BLOG ACTUALITE
22/10/2007 : Le logement social, outil de développement économique
Si mes convictions politiques sont fortes, si je milite au PS, ce n’est pas pour des raisons morales ou du fait d’un quelconque altruisme. Non, si je suis de gauche, c’est par pur égoïsme. C’est pour moi, rien que pour moi et seulement pour moi !
Ce que je viens de dire peut paraître étonnant et c’est bien cela qui me désole. J’ai suivi des études scientifiques à un haut niveau et si je suis au PS, c’est parce qu’objectivement les politiques économiques et sociales que l’on peut qualifier de keynésiennes (dans le sens où l’Etat est un acteur important de l’économie de marché) ont historiquement démontré leur supériorité. Une société qui vit bien, vit bien pour toutes ses composantes et seule une infime partie de celles-ci peut avoir un intérêt à voir naître une société globalement moins équilibrée et efficace.
Cette certitude « scientifique » (ou du moins basée sur des éléments objectifs) que ces politiques profitent à une majorité extrêmement large de la population, en y incluant la plupart des patrons, propriétaires fonciers, agriculteurs…, catégories sociologiques soi-disant favorisées par les politiques de droite, est une des racines les plus profondes de mon engagement. Et je suis souvent navré de voir à quel point cela ne transparaît pas dans les discours du PS, se privant ainsi d’un électorat qu’il pourrait conquérir. Le problème ne vient pas du fond des politiques proposées, mais de la manière dont on défend sa validité et sa supériorité face aux politiques prônées par la droite.
Pour illustrer ce propos, je vais à nouveau parler d’un sujet qui me tient à cœur… le logement ! Dans la suite de ce billet, je souhaite montrer quel genre d’argumentation je voudrais voir développer plus souvent par le PS. Je vais parler du logement social et de sa nécessité sur TOUS les territoires, mais sans jamais évoquer les notions de solidarité ou de morale. Impossible ? Je suis persuadé que non. Espérons que j’arrive à vous en persuader également.
Prenons le cas de ma commune, la charmante bourgade de Viroflay. Le logement y est très cher (tous les mois, mon avis d’échéance de loyer me le rappelle !) et les logements sociaux très peu nombreux. Comme tout territoire, elle accueille des résidents, des entreprises et des services. Ainsi, les utilisateurs de ce territoire sont nombreux et aux revenus très diverses. Cependant, la situation du logement fait que seuls les utilisateurs les plus aisés peuvent en devenir résidents. Or, cela pose plusieurs problèmes pour le développement et la pérennité du territoire.
De manière générale, un territoire où le prix des logements à la location ou à l’achat est élevé souffre de problème de compétitivité. En effet, cela à un impact négatif sur le pouvoir d’achat des résidents qui auront alors tendance à préférer travailler sur un autre territoire où l’immobilier est plus abordable.
A cela, beaucoup répondront que c’est un faux argument puisque ce territoire connaît un déséquilibre entre l’offre et la demande de logements pour de nouveaux résidents en faveur de l’installation. La commune n’a donc aucun problème pour trouver de nouveaux résidents, au contraire. Il n’y a donc pas de problème de compétitivité. De plus, le territoire de Viroflay comporte tout de même des atouts qui justifient le prix de l’immobilier. Certes, ce dernier est poussé vers le haut par une pénurie généralisée de logements sur l’Ile de France, mais l’exceptionnel desserte ferrée, la proximité d’espaces forestiers et naturels, de centres commerciaux, expliquent également que des cadres choisissent de résider ici et apprécient d’y rester. Comme moi en l’occurrence…
Cependant, en ce qui me concerne, c’est un choix très personnel qui me rapproche de ma famille. Je connais beaucoup de gens de même niveau de qualification que moi qui n’aurait pas fait ce choix. Ainsi, la situation de l’immobilier de Viroflay et des alentours a eu un impact important sur le panel de candidats s’étant présenté à mon entreprise lorsque mon poste s’est ouvert. Un impact positif, négatif, neutre ? Le débat peut être ouvert, même si je reste convaincu que cela a plutôt limité le choix que cela l’a élargi.
Si pour les cadres, la réalité du problème que je soulève est discutable, pour ce qui est des bas salaires, là, la situation est clairement problématique pour notre territoire. Ces personnes là n’ont pas le choix, le manque de logements sociaux les empêche de venir résider sur la commune où ils travaillent. Beaucoup répondront que dans une région comme l’Ile de France, où la mobilité est aisée, un territoire communal peut facilement vivre sans que tous ceux qui y travaillent y résident sans que cela ne pose de problème. Cependant, il y’a trois grandes raisons pour lesquelles ce n’est pas vrai.
-la première raison est qu’un territoire sans logements sociaux est un territoire qui vieillit. En effet le logement social ne s’adresse pas qu’aux « cas sociaux » comme on le pense trop souvent. Les ménages qui répondent aux critères pour une demande de logement social représentent 70% de la population, chiffre gigantesque et trop souvent ignoré. Le logement social permet donc à des personnes exerçant des professions intermédiaires de débuter dans la vie, de faire des enfants, avant de songer à un achat une fois leur situation professionnelle et salariale confortée par l’expérience. Une ville comme Viroflay en manque de logement social exclut de ses résidents les jeunes ménages, en particulier s’ils ont des enfants. De plus, rien ne garantit que ces familles reviennent s’installer sur le territoire une fois que leurs revenus auront augmenté. Il en résulte un glissement de la pyramide des âges vers un vieillissement de la population.
-la seconde raison peut être d’ailleurs directement reliée avec la précédente et avec ce que j’ai dit précédemment. Une personne exerçant une activité à bas salaire sur le territoire de Viroflay ne pourra que difficilement y résider. Cela impliquera pour elle des temps de déplacement importants, des frais qui ne sont pas toujours intégralement remboursés et surtout une dégradation de leur qualité de vie. Ils seront donc enclins à aller chercher du travail prioritairement sur un territoire qui peut aussi les accueillir en tant que résident. Est-ce réellement un handicap pour le territoire ? Certains diront qu’une caissière de supermarché en vaut une autre et que si ces politiques limitent le nombre de candidats, les postes sont toujours pourvus. Cela est-il toujours vrai ? Certainement pas. Il existe de nombreux métiers à bas salaires où un manque de main d’œuvre se fait sentir. L’exemple le plus connu est celui de la restauration, mais il y’en a bien d’autres, notamment dans le domaine des services à la personne, assistante de vie notamment. Et un territoire comme Viroflay qui vieillit verra sa demande dans ce type de service augmenter. De manière générale, le vieillissement de la population française ne fera qu’accentuer cette pénurie et les territoires les moins attractifs en souffriront d’avantage… Les Viroflaysiens seront donc condamner à payer plus que les autres ces mêmes services s’ils veulent continuer à en bénéficier.
De manière plus générale, si le chômage venait à baisser, ce qui est bien parti pour des raisons démographiques, recruter deviendra plus difficile pour les entreprises. Et celles qui se situeront sur un territoire où ne peuvent résider les bas-salaires auront d’autant plus de mal à en recruter. Or, même l’entreprise la plus pointue qui n’emploie que des cadres possède une femme de ménage. Construire des logements est un processus lent, alors que la modification du marché du travail par la démographie risque d’être beaucoup plus rapide. Il serait dommage qu’un territoire comme Viroflay hypothèque l’avenir des entreprises qu’il accueille en ne le permettant pas d’être attractives dans un marché du travail en pleine évolution.
-la troisième raison tient aux nuisances engendrées par les déplacements domicile-travail. Quiconque a circulé dans Versailles entre 8h et 9h sait à quel point la circulation y est difficile. Prendre les transports communs à ces heures-là signifient souvent voyager debout, compressé contre les autres voyageurs. Evidemment, la réflexion doit se faire là à une échelle plus grande que le territoire communal. Viroflay est traversé tous les jours par des milliers d’utilisateurs qui ne s’y arrêtent jamais mais qui dégradent la qualité de vie de ses habitants. Il faut donc que chaque commune fasse l’effort de limiter les migrations pendulaires en favorisant une offre de logement équilibrée qui permette à chacun de ses utilisateurs d’en être également résident. Dans ce domaine, la politique de développement de La Défense (qualifiée d’enfer par bon nombre de ses utilisateurs victimes des bouchons sans fin ou manquant de mourir étouffé tous les matins dans le RER A), sans développement des logements sur le site-même et des transports de desserte, est une des politiques d’aménagement les plus absurdes. Les territoires des alentours subiront des nuisances croissantes, que même une redistribution hypothétique de la taxe professionnelle engendrée. Etre riche ne dispense ni des bouchons, ni des encombrements.
Ainsi, la présence de logements sociaux est un facteur de développement économique et de bien-être indispensable à la pérennité des territoires. A l’heure où le concept de « ville invivable » émerge, les communes qui penseront pouvoir s’en dispenser s’engageront dans un processus de sclérose et de vieillissement, ne pouvant aboutir qu’à une dégradation de la qualité de vie et la perte des atouts qu’ils possèdent. Ces politiques, vu les montants à investir et les problèmes fonciers, sont à entreprendre au sein d’une vision à long terme. Il est donc capital de les mener maintenant car le contexte économique et social ne les attendra pas pour évoluer.
07/09/2007 : Relevons un peu la tête... et changeons de vocabulaire
Depuis le 6 mai dernier, je suis profondément
choqué et énervé par l’auto-flagellation dans laquelle a sombré le PS.
Certes, nous avons perdu et cela doit nous pousser à un peu d’humilité. Mais
que signifie cette volonté de rénovation, de refondation. Certains veulent même
changer de nom, comme si l’on devait renier notre histoire.
J’ai lu attentivement l’ensemble des
comptes-rendus des ateliers de l’Université d’été du PS à la Rochelle.
Certains traduisaient de profonde question métaphysique du genre « que
signifie d’être socialiste au XXIème siècle ? », comme si les idées
de gauche étaient ringardes, inadaptées à la société d’aujourd’hui,
soutenues uniquement par les tenants d’un archaïsme immobile, incompatible
avec la mondialisation en marche ! La France qui bouge, qui travaille, qui
se lève tôt, celle qui représente l’avenir de notre pays est à droite et a
voté Sarkozy…
Sauf que ce n’est pas vrai du tout. Si
l’on considère uniquement les moins de 65 ans, ce que l’on appelle la
population active, Ségolène Royale serait présidente de la République. Et je
ne vous parle même pas des étudiants, ceux qui, justement, représentent
l’avenir de notre pays. C’est l’incroyable déficit au niveau des votes
des retraités (moins de 30%) qui explique en grande partie la défaite. Si les
plus de 65 ans n’avaient voté ne serait-ce qu’à 43% pour Ségolène
Royale, elle l’aurait emporté.
Je n’ai rien contre les vieux, mais ils
sont peu nombreux à savoir ce que signifie réellement l’humiliation d’un
trentième entretien d’embauche sans trouver de boulot, le fait de voir 40% de
son salaire partir dans son loyer, le temps-partiel subit, la précarité, voir
même la pauvreté, alors que l’on a quand même un emploi… Ce n’est pas
parce que Nicolas Sarkozy a apporté des solutions innovantes et modernes à ces
problèmes que le troisième âge a voté pour lui, vu qu’ils ne sont que très
peu concernés par ces derniers. Alors pourquoi est-ce que la gauche fait le jeu
de la droite en criant haut et fort qu’elle va se moderniser, adapter ses idées
au monde moderne ? Car dire ça, c’est admettre que ses idées n’étaient
pas modernes. La droite fait dire à la gauche ce qu’elle veut qu’elle dise.
C’est consternant.
Pour illustrer ce constat, il suffit de
penser aux 35h. Pourquoi à droite comme à gauche parle-t-on toujours de cette
mesure vieille de 10 ans ? La droite s’en sert de prétexte pour tout.
« C’est la faute aux 35h » est son slogan favori, permettant de
faire peser sur le gouvernement Jospin le poids de ses propres échecs. Et face
à cela, que fait la gauche ? Au-lieu d’ignorer ce stratagème grossier,
elle continue de se justifier et de défendre son bilan. Mais les justifications
ne servent qu’à justifier des erreurs, on ne se justifie pas de ses réussites.
Et cela a pour résultat qu’on a élu un homme issu d’une majorité au
pouvoir pendant 9 des 14 dernières années, tout en donnant l’impression que
le responsable de la situation actuelle se trouve dans l’opposition. C’est
magique, mais ça marche et avec la complicité involontaire de la victime.
Evidemment, on ne peut pas dire, même si
cela n’est pas loin de la vérité, « Monsieur Sarkozy, c’est vous le
ringard, vous avez gagné avec les voix de ces cons de vieux »… Bon sans
allez jusque là, la gauche pourrait tout de même redresser un peu la tête et
mettre en avant le fait qu’elle a été majoritaire dans le vote de la
population active. Et puis, manier la mauvaise foi est tout de même à la base
de la politique. Ayant eu une activité commerciale, je sais bien que lorsque
l’on a quelque chose à vendre, on vend du gris comme étant du blanc à qui
veut du blanc et du gris étant du noir, à qui veut du noir. La politique,
c’est vendre des idées et le PS préfère se tirer des balles dans le pied
plutôt que se comporter en bon commercial.
Pourquoi, n’y a-t’il pas eu à la
Rochelle d’atelier sur ce qui avait marché pendant la campagne ? Sur ce
qui marche dans les collectivités où le PS est au pouvoir ? Faire le
bilan de ce qui marche est au moins aussi important que de regarder ce qui n’a
pas fonctionné. Et puis en termes de communication, c’est tout de même
important d’insister sur ce qui marche plutôt que ce qui ne marche pas.
Le PS ne sait pas maîtriser son image. Il
n’arrive pas à différencier l’image qu’il doit afficher avec la réalité
des choses. Ce sont pourtant deux choses bien différentes. Il est important de
rappeler que cet été, un ancien premier ministre de la République a été mis
en examen pour avoir essayé de salir son adversaire direct dans son propre
camp. Pourtant devant la caméra, De Villepin a toujours soutenu Sarkozy,
qu’il déteste pourtant cordialement. Mais cet été, Marie-Noelle Lieneman
qui devait s’ennuyer, n’a rien trouvé de mieux à faire que d’écrire un
livre pour dire que Ségolène Royale est une conne… Mais vous comprenez, au
PS, on a le droit d’avoir l’esprit critique. C’est pathétique, ridicule
et suicidaire.
De manière plus générale, les leaders de
gauche ont toujours souffert d’un gros désavantage face à leurs adversaires
de droite. En effet, on peut considérer la France comme coupée en trois, un
tiers de gens de droite, un tiers de gens de gauche et un tiers qui varie, ce
que l’on appelle communément le « marais ». Et bien, un leader de
droite comme Sarkozy ne s’est jamais adressé au tiers de gens de droite. Il
sait qu’il lui est acquis et qu’il n’a pas besoin de le convaincre. Il
concentre donc tous ses efforts sur le marais, celui qui fait gagner les élections.
Au contraire, à gauche, une grande partie de l’énergie est consacrée à
parler à son propre camp. Certes, cela provient de la culture plus
contestataire des électeurs de gauche, contestation qui se retourne aussi
souvent contre ses propres dirigeants. Mais le jour de l’élection, au moment
de glisser le bulletin dans l’urne, que l’on soit à gauche de la gauche, à
gauche du centre, à gauche du centre de la gauche de la gauche, au centre de la
gauche du centre, etc… on votera de toute façon pour le leader de gauche présent
au second tour. Certes, il y’aura toujours quelques trotskistes qui hésiteront
à voter socialiste, mais convaincre ces gens là ne mérite pas autant d’énergie
que de convaincre les 33% d’électeurs se situant dans le marais.
Il est étonnant de voir que même les
analystes politiques ne comprennent pas cela. Il n’y a pas longtemps, le
journal Marianne a titré sur le fait que la vraie droite allait être déçue
par la politique d’ouverture de Sarkozy. C’est une absurdité sans nom. La
vraie droite, la droite dure, la droite décomplexée ne bougera pas une oreille
et restera bien alignée derrière son leader. Elle est même ravie de cette
politique d’ouverture. Que des hommes « de gauche » la rejoigne
lui donne une forme de légitimité. Car si la droite dure paraît sûre
d’elle (encore l’image, toujours, l’image), elle cherche depuis la
naissance du libéralisme économique, depuis Adam Smith et sa main invisible,
une justification théorique et pratique. Jusqu’à présent, elle ne l’a
jamais vraiment trouvé et a toujours répondu aux critiques et aux échecs que
la logique libérale n’avait pas été assez loin, ni assez longtemps pour que
cela porte ses fruits. Le fameux « avec le libéralisme, au début,
pendant la phase de transition, c’est dur, les gens morflent, mais après
(mais quand ? ça, mystère !) tout va pour le mieux »
Malheureusement, cette remise en question idéologique
surdimensionnée au PS est entretenue par un problème de leadership. Si les idées
sont mauvaises et ringardes, il faut changer les dirigeants car à hommes neufs,
idées neuves. Cela n’est bien sûr pas du tout vrai, mais ce discours arrange
nombre de ceux qui voudraient mettre la main sur le parti et en écarter
d’autres. Mais je reviendrai sur ce problème de leadership dans un autre
article.
Même si j’affirme qu’objectivement la
gauche et le PS n’ont pas à se justifier d’une quelconque ringardise ou
autre archaïsme au vu de ses résultats électoraux, je ne dis pas non plus que
rien n’est à changer. Mais, c’est avant tout dans la forme que le PS doit
s’améliorer. Surtout dans son vocabulaire.
J’ai regardé l’ensemble des clips de
campagne officielle du PS pour les législatives (je sais, je suis courageux) et
notamment celui sur le logement, sujet qui me tient particulièrement à cœur.
Et là, j’ai été face à une des pires pathologies socialistes. Oui, à ce
niveau là, c’est du domaine du médical. En effet, dans ce clip, le mot
logement a du être prononcé une bonne cinquantaine de fois, et dans près de
90% des cas, il fut suivi du mot social… C’était édifiant. Le problème du
logement dépasse de loin les personnes admissibles à un logement social… il
concerne tout aussi bien les gens comme moi par exemple ! Et j’ai
vraiment bondi, le jour où j’ai lu le programme de la candidate Modem de ma
circonscription qui disait expressément sa volonté de construire des
logements… pas seulement sociaux. Et franchement ce jour là, j’ai vraiment
envie de voter pour le Modem !
De manière plus générale, il faut
absolument que le PS arrête de mettre en avant à tout bout de champ le
principe de solidarité ! Certes, c’est une valeur importante, ancrée au
cœur des valeurs de gauche. Mais cela est tout sauf un programme ! J’ai
été consterné lorsque j’ai lu une intervention d’un élu socialiste lors
de l’Université d’été qui disait qu’il était capital de demander au
Français le taux de solidarité qu’il voulait pour leur société. Et bien
moi, je répondrai, que je voudrais un taux zéro ! En effet, les mécanismes
de solidarité, c’est quoi à part un palliatif aux dysfonctionnements.
L’assurance chômage est là parce qu’il y’a du chômage. Les logements
sociaux sont construits parce qu’il y’a un manque de logement, des loyers
trop élevés et des revenus trop faibles pour se loger normalement. Le concept
de redistribution des richesses, si présent dans le discours, n’existe que
lorsque la richesse produite est mal répartie à la base ! Un programme
doit viser à faire disparaître le chômage, à favoriser la construction de
logements, à faire baisser les loyers, à augmenter les revenus et à répartir
équitablement la richesse dès sa création.
Je ne dis pas qu’il faut viser l’utopie
où les mécanismes de solidarité n’existeraient pas. Au contraire, je suis
convaincu, au contraire de la droite, qu’il faut les sauvegarder, les défendre,
voire les développer dans certains cas. Mais je parle ici de ce qu’il faut
mettre en avant dans le discours, dans l’image que l’on donne. La solidarité
ne fait pas vendre, elle dessert le PS même. Il m’apparaîtrait mille fois
plus judicieux de mettre en avant une valeur tout aussi importante dans
l’histoire de la gauche, celle de la justice sociale !
Que les caissières de Carrefour fassent
toutes leur carrière au SMIC, tout le monde trouve cela injuste. Par contre, il
est beaucoup plus discutable de dire aux contribuables qu’ils vont devoir
payer pour rééquilibrer cette injustice. Il serait quand même plus
intelligent de créer les conditions qui forceraient Monsieur Carrefour, qui même
en payant 90% d’impôt gagnerait encore bien plus que moi, à payer le travail
de ses employés à leur juste valeur.
Le PS n’a à rougir de rien. L’entre deux-tour des législatives lui a montré que les équilibres politiques sont fragiles et pourront lui être à nouveau favorables en un rien de temps. Cela doit passer non pas par un reniement, mais par un travail sur la maîtrise de l’image et du vocabulaire. Le PS doit devenir le parti de la justice et non de la solidarité. S’il réussit cela, je ne doute pas qu’il redeviendra un parti qui gagne les élections présidentielles. Bien sûr, pour cela il faudra un vrai leader. Mais ceci est un autre problème…
07/09/2007 : Le logement, nerf de la guerre
Le texte suivant est celui que j'ai laissé sur le forum du site www.liberationdelacroissance.fr, le site de la commission présidée par Jacques Attali chargée de trouver des solutions pour augmenter le taux de croissance en France. Le texte est écrit au fil de la plume, je n'en suis pas vraiment content, mais je voulais tout de même en laisser une trace.
J'ai 28 ans, je suis diplômé d'une des plus
grandes écoles d'ingénieur et je touche aujourd'hui un salaire de 1500 euros
net par mois. Vue ma qualification, je pourrais gagner déjà le double (des
camarades de promotion sont dans ce cas là), mais mes choix professionnels
expliquent cette situation. A la fois, je ne suis pas tant à plaindre que ça,
je gagne à 28 ans le salaire médian de la population française avec un emploi
plus que passionnant et qui peut ouvrir des perspectives d'évolution très intéressantes.
Mais voilà, chaque mois, 40% de mon salaire part dans mon loyer pour la
location d'un deux pièces de 38m² dans un immeuble peut-être sur le point d'être
classé insalubre (mon appartement ne souffre pas beaucoup de l'humidité mais
certains appartements sont à la limite du vivable) où l'on a retrouvé récemment
des rats dans la cave. Certes, j'habite à Viroflay, à côté de Versailles, un
endroit particulièrement cher. Mon précédent emploi était à Bourges où je
gagnais moins, mais avec un loyer bien moins élevé pour une surface de 50m²
(avec cave et garage), et donc j'avais alors un pouvoir d'achat supérieur. J'ai
bien conscience que ma situation est en partie due à mes choix, mais il me
semble absolument absurde de me dire qu'en acceptant un emploi mieux payé, plus
intéressant, à cinq minutes de mon domicile, je me retrouve à avoir des fins
de mois parfois très difficiles (merci maman !).
Mais voilà, toute personne qui a cherché à louer un appartement dans une
grande ville (la région parisienne est presque caricaturale, mais ce n'est pas
la seule ville dans ce cas là) connaît le parcours du combattant que cela représente.
Et cela pour une raison simple, l'offre est complètement déséquilibrée par
rapport à la demande. Pour ne rien vous cacher, je suis militant socialiste,
mais je crois en l'économie de marché. Et cette dernière ne repose-t-elle pas
sur, justement, l'équilibre de l'offre et la demande ?
Je ne vais pas ici faire de jugement moral, je serai le premier à profiter de
la situation si j'avais un logement à louer et il ne me viendrait pas à l'idée
de louer un appartement en dehors de son prix de marché. Mais, le constat est
indéniable, depuis plusieurs décennies, les propriétaire-bailleurs profitent
d'un déséquilibre du marché à leur avantage. La négociation ne se fait pas
sur des bases saines car le locataire est en position d'absolue faiblesse. S'il
n'accepte pas les conditions de location, il y'a une longue queue derrière-lui
qui attend... (exemple vécu d'une annonce du pap où l'on s'est retrouvé le
soir même de sa publication à être plus de cent personnes à faire la queue
pour visiter un appartement à Montrouge). Les résultats sont multiples :
-les loyer très élevés bien sûr
-la malhonnête des propriétaires (pas tous heureusement) lorsqu'il s'agit de
faire les réparations qui leur incombent. Il est choquant de découvrir le
premier jour de location que le mécanisme de chasse d'eau est cassé, que les
joints de salle de bain sont à changer, qu'une prise électrique ne marche
plus... Entre deux locations, le propriétaire ou l'agence pourrait au moins
avoir la décence de visiter l'appartement et de veiller à tous ces petits détails.
Surtout qu'après, leur faire accepter le principe d'une réparation est parfois
difficile. J'ai mis personnellement 7 mois à obtenir l'accord des propriétaires
pour faire réparer ma boîte aux lettres cassées, alors que j'avais dit à
l'agence que la programmation de cette réparation est une conditions sine qua
non de la signature du bail. Ce à quoi, l'agence avait dit pas de problème
(avant de dire plus tard, c'est pas de notre faute, ce sont les propriétaires
qui ne font pas le nécessaire...).
-les agences justement, qui profitent à fond du système. J'ai pu juger à
loisir de la différence de leur attitude entre l'Ile de France et une ville
comme Bourges. En IDF, vous êtes traités comme de la merde, le mot est faible.
Le service aux locataires est nul, voire irrespectueux. Vous leur payez des
frais d'agence exorbitants mais vous les emmerdez à la moindre demande. J'ai eu
affaire à trois agences en Ile de France et j'ai eu affaire à chaque fois à
une incompétence choquante, qui serait absolument pas viable dans un rapport
entreprise-client normal. D'ailleurs depuis, quand j'ai besoin de faire venir un
artisan, je ne crois plus l'agence quand elle dit qu'elle s'en occupe, je
demande directement le numéro de l'artisan pour prendre rendez-vous. En effet,
j'ai compris que les agences se contentaient le plus souvent d'envoyer des
ordres de mission par fax ou par mail mais considéraient que décrocher le téléphone
était un effort surhumain.
40% de mon salaire à deux retraités qui laissent vivre des enfants avec des
bronchites chroniques et qui gagnent chacun plus avec six appartements que moi
avec mon salaire (sachant que leur patrimoine ne se limite pas qu'à cette
immeuble...). Alors que l'on ne me dise pas que le problème est un problème de
fiscalité ou autre. Il manque des logements, c'est pour moi, le seul diagnostic
à faire et la seule solution pour régler ce problème est d'en construire pour
que quelqu'un dans ma situation puisse dire facilement "je vais aller
trouver mieux ailleurs !"
Et pour résoudre le problème, je rejoins l'avis de beaucoup d'intervenants sur
ce site pour dire que la clé c'est le foncier et sa rareté ! Je travaille dans
le domaine de l'aménagement et je connais bien les problématiques liés au POS
et PLU. Je connais bien également le marché de l'immobilier d'entreprise... Ah
là par contre, si vous voulez louer du bureau, ce ne sont pas les offres qui
manquent... Et ça continue de pousser. C'est vraiment n'importe quoi.
La solution est donc dans de meilleures politiques d'urbanisme. Cela ne passe
pas forcément par un investissement financier fort de l'Etat. Ce domaine serait
un parfait exemple où il faut bien différencier politique publique d'avec dépenses
supplémentaires, plus de fonctionnaires, etc... Le volontarisme,
l'intelligence, la compétence ne coûtent pas forcément plus cher. Et c'est de
cela dont le politique foncière urbaine ont besoin.
Bien sûr, cela est plus facile à dire qu'à faire, et le flou artistique crée
par une décentralisation irréfléchie n'aide pas. Les acteurs impliqués sont
nombreux (Etats, communes, investisseurs, DDE...) et aux intérêts
contradictoires. Les communes ont notamment un poids très important dans ce
genre de décision alors que les intérêts en jeu et l'urgence de la situation
dépassent de loin le champs de leur territoire. Je pense donc que c'est à l'Etat
d'impulser une vraie politique de construction de logement... ce qui ne signifie
pas, je le répète, que l'Etat doit dépenser de l'argent pour construire lui-même
ces logements. Bien sûr, un investissement de l'Etat pour construire des
logements sociaux seraient également le bienvenus, mais pour des gens pour moi
qui souffrent de la situation et qui n'auront jamais accès à un logement
social, c'est d'investisseurs privés dont on a besoin. Et ces investisseurs ont
besoin de terrain pour construire ces logements... Et pas besoin forcément d'étendre
les villes. Commençons déjà par réaménager les friches industrielles, cela
sera un bon début.
Je crois vraiment que le diagnostic est simple : déséquilibre de marché pour
un poste qui représente parfois 40 à 50% du budget des ménages. Par contre, résoudre
le problème sera plus compliqué... mais pas tant que ça, je pense. Du courage
et de la volonté, de l'intelligence et du pragmatisme devraient suffire...
P.S : je n'ai pas parlé de l'achat... Là on est tellement dans le délire que
ça me donne le vertige d'en parler. Sachant que je n'ai pas d'apport et que mon
logement vaut environ 200 000 euros (tant qu'à acheter, je voudrais un
appartement sans les rats...). Si je dois emprunter cette somme (plus les frais,
on arrive donc facilement à 250 000 euros), je devrais rembourser sur 30 ans,
l'équivalent de mon salaire actuel pour et payer au total 250 000 euros d'intérêt...
soit un peu plus que mon loyer sur 30 ans... Bref, pour l'instant, même pas la
peine de rêver, je reste locataire.
05/07/2007 : Je vais enfin pouvoir acheter un appart ! Youpi !... ah bah non finalement...
Ainsi donc, grâce à Sarkozy, je vais enfin pouvoir acheter un appart... Du moins, c'est ce que j'avais compris en l'écoutant causer pendant la campagne.
Je me suis penché sur la question. Pour acheter l'équivalent de l'appart où j'habite aujourd'hui, il faut que je débourse 250 000 euros. N'ayant aucun apport (voire même des dettes), je ne peux envisager qu'un emprunt sur 30 ans. Le premier soucis, c'est que cela me fait des mensualités d'environ le double de ce que je paye en loyer, soit près de 90% de mon salaire. Et surtout au final, en plus des 250 000 euros, j'aurais payé 235 000 euros d'intérêts.
Mais grâce à super Sarko, je vais pouvoir déduire ces 235 000 euros des mes impôts, voire même bénéficier d'un crédit d'impôt... Bon allez je l'admets, ça ferait un peu beaucoup, mais bon, son discours de campagne ne laissait en rien présager que cela ne serait pas possible !
Bon déjà, la mesure ne porte que sur les 5 premières années... Ah merde, il ne doit pas être au courant de la durée des prêts immobiliers souscris par les revenus modestes vu les prix actuels. Mais bon, à la limite pourquoi pas, vu que ce sont les 5 premières années que l'on paye le plus d'intérêt.
Sauf qu'évidemment, ce remboursement est plafonné. Ah bon ? Il en avait pas parlé le soir du débat de l'entre deux tours. Etant célibataire, je ne pourrais déduire que 750 euros au maximum... soit même pas une mensualité. En fait, si on rapporte ça sur les 30 ans, je vais économiser 3750 euros sur les 485 000 euros que je vais payer au total... Et on voudrait me faire croire que cela va être déterminant pour la faisabilité de l'opération et me permettre d'accéder à la propriété !
Je sais bien que j'habite une des villes de France où l'immobilier est le plus cher de France et que mon cas est un peu extrême. Il n'empêche que tout cela n'est que de la poudre aux yeux, surtout si cela contribue au final à faire augmenter les prix déjà exorbitants. La seule et unique solution au problème de l'accession à la propriété est la construction massive de logements pour enfin rééquilibrer le marché et faire baisser les prix. Mais malheureusement, cela nuirait trop à la valeur du patrimoine des amis de notre cher Président et cela n'est jamais évoqué. Cela ne passerait pourtant pas forcément par un fort investissement financier public. L'Etat et les collectivités pourraient se contenter de mener des politiques foncières fortes pour libérer les terrains nécessaires et faire financer la construction des immeubles par des opérateurs privés. Dans l'idéal, l'Etat devrait également financer une partie de ses opérations consacrées au logement social, mais cela ne me semble même pas indispensable. Si l'offre en logement était enfin au niveau de celle de la demande, un nombre très important de ménage pourrait enfin se loger dans le parc libre sans avoir à faire de demande de logement social. De plus, une baisse des prix faciliterait l'acquisition d'immeubles par des bailleurs sociaux.
Le manque de logement à des conséquences dramatiques dans notre pays. Y remédier passe par une réelle volonté politique, le problème n'est pas l'argent. Enfin si, le problème c'est la valeur du patrimoine de quelques uns qui est défendu au détriment d'une large majorité de la population ! Notamment, celle de Neuilly sur Seine, ville où le taux de population assujetti à l'ISF est le plus haut de France et celle où le taux de logements sociaux est le plus bas. Une grande partie des victimes de cette situation scandaleuse a porté au pouvoir un des principaux acteurs ayant contribué à la crée. Des fois, il faut mieux ne pas chercher à comprendre. Enfin en attendant, je continue à donner 40% de mes revenus à mon propriétaire au lieu de consommer et créer de l'emploi...
18/06/2007 : Attention travaux... mais quels travaux ?
Rénovation, refondation, modernisation... autant de termes qui désignent la mutation (tiens encore un !) que doit opérer le Parti Socialiste pour enfin remporter une élection présidentielle. Enfin, c'est que les hommes politiques et les observateurs prétendent. Très bien, pourquoi pas, moi je veux bien, mais personne ne m'a encore expliqué ce que cela pouvait bien signifier concrètement...
Faut-il donc modifier le fonctionnement interne du PS ? Franchement, si quelqu'un croit que les électeurs en ont quelque chose à cirer du fonctionnement interne du PS, c'est qu'il surestime grandement l'intérêt de nos concitoyens pour la politique politicienne. A mon avis, ce sujet ne préoccupe que les électeurs du PS, donc je ne crois qu'il y'ait beaucoup de voix à gagner de ce côté là. Quant à l'idée d'élargir le PS pour en faire un grand parti de gauche, vu qu'il a déjà bien du mal à gérer les opinions divergentes de ses membres, en rajouter de nouveaux, de sensibilités diverses ne va certainement pas améliorer la situation.
Faut-il donc moderniser les idées ? Là, à mon avis, c'est une idée... de droite... En effet, le PS souffre de ce déficit d'image qui veut qu'elle prône des solutions économiquement inefficaces alors que la droite prône, elle, une économie moderne adaptée à la mondialisation. C'est à mon avis un de ses principaux problèmes, vu que cette idée est en totale décalage avec la réalité. Les politiques keynésiennes ont été les seuls à l'échelle de l'histoire qui ont amené des pays à sortir de crises économiques sévères. D'un point de vue national, le bilan économique du gouvernement Jospin est 100 fois meilleur que les cinq dernières années où la droite était au pouvoir. Les idées ne sont pas à changer (ce qui ne veut pas dire que le PS ne doit pas être imaginatif et innovant), mais c'est l'image fausse qu'en ont les électeurs qu'il faut modifier. Cela n'est pas facile car une idée de gauche est toujours plus compliquée à expliquer qu'une idée de droite (il est plus facile d'expliquer qu'on va réduire les dépenses en supprimant des postes de fonctionnaire plutôt d'expliquer comment on va redéployer les moyens humains et financiers de l'Etat pour eu augmenter l'efficacité économique) et la mode n'est plus aux longues explications de texte mais au slogan télégénique (genre travailler plus, pour gagner plus...). Mais il n'y a pas de fatalité à cela. Je crois que les électeurs ne sont pas idiots, ils ne s'intéressent pas, ce qui est beaucoup moins rédhibitoire. Bref, ce n'est pas tellement sur le fond des idées que le PS doit se pencher mais plutôt sur sa pédagogie.
Cette rénovationrefondationmdernisation serait-elle donc alors qu'une question de personnes ? Faut-il simplement virer les éléphants ? Là effectivement, je suis un peu plus d'accord... mais pas tout à fait. Comment Sarkozy a-t-il remporté le soutien de la droite, toute la droite avant de gagner les élections présidentielles. Il n'a pas cherché à rallier les Chiraquiens par des débats de fond (et sans fond...) avec eux. Il a tout simplement tracé son chemin individuel tout seul et a rallié ses opposants de son propre camp en devenant le seul capable de les mener à la victoire. Fabius, au soir du 6 mai, a dit "le PS, c'est nous, ce n'est pas je". Le problème c'est que lors d'une élection présidentielle, c'est un "je" que l'on élit. La gauche n'a pas perdu les 3 dernières élections présidentielles, elle en a perdu 7 sur 9 lors de la Vème République. Les deux seules qu'elle a remporté, ce fut lorsqu'elle possédait un chef incontesté, en la personne de François Mitterrand. Le personnage n'était pourtant pas dénué de contradictions, mais il était le chef, le leader derrière laquelle la gauche plus la France s'est rangée et est apparue unie.
L'image et l'apparence sont malheureusement devenues des éléments capitaux pour remporter une élection présidentielle, qu'on le veuille ou non. Ces éléments ne sont culturellement pas cultivés par le PS, qui y préfère le débat d'idées, dont se fout une grande partie de l'électorat. On peut remporter une élection présidentielle avec de la forme mais pas de fond, on ne peut en gagner une avec du fond mais pas de forme. Aucun homme politique ne l'admettra jamais, mais je pense que c'est un constat incontestable. Et ma plus grande crainte, c'est que le PS se concentre uniquement sur "le projet", ce qui évidemment entraînera des débats et des désaccords sans fin et fera apparaître des dissensions qui, à droite, restent toujours cachées. La droite a choisi le projet de Nicolas Sarkozy non parce qu'il lui apparaissait le meilleur mais parce que la personnalité, l'aura, l'image médiatique du candidat lui permettait d'accéder au pouvoir. Car posséder un bon projet sans jamais arriver au pouvoir ne sert à rien... Evidemment, tant qu'à faire, autant avoir les deux, mais c'est malheureusement facultatif.
Je terminerai sur une remarque personnelle qui n'emportera pas l'adhésion de toute le monde (n'est ce pas Myriam !). Lorsque Ségolène Royal apparaît souriante le soir du 6 mai, alors que les autres font la gueule, lorsqu'elle téléphone à François Bayrou de sa propre initiative alors que la plupart des dirigeants du PS y sont hostiles, elle trace son chemin. Elle sait que sa victoire en 2012 ne repose pas sur la conquête du PS, mais sur la conquête du "marais", ces 30 à 40 % des Français qui ne se disent ni de droite, ni de gauche. On verra où ce chemin la mènera, mais je pense qu'elle la mènera plus facilement à l'Elysée que celui qui passerait par une pseudo-refondation !
14/06/2007 : Tout ça pour quoi ?
Le 6 mai dernier, tout le monde saluait "le sursaut démocratique". L'abstention venait de reculer de manière historique, marquant la réconciliation des Français avec la politique... Cependant, cinq semaines plus tard, cette même abstention battait un nouveau record pour un premier tour d'une élection législative. Cela est bien la preuve que rien n'a changé au fond...
Si la campagne présidentielle a autant passionné, c'est avant tout parce qu'elle a constitué un vrai sommet de politique spectacle, avec l'affrontement de deux personnages radicalement différents. Ce duel spectaculaire a alimenté les débats aussi bien au bistro qu'au travail ou au repas de famille. Mais le débat portait plus sur "Sarko est-il trop nerveux ?" ou bien "Peut-on humainement supporter l'élocution de Ségolène Royale pendant cinq ans ?". Le fond du problème n'a jamais vraiment passionné.
Je ne demande pas aux électeurs d'être diplômé en macroéconomie. Mais la politique n'est pas un duel de personne, mais un duel d'idées portées par des personnes. Quoi qu'on en dise, elle peut modifier profondément la vie des gens et représente un enjeu capital. Ceux qui considèrent que ça ne sert à rien, qu'ils restent chez eux. Mais qu'ils restent chez eux aussi bien au moment des présidentielles que des législatives. Qu'ils ne se déplacent pas uniquement quand TF1 leur dit que c'est important. Mais, je suis sûr que tout ceux qui sont tranquillement restés chez eux seront les premiers à critiquer des hommes politiques qu'ils n'auront pas choisi. C'est tellement plus facile !
Ca sert à quoi d'être allé voter si nombreux le 6 mai pour ensuite rester chez soi pour les élections d'après ? Aujourd'hui, je suis en colère contre mon peuple. C'est une colère différente de celle du 6 mai, mais pas si éloignée en fait. Cette abstention est la preuve que les choix qui sont faits par les électeurs sont faits sur des critères totalement superficielles. Evidemment, les vainqueurs, qu'ils soient de droite ou de gauche, voient toujours dans leur élection un signe fort envoyé par le peuple. Mais il y'a longtemps que le peuple est incapable de trancher sur le fond. Le seul message fort est "toi tu as une bonne tête, tu dois sûrement être mieux que ton adversaire dont j'aime pas la cravate". La paresse intellectuelle retire doucement au peuple son pouvoir de changer vraiment les choses et laisse les rênes de la société aux clowns et marchands. C'est désolant...
08/06/2007 : Rions un peu avec Sarkozy et Fillon
Enfin, nous avons un gouvernement de droite (quelqu'un peut me rappeler la couleur politique et la composition du précédent ?...). Un gouvernement avec qui la dette va enfin se réduire, où le budget sera géré au plus juste, avec la plus grande rigueur, mettant fin ainsi à la gestion désastreuse de la gauche (elle n'a pas été au pouvoir que 5 ans sur les 14 dernières années ?, je dois me tromper...) et ses politiques sociales inefficaces. Enfin, voilà, la France va enfin arrêter d'être un panier percé...
Ce genre de raisonnement (en dehors des parenthèses bien sûr) est celui de toutes les personnes qui ont voté pour Nicolas Sarkozy. Puisqu'ils sont les plus nombreux, c'est qu'ils doivent avoir raison... Mais alors pourquoi, moins d'un mois après son arrivée au pouvoir, notre nouveau chef de l'Etat s'est-il déjà fait rappeler à l'ordre par ses partenaires européens à cause du dérapage budgétaire qui s'annonce ? On nous aurait menti ? Que nenni répond Fillon, cela sera une simple pause dans la lutte contre les déficits... Sauf que cette politique a été mis en oeuvre par les mêmes personnes depuis cinq ans, pour une totale inefficacité. Alors, en effet, pourquoi pas dire que, finalement, on se fout des déficits. Faisons donc une pause et comportons-nous exactement comme on le reproche à nos adversaires. Après tout la cohérence est loin d'être une valeur politique !
Les cadeaux fiscaux dont vont bénéficier les Français... enfin les Français les plus riches devront bien être compensés un jour si on veut réellement lutter contre la dette. Il est évident que ce retour de bâton se fera au dépend de ceux qui ne profitent pas des cadeaux actuels (sinon cela serait totalement absurde). Il se fera donc au dépend des "travailleurs", de ceux qui vivent de leur travail et non de leur patrimoine. C'est à dire de vous et moi ! Si quelqu'un croît que supprimer l'ISF ou défiscaliser les heures supplémentaires va faire exploser la croissance et les recettes fiscales, c'est qu'il n'a pas du être très bon en maths dans son jeune temps ! Surtout qu'un impôt comme l'ISF s'applique sur le patrimoine qui ne participe pas à la croissance...
Ceci est révélateur d'un mal profond de la gauche. Comment n'arrive-t-elle pas à faire sortir de la tête des gens l'idée que les problèmes de notre pays sont la conséquence de politiques menées par un PS qui n'a occupé le pouvoir que peu de temps sur les deux dernières décennies ? Je n'arrive pas à comprendre, c'est même inexplicable. La droite a démontré toutes ces années son incapacité à régler ses problèmes. Mais les Français continuent à se jeter dans ses bras car elle arrive à leur expliquer de façon magique que ce n'est pas sa faute, que c'est la faute d'une formation politique qui n'est pas au pouvoir. Englué dans ses querelles internes, impuissant face aux médias qui vont toujours au plus simple, le PS n'arrive pas à réagir. Pourtant, en lisant le Time l'autre jour (journal américain, donc loin d'être bolchevique), on pouvait voir une courbe du chômage en France depuis 15 ans. Une seule période fut marquée par un net recul : les 5 ans du gouvernement Jospin ! Ce gouvernement avait mis en place des vraies mesures de gauche, comme les emplois-jeunes, qui ont démontré leur efficacité. La droite est revenue au pouvoir un peu par hasard et s'est empressée de casser ces mesures efficaces mais trop emblématiques. Le chômage a cessé de baisser, j'ai galéré pendant deux ans à la sortie de l'école. Et le peuple français a redonné le pouvoir à ces gens là.
Il y'a décidément des choses que je comprendrai jamais. Je préfère en rire... jaune, très jaune.
23//05/2007 : Et pendant ce temps là à Vera Cruz... euh pardon, au Parti Socialiste...
... les éléphants vont boire... ok j'arrête les jeux de mots à deux francs six sous (expression qui avec l'euro perd de son sens un peu plus chaque jour).
Deux sondages très intéressants viennent de sortir. Ils montrent tous les deux que Ségolène Royale est pour, les sympathisants socialistes, la personnalité qui doit prendre le leadership du PS et ce de façon très nette. Je n'ai pas été interrogé pour ces sondages, mais si on m'avait demandé mon opinion, je n'aurais fait qu'accentuer cette tendance. L'attitude de Ségolène Royale au soir du 6 mai dernier fut remarquable. Son sourire fut peut-être raillée par certains, mais il était adressé aux 17 millions d'électeurs qui lui ont apporté leur voix. Ce n'est pas rien et nous méritions bien ce sourire et ces remerciements qui donnent envie de continuer le combat et non se morfondre en des querelles stériles sur la responsabilité de chacun. De toute façon, perdre une élection en France n'a jamais été un handicap pour gagner la suivante. Il y'a tout juste deux ans, la droite subissait le pire revers de son histoire aux élections régionales et là voici à nouveau pleine de la suffisance et de la morgue qu'elle sait afficher les soirs de victoire.
Mais l'autre résultat intéressant d'un des sondages était que Dominique Strauss-Kahn était la personnalité que l'ensemble de la population, et non simplement les militants socialistes, voulait voir à la tête du PS. Bien sûr ce résultat est quelque peu en trompe l'œil puisque DSK reçoit une grande partie de ses soutiens de personnes qui de toute façon ne voteront jamais socialistes. DSK dans son discours, son attitude, ses idées est incontestablement l'homme de gauche qui les gens de droite admirent le plus. Mais il est aussi considérablement apprécié dans son propre camp qui souhaite lui voir jouer un rôle de tout premier plan. Pour caricaturer, Ségolène est notre candidate présidente quand DSK est l'homme que l'on rêve comme premier ministre.
Il est donc impératif que ces deux-là forment un duo uni et solidaire. Proches sur leur plan de la conception économique et sociale de la société, ils ne sont séparés que par une ambition commune d'élection à la présidence. Cependant, aucun des deux ne sera élu s'ils continuent à apparaître comme rivaux. Je veux croire que le bon sens l'emportera et que DSK se rangera derrière le leadership de Ségolène Royale. C'est à mon avis, le meilleur moyen de gagner les élections en 2012. Et la campagne commence maintenant, alors il faut que cette union se fasse au plus vite. C'est mon souhait et, je pense, celui d'une large majorité du peuple de gauche. Espérons qu'ils nous écouteront !
18/05/2007 : La fine équipe...
A y'est, nous sommes dotés d'un nouveau gouvernement ! Si je prenais ces choses mois à cœur, il m'aurait presque fait rire.
Ce gouvernement doit donc incarner la rupture et la morale. Déjà niveau rupture, Fillon en premier ministre, c'est limite, mais alors Alain Juppé en numéro deux du gouvernement fallait oser le foutage de gueule ! C'est vrai que nommer le fils spirituel de Chirac, dont le principal exploit politique fut d'avoir réussit à faire perdre le pouvoir à la droite en moins de deux ans, c'est une vraie rupture avec le passé ! Et puis au niveau moralité, un homme qui a été condamné par la justice est tout à fait l'homme adéquat pour l'incarner.
Nous avons aussi Christine Boutin à la cohésion sociale. Une femme qui criait "à mort les pédés !" dans les manifestations anti-pacs est assurément la personne la mieux choisie pour assurer une mission de rassemblement et d'union entre tous les français (euh c'est bien ça la cohésion sociale ou je me trompe ?)
Brice Hortefeux à l'immigration et l'identité nationale est aussi un choix intéressant, quand on connaît les propos qu'il a adressé à Azouz Begag quand ce dernier a eu l'audace de critiquer son maître, Nicolas Sarkozy. Avec lui, c'est sûr, l'immigré n'aura pas trop de problème d'embarquement pour prendre son charter.
Reste le cas Bernard Kouchner. C'est pourtant un homme que j'admire beaucoup, et que je continue d'admirer. Mais il est clair qu'il a été choisi pour incarner l'ouverture principalement parce qu'il a été le seul homme politique français de premier plan à oser soutenir la guerre en Irak, ce que même Sarkozy n'a pas osé. Vu le ministère dont il a hérité, ça préjuge bien de la future politique étrangère qui nous attend... Enfin, les Etats-Unis seront contents de récupérer un gentil petit soldat !
06/05/2007 : Soir de défaite, soir d'espoir
La bonne nouvelle de ce soir, c'est que je me sens rajeunir de 12 ans. Je revois cette foule enthousiaste lors de l'élection de Jacques Chirac. Cette homme qui se posait en rassembleur, qui nous promettait de réduire "la fracture sociale". Les électeurs y ont cru... puis dès l'hiver suivant, un mois de grève mit à genou le gouvernement Juppé. Les mesures proposées étaient pourtant de droite, les Français venaient d'élire un homme de droite... Pourtant deux ans plus tard, la gauche remportait les élections législatives. En 2002, après avoir redonné la majorité à la droite, ils lui firent subir une des pires défaite de son histoire aux élections régionales puis au référendum sur la Constitution Européenne. Si le peuple français était un peuple facile à comprendre, ça se saurait...
Ainsi, les Français ont élu à leur tête un homme issu d'un gouvernement qui a connu des sommets d'impopularité. Choix étrange. Mais bon, voilà, il semblerait que pour arriver au pouvoir en France, il faut être un ambitieux dont l'entière existence doit être consacrée à l'accès à la magistrature suprême. Depuis 26 ans les Français auront porté au pouvoir Mitterrand, Chirac et Sarkozy. Ces hommes de pouvoir, maître dans l'assassinat politique, dans l'intrigue de cabinet et la manipulation auront envoyé au placard des hommes dont l'engagement politique était quand même moins vampirisée par leur ambition politique. Michel Rocard, Raymond Barre, Edouard Balladur, Lionel Jospin, Dominique de Villepin et donc Ségolène Royale ont du baisser pavillon face à l'ambition et l'ego de ces hommes prêts à tout pour conquérir le pouvoir, sans jamais penser à ce qu'ils en feraient.
Ce soir, la défaite est cruelle. Elle laisse surtout un pays coupé en deux, comme il ne l'a jamais connu dans son histoire. Jamais un candidat élu n'aura autant cristallisé la haine sur nom. Si les hommes de gauche subissaient Chirac, sans jamais vraiment totalement le haïr, Nicolas Sarkozy représente ce que nous exécrons le plus : défense des plus forts contre les plus faibles, xénophobie latente qui ne dit pas son nom, eugénisme social et biologique, mépris des travailleurs justifié par une morale "travail, famille, patrie"... Mais si la défaite est cruelle, j'espère qu'elle fera naître un mouvement d'opposition plus soudée et plus fort que jamais.
Que les gens dont le patrimoine immobilier et financier est assez important pour faire du travail un loisir et non un moyen de survie, votent pour Sarkozy, comme je l'ai déjà dit, c'est normal et compréhensible. La dernière fois, par contre, je m'étais abstenu de faire un jugement moral sur ces gens là. Mais cette fois, je vais arrêter de jouer le politiquement correct. Ces gens, je les connais, même si ce sont surtout les propriétaires fonciers en milieu rural (j'avoue que le monde la haute finance m'est assez étranger). Je travaille avec eux, pour eux. Je connais leur mépris des gens qui travaillent pour payer les loyers qu'ils leur prélèvent ou pour les gens qu'ils emploient. Toute cette personne qu'ils disent aimer tant qu'ils payent ou travaillent pour eux et sur lesquels ils crachent sans remord quand ils souhaitent se débarrasser d'eux. De qui ils parlent avec le plus grand mépris lorsqu'ils osent faire valoir leur droit. Quand une famille d'agriculteurs, sur trois générations, a payé chaque année son fermage à la même famille de propriétaires et que cette dernière essaye de virer ses locataires comme des malpropres parce qu'ils refusent de mettre fin à leur bail avant l'échéance de celui-ci pour que les propriétaires puissent vendre au meilleur prix, ça me fait gerber. Ont-ils méprisé à ce point les chèques qu'ils ont reçu pendant 40 ans ? J'en doute fort !
Il est frappant de constater que la catégorie socioprofessionnelle qui vote le plus pour le PS soit les cadres supérieurs (encore plus que les ouvriers). Pourtant, comme dirait ma tante ce midi, "on est tous cadre, on est tous blanc, l'élection de Sarko ne va pas nous nuire". Pourtant, personne autour de la table n'aura voté pour lui. Les cadres sont des employés, qui vivent donc de leur travail, payent souvent un loyer. Mais ils travaillent près de ceux qui possèdent le patrimoine, ceux qui triomphent ce soir. Ils savent que l'argent est là mais qu'il ne redescend plus. Ils connaissent assez les mécanismes de l'économie pour la comprendre et savoir que la politique de Sarkozy sera une formidable machine à creuser les inégalités, à retirer de l'économie l'argent qui devrait revenir aux salaires et au pouvoir d'achat pour renforcer la fortune de ceux pour qui "l'argent engendre l'argent" et non "le travail engendre l'argent".
Que gagneront tous ceux des classes moyennes qui ont voté massivement pour Sarkozy aujourd'hui ? Oh, sûrement quelques miettes de ce qui sera arraché à ceux encore plus bas qu'eux sur l'échelle sociale. Une fraction des allégements de charges que leurs actionnaires voudront bien leur laisser. Mais si à côté de ça, ils doivent payer la TVA sociale, quelle sera leur réaction ? Ils mesureront alors le mépris que leur porte ceux dont ils viennent de conforter le pouvoir. Ce mépris, ils l'ont déjà goûté à deux reprises après les élections de Jacques Chirac qu'ils ont sanctionné aux élections locales suivantes (dont une élection européenne, où le chef de liste RPR était alors un certain Nicolas Sarkozy et qui n'avait alors même pas atteint les 20%, mais bon, la mémoire de l'électeur est si courte...). Ils le revivront à nouveau et l'histoire de répétera dans un mimétisme singulier et, pour ma part, totalement incompréhensible.
Mais si, dans le titre de ce billet, j'ai écris "soir d'espoir", c'est que je ne veux pas baisser la tête. Le combat continue. Il continue dès demain pour préparer les législatives. Nous sommes 47% de la population à rejeter la haine, la bêtise et l'ignorance qui émane du vote sarkozyste. Soyons fort, soyons unis ! Ne faisons pas taire notre voix ! Dans chaque circonscription, mobilisons-nous pour que la victoire de l'UMP ne soit pas une fatalité. Si réunir les énergies contre un ennemi commun est quelque chose qui me déplait au plus haut point, l'urgence est là !
Je crois en l'économie de marché quand elle permet une négociation d'égal à égal entre un patron et un salarié, un propriétaire et un locataire. Je crois au libre échange quand il se fait entre des peuples partageant des valeurs et un niveau de développement comparable. Le développement de l'Espagne, le Portugal, l'Irlande ou la Grèce grâce à l'UE est la preuve de ce succès. Je crois au travail, la seule forme de création de richesse qui soit saine. Je crois en sa juste rémunération, lorsqu'elle est le fruit d'un partage équitable entre l'employé et l'actionnaire. Je crois en la justice sociale. Je crois en des services publics efficaces et accessibles à tous. Je crois en une société solidaire qui tend la main à celui qui perd son travail, qui n'a pas l'argent pour accéder au logement, au service de santé. Cette France qui aujourd'hui est un pays riche, prospère où l'on vit mieux qu'ailleurs. Cette France qui n'a aucune raison de renoncer à ses valeurs et à son modèle social. Je me battrai toute ma vie pour cette France là ! Elle mérite que chacun de ceux qui croit en cette France là se batte pour elle. C'est ces convictions qui doivent nous rassembler et nous unir !
Battons-nous, la combat continue ! Il mérite d'être mené ! Il doit être mené !
03/05/2007 : Ma colère à moi !
23/04/2007 : Cri du cœur... et de la raison
J’ai 27 ans, je suis ingénieur classe A, diplômé d’une Grande Ecole parisienne de haut rang. Je suis l’élite de la France, je suis son avenir, je suis de ceux qui prendront les décisions et le responsabilités demain. Je suis de ceux qui gagneront de quoi se mettre à l’abris du besoin, devenir propriétaire, bénéficier à plein des marchés financiers dans lesquels je pourrais investir. Je suis le seul employé d’un organisme et, même si je suis salarié, je suis comme un chef d’entreprise. Les charges salariales et les patronales que mon organisme paye diminuent d’autant les bénéfices de fin d’année qui me reviendront sous forme de prime. Je suis de ceux qui profiteraient à plein d’une transformation du système social « archaïque » français en un système plus proche du système anglo-saxon. Si le 6 mai, Nicolas Sarkozy est élu, mon avenir sera plus radieux, plus facile. Pourtant, je ne voterai pas pour lui.
Je suis fier d’être français, autant qu’un militant F.N. ou M.P.F. Je ne permets à personne de remettre en doute l’amour que je porte à mon pays. Je suis même chauvin parfois. Et si, j’aime tant mon pays, c’est pour la singularité de sa culture. Nous, Français, sommes une race à part, des êtres étranges que le reste du monde regarde avec amour, haine ou dédain, mais souvent une réelle fascination. Je suis fier de ça !
Les Français n’ont jamais été des besogneux. Notre culture est méditerranéenne. Nous aimons discuter des heures autour d’un repas, d’un verre, d’un joint. Nous pensons que la philosophie, la littérature et l’art sont des richesses sans commune mesure avec tout autre. Notre culture a rayonné sur le monde pendant plusieurs siècles. Nous étions un modèle, un phare pour le monde ! Mais voilà, la Révolution Industrielle est passée par là et avec lui est né le Dieu Argent.
Le rapport des Français avec l’argent pourrait faire l’objet d’un livre entier. Ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Mais nous savons que les Français ont toujours regardé l’argent avec méfiance, parfois dans l’excès il est vrai. La France a toujours refusé de vendre ses valeurs et de se prosterner devant le nouveau Dieu du monde anglo-saxon. Nous préférons rester avec nos discours et nos verres de vin pendant que nos voisins besognent laborieusement.
Pourtant notre pays est un de plus riches du monde. L’espérance de vie est quasiment la plus élevée de cette Terre. Comment ce peuple de paresseux a pu bâtir la 4ème puissance économique au monde, avec un territoire pour un tiers montagneux. ? Mais voilà, si le Français n’est pas besogneux, il est créatif et inventif, c’est ce qui fait sa force. L’école française de mathématique est avec l’école russe (aaah l’âme slave) la plus brillante du monde. La poésie et l’abstraction des mathématiques ont toujours plus séduit les Français que le caractère concret et froid de la physique, qu’apprécient tant les Anglo-saxons. Mais chacun sa spécialité, la diversité des peuples est la plus grande richesse de l’humanité.
Aujourd’hui, la France est le pays occidental où l’on travaille le moins. Pourtant, il n’est pas le moins riche. Il est même de loin celui dont la productivité horaire est la plus élevée. Une heure d’un travailleur français rapporte plus qu’une heure d’un travailleur américain, anglais ou allemand. Pourquoi cela est-il stigmatisé ? Pourquoi cette spécificité devrait être combattue comme un élément néfaste ? Que nous soyons aussi riche que nos voisins allemands ou anglais tout en passant plus de temps à voir grandir nos enfants est-il si mauvais ? Pourquoi nous dit-on que cela prouve que nous sommes plus paresseux que nos voisins ? Cela ne prouve qu’une seule chose : que notre modèle social est plus efficace que tout autre !
La France fait partie des pays où l’Etat Providence a été porté à son paroxysme. Malgré les attaques permanentes qu’il subit, il tient encore bon. Mais voilà, il ferait de nous des assistés ! Enfin des assistés dont les entreprises réalisent des bénéfices records et investissent massivement à l’étranger. Les actionnaires et les patrons des grandes entreprises aiment notre pays d’assistés. Il l’aime car il est un paradis pour eux car son économie se caractérise notamment par un mot qui, pour eux, est une bénédiction : le chômage !
La loi de l’offre et la demande est le moteur principal de l’économie de marché, qui est la notre, celle défendue désormais aussi bien par la droite qu’une grande partie de la gauche. Et heureusement. Dans l’utopie ultra-libérale, le marché apporte joie et bonheur à tous lorsque l’offre et la demande sont à l’équilibre. Mais voilà, il y’a deux domaines dans lesquels l’offre et la demande ne le sont pas du tout. Le marché de l’immobilier où la demande dépasse depuis longtemps l’offre et le marché du travail. Le propriétaire est en position de force pour négocier puisqu’il pourra remplacer un locataire ou un acheteur par un autre sans effort. Pour le marché de l’emploi, ce sont les entreprises qui peuvent négocier les salaires d’embauche en position de force puisque les candidats font la queue à la porte.
Supprimons les allocations chômage et, libérées de cette charge, les entreprises vous paieront plus et tout ira mieux. Bon, très bien, je prends mon bulletin de salaire. En tenant compte des charges salariales et patronales, je gagnerai 80 euros de plus par mois…Quel bonheur… Bon en réfléchissant, je me dis que ces 80 euros passeront dans la souscription d’une assurance chômage privé. Le chômage n’arrive pas qu’aux autres. Le reste des ces 80 euros partira ensuite dans les 30 euros d’augmentation que va subir mon loyer d’ici 3 mois.
645 euros qu partent chaque mois de ma poche contre les 80 euros de charges payés par mon entreprise, dont je n’ai d’ailleurs aucune assurance de voir la couleur si jamais elle venait à être supprimée. Où se situe le problème ? Dans les 80 euros sans doute…
Neuilly sur Seine, charmante bourgade des Hauts-de-Seine. Son maire est le chantre du respect des lois et de l’ordre. Tolérance zéro dit-il. La loi française est claire, chaque commune doit construire 20% de logement sociaux. A Neuilly sur Seine, ce pourcentage s’élève à moins de 2%. L’envie de vomir me vient.
J’ai connu deux ans de chômage. Deux ans de chômage où lorsque j’appelais suite à une annonce, je me voyais répondre « désolé, on ne peut rien vous dire, on a reçu plus de 300 réponses, on ne peut pas répondre à tout le monde ». A part ça, ceux qui veulent vraiment trouver du travail en trouvent… sans doute, moi et les 300 ans autres candidats étaient des faignasses refusant de travailler. L’envie de vomir me monte un peu plus.
Entendre ce genre de propos dans la bouche de gens que j’apprécie est pour moi une insulte. Et quand cela justifie leur vote pour Nicolas Sarkozy, c’est un peu comme s’ils me crachaient à la gueule. Comme lorsque la droite s’insurge contre la gratuité des transports pour le RMIstes franciliens. Mais la droite a-t-elle conscience de ce coûtent les transports pour quelqu’un qui cherche du boulot, quand il doit aller au bout d’une ligne RER puis prendre un taxi pour 15 minutes d’entretien avec quelqu’un qui n’avait pas lu mon C.V. et qui, lorsqu’elle le découvre, lui fait comprendre que il est venu pour rien et sans jamais se donner la peine de le remercier de s’être déplacé ? (c’est du vécu !)
Bien sûr que des personnes abusent du système. Aucun système de protection sociale n’est parfait, ça se saurait. Une vraie chasse aux abus, honnête et humaine, n’a rien de condamnable. Mais jeter ce système sous prétexte que quelques individus en abusent est un crime. Oui, un crime. Le système anglo-saxon a lui aussi ses ratés. Mères célibataires jetées à la rue, travailleurs sans droit à la retraite, malades incapables de se soigner faute de couverture sociale. Ils sont le prix à payer pour se débarrasser des profiteurs de l’Etat Providence. Je me fous que ça améliore la situation de 99% du reste de la population, et moi en premier chef, la misère des victimes d’un tel système de protection sociale, dont la seule faute est le pas de chance, même s’il n’était qu’un sur des millions, est un crime que je ne commettrai pas. Je continuerai à payer pour les opportunistes du système, mais mes mains ne seront pas tâchées du sang des gens que j’aurais poussé dans une misère imméritée en arrêtant cela.
Revenons à Neuilly. D’après notre ami délinquant (un homme immigré ou élu de la République qui ne respecte pas la loi n’est-il pas un délinquant ?), les gens qui vivent à Neuilly sont là parce qu’ils l’ont mérité. Par ricochet, je ne peux en déduire que ceux qui vivent à la cité des 4000 vivent dans ces tours sordides parce qu’ils l’ont mérités !
Comme je l’ai dit, j’ai fait une des écoles les plus prestigieuses de notre beau pays. Chaque année, je payais environ 750 euros de frais de scolarité alors que j’en coûtais environ 15 000 à l’école. Dans notre système, c’est la collectivité qui a payé la différence (vous savez l’argent des impôts que l’on a tant de tristesse à payer). En Angleterre ou aux Etats-Unis mes parents auraient déboursés ces 15 000 euros. Vue la situation des mes parents, cela n’aurait pas été un obstacle. Honnêtement, cela ne l’aurait pas été pour beaucoup de gens de ma promo. Et oui, dans mon école, qui ouvre sur des métiers dont les salaires permettent de vivre à Neuilly, on y trouvait à 95% des gens issus…de famille dont les salaires permettent de vivre à Neuilly. Alors, changer le système et faire payer les parents ne changeraient pas fondamentalement les choses. Mais il reste les 5% qui ont pu accéder à ce diplôme alors que les ressources de leurs parents ne le leur auraient pas permis de l’autre côté de la Manche ou l’Atlantique. C’est pour ces 5%, qui semblent si ridicules pour les chantres de l’efficacité économique, qu’il faut se battre et qui fait de nous un peuple à part, qui peut être fier de ses valeurs de fraternité.
Cependant, mon pays que j’aime tant a aussi sa part sombre. Une verrue sur le pied que l’on a longtemps cachée sous la chaussette pour pas que cela se voit. Cette verrue que l’on appelle familièrement la banlieue. La mémoire est une qualité rare chez le citoyen alors il semble avoir oublié comment ces quartiers sont nés. Après la seconde guerre mondiale, notre pays était à reconstruire. Pour se faire, nous avions besoin d’une main d’œuvre abondante et bon marché. Nous nous sommes donc tournés vers nos colonies. Aujourd’hui, j’habite dans un immeuble construit à cette époque. Toutes les nuits, je m’endors dans mon 37m² de jeune cadre entre des murs nés de la sueur de ces gens là. Mais ceux qui ont versé la sueur, eux, vivaient dans des taudis en taule à la périphérie des villes. Une fois que la reconstruction pour les bons Français fut finie, on construit des grands ensembles pour enterrer ces gens là. Oui, enterrer loin de nos yeux. Nous nous en étions servis d’eux mais nous n’en avions plus besoin, ils étaient devenus gênants. Mais bon, cachés à l’extérieur de nos centre-villes bourgeois, la gène était supportable. Mais voilà, ces hommes et ses femmes ont eu la mauvaise idée de faire des enfants. Des enfants dont les aspirations à la richesse et au bien-être étaient les mêmes que les nôtres. Quoi de plus naturel puisqu’ils étaient nés Français. Mais voilà, depuis 30 ans, les gens de ces quartiers se sont heurtés à des barrières infranchissables de mépris et d’ostracisme. Nous fermions les yeux. Après tout, ils continuaient à vivre terrés dans leurs quartiers qui se délabraient à vue d’œil. Cela ne nous concernait pas. Mais le terreau de la violence, de la révolte et de la colère était là, et cela a fini par pousser. Les jardiniers, c’est nous ! Notre société tout entière porte le poids de la responsabilité de la crise des banlieues. Non, ce ne sont pas les émigrés qui égorgent les moutons dans leur baignoire, c’est moi, c’est nous.
De plus, ces petits sauvageons, ces racailles infâmes sont les plus assistés des assistés. Mesdames et Messieurs, ces gens sont responsables de mon manque de pouvoir d’achat. Mes propriétaires de 80 ans, rentières qui, j’imagine, ne font rien de leur argent, et me pompent 45% de mon salaire n’y sont pour rien. Non, le vrai responsable c’est le petit assisté de la banlieue pour lequel mon entreprise verse 80 euros de charges par mois !
Mais voyez-vous, ces gens ne font pas l’effort de s’intégrer. Ben voyons ! Il y’a deux semaines, Time Magazine, qu’on ne va quand même pas soupçonner d’être à la solde des Socialistes, a fait sa couverture sur « Pourquoi quittent-ils la France ? ». Cette enquête expliquait pourquoi tant de cadres supérieurs français vont travailler à l’étranger. Contrairement aux inepties de la droite, personne n’a mis en avant les impôts. Ils se retrouvent dans des pays où la vie est beaucoup plus chère et même s’ils gagnent plus et payent moins d’impôts, ils n’y trouvent pas forcément un niveau de vie supérieur. Non, ce qu’ils ont fuit, c’est l’incapacité des entreprises françaises à leur faire confiance, à leur offrir un poste à responsabilité, voir un emploi tout court. Mais que fait le MEDEF ? Parmi ces jeunes sur-diplômés se trouvent des jeunes issus de l’immigration comme l’on dit. Il serait quand même difficile d’accuser des jeunes diplômes de grandes écoles de ne pas vouloir s’insérer dans la société. Et bien pourtant, ils ont vu toutes les portes se refermer du fait de leur origine. Ceux qui ont le diplôme et le moyens achètent un billet pour Londres. Les autres, faut de mieux et d’espoir, brûlent des voitures.
Mais si seulement, cela s’arrêtait là ! On est en train de rénover l’appartement d’en face de chez moi. Un appartement qui sera sûrement loué lui aussi 645 euros. Et bien, les ouvriers qui y travaillent sont d’origines pakistanaises, ont des horaires qui dépassent sûrement largement ce que la loi autorise et gagnent à peine plus que le loyer de l’appartement qu’ils sont en train de rénover. L’histoire a une telle capacité à se répéter !
Stigmatiser une frange de la population et lui faire porter la responsabilité des maux de la société, ça ne vous rappelle rien ? Certes avant, on gazait, on ne karcherisait pas, on ne charterisait pas. C’était moins propre. Bien sûr qu’il y’a une abysse entre Hitler et Sarkozy, une abysse que le candidat de l’UMP ne franchira jamais. Mais son programme suit la même logique du bouc émissaire. Cette logique est vieille comme le monde, n’a heureusement, le plus souvent pas conduit à des horreurs comme celles perpétrées par les Nazis. Mais voilà, l’homme est incapable d’apprendre de sa propre histoire, il commet encore et encore les mêmes erreurs.
Je ne porterai pas la responsabilité de celle qui s’annonce. Pour l’amour que j’ai de mon pays, de ce qui a toujours fait sa force et sa fierté, je voterai Ségolène Royal le 6 mai. Elle n’est pas parfaite mais au moins, elle ne détruira pas ce qui fait notre force et de nous un peuple unique !
20/04/2007 : Consterné...
Ce matin, en entendant la nouvelle, je suis resté hébété de consternation (enfin pas trop quand même, j'étais au volant) en entendant la nouvelle. Valérie Giscard D'Estaing soutient Nicolas Sarkozy... Je veux bien que la droite soit naturellement plus disciplinée que la gauche, mais là quand même. Comment un homme de centre-droit qui a, en son temps, incarné l'ouverture et la libéralisation de la société et des mœurs, peut-il soutenir un candidat qui flirte avec la xénophobie, l'autoritarisme et l'eugénisme ? Après le soutient de Simone Veil, le soutien de Giscard fait rêver tout leader de gauche. C'est plus de la discipline, c'est de l'embrigadement. Qu'ils soutiennent le candidat qui a le plus de chance de faire gagner la droite est un principe que je comprends tout à fait, soutenir sans retenu un personnage comme Nicolas Sarkozy démontre une nouvelle fois à quel point ce qui compte avant tout, c'est la conquête du pouvoir, sans que ce que l'on va en faire ne compte vraiment. Et à ce jeu-là, la droite est de loin la plus forte...
01/04/2007 : Un petit mot sur l'Europe
Quand j’étais petit, j’avais dans l’idée que l’intégration au sein de l’Union Européenne (enfin à l’époque, je n’employais pas vraiment ces mots là !) allait se poursuivre jusqu’à ce que les pays de la CEE, comme l’on disait à l’époque, ne forment plus qu’un seul état. J’imaginais, un peu naïvement certes, qu’un jour l’équipe de football de la CEE pourrait remporter la Coupe du Monde et serait reçu chez le président de la CEE en personne. Aujourd’hui, je doute fort qu’aucun enfant n’imagine plus cela. Est-ce dommage ? C’est difficile à dire, mais c’est tout de même le signe que l’idée d’Union européenne s’est diluée au fil du temps. Et ça, c’est vraiment regrettable.
On vient de fêter les 50 ans du traité de Rome dans une grande indifférence générale. Pourtant, il a été le point de départ d’une de plus grandes réussites politiques de l’histoire de l’humanité. Qui aurait pu imaginer cela au sortir de la Guerre 39/45 ! Peu de gens, mais porté par des grands esprits visionnaires comme Jean Monet ou Robert Schuman, le projet a pris corps, a grandi et a pris une place essentielle dans notre quotidien…essentielle mais trop souvent invisible !
Les gens n’ont que trop peu conscience de ce que l’UE a apporté pour notre Continent. Au lieu de focaliser sur le prix de la baguette de pain, ils feraient mieux de se demander où en seraient l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Irlande sans l’UE, ce que serait notre agriculture et notre industrie, ou si notre sentiment de vivre en paix et en sécurité seraient tout à fait le même. A toutes ces interrogations, la réponse est nette, sans l’UE, la situation serait bien moins bonne qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Le grand défaut de l’UE, c’est de paraître lointaine et vague. Ainsi, elle n’est jamais là pour récolter les compliments qu’elle mérite et rappeler ses réussites, mais apparaît au contraire comme un bouc émissaire idéal pour tous nos malheurs, puisqu’elle n’est pas présente pour se défendre. Critiquer l’Europe est donc la voie royale de la facilité et c’est justement cette voie que la plupart des gens préfèrent toujours emprunter.
Ainsi, le grand projet a perdu de son ambition sans que cela n’émeuve grand monde. L’élargissement est sans doute un geste politique fort, mais il enterre à jamais le rêve de Jean Monet d’une fusion des états. Ce que je trouve regrettable, c’est que cette fusion et une union économique avec les pays de l’Est n’étaient en rien contradictoires, et même tout à fait complémentaires.
Cette ambition est-elle à jamais perdue ? On peut le craindre, même si les pronostics se trompent souvent. La réussite de l’UE en est le meilleur exemple.
25/03/2007 : Qu'est ce que la pauvreté ?
Tout bon politique qui se respecte promet qu'avec la politique qu'il s'engage à mener les pauvres seront moins pauvres. En disant cela, ils ne prennent pas trop de risque car les pauvres d'aujourd'hui sont moins pauvres que les pauvres d'hier et plus pauvres que les pauvres de demain. Posséder une voiture, une machine à laver, un frigo, un ordinateur ou un lecteur DVD ont été à une époque donnée un signe de richesse. Plus maintenant !
En effet, la pauvreté est une notion toute relative qui naît, non pas de la richesse absolue, mais des inégalités qui existent dans la société dans laquelle l'on vit. Pour preuve, quelqu'un qui gagne le SMIC en France a généralement tout de même de quoi se loger, se vêtir, se soigner et se nourrir. Ceci, à l'échelle du monde, fait de lui un homme riche. Pourtant personne n'aura l'idée indécente de lui affirmer qu'il est riche. Car de l'échelle du monde, il n'en a pas grand chose à faire. Son échelle à lui, c'est la France, ou plutôt l'Occident, où il est de bon ton de partir en vacances, d'avoir un caméscope numérique, le câble et un 4*4. C'est l'impossibilité d'accéder à ce standard qui le classe plutôt du côté des pauvres que des riches.
Toute politique qui prétend qu'elle rendra les pauvres moins pauvres, même si elle creuse les inégalités n'a donc aucun sens. En ne fera que jeter plus de personnes dans un sentiment de pauvreté. Notre pays a largement les moyens de nourrir, loger, soigner et vêtir l'ensemble de sa population. Combattre la pauvreté n'aura donc de sens qu'en réduisant les inégalités et rien d'autre !
18/03/2007 : Qu'est ce que la richesse ?
Peut-on être riche sans argent ? Cette question peut paraître idiote, mais elle n'est pas anodine. La richesse n'est pas qu'affaire d'argent. De même il ne faut pas confondre revenu et richesse. Pourtant dans le discours des politiques, ces nuances ne sont pas du tout intégrées.
La qualité de mon environnement, ma qualité de vie, ma santé, mon niveau de stress, le temps que je peux passer avec mes enfants ou à bouquiner ne sont-ils pas d'autres formes de richesse ? Bien sûr que si ! Mais voilà, le problème est qu'elle n'est pas quantifiable. Comment la comparer ? comment la juger ? comment en faire un argument objectif ? Cela est évidemment difficile. Et dans notre esprit cartésien occidental, de telles notions non quantifiables, nous semblent non scientifiques et donc négligeables. De plus, toutes ces notions ne contribuent pas au Graal absolu de nos politiques, la seule notion qui semble avoir de la valeur pour juger les progrès d'un pays, le but à atteindre pour tout politique économique digne de ce nom, j'ai nommé la croissance !!! Personne ne semble remettre en question le statut quasi-divin de ce facteur ! Pourtant tellement de choses lui échappe. Brûler toutes les forêts d'un pays et vous aurez une croissance solide. Mais pourtant ce pays s'appauvrira !
Cela nous amène au deuxième point, la différence entre le revenu et le niveau de vie. Pour illustrer mon propos, je n'ai qu'à prendre ma propre expérience actuelle. En effet, je viens de changer de travail, en passant de Bourges à Paris. Mon salaire mensuel a sensiblement augmenté mais pourtant pour la première fois de ma vie, j'ai eu quelques soucis d'argent. Cela n'a rien de paradoxal. En effet, je paye un loyer et une taxe d'habitation bien plus élevé (pour un appartement bien plus petit, sans garage, donc surprime pour mon assurance auto qui augmente également du simple fait que je sois en Ile de France), des produits de consommation courante plus onéreux, tout comme les sorties. Mon entreprise n'ayant pas de Comité d'Entreprise, je n'ai plus de contrat de mutuel intéressant et mon contrat individuel s'ajoute aux dépenses chaque mois.
Les politiques (de droite généralement) qui vous promettent des salaires plus élevés ne parlent pas souvent de ce que vous allez perdre par ailleurs. L'exemple de ces non-sens le plus frappant est lorsque l'on vous explique que les personnes partent travailler à Londres pour trouver des salaires plus élevés. Mais jamais ils ne parlent des loyers astronomiques bien plus élevés qu'à Paris, du prix de la place de cinéma, du coût de l'épargne sociale que vous êtes obligé de souscrire pour posséder un niveau de protection équivalent à ceux que vous posséder en France, du coût des études supérieures à laquelle vous destinez vos enfants et pour laquelle vous épargnerez dès leur naissance. Et sans parler non plus du jour où vous voudrez prendre le train et où vous vous direz que notre bonne SNCF n'est pas si mal que cela !
Je pense que les politiques économiques et sociales gagneront en efficacité lorsqu'elles prendront en compte tous les aspects non-monétaires de la richesse. Cela demande une révolution culturelle énorme qui ne s'accomplira certainement pas de si tôt. Nous sommes encore en plein age d'or de la société de consommation. A salaire égal, un homme qui respire un air pur et certainement plus riche qu'un homme respirant un air pollué. Lorsque nos hommes politiques l'auront compris, ils feront peut-être enfin de nous des hommes riches !
11/03/2007 : Le coup du père François
J'ai beaucoup d'affection pour François Bayrou, de l'admiration même. De vraies idées, une vraie vision aussi bien nationale qu'européenne. Bref, sûrement pas un mauvais président... Cependant, tout ça, c'est dans le discours, dans les actes, il apparaît nettement moins cohérent.
Peut-être que François Bayrou sera malgré tout notre prochain Président de la République. Vu la menace du nabot qui plane, cela ne serait en rien une catastrophe. Mais je pense toute de même qu'il a commis de grosses erreurs de positionnement depuis cinq ans. Il n'a eu de cesse sous le gouvernement Raffarin d'affirmer son désaccord avec la politique menée, tout en se revendiquant de la majorité et même souvent voter des lois qu'il combattait dans le discours. Son entrée dans une opposition réelle fut très tardive, motivé par l'approche de l'échéance électorale. Donc avec un discours politique constant, il a réussi à jouer les girouettes sur l'échiquier politique. C'est dommage car il serait aujourd'hui beaucoup plus crédible aussi bien à droite qu'à gauche.
Mais bon, il a raison, si les électeurs avaient une mémoire et réfléchissaient, ça se saurait. Et puis, à la fois, c'est le discours qui compte, pas les petits jeux de politique politicienne. Mais ce qui me semble beaucoup plus grave, c'est sa manière de surfer sur cette mode de la non-décision et de la non-affiliation politique qui plane sur notre société. Et si c'est à Ségolène Royal qu'il pique des voix, cela n'a rien d'étonnant. Il semble bien que pour les gens de gauche, le nouveau chic, c'est de se prétendre apolitique, ni de droite, ni de gauche. Ce qui a évidemment l'effet immédiat de faire gagner la droite à coup sûr aux élections. Cette tendance que je ne cesse de fustiger dans cette page est pour moi une grave menace pour l'équilibre démocratique de notre pays.
Si François Bayrou arrive au pouvoir, il faudra bien qu'il en prenne des décisions. Sauf que que son programme n'a au fond aucune importance. Il lui faudra gouverner avec la majorité qui se dégagera des prochaines législatives. Ce sont ces élections là qui décideront de la réelle politique qui sera menée dans ce pays. On pourrait donc aboutir à une sorte de cohabitation étrange dont l'intérêt ne saute pas aux yeux.
Mais si François Bayrou est élu, une large frange de la population sera satisfaite. Elle n'aura décidé de rien, comme ça, elle pourra se plaindre de la politique menée sans jamais se dire que les décisions prises sont tout simplement la conséquence des décisions qu'elle a prise lorsqu'elle a glissé son bulletin dans l'urne. Encore une fois, on ne peut encore que constater que le citoyen souhaite de moins en moins être maître de son destin. Espérons que cette lâcheté ne soit qu'une brise dans l'air du temps et que revienne très vite les grands vents des vrais projets politiques.
06/03/2007 : Un point sur la campagne
La campagne présidentielle bat son plein. Beaucoup la trouve d'un niveau plus élevé que la précédente. C'est possible, de toute façon, on ne pouvait guère tomber plus bas. Cependant, cela reste encore et toujours une empoignade de personnes, bien plus que d'idées. Et puis, le plus choquant reste l'énergie que dépense les candidats à dénigrer les projets des autres. Dans l'absolu, cela peut sembler normal. Cependant, les critiques sont toujours sur le même argument : les solutions proposées par l'autre candidat ne vont pas marcher. Mais un programme politique n'est-il que des solutions à des problèmes ?
Il semblerait que les politiques aient définitivement abandonné l'idée que ce sont les citoyens qui bâtissent la société dans laquelle ils vivent sur un modèle qu'ils ont choisi. Trop souvent, on nous explique que le marché, la concurrence internationale, les lois de l'économie représentent des paramètres sur lesquels on ne peut jouer, des paramètre auxquels on ne peut juste que s'adapter. Ceci est particulièrement fort dans le discours de droite qui met souvent en avant un ordre naturel de la société auquel on ne peut déroger. Mais malheureusement, il me semble que la gauche tend à tenir parfois le même discours.
Je ne veux pas ici nier l'importance du pragmatisme. Il n'y a rien de pire que l'idéologie politique qui refuse de prendre en considération le contexte du moment. Mais mettre en avant systématiquement le bon sens et transformer l'économie en une science exacte qui guiderait nos choix est la pire des idéologies. Elle est celle des ultra-libéraux et représente une menace au moins auss délétère que le communisme soviétique.
Rien n'est gravé dans le marbre, nous sommes encore maîtres de notre destin et de la société que nous bâtissons. Ne nous laissons pas convaincre que ce choix ne nous appartient plus entièrement. Il est à nous, citoyens d'une démocratie, il est notre pouvoir, le plus grand qui soit. Bien plus grand que celui de l'argent, ne l'oublions jamais !
25/02/2007 : Sacré José !
Bon, on va finir par croire que je m'acharne sur notre José Bové national. Mais que voulez-vous, il est sous les feux de l'actualité. Ainsi, la moustache la plus célèbre de France réclamé à corps et à cri auprès de Ségolène Royal de faire le nécessaire pour qu'il obtienne les 500 parrainages indispensables à sa candidatures à l'élection présidentielle. Les bras m'en tombent.
Pourquoi est-ce que la candidate socialiste devrait-elle faire un tel cadeau à José Bové ? Ce dernier n'est pas le dernier à tirer sur la corde du "tous pourri", du "il n'y a aucun parti classique pour rattraper l'autre". Il n'hésite jamais à critiquer les hommes et les femmes politiques "classiques", dont il ne cesse de chercher à se démarquer. Il est l'archétype même de l'homme de gauche qui n'a de cesse de favoriser la droite par ses attitudes tout sauf constructives. Je ne lui demande pas d'adhérer au Parti Socialiste, mais qu'il n'attende pas de ce dernier qu'il pallie à ses propres insuffisances. Se présenter à l'élection présidentiel, je veux bien mais pour quoi faire ? Cet élection n'est pas un jeu ! La seule raison qui doit pousser à s'y présenter, c'est une volonté de devenir Président pour ensuite diriger un gouvernement qui mettra en oeuvre ses idées. Je doute que José Bové ait pour réelle ambition de devenir Président de la République. Sa candidature n'a qu'une portée symbolique. Cependant, une élection présidentielle n'a rien de symbolique, tout comme les problèmes qu'ils sont censés résoudre.
Bref, si José Bové trouve ses 500 parrainages, qu'il se présente, c'est son droit. Mais s'il n'a pas 500 élus pour le soutenir, je ne vois pas ce qu'il a à faire dans une élection d'un tel enjeu.
11/02/2007 : José en prison...
Tout d'abord, je voudrais préciser que quatre mois de prison pour des pieds de maïs arrachés, c'est un tantinet excessif. Cependant, je m'élève avec force contre l'idée que cet acte était anodin et non répréhensible. Des pieds de maïs dans un champ ne sont pas là pour faire joli et n'ont pas poussé tout seul. Ils sont le fruits d'un travail produit par un homme, un agriculteur, qui vit de son travail. Si des manifestants rentraient chez un artisans pour casser ce qu'il fabrique dans son atelier, quelque soit la cause défendue, on aurait trouvé cela scandaleux ! Mais pour la plupart des gens, l'agriculture n'est pas une activité économique mais est fait pour être joli dans le paysage.
Les agriculteurs ne sont pas les jardiniers de la nature. Les urbains sont, paraît-il, à la recherche d'une agriculture "naturelle". Cela prouve à quel point ils n'ont aucune idée de la réalité des conditions de production de ce qu'ils trouvent dans leur assiette. L'agriculture est par définition artificielle. Une agriculture naturelle est une non-sens total, une contradiction profonde. La seule agriculture naturelle est la chasse et la cueillette... qui sont le contraire de l'agriculture. Pour avoir beaucoup travaillé dans le domaine de l'urbanisme, je sais à quel point les urbains voient l'espace agricole comme un espace vide d'activité, bon à être urbanisé si le besoin s'en fait sentir. Pourtant, l'espace agricole, est un vrai espace anthropisé, support de la seule activité économique indispensable à notre société : celle qui permet de nous nourrir ! Il est facile de blâmer l'agriculture moderne de tous ses maux, notamment les diverses pollutions qu'elles engendrent. Mais si cette agriculture productiviste s'est développée, c'est pour répondre à un besoin prioritaire formulé par la société tout entière après-guerre, celui d'assurer notre autosuffisance alimentaire. Cet objectif a été depuis longtemps atteint (le milieu des années 70 environ) mais les pouvoirs publics ont mis plus de 15 ans à réagir pour changer de cap et limiter la surproduction qui n'a pas été anticipé. Cependant, l'agriculture est l'activité où la rentabilité des investissements est la plus faible. Faire changer l'agriculture de cap est forcément un processus lent et difficile pour les agriculteurs. La manière dont ils sont souvent stigmatisés par notre société est proprement scandaleux puisqu'ils ont, et ce depuis plusieurs siècles, simplement répondu aux exigences formulés par les sociétés urbaines qu'ils nourrissent (et non qu'ils divertissent en entretenant des espaces de loisirs pour que le citadin puisse se promener le dimanche comme ce dernier semble souvent le croire).
Quant aux OGM, l'attitude de José Bové à leur encontre est proprement scandaleuse et à l'opposé du but qu'il poursuit. Mais ce genre d'action très spectaculaire est un bon moyen de faire de l'audience et de rallier la masse des anti ! (voir le billet du 16/01/2007)! Expliquer le fond du problème serait beaucoup plus long et difficile. Mais faire peur avec des problèmes de santé, ça fait vendre et ça touche le grand public. Parler d'économie agricole beaucoup moins. Pourtant, diaboliser les OGM en tant que tels est complètement idiots. Ce sont un outil et comme tous les outils, il n'est ni bon, ni mauvais, il dépend de l'utilisation que l'on en fait. Quand au principe de faire évoluer le patrimoine génétique des variétés que nous cultivons est aussi vieux que le principe de l'agriculture lui-même. Le vrai problème avec les OGM ne sont que très peu les dangers sur la santé et l'environnement. Ce n'est pas en tout cas les quelques champs d'expérimentation disséminés ça et là qui représentent le moindre risque. Le vrai danger des OGM, qui est un vrai danger envers lequel la société doit avoir une réaction forte, c'est que leur développement permet à quelques grandes firmes de contrôler entièrement l'approvisionnement en céréales de la planète, soit en fait l'alimentation mondiale. Tout principe d'autosuffisante alimentaire serait alors caduc puisque les agriculteurs deviendraient incapables de produire leur propre semence ou de lutter contre les adventices ou les parasites sans les produits fabriqués par les quelques multinationales qui contrôlent le marché. Et détruire les champs expérimentaux de la recherche publique française est le dernier moyen pour préserver un contrôle public de notre approvisionnement alimentaire. Les actions de José Bové ne font que renforcer ces multinationales en nuisant aux contre-pouvoirs que l'on se doit de mettre en place. Un autre vrai contresens !
10/02/2007 : Ca chauffe !
Ainsi la planète se réchauffe ! Peu à peu, ce fait n'est plus nié par quiconque. Par contre ce qui diverge, ce sont les réactions face à cela. Il y'a la version Claude Allegre ! 2 degrés de plus ou de moins, on ne le remarquera même pas. C'est bien Claude, sauf que notre gros ex-ministre a oublié quelque chose. Il s'agit là d'une augmentation de 2 degrés de la moyenne des températures. Et une moyenne de 10, ça peut s'obtenir avec des 9 et des 11, ou avec des -10 et des 30. Je ne suis pas climatologue mais si j'ai bien compris, le phénomène à l'œuvre actuellement va faire certes augmenter la moyenne, mais surtout amplifier les extrêmes. Nos étés ne seront donc pas que de deux degrés plus chauds, mais de bien plus, compensés par des degrés en dessous de 0 pendant l'hiver ! Donc ces deux degrés, on va réellement les remarquer... et les subir !
L'autre attitude, c'est le cataclysmisme ! Comme si ces deux degrés allaient provoquer la fin de l'humanité ! Il est évident que cela ne va pas se produire. Il y'a même de nombreuses régions du monde où ce réchauffement (ou dérèglement qui serait à mon avis un terme plus approprié) aura un impact positif. La Sibérie deviendra peut-être le paradis sur Terre... Enfin dans le même temps le Bangladesh aura peut-être disparu. A l'échelle de l'humanité, cela ne signifiera sûrement qu'une redistribution important de population, mais il est évident que les drames humains individuels seront nombreux !
Alors que faire face à cela ? Même si l'humanité n'est pas à mon avis réellement menacé, elle a tout intérêt à faire le maximum pour limiter ce réchauffement planétaire. En effet, le mal est déjà fait et ce siècle sera forcément marqué par des températures en augmentation. Nous ne pouvons plus que limiter les conséquences de nos actes. Mais il est criminel de dire que nous ne pouvons rien faire, que le développement des pays pauvres va forcément conduire à une augmentation de la production de gaz à effet de serre et que nos efforts pour réduire nos émissions sont vaines. Les possibilités de réduction sont énormes et sans forcément modifier en profondeur nos modes de vie. Il n'y a qu'à voir le décalage entre la production de gaz à effet de serre par habitant en Europe par rapport en Amérique du Nord. Si déjà, les Etats-Unis se mettaient au niveau de l'UE, les économies seraient énormes. Les technologies pour aller plus loin existent déjà, il suffit de les mettre en oeuvre.
D'ailleurs, je pense que le réchauffement climatique peut être un mal pour un bien. En effet, il serait temps que l'idée que l'écologie, la prise en compte de la protection de l'environnement ou encore les économies d'énergie sont mauvais pour l'économie, disparaissent des discours et cessent de brider les choix politiques en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Au contraire ! Voilà un domaine où les perspectives de développement sont immenses. En termes de création d'emploi et d'investissement nécessaires, la lutte contre le réchauffement climatique est un gisement comme le monde en a rarement connu et qui est encore plus que sous-exploité. Les années qui suivent une guerre sont souvent des périodes de forte croissance car ce sont des périodes de reconstruction où tout l'argent disponible est utilisé pour des investissements créateurs d'emploi et de richesses réelles (qui ne sont pas forcément monétaires) et non pour l'épargne et les investissements purement financiers. Reconstruire nos sociétés, nos habitudes de consommations, de transport, d'habitat pour diminuer nos émissions est une situation comparable à ce qu'on connu les économies occidentales après la seconde guerre mondiale. La lutte contre le réchauffement climatique est une occasion sans précédent de remettre nos économies dans le bon sens et d'apporter la prospérité au plus grand nombre dans un environnement préservé. Reste une impulsion à donner. Elles devront venir de nos politiques. Le économies qui s'engageront les premiers dans cette voie en profiteront d'autant plus qu'ils pourront exporter leur savoir-faire. Pour s'en convaincre, il suffit de voir dans quelle situation économique se trouvent les constructeurs automobiles américains pour n'avoir jamais investi dans la réduction de la pollution émise par les voitures qu'ils fabriquaient. Espérons que nos dirigeants hexagonaux et européens sauront au plus vite saisir cette opportunité en encourageant par des politiques volontaristes l'investissement dans ce domaine. Espérons...
16/01/2007 : Etre contre, je suis contre !
Il était une époque où les gens se définissaient communiste, trotskiste, marxiste, léniniste, anarchiste...bref il s'identifiait à un projet, aussi contestable soit-il. On luttait pour l'avènement d'une certaine forme de société, à la construction d'une organisation politique et sociale définies... désormais, on est antilibéral ! ou alors avec un peu de chance, altermondialiste ! Bref, on est plus pour quelque chose, mais contre quelque chose ! Le problème, c'est que ce sont deux choses totalement différentes !
Détruire est toujours plus facile que construire. Critiquer est à la portée de tout le monde, mais proposer une alternative, cela est nettement plus ardu. Faire le point sur ce qui ne va pas et qu'il faut améliorer est certes le point de départ de tout projet de société, mais il faut derrière savoir à quoi on veut arriver et surtout, comment il est possible d'y arriver. S'entendre sur le constat initial est une chose, mais être sûr que l'on veuille partir dans la même direction ensuite en est une autre. Cependant, un projet politique, une vision de la société est la définition du point d'arrivée, non du point de départ. Et logiquement, les électeurs ne votent pas pour un constat mais pour une ambition. Dire que le libéralisme est néfaste est un constat et non une ambition. Pourtant, il est le crie de ralliement de beaucoup de formations politiques ou d'associations qui prétendent vouloir construire un avenir... sans jamais vraiment définir de quel avenir ils parlent. C'est sûrement une façon facile et rapide de rassembler des électeurs, mais sûrement pas une façon saine et constructive.
Les exemples que j'ai pu prendre sont tous issus de ce que l'on appelle l'extrême gauche. En effet, c'est certainement la nébuleuse politique la plus touchée par le phénomène. Pourtant, il y'a encore un siècle, ses militants étaient de loin ceux les plus attachés à un projet, à une théorie scientifique de la société, à l'avènement d'un système bien défini. Comment un tel glissement a-t-il pu se produire ? L'explication me semble bien sûr, le communisme est la seule doctrine politique appliquée à une large échelle ayant démontré son inefficacité, sa dangerosité même. Prôner l'établissement d'un tel système dans un pays comme la France semble totalement suicidaire d'un point de vue électoral. Et ce n'est pas la lente agonie des derniers bastions du marxisme-léninisme que sont Cuba et la Corée du Nord qui vont remettre ces doctrines à la mode !
Pourtant, je reste persuader que l'extrême gauche a un vrai rôle à jouer dans le débat politique actuel. Mais de mon point de vue, elle se contente simplement d'exercer un effet de nuisance... qui nuit surtout à la gauche elle-même. Le Parti Socialiste gagnerait à avoir un parti à sa gauche. Mais un vrai parti d'idées et non un ramassis de mécontents qui, s'ils arrivaient au pouvoir, s'entredéchireraient pour savoir dans quelle direction mener la société. Ce retour à un vrai projet d'extrême-gauche sera à mon avis très lent à se remettre en place, car le spectre du communisme soviétique et ses atrocités planent encore. Mais le débat politique ne s'en portera que mieux et la droite ultra-libérale n'en sera que plus fragiliser... N'est pas là, le but du mouvement antilibéral !
14/01/2007 : Gouverner, c'est choisir
Pour début cette chronique, je ne vais pas vraiment commenter un évènement en particulier mais plutôt vous faire part d'une réflexion générale. Cependant en cette période de début de campagne électorale, elle reste tout de même d'actualité.
Si l'on résume les promesses faites par tous les candidats, tous bords confondus. Ils nous promettent une France plus riche, plus égalitaire, plus respectueuse de l'environnement, plus sûre,... Chacun de nous gagnera mieux sa vie, dans une sécurité du travail accrue, accèdera plus facilement à un logement décent et abordable financièrement... Bref tout ira mieux partout, pour tous, dans tous les domaines... Mais est-ce bien réaliste ?
Il existe peu de médaille sur terre qui n'ait de revers. On ne peut pas ménager la chèvre et le chou. Bref, autant d'adages issus du bon sens populaire, bon sens pourtant prisé des hommes politiques, qui semble échapper à la rhétorique de ces derniers. Il est tabou de parler des impacts négatifs des décisions que l'on se propose de prendre. Et je pense que cela nuit considérablement à la qualité du débat qui ne porte que sur les moyens pour arriver à une société où tout va pour le mieux pour tout le monde et non sur le choix de société que l'on vise.
Un exemple : les 35 heures. D'un côté, la gauche qui présente ça comme un moyen de faire baisser le chômage (vaste connerie) et de l'autre, la droite qui présente ça comme une aberration qui nuit à la compétitivité des entreprises françaises (vaste connerie également). Pourquoi le débat n'a-t-il pas porté sur le vrai fond du problème : que faire des gains des productivité et de la croissance ? Choisi-t-on d'être plus riche ou d'avoir plus de temps pour soi ? Cela était impossible car pour la gauche, cela aurait du impliquer qu'ils reconnaissent qu'ils proposaient aux Français de renoncer à de la richesse et pour la droite, reconnaître qu'ils devaient renoncer à du temps libre. Et cela est inconcevable pour un homme politique. Soit une chose est bonne vers la quête du bonheur absolu, soit elle est mauvaise. Le débat n'a donc pas du tout touché la question de fond et les électeurs n'ont jamais eu à s'exprimer sur un choix vu que l'on ne leur a jamais proposé.
Pourtant lorsque l'on gouverne, à quelque niveau que ça soit (même président d'une association de quartier), on est vite ramené à la réalité des choses et l'on se retrouve bel et bien devant ces choix. Et ensuite, il faut les assumer car une fois qu'ils sont faits, les personnes qui les subissent, subissent également les effets négatifs que le débat a tu. Et là, comment expliquer le bien fondé de ses choix, quand on a toujours passé sous silence les effets négatifs qu'ils allaient engendrer ? D'où une réelle incompréhension entre l'électorat et les décideurs politiques.
Je pense que les hommes politiques ont tort d'adopter une telle attitude. Ils se nuisent à eux-même autant qu'à la qualité du débat et au final à la qualité des politiques menées dans ce pays. Les électeurs sont capables de comprendre qu'il faut souvent renoncer à quelque chose pour en obtenir une autre. Ainsi, les électeurs seraient amenés à se prononcer sur la société qu'ils souhaitent et non pas à juger celui qui leur semble le plus capable des les emmener vers un bonheur absolu qu'ils n'atteindront jamais. Et je pense que cela permettrait d'éviter bien des erreurs et bien des déceptions !