcouru d'une sublime poésie, d'un brin d'humour savoureux, d'un rien de mélancolie et d'une infinie tendresse. - [CARRE 35 : Confessions intimes](https://julienbouffartigue.net/2017/11/12/carre-35/) - Il n'est pas rare que les artistes mettent un peu de leur propre histoire dans leurs oeuvres. Ils peuvent même mettre leur propre histoire en scène à travers une autobiographie. Réaliser un documentaire sur son propre passé est moins fréquent. C'est ce que nous propose Eric Caravaca avec Carré 35. Un film qui nous plonge au coeur d'une histoire incroyablement personnelle et intime. Un film bouleversant mais qui ne permet pas d'échapper à un léger malaise. La question que soulève Carré 35 est la raison qui a poussé Eric Caravaca de faire de cette recherche sur son passé un film visible par le plus grand nombre. J'avoue avoir été parfois gêné par ce partage d'une histoire qu'on ne raconterait normalement qu'à des proches. Cette gène était encore plus forte quand Eric Caravaca commet quelques maladresses, comme une image esthétisée de son père sur son lit de mort ou bien un parallèle avec l'idéologie nazie dont on se demande ce qu'elle vient faire là. - [POPULAR PROBLEMS (Leonard Cohen), SUKIERAE (Tweedy), ANGUS AND JULIA STONE (Angus and Julia Stone) : Maître Leonard](https://julienbouffartigue.net/2017/11/11/popular-problems/) - On débute cet avis musical par une légende parmi les légendes. Leonard Cohen, qui nous a malheureusement quittés depuis, restera un artiste majeur de la musique contemporaine. Il l'aura prouvé jusqu'au bout avec Popular Problems, son avant dernier album sorti en 2014. Dès les premières secondes, sa voix extraordinaire prend aux tripes. L'album joue beaucoup sur le contraste entre la profondeur de cette dernière et la douceur des chœurs qui l'accompagne. Les accompagnement sont minimalistes, mais suffisants. On soulignera surtout la très grande qualité de tous les titres, la marques des grands. Retour au beaucoup plus ordinaire, pour ne pas dire médiocre, avec Tweedy, composé de Jeff Tweedy, chanteur du groupe Wilco, que j'aime beaucoup par ailleurs, et de son fils. Leur unique album, Sukierae, nous offre un rock sans grande conviction. La voix est toujours travaillée et un peu déformée et c'est vraiment dommage. Il y a certes une vraie maîtrise artistique, mais ça ronronne gentiment avant même de s'éteindre progressivement au fur et à mesure de l'album. - [JEUNE FEMME : Le temps d'aimer](https://julienbouffartigue.net/2017/11/11/jeune-femme/) - Un film de personnage implique évidemment un personnage auquel le spectateur s'attache et se soucie donc de ce qui lui arrive. Mais ce lien n'a pas forcément à être immédiat. Personnage et spectateur peuvent avoir besoin de temps pour se découvrir, se connaître et d'apprivoiser. Un processus qui va donner toute son épaisseur et son intérêt au film. Comme dans ce très réussi Jeune Femme. Le moins que l'on puisse dire c'est que la jeune femme en question est dans un premier temps particulièrement horripilante. Puis on découvre peu à peu le malaise que cache ce comportement et toutes les jolies choses qui restaient cachées derrière. Tout cela donne un portrait singulier et dont on ne sait jamais où il va nous mener. Jeune Femme est au final plaisant à défaut d'être emballant et l'attachement qui finit par naître fait qu'on sort de la salle en regrettant si vite un personnage qu'on aura mis du temps à aimer. - [THOR : RAGNAROK : Thor on the rocks](https://julienbouffartigue.net/2017/11/10/thor-raganarok/) - Thor est un peu la parent pauvre des films Marvel. Personnellement, je n'ai jamais vraiment apprécié les Iron-Man non plus, mais il faut avouer que les productions où le fils d'Odin intervient au solo ont pour l'instant été assez médiocres. Cependant, la bande-annonce de Thor : Ragnarok arrivait malgré tout à nous faire envie et nous donner l'espoir de passer un très bon moment cinématographique. Au final, le moment est bon, mais pas autant qu'espéré, car la médiocrité n'a pas totalement disparu. Le scénario de Thor : Ragnarok ne ressemble à peu près à rien. Il arrive à mettre bout à bout deux parties qu'on aurait imaginé difficile à relier. Le résultat est bancal et broder de grosses ficelles totalement artificielles. C'est souvent fun, souvent spectaculaire et surtout Marvel respecte sa nouvelle ligne de conduite. En effet, le film est empli d'humour et d'autodérision qui sauve en fait l'histoire du ridicule. On ne s'ennuie pas, mais on a bien du mal à s'enthousiasmer, du fait de l'absence total de souffle épique. On est devant un produit de pure consommation qui rassasie le ventre, sans faire chavirer de bonheur les papilles. - [LA BELLE ET LA MEUTE : Voyage au bout du mépris](https://julienbouffartigue.net/2017/11/07/la-belle-et-la-meute/) - On ne peut que se réjouir de voir de plus en plus de films parlant de la condition des femmes au Maghreb et au Moyen-Orient. Ce qui est évidemment nettement moins réjouissant c'est que ces films rendent compte d'une situation particulièrement catastrophique. La Belle et la Meute apporte un nouveau témoignage de celle-ci, nous transportant en Tunisie, où une jeune fille essaye désespérément de porter plainte après un viol par des policiers. Un film qui possède une grande valeur en tant que témoignage, mais à force d'enfoncer un clou, on finit par le rendre invisible. La Belle et la Meute bénéficie d'une forme relativement audacieuse. En effet, il est composé d'un nombre limité de longs plans séquences, qui arrivent à merveille à créer une impression d'oppression quand la jeune fille se heurte encore et encore à un mur de mépris. Si la technique n'est pas nouvelle, elle est ici assumée pleinement et jusqu'au bout et surtout employée à bon escient pour servir son propos. Si on ajoute à cela la prestation remarquable de Mariam El Farjani, ce film est incontestablement réussi d'un point de vue formel. - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 8 : Les jours heureux](https://julienbouffartigue.net/2017/11/05/tout-ca-pour-ca-episode-8/) - Au cours de ce récit, je vais essayer de m'efforcer de ne pas donner une image injustement négative de mes dix années de militantisme. Il est vrai que le tout va bien donne moins à raconter que les travers drôles, pathétiques ou dramatiques. Je ne me serais pas autant investi s'il n'y avait pas eu aussi de bons moments, où je pouvais parler avec fierté des actions entreprises. Je vais donc vous parler cette fois-ci d'une de ces périodes... et de sa fin lamentable. A la fin du congrès fédéral du Congrès de Reims, la responsable du site internet de la fédération PS des Yvelines vient me voir pour me demander si je veux bien reprendre sa mission, puisqu'elle est amenée à d'autres fonctions. Je faisais précédemment partie de son équipe et j'étais très flatté de cette « promotion » pas du tout sollicitée et totalement inattendue, surtout qu'il y avait dans l'équipe également un militant beaucoup plus expérimenté et compétent techniquement. Mais j'accepte volontiers. - [LOGAN LUCKY : Retour à pleine vitesse](https://julienbouffartigue.net/2017/11/05/logan-lucky/) - Personne n'a vraiment cru Steven Soderbergh quand il avait annoncé qu'Effets Secondaires, sorti en 2013, serait son dernier long métrage. Effectivement pour un réalisateur qui tournait quasiment deux films par an, la pause fut longue. Elle lui a permis notamment de se consacrer à une série, mais le voilà revenu à ses premiers amours cinématographiques avec Logan Lucky. Et il revient au meilleur de sa forme, avec un casting d'enfer pour nous offrir un vrai bon moment de cinéma jouissif et une nouvelle fois réalisé à la perfection. Pour son retour, Steven Soderbergh n'a pas pris trop de risque et s'est aventuré sur un terrain particulièrement connu pour lui. En effet, Logan Lucky a des faux airs de Ocean's Eleven (et ses deux suites). Bref, c'est un film de casse et même si le contexte et le décor sont ici assez différents, les mécanismes sont les mêmes. Mais on y replonge avec grand plaisir, se laissant porter par une mécanique sans faille qui nous amène vers le twist final qui va bien. Pas de grande originalité à l'horizon donc, mais des personnages assez savoureux et un second degré qui ne l'est pas moins, égratignant toujours au passage les travers de la société américaine. De quoi passer un bon moment ! - [AU REVOIR LA-HAUT : Au sommet](https://julienbouffartigue.net/2017/11/04/au-revoir-la-haut/) - N'ayant pas lu le roman dont il est l'adaptation, c'est avec un œil neuf et sans a priori que je suis allé voir Au Revoir Là-haut. Un œil impatient également, séduit par une bande-annonce qui faisait naître une réelle envie de voir ce film. Enfin, la présence d'Albert Dupontel derrière la caméra présageait du meilleur. Et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est à la hauteur des attentes, nous offrant un des meilleurs films français de l'année. Et même un des meilleurs films tout court de 2017. Une nouvelle preuve de l'immense talent de son réalisateur qui ne semble définitivement plus avoir de limite. Au Revoir Là-Haut repose d'abord sur une grande histoire. Le roman n'a pas reçu le Prix Goncourt pour rien visiblement. Une histoire inattendue et riche, peuplée de personnages relativement inoubliables. On se laisse emporter par elle dès les premières secondes jusqu'aux derniers instants. Elle arrive à véhiculer des sentiments et des émotions aussi nombreuses que contradictoires, ne laissant jamais une seconde de répits au spectateur. Tour à tour, on rit, on tremble, on pleure aussi un peu. Tout ce qu'il faut pour un récit qui marque vraiment les esprits. - [THE SQUARE : Une Palme sans ivresse](https://julienbouffartigue.net/2017/11/03/the-square/) - A l'heure de décerner des prix, c'est évidemment la subjectivité qui l'emporte. Sur quels critères objectifs peut-on juger qu'un film est meilleur qu'un autre ? La Palme d'Or est évidemment soumise aux mêmes règles et le jury est souverain. Pourtant, nombreux spectateurs sont allés voir The Square en se demandant s'il était possible que ce film soit vraiment meilleur que 120 Battements par Minute. Au final, en qualité pure, ce dernier l'emporte largement. Mais le Festival de Cannes a toujours récompensé une audace formelle et une certaine originalité non consensuelle. Et en ce sens, la récompense est loin d'être imméritée. The Square à le grand mérite d'être toujours surprenant. Il s'apparente presque à un film à sketchs et chaque séquence réserve son lot d'inattendu. Le tout est parcouru d'un humour pince sans rire et décalé relativement déstabilisant. Malheureusement, la plupart des scènes semblent s'être arrêtées au milieu de l'idée qui les sous-tend. On est surpris, curieux, mais rarement enthousiaste. Certains passages savoureux, comme celui autour d'un préservatif usagé, arrachent un vrai sourire, mais une sorte de froideur toute nordique nous retient de totalement adhérer au délire. - [ZOMBILLENIUM : Enfer bien de chez nous](https://julienbouffartigue.net/2017/11/02/zombillenium/) - Quand on pense cinéma d'animation, on pense souvent au Japon, avec les animes tirés des mangas, ou bien aux Etats-Unis, avec Disney et Pixar. On pense moins souvent à la France, révélant là la faculté de notre pays à mettre au second plan ses propres réussites pour penser avant tout à ce qui ne va pas. Notre pays n'a pourtant rien à envier aux deux autres dans ce domaine et on se rappelle que certaines productions « internationales » sont en partie réalisées en France (comme les Minions notamment). Un film comme Zombillénium prouve une nouvelle fois la qualité de notre école d'animation. Adaptation d'une bande-dessinée dont j'ignorais totalement l'existence, Zombillénium constitue un divertissement familial de qualité. Un scénario agréable, rythmé, mêlant humour et action, tout est rassemblé pour passer un bon moment. Il séduit avant tout par sa galerie de personnages légèrement décalés qui emportent rapidement l'affection du public. On ne voit pas le temps passer, même si on ne ressort pas de ce film avec un souvenir impérissable. Ca fait passer un bien bon moment et c'est déjà pas mal. - [NUMERO UNE : Oubli réparé](https://julienbouffartigue.net/2017/11/01/numero-une/) - Le combat pour l'égalité homme/femme se joue pour une part importante au sein des entreprises. On pense immédiatement à l'égalité salariale. Mais il existe d'autres enjeux. On souligne souvent l'absence quasi totale de femmes à la tête des entreprises du CAC 40. C'est sur ce constat qu'est basé Numéro Une. Un film sur l'univers impitoyable des affaires et sur la manière dont les hommes cherchent à conserver l'exclusivité du pouvoir. Un film qui prend une résonance particulière dans le contexte actuel, même si les sujets sont bien distincts. Numéro Une aurait pu être un film tout ce qu'il y a des plus classiques sur les jeux de pouvoir et d'influence et toutes les extrémités dont certains sont capables pour garder leur position dans l'ordre des choses. Lui donner une dimension féministe lui donne étonnamment un relief, un intérêt et un originalité supplémentaire. Etonnamment car cela permet de réaliser à quel point le sujet a pour l'instant été largement oublié par le cinéma français. Un des grands mérites de ce film est de réparer cet oubli. - [A BOUCHE QUE VEUX TU (Brigitte), GIVE ME LOVE TO LONDON (Marianne Faithfull), ART OFFICIAL AGE (Prince) : Divine Brigitte](https://julienbouffartigue.net/2017/11/01/a-bouche-que-veux-tu/) - On commence cet avis par un vrai coup de cœur pour un groupe que je connaissais avant tout de réputation et à travers quelques single. Le duo fait désormais partie d'un des fleurons de la nouvelle scène française, même si je ne sais pas très bien quand est-ce qu'on cesse de faire partie de la nouvelle scène. A Bouche que Veux-tu est quand même sorti en 2014 et constitue déjà leur troisième album. Quoi qu'il en soit, il est tout de suite emballant. Les titres s'enchaînent avec énergie et conviction. Le duo de voix est vraiment prenant et dégage une vraie sensualité. Et quand on sait que l'album est d'une qualité constante du début jusqu'à la fin, on ne peut que se régaler. Marianne Faithfull ne fait plus partie d'aucune nouvelle scène depuis belle lurette. Elle a sorti son premier album en 1965, 40 ans avant ce Give Me Love to London. Mais si ce dernier s'ouvre avec un titre un peu country fort sympathique, la suite, beaucoup plus éthérée, n'est pas terrible. Certes, on compte quelques ballades un peu plus convaincantes, mais jamais rien de bien transcendant. Je ne sais pas si c'est l'âge qui fait ça, mais la voix n'est jamais d'une grande intensité, plongeant l'auditeur dans une grande indifférence. - [L'ATELIER : En zone grise](https://julienbouffartigue.net/2017/10/29/latelier/) - Si le cinéma n'a généralement aucun scrupule à ranger les personnages dans des cases manichéennes, il a beaucoup de scrupule à faire de même quand il s'agit d'enfants ou d'adolescents, n'osant considérer que leur cause est déjà entendue. Cela donne même lieu à réflexion sur les « enfants » perdus, qui semblent voués à devenir des adultes infréquentables, mais qu'il est encore temps de sauver. L'Atelier se situe dans cette lignée. Un film qui essaye de comprendre les racines de la dérive vers la haine et la violence, mais sans tout à fait y parvenir. L'Atelier est doté de deux centres de gravité. Le sujet reste un des jeunes élèves d'un atelier d'écriture qui a commencé à basculer vers la haine et l'extrême droite. Si le début du film peut nous laisser penser à un propos plus large, il se focalise très vite sur ce seul axe. Par contre, l'histoire n'est pas raconté d'un œil extérieur et neutre. On partage clairement le point de vue de l'animatrice de l'atelier. Son désir de comprendre se transmet au spectateur et la quête devient commune. Et si le dénouement n'apporte pas de réponse claire et définitive, c'est sans doute que cette dernière n'existe de toute façon pas. - [LE SIECLE, TOME 2 (Ken Follett) : L'HIVER DU MONDE](https://julienbouffartigue.net/2017/10/28/l-hiver-du-monde/) - Après un premier tome aussi passionnant que l'est celui de la saga le Siècle de Ken Follett, on s'attaque forcément au deuxième épisode avec enthousiasme. L'Hiver du Monde nous amène cette fois jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. On y retrouve beaucoup des personnages de la Chute des Géants et évidemment beaucoup de nouveaux, les générations se succédant. On y retrouve surtout le même plaisir, mais avec quelques réserves cependant. Evidemment, Ken Follett n'y est pour rien, mais la période de l'entre deux-guerre recèle moins de mystère que les raisons obscures qui ont conduit au déclenchement de la Première Guerre Mondiale. Du coup, l'Hiver du Monde laisse beaucoup plus d'espace aux petites histoires des personnages plutôt qu'à la grande Histoire. Ce n'est ni une qualité, ni un défaut en soi, mais l'équilibre entre les deux faisait la force et la singularité du premier volet. On ne le retrouve pas ici et cela rend ce roman un peu plus ordinaire. - [COEXISTER : Divine surprise](https://julienbouffartigue.net/2017/10/28/coexister/) - J'avoue que lorsque j'ai vu pour la première fois les affiches de Coexister sur les murs du métro, j'ai pris un peu peur. Non que je dénie tout talent à Fabrice Eboué, mais je ne le pensais pas capable de traiter un tel sujet sans se prendre les pieds dans le tapis de la lourdeur. Le résultat confirme qu'il ne faut jamais douter a priori de la réussite ou d'un échec. En effet, sans être parfait, le film évite beaucoup des pièges qui se dressaient devant lui et se révèle surtout très drôle. Il fera en tout cas définitivement oublier le détestable Qu'Est ce qu'on a Fait au Bon Dieu ? Excusez-moi pour cette expression triviale, mais Fabrice Eboué a quand même eu les couilles d'oser se moquer gentiment mais résolument des religions dans le contexte que l'on connaît. Il y a une forme de tendresse dans son regard certes, mais aussi beaucoup de mordant. Si on veut chercher des défauts à Coexister, on pourrait dire qu'il y en a pas toujours assez de ce dernier. On aurait aimé que Fabrice Eboué aille un peu plus loin dans le caustique, mais il est vrai que ça aurait été sûrement au détriment de l'attachement que l'on ressent pour les personnages. - [TEHERAN TABOU : Loin de la gaudriole](https://julienbouffartigue.net/2017/10/27/teheran-tabou/) - On imagine facilement qu'un film sur la vie sexuelle sera joyeux et réjouissant. Car qu'il y a-t-il de plus réjouissant et de joyeux que le sexe ? Mais quand on découvre qu'il s'agit de la vie sexuelle des Iraniens, on commence à être saisi d'un léger doute. En effet, Téhéran Tabou n'a rien de joyeux et nous fait découvrir un quotidien oppressant jusqu'à l'absurde. Par contre, si on tient compte de ses nombreuses qualités, alors on peut le considérer comme artistiquement réjouissant. A défaut d'avoir des raisons de se réjouir pour les personnages. Le choix de passer par un film d'animation pour traiter un sujet si "adulte" pourrait surprendre sans le succès de Valse avec Bachir. Les styles graphiques de ces deux films ne sont d'ailleurs pas si éloignés, ou se caractérisent tout du moins par la même maturité qui colle parfaitement avec la gravité du sujet. Au final, on en oublierait presque ce détail de forme pour se concentrer sur le fond. En effet, on va voir Téhéran Tabou avant tout pour le sujet qu'il traite. - [KINGSMAN : LE CERCLE D'OR : Trop de suite dans les idées](https://julienbouffartigue.net/2017/10/22/kingsman-le-cercle-d-or/) - Ce qu'il y a de bien avec les suites, c'est qu'elles me permettent de faire toujours la même introduction à mes critiques, alors que les premières lignes sont les plus ardues à écrire. Mais le plus souvent, c'est pour m'insurger contre le cliché que les suites sont toujours décevantes comparées aux épisodes originaux. Et bien pour Kingsman : Le Cercle d'Or, je vais difficilement pouvoir aller à contre-courant des idées reçues. En effet, autant le premier volet avait été un vrai grand moment de bonheur cinématographique, autant le second est très moyen, pour ne pas dire médiocre. Kingsman : Le Cercle d'Or connaît des faiblesses à à peu près tous les niveaux. En premier lieu le scénario. L'idée de la rencontre avec des homologues américains aurait pu être réellement savoureuse si elle avait été mieux exploitée. Le film manque de rythme, propose un humour parfois lourdingue et même les clins d'œil au premier échoue à nous émouvoir. Parapluie contre lasso, on préfère définitivement le premier. A trois vouloir imiter le premier volet, cette suite ne trouve pas sa propre identité et pour tout dire son propre intérêt. Surtout si c'est pour faire la même chose en moins bien ! - [TOUT CA POUR CA : 10 ANS DE MILITANTISME AU PS : EPISODE 7 : Les réunions publiques... ou le vrai visage des "gens"](https://julienbouffartigue.net/2017/10/21/tout-ca-pour-ca-episode-7/) - J'ai déjà évoqué dans cette chronique l'indifférence profonde du commun des mortels vis-à-vis des enjeux politiques locaux. Je dois nuancer légèrement ce propos. En effet, 8 ans de vie d'élus m'ont amené à assister à de nombreuses réunions publiques. Or, ces dernières m'amènent à corriger légèrement ma sentence initiale. Le commun des mortels est profondément indifférent aux enjeux politiques locaux... à moins qu'il ne soit directement concerné. Une des preuves les plus éclatantes a été apporté par la première réunion publique à laquelle j'ai assisté en tant qu'élu (en fait la première tout court, parce qu'effectivement, je dois admettre qu'avant de faire activement de la politique, je n'étais pas non plus passionné par ce genre d'événement). Il s'agissait d'une réunion de concertation avec les riverains d'un projet de construction de logements sociaux. Un projet assez particulier il est vrai, situé au fond d'une rue privée très étroite. - [DETROIT : Peur sur la ville](https://julienbouffartigue.net/2017/10/21/detroit/) - Le style caméra à l'épaule a été très en vogue ces dernières années. La mode semble être en train de passer. C'est tant mieux car entre de mauvaises mains, elle peut vite donner au spectateur une légère envie de vomir. Mais ce style a fait la gloire et la renommée de Kathryn Bigelow, lui valant même un Oscar pour Démineurs. Il est vrai qu'elle maîtrise cette manière de filmer à la perfection, sans jamais donné la moindre nausée à l'assistance. Une nouvelle preuve avec Detroit. Assurément le meilleur film de sa carrière. Au-delà de chaque élément pris séparément, Detroit est un grand film car il signe la parfaite synergie entre un style visuel et un sujet. En nous racontant une histoire se déroulant quasiment en temps réel, elle justifie pleinement l'usage d'une technique qui nous plonge au cœur de l'action de manière assez directe. Pas d'artifice artistique, mais bien une manière de maximiser l'impact d'un propos qui résonne de manière forte avec le contexte actuel. Cet échos permet au film d'être infiniment plus qu'un simple récit de fait divers et en dit particulièrement long sur ce mal qui ronge les Etats-Unis et qui ne semble pas arriver à se dissiper. - [BLADE RUNNER 2049 : Pari réussi](https://julienbouffartigue.net/2017/10/15/blade-runner-2049/) - Le pari était ambitieux. Offrir une suite, 30 ans après, à un monument du cinéma comme Blade Runner avait tout du piège susceptible de déchaîner la fureur d'une horde de fans et autres amateurs éclairés. Mais en choisissant Denis Villeneuve pour le réaliser, les producteurs ont fait clairement le bon choix. Au final, le pari est presque totalement. Car si le Blade Runner 2049 est visuellement et auditivement incroyablement fidèle au chef d'œuvre de Ridley Scott, le scénario manque quelque peu d'épaisseur. Blade Runner 2049 est un film sublime sur la forme. Certes, il y a d'un côté la fidélité à un style qui a profondément marqué le cinéma et on peut objecter que l'imitation ne constitue pas une forme de génie. Mais Denis Villeneuve a certes repris les éléments visuels et sonores du Blade Runner de Ridley Scott, mais pour en faire quelque chose de magnifique. Il serait cruellement injuste de ne pas lui reconnaître un immense mérite artistique. La photographie, le jeu sur les couleurs sont vraiment extraordinaires. On en prend plein les yeux mais aussi les oreilles, car l'ambiance sonore joue ici un rôle central. Et personne ne s'étonnera de voir que Hans Zimmer est la baguette. - [SOUSED (Scott Walker et Sunn O))) ), SOMNAMBULES (Raphael), BERLIN (Zenzile) : Pas besoin d'aller loin](https://julienbouffartigue.net/2017/10/14/somnambules/) - Scott Walker, né en 1943, est un vieux routier de la scène musicale américaine. En 2014, il s'est associé au groupe Sunn O))) pour composer l'album Soused. Le premier sentiment est la surprise face à une voix presque lyrique. Mais on déchante assez vite en s'apercevant à quel point le résultat est sombre, minimaliste et surtout très ennuyeux. Les morceaux sont horriblement longs, et certains carrément inaudibles. Ce n'est jamais mélodieux, ridicule parfois et le dernier titre totalement insupportable. On poursuit avec un artiste bien de chez nous, Raphaël et son album Somnambules. On reconnaît immédiatement son style typique. Petite nouveauté ici, l'emploi, un peu abusif d'ailleurs, de cœur de voix d'enfants. Le ton est toujours très mélancolique, même s'il est parfois capable de se montrer un peu énergique. Les textes gardent cette légère naïveté que le caractérise. Sa voix unique apporte une vraie personnalité, sans que le titres se ressemblent pour autant. Les fans de cet artiste seront vraiment ravis. - [LE SENS DE LA FETE : Succulente mignardise](https://julienbouffartigue.net/2017/10/14/le-sens-de-la-fete/) - Un grand film peut-il être léger ou doit-il être toujours doté d'une réelle profondeur ? Voilà un beau sujet de dissertation, mais qui n'est pas le sujet d'aujourd'hui puisque le Sens de la Fête n'est pas un grand film. Mais il est déjà un très bon film, ce qui n'est pas rien. S'il ne délivre pas de message philosophique, s'il ne débouche pas sur une morale pleine de sagesse, il ne sonne pas pour autant creux. Il permet avant tout de passer un excellent moment plaisant et divertissant. Avec ce film léger Eric Toledano et Olivier Nakache échapperont sans doute aux polémiques ridicules qui ont accompagné Intouchables et Samba. Mais que leurs admirateurs se rassurent, ils conservent toutes leurs qualités de cinéaste. Le Sens de la Fête reste un film profondément humaniste. Une humanité ordinaire peut-être, mais une belle humanité quand même. Il reste avant tout un film de personnages, avec une galerie particulièrement réussie, où il n'y a pas grand chose à jeter. Ils arrivent à se mettre en avant le pire de chacun d'eux pour créer les effets comiques, mais en le filmant avec une infinie tendresse qui permet au spectateur de s'attacher à chacun d'eux malgré tout. - [FAUTE D'AMOUR : La peur du vide](https://julienbouffartigue.net/2017/10/13/faute-d-amour/) - On associe rarement la Russie avec gaieté et joie de vivre. Il est peu probable que cette image change avec Faute d'Amour, un film peuplé de personnages dont le cœur est aussi sec qu'un biscuit militaire périmé. Un film qui dresse surtout un portrait désabusé d'une société qui semble avoir perdu tous ses repères. Mais un portrait saisissant, sublimé par la caméra d'Andrey Zvyagintsev qui n'a pas son pareil pour nous faire voyager dans les déserts affectifs et moraux. Le précédent film de Andrey Zvyagintsev possédait un fond beaucoup plus politique et nous faisait découvrir une Russie plutôt rurale. Faute d'Amour nous plonge dans un quotidien plus ordinaire des urbains. Mais il semble capte avec la même maestria la même désagrégation des rapports humains. Il le fait à travers ses personnages qu'il met au premier plan, mais aussi à travers ses décors. Des lieux qui témoignent eux aussi d'un pays dont des pans entiers se sont disloqués. Et le résultat a quelque chose de fascinant, de pathétique, mais aussi d'inquiétant. - [DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS : Folie pas si douce](https://julienbouffartigue.net/2017/10/08/demain-et-tous-les-autres-jours/) - Lorsque j'ai vu (à de nombreuses reprises) la bande-annonce de Demain Et Tous les Autres Jours, j'avoue n'avoir absolument pas eu envie d'aller voir ce film. En effet, elle laissant penser à une énième ode à la folie douce, ce qui peut être convaincant à travers une fiction cinématographique, mais qui ne résiste pas longtemps au principe de réalité. Finalement, par amour pour Noémie Lvovsky, et à la lecture de quelques bonnes critiques, je me suis laissé tenté. Et la surprise fut bonne. Pourtant, pendant une bonne demi-heure, Demain et Tous les Autres Jours est exactement ce qu'il semblait être et on se dit alors qu'il est très mal parti. Heureusement, peu à peu, l'histoire prend un virage et un autre ton. Un ton plus grave, plus mélancolique, dévoilant peu à peu le vrai sujet du film. Il n'est finalement pas une ode à quoique ce soit mais nous livre une réflexion sur la difficulté pour un enfant de porter un fardeau écrasant pour son âge. Il prend alors tout son intérêt et sa profondeur. - [UN BEAU SOLEIL INTERIEUR : Miss catastrophe](https://julienbouffartigue.net/2017/10/07/un-beau-soleil-interieur/) - Au cinéma, la plupart du temps on a la chance de voir des films. Mais parfois on tombe sur tout autre chose, qui ne mérite pas d'être associé au 7ème art. Bon j'admets que mon introduction est quelque peu brutale. Vous l'aurez compris je n'ai pas du tout aimé Un Beau Soleil Intérieur. Il suffit de regarder les notes spectateurs sur Allociné pour constater que je ne suis pas le seul. Il faut dire se moquer à ce point des personnes qui auront dépensé de l'argent pour voir ce film mérite guère d'indulgence Un Beau Soleil Intérieur nous raconte les états d'âme d'une femme entre deux âges absolument insupportable. Impossible de ressentir la moindre compassion pour ce personnage à qui on a envie de mettre deux claques. Elle croise certes des cons, mais franchement on est vite de leur côté, les trouvant déjà généreux de lui adresser la parole. Donc avec tout ça, difficile de trouver le moindre intérêt à cette histoire. La fin sonne comme une délivrance après avoir passé tout le film à s'ennuyer ferme, voire à se sentir mal à l'aise pour la pauvre Juliette Binoche, dont le talent ne méritait pas ça. - [CA : Haute fidélité](https://julienbouffartigue.net/2017/10/05/ca/) - L'adaptation du roman de Stephen King Ca pour la télévision américaine a donné lieu au plus célèbre des téléfilms de l'histoire. Mais sa relative médiocrité et les libertés prises par rapport à l'histoire originale ont toujours laissé insatisfait les amoureux de ce monument de la littérature d'horreur. C'est donc avec une joie fébrile qu'ils ont eu connaissance d'une adaptation cinématographique enfin digne de ce nom en préparation. Comme moi, ils se sont rendus en salle plein d'espoir et de crainte... pour finalement en ressortir soulagé, mais pas encore totalement enthousiasmé. L'adage qui veut que le livre est toujours meilleur que le film se vérifie une nouvelle fois, bien que je conteste fortement sa véracité absolue. En fait, Ca est victime d'un choix fondamental d'adaptation qui se comprend complètement cinématographiquement parlant, mais qui ampute l'histoire d'un de ses intérêts principaux. En adoptant une narration chronologiquement linéaire, et non en parallèle entre deux époques, le film se prive d'un des éléments qui fait la force du roman de Stephen King. Mais une fois ce choix fait, le réalisateur argentin Andres Muschietti s'en sort plutôt bien. - [LE REDOUTABLE : La chute d'un géant](https://julienbouffartigue.net/2017/10/01/le-redoutable/) - Je déteste Barbara et j'ai vu un film sur Barbara. Je l'ai détesté et avec le recul, ça n'a rien d'étonnant. J'ai été voir un film sur Jean-Luc Godard. Or, je déteste aussi Jean-Luc Godard, ou au moins ce qu'il est devenu ces dernières années (on peut même parler de décennies). J'avais donc assez peur de détester aussi Le Redoutable. Or j'ai au final réellement apprécier ce film. Peut-être parce qu'il raconte comment Jean-Luc Godard a cessé d'être un cinéaste pour devenir un sale con. La plupart du temps les biopics ressemblent largement à des hagiographies. Le Redoutable est exactement l'inverse. C'est assez rare pour être noté, surtout que cette démarche concerne une personne encore vivante. Il est évident qu'on ne regarde pas ce film de la même manière selon son niveau de culture cinématographique. J'ignore vraiment ce que peut ressentir un spectateur qui ignorerait tout de la carrière de Jean-Luc Godard. Les autres seront ravis de comprendre enfin mieux où est passé l'extraordinaire réalisateur de A Bout de Souffle et le Mépris, qui a laissé depuis longtemps la place à un triste sire à la carrière artistique aussi absconse que sans intérêt. - [GOOD TIME : Tout sur Robert](https://julienbouffartigue.net/2017/09/28/good-time/) - La carrière d'un comédien débute parfois par un rôle particulièrement marquant qui le propulse au rang de star, mais peut vite devenir une malédiction une fois qu'il a en envie de passer à autre chose. Longtemps, Robert Pattinson a été inexorablement associé à son rôle de vampire dans la saga Twillight. Il n'y avait visiblement pas fait étalage d'un quelconque talent particulier (je n'en ai vu aucun, je ne fais que rapporter des propos) et cette image de star artificielle lui a collé à la peau. Pourtant, il a depuis considérablement enrichi sa filmographie à travers des rôles d'une étonnante diversité. Celui qu'il tient dans Good Time prouve qu'il est définitivement temps de le regarder avec un oeil neuf. Good Time recycle un nouvelle fois une idée de base passablement usée. Celle du plan qui dans l'esprit d'un brave loser doit se dérouler sans accros et qui tourne vite au désastre. Et à chaque fois que notre anti-héros tente de renverser la vapeur du destin et de la malchance, il s'enfonce encore un peu plus. Mais il faut avouer que cette idée de base donne accès à une champ infini de possibilités. Ce film n'est peut-être pas le meilleur qui y ait été tourné, mais il nous propose tout de même une épopée savoureuse, où le chemin de son principal protagoniste croisera celui d'autres paumés se prenant pour des gangsters d'envergure. Tout cela donne un cocktail d'humour, de violence et de plongée dans la misère d'une Amérique urbaine marginale qui détonne et fonctionne très bien. - [NOS ANNEES FOLLES : Une si belle affiche](https://julienbouffartigue.net/2017/09/25/nos-annees-folles/) - Lors de la dernière cérémonie des Césars, j'ai été relativement sidéré que personne n'ait souligné que Quand on a 17 ans d'André Téchiné avait été totalement oublié au moment des nominations, alors qu'il s'agissait à mon sens d'un des meilleurs films de l'année, tous pays confondus. J'espère qu'il n'en sera rien avec Nos Années Folles, qui prouve encore une fois qu'à 75 ans, il reste un des plus grands réalisateurs hexagonaux. Un monument du cinéma français qui mérite bien mieux qu'une polémique autour d'une très belle affiche. Nos Années Folles est d'abord une histoire étonnante et inattendue. Une histoire vraie visiblement, même si on ne peut jamais mesurer le degré de fidélité par rapport au déroulement réel des événements. En tout cas, il est rare d'être à ce point surpris sur le déroulement d'une intrigue qui vous emmène dans des directions que l'on ne soupçonnait pas au premier abord. On saluera d'ailleurs la qualité de la promotion autour de ce film qui a su créer l'envie sans rien dévoiler de ce qui au final constitue le cœur du film, sans pour autant le faire passer pour ce qu'il n'est pas. - [DANS UN RECOIN DE CE MONDE : Sublime à tous points de vue](https://julienbouffartigue.net/2017/09/24/dans-un-recoin-de-ce-monde/) - Aussi étrange que cela puisse paraître (en fait, ce n'est pas si étrange que ça, mais ça sonnait bien comme introduction), le cinéma japonais a très peu abordé le sujet du quotidien des populations japonaises pendant la guerre. La guerre en elle-même, l'après-guerre oui, mais pas le sort des civils au début des années 40. C'est désormais chose faite avec Dans un Recoin de ce Monde. Un sublime film d'animation. Un film sublime tout court d'ailleurs. Dans un Recoin de ce Monde fait immédiatement penser au Tombeau des Lucioles. Certes, les époques sont légèrement différentes, mais ces deux films prouvent à quel point l'animation japonaise est capable de traiter des sujets incroyablement durs et difficiles. N'attendez pas à verser ici moins de larme que devant le chef d'oeuvre d'Isao Takahata. Celui de Sunao Katabuchi est lui aussi une œuvre forte et terriblement poignante, qui n'épargne pas le spectateur en lui procurant un flot continue d'émotions aussi fortes que variées. - [THE WAY (Macy Gray), ... AND STAR POWER (Foxygen), THE BEST DAY (Thurston Moore) : Macy et le néant](https://julienbouffartigue.net/2017/09/24/the-way/) - On commence cet avis musical par une valeur sûre, mais que j'avais quelque peu perdue de vue. The Way, sorti en 2014, est le 8ème album de Macy Gray, mais le bonheur qu'elle procure reste intact. Dès les premières secondes on retrouve cette voix incomparable. L'esprit de l'album est plutôt léger, avec des titres souvent enjoués et entraînants. En tout cas, cela fait plaisir de retrouver cette artiste en aussi grande forme. Elle nous livre un album de grande qualité de bout en bout, avec des titres variés et marqués par une vraie maîtrise artistique. On poursuit avec Foxygen, un groupe venu d'Austin au Texas, et leur album ...And Star Power. Si on doit leur reconnaître une qualité, c'est de proposer des morceaux vraiment variés. Variés, mais surtout décousus et au final surtout pas très intéressants, au-delà du simple fait qu'ils ne soient pas très mélodieux. En fait, cela s'apparente au final à patchwork passablement indigeste. Surtout qu'aucun titre ne surnage, rien ne vient jamais accrocher l'oreille. - [GABRIEL ET LA MONTAGNE : Pas si haut](https://julienbouffartigue.net/2017/09/17/gabriel-et-la-montagne/) - Il y a des histoires, même si elles n'ont pas fait la une de l'actualité, qui valent bien un film. D'autres, nettement moins. L'histoire de Gabriel Buchmann était-elle assez intéressante pour être portée sur grand écran ? On peut en débattre à l'infini. En tout cas, personnellement, je n'en suis pas foncièrement convaincu en voyant Gabriel et la Montagne. Et même si la forme recèle quelques originalités audacieuses, on a l'impression au final d'assister à un numéro de Rendez-vous en Terre Inconnue, mais où l'invité devait mourir à la fin. Cessez tout de suite de hurler, je n'ai rien spoilé du tout ! Vous savez bien que ce n'est sûrement pas mon genre. La mort du personnage principale de cette histoire est la première chose que l'on apprend et l'histoire est racontée comme un grand flash-back sur les derniers mois de sa vie. Ces derniers furent consacrés à un tour du monde qui l'amènera au cœur de l'Afrique et de ses montagne. Gabriel et la Montagne ressemble à un carnet de voyage, qui donne envie de partir nous aussi, mais sans pour autant déchaîner notre enthousiasme. - [BARBARA : Comme un oiseau sans aile](https://julienbouffartigue.net/2017/09/13/barbara/) - Pourquoi aller voir un film sur Barbara quand on déteste Barbara ? Voilà une très bonne question que j'aurais mieux fait de me poser avant d'aller voir ce film. Peut-être parce que les critiques étaient particulièrement élogieuses. Mais la présence de Matthieu Amalric derrière la caméra aurait du m'alerter. En effet, il s'agit typiquement du genre d'acteur ou réalisateur français auquel une certaine intelligentsia hexagonale va tout pardonner. A commencer par une profonde médiocrité. Barbara est un film où rien n'est maîtrisé. Rien ne semble être traité avec le minimum d'application et de consistance requis. Visiblement après avoir trouvé une manière réellement originale de traiter son sujet (je lui reconnais cette indéniable qualité), Matthieu Amalric s'est totalement désintéressé du reste. Raconter une histoire ? Superflu ! Alors lui donner du rythme où de l'épaisseur aux personnages, vous n'y pensez même pas ! Ce film est d'une paresse artistique crasse et le spectateur n'a au final qu'un ennui profond à se mettre sous la dent. - [LE TRONE DE FER, TOME 5 (George R.R. Martin) : Toujours plus immense](https://julienbouffartigue.net/2017/09/13/trone-de-fer-tome-5/) - Que je m'attaque à la critique du 5ème tome du Trône de Fer ou Game of Thrones pour les intimes n'est somme toute pas surprenant puisque j'ai déjà écrit la critique des tomes précédents. Par contre, cet état de fait témoigne d'un événement majeur. Je n'ai en effet plus aucune raison de ne pas m'attaquer à la série télévisée dont je n'ai toujours pas vu le moindre épisode, ce qui m'exclut quand même de pas mal de conversation entre amis. Mais avant les plaisirs télévisuelles, il y a le plaisir littéraire. Et un grand et beau plaisir ! Le 5ème tome du Trône de Fer se déroule en parallèle avec le 4ème tome. Il nous raconte simplement les événements qui concernent d'autres personnages que dans le tome précédent. Cela prouve à quel point le monde imaginé par George R.R. Martin est devenu immense. Immense et complexe même si on y est plongé depuis assez longtemps pour se sentir de moins en moins souvent perdu. Cependant, les longues pages de listes de personnages se révèlent toujours aussi indispensables par moment. En tout cas, c'est toujours cette incroyable richesse qui en fait une œuvre unique, puissante, fascinante. ## Pages - [CINEMA](https://julienbouffartigue.net/cinema/) - [SERIES CULTES](https://julienbouffartigue.net/series-cultes/) - 24h chrono Alias - [J'AIME / J'AIME PAS](https://julienbouffartigue.net/jaime-jaime-pas/) - Ce que j'aime dans la vie : -le cinéma: en particulier Star Wars et Audrey Hepburn -le football: je suis un grand supporter du PSG -le rugby, enfin surtout les troisièmes mi-temps -le sport en général, à de rares exceptions près (boxe, voile, dressage, curling...) -la musique avec comme artistes cultes Queen, les Beatles, les Stones, - [Alias](https://julienbouffartigue.net/alias/) - ALIAS James Bond a enfin trouvé son alter-ego féminin. Elle se nomme Sidney Bristow et elle est l'héroïne de la série "Alias". En effet, si l'espion britannique aime sauver le monde en smoking infroissable, la belle Sidney adore effectuer un coup de pied retourné en robe de soirée, afin de désarmer un garde qui tentait - [24H Chrono](https://julienbouffartigue.net/24h-chrono/) - 24H CHRONO Oubliez toutes vos références ! Balayez tout ce que vous pensiez possible en matière de rebondissements ! Effacez de votre mémoire tous les scénarios que vous trouviez géniaux ! Ils sont tous obsolètes, périmés, dépassés, à jeter aux oubliettes de l'histoire ! Car voici venu "24 Chrono", la série qui a révolutionné le - [Elementor #667](https://julienbouffartigue.net/elementor-667/) - ffdds - [ACCUEIL](https://julienbouffartigue.net/accueil/) - Retrouvez ci-dessous les trois derniers articles publiés sur mon site. Et pensez à laisser un mot sur le livre d'or ! L'ARGENT (EMILE ZOLA) : CURÉE BOURSIÈRE Le plus dur dans l'écriture d'une série est de savoir se renouveler continuellement pour maintenir l'intérêt de son histoire dans la durée. C'est vrai pour les scénaristes œuvrant pour - [LIENS](https://julienbouffartigue.net/liens/) - SITE DES AMIS LES SITES DU PS http://www.parti-socialiste.frLe site national http://www.ps78.netLa fédération des Yvelines http://groupe-ps78.over-blog.comLe blog des Conseillers Généraux socialistes et apparentées des Yvelines MES SOURCES D'INFORMATION POUR GLANDER AU BUREAU DIVERS - [QUEL PERSONNAGE DE DESSIN ANIMES ÊTES-VOUS ?](https://julienbouffartigue.net/quel-personnage-de-dessin-annimes-etes-vous/) - .Si vous avez 138 points, vous êtes Edgar Gentleman Cambrioleur En effet, à mon humble avis, vous avez triché ! Mais bon, si jamais ce n'était pas le cas, je vous prierais de m'excuser et de recevoir toutes mes félicitations. . Si vous avez entre 120 et 137 points, vous êtes Maestro Sage parmi les - [JEUX](https://julienbouffartigue.net/jeux/) - LE QUIZ DESSINS-ANIMÉS LE JEUX DES RÉPLIQUES - [QUIZ DESSINS-ANIMÉS](https://julienbouffartigue.net/quiz-dessins-animes/) - Le principe de ce jeu est assez simple. Vous répondez aux questions. A chaque bonne réponse, vous marquez des points. A la fin vous faites le total pour savoir quel personnage de DA vous êtes. Si vous ne faites pas un sans faute, rassurez-vous : ce questionnaire étant celui utilisé lors du WEI 2000 (week-end - [LE JEU DES RÉPLIQUES](https://julienbouffartigue.net/le-jeu-des-repliques/) - Le but du jeu est relativement simple : il faut deviner le nom du film dont sont issus les répliques suivantes. Si vous trouvez le nom de l'acteur qui les prononce, c'est encore mieux, mais il y en a certaines pour lesquelles je n'ai moi-même pas la réponse. Pour faire apparaître la réponse, il suffit - [Helpie FAQ](https://julienbouffartigue.net/helpie_faq_page/) - [helpie_faq group_id='4'/] - [echec(nouvelle)](https://julienbouffartigue.net/echecnouvelle/) - [quelque pages d'amour(nouvelle)](https://julienbouffartigue.net/quelque-pages-damournouvelle/) - [ADIEU(poeme)](https://julienbouffartigue.net/adieupoeme/) - [MUSIQUE](https://julienbouffartigue.net/musique/) - [ME CONTACTER](https://julienbouffartigue.net/me-contacter/) - Pour me contacter : jb@julienbouffartigue.net - [À propos de](https://julienbouffartigue.net/a-propos-de/) - Vous pourriez être un artiste et vouloir présenter vos travaux et vous même ou encore être une entreprise avec une mission à promouvoir. - [Contact](https://julienbouffartigue.net/contact/) - C’est une page avec des informations de contact de base, comme l’adresse et le numéro de téléphone. 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