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05/08/2009 : Tant pis pour le jeu de mots...

Je suis vraiment désappointé, pour ne pas dire très triste. J'avais tant espéré, tant attendu avec la plus grande impatience... Il était prêt, parfait, sublime. Le jeu de mots du siècle ! Mais pour ça, il aurait fallu que G.I.Joe soit vraiment une énorme bouse. Mais malheureusement, il n'est pas si nul que ça... Bon sérieusement, c'est plutôt heureusement... Mais bon, j'aurais tellement voulu appeler ma critique "G.I.Joe : Des crétins et des zéros !" (en référence au générique du dessin-animé, G.I.Joe, des copains et des héros...).
Le clan McCullen vend des armes depuis plusieurs siècles. Dans un futur très proche, il fabriquera 70% des armes de la planète. Financé par l'OTAN, il vient de mettre au point l'arme ultime, capable de détruire une ville entière en quelques minutes. Quatre exemplaires sont remis à un commando chargé de les rapatrier depuis l'usine jusqu'au centre de commandement. Mais évidemment, le convoi est attaqué par une organisation terroriste mystérieuse... Tout aussi mystérieuse que la force qui arrive pour repousser l'assaillant.
Vous l'aurez remarqué dans mon introduction, j'ai bien dit "n'est pas si nul que ça". Cela signifie donc que G.I.Joe l'est tout de même un peu. Mais voilà, on pardonne bien des imperfections quand le rêve de toute une enfance se réalise devant ses yeux. Et oui, enfin, j'ai pu voir "Oeil de Serpent" et "Tonnerre", sûrement les deux personnages les plus mythiques de la série (c'est d'ailleurs pour ça que ce sont les seuls à avoir conservé leur uniforme un peu kitsch d'origine) se battre pour de vrai sur grand écran. Bien sûr, je les avais déjà vu se battre des dizaines, non plutôt des centaines de fois... au bout de mes petits bras d'enfants sous forme de deux figurines. Ah nostalgie quand tu nous tiens... La même nostalgie qui vient de me faire ressortir de ma boîte à souvenirs les fiches des personnages, objets mythiques, que l'on trouvait à l'arrière des boîtes des figurines. Petite parenthèse pour ceux qui liront ces lignes et qui seront déjà venus chez moi : contrairement à ce que l'on peut penser, l'expression "boîte à souvenirs" ne désigne pas mon appartement dans sa globalité... Disons qu'il y'a une plus petite boîte à souvenir dans la grande... Fermons la parenthèse.
Ma plus grande peur en allant voir G.I.Joe est que cela soit super cheap ! En fait, je ne sais pas bien pourquoi j'avais cette crainte (sûrement à cause de la bande-annonce toute pourrie ou une séquelle du traumatisme causé par Dragon Ball Evolution) alors que Hasbro a déjà démontré avec Transformers qu'il savait mettre les moyens quand il coproduit une film adapté de ses jouets. Au final, le film est extrêmement spectaculaire et le déluge d'effets spéciaux est particulièrement impressionnant. Après, on peut être comme le critique du Monde qui a trouvé qu'il y'en avait trop, parce que, du coup, cela fait ressembler G.I.Joe à...un dessin-animé... Encore un qui ne devait pas regarder le Club Dorothée quand il était plus jeune. Niveau action, vous serez donc servi jusqu'à plus soif, ce qui fait qu'on a peu de chance de s'y ennuyer, combien même on trouverait ça complètement crétin.
Car évidemment, au niveau du scénario, ça pêche un peu. Pas vraiment au niveau de l'intrigue en elle-même qui comporte certes quelques invraisemblances, mais aussi une certaine épaisseur. Par contre, les auteurs ont cherché à donner cette même épaisseur à leurs personnages. Et là, c'est faible, très faible. Les conflits intérieurs qu'ils soient moraux, amoureux ou familiaux des personnages, franchement, on s'en tamponne le coquillard (pour rester poli). Surtout qu'une fois sur deux, ça prête à sourire, voire même sombre dans le pathétique. C'est d'ailleurs dommage car c'est vraiment le seul élément qui tire G.I. Joe vers le rang de gros navet et sans cela, le film s'en serait sorti avec les honneurs cinématographiques. Tout cela n'est pas non plus aidé par un casting relativement inintéressant, où l'on a affublé le seul acteur de renom, Denis Quaid, du rôle le plus lisse et le plus plat du film.
G.I.Joe est donc la madeleine survitaminée de l'été, pour laquelle on pardonne aisément à la cuisinière quelques grumeaux dans la pâte. On retrouve là le même plaisir que pour Transformers il y'a deux ans... Espérons juste que la suite, car la fin nous fait comprendre qu'un deuxième épisode va vite arriver, sera moins désastreuse que pour nos robots préférés.
Dans la série, des jeux de mots que je ne ferai pas, voici ma critique de Là-haut. Mais cette fois, cela est tout à fait volontaire, car indigne de moi ! Bah quoi, on a bien droit de se la raconter de temps en temps ! Bref, je voulais éviter les superlatifs faciles du genre : "Là-haut nous emmène au 7ème ciel" ou encore "un film de très haute qualité". N'étant pas un homme facile, j'ai donc renoncé. Mais cela n'enlève rien à l'enthousiasme que je ressens pour ce film drôle, touchant... et même bouleversant parfois.
Carl habite la dernière maison d'un quartier où ont désormais poussé les buildings. Alors le jour où l'entrepreneur qui lorgne sur son terrain trouve un moyen de le faire interner dans une maison de retraite, il réalise enfin le rêve de sa vie et s'envole pour l'Amérique du Sud à bord de... sa maison.
Là-haut est un film d'animation, s'adressant donc logiquement à un public plutôt jeune (au moins dans sa tête !). On s'attend naturellement à y rire, surtout que la marque Disney-Pixar est un gage de qualité à ce niveau-là. Par contre, on s'attend nettement moins à être profondément ému et à y pleurer. Pourtant, les dix premières minutes de ce film sont parmi les plus bouleversantes que l'on ait pu voir au cinéma. Un amour de toute une vie qui se déroule sous nos yeux, la tendresse et la complicité tout au long de deux existences qui n'en font qu'une, le drame de l'enfant qui ne pourra jamais venir et enfin la mort de l'un des deux, brisant ce qui semblait uni à jamais. Tout cela sans parole, seulement de la musique. Un vrai moment de grâce cinématographique absolu, comme on en rencontre peu dans l'histoire du 7ème art. Beau et triste à en pleurer... au sens littéral du terme !
Mais Là-haut n'est pas que cette longue et bouleversante introduction, loin de là. Le reste n'est pas tout à fait aussi magique, même s'il constitue une réussite indéniable. Jamais un film d'animation n'a su être aussi humain et aussi cartoon. Il n'y a certes pas de personnages s'aplatissant après avoir percuté un mur, mais voir une maison s'envoler, un vieillard se battre à coup de déambulateur ou entendre un chien parler, cela se voit surtout dans des dessin-animés. Et quand le savoir-faire Pixar est derrière tout ça, le résultat est techniquement splendide. Et même encore plus splendide que d'habitude, tant les personnages "humains" sont superbes, ce qui n'a pas toujours été le cas (dans Nemo notamment).
Et quand les auteurs de Là-haut se décident à nous faire rire, ils y arrivent parfaitement. L'humour repose surtout sur le contraste entre le vieillard grincheux et son passage clandestin, un scout dont la maladresse et la naïveté sont parfois horripilantes. Mais encore plus qu'une comédie, Là-haut est un film d'aventure, parodique certes, mais plein d'action quand même. C'est un peu le A la Poursuite du Diamant Vert du film d'animation. L'équilibre entre rire, aventure et émotion est donc particulièrement bien dosé et fait de Là-haut un film rare et réjouissant.
Après le splendide Wall-E, Là-haut confirme Pixar comme la branche plus adulte de Disney. Adulte, mais surtout poétique. Et même, parfois, poétique à en pleurer...
26/07/2009 : Il nous faire rire... et le fait bien !

Quand on a un talent particulier et très affirmé, il est tout à fait logique d'en user. Après, il reste à savoir à ne pas en abuser. Se renouveler et innover font aussi partie des choses que l'on demande à un artiste, aussi talentueux qu'il soit dans son domaine. Après le succès de Borat, le monde entier attendait de voir ce que Sacha Baron Cohen pouvait nous réserver. Le revoilà avec Brüno. Un styliste autrichien homosexuel qui veut conquérir l'Amérique après un journaliste kazakhe qui veut découvrir l'Amérique...
Brüno est au top du hype en Autriche. Présentateur d'une émission de mode où il crée les tendances de demain, il étale son mauvais goût sans aucune retenue. Mais suite à un incident lors d'un défilé, il se retrouve tout à coup "aus". Tout le monde lui tourne alors le dos. Il n'est plus rien. Mais sûr de son talent, il décide de se rendre en Amérique pour devenir "world famous" (à dire avec l'accent autrichien).
Brüno est basé sur exactement le même principe que Borat. Les scènes sont tournées sans que l'on sache très bien s'il s'agit d'acteurs ou si les réactions sont prises sur le vif devant les yeux médusés des protagonistes. Evidemment, vue la renommée de Sacha Baron Cohen désormais, il semble peu probable que toutes les scènes soient aussi "naturelles" que dans son précédent film. Enfin, cela semble toujours aussi criant de vérité, alors on se pose forcément la question. Le film est tourné comme un reportage est tout est fait pour apparaître comme tel.
Brüno cherche avant tout à dénoncer l'homophobie ambiante aux Etats-Unis. Il se moque aussi du monde de la mode, mais cela reste plus anecdotique. Comme dans Borat, il pousse la caricature à l'extrême pour mettre mal à l'aise ses interlocuteurs et provoquer chez eux des réactions inattendues, mettant en lumière à la fois la force de leur préjugés et souvent leur malaise quand ils y sont confrontés et doivent les assumer. Cela donne des situations vraiment drôles et assez originales...sauf si on a vu 564 fois Borat.
Encore une fois, la parenté entre les deux films est tellement forte qu'il est impossible de ne pas les comparer. Brüno est sans doute moins inégal que Borat. Très court (83 minutes), il ne comporte aucune séquence qui n'arrache pas au moins un petit éclat de rire. Cependant, il ne comporte pas non plus de moment de bravoure comme la scène de Borat où il se bat nu avec son producteur à travers les couloirs d'un hôtel. Et puis il ne peut surtout plus compter sur l'effet de surprise et ça, ça change quand même tout. Il serait très étonnant que Brüno devienne aussi culte que Borat, il sent un peu trop le réchauffé pour cela.
Après reste à répondre définitivement à la seule vraie question qui compte dans une comédie comme Brüno : le film est-il drôle ? Et là, il faut bien admettre qu'il l'est ! Les autres considérations relèvent quand même plus du triturage de neurones de cinéphile faisant son intéressant en écrivant des critiques sur les films qu'ils voient... Enfin, il faut quand même savoir rire à l'humour très très, mais alors très très très très cru ! En fait, c'est tellement cru, que c'est au-delà du vulgaire. On n'est pas ici dans American Pie, mais dans une volonté délibérée d'être le plus politiquement incorrect possible, d'aller à l'exact opposé de ce que tout ce qu'interdisent le puritanisme, le conformisme et la pensée unique. En ça, Brüno reste un moment de pur bonheur intellectuel.
Brüno est donc une nouvelle version du même plat que nous avait servi Sacha Baron Cohen avec Borat. Mais quand le plat est bon, pourquoi bouder son plaisir et ne pas se resservir ?
22/07/2009 : Plaire ou ne pas plaire aux fans !

Adapter un livre comme un Harry Potter est un des exercices les plus casse-gueules qui soit. Généralement, quand on fait un film, on le fait pour soi et si on se plante, au pire, on récolte quelques railleries des critiques. Dans le cas qui nous intéresse, pour un très grand nombre de personnes, vous êtes investi d'une mission quasi sacrée, pour laquelle vous serez jugé le plus sévèrement du monde, et sur des détails qui n'enlèvent pourtant rien à la qualité intrinsèque du film. Voire même, au contraire, on cherchera à vous clouer au piloris pour des choix qui sont des choix purement cinématographiques, mais qui seront vécus comme une trahison impardonnable par des hordes de fans. C'est ce qui est arrivé pour Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé, pourtant objectivement un des meilleurs de la série,...sauf peut-être pour les fans.
Harry Potter entame sa sixième année à Poudlard, alors qu'au dehors, Voldemort et ses Mangemorts ont confirmé leur retour aux yeux de tous. L'école a toujours été un refuge où les forces du mal ne pouvaient intervenir qu'indirectement. Mais est-ce encore le cas alors que le jeune Malefoy semble investi d'une terrible et mystérieuse mission ? Mais en attendant, les hormones de nos héros étant en pleine ébullition, les histoires de cœur s'avèrent aussi complexes que la réalisation d'une bonne potion.
En tant que critique, je pourrais rentrer dans un long discourt sur la justification cinématographique des "trahisons" qui ont fait hurler beaucoup de fans et les ont fait très injustement craché sur Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé. Mais, je suis là pour essayer de juger objectivement ce film et si le débat serait passionnant, pas sûr qu'il ait sa place ici et qu'il intéresse tout le monde. Ca me démange, mais bon, je le ferai en privé avec ceux qui le souhaitent !
Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé apparaît très nettement comme un dernier moment de répit avant un final qui s'annonce intense. Du coup, l'humour et l'évolution des personnages priment sur l'avancée de l'intrigue, qui ne reprend vraiment ses droits que dans le dernier tiers du film. C'est un choix, que l'on peut contester certes, mais qui a été mis en oeuvre avec beaucoup de réussite. On rit beaucoup et de manière beaucoup subtile que pour un Les Beaux Gosses, qui traite pourtant aussi des amours adolescentes. Ainsi, on s'attache définitivement aux personnages avant de les lâcher dans une action haletante.
Du coup, comme l'intrigue en elle-même tient finalement moins de place que prévu, Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé est moins sombre que pouvait le donner à penser la bande-annonce. Mais ces scènes là sont toutes très réussies, notamment celle de la grotte qui a fait sursauter mes deux voisines au cinéma ! Allez moi aussi, un peu, je l'avoue ! Le travail visuel est réellement remarquable et les décors sont sublimes. On félicitera également le jeune Tom Felton qui campe un Drago Malefoy particulièrement inquiétant et dont le jeu est un million de fois plus expressif que celui d'un Daniel Radcliffe assez limité.
C'est d'ailleurs là sûrement la plus grande limite de Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé et même de toute la saga Harry Potter. Le casting des professeurs est certes souvent prestigieux, mais l'histoire repose tout de même largement sur les élèves qui sont les mêmes depuis le premier film et dont l'évolution des talents fut inégale. Comme je l'ai dit Daniel Radcliffe est définitivement quelque peu transparent. Emma Watson est-elle de plus en plus belle, sans pour autant devenir étincelante. Parmi le trio de héros, c'est de loin Rupert Grint qui s'en sort le mieux et c'est tant mieux, car l'humour du film repose en grande partie sur ses épaules.
Cependant, l'acteur qui crève le plus l'écran dans Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé est de loin Alan Rickman. Personnage clé, personnage ambigu, le Professeur Rogue trouve ici une incarnation tout simplement parfaite. Vu le pedigree du monsieur, cela peut sembler logique, mais ce n'est pas une raison pour le passer sous silence.
Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé est objectivement une réussite cinématographique. Cela ne suffit pas parfois pour des hordes de fans exigeants qui ne cherchent pas ici qu'un bon film mais une adaptation d'une fidélité sans faille. Ce n'est pas forcément le cas ici. Mais cela n'enlève en rien, pour moi, le plaisir que j'ai pu prendre à voir ce film !
19/07/2009 : Vroum, vroum, paf, paf 2, le retour !

Quelle est la différence entre un bon et un mauvais navet ? Voici, une excellente question, pour laquelle vous allez tous me remercier de l'avoir posé. Et bien pour avoir une réponse, il suffit de voir Transformers puis Transformers 2. Car si le premier était un film d'action rythmé et spectaculaire qui nous faisait revivre les joies de notre enfance, la suite n'est une grosse bouse, super longue qui plus est ! Bref, un long calvaire.
Alors le scénario... Bon vous êtes sûrs que ça vous intéresse ? Parce qu'il n'a franchement aucun intérêt et personne ne va voir ce genre de film pour ça ! Malheureusement, les responsables de ce désastre ont du penser le contraire car ils passent de longs moments à développer cette histoire de vengeance de "The Fallen", doyen des Decepticons et ennemi juré des Primes, qui lui ont fait des misères sur Terre du temps où nos ancêtres jouaient à la guerre du feu. Du coup, le couple Sam - Mikaela va encore se retrouver au beau milieu d'une guerre entre gros robots avec explosions et fracas !
Allez commençons par le seul, mais léger, intérêt de Transformers 2. Megan Fox... Le jeu de Megan Fox... Mais non, je déconne voyons. Les courbes de Megan Fox, la bouche de Megan Fox, les cheveux de Megan Fox, le c.. de Megan Fox... Bref, dans la série, si elle était dans mon lit, j'irai pas coucher la baignoire, elle se situe plutôt au niveau de si elle était dans la baignoire, j'irai pas coucher dans mon lit ! Bon peut-être que les femmes s'écrient quant à elles, "Shiaaaaaaaaaaaaaaaaaa" quand Shia LeBeouf apparaît. J'ai un peu de mal à juger, mais je n'ai pas tout à fait l'impression qu'il boxe dans la même catégorie niveau sex appeal.
Bon, il est temps désormais de parler du négatif... Oui, mais là, forcément, on ne sait pas par quoi commencer ! J'aurais envie de me contenter de dire "tout le reste" et de m'arrêter là. En plus, tout le reste est long puisque Transformers 2 dure 2h30 ! Oui 2h30 ! Si au moins, ces longues minutes étaient remplies de scènes d'actions spectaculaires, on aurait pardonné. Mais même pas, ça cause, ça cause. Ca s'agite bien un peu de temps en temps, mais sous l'œil indifférent d'un spectateur au bord de l'endormissement devant ces scènes confuses, sans imagination, qui auraient à peine figuré dans la rubrique "scènes coupées" du DVD du premier volet. Bref, c'est complètement raté.
Un homme aurait presque pu sauver Transformers 2 d'un complet naufrage. John Turturo y refait en effet une apparition. Mais le personnage savoureux de fonctionnaire entêté et crétin, qui finissait par se faire pisser dessus par un robot de 5 mètres de haut (un des meilleurs moments du premier volet) a lassé place à bouffon ridicule qui s'évertue pourtant à occuper l'espace, histoire de justifier sa présence à l'écran. Tout cela est fait avec un certain talent (vue l'indigence de la distribution, il n'a pas de mal à surnager), mais même le meilleur chef du monde ne peut transformer des ingrédients infects en un succulent plat.
Bref, disons-le tout net, Transformers 2, c'est tout pourri !
Michael Mann n'est pas un réalisateur très prolifique, mais chacune de ses oeuvres est très remarquée. Sa carrière a pris son envol en 1995 avec le magnifique Heat, qui rassemblait à l'écran De Niro et Pacino pour le plus grand bonheur des spectateurs. Depuis, de gros succès au box-office mais souvent soutenus par une critique unanime (Ali, Collateral, Miami Vice...). Alors, la sortie de Public Ennemies était naturellement très attendue, surtout qu'à l'affiche on retrouve Monsieur Johnny Depp ! Deux talents immenses pour un résultat réussi, à peine obscurci par un léger "mais".
John Dillinger est l'autre figure mythique du gangstérisme américain des années 30 avec Al Capone. Braqueur de banques invétéré, roi de l'évasion, il est très vite devenu l'ennemi public numéro 1. Star des médias, il réussit à séduire la belle Billie qui le suit dans ses aventures. Mais le jeune et ambitieux John Edgar Hoover, à la tête de la CIA, décide de monter une équipe de choc pour arrêter et mettre hors d'état de nuire ce bandit de grand chemin. Pour cela, il charge Melvin Purvis, célèbre chasseur de gangsters, et son équipe de le ramener mort ou vif... et si possible mort !
Michael Mann est un des réalisateurs les plus élégant de sa génération. Non, je ne parle pas de la façon dont il s'habille, mais celle dont il met en images les histoires qu'il raconte. La parenté avec un autre réalisateur britannique, Ridley Scott, est évidente. Il est vrai que l'élégance anglaise est légendaire. Certes, Michael Mann se permet parfois quelques fantaisies dans Public Ennemies, comme des scènes tournées caméra à l'épaule ou des ralentis, mais jamais, une seule seconde, il ne nous donne l'impression d'être devant un clip vidéo. Il s'agit là de cinéma qui n'est pas le 7ème art pour rien !
Que rêver de mieux donc qu'une telle caméra pour film l'immense, et encore le mot est faible, talent de Johnny Depp. Un Johnny Depp particulièrement mature dans Public Ennemies. Et oui, le poids des ans se fait sentir quelque peu ! Mais rassurez-vous, il n'a rien perdu de son charme, au contraire. C'est un peu comme s'il fusionnait peu à peu avec George Clooney... Bon j'arrête là, parce que j'en vois déjà qui s'évanouissent rien qu'à cette pensée !
Mais face à lui, il rencontre un adversaire de taille dans Public Ennemies. Depuis The Dark Night, il semblerait que Christian Bale ait pris une autre dimension. Le face à face entre les deux n'est pas sans rappeler celui évoqué plus haut dans Heat. Les personnalités sont différentes, mais il apparaît évident que Michael Mann se plaît à filmer ce genre de duel. Et il le fait bien ! A côté de ses deux compagnons masculins, Mario Cotillard est un peu plus en retrait. Il faut bien avouer que son rôle est quand même nettement moins intéressant et qu'elle ne s'en tire quand même plutôt bien grâce à son charme et sa sensualité naturelles.
Mais alors, où est le mais ? Certains trouveront que c'est un mais de cinéphile. En effet, la parenté avec Heat, la parenté avec Ridley Scott, des effets visuels qui ressemblent furieusement à ceux de Miami Vice... Bref, Public Ennemies ressemble un peu à Michael Mann Greateast Hits ! Du coup, le film manque d'une petite étincelle d'originalité et de créativité qui aurait pu susciter ce petit supplément d'enthousiasme qui fait les vrais grands films.
Public Ennemies est donc un film aux qualités indéniables. De toute façon, trop de talent y est rassemblé pour que le film soit raté. Mais il y manque un petit je ne sais quoi qui aurait fait toute la différence et nous aurait fait grimper aux rideaux.
15/07/2009 : Whatever works works !

Il y'a parfois des films que l'on va voir en croisant les doigts très forts, en espérant ne pas renouveler une déception advenue quelques temps plus tôt. C'était mon cas lorsque je me suis rendu à Whatever works, le nouveau film de Woody Allen, puisque son précédent, que tout le monde portait aux nues, Vicky Cristina Barcelona, m'avait profondément déçu. Cette fois, par contre, ma voix ne pourra que se joindre au flot des critiques élogieuses qui courent sur ce film.
Boris Yellnikoff est un ancien physicien particulièrement brillant qui traîne à New York sa mauvaise humeur constante, ses théories sur tout, son sentiment de persécution et surtout de supériorité. Ses amis le prennent surtout pour un grincheux un peu excentrique. Un jour, son destin croise celui de Melody, jeune femme qui a fuit son Mississipi natal pour venir tenter sa chance à New York, où elle se retrouve à la rue. D'abord réticent, Boris finit par l'accueillir chez lui. Peu à peu, l'hostilité de départ fait part à une certaine forme d'affection, jusqu'à ce que...
Rassurez-vous, on est là dans un Woody Allen, la suite ne va pas ressembler à un bleuette sirupeuse, donnant surtout envie de se coller deux doigts au fond de la gorge pour vomir ! Non, tout cela sera beaucoup plus subtil, même si au final, Whatever works est une grande bouffée d'optimisme sur la nature humaine. Ce film se situe entre la comédie légère et la comédie des mœurs, mais il s'agit là incontestablement d'une comédie, même si l'humour reste exclusivement situationnel et au second degré. Mais qu'importe les étiquettes, on ressort de ce film avec le sourire et ça fait du bien.
Whatever works est un Woody Allen archi-classique dans sa forme. On ne parlera pas ici de la police du générique qui est désormais systématiquement la même. On parlera surtout de l'avalanche de dialogues qui composent ce film. Amateurs de scènes d'actions ou de longs travelling sur des paysages silencieux, passez votre chemin. Comme dans le reste de son oeuvre, Woody Allen est un urbain et son cinéma est à l'image d'une grande ville : bavard, frénétique et surtout totalement façonné par l'humain. Il y'en a que cela rebute, mais les fans ne seront ici pas une seconde dépaysés.
Whatever works prouve également encore une fois l'incroyable talent de Woody Allen pour la direction d'acteurs. Pas d'effets spéciaux ici, pas d'effets de caméra ou de lumière. Mais une réalisation entièrement au service d'acteurs qui occupent l'ensemble de l'espace et de l'intérêt du spectateur. Woody Allen sait comme peu de ses collègues tirer le maximum de ses interprètes, qu'ils soient des stars confirmées ou d'illustres inconnus. Larry David et Evan Rachel Wood ne sont pas à proprement parler des stars du grand écran, mais ils nous livrent dans ce film de vrais numéros d'acteurs de tout premier ordre. Bien sûr, ils sont aidés par les savoureux dialogues écrits par Woody Allen, mais ne pas leur reconnaître un grand mérite serait particulièrement injuste.
Whatever works est donc à ne pas rater par tous ceux qui apprécient Woody Allen. Les autres pourront également se laisser tenter par ce film profondément réjouissant et qui donne envie de s'ouvrir l'esprit au bonheur et de renoncer aux conventions qui nous enchaînent.
L'originalité peut être une qualité pour un film qui nous fait pardonner bien des imperfections techniques ou artistiques. Mais l'inverse est malheureusement vrai. L'impression de déjà vu peut gâcher quelque peu le plaisir apporté par un film pourtant sans réels défauts, voire même objectivement bourré de qualités. C'est un peu le cas de Jeux de Pouvoir, parfait sur bien des points, mais dont l'intrigue ressemble à celle de bien d'autres films.
Stephen Collins est à la tête d'une commission d'enquête sur les agissements des entreprises privées de "sécurité" utilisées par l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. Alors, lorsque son assistante trouve la mort dans des circonstances mystérieuses, certains ont vite fait de faire le lien. Parmi eux, son ancien colocataire de fac, Cal McAffrey, journaliste d'investigation. L'objectivité de ce dernier est évidemment remise en question, mais cela ne le décourage pas de faire connaître la vérité sur cette affaire ou des millions de dollars sont en jeu !
Un complot au sommet de l'état, un journaliste têtu, un politicien idéaliste, un meurtrier mystérieux mais efficace... avec évidemment le rebondissement final qui va bien ! Bref, du archi classique depuis les 3 jours du Condor ou les Hommes du Président. N'attendez donc vraiment rien de révolutionnaire à ce niveau là dans Jeux de Pouvoir. L'intrigue est certes bien ficelée, rythmée, mais sans aucune réelle surprise. Le retournement de situation finale peut éventuellement surprendre par son contenu, mais il arrive au moment exact où on sait que de toute façon il va survenir dans un tel film.
Côté réalisation, là encore du brillant, du propre, du net et sans bavure. Lumières soignées, montage calibré au millimètre, cadrages qui mettent parfaitement en avant le charme naturel des acteurs. Bref, une grande maîtrise technique au service de l'histoire et pour le plaisir des yeux. Mais du coup, elle est tellement parfaite qu'elle en passerait presque inaperçue. C'est, pour moi, souvent une qualité, mais vu le manque de créativité ambiant dans Jeux de Pouvoir, on aurait pu espérer autre chose. Au moins une légère sortie des sentiers battus !
Quant à l'interprétation.... Evidemment, avec en tête d'affiche Russel Crowe et Ben Affleck, là encore, Jeux de Pouvoir ne prend aucun risque. Bien sûr, Russel Crowe est un tout petit cran au dessus de Ben Affleck, mais on ne peut quand même pas reprocher grand chose à ce dernier. Au final, la seule surprise vient de la jeune et pétillante Rachel McAdams dont le charme n'a d'égal que le talent, ce dernier lui permettant de rivaliser avec les deux monstres sacrés qui l'accompagnent. Certes, elle n'a pas leur charisme et leur maîtrise, mais elle compense largement par son enthousiasme et son énergie. Sa performance constitue certainement l'élément le moins lisse de ce film.
Jeux de Pouvoir ne peut être considéré comme un mauvais film. Mais à être trop parfait, il en devient imparfait... Ok, ça ne veut rien dire, mais je trouve que ça sonne bien !
Lorsque l'on voit la bande-annonce d'un film à l'humour visiblement très premier degré et que cette dernière nous fait rire, un grand doute nous assaille. Et si elle ne reprenait que les moments vraiment marrants ? Et si le reste du film n'était en fait qu'une grosse bouse ? Ce sont exactement les questions qui m'ont traversé l'esprit lorsque j'ai vu pour la première-fois la présentation de Very Bad Trip. Cependant, les critiques et les échos favorables entendus à sa sortie m'ont quelque peu rassuré et m'ont poussé à y aller. Et je n'ai pas du tout regretté !
Doug part à Las Vegas avec ses deux témoins et son beau frère pour son enterrement de vie de garçon. La soirée commence par un verre sur le toit de l'hôtel... et se termine au petit matin, dans leur suite ravagée, par une monumentale gueule de bois et surtout un trou noir complet sur les évènements de la soirée. Seul petit problème, le futur jeune marié a disparu et aucun de ses compagnons n'a la moindre idée de l'endroit où il peut être...
Very Bad Trip se présente sous la forme d'un jeu de pistes où les trois compères vont tenter de reconstituer les évènements de la veille à partir de quelques indices. Ils iront de surprises en surprises, rarement très bonnes. Ils découvriront effarés tout ce que l'alcool les a conduit à faire. Enfin, rassurez-vous, ce film n'est en rien un pamphlet contre l'abus de boissons alcoolisées, mais une vraie bonne comédie, bien potache, mais vraiment drôle.
Comme toute excellente comédie, Very Bad Trip se distingue par son rythme. Les situations cocasses et inattendues se succèdent sans laisser le temps à nos trois héros le temps de respirer. Au contraire, les choses empirent, les catastrophes s'accumulent et chaque progrès laisse très vite place à un nouveau problème. Bien sûr le tout est totalement improbable, mais franchement, cela n'a aucune importance, les éclats de rire successifs ne laissant pas du tout le temps de s'interroger sur la crédibilité du tout !
Amoureux de la poésie et de l'humour fin et subtil, passez votre chemin. En effet, en plus d'être exclusivement premier degré, l'humour de Very Bad Trip est souvent plutôt cru. On est un tout petit peu au-dessus de American Pie, mais guère plus. Disons plutôt qu'on est face à un American Pie version adultes. Mais bon, que voulez-vous, quand ça marche, que ça fait rire aux éclats, on pardonne tout cela aisément et on oublie vite la légère honte de rire à certains gags à la limite du hors-jeu. De toute façon, votre voisin de fauteuil fait la même chose que vous, alors, à quoi bon se gêner !
Very Bad Trip fonctionne également grâce à l'énergie déployée par ses interprètes. Sans être géniaux non plus, ils y mettent incontestablement tout ce qu'ils ont dans le ventre (pour rester poli) et entraînent ainsi les spectateurs avec eux. Et puis, les jeunes filles qui ont soupiré pendant la première saison d'Alias, retrouveront avec plaisir le beau Bradley Cooper, qui tient ici le haut de l'affiche et tire ses compagnons à l'écran vers le haut.
Very Bad Trip pourra donc recevoir toutes les critiques du monde sur son aspect basique et son manque de finesse, mais il fonctionne trop bien pour que l'on boude son plaisir et que l'on se prive d'une bonne grosse tranche de rire !
06/07/2009 : Toujours pas fan... mais presque...

Certains d'entre vous l'auront peut-être remarqué, mais j'apprécie tout particulièrement le cinéma d'animation. Les Indestructibles, Monstres et Compagnie, Shrek et autre Wall-E font partie de mes films culte. Mais à l'inverse, la série l'Age de Glace m'avait pour l'instant laissé quelque peu froid... Ok, d'autres auront sûrement remarqué que j'apprécie également les jeux de mots un peu pourris sur les bords, mais ça, c'est une autre histoire. J'avais apprécié les deux premiers volets, mais sans plus. C'est donc sans attentes démesurées que je me suis rendu à l'Age de Glace 3.
Manny et Ellie, le couple de mamouths, attendent leur premier enfant, qui occupe déjà toute leur attention. Du coup, leur entourage se sent quelque peu délaissé, si bien que Diego, le tigre aux dents de sabre, décide de quitter la horde pour repartir à l'aventure. Sid, le paresseux, est alors frappé d'un profond sentiment de solitude. Pour le combler, il tombe par hasard et adopte trois oeufs... d'où sortent très vite trois petits tyrannosaures, qui le prennent pour leur maman. Seulement, leur vraie mère ne tarde pas à partir à leur recherche, très en colère !
Pendant une bonne moitié de l'Age de Glace 3, je me suis dit que j'étais reparti pour ressentir le même sentiment mitigé que pour les deux épisodes précédents. On ne s'ennuie pas, on rigole régulièrement, mais il manque la petite étincelle qui fait la différence entre la satisfaction et l'enthousiasme. Mais peu à peu, le rythme s'accélère pour un final particulièrement réussi et qui vous laisse sur une excellente impression. La deuxième heure de ce film est, à mon sens, de loin la meilleure de toute la saga. Si cela n'est pas encore suffisant pour que je le range au même niveau que les films cités plus haut, je ne peux qu'admettre que cela m'a permis de passer un excellent moment.
Mais finalement, le meilleur dans l'Age de Glace 3, comme dans les autres films de la série, reste les mésaventures de notre écureuil à dents de sabre préféré, Scrat, et de sa noisette. Cette fois, il va rencontrer l'amour. Mais entre une jolie femelle et une appétissante noisette, que choisir ? Oui, je sais, la réponse nous semble évidente à nous, humains, mais rappelez-vous que l'on parle ici d'un simple écureuil. En tout cas, ce fil rouge est resté toujours aussi hilarant dans l'ensemble de la trilogie et ne faillit pas ici à sa légende, née de la première bande-annonce du premier film qui voyait Scrat provoquer la fin de l'ère glacière à cause de son irrépressible envie de mettre la main sur sa noisette.
Le succès attendu et mérité de l'Age Glace 3 nous promet très certainement un quatrième volet. S'il est dans la même lignée que ce troisième épisode, pourquoi pas. Cependant, si les auteurs ont su renouveler l'histoire avec l'apparition, dans ce film, de dinosaures, on sent déjà bien qu'ils ont été obligé de trouver une idée quelque peu capilotractée pour parvenir à leur fin. Certes, on est dans un film d'animation, on se fiche bien de la crédibilité scientifique. Mais si ce coup-ci est réussi, pas sûr qu'un nouveau le soit aussi bien. Mais bon, l'appel du dollar va sûrement encore frapper.
L'Age de Glace 3 est donc pour moi une bonne surprise. Les fans des deux premiers volets ne pourront que l'adorer et la saga pourra même gagner de nouveaux adeptes.
Allez on continue avec un troisième film d'animation de suite. Et cette fois, il est bien de chez nous, oui Monsieur ! Un film bien français, social, parlant avec gravité des problèmes de la jeunesse, de l'exclusion, du malaise des banlieues... Enfin non, en fait, car ce film est 100% second degré. Il s'agit des Lascars, adaptation sur grand écran d'une série de courts sketchs qui ont été diffusés sur le petit et largement sur la toile.
Dans une banlieue imaginaire, tous les jeunes ne rêvent que de partir en vacances au soleil. Si certains ont réussi à se procurer un billet d'avion pour Santo Rico, d'autres, comme Tony Merguez, enchaînent les plans foireux. Mais ce dernier, loin de se décourager, persévère. Malheureusement, il en vient finalement à se voir confier un stock de marijuana par Zoran, le dealer du coin, aux tendances psychopathes. Ceci se révèle être une très mauvaise idée car si Tony se prend souvent pour Scarface, il est plutôt du genre gaffeur en série !
Lascars met donc en scène tous les clichés possibles et imaginables sur la banlieue et ses habitants. Bien sûr, il n'y a pas de fumée sans feu et on retrouvera bien des éléments que l'on a l'habitude de voir ou d'entendre à différent degré dans la vie réelle. C'est l'accumulation et l'exagération qui donnent à ce film son ton parodique, tout en étant jamais une seule seconde méprisant. Cela donne même une image plutôt positive de cette culture, qui a le droit elle-aussi d'être à l'origine de bonne grosse comédie, et pas seulement de drames sociaux comme la Haine.
Il existe pourtant un trait d'union entre les deux films, en la personne de Vincent Cassel, révélé par la Haine et qui double ici le personnage de Tony Merguez. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il a pris son rôle à cœur. Il y met une énergie folle, donnant vie à son personnage animé et insufflant un vrai souffle comique sur Lascars. Le reste des acteurs est à la hauteur, mais Monsieur Monica Bellucci sort nettement du lot. Cela tombe bien vu que Tony Merguez constitue le personnage central de ce film.
Mais le talent de Vincent Cassel n'explique pas à lui seul le succès des Lascars. Si l'histoire est plus un prétexte à une succession de sketches, ces dernièrs s'enchaînent assez rapidement pour que l'on ait pas le temps de s'ennuyer une seule seconde. Evidemment, tout n'est pas totalement réussi, les scènes sont quelques peu inégales. Cependant, il n'y a pas de longueurs à déplorer et on pardonne les imperfections devant l'énergie transmise par ce film.
Graphiquement, Lascars a opté pour un style un peu particulier, très moderne. Même si visuellement, le rendu est très différent, on est beaucoup plus proche des cartoons version Tom et Jerry, que d'un Miyazaki. Les personnages exécutent les grimaces les plus improbables, les corps se déforment sous les coups, les chutes peuvent se faire de très haut sans gros bobos, les maisons explosent et les personnages en ressortent avec des cheveux en pétard et du noir sur le visage... Ca ne va pas tout à fait jusqu'au personnage aplati après avoir percuté un mur, mais on n'en est pas loin. Bref, les auteurs se sont permis toutes les fantaisies offertes par un film d'animation, qui n'a aucun besoin d'être particulièrement réaliste. Le résultat pourra rebuter certains, mais on se laisse bien trop prendre par l'histoire pour y prêter vraiment attention.
Lascars est un film particulièrement sympathique. Inégal et imparfait, il constitue tout de même un divertissement rafraîchissant et savoureux, qui nous fera voir nos banlieues d'un oeil différent de celui du 20h !
30/06/2009 : Tombé de haut

Un beau soir d'été. Un film dont la bande-annonce vous a fait envie et surtout rire. Des critiques excellentes. Vous vous dîtes que vous allez passer une super soirée... Et bien malheureusement dans la vie, tout ne se passe pas toujours comme on l'avait prévu. C'est ce qui m'est arrivé avec Les Beaux Gosses, un film sur l'adolescence et les premiers émois amoureux et sexuels.
Hervé est un adolescent... tout ce qu'il y'a de plus adolescent. Boutonneux, affublé d'un appareil dentaire et ricanant bêtement à tout. Bref, pas vraiment le garçon le plus populaire du collège. C'est aussi surtout un grand obsédé sexuel qui se masturbe devant le catalogue de la Redoute. Il rêve évidemment d'avoir une copine, une vraie. Et voilà qu'un beau jour, Aurore, une des plus jolies filles de la classe, semble s'intéresser à lui...
La dernière phrase résume assez bien ce qui ne va pas dans Les Beaux Gosses. C'est juste pas possible, même avec beaucoup d'imagination. Le personnage principal est juste trop laid et trop con. Certes, il s'agit d'une comédie sur le ton de la caricature, mais trop, c'est trop. On ne ressent aucun attachement envers les personnages, que l'on a simplement envie de baffer en hurlant 'mais tu vas arrêter de rire bêtement pauvre con !". Je veux bien qu'un adolescent de 14 ans ne ressemble pas à grand chose, mais la majorité ont encore vaguement forme humaine. Si encore, le film révélait une sensibilité cachée, une intelligence dissimulée, bref si le jeune Hervé avait quelque chose, au-delà de l'apparence immédiate, pour séduire la belle Aurore, on aurait pu y croire à la limite... Mais non, rien, un vide abyssal. Il est con à l'extérieur et encore plus con dedans !
A côté de ça, les gags auraient pu être percutants. Malheureusement, comme souvent, les plus drôles figurent dans la bande annonce. Le reste n'est vraiment pas terrible, super premier degré. On a même droit à un mauvais remake de l'Aile ou la Cuisse. Bref, on rit beaucoup moins que ce qu'on pouvait espérer. Et encore, j'ai été un de ceux qui se sont le plus marrés dans une salle pourtant bien remplie. Les Beaux Gosses ressemble en fait plutôt à un mauvais épisode d'un sitcom français. Et dire cela, ce n'est pas vraiment pas flatteur !
Allez, pour se remonter le moral, on notera quand même une scène absolument géniale. Une tirade où le jeune Hervé explique à sa mère qu'elle le fait chier à lui parler toujours de masturbation. Ca dure moins d'une minute, mais c'est terriblement réjouissant. Cependant, il fait preuve ici d'un à propos et d'un dynamise que l'on ne retrouve nul part ailleurs dans le film. Il s'agit donc là d'un moment de bonheur totalement isolé et qui ne sauve pas en rien Les Beaux Gosses.
Un petit mot également sur les jeunes acteurs. Ils ne sont pour rien dans cet échec car ils sont vraiment tous très bons. Moins naturels que les collégiens d'Entre les Murs, ils nous offrent ici tous des rôles de composition qu'ils interprètent avec énergie, culot et surtout talent. C'est d'ailleurs, à mon avis, ça qui explique que Les Beaux Gosses ait séduit un large public...
... mais pas moi, puisque ce film m'a profondément déçu. Pour faire simple, je dirais que Les Beaux Gosses est tout bêtement mauvais. Je vous invite tous à plutôt revoir Et toi t'es sur qui ? ou encore La Tête de Maman sur le même sujet.
Voilà quelques temps déjà que le cinéma d'animation a acquis ses lettres de noblesses et a cessé d'être considéré comme un genre mineur, voire anecdotique, tout juste bon à amuser les bambins. Il faut dire qu'il nous livre chaque année moult bons films, si bien qu'on n'en serait presque blasés. Coraline serait sorti il y'a dix ans, on aurait crié au génie. Là, on soulignera simplement sa grande qualité.
Coraline, petite fille espiègle et pleine de vie, est contrainte de s'installer à la campagne, dans une grande maison, avec des parents trop affairés pour vraiment s'occuper d'elle. Elle s'ennuie à mourir, tout juste distraite par Wybie, le fils de la propriétaire, qui a interdit à ce dernier d'entrer dans la maison. Coraline découvre une porte secrète qui donne directement sur un mur en briques. Cependant, la nuit, guidée par des souris, elle découvre que le mur a laissé place à un passage vers un monde parallèle où tout semble plus gai et coloré... sauf que tous ses habitants ont des boutons à la place des yeux.
Coraline peut être classé dans les divertissements familiaux, dans le sens où il peut réunir avec joie des spectateurs d'âges très différents. Cependant, pas trop jeune non plus. Car l'ambiance gothique et sombre effrayera les plus jeunes et le plus sensibles. Henry Selick s'était fait connaître en réalisant l'Etrange Noël de Monsieur Jack, écrit par Tim Burton. Ce film est un peu dans le même esprit visuel, mais avec un côté inquiétant et noir encore plus prononcé. Bien sûr, l'aspect cartoon fait que l'on n'est pas scotché au fond de son fauteuil à trembler... Mais pas sûr que vos petits bouts ne le soient pas !
La grande qualité de Coraline provient des deux éléments indispensables à vrai bon film d'animation : un scénario original et intéressant et bien sûr, une réalisation technique impeccable et imaginative. L'histoire de ce film reprend beaucoup de thèmes classiques des contes pour enfants, Hansel et Gretel en tête. Cependant, il les modernise largement, même si, au fond, la morale reste la même. Il les insère surtout dans une intrigue qui nous tient en haleine tout au long du film. Le mystère se lève peu à peu, nous faisant découvrir une vérité de plus en plus inquiétante et sombre. On pourra peut-être simplement lui reprocher sa linéarité, le film comptant assez peu de rebondissements à proprement parler.
Coraline est aussi visuellement superbe et avec une réelle personnalité graphique. Là encore, la parenté arec l'Etrange Noël de Monsieur Jack est évidente. Mais Herny Selick a depuis trouvé un style bien à lui, différent de celui de Tim Burton, plus cartoon mais sans rien perdre de sa noirceur, ni de sa qualité. Le travail sur les deux univers parallèles est remarquable. On y retrouve les mêmes éléments, mais avec ce qu'il faut de différence pour les distinguer, mais aussi pour voir le danger qui pointe sous les couleurs chatoyantes. Bref, un univers visuel complexe et très réussi.
Coraline est donc le film d'animation le plus "adulte" depuis Les Noces Funèbres de Tim Burton. Il ravira les fans du genre et un public bien plus large. Je ne le rangerai pas pour ma part parmi mes films culte, mais je lui reconnais de très grandes qualités.
21/06/2009 : I am no man, I am Bouffartigue...

Ok, mon titre sonne nettement moins bien que "I am no man, I am Cantona !". Mais bon, on peut toujours rêver ! Bon trêve de plaisanterie puisque nous sommes là pour parler de Looking for Eric, le dernier Ken Loach... Je le cite souvent comme l'archétype du réalisateur qui fait toujours le même (excellent) film. Et bien, une fois n'est pas coutume, il s'attaque à une franche comédie... Même si les thèmes sociaux sous-jacents à l'ensemble de son oeuvre ne sont évidemment pas totalement absent.
Eric Bishop, postier de son état, élève seul ses deux beaux fils qu'il voit peu à peu sombrer dans la délinquance. Alors, malgré le soutien de ses collègues et amis, il glisse peu à peu lui aussi sur une mauvaise pente. Et le retour dans sa vie de Lilly, son ex-femme qu'il a abandonné vingt ans plus tôt après quelques semaines de mariage seulement, ne fait que l'enfoncer un peu plus dans ce qui ressemble à une dépression. En désespoir de cause, il ne peut que s'adresser à son idole dont le poster orne sa chambre : Eric Cantona. Et miracle, voilà l'ancienne vedette de Manchester United qui apparaît en chair et en os (enfin semble-t-il) au bout de son lit et décide d'aider Eric Bishop à reprendre sa vie en main.
A longueur de critiques, je ne fais que louer encore et encore la qualité du cinéma britannique, à la fois efficace, distrayant, intelligent et profond. Looking for Eric en est encore un merveilleux exemple. Vous y rirez, vous y serez ému, vous y réfléchirez. Le film n'en est pas pour autant parfait, mais il reste une oeuvre terriblement attachante, peut-être la plus "culte" de Ken Loach. Certaines répliques resteront gravées dans les mémoires...
... enfin surtout de ceux qui ont un minimum de culture footbalistique. Car si l'humour de Looking for Eric est très efficace, il tourne essentiellement autour de l'autodérision à laquelle se livre Eric Cantona. Dans ce domaine, on a d'ailleurs rarement été aussi loin ! Et si vous ne connaissez pas bien le personnage et ses célèbres "proverbes" inventés de toute pièce qu'il livrait à longueur d'interview, vous ne saisirez peut-être pas toujours bien pourquoi votre voisin rit aux éclats. Heureusement, le générique de fin vous offre une petite séance de rattrapage avec l'inoubliable conférence de presse où il nous livra sa célèbre tirade sur les mouettes et le chalutier (qui au passage a été applaudi par toute la salle !). Cela vient peut-être un peu tard pour les plus ignorants, mais vaut mieux tard que jamais !
Eric Cantona est donc la star de Looking for Eric. Mais il reste malgré tout qu'un personnage secondaire. Et ceux qui resteront hermétiques aux références à sa légende, trouveront dans le reste de l'histoire assez de matière pour passer un très bon moment. L'histoire est belle, bien foutue, agrémentée de rebondissements et de surprises. Ce n'est pas une description des milieux populaires britanniques, mais une véritable intrigue. Bref, un Ken Loach ! Comme d'habitude, il se distingue par une formidable galerie de personnages et d'acteurs, parfaitement dirigés. Un vrai bonheur pour tous ceux qui, comme moi, en ont assez de voir le cabotinage de certains acteurs français portés aux nues par la critique. On pourra simplement reprocher à l'ensemble un léger manque de souffle, du à des ficelles narratives et surtout humoristiques (notamment les répliques de Cantona) un tantinet surexploitées et du coup, un rien répétitives.
Looking for Eric est un titre à double sens. Le personnage principal recherche à la fois à capter la force de son idole, Eric Cantona, mais surtout à se retrouver lui-même et la maîtrise de sa vie. Le résultat est enthousiasmant et bien trop jouissif pour que l'on s'attarde sur les quelques imperfections dont pourrait souffrir ce film.
Departures a connu un destin plutôt discret sur nos écrans hexagonaux. Il est sorti sans bruit, n'a pas déchaîné l'enthousiasme de la critique (même si elles furent globalement très bonnes) et a déjà largement disparu de nos salles obscures. Il s'agit pourtant là de l'Oscar du Meilleur Film Etranger. J'avoue que dans un premier temps, j'avais pensé ne pas y aller avant de me laisser tenter, faute de mieux avouons-le. Cependant, je ne regrette pas une seconde de m'être finalement décidé, même si je ne lui aurais pas forcément attribué le prix qui l'a récompensé.
Daigo Kobayashi (que les fans de Usual Suspects arrêtent de rire !) est violoncelliste dans un orchestre à Tokyo. Malheureusement, faute de public, ce dernier est dissout. Il décide alors de repartir pour sa province natale avec sa femme, dans la maison où il a grandit seul avec sa mère, après que son père soit parti avec une femme plus jeune. Cherchant du travail, il répond à une annonce de ce qu'il croit être une agence de voyages. Mais il s'agit là de voyages vers l'au-delà. L'entreprise en question s'occupe de la cérémonie de la mise en bière, qui, traditionnellement, étant réalisée par les familles elles-mêmes. Comme dans beaucoup de société, la mort et les métiers qui s'y rapportent sont tabous au Japon et considérés comme dégradants. Il décide donc de cacher la nature exacte de sa nouvelle activité à sa femme.
La parenté de Departures avec la série Six Feet Under est évidente. Bien sûr, les contextes culturels sont très différents, mais il y règne le même humour grave et noir, tentant de nous réapprendre que la mort fait partie à part entière de la vie. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce film n'est pas un drame, mais bien une comédie, d'un genre un peu spécial certes. Il véhicule beaucoup d'émotion, surtout sur sa fin, mais se moque également de la façon dont on peut nier et dramatiser la seule certitude que nous réserve l'existence : celle que l'on finira par mourir.
Fable drôle et poétique, Departures séduira un public bien plus large que les amateurs de films intimistes asiatiques. Bien sûr, il y règne une atmosphère caractéristique de ce cinéma, avec un rythme de narration qui prend son temps et un montage qui nous rappelle qu'un plan a le droit de faire plus de 10 secondes. Cependant, la différence avec un film occidental est ici ténue et ne devrait pas rebuter grand monde. Il s'agit là sûrement du film japonais le plus inclassable depuis de L'eau Tiède sous un Pont Rouge et dont je conseille le visionnage par tout le monde.
Le principal ressort comique repose sur la confrontation entre le patron expérimenté de l'entreprise et le jeune Daigo qui, dans un premier temps, est dégoûté par ce qu'il fait, avant de découvrir qu'il s'agit là d'un métier des plus nobles qui soit. Departures nous livre des situations cocasses dédramatisant ce moment pourtant si triste. Et tout cela fonctionne grâce à la magnifique performance des deux acteurs principaux : Mashahiro Motoki et Tsumotu Yamazaki, vétéran du cinéma nippon, ayant tourné dans plusieurs films d'Akira Kurosawa. Ils réussissent parfaitement à nous faire passer du rire à l'émotion, sans jamais que leur talent ne soit pris à défaut une seule seconde.
Departures est donc une réflexion profonde et drôle sur le sujet le plus tabou qui soit : la mort ! Le film n'est pas parfait mais suffisamment orignal et émouvant pour mériter d'être vu.
08/06/2009 : Apocalypse et enfer

Terminator 3 avait réussi un double exploit. Celui d'être excellent, même sans la présence de James Cameron derrière la caméra, et celui, surtout, d'offrir un fin vraiment intelligente, qui ouvrait vers une nouvelle trilogie, attendue par tous les fans avec impatience. Terminator Renaissance est désormais arrivé. Et si le résultat reste quand même globalement bon, il est quand même loin du niveau exceptionnel de ces trois prédécesseurs.
En 2018, les survivant du "Jour du Jugement Dernier" se sont organisés pour résister aux machines qui cherchent à les exterminer. John Connor est le leader charismatique de la résistance, même s'il se heurte parfois aux ordres de l'état-major. Lors d'une mission où il est chargé de récupérer des informations sur Skynet, il comprend que ce dernier prépare une nouvelle génération de Terminator. Au même moment, l'état-major annonce qu'il a fait une découverte qui pourrait s'avérer décisive.
Ceux qui espéraient vivre les premières heures de l'affrontement entre hommes et machines vont être déçus. On saute une bonne décennie depuis le troisième volet et Terminator Renaissance n'a rien d'un film de guerre aux batailles épiques à grande échelle. On est ici en mode guérilla. Mais rassurez-vous, rien à voir avec le si ennuyeux Che de Soderbergh. Ici c'est du lourd, avec moult explosions et échanges de tirs nourris. L'action est au rendez-vous, le spectacle également !
Par contre le reste ne relève que très peu l'intérêt de Terminator Renaissance. L'action peut suffire à elle-même, mais on est ici dans le cadre d'une des sagas les plus mythiques de l'histoire du 7ème art. Alors forcément, on s'attendait à mieux. Le scénario, notamment, est parfois à la limite du hors jeu, alors que cela représentait justement le point fort des précédents volets, qui savaient mélanger harmonieusement intelligence de l'intrigue et action pure à grand spectacle. En étant vraiment méchant, on est ici plus proche d'Universal Soldier, avec Jean-Claude Van Damme, que du Terminator, premier du nom.
Du coup, on ne peut pas dire que la saga s'enrichisse avec Terminator Renaissance. On avait envie de voir, d'apprendre, de connaître tout sur la guerre entre hommes et machines, que l'on ne fait qu'entrapercevoir lors des précédents opus. Malheureusement, comme les informations récoltées prêtent plus à sourire qu'à s'enthousiasmer, le fan reste sur sa faim. Espérons que les deux prochains volets relèveront le niveau.
Pour donner vie à un troisième âge de John Connor, Terminator Renaissance fait appel à son troisième acteur en trois films, avec cette fois-ci l'expérimenté Christian "Dark Knight" Bale. Malheureusement, ce dernier est plus inspiré en homme chauve-souris qu'en leader de rébellion futuriste. Non qu'il soit particulièrement mauvais, mais il est comme beaucoup de choses dans ce film... sans relief !
En fait, le seul moment de vrai bonheur de Terminator-addict reste l'appariation pour quelques minutes d'Arnold Schwarzenegger... ou du moins d'une version en image de synthèse de notre gouverneur préféré. Le reste de Terminator Renaissance est un film d'action bien foutu, mais à ranger dans le genre "bourrin". Ca peut plaire, détendre, divertir... ou bien n'éveiller aucun intérêt selon les goûts de chacun.
Sam Raimi est un de ces grands, très grands réalisateurs qui ne seront jamais unanimement reconnus comme les égaux des plus prestigieux de leurs confrères, du fait d'une carrière trop tournée vers les films de genre. Heureusement, il en est qui savent reconnaître le génie là où il est. Jusqu'en Enfer est l'archétype du film magnifiquement réalisé, mais dans un genre considéré comme mineur. Mais comme c'est un genre que Sam Raimi a quasiment inventé, il a bien droit de s'y adonner.
Chrisitine Brown, jeune américaine modèle, attend désespérément une promotion qui ne vient pas. Pour montrer à son supérieur qu'elle sait se montrer ferme, elle refuse une prolongation de prêt à une vieille gitane. Malheureusement, en retour, elle récolte avant tout... une terrible malédiction.
28 ans après Evil Dead, Sam Raimi revient là à ses premières amours, avec un film d'horreur ultra classique. A un tel point que Jusqu'en Enfer ressemblerait presque à un hommage à sa propre filmographie. Ici, pas de gore ou d'hémoglobine qui fuse, de massacres à grande échelle, mais un danger qui semble attendre derrière chaque rideau, sous chaque tapis, voire même dans chaque part de tarte (ceux qui ont vu le film comprendront). On se cache les yeux plus d'une fois, ne voulant pas voir ce qui va se passer... ou pas d'ailleurs !
Mais cet aspect un peu vintage, n'enlève rien à l'efficacité de Jusqu'en Enfer. Au contraire, il nous renvoie à nous peurs d'adolescents, quand on a été enfin assez grand pour aller louer un "film qui fait peur" au vidéoclub. Bien sûr, avec quelques trop nombreuses années de plus, voir quelqu'un vomir des insectes nous fait désormais un peu plus sourire que frémir, mais tout de même. On se surprend à être tendu, à la fois impatient et craintif de connaître ce qui va arriver ensuite. Bref, exactement ce que l'on demande à un film d'horreur.
Et si Sam Raimi est considéré comme le plus grand réalisateur du genre, si on lui a confié la mise à l'écran de Spiderman, c'est que c'est avant tout un très grand réalisateur. L'aspect vintage que j'évoquais plus haut provient largement d'une parfaite maîtrise technique, de la photographie, des décors et d'un montage qui ne fait ressembler en rien Jusqu'en Enfer à un clip vidéo. Ce n'est pas en en faisant toujours plus, toujours trop qu'on atteint son but, c'est en faisant toujours mieux. L'expérience a parlé, les jeunes réalisateurs ne jurant que par les effets numériques et la caméra à l'épaule n'ont plus qu'à aller se rhabiller.
Evidemment, un film d'horreur n'en serait pas un sans une jolie fille qui passe tout le film à crier. Dans Jusqu'en Enfer, c'est la ravissante Alison Lohman qui s'y colle. On avait déjà pu l'apercevoir dans Big Fish, Les Associés ou encore Delirious. Soit, un film de Tim Burton, Ridley Scott et Tom DiCillo. Une chose est sûre, elle sait choisir ses réalisateurs. A moins que ce soit la marque d'un grand réalisateur de bien savoir choisir ses acteurs !
Jusqu'en Enfer ne mérite certes pas de boxer dans la même catégorie que Citizen Kane ou 2001, Odyssée de l'Espace. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un excellent film aux qualités cinématographiques qui n'ont rien à envier à bien des classiques.
01/06/2009 : L'art délicat de l'adaptation

Ceux qui lisent régulièrement mes humbles critiques (et je les en remercie encore une fois) savent que j'apprécie les adaptations fidèles. L'adaptation du premier tome de la saga Millenium en est une. Je l'ai donc apprécié à sa juste valeur. Cependant, le film n'est pas non plus sans défauts, dont certains étaient peut-être plus ou moins inévitables.
Mikael Blomkvist, célèbre journaliste économique suédois, sort, perdant, d'un procès contre un magnat de la finance. Cette condamnation à trois mois de prison menace son avenir et celui de son journal, Millenium. C'est alors qu'il est contacté par Henrik Vanger, octogénaire et à la tête du groupe (et de la famille) du même nom, un de plus gros complexe industriel du pays. Il doit alors se rendre sur la petite île isolée, où tout ce petit beau monde vit, pour enquêter sur la disparition de Henriett, la nièce de Henrik, dont on n'a plus de nouvelles depuis près...de quarante ans.
Le plus observateurs (ou plutôt ceux qui ont une mémoire photographique à la Lisbeth Salander) auront noté que je viens de reprendre mot pour mot le résumé que j'avais écrit pour mon avis sur le livre. Une preuve de la manière dont le film colle à l'intrigue du roman. Il y'a bien sûr quelques raccourcis, quelques ellipses et même une légère trahison. Cependant, globalement, pas de grosse surprise à attendre à ce niveau-là. L'histoire perd en richesse, mais Millenium est déjà assez long, l'adaptation a vraiment tiré le maximum. De plus, cela ne sera ressenti que par ceux qui ont lu le roman.
Une des principales explications du succès phénoménal du roman tient dans la qualité des personnages. Le film n'aurait été pleinement réussi si cela n'avait pas été le cas également à l'écran. Si le personnage de Mikael Blomkvist est comme on pouvait l'imaginer, pour Lisbeth Salander, c'est déjà plus délicat. Mais était-ce possible de vraiment nous la faire apparaître comme dans le roman ? Car le cinéma a un inconvénient par rapport à la littérature... On n'a pas accès aux pensées des personnages, sauf à alourdir le rythme par une voix-off. Or, le personnage de Lisbeth repose en grande partie sur le décalage entre l'assurance, la force et l'hostilité qu'elle dégage pour le regard des autres et ce qu'on l'on apprend peu à peu sur elle, notamment par l'intermédiaire de ses pensées. Dans Millenium, son homologue à l'écran est obligée de faire transparaître une certaine fragilité dans ses gestes, son attitude et même ses paroles... Et oui, la Lisbeth du cinéma est nettement plus bavarde que dans le roman. Du coup, on ne la reconnaît pas toujours, mais en y réfléchissant, il était difficile de faire autrement. Dans l'idée d'adaptation, il y'a forcément l'idée de changement. Il faut l'accepter car si Niels Arden Oplev avait vraiment collé au personnage du roman, le film aurait été tout simplement inaccessible pour qui n'aurait pas lu ce dernier.
La qualité d'une adaptation se mesure également à sa capacité à plaire à ceux qui ne savent rien de l'œuvre initiale. Pour Millenium, cela devrait être le cas. Ils n'auront pas l'impression d'assister à un chef d'œuvre, mais à un bon film noir, très dense, riche en rebondissements. Il est possible qu'ils ressentent quand même le fait qu'il y'ait des ellipses. Si ce film reposait sur un scénario original, il n'aurait sûrement pas été identique. Mais bon, la frustration au cinéma, c'est comme en amour, ça entretient la passion. Enfin dans notre cas, ça donne surtout envie de se plonger dans le bouquin !
Un petit mot enfin sur le duo d'acteurs. Si Michael Nykvist est parfait sans être flamboyant, la jeune Noomi Rapace est tout simplement parfaite en Lisbeth Salander. Le rôle n'était pas forcément facile et elle évite d'en faire trop. La direction de Niels Arden Oplev y est sûrement pour beaucoup, mais le cinéma suédois tient là une actrice de talent.
Les fans du roman apprécieront Millenium pour avoir réussi à faire vivre l'univers crée par Stieg Larsson. Les autres aimeront ce polar nordique qui ne deviendra peut-être pas un classique du cinéma néanmoins.
La Nuit au Musée avait constitué pour moi une très bonne surprise cinématographique. Celle que l'on reçoit lorsque l'on s'attend à un film médiocre et qui finalement se transforme en bon moment de cinéma. Rien de génial, mais un vrai divertissement réussi et qui remplit parfaitement son rôle. On pouvait craindre que la suite ne soit pas à la hauteur et que le souffle se tarisse. Et bien, non, La Nuit au Musée 2 est tout aussi réussie et ravira petits et grands.
Larry Daley n'est plus gardien de nuit au Musée d'Histoire Naturelle de New York, mais dirige une société qui commercialise ses inventions. Il rend visite de moins en moins souvent à tous ceux qui prennent vie chaque nuit grâce à une tablette magique. Il découvre un jour avec consternation que ces derniers vont être transférés aux archives nationales, situées sous le Smithonian Museum de Washington. Séparés de la tablette, ils resteront à jamais de simples statues de cire... Sauf qu'évidemment, la tablette est finalement du voyage donnant vie chaque nuit aux habitants du "plus grand musée du monde" dont certains rêvent de conquérir le monde. Larry est appelé au secours par ses anciens compagnons et accourt à la rescousse.
Dans ce genre de film, le scénario n'a guère d'importance, si ce n'est par son rythme. Et dans ce domaine, la Nuit au Musée 2 ne peut souffrir d'aucune critique. Les péripéties s'enchaînent, les gags se succèdent sans laisser au spectateur le temps de souffler et de réfléchir au fait que tout cela n'est quand même pas spécialement profond. Bien sûr, les scènes sont parfois inégales, mais aucune n'est franchement ratée. Bref, un vrai divertissement divertissant et spectaculaire de surcroît, les effets spéciaux étant de tout premier ordre.
Et si l'humour premier degré fonctionne aussi bien, c'est aussi, et même avant tout, grâce au charme des personnages et des acteurs qui les interprète. La Nuit au Musée 2 est bien sûr écrite pour mettre le talent de Ben Stiller en avant. C'est lui la star, mais c'est un statut qu'il assume parfaitement, sans pour autant en faire trop. Car les seconds rôles ont du répondant ! Et cocorico, notre Alain Chabat national est absolument savoureux en Napoléon, obsédé par les réflexions concernant sa petite taille. Tout parallèle avec un homme politique actuel étant évidemment purement fortuit...
Mais la vraie touche de charme vient de l'adorable Amy Adams, que l'on avait déjà pu admirer dans Il était une fois. La touche de romance que son personnage apporte aurait pu être un boulet l'histoire et le rythme de la Nuit au Musée 2. Il n'en est rien, au contraire, elle apporte une petite touche rétro des plus agréables. Amy Adams a quelque chose de Katherine Hepburn, femme de tête, reine des comédies des années 50. Bref, si j'ai déjà dit que le scénario ne brille pas par sa profondeur, on peut lui reconnaître une grande intelligence, grâce à la réussite des personnages auxquels il donne vie.
La Nuit au Musée 2 est donc l'archétype du divertissement familial. Mais ce terme n'est en rien ici péjoratif, et surtout pas synonyme de médiocrité !
25/05/2009 : Un film de rêve

Bon, je l'avoue, le titre est peut-être quelque peu exagéré. Mais que voulez-vous, j'ai été pris d'une forte et soudaine paresse intellectuelle, puisque je vais vous parler de Un Mariage de Rêve. Le jeu de mots était trop facile, il me tendait ses petits bras musclés avec trop d'instance pour que je passe à côté. Et oui, je suis faible, pardonnez-moi.
Au fin fond du fond de la campagne anglaise, la famille Whittaker attend le retour de John, le fils prodigue qui vit une vie de bohème sur la Côte d'Azur. Mais il ne revient pas seule, il ramène Larita, sa sublime épouse. Cette dernière, pilote automobile américaine, va avoir bien du mal à se sentir à son aise dans cet immense cottage et surtout face au poids de traditions et d'une bienséance toutes britanniques. Elle se heurtera surtout à l'hostilité immédiate de la maîtresse de maison envers sa belle fille. Une guerre psychologique sans merci va alors commencer, sous le regard distant du père désabusé.
Un Mariage de Rêve repose donc sur deux ressorts comiques : une roturière qui arrive dans un milieu très aristocratique où elle bouscule les traditions et une guerre entre une belle-mère et une belle-fille. Bref, niveau originalité, on fait mieux. Mais bon, quand c'est bon, on ne s'en lasse pas ! Alors tout cela n'enlève rien au charme incontestable de ce film qui vous fera passer un très bon moment de détente.
La première qualité de Un Mariage de Rêve est donc de faire rire. Comme il s'agit là de sa vocation première, on ne peut que s'en réjouir. L'humour ne déborde pas toujours de subtilité mais touche toujours au but. La scène la plus drôle est d'ailleurs certainement celle qui est la plus marquée "humour premier degré" et nous offre cinq bonnes minutes de fou rire. Ceux qui ont vu et revu la bande-annonce peuvent facilement se douter des circonstances de cette scène, mais même dans ce cas, elle vous fera rire à gorge déployée.
Autre force du film, ses personnages ! Le duo qui s'affronte est absolument savoureux. Mais on ne pouvait pas en attendre moins de Kristin Scott-Thomas, qui est bien mieux employée ici que dans tous les films français particulièrement chiants dans lesquels elle s'évertue à apporter son charme tout britannique. Mais à ses côtés, Jessica Biel ne s'en laisse pas compter et s'affirme comme une actrice valant plus que par son impeccable plastique. Cependant, le casting brille encore plus par la multitude de formidables seconds rôles... Mais bon, c'est un film anglais, cela n'a rien d'étonnant. On citera tout spécialement Colin Firth, extraordinaire comme à son habitude (mais peut-on vraiment parler de second rôle pour une si grande star ?) et Kris Marshall, fantastique en majordome flegmatique au milieu de toute cette agitation.
Un Mariage de Rêve est donc un film anglais moyen... C'est à dire vraiment réussi ! En tout cas, il s'agit là d'un excellent divertissement, qui ne vous fera pas mal à la tête, mais pourrait provoquer quelques crampes aux zygomatiques.
24/05/2009 : Images gâchées

Un réalisateur devient grand lorsque l'on ne se rappelle plus très bien du titre de ses films, mais que l'on sait que son dernier vient de sortir sur les écrans... Et bien, Pedro Almodovar fait partie de ceux-là car j'ai entendu bien plus de gens parler du dernier Almodovar, plutôt de prononcer son titre, à savoir Etreintes Brisées. Mais bon, il est vrai que le réalisateur espagnol peut être rangé dans la catégorie "je fais toujours le même film" (dont Ken Loach est le plus digne représentant), alors parfois, on s'y perd et on confond ses différentes oeuvres. Mais je ne suis pas persuadé que celui-là fera partie de ceux qui marqueront durablement les esprits.
Vivant aujourd'hui sous le pseudonyme d'Harry Caine, Mateo Blanco, scénariste aveugle, fut en son temps à réalisateur à succès. Un jour, il apprend la mort de Hernesto Martel, qui le ramène brutalement à un passé qu'il a totalement enfoui. Cependant, il décide de tout raconter au fils de son ancienne directrice de production qui l'aide au quotidien. Il partagera avec lui le souvenir de Lena, l'ancienne maîtresse d'Hernesto Martel, avec qui il vécut une folle histoire d'amour.
Etreintes Brisées, comme tout film de Pedro Almodovar qui se respecte, est marqué par les rapports difficiles entre parents et enfants. Mais pour une fois, ce thème se retrouve au second plan, éclipsé par cette grande histoire d'amour, de passion et de jalousie. Et pour une fois, aucun personnage n'est un transsexuel... Bref, me direz-vous, ce film semble différent du reste de l'œuvre du réalisateur espagnol ! En fait, pas vraiment, ça ne ressemble qu'à un Almodovar, la patte de l'artiste étant trop prégnante pour que l'on soit vraiment surpris. Mais il faut tout de même admettre que le sujet change un peu...
... mais c'est peut-être là que le bât blesse en fait. Etreintes Brisées traite d'un sujet plus classique, mais dans lequel Pedro Almodovar semble moins à l'aise que d'habitude. Il semble incapable d'insuffler son souffle créatif habituel. Trop lisse, l'histoire ne passionne pas, ennuie même parfois. Le scénario s'apparente à un diesel qui met bien du temps à se lancer à pleine vitesse. Mais même à ce moment là, si l'intérêt du spectateur remonte, les rebondissements laissent relativement indifférents. Bref, on ne rentre jamais vraiment dans ce film, dont on ressort avec l'impression étrange d'avoir contempler de la peinture plutôt que du cinéma.
En effet, Etreintes Brisées reste un film magnifique visuellement, réalisé avec une maestria rare. La façon dont Pedro Almodovar fait voyager sa caméra entre ses décors splendides et le visage d'acteurs superbement dirigés porte la marque des plus grands. Dommage que le tout ne soit pas habité d'une histoire aussi passionnante que les images sont belles. Les esthètes pourront donc se régaler, même si cela est loin d'être suffisant pour faire de ce film une réussite.
L'autre déception vient de Pénélope Cruz. Non, qu'elle soit décevante, bien au contraire ! Elle interprète là son rôle le plus profond, le plus accompli et le plus maîtrisé. On regrettera juste que cette magnifique performance n'est été réalisée pour une histoire réellement marquante. En tout cas, ce rôle nous promet pour la suite de la carrière de la belle espagnole bien des moments de bonheur qui n'auront rien à voir avec sa troublante plastique.
Etreintes Brisées représente donc une déception que la beauté des images ne peut effacer. Espérons que Pedro Almodovar retrouvera vite le souffle créatif des années 90, d'Attache-moi ou de Talons Aiguilles.
08/05/2009 : Rock and Roll in Space !


Entre le rock'n'roll est le cinéma, c'est une longue histoire d'amour. Tout est né quand Graine de Violence a propulsé Rock Around the Clock à la première place du hit-parade, ce qui constitua alors une évènement historique. Good Morning England n'est que le dernier volet de cette longue tradition. Et sûrement pas un des moins réussis !
En 1966, une large proportion des Britanniques écoute les nombreuses radio-pirates, qui diffusent du rock et de la pop 24h/24. Parmi elle, Radio Rock, qui émet depuis un bateau ancré en Mer du Nord. Légalement, ils n'enfreignent aucune loi, mais le gouvernement britannique décide tout de même de trouver un moyen de les interdire. En attendant, les animateurs de cette radio vivent de sexe, de drogue et de rock'n'roll, au sein d'une joyeuse vie communautaire au milieu des flots.
Good Morning England constitue un merveilleux moment de nostalgie, d'une vision idéalisée d'une époque et d'un phénomène. Mais le film assume parfaitement son aspect caricatural. Le rock, c'est les gentils, les conservateurs du gouvernement, ce sont les méchants. On est là dans un hommage, dans une histoire à prendre au second degré, qui nous fait rire, nous enthousiasme et nous donne surtout envie de nous replonger au plus vite dans cette époque si riche d'un point de vue musical. Ce film est aussi bon qu'un tube des Stones, des Who ou de Jimmy Hendrix ! Un bonheur qu'on avait pas ressenti depuis The Commitments d'Alan Parker, il y'a près de 20 ans déjà.
Mais si la musique est l'essence même de Good Morning England, il n'en reste pas moins que nous sommes au cinéma. Et du bon ! Si on en doutait encore (vous n'en doutez plus puisque je le dis tout le temps), le cinéma britannique nous prouve encore une fois qu'il est le plus créatif au monde, le seul qui sache aussi bien allier l'intelligence, le rythme, l'humour, le spectaculaire, la profondeur et la vraie recherche artistique. Il se démarque aussi par sa formidable capacité à livrer le plus extraordinaires seconds rôles qui soient. Ce film met en scène une large galerie de personnages, tous aussi différents qu'incroyablement interprétés, avec enthousiasme, énergie et justesse. On s'attache à cette irrésistible bande de joyeux lurons qui nous font partager leur joie de vivre, leur insouciance, leur envie de liberté et, évidemment, leur amour du rock'n'roll.
Impossible de tous les citer et de les départager... Alors si je dois quand même en choisir un, je choisirai Kenneth Brannagh qui lui, joue du côté des méchants, en interprétant un ministre frustré et cynique. Personnage ridicule, mais surtout hilarant dans un registre quelque peu inhabituel pour cet éternel amoureux de Shakespeare. Mais bon, un tel talent peut s'exprimer dans tous les registres, pour notre plus grand bonheur.
Tous les amoureux de la musique doivent au plus vite aller voir Good Morning England. Ce film se veut à la fois un hommage à une époque, mais aussi un hymne intemporel à la liberté et à l'anti-conformisme, qui apporte une bienfaisante bouffée d'air frais en ces temps où un certain ordre moral cherche à pointer le bout de son nez. Alors, n'hésitez plus et crions tous ensemble : Vive Good Morning England et surtout vive le rock !
Les adaptations de série sur grand écran sont légion. Et Star Trek est une série pionnière dans ce domaine, puisque le premier long métrage qui en fut tiré est sorti en 1979. Depuis lors, dix autres ont été tournés, dont le dernier qui vient tout juste de sortir. Star Trek est donc le 11ème film de la série. Mais en fait, il s'agit surtout d'un nouveau départ, qui a redonné vie à un mythe qui s'était un peu perdu et galvaudé. Il s'agit là du meilleur space opera vu depuis longtemps et toutes les critiques élogieuses qu'il a reçu sont largement méritées.
James Kirk est le fils du légendaire capitaine de l'USS Kelvin, qui s'est sacrifié pour sauver son équipage et la vie de son enfant. Mais il ne semble pas vraiment enclin à suivre la voie tracée par son père. Finalement, il se laisse convaincre de s'enrôler chez Starfleet. Lors de sa formation, il sera confronté à Spock, moitié terrien, moitié vulcain, dont la froideur et le sens de la logique contrastent avec la fougue du jeune Kirk. Mais lorsqu'une menace surgit et s'abat sur Vulcain, ils vont devoir tant bien que mal collaborer. Surtout qu'il semble que l'agresseur soit celui qui a provoqué la mort du Capitaine Kirk, vingt ans plus tôt. Ils embarquent alors sur l'USS Entreprise, flambant neuf, mais déjà fleuron de la flotte de la Fédération.
Star Trek raconte donc les débuts des héros légendaires de la série télévisée. Cela a l'avantage d'avoir permis aux auteurs se réapproprier le mythe et de s'affranchir totalement des adaptations précédentes. Cela a été également l'occasion de moderniser les éléments de la série, tout en leur restant particulièrement fidèle (ça change !). Je ne connais que très mal la série, mais à ce que j'ai peu en lire, J.J. Abrams a vraiment réussi à insérer son film dans le cadre d'ensemble inventé par les auteurs de la série d'origine. Bref, les fans sont ravis. Mais ceux qui ne savent rien de l'USS Entreprise le seront tout autant.
Star Trek a deux mérites principaux. Tout d'abord, le film est visuellement impressionnant. Les scènes spectaculaires et les effets spéciaux s'enchaînent, en mettant plein les yeux au spectateur, sans jamais chercher à masquer un vide existant par ailleurs. On le verra plus loin, il n'y en avait de toute façon absolument pas besoin. Si on ajoute à cela, le rythme effréné avec lequel les péripéties s'enchaînent, le spectateur n'a absolument pas le temps de s'ennuyer une seule seconde !
L'autre grande force de Star Trek, qui en fera à n'en pas douter un film culte pour beaucoup, c'est la qualité de son scénario. Ceux qui craignaient que ce film rejoigne la cohorte des navets spectaculaires peuvent être rassurés. L'intrigue ne vous donnera pas mal à la tête, mais elle propose assez d'épaisseur, d'intérêt, de rebondissement et de cohérence pour donner à ce film un vrai souffle épique. Toutes les scènes, même les plus spectaculaires, sont là pour faire avancer une intrigue dont on ne sait pas par avance comment elle va se terminer... même si on se doute bien qu'aucun des futurs héros de la série ne va mourir ! Par contre, le scénario recèle d'autres surprises, qui vont à l'encontre de ce à quoi les habituels clichés hollywoodiens nous ont habitué.
L'interprétation constitue peut-être le seul point présentant une très légère faiblesse chez Star Trek. Si Zachary Quinto s'est sort très bien, même si tous les fans de Heroes auront du mal à l'imaginer en un autre que Sylar, Chris Pine est un chouia transparent. Eric Bana en méchant est fait un peu trop dans la grimace. Mais les fans de la série seront surtout ravis de revoir Leonard Nimroy, le Spock originel, dont le charisme reste entier.
Star Trek reste une super-production, mais ce film possède une âme et fait renaître un mythe de notre culture occidentale moderne. Ce film constitue non pas un recyclage, mais réellement une renaissance.
06/05/2009 : L'inspiration qui change le monde

Ok, j'admets, j'avais été largement prévenu. Mais en tant que grand fan du mutant griffu, dont je parcours les aventures depuis un temps où il s'appelait encore Serval en VF, je ne pouvais pas ne pas aller voir X-Men Origins : Wolverine. Ainsi, je peux me joindre à la cohorte unanime des critiques cinéma et clamer moi aussi que ce film n'est qu'une grosse daube sans aucun intérêt.
Pour ceux qui l'ignoreraient encore, X-Men Origines : Wolverine est un spin-off de la série X-Men, c'est à dire un film centré sur un seul de ses personnages. Vous découvrirez donc ici les origines de Wolverine, la plus grande star de tous les mutants. Son enfance, ses aventures comme mercenaire à travers les âges (en effet, il est légèrement immortel), ses relations tumultueuses avec son frère, Victor Creed, et son embauche par le Colonel William Stryker dans un groupe paramilitaire prêt à tout pour arriver à leurs fins.
Bon, j'entends déjà les puristes crier (moi, je me retiens, ce n'est pas bon pour mon cœur) : Comment ça "son frère, Victor Creed" !??? Depuis quand Dents-de-Sabre est-il le frère de Wolverine ? Ah bah oui, mais non, car dans X-Men (le premier film de la série) apparaissait un Dents-de-Sabre, qui n'était pas du tout le Victor Creed de X-Men Origins : Wolverine. Les scénaristes d'Hollywood ont donc encore franchi un cap dans le recyclage d'idées pondues par d'autres, en découpant un même personnage en deux. Enfin dans tous les cas, faire de Victor Creed le frère de Logan, c'est du grand n'importe quoi... Surtout qu'en voulant respecter les noms d'origine, les scénaristes balancent du Logan, du Creed et du Howlett, sans que cela soit cohérent une seule seconde. Bref encore une fois, des noms de personnages sont utilisés pour attirer des fans dans les salles obscures, sans respecter une seule seconde ce qu'ils sont vraiment dans l'œuvre d'origine. Et encore, je n'évoque même pas le cas de William Stryker qui est passé du statut de téléévangéliste à celui de colonel de l'armée américaine, puisque cette trahison était déjà présente dans X-Men 2.
Cependant, je vois un certain nombre d'entre vous dire "oui mais moi, je n'ai jamais lu la BD, alors je m'en fous..." Certes, tout cela ne vous concerne pas, ignares que vous êtes ! Le scénario de X-Men Origins : Wolverine ne sera donc pour vous que tout simplement dénué d'intérêt. C'est déjà largement suffisant pour vous gâcher un film. Franchement, on se fout totalement de ce qui se passe à l'écran, vu qu'on y croit autant qu'aux promesses de Sarkozy. Certaines scènes laissent pantois devant leur inutilité. Introduire les personnages du Colosse et de Gambit fera peut-être plaisir aux fans, mais les autres, ne saisissant pas du tout les clins d'oeils, se demanderont bien à quoi ils servent.
Mais le pire dans tout cas reste tout de même l'interprétation. Pauvre Hugh Jackman ! Qu'est-il venu faire dans cette galère ? Il met autant de conviction dans son jeu qu'un footballeur monégasque au moment de payer ses impôts. Il tente bien quelques rugissements, quelques bandages de muscles qui feront peut-être frémir quelques amatrices, mais tout cela ne sert qu'à masquer le vide abyssal de son rôle et de ses dialogues. Et encore, il surnage dans un casting, où chaque acteur semble rivaliser de médiocrité. Au moins, ils sont cohérents avec l'esprit général de X-Men Origins : Wolverine.
Allez, finissons par quelques notes positives. Les scènes de baston sont bien foutues et l'affrontement final serait presque spectaculaire. X-Men Origins : Wolverine est en fait aussi bien réussi techniquement qu'il est médiocre artistiquement. Et ce n'est pas peu dire !
Dans la série, comédie française rigolote et intelligente, je voudrais Romaine par moins 30. Bon, y'a juste un tout petit problème, c'est que ce film n'est pas si rigolo, ni intelligent que ça. Il est peuplé de pas mal de bonnes idées, mais rarement très bien exploitées ! C'est dommage.
Justin décide de faire un surprise à sa copine, Romaine, en l'emmenant passer Noël (et plus si affinités) au fin fond du Québec. Elle essaye tant bien que mal de masquer son manque d'enthousiasme. Pendant le vol, elle croit que l'avion est sur le point de s'écraser. Elle se décide alors de livrer à Justin un certain nombre de vérités qu'il a du mal à encaisser. Ils décident de se séparer à peine le pied poser à l'aéroport. Mais il part avec son passeport et son billet, laissant Romaine coincée à Montréal, où elle ne connaît personne.
Romaine pas moins 30 est donc une comédie entièrement centrée sur un personnage, dont on suit les mésaventures. Malheureusement, Sandrine Kiberlain, malgré tout son talent, n'a pas vraiment les épaules pour porter à elle seule un film de ce genre. Son regard perdu, sa naïveté, son détachement par rapport aux évènements pourtant extraordinaires, amusent cinq minutes mais ne sont pas suffisants pour en faire un film à eux seuls. Elle est certes épaulée par quelques seconds rôles talentueux, évolue dans des situations loufoques diverses et variées, mais très diversement réussies. Malheureusement, son personnage n'évolue pas, ou si peu.
Le personnage de Romaine nous inspire heureusement beaucoup de sympathie. C'est ce qui sauve le film et donne envie au spectateur de savoir comment ses mésaventures vont finir par se terminer. Cela lui évite de sombrer dans un ennui profond et peut faire de Romaine par moins 30 un divertissement de soir de pluie à la télé. Dites-vous bien qu'il y'a forcément mieux dans votre DVDthèque ou sur une chaîne cinéma du câble, pour ceux qui ont la chance d'y être abonnés, mais bon, ça peut se laisser regarder quand même.
Romaine par moins 30 rappellera aussi pas mal de souvenirs à tous les Français ayant eu la chance de faire un petit tour au Québec. Le film n'en fait jamais trop sur les différences culturelles, les quiproquos possibles. Cela prive le film de gags premier degré qui auraient pu donner un peu plus de punch à cette comédie, mais d'un autre côté, cela lui évite de tomber dans le lourdingue et l'humour facile. Cela est donc très sous-jacent, mais forcément présent, et retranscrit assez bien ce que l'on peut ressentir lorsque l'on arrive dans ce pays. Ceux qui n'y sont jamais allés ne ressentiront évidemment pas ce petit sentiment de nostalgie, mais auront peut-être envie de traverser l'Atlantique.
Bref, avec Romaine par moins 30, la réalisatrice Agnès Obadia a raté son coup. Elle avait le matériel pour nous livrer une oeuvre savoureuse, mais le tout manque trop d'épaisseur et de créativité pour dépasser le stade du sympathique divertissement. Espérons qu'elle ose plus dans son prochain film.
La mode des biopics ne faiblit toujours pas. On ne va pas s'en plaindre car elle nous a livré beaucoup de bons films ces dernières années. C'est encore le cas avec Coco avant Chanel, qui raconte la jeunesse de Gabrielle Chanel, la créatrice de l'empire du luxe et de la mode qui porte son nom. Cependant, si ce film est de facture très classique, il rompt avec un certain nombre d'habitudes de ce genre cinématographique.
A Moulins, au début du siècle dernier, Gabrielle et sa sœur, deux orphelines abandonnées par leur père, vivent entre l'atelier de couture et un cabaret où elles chantent. Elles y croisent un jour Etienne Balsan, bourgeois bohème, qui finit là son service militaire. Gabrielle et lui se séduisent mutuellement par leur caractère rebelle et anticonformiste. Mais ils n'appartiennent pas au même monde et il repart dans sa propriété de Compiègne. Mais cela n'arrête pas la jeune fille qui rêve d'indépendance et de Paris, et qui finit par débarquer chez lui à l'improviste, pour un séjour temporaire qui prend vite des airs définitifs, malgré le fossé social qui continue de les séparer.
La principale critique qui a été adressée à Coco avant Chanel est aussi peut-être sa plus grande force. En effet, Audrey Tautou ne cherche à aucun moment à se transformer en Gabrielle Chanel. Pas de numéro d'imitation ici. Il est vrai que son aspect femme enfant, emplie de fragilité, a du mal à rappeler totalement la femme forte et dure que fut la créatrice des célèbres tailleurs pour femme. Mais on a été tellement habitués aux performances comme celle de Marion Cotillard dans la Môme ou François-Xavier Demaison dans L'histoire d'un Mec, qu'on oublie que le cinéma a souvent pris des libertés avec l'histoire et ses personnages sans qu'on ne crie à chaque fois au scandale. La fiction historique reste ce qu'elle est et conserve ses différences avec le genre documentaire.
Car l'intérêt de Coco avant Chanel est ailleurs. Il est dans le processus qui va pousser une jeune fille d'origine très modeste à chercher l'émancipation dans la création. Le film lie parfaitement les vêtements conçus par Coco avec leur signification sociale. En préférant le tailleur au corset, elle s'autorise à mieux respirer, mais exprime surtout son refus des conventions sociales de l'époque. Cela peut sonner quelque peu comme un cliché, mais Anne Fontaine a su parfaitement lier tous ses aspects pour qu'ils ne fassent qu'un et nous permettent de mieux comprendre comment cette jeune orpheline a pu connaître un destin aussi extraordinaire.
Si Coco avant Chanel ne tourne pas au numéro de transformisme, il n'empêche que l'on assiste ici à de superbes performances d'acteurs. Elles sont peut-être moins spectaculaires que les cas cités précédemment, mais la sobriété peut être également une vertu, qui donne vie aux personnages d'une façon différente mais tout aussi efficace. Le couple Audrey Tautou - Benoît Poelvoorde tient là ce qui constitue, à mon sens, leur rôle le plus accompli de leur carrière. Cela sent le César à plein nez et le César mérité. On pourra donc féliciter Anne Fontaine pour son merveilleux travail de direction d'acteurs, réussissant à canaliser à la perfection l'énergie débordante de notre comique belge préféré. Les seconds rôles ne sont pas en reste puisque aussi bien Arthur Capel qu'Emmanuelle Devos nous livrent deux performances magnifiques, même si cela n'a rien d'étonnant pour cette dernière.
Il est possible que Coco avant Chanel ne vous séduise pas. Le film manque peut-être parfois un peu de contenu et d'intensité. Mais si vous vous laissez imprégnez par cette histoire et le formidable jeu des acteurs, vous pourrez apprécier toute la richesse de cette histoire qui, si elle trahit peut-être en partie ce que fut réellement Gabrielle Chanel, nous permet encore d'espérer que le talent et l'inspiration sont capables de changer le monde et la société.
26/04/2009 : Garder son âme d'enfant

Dans la série "je n'ai pas aimé le premier, mais je vais quand même voir le deuxième, parce que je suis un peu con ou maso sur les bords", je vous présente OSS 117, Rio ne répond plus. Généralement, on sort du second en se tapant la tête contre les murs en jurant, le plus sincèrement du monde, que l'on ne vous y reprendra plus. Mais avec le film qui nous intéresse ici, ce ne fut pas tout à fait le cas. Je ne suis toujours pas super enthousiaste, mais il m'a laissé une meilleure impression que OSS 117, Le Caire, Nid d'Espions.
L'espion le plus français est de retour. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est toujours autant empli de préjugés racistes et misogynes. Cette fois, il est envoyé au Brésil, où il doit récupérer un microfilm listant les hauts fonctionnaires ayant collaboré pendant l'occupation nazi. Très rapidement, Hubert Bonnisseur de la Bath va devoir collaborer avec Dolorès, superbe espionne israélienne, totalement insensible à son charme et très vite consternée par ses remarques incessantes.
A ce deuxième épisode, je ferai le même principal reproche qu'au premier. En effet, dans OSS 117, Rio ne répond plus, les gags s'enchaînent sans cesse... sauf que chacun s'étire désespérément en longueur. Quand la situation est vraiment drôle, cela n'est pas si gênant, mais quand le résultat est nettement moins efficace (et il l'est malheureusement souvent), cela devient vite un peu pénible. Le tout rend le film quelque peu poussif, trop en tout cas pour déchaîner l'enthousiasme. Cependant, je trouve le phénomène moins pesant que pour OSS 117, le Caire, Nid d'Espions. Peut-être que le troisième volet, dont on parle déjà, sera filmé définitivement sur le bon rythme.
Par contre, OSS 117, Rio ne répond plus ne possède pas ce qui justifiait presque à lui seul de voir son prédécesseur, à savoir un moment de pur bonheur cinématographique. Dans OSS 117, Le Caire, Nid d'Espions, la scène où Jean Dujardin interprétait Bambino en arabe était à mourir de rire, comme on le voit rarement. Là, rien de tel. Certes, le film est peuplé de quelques répliques savoureuses, même si elles sont toujours un peu sur le même registre. Parmi elles, je retiendrai la réponse "Même pas !" à la question "Vous faites du sport ?". Si j'en ai l'occasion, je la ressortirai... Sauf qu'il n'existe qu'une chance infime que l'on me pose jamais une telle question.
Une nouvelle fois, OSS 117, Rio ne répond plus repose presque entièrement sur les épaules de Jean Dujardin. Heureusement, elles sont très larges, même si son numéro de savoureux cabotinage est sûrement nettement surexploité. A ses côtés, la pétillante Louise Monot ne s'en laisse pas compter, nous faisant partager son talent et son énergie. Sa prestation est sans doute la seule surprise de ce film, qui est exactement ce à quoi on s'attend.
OSS 117, Rio ne répond plus ne m'a donc toujours pas enthousiasmé, mais il serait sévère de prétendre qu'il m'a fait passer un mauvais moment.
Les films de Miyazaki sont toujours des évènements très attendus. Si ses films sortent régulièrement sur nos écrans, c'est que, depuis l'immense succès du Voyage de Chihiro, un bon nombre de ses oeuvres des années 80 ont eu droit à une sortie sur grand écran dans notre pays. Ses oeuvres récentes sont beaucoup plus rares, une tous les quatre ans environ. Tous les fans étaient donc particulièrement impatients de découvrir Ponyo sur la Falaise. Ils n'ont pas été déçus... Enfin surtout les fans de Mon Voisin Totoro, plus que les adeptes de Princesse Mononoke.
Sosuke recueille un jour un drôle de poisson dans l'océan qui borde la falaise sur laquelle est perchée sa maison. Il le prénomme Ponyo et promet d'en prendre soin. Mais un étrange personnage va vite chercher à le récupérer. Il y réussit, mais une suite d'évènements va provoquer la colère des océans et le retour de Ponyo... sous la forme d'une petite fille aux pouvoirs étranges.
Ponyo sur la Falaise est une oeuvre bercée de toute la magie que sait créer Hayao Miyazaki. Mais le ton y est cette fois particulièrement enfantin. Avoir gardé son âme d'enfant est donc indispensable pour voir et surtout apprécier ce film à sa juste valeur. Il n'en reste pas moins que ce film est objectivement quelque peu inégal.
Le démarrage de Ponyo sur la Falaise est notamment un peu poussif. Du coup, le côté un peu "cucul" ressort vraiment et passionne pas le spectateur adulte, aussi régressif soit-il (et dieu sait à quel point je peux l'être parfois !). On ne voit pas trop où Miyazaki veut en venir avec son poisson coincé dans son seau en plastique. L'introduction des personnages traînent donc en longueur et les contours de l'intrigue tardent quelque peu à se dessiner.
Mais voilà, le poisson se transforme en petite fille et la magie commence. Et surtout, l'humour ! Car la deuxième partie de Ponyo sur la Falaise est parfois à mourir de rire. Le ressort est simple : la petite fille ne sait rien de l'existence des hommes civilisés, s'étonne et s'émerveille de tout, multiplie gaffes et maladresses. Bref, rien de très original (c'est par exemple le ressort du vrai Dragon Ball... non, non, j'arrête, je vais encore me faire mal...), mais pour le coup, c'est terriblement efficace. Ajouté à ça, les mimiques impayables imaginés par Miyazaki, cela vous donne une petite heure de pur bonheur, même si le cucul reprend quelque peu ses droits sur la fin.
L'animation est bien sûr toujours aussi belle. Loin du trait informatisé du couple Pixar-Dreamworks, Ponyo sur la Falaise possède encore l'aspect visuel des films d'animation d'autrefois. Sans nostalgie aucune, c'est bon de retrouver ce sens artistique plus humain et peut-être un peu moins aseptisé. Les décors fourmillent comme d'habitude de détails colorés et bourrés d'imagination. Certains trouveront ça parfois d'un goût douteux, mais il porte incontestablement la patte Miyazaki. Celle qui a fait son immense succès jusque là. Alors pourquoi changer une équipe qui gagne et que l'on apprécie de retrouver !
Ponyo sur la Falaise n'occupera la même place dans votre DVDthèques que les fantastiques Princesse Mononoke et Porco Rosso. Il pourra se ranger à côté de Mon Vosin Totoro, mais un cran en dessous tout de même ! Cependant, ce film constitue tout de même un petit bijou, un peu de bonheur pur pour tous ceux qui gardent en eux un âme d'enfant.
Quand il n'est pas interviewé pour critiquer le PS ou exhibé par l'UMP pour défendre la loi Hadopi, Bertrand Tavernier fait également des films. Enfin, il y'a longtemps qu'il ne nous en avait pas livré un, puisque cinq ans se sont écoulés depuis Holy Lola. Il nous revient avec Dans la Brume Electrique, un polar tourné aux Etats-Unis (mais produit par de l'argent français), avec Tommy Lee Jones en vedette américaine.
Dave Robichaux, policier au cœur de la Louisiane, où les noms de famille témoignent encore du passé français du territoire, est confronté à ce qui semble être un tueur en série, dont les victimes sont toutes des jeunes femmes atrocement torturées. Très vite, il soupçonne Baby Feet Balboni, le truand mégalo du coin, d'être lié de prêt ou de loin à cette affaire.
Un tueur en série, de la brume, des fantômes confédérés qui parlent, deux stars de cinéma qui roulent en Lamborghini, un truand dont la tête est en fait encore plus grosse que son ventre... Dans la Brume Electrique est un mélange de tout cela. Malheureusement, l'art de réussir les sauces reste toujours délicat, surtout quand les ingrédients sont nombreux. Et malgré ses qualités de vieux routard de la cuisine cinématographique, Bertrand Tavernier n'a pas vraiment réussi son plat.
En voulant à tout prix créer une ambiance mystérieuse, aux frontières du fantastique, Bertrand Tavernier en a tout simplement oublié de faire avancer son intrigue. Or dans un polar, c'est quand même quelque chose d'essentiel. Bref, Dans la Brume Electrique plonge le spectateur dans une douce somnolence. Ce n'est pas non plus un ennui profond, mais malgré les effets artistiques, l'encéphalogramme de l'audience reste désespérément plat. Le coupable est trouvé, les fils de l'intrigue se dénouent dans une quasi indifférence générale.
On peut tout de même admettre que Dans la Brume Electrique est beau à regarder. Bertrand Tavernier n'est pas non plus le premier venu, il sait encore manier une caméra avec brio. Le travail de photographie est assez remarquable. Malheureusement, un long métrage ne peut se contenter d'être une longue carte-postale, aussi sympathiques soient les cajuns et le bayou. Enfin, on peut toujours se dire que si, au moins, on a récolté des idées de voyage, on n'aura pas non plus tout perdu.
Tommy Lee Jones reste égal à lui-même, c'est à dire excellent. Malheureusement, son rôle ne lui permet pas de briller plus que ça. A ses côtés, on ne pouvait que se réjouir de voir le beaucoup trop rare John Goodman. On ne pourra malheureusement que constater qu'il est bien meilleur dirigé par les frères Coen que par notre Bertrand national. Dommage ! Espérons qu'il va nous donner l'occasion de le retrouver très bientôt dans de meilleures circonstances.
Dans la Brume Electrique est donc un film pas vraiment raté, pas du tout réussi. Après une si longue absence, on pouvait quand même s'attendre à bien mieux de la part d'un cinéaste de la trempe de Bertrand Tavernier.
18/04/2009 : Haute trahison !

Après Moulin Rouge, voici Chéri, un nouveau film qui vous fera croire que prostitué dans le Paris de la fin du 19ème siècle était presque un sort enviable. Evidememnt, la vérité était tout autre, mais nous sommes au cinéma et le glamour, les costumes à froufrous et la romance sont bien plus important que la véracité historique. Surtout quand Stephen Frears est derrière la caméra, on se dit que l'on va assister à un très bon moment de cinéma. Malheureusement, le résultat n'est pas tout à fait à la hauteur.
Chéri est le surnom d'un jeune dilettante, fils d'une "courtisane" parmi les plus populaires de Paris. A 20 ans à peine, il est déjà blasé des plaisirs des nuits de la capitale et apparaît déprimé. Sa mère fait alors appel à une de ses collègues, Léa de Lonval, qui le connaît depuis qu'il est tout petit. Mais ce qui devait être une simple discussion va devenir une histoire d'amour. Elle va durer 6 ans, jusqu'à ce que la mère de Chéri décide de marier son fils à une jeune fille richement dotée.
Le principal défaut de Chéri provient du fait que le cinéma de Stephen Frears est britannique jusqu'au bout des ongles et ça se ressent. Le problème est que le film est censé nous décrire le Paris de la Belle Epoque. Mais quand les anciennes courtisanes se retrouvent dans la véranda, certes, elles boivent de l'alcool, mais elles ressemblent furieusement à des ladys buvant le thé dans leur propriété du Sussex. Kathy Bates a beau être une immense actrice, mais née dans le Tennessee, elle arrive à crédible en Reine Victoria dans le Tour du Monde en 80 jours, moins en reine des potins parisiens.
De manière générale, Chéri est un film qui ne décolle jamais vraiment. Beaucoup de talents sont rassemblés à l'écran, mais personne n'y croit vraiment. Certes, le résultat se laisse regarder, mais sans réel enthousiasme. La réalisation est élégante, les acteurs sont bons, mais le tout manque d'une véritable âme. Le film est trop lisse, les prises des risque trop inexistantes. Il aurait sûrement gagner à être plus "imparfait", mais du coup plus original et créatif.
Le vrai moment de bonheur de Chéri reste la magnifique performance de l'immense Michelle Pfeiffer. Dans la série "si ma femme est comme elle à son âge, je vais avoir une vieillesse heureuse", elle occupe une place de choix. Je ne garantis pas à 100% l'absence totale de lifting, mais elle assume quand même son âge... et le porte bien ! Mais au-delà de la plastique, elle est la seule à donner une vraie profondeur d'âme à son personnage. Rien que pour ça, ce film pourra éventuellement vous distraire un soir de pluie.
Chéri est donc une petite déception, surtout vu le prestige du réalisateur. C'est propre, pas mauvais, mais il y manque l'étincelle qui fait les vrais bons films.
Quelques fois, on va au cinéma sans trop y croire. On n'a pas lu de mauvaises critiques, mais on n'a pas eu non plus des commentaires délirants d'enthousiasme. La bande-annonce nous a fait envie, sans pour autant nous faire bondir d'impatience. Bref, on n'attend pas grand chose du film, voire on s'attend à être déçu. Cela décrit parfaitement mon état d'esprit avant d'aller voir Monstres contre Aliens. Mais au final, la surprise fut excellente... tout comme l'est le film.
Susan est sur le point de vivre le plus beau jour de sa vie, celui où elle va épouser le présentateur vedette de la télé (très) locale, avec qui elle file le parfaite amour. Mais quelques secondes avant d'entrer dans l'église, elle est percutée par une météorite, riche en une matière aux propriétés étranges... et qui a pour effet de la faire grandir de 20 bons mètres. L'armée intervient alors, l'enlève et la séquestre loin des yeux de tous. Elle fait alors la connaissances d'autres monstres qui sont enfermés loin des yeux du public. Mais lorsque la Terre reçoit la visite d'un étrange et dangereux robot venu de l'espace, le général Pustch décide alors de faire intervenir sa brigade de montres pour repousser la menace.
Nouvelle réalisation des studios Dreamworks, Monstres contre Aliens n'atteint le même degré de bonheur cinématographique qu'un Kung Fu Panda, mais confirme la densité dans la qualité de leurs productions. Ce film ravira un large public. Chacun y trouvera des satisfactions différentes. Admettons-le, ce film s'adresse largement aux enfants. L'esprit cartoon y règne en maître. Mais à l'instar d'un Shrek, les adultes sauront voir au-delà de l'humour parfois très premier degré. En plus des amateurs d'animation de qualité, les fans de la science-fiction des années 50 et 60 y verront bien de savoureuses références, entre hommage et parodie.
Ce film confirme une forte tendance des films d'animation actuels à revenir vers l'esprit cartoon originel. Si un Wall-e est un pur chef d'œuvre de poésie, doté d'une certaine maturité, on retrouve avec bonheur les joies de notre enfance devant un bon Tom et Jerry ou un Bip-bip et le Coyotte. Monstres et Aliens se situe largement dans cette lignée. Certes, il y'a un scénario derrière tout ça, mais on ne peut pas dire que ce dernier casse des briques non plus. Il n'est qu'un support aux délires visuels et au gags qui s'enchaînent avec rythme et énergie, qualités indispensables à ce genre de film. Bref, cela ne fait pas mal à la tête, mais on rigole un bon coup !
A mon sens, ce qui fait le petit truc en plus des films Dreamworks, c'est leurs personnages toujours très réussis et originaux. Bien sûr, on ne présente plus Shrek, qui a fait aimer les ogres à la terre entière, ni son compagnon le Chat Potté, qui a conduit des millions de garçons à s'entraîner à faire le même regard avant de demander à une fille de coucher avec lui (pour un résultat décevant la plupart du temps !). Monstres contre Aliens n'atteint pas les mêmes sommets, mais se débrouille néanmoins pas mal du tout. L'héroïne principale apparaît au début comme une plouc américaine de base et on assiste avec joie à sa transformation en super-héroïne de choc ! Ses compagnons sont aussi monstrueux que sympathiques. J'ai une tendresse particulière pour le blob qui tombe amoureux d'un morceau de jelly ! Enfin, la palme du second rôle le plus savoureux revient au Président des Etats-Unis, qui passe ici pour un profond crétin. Le scénario a été écrit du temps de W., non d'Obama à n'en pas douter !
Monstres contre Aliens est donc un savoureux divertissement qui ravira petits et grands, et surtout les grands qui ont oublié qu'ils ne sont plus petits !
Certains vont peut-être me faire d'emblée la même réflexion que certains de mes amis : "Mais qu'est ce que tu as été voir cette merde ?!" Surtout que la bande-annonce laissait bien présager le pire. Que voulez-vous, je suis un éternel optimiste et j'ai espéré qu'il y'ait dans Dragonball Evolution quelques moments, même fugaces, qui nous renverraient à l'immense bonheur que l'on éprouvait à retrouver Dragonball, le seul, l'unique, sur nos petits écrans, il y'a maintenant vingt ans... Malheureusement, ce film est tellement mauvais, tellement loin de l'esprit originel, qu'il ne peut inspirer que dégoût et colère !
Le manga original méritait tellement mieux ! Les auteurs de ce film n'ont pas une seule seconde su apprécier ce qui faisait de ce dessin-animé un spectacle décalé, à l'humour très politiquement incorrect et second degré, plus proche de celui des Nuls que de celui de Felix le Chat. Les personnages du film sont à des années-lumières de ce qu'ils sont dans le manga. Vous ne verrez pas ici Sangoku, incapable de différencier une fille d'un garçon, mettre des mains au panier à tout le monde. Vous ne verrez pas Tortue Géniale saigner abondamment du nez comme à chaque fois qu'il voit une femme nue, aspergeant ainsi l'homme invisible et lui faisant perde son avantage sur son adversaire. Vous ne verrez pas Bulma utiliser un bonbon qui donne la chiasse à la simple prononciation d'une formule magique pour empêcher un de ses compagnons de lui fausser compagnie. Vous ne verrez pas Oolong, ayant l'aspect d'un cochon qui parle d'environ 1m de haut, passer la moitié de l'histoire avec une petite culotte sur la tête... Non, vous ne verrez que le film le plus mauvais que je n'ai jamais eu l'occasion de voir au cinéma.
Mais la pire des trahisons, au delà de l'absence quasi totale de cet humour nichon-pipi-caca à mourir de rire que l'on aimait tant, est que Sangoku n'a pas de queue. Cela peut paraître presque anodin, mais cela efface l'essence même de Dragonball. En effet, l'histoire s'inspire largement de la Légende du Roi Singe, un conte traditionnel chinois écrit au 16ème siècle. La parenté avec entre le film et le conte est inexistante, balayant d'un revers de main l'âme du manga de Toriyama...
Ce dernier, parlons-en justement. Rarement dans l'histoire, une idole ne fut arraché de son piédestal pour être aussi violemment jeté dans la boue. Les réactions sur les sites de fans vont parfois loin dans le vocabulaire fleuri. La notion de prostitution artistique restant le vocable le plus élogieux... Sérieusement, comment quelqu'un, à priori à l'abris du besoin, peut-il vendre son âme de cette façon ? Car l'inventeur de Sangoku et de ses compagnons ne s'est pas contenté de vendre ses droits, il a même coproduit le film ! Enfin le film... Dragonball Evolution mérite-t-il vraiment ce vocable ?
Le seul mérite de ce machin réside sans doute dans le fait de pouvoir faire passer un épisode d'X-Or pour du Kubrick ! Le mots sont difficiles à trouver pour décrire la niveau de médiocrité qu'atteint Dragonball Evolution. On peut même affirmer que le Plan 9 From Outer Space d'Ed Wood, élu plus mauvais film de l'histoire du 7ème art, tient son successeur. Mais si Ed Wood avait l'excuse d'un manque absolu de moyen, les auteurs de cette merde n'en n'ont aucune. On reste bouche bée devant tant une telle nullité, que même un film de vacances réalisé entre copain ne pourrait atteindre.
Bon allez, trouvons la petite lueur de positivité. Elle dure 10 secondes dans le film, au moment où Chow Yun-Fat fait du tai-chi et où se dit "wouah, il assure !". Et voilà... C'est fini pour le positif...
Pour montrer à quel point tout dans de film, des acteurs, du scénario, en passant par les décors et la mise en scène, est du n'importe quoi, teinté de je-m-en-foutisme, est que les responsables de ce scandale ne se sont même pas donnés la peine de donner à Dragonball Evolution une longueur de long métrage. En effet, si on fait abstraction du générique de fin, il ne dure même pas 90 minutes. Vous me direz, au moins, cela abrège les souffrances du spectateur, mais cela prouve surtout que personne n'était là pour faire du cinéma, mais simplement du fric sur le dos des fans. Jamais un film d'une telle nullité n'aurait été distribué sur grand écran s'il n'avait porté un titre aussi prestigieux. Ce n'est pas la première fois qu'une adaptation ressemble à une pompe à pognon, mais jamais, vraiment jamais, une oeuvre n'avait atteint un tel niveau dans le foutage de gueule. On pourrait employer le mot pathétique, mais la notion de pitié ne traverse même pas l'esprit du spectateur. Producteurs et réalisateur n'en méritent aucune que notre profond mépris et notre haine éternelle.
Et le pire dans tout ça, c'est que la fin de Dragonball Evolution est quasiment la bande-annonce du prochain volet... Il y'a des pendaisons qui se perdent !
12/04/2009 : Face à faces en tout genre

S'il y'a bien un genre cinématographique où le cinéma hollywoodien excelle, et est le seul à exceller, c'est le film de procès. Alors là évidemment, j'entends déjà les protestations qui montent. Frost/Nixon, l'Heure de Vérité n'est techniquement pas un film de procès. Beaucoup le classeront dans les films politiques. Pour mettre tout le monde d'accord, on va dire qu'il tient un peu des deux. Et tout le monde s'accordera à dire qu'il figure également dans la catégorie des très bons films.
David Frost est un animateur de talk show à succès, à la fois en Angleterre et en Australie. Mais il rêve surtout de connaître enfin le succès aux Etats-Unis. Pour cela, il a besoin d'un grand coup. Naît alors l'idée un peu folle d'interviewer Richard Nixon, président démissionnaire suite l'affaire du Watergate, pour laquelle il n'a jamais reconnu sa culpabilité, ni présenté d'excuses. Ce dernier accepte la proposition, moyennant un gros chèque, persuadé de ne faire qu'une bouchée de ce présentateur de variétés. D'ailleurs, personne ne prend David Frost au sérieux et personne ne veut financer son projet.
La tension narrative de Frost/Nixon, l'Heure de Vérité tient en une question : David Frost saura-t-il faire craquer ce vieux roublard de Richard Nixon malgré son inexpérience en tant que journaliste politique ? On retrouve là beaucoup d'éléments nous rappelant les films où un jeune avocat essaye de faire craquer un criminel notoire qui se croit intouchable. Certes, cette fois, l'action ne se déroule pas dans un tribunal, mais dans un studio. Cependant, les ficelles sont les mêmes. Et sont ici fort bien tirées.
Même si le sujet est un peu le même, on est loin des Hommes du Président. Frost/Nixon, l'Heure de Vérité traite bien plus du face à face entre le journaliste et l'ancien Président, que de l'affaire du Watergate en elle-même. Cette dernière n'est qu'un prétexte à ce duel et au suspense qu'il porte. L'accent est mis largement plus sur les personnages que sur les faits. Des protagonistes à première vue si différents, mais qui portent bien plus de points communs que l'on aurait pu le penser à première vue.
Le duo d'acteurs Michael Sheen - Frank Langela fonctionnent à merveille. Ils sont parfaitement entrés dans la peau de leurs personnages respectifs, sans pour autant nous livrer des numéros de mimétisme, pourtant si à la mode dans le cinéma actuel. Pas besoin d'en faire des tonnes pour interpréter un personnage historique, beaucoup de talent suffit souvent. Et du talent, les deux acteurs en ont à revendre, insufflant l'énergie nécessaire pour que ce face à face psychologique génère une vraie tension narrative, éloignant ainsi le spectre de l'ennui qui guette parfois dans ce genre de film.
Ron Howard signe là son meilleur film depuis longtemps. Il retrouve surtout un souffle et une énergie dans la réalisation qu'on ne lui avait pas connu depuis... Bon, je dirais bien Backdraft, mais les fans de Apollo 13 et Un Homme d'Exception m'en voudraient. Bref, on est content de revoir l'ancien Richie de Happy Days au sommet. Frost/Nixon, l'Heure de Vérité est un film nerveux et dense, avec un vrai travail de mise en scène qui met parfaitement en valeur le talent des acteurs. Pas d'esbroufe, pas d'effets de caméra façon clip vidéo, mais de la tension et de la nervosité parfaitement retranscrites à l'écran.
Frost/Nixon, l'Heure de Vérité représente l'archétype de ce que le cinéma hollywoodien nous offre de mieux. Même s'il ne révolutionnera pas l'histoire du 7ème art, il rassemble à la fois un sujet de grand intérêt, une interprétation de qualité et une réalisation efficace. Un divertissement intelligent !
Nicolas Cage est personnellement un de mes acteurs préférés. Cependant, il faut bien admettre qu'il alterne le bon et le moins bon. L'avantage, c'est qu'on peut se rendre compte facilement s'il s'agit d'un navet ou non en observant sa coupe de cheveux. S'il arbore une coupe improbable, comme dans Ghost Rider ou Bangkok Dangerous, il vaut mieux se méfier ! Alors, quand j'ai vu que Nicolas Cage était coiffé normalement dans Prédictions, j'y suis allé confiant. Malheureusement, avouons-le, le résultat n'est pas terrible.
Il y'a 50 ans, des élèves d'une petite ville des Etat-Unis dessinent leur vision du futur. Ces dessins sont enfermés dans une capsule scellées qui ne sera déterrée que cinq décennies plus tard. Chaque élève d'aujourd'hui se voit confier un de ces dessins. Mais le jeune Caleb n'hérite lui que d'une longue série de chiffres sans signification apparente... jusqu'à ce que son père découvre qu'il s'agit en fait de la prédiction de toutes les catastrophes majeures qui se sont déroulées entre temps. Il n'en reste plus que trois sur la liste qui doivent survenir dans les jours qui viennent. Pourra-t-il les empêcher ?
Prédictions alterne le bon, le moins bon et le franchement risible. Le moment le plus révélateur est la fin, qui est à la fois originale pour un film hollywoodien, tout en comportant des éléments de cucuterie et de bons sentiments typique de ce cinéma, avant de s'achever par un plan qui frise le ridicule. En fait, pendant tout le film, on l'impression que les auteurs ont eu envie de transgresser un certain nombre de codes cinématographiques et moraux, sans jamais l'assumer vraiment. Ils compensent chaque moment faisant preuve d'un début de hardiesse par un moment de lourdeur absolue. Malheureusement, l'un ne compense pas l'autre, les bonnes idées étant tout simplement gâchées par le refus d'aller jusqu'au bout de celles-ci.
A côté de ça, rien n'est artistiquement remarquable dans Prédictions. Nicolas Cage nous offre le minimum syndical et semble y croire aussi peu que les spectateurs. Le reste de la distribution ne relève guère le niveau, la fade Rose Byrne en tête. Seuls les enfants tirent leur épingle du jeu, trop jeunes et innocents sans doute pour s'apercevoir qu'il joue dans un gentil navet. La réalisation tente bien de faire preuve d'un peu de sens esthétique. Mais là encore, les tentatives sont timides et ne cassent pas trois pattes à un canard. Les esthètes apprécieront éventuellement des cailloux qui se se soulèvent du sol avant de retomber... Oui, je sais, dit comme ça, ça ne fait guère envie, mais le spectateur n'a guère plus à se mettre sous la dent.
Après, reste quand même, une question fondamentale : me suis-je ennuyé devant Prédictions ? Et là, malgré tous les défauts objectifs que peut comporter ce film, la réponse est clairement "non". J'ai même passé un bon moment. Si le scénario n'est pas terrible, on a quand même envie de savoir comment tout ça finit. L'intérêt du spectateur est maintenu tout au long du film, même s'il est parfois limite consterné parce qu'il voit. Bref, il s'agit là d'un gentil navet qui peut se laisser regarder à l'occasion.
Pour soir de pluie uniquement donc !
Dans la série "s'ils font des petits, gardez m'en un ou deux", je vous présente le couple Clive Owen - Julia Roberts. Ce deux-là sont à l'affiche de Duplicity, un film à la facture très classique, mais particulièrement savoureuse. Et je ne dis pas ça simplement pour la plastique et le charme naturel de ces deux superstars. Non, ce film recèle bien des qualités.
Lui est agent britannique du MI6, elle agent du FBI. Ils se rencontrent à Dubaï, où elle le séduit pour mieux le droguer et lui voler des documents confidentiels. Leur histoire semble donc partie sur de bien mauvaises bases, mais quand ils se revoient quelques années plus tard, ils finissent par tomber amoureux. Naît alors dans leur esprit un projet qui doit les mettre à l'abris du besoin pour le restant de leur jour. Ils se font embaucher dans deux entreprises rivales dans le secteur des cosmétiques qui se livrent une guerre sans merci. Quand l'une des deux semble avoir mis au point un produit révolutionnaire, les deux compères y voient enfin une occasion de doubler tout le monde. Mais peuvent-ils vraiment se faire confiance ?
Duplicity se situe dans la droite lignée d'un nombre très important de films de braquage ou d'arnaque. Nos deux héros ont un objectif qui semble inaccessible, nos deux héros élaborent un plan dont le spectateur ne connaît évidemment qu'une partie, pour au final... Je m'arrête évidemment là car comme dans tout film de ce genre qui se respecte, le spectateur aura le droit à un renversement de situation inattendue pour clôturer le tout. Quelque part, tout le reste n'est qu'une longue introduction à cette surprise finale que l'on sait survenir, mais dont on est incapable d'anticiper la teneur. La réussite d'un film comme celui-ci repose presque exclusivement (j'exagère un tantinet !) sur ce rebond à contre-sens... et dans le cas qui nous intéresse, il est réellement de tout premier ordre. Celui qui dira qu'il a tout deviné à l'avance, mens !
Bon, rassurez-vous, on prend plaisir à regarder le reste de Duplicity, même si on se doute bien qu'on est, au moins en partie, mené en bateau. Le mérite en revient en grande partie au petit numéro de cabotinage savoureux auquel se livrent Clive Owen et Julia Roberts, que l'on avait pas vu à l'écran depuis un petit moment. Ils s'amusent dans ce numéro de couple d'espions, qui ne sait jamais bien quand l'autre ment et quand il est sincère. Ils se cherchent, se provoquent, pour notre plus grand bonheur, car la mayonnaise prend à merveille. Mais la qualité du casting ne se résume pas à ces deux-là, car l'autre couple du film, celui des deux chefs d'entreprises rivaux, est lui aussi particulièrement réussi. D'un côté, le nerveux et ambitieux, interprété par Paul Giamatti. De l'autre, le faussement débonnaire, interprété par Tom Wilkinson. Ces deux-là sont parmi les meilleurs seconds rôles d'Hollywood, ce qu'ils nous prouvent une nouvelle fois ici.
Un mot enfin sur la réalisation de Tony Gilroy, qui signe là son deuxième film, après le remarquable Michael Clayton. Il confirme là un sens réel de l'esthétique et de l'élégance. Il y apporte aussi une touche d'originalité, avec par exemple des images multiples à l'écran. Certes, on a déjà vu ça souvent, dans Ocean's eleven par exemple, mais ça change des traditionnels fondus au noir pour assurer les transitions entre les scènes.
Duplicity est un divertissement réussi et classieux. Pas tout à fait un chef d'œuvre, mais un film qu'on a beaucoup de plaisir à voir, et même à revoir.
29/03/2009 : Quand Olive et Tom faisaient la guerre...

L'Histoire des Trois Royaumes est un des romans les plus lus en Asie. Il ne date pourtant pas d'hier puisqu'il a été écrit au XIIIème siècle par un certain Luo Guanzhong, qui est un peu le Homère chinois. Du coup, son adaptation à l'écran était très attendue, un peu comme celle du Seigneur des Anneaux en Occident. L'attente était d'autant plus grande lorsque l'on a su que c'était John Woo qui s'attaquait au projet. De retour pour filmer en Asie pour la première fois depuis près de 15 ans, il signe ici le film chinois le plus cher de l'histoire. Mais Les Trois Royaumes n'est pas le moins réussi.
En 208, la Chine est dirigé d'une main de fer par son Premier Ministre, Cao Cao, qui a fait couler beaucoup de sang pour cela. Mais au sud de l'Empire, deux Royaumes résistent encore et sont prêts à s'allier contre le tyran. Ce dernier n'a alors pas de mal à convaincre l'Empereur, désormais dénué de toute autorité réelle, de l'autoriser à emmener son immense armée mater la rébellion.
Pour ceux qui sont allergiques au cinéma asiatique et son rythme de narration bien plus lent que les habitudes occidentales, ils peuvent être rassurés. La version des Trois Royaumes qui sort sur nos écrans est une version de 2h25 (tout de même diront certains), considérablement plus courte que celle sortie en Asie, sous forme de deux films pour un durée totale de 4h40. Pourtant, le film n'échappe pas totalement à ses origines et la première partie du film sera jugée par beaucoup bavarde et lente. On est loin d'In The Mood for Love, mais tout de même.
Par contre, la seconde partie, celle qui relate la célèbre bataille de la Falaise Rouge, ravira les amateurs de batailles épiques et spectaculaires. La réalisation y a mis les moyens et rivalise avec les plus grosses productions hollywoodiennes. Pas moins de 1000 soldats professionnels ont été embauchés pour faire de la figuration dans les Trois Royaumes. Evidemment, les moyens techniques permettent de donner une ampleur aux batailles bien plus importantes, puisque l'armée de Cao Cao est sensée comporter 800 000 hommes.
Mais la principale originalité des Trois Royaumes n'est pas ses scènes grandioses, même si elles sont d'une ampleur exceptionnelle pour un film tourné en dehors d'Hollywood. L'intérêt principal de l'intrigue est dans la partie d'échec que se livre les deux camps, qui rivalisent de ruse et d'imagination pour prendre l'avantage sur son adversaire. Des stratagèmes audacieux, des pièges surprenants, des tactiques inattendues sont imaginés tout au long du film. Ceci donne une touche d'intelligence et des subtilité à ce film, qui est donc un peu plus qu'un simple film de guerre.
Un élément typiquement asiatique est aussi le comportement des combattants "vedettes" au cœur des batailles. Certains de leurs gestes n'ont rien à envie au saut depuis la barre transversale dans "Olive et Tom". Cela est parfois un peu déstabilisent car le film est d'un grand sérieux et d'un grand réalisme par ailleurs. Les Trois Royaumes ne va pas aussi loin dans ce domaine que Tigre et Dragon, mais la parallèle se fait tout de même naturellement. Mais ceci a aussi le mérite d'apporter un peu d'humour et de légèreté dans un film qui serait un peu pompeux sans cela. Et puis, le cinéma asiatique n'a pas à se renier pour épouser tous les standards occidentaux, sinon où est son intérêt ?
Les Trois Royaumes sont donc une hyper production plutôt réussie. On sent bien que le film hésite un peu entre épouser totalement les standards européo-américains et conserver son caractère totalement asiatique. Les vrais fans de ce cinéma attendront avec impatience de se procurer la version originale de 4h40. Les autres savoureront avec plaisir ce qui constitue un excellent divertissement particulièrement spectaculaire.
Le cinéma coréen nous livre chaque année un ou deux excellents films, qui sortent généralement sans tambour, ni trompette, mais qui ravissent les cinéphiles. Surtout qu'il s'agit de films intenses et nerveux, loin du style chinois ou japonais. Et un domaine, où il excelle particulièrement, est celui des films noirs. En 2003, nous avions eu droit à l'excellent Sympathy for Mr Vengeance. Cette année, nous pourrons voir le remarquable The Chaser.
Joong-Ho, ancien filc et proxénète pas méchant (mais proxénète quand même) met la main presque par hasard sur Young-Min, qu'il soupçonne être responsable de la disparition de trois de ses prostituées. Commence alors une course contre la montre pour tenter de sauver Mi-Jin, sa dernière victime en date qu'il croit encore vivante. Mais la police est engluée dans ses procédures et ses mauvaises intuitions. Joong-Ho va donc devoir prendre lui-même les choses en main.
The Chaser n'est pas un film à mettre devant tous les yeux. C'est un film brutal dont la fin secouera plus d'un spectateur. Un film noir, très noir, qui montre l'impuissance et l'incrédulité face à la violence gratuite et sans motif. Les images sont crues, l'hémoglobine coule quand elle doit couler, même si la caméra ne s'y attarde pas. Ce n'est pas un film d'horreur, mais un polar qui prend aux tripes. On tremble jusqu'au dénouement, exaspéré de voir tous les éléments d'une fin rapide rassemblée, sans qu'ils n'arrivent à se mettre en place pour libérer l'innocente victime.
Mais à côté de ça, chose surprenante, sauf pour ceux qui connaissent bien le cinéma coréen, The Chaser nous livre des éléments de burlesque que l'on verrait bien plus dans une comédie de troisième zone que dans un polar aussi ténébreux. Les policiers sombrent souvent dans le ridicule et le grotesque. Il n'y a pas d'échange de tartes à la crème, mais parfois, on se demande si ce n'est pas la prochaine étape. Cela est parfois déconcertant, mais au final, il ne s'agit que de courts moments rapportés à la longueur du film. Et tout cela s'estompe dans la deuxième partie du film, lorsque la tension est à son comble.
On ne pourra que saluer les formidables performances de l'ensemble du casting de The Chaser. Une mention spéciale pour les deux acteurs principaux, Kim Yoon-Seok et Ha Jeong-Woo. Le duel que se livrent leurs personnages prend toute sa force grâce à leur talent dramatique. On aurait envie de comparer à De Niro et Pacino dans Heat. Si la comparaison peut paraître flatteuse, elle est surtout révélatrice de la qualité de ce film et des acteurs qui y jouent.
La réalisation de Hong-Jin Na est elle aussi impeccable. Certains pourront lui reprocher d'abuser des effets dus à la pluie qui tombe, tout le monde n'étant pas Riddley Scott dans Blade Runner qui veut. Mais tout de même, créer une réelle tension à l'écran n'est jamais chose facile. La faire grandir et la maintenir à son comble pendant une bonne heure encore moins. Certes, il est fortement aidé par les formidables acteurs et le très bon scénario, mais on ne peut pas nier qu'il y a lui aussi largement contribué.
The Chaser est certainement le film le plus sombre vu au cinéma depuis Les Promesses de l'Ombre de Cronenberg. Sans atteindre les mêmes sommets, il ne dépareille pas dans cet excellent début d'année cinématographique. Il est donc à voir absolument par tous les amateurs de vrais et bons films noirs.
15/03/2009 : Cinéma militant

Après le magnifique The Visitor, sorti sur nos écrans fin 2008, le sujet de l'immigration clandestine revient sur le devant de la scène cinématographique avec Welcome, le nouveau film de Philippe Lioret. Un tel sujet se prête naturellement à susciter chez le spectateur l'émotion, l'empathie mais aussi la colère (saine colère, car il y'a des colères qui sont saines !). Le film français y arrive relativement bien, mais moins que ce qu'avait réussi son homologue américain.
Simon, maître-nageur en plein divorce, voit arriver dans sa piscine, à Calais, une jeune kurde de 17ans prêt à tout pour rejoindre celle qu'il aime à Londres. Prêt à tout, même à traverser la Manche à la nage. Simon essaye tout d'abord de le décourager, mais devant l'entêtement du jeune homme, va prendre de dernier sous son aile. Motivation sincère ou simple volonté d'impressionner sa future-ex femme qui milite activement pour le respect des droits des émigrés ?
Welcome traite d'un sujet brûlant et sensible de manière directe. Un peu trop simpliste diront certains. On retrouve tous les ingrédients que l'on pouvait attendre : les flics hargneux, le juge insensible, les gentils militants humanitaires, le vigile borné, les passeurs cupides, le voisin de palier raciste et mesquin... Bref, tout y est blanc ou noir. En particulier, le jeune Bilal, prêt à tout par amour, sauf à être malhonnête. Un personnage particulièrement fleur bleue dans un univers impitoyable. Ce personnage aurait gagné en épaisseur à être plus ambiguë... comme le serait toute personne poussée si loin par un tel désespoir.
Par contre, la relation qu'il noue avec Simon se veut extrêmement réaliste... sans doute trop. La magie de The Visitor résidait dans cette relation d'amitié profonde et sincère, même si hautement improbable, qui se nouait entre un professeur d'université et un immigré clandestin. Ici, si les deux personnages se lient d'affection, jamais la barrière culturelle ne se brise. Ils restent deux étrangers l'un pour l'autre, chacun voyant dans l'autre une aide pour retrouver celle qu'il aime. C'est un choix certes plus proche de ce que pourrait être une telle relation dans la vraie vie vraie, mais du coup, Welcome manque d'un souffle d'humanisme et d'optimisme, même ténu, qui aurait permis de dépasser un peu le mélodrame.
Mais ne vous y trompez pas, Welcome bouleversera nombre d'entre vous. Philippe Lioret a fait preuve d'une grande maîtrise aussi bien au niveau du scénario qui jamais ne s'essouffle, que de la mise en scène, avec une mention spéciale pour la photographie. Filmer la grisaille du Nord aurait pu donner des images ternes et sans relief, il n'en est rien. Ce film est doté d'un vrai scénario, et si j'en ai souligné quelques faiblesses, je me dois d'insister également sur ses points forts. Le film n'est pas une seule seconde ennuyeux. Pas de descriptions contemplatives et larmoyantes, mais une intrigue qui avance continuellement jusqu'à un dénouement qui, s'il ne surprend pas outre mesure, a le mérite d'être un parmi d'autres qu'on aurait pu imaginer et donc de ménager un vrai suspense. Et si le film fait appel (avec succès) à des émotions quelque peu basiques, il nous rappelle l'existence d'une réalité sur laquelle nous sommes tentés chaque jour de fermer les yeux. Et ça, c'est extrêmement salutaire, surtout par les temps (et les gouvernement) qui courrent.
Welcome est donc un film réussi, bouleversant et qui cherche à combattre le pire des fléaux qu'est l'indifférence. Il atteint largement son but, même si la nuance et le réalisme n'ont pas forcément été utilisés de la meilleure manière qui soit.
Un drame, des adolescents, des grands espaces... tout cela constitue les parfaits ingrédients pour un très beau film ou alors un moment de profond ennui. Heureusement pour moi, Loin de la Terre Brûlée rentre plutôt dans la première catégorie, même s'il reste bien imparfait. Et puis quel plaisir de voir l'immense Kim Basinger, qui se fait de plus en plus rare à l'écran.
Le film s'ouvre sur une caravane qui brûle, dans lequel un couple adultère a péri. Autre lieu, autre époque. Sylvia, une jeune femme à la vie sexuelle dissolue, semble en fuite permanente. De loin, un homme l'observe mais n'ose encore lui parler. Loin de là, une petite fille voit l'avion de son père se crasher et l'envoyer à l'hôpital. Tous ces évènements semblent sans lien. A première vue...
Loin de la Terre Brûlée est un film construit comme un puzzle. Bon avouons-le, on devine assez rapidement comment les pièces vont finir par s'assembler. Cependant, ce procédé maintient tout de même l'intérêt du spectateur du début à la fin du film. On aurait juste préféré que les effets de surprise soient un peu mieux ménagés. Guillermo Arriaga a voulu soigner la forme et le fond du scénario. L'intention est louable, donne une vraie personnalité au film, même si la réussite est inégale.
C'est dans l'émotion véhiculée que Loin de la Terre Brûlée séduit. Trois histoires à la fois tendres et dramatiques qui fusionnent peu à peu en une seule. On s'attache profondément aux personnages et on est porté par l'envie de mieux les connaître et surtout mieux comprendre ce qui les lie et les motive. Rien de larmoyant, malgré la gravité des évènements, mais une grande humanité, parcourue même d'un brin d'optimisme. On saluera notamment une fin remarquable, avec un dernier plan parfaitement choisi qui nous permet d'échapper à la fois au happy end, qui aurait juré avec le ton du film, mais aussi à un pessimisme qui n'aurait rien apporté.
La réalisation de Guillermo Arriaga est dans le pur style de l'école mexicaine. Ce dernier a longtemps été le scénariste et le producteur de Alejandro Gonzalez Inarritu (21 grammes, Babel) et la parenté est évidente. Que les amateurs des réalisations façon clip vidéo passent donc leur chemin. Ici, la caméra prend le temps de montrer les choses, y compris les superbes paysages dans lesquels se déroule Loin de la Terre Brûlée. La photographie étant sublime, le film est un régal pour les yeux. De plus, Arriaga ne tombe jamais vraiment dans le purement contemplatif dans lequel se complet parfois son ancien compère. Le film est donc loin de se dérouler sur un rythme échevelé, sans pour autant plonger le spectateur dans l'ennui.
Loin de la Terre Brûlée met en scène deux superbes actrices. Kim Basinger d'une part, dont le visage porte le poids de son âge (à l'inverse d'une Sharon Stone par exemple) mais donc la grâce est intacte. Elle éclabousse le film de sa classe, prouvant une nouvelle fois qu'elle était une bien plus grande actrice que son statut d'icône blonde a longtemps laissé croire. D'autre part, Charlize Theron prouve une nouvelle fois qu'elle ne rechigne pas à accepter des rôles difficiles. Cependant, je reste toujours circonspect devant le résultat. Il serait injuste de vraiment critiquer sa performance, mais il lui manque ce je en sais pas quoi d'indéfinissable qui fait les immenses actrices. Mais, on pourra aisément la qualifier de grande actrice, et ce film en est une nouvelle preuve.
Loin de la Terre Brûlée séduira les amateurs de films envoûtants. Ce film ne frappe pas comme un soleil brûlant, mais nous offre un moment de classe et d'élégance cinématographique.
En allant voir Harvey Milk, tout cinéphile qui se respecte a cette question existentielle en tête : Sean Penn méritait-il vraiment de priver Mickey Rourke d'un Oscar qui lui semblait promis ? La réponse est... Patience, patience, je ne vais quand même pas dévoiler la réponse dès le début de ma critique, sinon personne ne prendra le temps de la lire en entier ! Et puis, Harvey Milk constitue une réussite assez flagrante pour avoir beaucoup d'autres choses à dire.
Harvey Milk fut le premier homosexuel déclaré à occuper une fonction élective importante, à savoir superviseur (l'équivalent d'un adjoint au maire) de la ville de San Francisco. Ce film relate son histoire depuis son départ de New York à l'âge de 40 ans jusqu'à son assassinat moins de dix ans plus tard, le 27 novembre 1978. Le film nous relate donc son parcours de militant des droits civiques gays, puis d'homme politique.
La mode est au biopic. On peut même parler de déferlante. Si Harvey Milk n'est pas le plus intéressant d'un point de vue purement cinématographique, il se détache par son intérêt historique pour un jeune Européen comme moi. J'avoue, avant ce film, je n'avais jamais entendu parlé de cet homme et j'ignorais tout de son histoire. Je suis vraiment heureux d'être sorti de ce film un peu moins ignorant. Les évènements sont relatés avec une grande clarté, nous faisant partager aussi bien la vie personnelle des protagonistes, que leur combat et le contexte politique de l'époque.
Gus Van Sant est un réalisateur qui laisse rarement indifférent. Personnellement, j'ai détesté certains de ses films, Elephant en tête, Paranoïd Park juste derrière. Mais j'ai su aussi apprécier son incontestable talent dans Prête à tout, Will Hunting, Pschyco ou A la rencontre de Forrester. Bref, je l'apprécie quand il tourne de vrais films, pas quand il tourne des gens au ralenti (c'est une opinion personnelle qui n'engage que moi). Heureusement avec Harvey Milk, Gus Van Sant a décidé de renouer avec le cinéma. Cependant, il nous livre un film d'un classicisme absolu, à tel point qu'on en viendrait presque à regretter certains de ses excès dans "l'art pour l'art". On sent bien la maîtrise technique et l'élégance de la caméra, mais il n'y a dans ce film aucune prise de risque ni originalité artistique. Tout est au service de l'histoire. Vu son intérêt, c'est peut-être tant mieux, mais je ne peux m'empêcher d'exprimer une pointe de regret.
Bon allez, mettons fin au suspense et répondons à la question qui vous brûle les lèvres : et Sean Penn alors ? La réponse est... immense évidemment ! On ne pouvait pas s'attendre à autre chose de la part d'un si grand acteur. Son Oscar pour Harvey Milk est donc mérité dans l'absolu, mais... car il y'a un mais ! Les numéros de mimétisme avec un personnage historique sont désormais légion chaque année et ne nous étonnent même plus. Pourtant cela reste visiblement un bon moyen de récolter une statuette, puisque Sean Penn succède à Forest Withaker en Amin Dada dans Le Dernier Roi d'Ecosse et Jamie Foxx en Ray Charles dans Ray. Bref, cela devient un peu obligatoire pour être oscarisable, alors qu'imiter n'est en rien plus noble que composer. C'est pour ça que, si on m'avait demandé mon avis, j'aurais donné la récompense suprême à Mickey Rourke.
Tout cela n'enlève évidemment pas une once de l'immense intérêt d'Harvey Milk. Un film à voir absolument par tous ceux qui veulent encore croire que se battre sert encore à quelque chose !
07/03/2009 : Naissance d'un film culte

Je le répète souvent, mais le cinéma britannique est sûrement le meilleur du monde, faisant la synthèse entre une efficacité toute anglo-saxonne et une profondeur toute européenne. Boy A est un nouvel exemple puisqu'il nous parle d'un sujet grave, sans pour autant sacrifier le rythme ou le travail esthétique.
A sa sortie de prison, à tout juste 24 ans, Jack va s'inventer une nouvelle vie, un nouveau passé, une nouvelle identité avec l'aide de son assistant social. En effet, il fut l'auteur, à la sortie de l'enfance, d'un meurtre affreux qui a déchaîné l'opinion contre lui. Pour beaucoup, il est un monstre que l'on doit éliminer. Alors à l'annonce de sa sortie de prison, nombreux sont ceux qui veulent le retrouver. Mais il a changé, il est devenu un jeune homme un peu timide et d'une grande gentillesse. Il doit vivre avec son secret qui lui pèse de plus en plus, alors qu'il se construit une nouvelle vie. Mais sa sécurité est à ce prix...
Boy A est un film chargé d'émotion. Jack est devenu une personne adorable pour lequel le spectateur ressent la plus grande sympathie. On lui pardonne l'horreur absolue qu'il a pu commettre alors qu'il n'était qu'un enfant. On sait que, comme le lui explique son assistant social, l'adulte et l'enfant sont deux personnes totalement différentes. Sa nouvelle identité n'est pas un mensonge puisqu'il est réellement devenu quelqu'un d'autre. Mais on sait que la société dans laquelle il vit, les amis qu'il s'est fait, la femme qu'il aime ne seront sûrement pas aussi compréhensifs et le poids que cela fait peser sur les épaules crée une réelle tension parfaitement rendue à l'écran tout au long du film..
Boy A est la description d'un quotidien tout ce qui aurait pu être d'ordinaire. Mais Jack doit lutter à chaque instant pour s'accepter et se penser digne de ce quotidien heureux. On souhaite à chaque instant qu'il connaisse enfin la paix et que tout soit oublié. Vous imaginez bien qu'il n'en sera rien, on n'est pas chez Disney ! Boy A n'a rien de spectaculaire, mais il est réellement prenant et le danger que toute la vérité soit révélée et vienne tout gâcher crée un véritable suspense. On n'est pas du tout devant une description contemplative de la souffrance d'un individu. On la partage à travers une intrigue parcourue par une vraie tension narrative.
De plus, Boy A est remarquablement filmé. Même si le style caméra à l'épaule et flou artistique devient presque une norme, ils sont utilisés ici avec talent. Pas de mouvements de caméra brusques donnant la nausée. Cela aurait été totalement déplacé dans ce contexte. Par contre, le travail de photographie est vraiment remarquable, créant une impression d'intimité avec les personnages. Tout cela est fait avec une grande justesse, au service de l'histoire, non dans une pure recherche esthétique.
La distribution de Boy A nous démontre une nouvelle fois la richesse du cinéma anglais à ce niveau-là. Des premiers au seconds rôles, tous les acteurs nous livrent ici des performances remarquables de justesse. Bien sûr, il ne faut pas être allergique aux accents britanniques prononcés. A ce niveau-là, on n'est pas tout à fait dans un film de Ken Loach mais presque.
Le seule reproche que je ferait à Boy A se situe dans sa conclusion et dans le sens global qu'elle donne à l'histoire. Je n'en dirais rien pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui iront voir ce film. Bref, j'aurais bien envie de développer beaucoup plus, mais je ne le ferai qu'avec ceux qui ont déjà été le voir !
Boy A est donc une remarquable réussite sur un thème difficile. Jamais ennuyeux, il nous émeut et nous pousse à réfléchir. Et quelques fois, cela ne fait pas de mal !
Comment reconnaît-on un film culte ? C'est par définition très difficile, puisque ce genre de films se caractérisent par un succès et un attachement démesuré par rapport à leurs qualités objectives. Mais voilà, l'art est subjectif et aucune explication rationnelle ne peut expliquer pourquoi Star Wars a pu devenir la saga la plus culte de l'histoire cinéma, malgré des acteurs très moyens, des scénarios pas particulièrement recherchés et des dialogues parfois involontairement comiques. Bien sûr, ces films possèdent à côté de ça de nombreuses qualités, mais cela n'explique pas pourquoi l'amour que les spectateurs leur portent est infiniment supérieur à celui qu'ils portent à des oeuvres beaucoup plus proches de la perfection. Alors, comment juger ces films ? Sur leurs qualités objectives ou sur l'enthousiasme qu'ils procurent ? Watchmen, les Gardiens nous pose exactement cette question !
Au début des années 80, les Etats-Unis, gouvernés par Nixon qui en est à son quatrième mandat, sont au bord de la guerre nucléaire avec l'URSS. Il y'a quelques années, une loi a interdit les super-héros masqués. Ces derniers sont donc soit repartis dans l'anonymat, soit exercent leurs talents à visage découvert dans des fonctions beaucoup "normales". L'un d'eux, le Comédien, meurt assassiné. Un de ses anciens collègues, Rorschach, pense qu'il s'agit d'un complot contre les anciens super-héros. Il se décide à mener l'enquête et à avertir les autres, qui le reçoivent tous avec incrédulité.
Le synopsis que je viens de vous livrer est loin de refléter la richesse et la complexité de l'intrigue de Watchmen, les Gardiens. Le meurtre du Comédien, proche du fait divers, n'est que la minuscule partie immergée d'évènements d'une toute autre ampleur qui se dévoilent tout au long du film. Ce film dure un peu moins de trois heures, mais ne manque sûrement pas de contenu. On appréciera que les producteurs n'aient pas sacrifié la richesse de l'histoire pour un format un peu plus commercial.
Un film de super-héros avec un scénario riche et complexe ? Voilà qui est étonnant... Mais Watchmen, les Gardiens n'est pas vraiment un films de super-héros. C'est un film avec des super-héros, certes, mais c'est bien plus que ça. D'ailleurs, il est assez difficile de ranger clairement ce film dans une case. Il est issu d'une bande-dessinée qui a longtemps été jugée inadaptable. Il est vrai que c'est une oeuvre qui surprend, mais au vu du résultat, on se dit que les craintes étaient infondées. Il suffisait juste d'oser sortir des chemins balisés du cinéma commercial.
Si je dois vraiment comparer ce film à un autre OVNI cinématographique, je le comparerai à The Rocky Horror Picture Show, dans l'idée de reprendre des éléments issus d'univers cinématographiques différents pour en faire une oeuvre résolument originale. Watchmen, les Gardiens est sûrement moins provocateur, même s'il tente de délivrer un message politique assez fort. Je ne pense pas que les supporters les plus acharnés du parti républicain aient adoré ce film !
Si le contenu est résolument innovant, la forme se contente de nous livrer ce que le cinéma hollywoodien sait faire de mieux. C'est déjà beaucoup me direz-vous. Vous retrouverez donc dans Watchmen, les Gardiens des effets spéciaux superbes, des scènes d'action musclées (même si assez peu nombreuses au final), se terminant par un affrontement final grandiose. Les acteurs sont tous parfaits dans leur rôle, sans qu'aucune tête d'affiche ne soit vraiment marquante. On retiendra tout de même un vrai travail dans la réalisation pour retranscrire l'ambiance sombre, gothique et décadente qui règne sur ce film. Cela ne se hisse pas au niveau d'un Ridley Scott dans Blade Runner ou d'un Tim Burton dans Batman, mais Zack Snyder s'en sort tout de même très bien.
Watchmen, les Gardiens souffrent tout de même de quelques défauts. Etre une oeuvre ésotérique fait à la fois la force et l'originalité de ce film, mais aussi sa faiblesse lorsque cela se traduit par de longs discours quelques peu obscurs, ressemblant parfois à de la sous-philosophie existentielle. Cela ne plombe pas non plus excessivement le film, mais il aurait gagné à abréger ces moments de "profondeur" pour gagner un petit quart d'heure.
Watchmen, les Gardiens séduira donc un public bien au-delà des fans de films de super-héros... Il n'est d'ailleurs pas évident que ces derniers soient ceux qui rentreront le plus aisément dans cet univers très particulier, et à des années lumière du manichéisme simpliste d'un Iron Man. Ce film s'adresse plutôt aux amateurs de films noirs, d'univers ésotériques ou encore d'histoires aux multiples facettes. Rien ne garantit que la magie opérera sur tout le monde, mais vous serez nombreux à être séduits et fascinés.
Même si ces deux films ne sont pas du tout comparables, Les Noces Rebelles sont, par exemple, objectivement et cinématographiquement d'une autre trempe que Watchmen, les Gardiens. Cependant, si je verrai le premier guère plus de deux à trois fois dans ma vie, je verrai avec le même plaisir le second une bonne dizaine de fois sans problème. Je ne sais pas si cela suffit à en faire un chef d'œuvre. Par contre, un film culte sans aucun doute !
01/03/2009 : Dieu est parmi nous... il s'appelle Clint !

Il est des exercices quelque peu lassant ! On doit toujours chercher de nouveaux mots, de nouvelles façons d'exprimer la même idée. Parler du génie de Clint Eastwood rentre totalement dans cette catégorie. Quand, en plus, il nous offre un nouveau film tout juste quatre mois après la sortie du précédent, on ne peut, en tant que critique, que s'écrier "quand c'est trop, c'est trop !" Merde à la fin, nous ne sommes pas non plus des machines à compliments ! Mais bon, que voulez-vous, Gran Torino donne surtout envie de s'écrirer "que c'est bon !".
Walt est un octogénaire qui traîne son aigreur depuis la guerre de Corée, où il a vécu et du commettre les pires horreurs. De plus, il vit dans un quartier où une large majorité de la population est d'origine asiatique. Alors quand il se retrouve veuf, on pense qu'il va s'enfoncer inexorablement dans sa solitude et sa méchanceté. Mais encore plus que les Asiatiques, Walt ne supporte pas l'injustice et va se retrouver mêler au conflit entre ses voisins, qu'il déteste, et un gang local.
Gran Torino surprendra plus d'un spectateur. Non pas parce qu'il est génial, car venant de Clint Eastwood, ça n'a plus rien de surprenant. Non, c'est par le ton du film que l'on est plutôt décontenancé, surtout lorsque l'on a vu maintes fois la bande-annonce. En effet, il s'agit en grande partie d'une comédie et l'ancien interprète de l'inspecteur Harry, après 50 ans de carrière, nous faire rire comme il ne l'avait encore jamais fait. Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Néanmoins, la bande-annonce n'est pas totalement mensongère puisque le ton s'inverse brutalement sur la fin.
Le personnage de Walt est d'une incroyable richesse. A première vue, il prête à rire (un peu jaune) par sa méchanceté bête et méchante, son racisme primaire et son aigreur permanente. Mais on découvre vite que tout cela n'est qu'une façade qui cachent bien des douleurs profondes. Le ressort comique est donc loin d'être épuisé lorsque le personnage évolue vers une autre dimension, beaucoup plus profonde et riche d'émotions, mais tout aussi réussie. Walt, et Gran Torino globalement, inspirent aux spectateurs successivement des sentiments aussi extrêmes que diverses. Le tout avec même et extraordinaire réussite.
Il faut également saluer bien bas la performance de la jeune Ahney Her, révélation de ce film, qui interprète un jeune fille aussi sympathique et espiègle que Walt est méchant et acariâtre. La réussite de ce personnage est absolument décisive dans l'immense réussite qu'est Gran Torino. C'est en effet par elle que l'évolution de Walt s'amorce et si cela n'avait pas été crédible, le scénario s'en serait vu considérablement affaibli. Mais cela fonctionne au contraire à la perfection, comme tout le reste dans ce film.
Je tiens encore à insister sur l'immense richesse de ce film. Le scénario nous offre une histoire si simple, mais si réussie, si inspirante, si drôle, si bouleversante... Gran Torino n'est pas un film, c'est un concentré de cinéma pur, d'émotions à l'état brut. Comme si Clint Eastwood avait décidé de nous offrir d'un coup tout ce que son talent nous avait distillé pendant cinquante ans de carrière. Les neurones du spectateur se retrouvent tous stimulés en même temps. Voir ce film est presque une épreuve physique tant on l'impression d'avoir vu des dizaines de films d'un coup, en un peu moins de deux heures... Et de très bons films !
Evidemment, Gran Torino porte la patte de Clint Eastwood quant à l'élégance de la mise en image. La sobriété de la photographie ne retire en rien son incroyable qualité. Elle ne brille pas inutilement, car l'essentiel n'est pas là. Mais elle est au service des acteurs et du scénario, qui ne s'en retrouvent que magnifiés. Comme si ils en avaient besoin...
Après Slumdog Millionnaire, Les Noces Rebelles, The Wrestler, l'Etrange Histoire de Benjamin Button, Gran Torino vient s'ajouter à ce début d'année cinématographique d'une exceptionnelle qualité. Clint Eastwood est depuis longtemps au panthéon des réalisateurs tant qu'il tournera, il y trônera bien plus haut qu'aucun autre ne peut espérer aller.
Les films de Claude Chabrol, c'est un peu comme les impôts, ça revient immanquablement chaque année. Cependant, si les uns restent d'un niveau désespérément constants, il y'a longtemps que le cinéma de l'homme à la pipe n'est plus tout à fait ce qu'il fût. Les années 90, où il nous livra les excellents La Cérémonie et Merci pour le chocolat, sont loin et il laisse désormais son talent ronronner sur un train de sénateur. Bellamy ressemble donc à bien d'autre films de Chabrol. Pas désagréable à suivre, mais sans grand génie.
L'inspecteur Bellamy est en vacances avec sa femme à Nîmes. Un homme étrange traîne depuis quelques jours autour de sa maison. Ce dernier finit par entre en contact avec lui et lui explique qu'il aurait tué quelqu'un. Au même moment, le frère de l'inspecteur débarque, toujours aussi fauché, toujours aussi alcoolique et toujours aussi paumé.
Bellamy propose donc une double intrigue. D'un côté, une histoire classique de polar avec un meurtre mais dont on ignore la victime, une disparition, une femme, une maîtresse... Bref tous les ingrédients qui vont bien. De l'autre, une histoire plus intimiste sur les rapports entre les deux frères, entre le flic rangé et la petite frappe. Il n'y a pas vraiment de lien entre les deux, même si le dénouement tente de les relier. On a donc quelque peu deux films pour le prix d'un.
Aucune des deux intrigues n'est désagréable à suivre, mais malheureusement, elles ne déchaînent pas non plus l'enthousiasme. On est plus proche de l'épisode de Nestor Burma que d'un thriller haletant. Le cinéma de Chabrol est souvent proche de la série noire littéraire, bref de la littérature de gare. Ce dernier terme n'est pas forcément péjoratif, car il en existe de la très bonne. Cependant, Bellamy est un peu un film de gare... ou plutôt un film de soirée pluvieuse où il n'y a rien d'autre à la télé.
L'intérêt principal de Bellamy vient avant tout de ses personnages et de l'interprétation qu'en font les acteurs. En effet, s'il y'a bien un domaine où Chabrol reste un maître et un modèle pour tous les cinéastes français, c'est bien la direction d'acteurs. Certes, quand on a un Gérard Depardieu dans son casting, tout est plus facile... quoique, c'est typiquement le genre d'acteurs dont il faut savoir canaliser l'immense talent.
C'est d'ailleurs le duo qu'il forme avec le toujours excellent Clovis Cornillac qui sauve Bellamy. Leur numéro de duettiste est particulièrement savoureux. Les deux acteurs sont parfaitement entrés dans leur personnage et l'interprète avec beaucoup de bonheur. Mais ne soyons pas injuste avec Marie Bunel qui s'en sort très bien dans son rôle de femme-belle sœur tentant tant bien que mal de maintenir une unité familiale. Par contre, la déception vient de Jacques Gamblin qui semble un peu perdu dans son rôle d'escroc lunaire. Enfin, les esthètes se régaleront du joli visage de Vahina Giocante, qui ne tient pas là son rôle le plus intéressant, mais qu'on a toujours plaisir à voir à l'écran.
Bref, Bellamy ne marquera pas les esprits. Il plaira aux fans de Chabrol, divertira peut-être les autres, mais sans que personne ne grimpe aux rideaux. A voir donc exclusivement à la télé !
26/02/2009 : Un peu d'âme imprimée sur pellicule

Les films sont parfois un peu plus que des films. Il y'a certes toujours du son et des images qui bougent, mais aussi un peu de quelqu'un. D'un scénariste, d'un réalisateur ou alors d'un acteur. Il ne s'agit pas de la sueur qui a coulé, ni des kilos de fonte qu'il a fallu soulever, ni même simplement d'une autobiographie. Non, il s'agit d'un peu plus que ça, rien de physique, rien de palpable, rien de réellement définissable. Bref, quelque chose qui se rapproche de l'âme. Et dans The Wrestler, Mickey Rourke nous offre un peu de lui-même.
Randy est une ancienne star du catch. Mais sa gloire est vingt ans derrière lui. Aujourd'hui, il traîne son corps usé de matchs minables en cachets à peine suffisants pour lui permettre de payer le loyer de sa caravane. C'est surtout un homme seul, dont les seuls moments de bonheur sont sur le ring, dont la seule relation est celle avec le public. Alors quand son corps le lâche, il tente de renouer avec le monde réel. Mais est-ce vraiment possible ?
Récompensé d'un Lion d'Or à Venise, The Wrestler restera à jamais comme le plus grand rôle de Mickey Rourke. Une performance en apothéose d'une des carrières les plus tumultueuses de l'histoire du cinéma, où la plus grande gloire a laissé place à la plus profonde déchéance. Ayant connu une carrière de boxeur, il a connu les souffrances aussi bien morales que physiques. Bref, le parallèle avec son personnage est évident !
Cela donne une des performances les plus étonnantes de l'histoire. Mickey Rourke a mis dans The Wrestler un bout de lui-même. Il ne s'agit pas là d'un rôle de composition admirable. Il ne s'agit pas d'une interprétation autobiographique où il ne ferait que s'imiter lui-même. Il s'agit d'un acteur qui s'est glissé dans la peau d'un personnage avec un mimétisme quasi absolu. Il ne joue pas Randy, il est Randy. Cette phrase fait un peu lieu commun, mais dans ce film, elle prend tout son sens.
Si on savait déjà que la boxe pouvait être incroyablement cinégénique, on sait désormais que le catch aussi. La caméra de Darren Aronofsky, déjà auteur du sublime Requiem for a Dream, nous offre là de superbes images, donnant à ce spectacle grand-guignolesque quelque chose de grandiose. Mais The Wrestler n'est pas un film sur le catch, mais sur les catcheurs. Des hommes qui se servent de leur corps comme d'un outil de travail, qui mettent en scène leur souffrance loin d'être toujours simulée. Tout cela se prête admirablement bien à être filmé et le travail esthétique est absolument admirable. Mais peut-être un peu vain parfois...
En effet, The Wrestler s'appuie sur un scénario, qui, sans la performance de Mickey Rourke et le talent de Darren Arnofsky, n'aurait peut-être pas soulevé un enthousiasme délirant. L'histoire est intéressante, profonde, bien traitée, mais pas non plus d'une originalité à toute épreuve. Si le milieu du catch n'avait pas encore été exploré par le 7ème art, l'histoire de la déchéance d'une ancienne gloire a été maintes fois traitées. Ce film en restera un des plus remarquables du genre, mais pas pour des raisons liées au scénario.
The Wrestler, à l'instar de la Môme, est un cadeau fait par un acteur aux spectateurs. Un cadeau magnifique et chargée d'émotion qui nous fait oublier toutes les faiblesses du scénario.
Nous faire revivre les décennies à travers la vie d'un homme est un des grands classiques du cinéma hollywoodien, dont l'archétype est Forrest Gump. L'histoire du personnage principal n'est souvent qu'un alibi pour permettre au spectateur de voyager avec plaisir dans le temps. Mais avec l'Etrange Histoire de Bejamin Button, le voyage est quelque peu original... mais tout aussi savoureux.
Benjamin Button est homme unique en son genre. En effet, au fil des jours, il ne vieillit pas, il rajeunit. Né perclus de rhumatismes, chauve et atteint de cataracte, il devient peu à peu un charmant jeune homme. Mais évidemment, cette vie vécue à l'envers ne va pas sans poser problème dans ses relations avec les autres. Notamment avec Daisy, née peu de temps après lui, mais condamnée à ne jamais pouvoir lier sa destinée à la sienne.
L'Etrange Histoire de Benjamin Button a été unanimement salué pour la qualité de ses trucages. Il est d'ailleurs reparti de la cérémonie des Oscars avec uniquement des Oscars techniques, alors que la moisson aurait été bien plus importante s'il n'avait fait face à la concurrence du fantastique Slumdog Millionnaire. Il est vrai que le travail dans ce domaine est en tout point extraordinaire et l'on voit Brad Pitt changer d'âge sans que l'on ne puisse jamais deviner où se situent les trucages. Il ne s'agit pas de Brad Pitt maquillé en vieillard ou en ado, mais bien la sensation que la caméra a voyagé à travers le temps pour filmer l'acteur à ces âges-là. Un bon maquillage est celui qui ne se voit pas. Ceux de ce film sont excellents et ont bien mérité leur Oscar !
Mais, L'Etrange Histoire de Benjamin Button est bien plus qu'une prouesse technique. Il s'agit d'un très beau film, passionnant et original. Il ne se contente pas de titiller la nostalgie du spectateur en déroulant les époques. Il y'a une vraie intrigue derrière tout ça, une intrigue unique en son genre, ce qui est assez rare pour être signalé. Honnêtement, lorsque j'ai entendu parler pour la première fois de ce film et de son synopsis, j'ai vraiment craint que cela tourne au ridicule. Il n'en est rien. Aussi bien dans son aspect histoire d'amour impossible que dans l'évolution du personnage principal, il y'a un vrai suspense, une vraie tension narrative qui maintient l'intérêt du spectateur éveillé bien au delà des effets spéciaux.
Et puis derrière le maquillage, il y'a un couple de magnifiques acteurs. L'Etrange Histoire de Benjamin Button rassemble à l'écran Brad Pitt et Cate Blanchett, dont j'aimerais bien, s'ils étaient amenés à se reproduire, qu'ils me gardent un petit ! Ce ne sont pas les acteurs les plus expressifs d'Hollywood, mais au delà de leur physique et de leur grâce naturelle, se cachent quand même un immense talent. Brad Pitt tient d'ailleurs là un de ses rôles les plus intéressants. Il s'est réellement mis en danger avec ce projet et a parfaitement été à la hauteur du pari.
Enfin, la caméra de David Fincher donne à l'ensemble une vraie noblesse. Il n'est sûrement pas le réalisateur le plus spectaculaire d'Hollywood, mais tous ses films sont toujours remarquablement, mais sobrement, réalisés. Il sait toujours choisir des projets originaux et ambitieux et s'en tire toujours merveilleusement bien. Sa collaboration avec Brad Pitt nous avait déjà offert les très bons Seven et Fight Club, films cultes s'il en est, et L'Etrange Histoire de Benjamin Button ne dépareille pas du tout avec ses prédécesseur.
L'Etrange Histoire de Benjamin Button est donc un vrai moment de cinéma, qui nous permet de sortir de la salle sans avoir l'impression d'avoir déjà vu ça ailleurs.
21/02/2009 : Les méfaits du marketing

Depuis la Nuit Américaine de François Truffaut, on sait que l'on peut faire du bon cinéma en parlant de cinéma. C'est une nouvelle fois le cas avec Le Bal des Actrices, dans un genre totalement différent néanmoins. Il s'agit là d'un film loin d'être accessible à tous, mais ceux qui seront en saisir les subtilités y trouveront beaucoup de plaisir.
Le Bal des Actrices est un faux documentaire. Les actrices aux génériques jouent donc leur propre rôle, sous la caméra de Maïwenn. Nous suivons donc les actrices et la réalisatrice dans leur (faux) quotidien, qui est bien moins glamour que ce qui nous apparaît d'habitude à l'écran. Mégalos, hypocrites, mesquines ou encore pathétiques, les actrices sont des êtres humains comme les autres...
Lorsque vous lisez les commentaires sur ce film sur divers sites internet, il est amusant de voir l'unanimité positive des critiques professionnels et les réactions extrêmement contrastées chez les spectateurs "moyens". En effet, pour apprécier le Bal des Actrices il faut aimer le cinéma, aimer ceux qui le font et s'intéresser quelque peu à ce qui se passe en coulisses. Sans cela, ce film restera obscur et sans intérêt. Une parodie et le second degré en général peuvent être difficilement appréciés si on ne connaît pas bien de quoi on parle. Nous sommes donc là devant un film réservé aux cinéphiles. Bref, un film pour gens bien... (je plaisante !).
Le Bal des Actrices est également déstabilisant (ce qui, à mon avis, explique aussi certains commentaires très négatifs). Le principe du faux documentaire n'est pas vraiment nouveau, mais ce qui fait vraiment l'originalité de ce film est qu'il nous montre des personnes célèbres qui se parodient elle-mêmes. On est donc souvent tenté d'y croire, de se dire qu'il y'a fond de sincérité dans tout cela, que tout n'est pas une mise en scène. Le spectateur passe donc ce film à essayer de démêler le faux du vrai. On peut y prendre beaucoup de plaisir (c'est mon cas) ou bien avoir l'impression qu'on essaye de se moquer de nous et de profiter de notre naïveté.
Mais au-delà de cette originalité du "fond", le talent des actrices y ait aussi pour beaucoup dans la qualité du Bal des Actrices. En effet, elles se jouent toutes remarquablement elles-mêmes. Et je ne suis pas certain que jouer son propre rôle avec naturel soit à la portée de la première venue. Evidemment, Maïwenn a essentiellement misé sur des valeurs sûres (Charlotte Rampling, Julie Depardieu, Romande Bohringer, Marina Foïs, Karin Viard...), mais la prise de risque était tout de même réelle. Parmi toutes ces performances, je retiendrai en particulier celle de Karin Viard qui joue le rôle de l'actrice insupportablement narcissique et capricieuse à la perfection. Et j'espère vraiment pour elle qu'il s'agit d'un rôle de composition !
Cependant, Le Bal des Actrices aura surtout révélé... un acteur ! En effet, l'interprétation la plus étonnante nous vient de Joey Starr, dont on attendait pas un tel talent de comédien. Il est le seul à faire l'unanimité dans tous les commentaires, tant il est éblouissant à l'écran. Il apporte par ses remarques ironiques sur la prétendue grande famille du cinéma à la fois un regard critique sur tout ce grand cirque, mais aussi une vraie force comique. Ses répliques représentent des moments de bonheur au premier degré dans cet océan de second degré. Il est donc l'élément le plus accessible de ce film, mais cela n'enlève rien à son mérite.
Le Bal des Actrices est donc une oeuvre résolument originale, qui apporte un oeil neuf sur le cinéma. Certains disent que Maïwenn crache dans la soupe, je trouve au contraire qu'il y'a une vraie tendresse teintée d'humour dans son regard (surtout qu'elle ne s'épargne pas elle-même) qui cherche avant tout à humaniser un monde qui peut nous sembler féerique.
On croyait les studios Disney définitivement enterrés. Pixar et Dreamworks semblaient avoir pris définitivement le dessus. Les héritiers du grand Walt nous semblaient sur une pente inexorablement descendante depuis Le Roi Lion, soit depuis près de 15 ans. Aucun de leurs films n'avaient été un succès critique et souvent un bide commercial. Qui se souvient encore de La Ferme se rebelle ? Et bien, il semblerait bien que le géant n'était pas tout à fait mort puisque qu'il vient de nous offrir le meilleur film d'animation de ce début d'année : Volt, Star malgré lui.
Volt est un chien-acteur qui interprète un canidé doté de super-pouvoirs. Sauf que lui ne sait pas que tout cela n'est qu'effets spéciaux et trucages. Il croit réellement aux scènes qu'il joue. Et tout est pensé pour ne pas lui faire découvrir la vérité, ce qui risquerait de lui faire perdre son naturel à l'écran. Mais un jour, il se retrouve propulsé dans le monde réel qui va vite lui faire réaliser qu'il est un chien tout ce qu'il y'a de plus ordinaire.
Déjà, je tiens à calmer l'enthousiasme de certains. Même si mon introduction a pu le faire penser, Volt, Star malgré lui est quand même loin du Roi Lion. Un excellent divertissement certes, un chef d'œuvre pas tout à fait. Cependant, il est bien le meilleur Disney depuis une bonne décennie et les amateurs d'animation ne pourront que se réjouir que de les revoir au même niveau que leurs concurrents (et ex-partenaire pour certains !).
Trois éléments font le succès de Volt, Star malgré lui. D'abord, un scénario pêchu. Pas de temps morts, du rythme, pas de chansons gniangian toutes les cinq minutes. L'action s'arrête de temps en temps pour nous offrir quelques dialogues savoureux, mais c'est pour mieux repartir aussi sec. Evidemment, cela reste un film pour enfants. On n'est pas non plus devant une intrigue révolutionnaire, complexe ou passionnante, mais face à une histoire avec assez d'intérêt pour susciter celui du spectateur.
Ensuite, il y'a la sympathie inspirée par les personnages. Même si vous n'êtes pas hyper fan des animaux qui parlent, vous vous laisserez attendrir par Volt et ses compagnons. Les auteurs sont parfaitement su doser entre l'humanisation et le respect des caractéristiques animales. Un des ressorts comiques résident d'ailleurs dans le contraste entre Volt, animal dont le comportement a été totalement modelé par les humains et ses congénères qui réagissent comme... des animaux (ce qui est somme toute logique). D'où incompréhensions et quiproquos en série donnait à Volt, Star malgré lui un humour drôle (ce qui est une bonne chose pour un humour), jamais lourdingue et presque subtil.
Enfin, la grande réussite est dans la qualité de l'animation. Résolument moderne, les graphismes sont également très beaux. Les visages sont expressifs, ce qui renforce encore la sympathie que l'on ressent à leur égard. De plus, la réalisation, c'est à dire les mouvements de caméra à l'intérieur de l'univers animé, constituent eux-aussi une grande réussite et exploitent au maximum les capacités offertes par les moyens modernes d'animation. Volt, Star malgré lui est tourné comme un film d'actions à gros budget, malgré le caractère "enfantin" de l'univers. Bref, un vrai travail cinématographique, comme Disney ne nous en avait pas offert depuis longtemps.
Volt, Star malgré lui ravira donc les petits et les grands... qui ont quand même gardé une petite part d'enfant en eux !
En ce début 2009, les vampires adolescents sont à l'honneur. L'injustice aussi ! En effet, deux films sont sortis sur le sujet, et leur destin fut quelque peu différent. L'un a été salué unanimement par la critique comme une des pires bouses de l'histoire du 7ème art. Mais voilà, grâce à une campagne marketing que Goebbels n'aurait pas renié, Twilight a cartonné, surtout auprès des adolescents, permettant ainsi à ses producteurs de s'en mettre plein les poches tout en participant au décervellent des générations futures. De l'autre, Morse, film suédois très réussi dont la réussite fut nettement plus confidentielle, malgré une critique unanime et des récompenses nombreuses, dont le Prix International de la Critique à Gerardmer. Preuve encore une fois que qualité et succès ne sont pas forcément fondamentalement liés.
Oskar est une jeune adolescent timide, martyrisé par les brutes de son école. Un jour, il rencontre Eli, une jeune fille de son âge qui vient de s'installer dans son immeuble. Elle est étrange, mais les deux jeunes gens vont vite se lier d'amitié.
Vous l'aurez compris, Eli est un vampire. Pas la peine de faire trop de mystère, le suspense n'est pas préservé longtemps à ce sujet dans le film. L'intérêt de Morse est ailleurs. Il est dans la relation entre les deux adolescents, bien plus que dans les aspects fantastiques et horrifiques du film. Ce dernier est un film sur la relation entre deux êtres qui trouvent l'un dans l'autre un réconfort qu'ils ne pourraient trouver ailleurs. Un film sur l'adolescence donc, à la fois intrigant et poétique. On est touché par Oskar et Eli, oubliant ainsi tous les meurtres sanglants qui gravitent autour d'eux.
Si le vampirisme n'est qu'un prétexte à une histoire finalement très humaine, elle est loin d'être cinématographiquement neutre. En effet, tout cela contribue à donner à Morse une atmosphère très particulière. Les images sont parfois très crues, mais la photographie est suffisamment réussie pour que jamais on ne flirte avec le gore. L'horreur ne se veut pas spectacle ici, mais juste la composante d'une histoire bien plus riche et profonde. Tout cela, ajouté à l'ambiguïté parfois dérangeante des relations entre les personnages et au renversement complet de certaines valeurs morales, forme un mélange vraiment original et fascinant, qui passe bien au dessus des barrières classiques entre les genres cinématographiques.
Le seul petit reproche que l'on pourrait formuler à l'encontre de Morse est peut-être un léger manque de rythme. Il n'y a pas de longueurs, ni de temps morts, mais une narration qui s'étire un tout petit peu. Cela contribue sans doute à l'ambiance générale de ce film, envoûtant et mystérieux. Cependant, l'intrigue aurait sans doute gagné à être un peu plus vive. Cela laisse certes le temps au spectateur de s'imprégner totalement de cet univers très original, mais on ne peut s'empêcher de penser que cela cache aussi un léger manque de contenu scénaristique.
Morse est donc une nouvelle preuve de le richesse du cinéma européen. Et quand on lit que les Américains ont déjà lancé la préparation d'un remake, on se dit qu'ils feraient mieux de garder leur Twilight et d'apprendre à regarder des films du vieux continent (enfin je tiens à préciser que ce film a reçu plusieurs prix aux Etat-Unis, ce qui prouvent que tout n'est pas perdu !).
12/02/2009 : Du rire aux larmes

Faire rire et faire passer un message dans un même film donnent souvent des résultats désastreux, lourds et sans subtilité. Surtout quand le message en question est résolument optimiste, voire un rien moralisateur. En effet, il est plus facile de faire rire en étant un peu grinçant, critique ou ironique, pour ne pas dire carrément méchant. Mais bon, quelques fois, la mayonnaise prend bien et, en plus de se payer une bonne tranche de rire, on ressort avec une vision plus belle de la vie. C'est le cas de Yes Man qui va vous faire oublier Laurie et vous réconcilier définitivement avec la positive attitude !
Carl est l'homme le plus négatif de la terre, dont la réplique favorite est "non merci". Depuis le départ de sa fiancée, il vit terré chez lui, trouvant les prétextes les plus fallacieux pour éviter de sortir avec son meilleur ami. Ses relations sociales se résument aux DVD qu'il loue. Il déteste son travail dans une agence de crédit, où les promotions lui filent implacablement sous le nez. Mais un jour, il se laisse convaincre par une ancienne connaissance d'assister à un séminaire qui doit lui apprendre à dire "yes !". Tout d'abord sceptique, il finit par faire le pacte avec lui-même de dire oui à tout ce qu'on lui propose. Et c'est à ce moment-là qu'il croise la belle Alison, qui, elle, a la positive attitude naturellement.
Jim Carrey est indéniablement un immense acteur, dégageant une énergie incroyable. Dommage qu'il soit si souvent mal dirigé par des réalisateurs qui pensent que ses grimaces mettent en valeur son talent. Dans Yes Man, on flirte parfois avec le pire Jim Carrey. Cependant, on sent bien que l'acteur a mûri et les moments plus calmes sont interprétés avec une grande justesse. Bref, quand il n'en fait pas trop, il fait à la perfection. C'est dommage que la direction d'acteurs n'est pas été plus pointue à ce niveau-là, car c'est sans doute là la seule vraie faiblesse du film, même si elle ne se fait sentir que dans de courts moments.
Mais nombreux sont ceux qui pardonneront les excès de Jim en se plongeant dans les beaux yeux de Zooey Deschanel. A l'opposée de la bimbo, à la Scarlett Johansson, ou de l'icône inaccessible, à la Nicole Kidman, elle apporte néanmoins une touche de grâce et de charme sur ce film. A l'instar d'une Drew Barrymore, on a autant envie de boire des bières avec elle comme avec un vieux pote que de... enfin, je ne vais vous faire un dessin. En tout cas, le couple fonctionne parfaitement, les sentiments paraissent naturels et qu'ils se séduisent mutuellement avec leur folie douce n'étonnent personne.
L'humour de Yes Man reste tout de même très premier degré, plus près d'Americain Pie que d'un Woody Allen. Mais bon, on rit beaucoup et souvent. Le film est rythmé et sans temps morts. Quelques gags lourdingues auraient pu être évités, mais un très réussi vient vite nous faire rire aux éclats et nous faire oublier le précédent. Alors, on ne boude pas son plaisir et on passe un vrai bon moment peuplé de rires francs et massifs.
Ensuite le message qu'essaye de véhiculer ce film passe merveilleusement bien. Là, encore, on ne baigne pas dans une grande subtilité, mais le sujet est traité avec assez d'intelligence pour que la morale de l'histoire, même assénée directement, soit délectable. On ressort vraiment de Yes Man avec le moral regonflé à bloc, prêt à sourire à la vie et à s'ouvrir aux autres. Les personnages sont imparfaits, profondément humains ce qui facilite un processus d'identification. On a donc des personnages qui pourraient être nous et des relations entre eux tout à fait crédibles (au contraire de certaines situations, mais on est dans une comédie, on s'en fout !), c'est sans doute là la clé de la réussite de ce film.
Yes Man ne sera pas la comédie de l'année et ne sera jamais cité dans aucune disserte de philo. Mais il fait rire et tout de même réfléchir, nous offrant un vrai moment de bonheur et de détente.
Décidément, le cinéma français a décidé de renouer avec le cinéma d'espionnage. Après le très musclé Secret Défense, voici le très cérébral Espion(s). Deux films très différents donc, même s'ils traitent tous les deux de la lutte contre le terrorisme islamique dans nos contrées. Mais ces deux films apportent surtout la preuve que c'est quand le cinéma français se concentre sur ce qu'il sait faire de mieux qu'il nous livre ses plus grandes réussites.
Vincent, pourtant bardé de diplômes, travaille comme simple bagagiste dans un aéroport parisien. Pour arrondir ses fins de mois, il vole régulièrement des affaires, avec la complicité de son collègue Gérard. Mais un jour ce dernier a l'imprudence d'ouvrir une valise diplomatique contenant du matériel explosif. Cela lui sera fatal et mettra au grand jour leur petit trafic. Les services secrets français propose alors à Vincent de travailler pour eux, afin d'éviter la prison. D'abord sceptique, il finit par accepter après avoir manqué d'être assassiné à son domicile.
Si le synopsis peut donner à penser qu'Espion(s) est avant tout tourné vers l'action, la suite du film ne l'est qu'assez peu. En effet, tout tourne autour de la relation que Vincent doit nouer avec la femme d'un homme d'affaires britannique soupçonné de complicité. Charger de la séduire pour mieux atteindre le mari, il fera vite face à un terrible dilemme. L'aspect film d'espionnage n'est donc en fait qu'assez secondaire... mais pas du tout accessoire. En effet, il apporte une trame narrative solide qui place les sentiments des personnages dans une véritable intrigue. Le dénouement du film est donc double, à la fois sur la relation entre les deux personnages et sur la réussite ou non des attentats programmés.
Le couple formé par Guillaume Canet et Géraldine Pailhas fonctionne plutôt bien. On reste un tout petit peu sceptique sur le numéro de séduction de l'apprenti espion, mais Guillaume Canet possède un charme intrinsèque suffisant pour admettre qu'il puisse troubler une femme, même s'il n'a visiblement rien en commun avec elle. Et puis comme je l'ai déjà dit, le tout est englobé dans une intrigue qui avance et qui ne nous ne laisse pas le temps de nous poser trop de questions. Si leur relation est vraiment le point central du film, Espion(s) n'est en rien un film contemplatif, où les sentiments seraient analysés et disséqués jusqu'à plus soif.
Le tout forme un film propre sur lui, bien foutu et intéressant. Rien de génial, de terriblement orignal ou d'absolument passionnant, mais Espion(s) est incontestablement un bon film français. Ca se laisse regarder comme l'on dit, même si cela ne marquera pas nos mémoire pour le restant de nos jours. Cependant, on peut quand même souligner la réussite d'avoir su conjuguer une intrigue avec un minimum d'épaisseur et de rythme avec une analyse poussée des personnages. Le cinéma français maîtrise parfaitement le second aspect, mais oublie trop souvent le premier. Ce n'est pas du tout le cas ici !
Espion(s) mérite donc un petit coup d'œil si vous en avez l'occasion.
Combien de comédies romantiques ? Combien de fins heureuses ? Combien de "et il vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ? Le cinéma nous en offre beaucoup. On ressort de ces films avec une folle envie de tomber amoureux, une folle envie de prendre dans ses bras la première inconnue et lui dire "je t'aime" ! Le cinéma est une machine à rêves, il est rare qu'il choisisse de les briser. Mais les Noces Rebelles, le nouveau film de Sam Mendes, met à rude à épreuve notre foi dans l'amour et le bonheur éternels.
Frank et April Wheeler s'étaient promis d'être un couple hors du commun, de vivre leur vie intensément, de ne jamais renoncer à leurs rêves. Mais alors qu'ils ont à peine la trentaine, ils vivent l'existence caricaturale des banlieusards américains. Lui travaille dans l'entreprise où son père a travaillé toute sa vie. Il y occupe un emploi qu'il déteste, prenant chaque matin le même train, quittant la grande maison qu'ils ont acheté pour élever leurs deux enfants. Elle rêvait d'être actrice et se retrouve femme au foyer, dans une banlieue peuplée de gens inintéressants et médiocres. Mais elle refuse de perdre espoir et se décide à convaincre son mari de vivre leurs rêves tant qu'il en est encore temps et de partir vivre à Paris.
15 ans après Titanic, Leonardo Di Caprio et Kate Winslet ont bien mûri. Leurs personnages aussi. Les Noces Rebelles nous compte l'histoire d'un couple qui a renoncé à être "the king of the world", qui en souffre et qui se le reproche mutuellement. Ce film est tellement loin de l'image du couple véhiculée d'habitude par le cinéma, que ce film a profondément marqué les esprits de tous ceux qui l'ont vu. Après l'on pourra débattre sur le fait que la réalité ressemble malheureusement plus souvent à ça, mais je ne pense pas que cela soit l'objet d'une critique cinéma.
Les Noces Rebelles est surtout un film sur l'oppression qu'exercent les normes sociales sur nos aspirations. Bien sûr, le film se déroule dans les années 50, une époque beaucoup moins "libérée". On peut d'ailleurs faire facilement la parallèle entre ce film est Loin du Paradis, où une femme blanche tombait amoureuse de son jardinier noir. Mais la réflexion reste évidemment d'actualité. Combien de fois renonçons-nous parce que cela ne se fait pas, parce que ce n'est pas "raisonnable" ? Bien sûr, cela ne nous consume pas comme les personnages de ce film, et heureusement. Mais la réflexion est forte, profonde, touchera chacun d'entre nous, surtout que la mise en image est d'une splendeur époustouflante.
La caméra de Sam Mendes est une des plus élégante du cinéma américain, on le savait déjà. Il nous avait déjà prouvé son talent prodigieux avec Americain Beauty, mais Les Noces Rebelles est encore un cran au dessus. Filmer la tension du quotidien est un exercice difficile car cela repose beaucoup plus dans les moments de silence, dans les non-dits que dans les explosions de colère passagers. Ce film déborde de tension, une tension transmise au spectateur de la première à la dernière seconde. Ne croyez pas une seule seconde que l'on peut s'ennuyer devant ce film, tant chaque plan vous enserre l'esprit et le cœur. On ne ressort pas indemne de ce film, qui vous prend littéralement aux tripes. Il révèle au grand jour la médiocrité de nos quotidiens, la mort de nos désirs, alors que le cinéma, la publicité, la morale et la société tout entière essayent de nous vendre ça pour du bonheur. Frank et April ont tout pour être heureux, disent leurs voisins, qui refusent d'imaginer qu'ils puissent être malheureux. Car si eux le sont, alors ils le sont tous !
L'autre grand monsieur des Noces Rebelles est Leonardo Di Caprio. Pourtant, dieu sait ce que j'ai pu détester cet acteur quand il traînait sa bouille indécemment juvénile de blondinet bien pensant. Ce temps est loin désormais et il faut que j'arrête de faire référence à cette époque à chacune des critiques que j'écris sur un film où il joue. Leonardo Di Caprio est un immense acteur, réellement immense et plus rien ne l'empêchera de rentrer à jamais dans l'histoire du 7ème art. Sa performance dans les Noces Rebelles est un modèle par sa justesse et sa force. Il fait à la fois preuve d'une retenue qui rend son personnage humain et accessible, et d'une expressivité qui transmet chaque once des sentiments qui le torturent. Ce film lui doit beaucoup, le cinéma dans son ensemble également désormais.
Les Noces Rebelles sera peut-être battu par l'extraordinaire Slumdog Millionnaire demain aux Oscars. Mais tout autre année, aucun doute n'aurait plané sur le nom du film lauréat !
31/01/2009 : Deux grands réalisateurs, deux résultats si différents...

La mode des biopics ne faiblit pas. On tomberait presque dans la surenchère, puisque désormais, nous avons droit à des biodiptyques ! Les acteurs rivalisent de talent pour pousser le mimétisme le plus loin possible au niveau physique. Ce genre de performance est même souvent récompensé lorsque les prix sont décernés. Le dernier en date fut Benicio Del Toro qui reçut le prix d'interprétation masculine au dernier Festival de Cannes. En effet, il s'est transformé en Ernesto Guevara, le temps de deux films réalisés par Steven Soderbergh, dont le premier volet, Che : 1ère partie : l'Argentin, a beaucoup déçu.
Ce film ne raconte pas la vie du Che depuis le début, mais relate simplement la "conquête" de Cuba par les troupes menées par Fidel Castro. Che : 1ère partie : l'Argentin est donc un film de guerre, où l'on suit le groupe de rebelles dirigés par Ernesto Guevara. Le reste appartient à l'histoire et se termine bien sûr à la Havane après la chute de Batista.
La grande faiblesse de Che : 1ère partie : l'Argentin est donc là ! Son scénario ! L'histoire racontée n'a que très peu d'intérêt. On pouvait au moins espérer mieux comprendre comment Cuba est tombé aux mains des forces castristes. Et bien même pas ! En se focalisant sur le quotidien des combattants, le film ne nous offre aucune mise en perspective, aucune vision globale du front. Quelques scènes font allusion à des évènements historiques précis, mais si on n'a aucune idée de quoi il s'agit avant ce film, il ne faut pas compter en apprendre plus. Bref, ce film ressemble plus à la 7ème compagnie dans la jungle (sans l'humour) qu'au portrait d'un personnage de légende. Et le problème d'une 7ème compagnie sans humour, c'est que c'est particulièrement ennuyeux.
Après, il reste deux éléments qui ne peuvent que forcer notre admiration. Mais une admiration un peu vaine, sans enthousiasme, vue l'absence totale de souffle épique sur le scénario. Tout d'abord, la caméra de Soderbergh reste une des plus élégantes. Il nous offre comme à son habitude une photographie particulièrement léchée. Flou artistique, long travelling, lumières envoûtantes, Che : 1ère partie : l'Argentin est beau à regarder... Mais bon un film n'étant pas un tableau, ça ne suffit malheureusement pas à donner un réel intérêt au film.
Enfin, la performance de Benicio Del Toro est elle aussi remarquable. Mais bon, à force de voir des acteurs se métamorphoser en personnages historiques, on finit ça par trouver ça nettement moins extraordinaire. Benicio Del Toro aura a son palmarès, lui aussi, une telle incarnation. On en est ravi pour lui, surtout qu'elle s'est accompagnée d'un bel accessit à Cannes. Par contre, nous, en tant que spectateur, on est nettement moins ravi, plutôt indifférent, puisque le reste du film ne nous enthousiasme en rien. On lève donc un œil intéressé pendant quelques dizaines de minutes à admirer la performance du grand Benicio, avant de retomber dans une apathie profonde.
Che : 1ère partie : l'Argentin est donc une vraie déception, que ne laissait pas présager son accueil à Cannes. Tout le talent de Soderbergh et Del Toro ne suffit pas à compenser un manque d'âme absolu. Beaucoup seront d'ailleurs découragé d'aller voir la seconde partie.
Quand on aime réellement le cinéma, on aime voir des films. Mais, me direz-vous, on en voit à chaque fois que l'on se rend dans une salle obscure. Non, car ici je parle de vrais moments de cinéma. D'images, de musiques, de sons, de couleurs, d'intrigue, de rythme, d'acteurs, de spectacle, de rebondissements, de mouvements de caméra et le tout à chaque image ! Du cinéma donc, pas des téléfilms à gros budgets, pas du théâtre filmé... Non, du cinéma ! Et bien ce genre de plaisir est un plaisir plus que rare, que l'on ne ressent guère plus qu'une dizaine de fois par an. Et personne ne contestera que c'est exactement ce que l'on ressent à la vue de Slumdog Millionnaire, le nouveau film de Danny Boyle.
Jamal n'est qu'un enfant des bidonvilles, qui sert le thé aux employés d'un centre d'appels. Alors lorsqu'il est sur le point de remporter plusieurs millions de roupies à la version indienne de "Qui veut gagner des millions ?", d'un côté il déchaîne l'enthousiasme des spectateurs, mais de l'autre il éveille la suspicion de la police. Cette dernière l'embarque et utilise une technique d'interrogatoire musclée pour lui faire admettre qu'il a triché. Mais à la place de ça, elle aura le droit au récit de la vie de Jamal dans le monde impitoyable des bidonvilles indiens et des circonstances qui lui ont permis de connaître les réponses aux questions qu'on lui a posées.
On cite souvent Slumdog Millionnaire comme le favori pour la prochaine cérémonie des Oscars. Personnellement, je serai vraiment ravi qu'il obtienne la récompense suprême, ce qui constituerait un évènement historique, puisque ce film est un film anglais. Mais c'est un tel choc visuel, un tel bonheur scénaristique que cela serait pleinement mérité. On retrouve ici la force que Danny Boyle avait su faire passer dans Trainspotting. Il prouve ici que son empreinte dans l'histoire du 7ème art ne se résumera pas à un seul film. C'est la confirmation d'un talent immense et rare, qui prend ici toute son ampleur.
Passionnant, beau, prenant, enthousiasmant, magnifique, riche, puissant... parler de Slumdog Millionnaire peut vite ressembler à un concours de superlatifs. Il est même difficile de retranscrire le bonheur que procure ce film, tant il s'agit d'une oeuvre réellement originale, difficilement classable et ne ressemblant à rien de déjà vu. Il y'a tout autant de Ken Loach que de John Woo dans ce film. On ne retrouve une telle maîtrise technique dans tous (mais alors tous !) les aspects d'un long métrage chez des grands maîtres comme Stanley Kubrick ou Quentin Tarantino.
De la profondeur et du spectacle sont donc les deux piliers du succès de Slumdog Millionnaire. Un propos social très fort, sur la violence et la lutte pour la survie dans les bidonvilles indiens. L'histoire de deux orphelins livrés à eux-mêmes qui vont devoir grandir avant l'heure pour échapper à un destin tragique. Une histoire d'amour qui est peut-être l'élément le moins original de ce film, mais qui donne un sens et un fil directeur à l'histoire. Enfin, une mise en image sublime, dont j'ai déjà longuement parlé.
Un mot enfin sur les acteurs de ce film. On a beaucoup parlé de Dev Patel, qui a été propulsé d'un coup au rang d'icône mondiale. Mais le reste de la distribution n'est pas en reste. On retiendra évidemment la sublime (le mot est faible) Freida Pinto, qui prouve une nouvelle fois que les plus belles femmes du monde sont indiennes. Mais on félicitera surtout l'ensemble des enfants qui interprètent les personnages à des âges diverses. Ils jouent tous avec une justesse remarquable, un talent qu'envieraient la plupart des acteurs "adultes", même quand il s'agit de nous transmettre les sentiments les plus extrêmes.
Slumdog Millionnaire est donc un film... Une phrase qui passe pour une évidence à première vue, mais qui, en faire, résume parfaitement le bonheur absolu que représente ce film.
11/01/2009 : Tout ça pour ça...

Je suis souvent le premier à défendre des films que je trouve injustement critiqué, simplement parce qu'ils ne répondent pas aux attentes placés en eux, alors qu'ils restent tout de même intrinsèquement de bons films. Mais avec Burn after Reading, je ne peux que me joindre à la cohorte des esprits chagrins. Rassembler sur une même affiche, les frères Coen, George Clooney, Brad Pitt, John Malkowich et Frances McDormand pour un résultat aussi moyen ressemble trop à un gâchis pour que le cinéphile que je suis ressorte de ce film plein de pensées positives.
Osbourne Cox est un analyste de la CIA que sa tendance à picoler finit par mettre au placard. Il décide alors de démissionner et d'écrire ses mémoires. Mais un CD comportant le début de son roman est égaré et est récupéré par Linda et Chad qui travaillent dans un club de gym. Ils pensent tenir là des fichiers d'une grande valeur et vont tenter d'en tirer profit...
L'univers de Burn after Reading est typique des frères Coen. Des gens simples (pour ne pas dire simplets), pensant qu'ils sont particulièrement intelligents, se retrouvent dans des situations qui les dépassent. Si cela avait fonctionné à merveille dans un The Big Lebowski ou un Fargo, ici cela ne nous arrache guère plus qu'un sourire. Certes, tous les acteurs font de leur mieux et vu leur talent respectif, leur performance est plus que correcte. Mais voilà, le cinéma, c'est comme la cuisine. Ce n'est pas parce que vous avez tous les bons ingrédients que la sauce va forcément prendre !
Burn after Reading établit un précédent que l'on croyait impossible. En effet, dans ce film, George Clooney est horripilant... Oui, je sais, cela semble incroyable et je pensais bien ne jamais écrire une telle phrase à propos de mon idole absolu. Mais là, il faut avouer qu'il ne fait que grimacer, multipliant ses mimiques d'habitude irrésistibles, mais qui apparaissent ici plutôt comme une tentative quelque peu désespérée de donner de l'épaisseur à son personnage. Mais cette fois, pas d'enchantement, juste une impression de déjà vu et de recyclage. George Clooney serait donc humain et non infaillible... ce qui le rend encore plus extraordinaire !
Même la réalisation est sans imagination. Pas de délires psychédéliques à la The Big Lebowski, pas de magnifiques travellings sur des paysages sublimes comme dans No Country For Old Men... On sent tout de même une grande maîtrise technique, mais qui n'est pas sublimée par des trésors d'imagination, comme ils nous en ont donné l'habitude. A ce niveau là, encore une fois, ce n'est pas que ça soit mauvais, mais c'est tellement décevant que cela gâche tout le plaisir que l'on aurait pu avoir.
Burn after Reading pourra donc éventuellement faire passer un bon moment à tous ceux à qui l'univers et le talent des frères Coen sont étrangers. Les autres seront forcément déçus, trop déçus pour apprécier ce qui aurait pu être un nouveau moment de pur bonheur.
09/01/2009 : C'est dommage d'aussi mal finir

Jacques Mesrine n'a pas particulièrement bien fini. Le film qui nous relate son existence non plus. C'est regrettable puisque le premier volet avait été unanimement salué comme une vraie réussite. Le second, Mesrine : l'Ennemi Public n°1 a été plus fraîchement accueilli. Je ne partage pas toutes les critiques qui ont été exprimées à son égard, mais je partage tout de même ce sentiment de frustration, celui d'un essai non transformé alors tout était réuni pour.
Après son passage quelque peu remarqué au Québec, Mesrine est de retour en France où ses multiples évasions et sa faculté à se mettre en scène par l'intermédiaire des médias font de lui quasiment une star. Il tente de se donner une image de Robin des Bois, bien loin de la réalité. Mais son attitude ne fait qu'attiser la haine de la police à son égard, cette dernière étant de plus en plus déterminée à s'en débarrasser pour de bon.
Mesrine : l'Ennemi Public n°1 est un film en deux parties, qui correspondent aux deux complices successifs de notre bandit de grand chemin. Le premier est interprété par Matthieu Almaric. Ce dernier est comme d'habitude impeccable, mais ce passage apparaît un peu comme un remake du passage du premier volet se déroulant au Québec. Même si cela à un intérêt biographique, cela n'apporte rien de plus à l'intrigue. La seconde partie, voit Vincent Cassel prendre pour complice Gérard Lanvin. Alors là par contre, ça ne va plus du tout... Ce dernier se retrouve affublé d'un accent corse criant de mensonge et qui rend le personnage complètement ridicule et risible. Comme ce personnage est présent jusqu'au bout, il gâche complètement la fin du film.
Beaucoup de critiques ont porté également sur l'aspect moral de ce deuxième volet. En effet, Mesrine : l'Ennemi Public n°1 est beaucoup plus ambiguë. Le personnage y apparaît beaucoup plus sympathique, ayant un peu l'image de "bandit d'honneur", comme il aime le rappeler. Mais je ne trouve pas qu'il y'ait là matière à critique car cette ambiguïté est un élément majeur de la personnalité de Jacques Mesrine et de ce qu'il a représenté. Le spectateur est partagé entre dégoût et sympathie, comme l'était le citoyen français à l'époque. C'est à nous de prendre le recul nécessaire, de voir au-delà du faux discours du truand, de ne juger que les actes ! Pas forcément au réalisateur qui a cherché à relater les faits tels qu'ils étaient. Et en ça, je pense que la réussite est remarquable.
Ce second volet, permet une nouvelle fois d'admirer le talent de Vincent Cassel. Sa performance éclipse celles de ses partenaires à l'écran, sans que cela ne tourne au cabotinage forcené. On sent cependant que dans Mesrine : l'Ennemi Public n°1, il tente de redonner du souffle à son personnage et du coup, en fait peut-être un peu trop. Mais bon à côté de l'accent corse de Gérard Lanvin, on peut quand même crier au génie...
Si vous avez vu la première partie de ce biopic, il serait dommage de passer à côté de la seconde, même si elle est sans conteste cinématographiquement parlant moins intéressante. Mais les deux films forment tout de même un tout qui nous permet de mieux comprendre qui était ce personnage effroyable mais fascinant, qu'était Jacques Mesrine.
07/01/2009 : Le cinéma français se (nous) fait plaisir

Lorsque l'on pense superproduction, notre esprit a généralement tendance à se projeter de l'autre côté de l'Atlantique. Effets spéciaux, poursuites échevelées, cascades, fusillades, le tout avec un gros budget et quelques belles explosions spectaculaires, sont rarement des éléments présents dans les productions bien de chez nous. Ou alors, cela donne des résultats cheap qui prêtent généralement infiniment plus à sourire qu'à s'enthousiasmer ! Et bien, ce n'est pas du tout le cas avec Largo Winch, l'adaptation de la célèbre BD du même nom. Dans le genre, on a vu mieux, si on se place à un niveau mondial. Mais à un niveau purement hexagonal, ce film constitue une réussite relativement exceptionnelle.
Le film est relativement fidèle au scénario de la BD... Donc pour ceux qui ne l'aurait pas lui, le Largo Winch en question est un jeune orphelin croate qui a été adopté par un des plus riches hommes d'affaires que le monde n'ait jamais compté. Cette opération s'est faite dans le plus secret et n'est révélée que lorsque le magnat meurt dans des circonstances quelques peu étranges. Le problème est que l'orphelin en question est devenu un jeune homme rebelle et vagabond, que bien peu imagine diriger un empire industriel qui attire les plus grandes convoitises.
Pour un projet français doté d'un tel budget, on s'étonnera tout d'abord qu'il ne porte pas la patte de Luc Besson. Beaucoup s'en réjouiront et trouveront ici une des raisons à la réussite de ce film. Personnellement, je pense surtout que Largo Winch s'appuie sur la BD dont il est issue, une oeuvre devenue culte qui a crée sa propre mythologie. On y retrouve tous les éléments propres à cette dernière, et le fan de l'œuvre de Van Hamme et Francq ne peut que s'en réjouir. Mais même les autres pourront apprécier la cohérence de l'univers de ce film et le caractère abouti du personnage central. Bref, Largo Winch ne sort pas de nul part est ça se sent.
Ensuite, il est vrai, la mise en images de tout ça n'a rien d'exceptionnelle. Succession de scènes d'action brute et de moments où l'intrigue avance, le film ne recèle que peu de surprises et d'originalité. Le tout est réalisé avec efficacité, mais sans jamais chercher à briller, sans jamais chercher à y ajouter un petit plus artistique. On est donc face à un divertissement formaté grand public, sans défauts majeurs, mais sans rien qui déchaîne l'enthousiasme. Mais au final, on passe tout de même un excellent moment, sans s'y ennuyer une seule seconde. Ceux qui ignorent tout de la BD pourront y trouver un vrai suspense, les autres pourront même être surpris par les modifications apportées au scénario initial.
La vraie bonne surprise du film réside dans la performance de Tomer Sisley. Non que sa performance soit un moment de pur bonheur cinématographique, mais confier un rôle aussi important d'une production dotée d'un tel budget à un acteur aussi inexpérimenté à ce niveau était un vrai pari. Et bien l'humoriste s'en sort vraiment bien. Rien à dire dans les scènes d'action qu'il mène tel un vieux routier du genre. Il apporte même la petite dose de charme ravageur qui a fait le succès de Largo Winch, version papier. Bref, il réussit parfaitement à incarner le personnage et joue donc un rôle capital dans la réussite que constitue ce film.
Largo Winch n'est donc pas le chef d'œuvre du siècle. Mais n'est en rien une adaptation bâclée de la BD. On trouvera même un certain charme à cette superproduction à la française, autant de charme que dans le sourire de Tomer Sisley.
26/12/2008 : Divertissements à la française
Pour parler de Secret Défense, je dois mettre de côté l'anecdote familiale qui tue... En effet, mon frère, journaliste à France 2, est cité dans ce film. Son nom est juste prononcé, mais du coup, toute la famille a été le voir, pour le simple plaisir d'entendre ça sur grand écran. Mais évidemment, en dehors de la famille Bouffartigue, cet élément ne constitue en rien une raison pour apprécier ce film d'espionnage musclé.
Diane est une étudiante en langues étrangères qui se prostitue pour payer ses études. Un jour, sa route croise celle d'Alex qui se révèle être un haut-gradé des services de renseignements français. Pendant ce temps, Pierre, un paumé, se retrouve en prison, où il est pris en charge par des détenus en lien avec les réseaux terroristes islamiques. L'un et l'autre finiront par se faire recruter dans des camps opposés et leurs destins finiront également par se croiser.
Lorsque le cinéma français veut faire comme du cinéma américain, et bien généralement, ça ne le fait pas du tout ! Pour une fois, et bien, le résultat ressemble à quelque chose... Pas un sublime chef d'œuvre, certes. Cependant, c'est tout aussi distrayant qu'un bon gros film hollywoodien, même si du coup, cela a également tous les défauts qu'on y déplore souvent. Et à l'inverse, on n'y trouve pas les qualités habituelles du cinéma hexagonal, mais pas les défauts non plus... Bref, Secret Défense, c'est un peu du Canada Dry, et Hollywood, de l'alcool.
Quels sont donc alors les défauts de Secret Défense ? Déjà, les personnages sont assez inégaux. Celui interprété par Gérard Lanvin, même s'il est peut-être celui qui a le plus de profondeur, est un peu trop caricatural pour être crédible. De toute façon, on le verra, la crédibilité n'est pas le fort de ce film. Heureusement, l'héroïne, remarquablement interprétée par Vahina Giocante, relève nettement le niveau et nous inspire assez de sympathie pour que l'on attache un minimum d'importance à ses (mes)aventures. Il est dommage cependant que les méchants en face ne soit pas vraiment à la hauteur. Que ces types soient des terroristes qui font trembler une grande puissance occidentale fait doucement rire.
Bon de toute façon, si on regarde le scénario avec un regard froid et critique, l'histoire ne tient pas une seule seconde debout. Le pompon est remporté par la fin qui est aussi crédible que Gueugnon champion d'Europe de foot (malgré tout le respect que je dois aux Forgerons). Disons que j'espère que nos services de renseignements français ne travaillent pas tout à fait de cette manière, car sinon, je serai un peu plus inquiet pour la sécurité de notre beau pays !
Mais alors, avec tous ces défauts, pourquoi Secret Défense reste-t-il quand même globalement un bon film ? Parce que tous ces éléments, je vous les livre après une réflexion, assis à mon bureau, alors que quelques jours ont passé depuis ma séance ciné. Parce que sur le moment, on n'a absolument pas le temps de penser à tout ça. Il y'a du rythme, de l'action, on se laisse prendre par l'intrigue, aussi peu crédible soit-elle. Bref, on ne s'ennuie pas, sans que le neurones n'est trop besoin de fonctionner à plein régime. Et n'est pas là une bonne définition d'un divertissement ?
Secret Défense n'est donc pas un film inoubliable. Mais il reste tout de même une réussite, du fait de la rareté de films de ce genre dans le paysage hexagonal.
Si le cinéma français nous a peu habitué à des films d'espionnage musclé comme Secret Défense, il nous a plus souvent livré de bonnes comédies comme Agathe Cléry. Je sais que le film a été plutôt accueilli fraîchement par la critique. Il est vrai qu'Etienne Chatillez nous a habitué à des films plus marquants, surtout qu'il ne sort qu'un film tous les cinq ans. Il s'agit là sûrement de son film le moins réussi, mais il n'en reste pas moins qu'il recèle bien des qualités.
Agathe Cléry est une créatrice de pub, détestée par ses collègues. Il faut dire que c'est une personne des plus détestables. Son principal défaut est d'être raciste jusqu'au bout des ongles. Alors, elle sombre dans un profond désespoir le jour où elle apprend qu'elle est atteinte d'une maladie qui la condamne à devenir... noire...
Etienne Chatillez, c'est un peu le Ken Loach à la française. Sauf qu'au lieu de faire des films tournant toujours autour des drames sociaux, il nous livre des films sur les petits travers humains du quotidien. Mais d'habitude, on y retrouve un petit rien de méchanceté acide mais tout à fait délectable. Cette dernière met d'habitude remarquablement en lumière la médiocrité humaine, tellement humaine qu'elle nous rend finalement les personnages malgré tout sympathiques, car beaucoup plus proches de nous que l'on voulait bien se l'avouer.
Ici, la critique est moins acerbe, peut-être plus convenue et, du coup, représente plus un ressort comique qu'une réelle démonstration de fond. Le seul élément vraiment intéressant est le renversement final, qui apporte un éclairage un peu nouveau sur le problème. Le reste est composé, il est vrai, de lieux communs sans grandes surprises.
Par contre, le ressort comique fonctionne beaucoup mieux. Agathe Cléry est peut-être le film d'Etienne Chatillez le plus drôle, où du moins celui où l'on rit le plus (même si rien ne vaudra jamais la scène de "Jésus Revient" de la Vie est un long Fleuve tranquille). Et cela repose en très grande partie sur le numéro d'actrice absolument remarquable de Valérie Lemercier. Cela tourne quelque peu au cabotinage parfois, mais elle déploie une telle énergie et surtout un tel talent que l'on ne boude pas une seule seconde son plaisir. Elle porte littéralement le film à bout de bras, heureusement secondés de temps à autres par quelques savoureux seconds rôles. On citera notamment Isabelle Nanty, en meilleure amie, et surtout le couple Dominique Lavanant - Jacques Boudet, en parents mi-attendris, mi-consternés.
Agathe Cléry possède également la caractéristique d'être une comédie musicale... Je tiens à apporter cette précision car, lorsque je l'ai vu, cela a semblé en surprendre plus d'un dans la salle. Du coup, ils se sont sentis obligés de manifester bruyamment leur surprise (et leur mécontentement visiblement) à chaque numéro musical ! De quoi vous gâcher un film !
Agathe Cléry est donc loin d'être une réussite totale. Mais il reste un film très divertissant, tout de même non dénué d'intelligence. Et puis, les comédies américaines sont remplies de lieux communs, on a donc le droit d'avoir un peu d'indulgence pour notre cinéma hexagonal lorsqu'il se prend à faire de même. Un soir de pluie, une envie de légèreté, pas forcément envie de s'extasier à chaque image, ce film sera alors parfait. Tout est une question de timing dans la vie !
16/12/2008 : Le pire et le meilleur

On dit souvent qu'il faut garder le meilleur pour la fin. J'ai donc bien fait de commencer mon après-midi cinéma français par Musée haut, Musée bas qui est pour moi l'archétype de ce que le cinéma français fait de pire en termes de paresse cinématographique. On rassemble tous les éléments d'un bon film, en pensant que cela va suffire. Comme s'il suffisait d'acheter les bons produits pour réussir une recette.
Musée haut, Musée bas est une sorte de films à sketchs, où une multitude de personnages, plus ou moins colorés, plus ou moins originaux, déambulent dans un musée. Ce dernier est dirigé par un conservateur obsédé par sa lutte contre tous les intrus (végétaux, insectes, humidité...) envoyés par une nature qu'il abhorre. Mais cette dernière semble s'obstiner à vouloir reprendre possession des lieux et va très vite employer les grands moyens.
Musée haut, Musée bas possède un casting rarement égalé : Michel Blanc, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Yolande Moreau, André Dussolier, Pierre Arditi, Isabelle Carré, Victoria Abril, Daniel Prévost, Muriel Robin, Valérie Lemercier, Dominique Pinon et évidemment l'inévitable Fabrice Luchini. Ce n'est même plus un casting, c'est une cérémonie des Césars... ou plutôt un catalogue, où chacun y va de son petit numéro de cabotinage, sans réelle conviction. Les acteurs semblent jetés dans l'arène, sans direction, juste pour nous livrer ce qu'ils savent faire le mieux et qu'on a déjà vu mille fois, sans chercher plus loin. Bref, cette somme de talents ne crée absolument aucune synergie et aucun d'eux ne ressort du lot.
Mais on doit bien reconnaître que les acteurs ne sont pas aidés par les dialogues qu'ils doivent nous interpréter... Disons le clairement, Musée haut, Musée bas se veut un film drôle, mais il ne l'est pas du tout. Aucun moment d'hilarité mémorable, quelques sourires par ci, par là, que l'on se force quelque peu à esquisser pour ne pas avoir le sentiment d'avoir totalement perdu son temps. Et quand, le film ne se veut pas drôle, il se veut poétique... Mais ça ne fonctionne guère mieux... Le seul moment qui tire un petit peu plus son épingle du jeu est celui mettant en scène Fabrice Luchini, non que l'acteur soit exceptionnel dans ce film, mais tout simplement parce que son texte contient les rares répliques vraiment savoureuses de tout le film.
Musée haut, Musée bas ravira peut-être ceux dont la culture artistique est particulièrement développée. En effet, le film est peuplé de références au monde de la peinture, de ses oeuvres et surtout de ses artistes. Un minium de connaissance dans ce domaine est nécessaire pour saisir nombre de références. Je suis persuadé qu'une bonne partie m'a échappé et que du coup, je n'ai pas su saisir sans doute le côté savoureux ou drôle de certaines répliques.
Bref, pour moi Musée haut, Musée bas est un film totalement raté, très loin des promesses du casting.
Après le pire, voici le meilleur avec Le Plaisir de Chanter. Ce film constitue la vraie bonne surprise de cette fin d'année cinématographique et elle est française, oui, monsieur ! Un succulent mélange d'originalité, d'intrigue d'espionnage, d'humour subtil, un zeste de sensualité, le tout arrosé par un jeu d'acteurs un rien épicé, sont à portée de nos papilles avec ce film. Il serait donc vraiment dommage de s'en priver.
Lorsqu'un trafiquant d'uranium est assassiné, tout le monde en a après sa veuve qui est en possession d'une clé USB pour laquelle terroristes et services secrets sont prêts à tout. Alors quand elle s'inscrit à un cours de chant, toutes ces organisations y envoient des agents. Au milieu d'eux, Muriel et Philippe, deux agents des services secrets français, qui malgré le rapport hiérarchique et la différence d'âge, forment un étrange couple amoureux.
Le plus étonnant dans le Plaisir de Chanter, c'est la performance étonnante du couple Marina Foïs et Laurent Deutsch. Si la première, dans Darling notamment, nous avait déjà montré qu'elle pouvait élargir son répertoire, le second n'avait jamais eu de rôle de cette ampleur. Certes, les deux gardent leur air légèrement ahuri que l'on a vu déjà à de nombreuses reprises, mais cette fois, incroyablement enrichi par une subtilité qu'on ne leur connaissait pas, beaucoup de poésie et surtout un rien de sensualité... Et oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, Laurent Deutsch peut rimer avec sensualité. C'est vous dire si ce film est étonnant par bien des aspects !
La sensualité est d'ailleurs ce qui parcoure tout le film, avec l'humour. En effet, quoi de mieux que de coucher avec quelqu'un pour obtenir quelque chose de lui. Les différents personnages cherchent donc plus souvent à se séduire qu'à s'éliminer... même s'ils font très bien les deux. Le tout dans un cours de chant tout ce qu'il y'a de plus sérieux. Cela donne un mélange des genres particulièrement savoureux, qui crée une atmosphère décalée et chargée d'humour. Le tout est porté par des dialogues remarquables, chargés d'un humour subtil, mais percutant.
Enfin, le dernier ingrédient est apporté par une Jeanne Balibar étincelante. Dans son rôle de veuve ingénue jusqu'au bout des ongles, elle donne au Plaisir de Chanter une touche de poésie délicieuse. Son personnage aurait pu se révéler ridicule et lourdingue, il n'en est rien, bien au contraire. Objet de toutes les convoitises, son personnage traverse le film en conservant son innocence, sa gentillesse et sa générosité... Cependant, le film dévoilera que cette veuve plus ou moins joyeuse est moins naïve qu'on ne le croit.
Le Plaisir de Chanter est donc une comédie d'espionnage particulièrement réussie, au charme original mais bien réel. Une vraie bonne surprise, pour un vrai bon moment de cinéma.
07/12/2008 : Problème de riche

Je me fais draguer par Vanissa Shaw (non il n'y a pas de faute de frappe à son prénom !), mais malheureusement je suis amoureux de ma voisine qui n'est autre que Gwyneth Paltrow... Voici le genre de situation qui n'existe malheureusement qu'au cinéma... En tout cas, personnellement, je n'ai jamais vécu une telle situation... Enfin pas avec ces actrices-là en tout cas... Mais bon, je vous entends déjà me rétorquer un argument massue : mais mon pauvre Julien, tu n'es pas Joaquin Phoenix... Bon, ok, on dira que je n'ai rien dit !
En fait, j'ai déjà quelque peu résumé le synopsis dans mon introduction. Cependant, il faut quand même préciser que Two Lovers n'est pas une comédie romantique. Bien sûr, c'est un film qui parle d'amour, mais ce n'est pas vraiment une comédie, ou alors ce qu'on appelle une "comédie des mœurs". Le film navigue entre légèreté et gravité, entre badinage amoureux et les problèmes plus profonds rencontrés par les personnages. Les amateurs de bleuettes ne trouveront donc pas leur compte ici, mais les amateurs de beau film si.
Two Lovers repose sur deux piliers : ses personnages et son scénario. Ce dernier n'est en rien cousu de fil blanc, on se doute bien que cela ne finira pas par "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants". Déjà parce que on ne saurait pasd'avance avec laquelle des deux, et surtout, vu les mal-être de la plupart de protagonistes, il apparaît évident que le dénouement sera plus subtil et plus complexe que cela. Il y'a donc une vraie tension dramatique tout au long du film, repoussant au loin les spectres de l'ennui et de la contemplation.
Restait à rendre l'histoire crédible en créant des personnages qui le soient et, si possible, assez sympathiques pour que le spectateur puisse s'identifier un minimum avec eux. C'est sans doute là, la seule grande faiblesse de Two Lovers. En effet, tous les personnages, et en particulier celui interprété par Gwyneth Paltrow, ont un léger côté "tête à claques". Du coup, on s'agace presque autant que l'on compatit devant les mésaventures de ce triangle amoureux. Cela nuit quelque peu au plaisir que l'on prend devant ce film, dont le propos reste tout de même assez intéressant, intelligent et profond pour lui conférer un grand intérêt.
Two Lovers se distingue par la qualité de la réalisation de James Gray. On avait déjà pu admirer sa maîtrise technique dans le sublime et passionnant la Nuit nous Appartient. Il récidive ici avec un film tout simplement beau à regarder. Pas de grands effets, pas d'esbroufe, mais un vrai souci artistique dans la qualité du montage et surtout de la photographie. James Gray sait ce qu'il fait de sa caméra, qu'il met avant tout au service des acteurs et du scénario. La marque des grands ! On attends donc ses prochains films avec impatience.
Two Lovers reste donc une très belle histoire qui séduira les romantiques et bien d'autres. La folie plus ou moins douce des personnages est parfois exaspérante, mais cela est largement compensé par la superbe mise en images réalisée par James Gray.
01/12/2008 : Agréablement non surpris...

Comme porte d'entrée pour écrire ma critique de Mensonges d'Etat, deux choix s'offraient à moi : soit débuter en insistant sur l'immense talent de Ridley Scott ou bien sur la maturité atteinte par Leonardo Di Caprio. Le problème, c'est que si j'avais fait cela, je ne me serais vraiment pas foulé, vu que cette introduction convient à tous les films du réalisateur britannique depuis toujours et à ceux de l'acteur américain depuis au moins quatre ans. Bref, je me devais de trouver autre chose,... mais je n'ai pas trouvé... Ah si, y'a bien le fait que Russel Crowe a encore réussi à changer de tête pour ce film, mais, là encore, on est en plein lieu commun cinématographique.
Mensonges d'Etat, c'est une histoire de couple. Il ne s'agit bien sûr pas d'une comédie romantique, mais bien d'un film d'action-espionnage. Mais tout tourne entre la relation amour/haine entre l'agent de terrain Roger Ferris et son "poisson pilote" qui le guide et lui passe ses ordres depuis Washington, grâce à un téléphone portable qui semble greffé à son oreille. Evidemment, la vision depuis le Moyen-Orient n'est pas tout à fait la même que celle depuis un bureau de l'autre côté de l'Atlantique. Mais les deux poursuivent le même but, pourchasser de dangereux terroristes basés en Jordanie.
En fait, est-il vraiment besoin d'aller au-delà de mon introduction ? Mensonges d'Etat est un film de Ridley Scott avec Russell Crowe et Leonado Di Caprio. Tout est dit... Bon allez, je vais faire un effort, je vais développer un tantinet. Alors, vous avez d'un côté, un réalisateur brillant qui sait toujours aussi bien raconter une histoire, qui sous ses aspects de pur film d'action fait passer un message étonnamment subtil, le tout sublimement filmé. De l'autre, deux grands acteurs au sommet de leur art, dont le jeu est parfait... un peu trop même diront certains.
Alors du coup, je vais plutôt insister sur ce qui est, pour moi, la vraie star du film. Mark Strong, qui interprète le chef des services secrets jordaniens, est sûrement celui dont la performance est la plus surprenante. Déjà, son rôle est certainement le plus intéressant du lot, le plus ambigu, le plus original. Et l'acteur, habitué des seconds rôles, remplit le sien à merveille et apporte un réel plus à Mensonges d'Etat dès qu'il apparaît à l'écran.
Mensonges d'Etat ne restera pas le film le plus marquant de la carrière de Ridley Scott. Pour nombre de réalisateurs, il aurait pu constituer un sommet... voire même plutôt un sommet inaccessible. Là, il reste un film dans la moyenne du reste de l'œuvre de son auteur, sans atteindre les sommets d'un Alien, d'un Gladiator ou d'un Blade Runner. La faute très certainement à un manichéisme un peu trop prononcé, surtout chez les méchants, les trois héros étant nettement plus intéressants, plus proches de l'anti-héros que du super héros. Il y'a clairement une volonté de ne pas développer les personnages du côté des terroristes, mais leur donner un peu plus d'épaisseur n'aurait pas nuit à la portée du message politique.
Mensonges d'Etat restera un des films marquant du moment... mais pas de l'année.
Amateurs d'expériences cinématographiques extrêmes, Hunger est fait pour vous. Un cœur bien accroché est indispensable avant de se décider à voir ce film. Non pas qu'il s'agisse là d'un film d'horreur gore à la Saw, mais d'un témoignage historique sur une épisode peu reluisant de l'histoire européenne récente. Un témoignage cru sur une situation proche de l'insoutenable.
Au début des années 80, les prisonniers catholiques irlandais réclament le statut de prisonnier politique auprès de Margaret Thatcher. Celle-ci restant inflexible, l'ensemble des retenus débutent alors la grève de l'hygiène... Vivant à moitié nus, sans se laver et surtout au milieu de leurs propres excréments qu'ils étalent sur les murs pour qu'il sèchent plus vite, ils s'infligent la pire des tortures. Cependant, cela est insuffisant pour diminuer la violence de leurs geôliers à leur encontre et la détermination du gouvernement britannique. Certains se décident alors d'entamer une grève de la faim.
Entendons-nous bien, il n'y a pas de voyeurisme dans Hunger. Pas de gros plan sur les détails les plus sordides, pas de volonté gratuite de choquer ou de provoquer des haut-le-cœur. Steve McQueen (non, il ne s'agit pas de l'acteur mort, mais d'un homonyme) n'a jamais cherché à éluder une réalité qui est déjà assez choquante comme cela pour ne pas avoir besoin d'en rajouter des tonnes. Et il a eu le bon goût de ne pas le faire. La seule petite faute de goût reste un interminable plan sur un gardien nettoyant l'urine accumulée dans un couloir.
Mais "l'horreur scatologique" n'est en fait rien à côté de la description de la destruction totale de l'organisme provoquée par la grève de la faim. Rarement dans l'histoire du cinéma, un processus de déchéance physique n'avait été montré avec une telle force que dans Hunger. Moins spectaculaire, ce long passage n'en est pas moins insoutenable car il montre bien qu'avec le corps, c'est tout l'individu qui sombre pour finalement disparaître dans un abîme de souffrance.
La performance de Michael Fassbender est tout simplement prodigieuse. On a du mal à croire qu'il s'agisse là d'un acteur qui aujourd'hui se porte à merveille. Il nous fait partager son calvaire d'une manière incroyablement réaliste, nous faisant espérer à chaque instant que la mort viendra au plus vite le (nous) délivrer. La performance physique montre une totale implication de l'acteur dans son rôle, dont on peut parier qu'il n'en est pas sorti totalement indemne.
Un mot enfin sur la réalisation de Steve McQueen. Il y'a une vraie démarche artistique dans la manière dont il nous rapporte ce témoignage. Mais encore une fois, il ne s'agit jamais de créer un esthétisme de mauvais goût, mais de nous faire encore mieux pénétrer dans l'horreur de la situation. On pourra peut-être lui reprocher un léger abus du plan séquence, mais à l'heure où beaucoup de films ressemblent à des clips vidéos, il est agréable de voir qu'il reste des réalisateurs ayant compris que donner l'impression au spectateur qu'il assiste réellement à la scène passe par l'effacement du réalisateur et du monteur.
Hunger n'est donc pas à mettre devant tous les yeux. Certains trouveront que cela va un peu trop loin. Mais personne ne sortira indemne de ce film. Personnellement, j'ai rarement vu une salle aussi silencieuse à la sortie d'un film. Un signe qui ne trompe pas sur son impact sur le spectateur.
18/11/2008 : Mais pourquoi a-t-il commencé si tard ?

Clint Eastwood restera à jamais un acteur de légende. Figure mythique du western, légendaire en Inspecteur Harry, il marquera à jamais les mémoires de tous les amoureux du 7ème art. Sa carrière de réalisateur fut beaucoup plus tardive, mais non moins couronnée de succès. Heureusement, il reste en pleine forme à 78 ans et continue de nous livrer des oeuvres magistrales comme l'Echange. Cependant, on ne pourra que regretter qu'il n'ait pas débuté plus tôt une carrière derrière la caméra.
L'Echange nous relate une histoire vraie (forcément très romancée) survenue dans le Los Angeles des années 20. Christine Collins revient un jour de son travail et constate la disparition de son fils. La police ne semble pas très coopérative dans un premier temps, mais quelques mois plus tard, elle lui annonce qu'il a été retrouvé. Mais le petit garçon qui descend du train n'est pas le sien. Elle tente de protester mais la police refuse alors de reconnaître son erreur et utilise tous les moyens de pression pour briser la jeune mère.
L'Echange constitue une magnifique confirmation. Pas celui du talent de Clint Eastwood, que l'on connaissait déjà, mais celui d'Angelina Jolie, dont on avait déjà apprécié tout le potentiel dans Un cœur invaincu. Elle est ici loin du rôle d'aventurière bimbo dans lequel elle est souvent cantonnée. Remarquable de justesse, son jeu nous transmet énormément d'émotion. Elle est bien sûr remarquablement dirigée, mais un telle prestation est forcément la preuve d'un talent immense. Espérons qu'il continue à être exploité dans de grands rôles dignes de lui.
La patte de Clint Eastwood est bien sûr omniprésente. On l'a déjà évoqué, elle s'exprime d'abord dans la qualité de la direction d'acteurs. Mais on la retrouve également dans l'élégance de la photographie. Pas d'effets spectaculaires mais un réel soucis esthétique, non dans un but uniquement artistique, mais avant tout pour mieux mettre en lumière les émotions qu'il dépeint. Et encore un fois chez Clint Eastwood, le plus grand mérite de l'Echange, est de concilier une intrigue consistante et rythmée, avec des personnages fouillées, débordants d'humanité aussi bien dans leurs forces que dans leurs faiblesses.
L'Echange, c'est donc également un vrai scénario riche et passionnant. L'histoire n'est pas avare de rebondissements et jamais une seule seconde, on ne se sent gagner par l'ennui. Certes, on est pas là devant une intrigue échevelée, tout comme le montage qui n'a rien d'un clip vidéo. Bref du beau et du bon cinéma, pas de l'esbroufe ou du vide maquillé par une vaine frénésie.
L'Echange est donc à la hauteur de ce que l'on peut attendre d'un film du grand Clint Eastwood. Il ne restera peut-être pas comme son oeuvre la plus marquante, mais constitue indéniablement un très beau moment de cinéma.
11/11/2008 : Moyennement démoniaque

Hellboy II : les Légions d'Or Maudites aura au moins remporté la palme de la traduction de titre la plus risible qui soit. Pourquoi traduire "the golden army" par les légions d'or maudites... Enfin bon, ce n'est pas vraiment essentiel dans la qualité d'un film me direz-vous. Mais moi, ça me dérange un peu car je vais devoir réécrire Hellboy II : les Légions d'Or Maudites plusieurs fois et ça va être très pénible... Je pourrais certes simplement écrire Hellboy II... oui mais non, j'écris toujours les titres en entier, c'est un principe et je suis un homme de principes. Et puis j'adore râler aussi...
Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à notre démon préféré. Après un premier épisode pas mal du tout, Hellboy nous revient dans de nouvelles aventures. Bien sûr, il n'échappe pas au défaut de toutes les suites, c'est à dire à la perte de l'effet de surprise. Mais la présence de Guillermo Del Toro derrière la caméra s'annonçait très prometteuse. Le résultat est certes très efficace, mais un peu décevant, vu le prestige du réalisateur.
L'histoire... Bon bah voilà, une méchante créature fantastique veut conquérir le monde, mais Hellboy va intervenir pour l'en empêcher... Ok, pour ceux qui voudraient plus de détails, il s'agit cette fois du fils du roi des elfes. Ces derniers, après avoir été tout prêts d'exterminer les humains grâce à une armée mécanique (en or et maudite bien entendue) forgée par les gobelins, ont fini par passer un pacte de paix avec nous. Mais bien des siècles ont passé et Nuada a gardé sa haine intacte contre les humains et a bien l'intention de reprendre le contrôle de l'indestructible armée pour terminer ce que son père n'a pas osé accomplir.
Bon, j'ai fait tout ce que j'ai pu pour faire croire que le scénario était complexe... En fait, il ne l'est pas du tout, reste très linéaire et se résume à un combat entre le bien et le mal. Pourtant, il y'avait un vrai potentiel. Le mysticisme ambiant n'est que très peu exploité, la magie et le mystère s'effacent aussi vite qu'ils naissent. Aucune volonté de développer une nouvelle mythologie, la légende sous-jacente n'est qu'un prétexte aux péripéties et à l'introduction des personnages. Mais le plus grand raté reste dans l'exploitation quasi absente de l'ambiguïté des personnages. Hellboy et Nuada le sont intrinsèquement, mais cet aspect n'est pas une seconde développé, de peur peut-être que cela vienne troubler le manichéisme ambiant. Du coup, le scénario s'en trouve considérablement appauvri et se contente de nous laisser apprécier les scènes d'action.
Heureusement, ces dernières sont très réussies. Les effets spéciaux sont spectaculaires, le bestiaire impressionnant et les explosions explosives... Bref, tout ce que l'on peut attendre d'une superproduction hollywoodienne. Mais reconnaissons à Guillermo Del Toro une certaine touche artistique loin d'être désagréable par les temps qui courent. On est ici loin du montage façon clip vidéo du dernier James Bond, où l'on ne distingue même plus ce qui se passe. Les scènes de Hellboy II: les Légions d'Or Maudites, même les plus spectaculaires, sont filmées dans le respect du cerveau du spectateur. Bien sûr, on est pas là à s'extasier à chaque instant devant une photographie splendide et hors du commun, mais au moins on ne ressort pas avec une migraine carabinée.
Hellboy II : les Légions d'Or Maudites est à la fois un bon divertissement, mais aussi une déception par rapport aux attentes que l'on pouvait avoir. Il meublera tout de même agréablement un soir pluvieux d'un large public, et ravira les fans malgré tout.
05/11/2008 : Poésie humaine

La frontière entre le film plein de bons sentiments lourdingue et écœurant et le vrai moment d'émotion est particulièrement fine. Il est souvent difficile de réellement expliquer ce qui fait basculer une oeuvre d'un côté ou l'autre. Mais quand la magie fonctionne, quand un supplément d'âme vient nous bouleverser, on peut assister à un grand film, même avec peu de moyens, simplement avec une magnifique histoire et des personnages merveilleusement interprétés. Nous sommes dans ce cas là avec The Visitor, le plus beau moment de poésie humaniste cinématographique depuis La Visite de la Fanfare.
Walter Vale est un professeur d'université qui, pour faire simple, se fait chier dans la vie. En fin de carrière, cela fait 20 ans qu'il donne le même cours. Veuf, il essaye tant bien que mal d'apprendre le piano. Un jour, il est envoyé contre son gré à New York pour assister à une conférence. Il y possède un pied à terre où il ne vient que rarement. A son arrivé, il a la surprise de découvrir que l'appartement est squatté par un jeune couple qui pense en être locataire en bonne et due forme. Ne voulant pas les jeter à la rue, il accepte de les héberger le temps de trouver une solution. Les membres de ce trio appartiennent à des mondes très différents, mais se retrouvent dans leur amour de la musique. Cependant, à la suite d'un incident anodin, le jeune homme est arrêté et enfermé dans un centre de détention pour clandestins. Walter Vale se décide alors à l'aider mais va se heurter à une administration déshumanisée.
Si The Visitor est un film magnifique, c'est notamment parce qu'il possède une véritable intrigue. On n'est pas dans une comédie romantique, on ne sait pas à l'avance comment l'histoire va se terminer. Cela crée une vraie tension dramatique qui maintient l'intérêt du spectateur à son maximum du début jusqu'à la fin. Bien sûr, on n'apprécie pas ce film avant tout pour son suspense, mais le fait de posséder un réel support scénaristique en fait que renforcer l'impact du message.
Comme je l'ai évoqué, il est difficile d'expliquer pourquoi l'histoire de cette rencontre fonctionne si bien, pourquoi on y croit, pourquoi elle nous émeut tellement. La performance du duo Richard Jenkins - Haaz Sleiman y est sûrement pour beaucoup, mais le tout découle d'une subtile alchimie entre tous les éléments qui composent le film. Tout est fait avec justesse, n'essayant jamais de s'appuyer sur des clichés ou de l'émotion facile et larmoyante. Thomas McCarthy n'a pas fait le choix de la facilité, mais, au final, il a fait celui de la réussite.
Ensuite, reste le message politique. Là encore, tout est fait avec mesure. Le message découle naturellement de l'histoire et ce n'est pas l'histoire qui a été construite un peu artificiellement pour faire passer le message. Il n'en a que plus de force et entraîne le spectateur dans le même sentiment de révolte que les personnages. Ceci est bien sûr d'autant plus émouvant quand on sait à quel point ce sujet est malheureusement également d'actualité en France.
The Visitor est pour moi le film américain indépendant de l'année et méritera une place de choix dans tous les palmarès de 2008.
Il est souvent difficile de rebondir après avoir innové. Le spectateur s'attend à être surpris une nouvelle fois, mais cela est évidemment très compliqué, on ne trouve pas d'idée vraiment originale tous les quatre matins. Du coup, on peut récolter beaucoup de déceptions, parfois injustes, puisqu'il était tout simplement impossible de faire aussi bien que la fois précédente. C'est typiquement le cas de Quantum of Solace, le nouveau James Bond, qui n'a pas du tout rencontré le même succès critique que son prédécesseur Casino Royale. Cet accueil mitigé est à la fois tout à fait justifié, mais aussi très sévère.
Le scénario de Quantum of Solace commence quelques minutes après là où nous avait laissé Casino Royale. James Bond est à la poursuite des responsables de la mort de Vesper, dont il était follement amoureux et qui l'a trahi. Même s'il refuse de l'admettre, ce désir de vengeance le poussera à désobéir à sa hiérarchie et à se lancer aux trousses d'une mystérieuse organisation aux ramifications étonnamment diverses et omniprésentes à bien des niveaux.
L'effet de surprise de Casino Royale est donc passé. On y retrouve un James Bond différent de ce que l'on a connu, plus dur, plus violent, plus proche du personnage de roman dont il est tiré. Mais ce coup-ci, cela ne provoque plus chez le spectateur une vive curiosité ou l'étonnement. Les fans s'impatientent. Casino Royale et Quantum of Solace nous présentent un James Bond débutant, mais beaucoup ont hâte de le voir retrouver son humour et sa classe légendaires, ses gadgets (de nouveau pas de Q à l'horizon) et sa secrétaire préférée (pas de Moneypenny au générique...). Rien de tout ça encore, et les doutes concernant Daniel Craig et sa capacité à incarner un Bond "adulte" sont loin d'être levés.
Du coup, Quantum of Solace mise énormément sur les scènes d'action. Il est sûrement le James Bond qui en compte le plus. Mais si abondance de biens ne nuit pas, trop d'action tue l'action quelques fois. Il manque à ce film une scène réellement mémorable, un moment d'anthologie comme ont pu l'être le saut à l'élastique de Pierce Brosnan dans Goldeneye ou même la poursuite à pied de Casino Royale. Bien sûr, c'est avant tout pour l'action que l'on va voir un James Bond, mais on a ici l'impression d'assister à une accumulation trop abondante pour être honnête, comme s'il y'avait un vide à cacher.
En plus de leurs nombres, les scènes d'action de Quantum of Solace ne sont pas les mieux filmées de l'histoire de la saga. On a parfois l'impression de contempler un clip vidéo survitaminé où aucun plan ne dépasse la demi-seconde. A tel point que l'on a du mal parfois à suivre réellement ce qui se passe et à comprendre d'où viennent le bruit, la fumée, les tirs et les explosions qui se multiplient. Du coup, on a parfois un peu de mal à vraiment rentrer dans l'action et à apprécier le spectacle proposé.
Mais voilà, malgré tout, un James Bond reste un James Bond. Et malgré toutes ces critiques objectives, Quatum of Solace possède une saveur particulière. Même si l'épisode est moyen, on est en plein dans la légende, le mythe... et on en redemande. En fait, ce film est avant tout frustrant. Frustrant de ne pas avoir été au niveau de Casino Royale, mais également parce qu'il marque nettement le début de quelque chose de beaucoup plus vaste et qui va occuper nos écrans pour au moins quelques décennies. Je ne dévoilerai rien ici, mais sachez que l'on sort de Quantum of Solace en ne pouvant s'empêcher de dire "vivement le prochain !"
A l'échelle de la saga, Quantum of Solace ne sera pas l'épisode le plus marquant... Mais comme on n'a droit à un James Bond au mieux tous les deux ans, on ne boude quand même pas son plaisir malgré tout !
Il est des films qui laissent quelque peu perplexe. Du coup, il est assez difficile d'en parler, vu qu'il est même difficile de dire s'il on a aimé ou pas. C'est le cas de Home, OVNI cinématographique de Ursula Meier, réalisatrice suisse qui signe là son premier long métrage d'envergure. Si la réussite du film reste à discuter, au moins, il a réussi à faire parler de lui par son originalité tout à fait remarquable.
Home nous plonge dans le quotidien d'une famille, un père, une mère, deux filles et un fils, qui vivent à moins de dix mètres de l'autoroute... une autoroute a été construit dix ans plus tôt et n'a jamais été mise en service. Elle sert donc de terrain de jeu et tout le monde est heureux, isolé du reste du monde, au calme, paisible... Mais voilà, les meilleures choses ayant une fin, l'autoroute est enfin mise en service et la petite maison devient vite invivable. Cependant, plutôt que de se décider à partir, la famille préfère sombrer peu à peu dans une forme de plus en plus aiguë de folie.
Home est d'un intérêt cinématographique incontestable. Filmer l'oppression du bruit, la maison qui vibre à chaque passage d'un camion, ses effets sur les personnages et leur santé mentale a fait l'objet d'un travail de la part d'Ursula Meier absolument remarquable. Décrire un bonheur qui se délite peu à peu pour laisser place à un enfer est un exercice nullement original. Mais le contexte et la manière dont est rendu le caractère graduel du basculement dans une folie absurde fait de Home un extraordinaire exercice de style...
... mais voilà, on a du mal à y voir autre chose qu'un exercice de style justement. Personnellement, je ne suis jamais vraiment rentré dans cette histoire trop invraisemblable pour être crédible. La vraie faiblesse réside dans la description des raisons qui poussent cette famille à vouloir rester. Tout cela est mince, le spectateur a du mal à vraiment comprendre. Du coup, on ne compatit pas, le sort des personnages nous agacerait plutôt. On leur en voudrait presque de s'infliger ça et du coup, de nous infliger la contemplation de la destruction de leur bonheur familial.
Heureusement, le tout est porté par de remarquables acteurs. Si on connaît depuis très longtemps l'immense talent d'Isabelle Huppert, Olivier Gourmet confirme ici qu'il est lui aussi désormais l'égal des plus grands. On l'a souvent vu récemment dans des rôles très différents et toujours avec la même réussite. On notera aussi la très belle interprétation de la jeune Madeleine Budd, dans un rôle pourtant pas facile du tout.
Home est donc fait pour tous ceux qui aiment les films résolument différents. Le film possède assez de qualités d'un point de vue cinématographique pour faire le bonheur de beaucoup. Mais il reste d'un abord un peu difficile, alors il en décevra d'autres.
29/10/2008 : Expérience extrême...

Comme je l'avais déjà évoqué dans ma critique de Coluche, l'histoire d'un mec, le cinéma français a longtemps été incapable de parler de l'histoire contemporaine de notre pays. Les choses sont réellement en train de changer et on ne peut que s'en réjouir. Un nouvel exemple nous vient du très attendu Mesrine, l'instinct de mort. Et comme la réussite est au rendez-vous, la sortie de ce film constitue réellement une très bonne nouvelle.
Etant le premier volet d'un film qui en comptera deux, Mesrine, l'instinct de mort raconte donc la première partie de la vie de Jacques Mesrine... Et là tout le monde se lève et m'applaudit bien fort... Enfin remarquez, ce n'est pas si bête que ça, Jean-François Richet aurait pu choisir un montage multipliant les allers et retours entre les époques, comme dans la Môme. Non, ici, à part la scène d'introduction, tout est linéaire, le film début aux débuts des années 60 pendant la guerre d'Algérie, se terminant au début des années 70. On découvrira donc comment on devient l'ennemi public numéro 1.
Je commencerai par un petit reproche. Ce que je viens de dire n'est malheureusement pas si vrai que ça. En effet, Mesrine, l'instinct de mort nous présente les évènements factuels de la vie du personnage. Pour faire avancer l'intrigue, ils s'enchaînent, éludant parfois d'un coup plusieurs années. On regrettera peut-être que l'histoire de prenne pas un peu plus de temps pour nous faire découvrir ce qui a pu pousser quelqu'un à devenir un être si froid et monstrueux.
D'un autre côté, c'est peut-être ça qui a évité à Mesrine, l'instinct de mort de sombrer dans le travers qui aurait été de rendre Jacques Mesrine sympathique, de le présenter comme une victime d'évènements qui l'ont conduit à devenir ce qu'il fut. Il n'en est rien, le film reste réellement neutre à ce niveau-là, sans apporter de jugement. Et l'horreur de certains actes commis suffisent à nous prévenir de toute compassion déplacée à l'égard du criminel. Il s'agit donc là plus d'un film sur ce que fut la vie de Jacques Mesrine, que sur Jacques Mesrine lui-même, ce qui a évite toute subjectivité mal venue.
D'un point de vue purement cinématographique, Mesrine, l'instinct de mort est une vraie réussite. Rythmé, parfaitement réalisé, ce film allie l'efficacité avec un réel intérêt historique. Les scènes de violence sont spectaculaires, mais évitent tout esthétisme qui lui-aussi aurait été totalement déplacé. Elles restent surtout d'un réalisme qui nous rappelle que l'on est pas là devant une pure fiction ou un pur divertissement. Jacques Mesrine n'a jamais été Rambo, même quand il part à l'assaut d'une prions de haute sécurité canadienne.
Enfin, Mesrine, l'instinct de mort est une réelle réussite parce que Jean-François Richet a remarquablement dirigé Vincent Cassel dans son incarnation de Jacques Mesrine. On retrouve bien les tiques et mimiques habituels chez cet acteur, qui n'en est pas à son premier rôle de bad boy. Mais son jeu va bien plus loin que son registre habituel. Vincent Cassel a mis son talent au service de son personnage et non l'inverse. Il est réellement devenu Jacques Mesrine, même si la transformation physique est moins spectaculaire que pour un François-Xavier Demaison dans Coluche, l'histoire d'un mec.
Mesrine, l'instinct de mort est donc un film rare pour le cinéma français. Très souvent, quand le cinéma hexagonal s'aventure hors de ces domaines de prédilection, il se plante. C'est loin d'être le cas ici et c'est une vraie bonne raison pour attendre le second volet avec impatience.
Il est des expériences dont il est difficile de se remettre. Ceci est particulièrement vrai évidemment, lorsque cette expérience est douloureuse. Plusieurs jours ont passé, je peux enfin parler de ce que j'ai vécu ce soir là. Ce n'est pas facile, tout n'a pas encore cicatrisé. En sortant, j'avais les yeux qui brûlaient, les oreilles qui saignaient et j'ai peur que tout recommence rien qu'en repensant à tout ça. Allez, je vais être fort, prendre mon courage à deux mains, rassembler tout mon énergie et mon abnégation pour vous parler de cette monstruosité qu'est Mamma Mia !
Bon allez, j'exagère un tantinet... mais à peine ! Ce n'est pas tant que Mamma Mia ! soit le pire film que je n'ai jamais vu. Il m'est arrivé de m'ennuyer beaucoup plus que cela, d'avoir mal pour des acteurs faisant preuve d'une médiocrité désespérante, mais c'est la première fois que je suis littéralement agressé par un film. Oui, le mot est juste, Mamma Mia ! n'est pas un film, c'est une agression !
Deux mots de l'histoire pour ceux que ça intéresse quand même. Une espèce de post-ado de 20 ans est sur le point de se marier sur une île plus ou moins paradisiaque de la mer Egée. Elevée par sa mère, elle ignore qui est son père. Mais un jour, elle tombe sur le journal intime que sa mère tenait deux décennies plus tôt. Cela lui permet d'identifier trois candidats possibles à la paternité. Et sans en toucher mot au futur mari ou à sa mère, elle se décide à les inviter tous les trois à son mariage.
Au-delà de l'histoire de départ, il est quand même important de préciser que Mamma Mia ! est une comédie musicale où toutes les chansons sont des tubes d'Abba. Je tiens à préciser que là ne réside pas le problème avec ce film. Certes, je ne voue pas un culte spécial au plus célèbre des groupes suédois. Mais ee pense tout même que ce sont certainement eux qui ont fait ressembler le plus le disco à de la vraie musique (d'ailleurs, je suis en train d'en écouter pour me mettre dans l'ambiance). Mais bon, on va reparler plus loin de la manière dont est traitée leur musique dans ce film.
Tout respire la laideur dans Mamma Mia ! Tout est faux et vulgaire à force de vouloir être beau et glamour à tout prix. Il suffit de regarder le sourire de la jeune Amanda Seyfried, la jeune héroïne... Ce sourire artificiel, ces dents blanches comme passées à la cire, parfaitement alignées comme taillées au laser, n'ont rien d'humains. Ils sont même monstrueux, puant la superficialité, le rêve bon marché de la perfection physique à en vomir. Globalement, le jeune couple, sorte de modèle aryen caricatural, donne l'image d'un idéal tout ce qu'il y'a de plus détestable.
Toute cette laideur est filmée avec une frénésie insupportable, qui au lieu de cacher la misère, la sublime, la décuple. Cela donne la nausée... Et quand je dis ça, je suis réellement à peine ironique. Comme je l'ai évoqué tout à l'heure, ce film dégage une agressivité visuelle hors du commun, vous jetant sa laideur en pleine face comme le pire film de propagande, comme si laver le cerveau du spectateur était sa seule chance de le faire échapper au dégoût.
Et encore, je n'ai pas parlé du pire... Non, je ne parle pas ici de la vision que donne ce film de la Grèce, qui mériterait qu'Athènes bombarde Washington dans l'heure. Non, je parle de la bande-son... Et pour une comédie musicale, c'est tout de même un petit peu embêtant ! Ola Brunkert, le seul Abba a être décédé, doit être en train de faire de tours sur lui-même dans sa tombe... Parler de massacre est un mot trop faible pour décrire l'horreur auditive que représente Mamma Mia ! Un grand acteur en a d'ailleurs perdu toute crédibilité en se couvrant de ridicule. Pourtant, lui n'a pas les dents tout à fait droites, il est poilu, il aurait pu donc relever le niveau ! Mais à la place, il a fait hurler de rire la planète entière en donnant sûrement le plus pitoyable tour de chant d'un acteur d'une comédie musicale. Je peux vous dire que le mythe de James Bond en prend un coup dès que Pierce Brosnan ouvre la bouche pour pousser la chansonnette. Perso, je chante faux, et bien j'ai été heureux d'apprendre que j'avais encore mes chances d'être la star d'un comédie musicale.
Mamma Mia ! n'est pas donc pas qu'un mauvais film. C'est une arme de destruction massive qui devrait être interdite par la convention de Genève et ouvrir le droit à un congé maladie longue durée pour tous ceux qui ont eu la douleur de le voir !
26/10/2008 : Tonnerre de rires et d'applaudissement

Le cinéma hollywoodien nous a livré depuis quelques années quelques "biopics" où l'on a pu apprécier des mimétismes entre des acteurs et les personnages qu'ils interprétaient : Jamie Fox en Ray Charles ou Forrest Whitaker en Amin Dada notamment. Il manquait une telle performance pour le cinéma français. Nous avons d'abord eu droit à Marion Cotillard, oscarisée pour être devenue Edith Piaf. Voici désormais François-Xavier Demaison en Coluche. Preuve qu'en talent pur, nos acteurs hexagonaux n'ont rien a envié à leurs collègues d'outre-atlantique.
Coluche, l'histoire d'un mec ne raconte pas la vie de Coluche dans son ensemble, mais sa campagne présidentielle avortée en 1981. Il ne s'agit que de quelques mois de son existence, mais les quelques mois sûrement les plus mythiques. On appréciera ce choix car il permet de réellement comprendre ce qui s'est passé (même si tout ça est forcément quelque peu romancé), d'explorer en profondeur la personnalité de l'artiste une fois que le maquillage de clown est tombé.
La grande force de Coluche, l'histoire d'un mec est d'être sans complaisance. Ce n'est en rien un hommage au grand comique qu'il fut. On retient de lui la création des Resto du Cœur, l'image d'un homme généreux. Cette image est loin d'être fausse, elle est tout simplement réductrice. Rien n'est parfait dans ce bas monde, Coluche ne l'était pas. Ce film nous montre un homme complexe, parfois incapable de contrôler ce qu'il a lui-même lancé et, surtout, qui devient parfois ce qu'il prétend combattre. Cela le rend beaucoup plus humain. On ne sort pas de ce film en se disant que, finalement, Coluche n'était pas un mec si bien que ça. On le comprend mieux simplement.
Ne pas avoir nié le côté "sombre" du personnage donne à Coluche, l'histoire d'un mec une grande crédibilité. Et surtout un réel intérêt historique sur cet épisode saugrenu et légendaire de la vie politique française. Il n'est pas sans enseignement sur les rouages du pouvoir, même si le contexte a depuis évolué. Antoine De Caunes a vraiment eu la volonté de traiter le sujet avec le plus grand recul et la plus grande impartialité. On ne peut que l'en féliciter car cela donne réellement une dimension supérieure à son film.
Le scénario est très riche. On regrette parfois de ne pas avoir le temps de bien comprendre qui sont la foule des personnages qui tournent autour de Coluche en ces temps de campagne électorale. Mais cette densité découle d'une réelle volonté de voir l'intrigue avancer constamment. On ne s'ennuie donc pas une seule seconde, que l'on soit admirateur du personnage ou non, que l'on s'intéresse à la vie politique ou non.
Evidemment, le film n'aurait pas fonctionné si l'acteur chargé d'interpréter Coluche n'avait été à la hauteur. On l'a évoqué, la mode est aux incarnations de personnages historiques. Cependant, il ne faut en être blasé et saluer la performance de François-Xavier Demaison comme elle le mérite. Au delà, de la simple ressemblance physique, il y'a aussi les expression qu'elles soient verbales ou gestuelles. On n'imagine sans peine l'immense travail qu'il y'eu derrière. Rien que pour cela, il mérite notre admiration... Mais c'est surtout le talent dont il a fait preuve qui la force.
Coluche, l'histoire d'un mec est donc un "biopic" particulièrement réussi. Nullement hagiographique, il nous fait découvrir le personnage sous un jour nouveau, mais qui ne fera que renforcer notre admiration pour l'être humain.
Une autre mode cinématographique, purement hexagonale celle-là, consiste à adapter à l'écran des romans d'Agatha Christie. En à peine un peu plus de trois ans, nous avons eu droit sur nos écrans à Mon Petit Doigt m'a dit, l'Heure zéro et Le Grand Alibi. Nous avons droit désormais droit à le Crime est notre Affaire qui est, pour moi, le meilleur de la série pour l'instant. Pourquoi un tel engouement pour la romancière britannique ? Je l'ignore, c'est assez surprenant en effet, mais pas vraiment une mauvaise idée.
Dans le Crime est notre Affaire, nous retrouvons Prudence et Bélisaire Beresford, déjà héros de Mon Petit Doigts m'a dit. Ils coulent désormais une retraite paisible, bien trop paisible au goût de madame, dans les Alpes. Cette dernière prend comme une bénédiction lorsqu'une de ses tantes est témoin d'un meurtre à travers la vitre du train qui dépasse le sien. Malgré l'absence de corps et de disparition signalée, l'intrépide Prudence décide de creuser l'affaire, ce qui la conduira à la propriété des Charpentier, famille où les relations sont quelque peu intéressées.
Les amateurs d'Agatha Christie retrouveront le décor classique de ses romans : une grande demeure, des personnages ayant tous un intérêt au meurtre, mais évidemment un seul coupable. Au milieu d'eux, un élément étranger, perturbateur, fouineur et curieux qui à force de persévérance finira par découvrir le vérité. Donc aucune surprise de ce côté-là. A la fois adapter Agatha Christie, sans faire du Agatha Christie n'aurait aucun sens, ni aucun intérêt.
La grande force de le Crime est notre Affaire, ce sont ses personnages, au premier rang desquels le couple Catherine Frot et André Dussolier. Ils étaient déjà au centre de Mon Petit Doigt m'a dit, mais cette fois, la mayonnaise prend beaucoup mieux. Savoureusement cabotins, ils en font parfois un peu trop dans la fantaisie, mais c'est plus par excès d'enthousiasme que par volonté de tirer la couverture à eux. Ils s'amusent visiblement, donnant vie à leur personnage pour le plus grand bonheur des spectateurs.
Mais les coupables potentiels sont aussi là pour leur donner la réplique avec talent. Claude Rich, en vieil avare, s'en donne lui aussi à cœur-joie, même s'il pousse parfois un peu le trait. Mais l'autre grande performance remarquable de le Crime est notre Affaire est à mettre au crédit de Chiara Mastroiani, sûrement le rôle le moins flamboyant, mais sûrement celui interprété avec le plus de justesse.
Enfin, reste le déroulement de l'intrigue. Bien sûr, les habitués du genre (ou ceux qui ont lu le livre bien entendu) n'auront guère de mal à deviner avant l'heure qui est le coupable. Mais les néophytes pourront se faire surprendre par ce renversement de situation que rien n'annonce. Je l'ai dit, tout cela est très classique, mais fort bien mis en scène et chacun y trouvera son plaisir.
Le Crime est notre Affaire est un vrai divertissement criminel, délicieusement désuet, mais surtout remarquablement interprété.
Les grosses comédies qui tâchent sont généralement soit très drôles, soit très mauvaises. Les bande-annonces nous montrent souvent les quelques passages vraiment drôles et vus les campagnes marketing qui vont avec ce genre de film, on a vu tout le film avant même d'avoir acheté son billet. Bref, on perd son temps et son argent. On pouvait le craindre également pour Tonnerre sous les Tropiques. Mais l'excellent accueil qu'a reçu ce film m'a totalement rassuré. Et je dois dire que ce dernier est totalement mérité car il y'avait longtemps que je n'avais pas autant ri au cinéma.
Tonnerre sous les Tropiques nous plonge au cœur d'un tournage qui rassemble un acteur de films d'action proche du has been, un chasseur d'Oscars qui s'est fait carrément pigmenté la peau pour être à fond dans son rôle, un acteur de comédies faisant passer celles d'Eddy Murphy pour du Goddard et un rappeur surtout préoccupé par la promotion de la sa nouvelle boisson. Bref, le casting est annonciateur d'un film catastrophique. Alors pour que chacun rentre bien dans son rôle, le réalisateur décide de les mettre en situation en les lâchant dans la jungle comme le commando qu'ils sont censés interprété... Le tout restant parfaitement sous contrôle... Sauf qu'évidemment, rien ne va le rester !
Pour être réussie, un telle comédie doit faire l'objet d'une direction d'acteurs à toute épreuve, pour éviter que les acteurs sombrent dans le cabotinage lourdingue. Et on pouvait craindre le pire à ce niveau-là puisque Ben Stiller est à la fois l'acteur principal et le réalisateur. Et bien, on ne peut que saluer le travail de Ben Stiller réalisateur qui a su parfaitement maîtriser le talent de Ben Stiller l'acteur. Tout comme il a parfaitement canaliser l'énergie de Jack Black ou les mimiques de Robert Downey Jr.
Et puis Tonnerre sous les Tropiques est beaucoup plus subtil qu'il n'y paraît. C'est un de ces films qui s'adressent discrètement aux cinéphiles. Il s'agit là d'une parodie du monde du cinéma et des codes du cinéma commercial hollywoodien. Certains moments peuvent paraître vraiment premier degré, mais sont en fait des parodies du premier degré de ces films. Bref, il faut bien être capable de voir le second degré derrière le premier apparent... Euh, je sais pas si c'est bien clair ce que je suis en train d'expliquer... En tout cas, cet aspect du film est très réussi et on s'amuse à deviner les clins d'œil à des films connus que l'on retrouve ça et là.
Ensuite, reste le pouvoir comique brut, qui tient essentiellement dans le jeu des acteurs. Comme je l'ai dit, ils ont été remarquablement dirigés, ils donnent donc toute la mesure de leur talent. Ben Stiller est vraiment excellent, confirmant qu'il est, avec Steve Carell, le plus grand talent comique du cinéma américain. Un ton en dessous, on retrouve Jack Black. Le rôle est déjà à la base moins intéressant, mais le jeu de l'acteur est lui aussi moins subtil. Enfin Robert Downey Jr joue... C'est déjà une grande nouvelle ! Plus sérieusement, il nous livre, pour une fois, une performance qui va au-delà des simples mimiques de beau gosse. Et il le fait bien !
Tonnerre sous le Tropiques est donc un film drôle, vraiment drôle et surtout beaucoup plus riche qu'il n'y paraît.
23/10/2008 : Politiquement très incorrect

Il y'a des films qui pourraient n'être que des films très quelconques s'il n'avait ce petit détail qui en font des films qu'on oubliera pas. Harcelés sera de ceux-là par le renversement des valeurs habituelles qu'il présente. On est là dans un politiquement incorrect assez étonnant, quand les autres aspects plus purement cinématographiques le sont beaucoup moins.
Harcelés a pour trame de fond le racisme. Mais on est loin du cinéma de Spike Lee ou de A l'Ombre de la Haine. Car ici, le racisme n'est pas un vecteur d'oppression de la communauté noire. Non, ce film raconte comme un policier afro-américain harcèle ses nouveaux voisins, coupables de former un couple interracial. Harcelés est donc un film sur le racisme anti-blanc !
Harcelés a au moins le mérite de rappeler que la seule valeur vraiment universelle est malheureusement la connerie, dont le racisme est une des pires expressions. La bêtise humaine n'a donc rien à voir avec la race, il n'y a donc pas de raison de ne pas parler de ce problème dans ce sens là. Cela bouscule quelque peu les idées reçues et cela est particulièrement rafraîchissant. Harcelés procure la sensation rare de voir quelque chose que l'on n'a pas l'habitude de voir.
Ce n'était pourtant pas évident au départ, car le reste est beaucoup plus convenu. Les rapports s'enveniment peu à peu entre les jeune couple et leur charmant voisin, avant un final qui ne réserve pas de grande surprise. Mais bon, le film se laisse regarder grâce à un Samuel L. Jackson excellent dans ce rôle de psychopathe névrosé. Pour une fois, on aurait presque l'impression qu'il se donne la peine de nous livrer une vraie composition.
En face de lui, le couple interprété par Kerry Washington et Patrick Wilson est, par contre, beaucoup plus fade. C'est d'ailleurs ce qui empêche vraiment le film de décoller et de dépasser définitivement le stade du bon téléfilm. Si on ajoute à ça une réalisation qui se contente tout juste d'être efficace, on se dit que Harcelés n'auraient vraiment pas marqué les esprits sans le petit plus mentionné au début.
Harcelés n'est pas donc pas du tout un film indispensable. Il peut permettre de passer un bon moment tout de même et, reconnaissons-le, pourra réellement titiller la curiosité des amateurs de contre-pieds cinématographiques.
Je ne suis vraiment pas fan des films qui vous expliquent que les gens simples sont en fait formidables. Je ne crois pas que le manque d'intelligence soit une vertu, ou, tout du moins, soit un gage de valeur humaine supérieure à la moyenne. Et puis, de manière générale, je suis assez allergique à tout ce qui dégouline de bons sentiments dénués de toute subtilité. C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai été voir Séraphine, un film racontant l'histoire vraie d'une peintre du début du XXème siècle dont le QI était inversement proportionnel au talent.
Plus que sa vie, Séraphine raconte sa rencontre avec Wilhem Ude, riche marchand d'art qui va reconnaître son talent alors qu'elle n'est que la domestique simplette de toute un village. Une relation forte va se nouer entre les deux, une relation ambiguë, même si une abîme les sépare et les séparera jusqu'à la fin. La folie douce de Séraphine lui procure son talent, mais rend une partie d'elle-même inaccessible aux autres.
Filmer la peinture est un art toujours difficile. On ne peut raconter la vie d'un peintre sans donner un aperçu de ses oeuvres. Mais la peinture est un art forcément statique quand le cinéma demande du mouvement pour exister. On a vu, comme dans Frida par exemple, certains réalisateurs faire preuve de beaucoup d'imagination pour mettre en valeur les oeuvres des artistes dont ils racontaient la vie. Ici, rien de spectaculaire car le processus de création n'est pas vraiment mis en scène. Le film insiste beaucoup sur l'amont. Il raconte longuement comment cette artiste hors norme prépare ses couleurs à partir de diverses substances qu'elle récupère ici où là. Du coup, on vit la peinture de Séraphine presque autant avec le toucher que la vue. Les couleurs ne sont pas ici une pâte uniforme qui sort d'un tube, mais quelque chose dont on peut imaginer la texture ou encore l'odeur. Le travail de Martin Provost, le réalisateur, dans ce domaine est donc réellement intéressant.
Je ne serai pas du tout étonné que Yolande Moreau soit nominée aux Césars pour ce rôle. Jouer les simplets ou les fous est toujours un peu casse-gueule. Soit on est très bon, soit on en fait trop et on est passablement ridicule. Ici, l'ancienne Deschiens est absolument parfaite. Elle utilise à merveille son air ahuri qu'on lui connaît, mais en lui donnant ici beaucoup plus de profondeur et de subtilité. Elle n'égalera peut-être pas le Dustin Hoffman de Rain Man, mais tout de même, une performance de ce niveau n'est pas donné à tout le monde.
En face d'elle, Ulrich Tukur lui donne merveilleusement bien la réplique. Son rôle aurait pu facilement s'effacer devant le rôle de composition de Yolande Moreau. Le film en aurait été considérablement appauvri, mais il n'en est rien. Il campe parfaitement le rôle de cet homme qui va tenter de communiquer avec cette simple d'esprit que tout le monde méprise. De nationalité allemande (le film commence en 1914), homosexuel, il sait ce que veut dire subir le regard des autres. Rendre naturelle cette rencontre quelque peu inhabituelle n'était pas gagné d'avance, mais le duo fonctionne à merveille par le talent de ses deux interprètes.
Ensuite, reste l'intrigue en elle-même. Malheureusement, c'est là que réside quelque peu la faiblesse de Séraphine. Si l'émotion passe merveilleusement bien, il manque tout de même un soupçon d'épaisseur narrative pour vraiment passionner le spectateur. On est ému un peu, intéressé beaucoup, mais jamais vraiment totalement happé par l'intrigue. Heureusement, jamais les bons sentiments ne viennent alourdir l'histoire. Le fossé entre les deux reste à jamais immense et il aurait été ridicule qu'il en soit autrement.
Séraphine était un pari osé que Martin Provost a tout de même très bien réussi. Le film aurait pu être facilement très mauvais, ne lui jetons donc pas le pierre parce qu'il n'est que très bon.
20/10/2008 : Scaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarlet !!!

La dernière rencontre à l'écran de Robert De Niro et Al Pacino nous avait laissé un grand film : Heat de Michael Man. Les voilà à nouveau réunis, sous la caméra de Jon Avnet cette fois-ci, dans La Loi et l'Ordre. Je pense que là encore, les spectateurs qui auront payé leur place pour voir ce film s'en souviendront longtemps... De la rage d'avoir dépensé autant d'argent pour voir une telle bouse.
Bon, que ceux qui voudraient quand même voir La Loi et l'Ordre sautent ce paragraphe. Le film commence par un enregistrement vidéo où Robert De Niro avoue être un tueur en série. Or, ce dernier est commissaire de police, travaillant en duo avec Al Pacino. Le film est en flash-back par rapport à la vidéo. Les deux flics sont donc chargés d'une enquête où peu à peu les soupçons s'accumulent sur le dos de De Niro... Sauf qu'évidemment, on se doute bien que ce n'est pas lui le coupable (sinon où serait l'intérêt du film et le rebondissement final obligatoire dans ce genre de production ?)... Surtout que le réalisateur fait preuve d'une grande imagination pour ne jamais nous montrer le visage du tueur (alors qu'on est censé déjà savoir qui c'est). Et donc, si ce n'est pas De Niro... bah c'est forcément Al Pacino... Donc zéro suspense, retournement de situation bidon, ennui profond.
Si au moins ces deux immenses acteurs nous livraient une performance inoubliable... Même pas ! Ils n'y croient pas une seule seconde, cabotinant vaguement pour tenter de meubler le vide profond de cette histoire cousue de fil blanc. Non pas qu'il soit mauvais, ils sont trop talentueux pour ça, mais ils y mettent tellement peu de cœur que l'on compatit à leur sort et partage leur envie apparente que tout cela se termine au plus vite.
Rien ne vient sauver la Loi et l'Ordre du désastre. Ni la profondeur des personnages, qui n'est, justement, pas particulièrement profonde. Encore moins l'intérêt de la réflexion sur la justice quasiment absente. Le tueur n'assassine que des voyous et considère qu'il accompli un acte juste et utile. Mais jamais le film ne prend parti, n'essaye de creuser la question plus loin que les besoins immédiats de l'intrigue. Du coup, la morale de l'histoire reste d'une ambiguïté plus que douteuse. Enfin la réalisation sans imagination vient ajouter sa pierre à l'édifice de médiocrité que représente la Loi et l'Ordre.
La Loi et l'Ordre est donc un vrai mauvais film sur lequel il n'est pas besoin de s'étendre.
Le talent de Luc Besson en tant que producteur semble inversement proportionnel à son talent de réalisateur. S'il fait lui-même d'excellents films, il finance moult grosses productions médiocres et décevantes. En voulant faire du cinéma hollywoodien en France, il nous livre généralement des oeuvres qui, au lieu de prendre le meilleur de chacun, prend le pire... Alors quand une de ses productions sort quelque peu du lot, on se réjouit. C'est le cas avec Go Fast, film policier survitaminé, mélange de Fast and Furious et la Haine... mais surtout un énorme plagiat !
Vous avez vu la saison 2 d'Engrenages, l'excellente série française ? Et bien, vous donc déjà vu Go Fast. Tout y est, la planque dans la cité, le flic maghrébin infiltré, la villa en Espagne et surtout la drogue remontée à toute allure sur les autoroutes françaises et espagnoles. Un tel niveau de recopiage est quand même assez flagrant pour être remarqué. Ca en est même très surprenant.
Mais bon, abstraction faite de cela, Go Fast reste un très bon film. Bien sûr, rien de bien profond ou de très intellectuel, mais un vrai film d'action, rythmé et spectaculaire comme le cinéma français nous en livre relativement peu, surtout des aussi réussis. On ne s'ennuie jamais une seconde, les péripéties s'enchaînent à la vitesse d'une grosse cylindrée. Les méchants sont méchants, les gentils sont gentils, bref du lourd, du caricatural, mais le film ne nous laisse pas du tout le temps de trop y penser alors tout ça passe comme un lettre à la Poste.
La réussite de Go Fast tient également à la brillante performance de Roschdy Zem, qui s'affirme de plus en plus comme un des tous meilleurs, et surtout polyvalents, acteurs français. Il réussit à donner ce petit supplément d'épaisseur et d'âme à son personnage qui donne au film un intérêt un tout petit supérieur au simple enchaînement de scènes d'action spectaculaires. Bon, ça ne lui vaudra pas un César, mais il se donne à fond dans son rôle et ça fait réellement plaisir à voir. Rares sont les acteurs français à l'aise dans ce genre de rôle, Roschdy Zem est, lui, comme un poisson dans l'eau.
On pourra simplement regretter que le scénario n'est été un tout petit peu plus étoffé. D'ailleurs, il y'avait largement la place car le film est étonnement court (environ 1h30). Bien sûr, cela contribue à l'impression de rythme soutenu du scénario, mais il y'avait tout de même largement la place de développer certains aspects sans alourdir le film le moins du monde. Mais bon, Go Fast se veut avant tout à grand spectacle et à ce niveau là, rien à dire !
Personnellement, l'aspect plagiat me dérange un peu, même si je dois reconnaître à Go Fast bien des qualités rarissimes dans des productions hexagonales !
Le problème lorsque l'on attend beaucoup d'un film, c'est qu'on est beaucoup plus facilement déçu que pour un film dont on n'attend rien. Et ce, même si le film reste intrinsèquement bon. Il est alors difficile après cela d'écrire une critique objective et faisant abstraction des idées qu'on avait pu se faire sur le film avant de le voir. C'est mon cas pour Vicky Cristina Barcelona, le dernier film de Woody Allen.
Vicky Cristina Barcelona est le récit d'un rectangle amoureux entre un peintre espagnol, débordant de sensualité, son ex-compagne, qui présente une personnalité quelque peu instable, et deux touristes américaines. Enfin, on pourrait même considérer cela comme un pentagone ou un hexagone amoureux, quand on compte le fiancé de l'une d'entre elles, ou encore un beau jeune homme qu'elle croise dans un cours du soir d'espagnol. Cela représente donc beaucoup de possibilités. Bref, on assiste à un méli-mélo amoureux proche de l'inextricable dont il serait dommage de dévoiler quoique ce soit ici.
Le moins que l'on puisse dire c'est que de nombreuses critiques furent particulièrement dithyrambiques. Le bouche à oreille fut également, de mon côté, un très efficace moyen de promotion pour Vicky Cristina Barcelona. J'en espérais donc énormément, surtout quand on connaît le talent de Woody Allen et l'admiration que j'ai pour lui. Ce film est certes très réussi, mais j'ai attendu pendant toute la séance de ressentir l'enthousiasme que l'on m'avait promis... en vain, je dois bien l'avouer.
En termes de badinage amoureux, il faut bien admettre que l'on a rarement fait mieux que Vicky Cristina Barcelona. Déjà parce que les personnages, et surtout les acteurs qui les interprètent, sont incroyablement débordants de sensualité. Au premier rang d'entre eux, Javier Barden ! Et c'est tant mieux, car le film n'aurait vraiment pas fonctionné si l'attirance ressentie par toutes ces demoiselles n'avaient pas été une seule seconde crédible. Il confirme également qu'il est un vrai acteur mimétique, tels Johnny Depp ou Russel Crowe, car physiquement, il semble un tout autre homme que dans No Country for Old Men.
Du côté féminin, Rebecca Hall et Penelope Cruz sont au top, dans des styles très différents. L'une est, en apparence tout du moins, sage, raisonnable et timorée, l'autre est exubérante, imprévisible et incontrôlable. Mais les deux ont mis tout leur talent dans ces rôles dans lesquels elles se sont totalement investies. Il s'agit là d'une nouvelle preuve qu'il y'a peu de réalisateurs capables de rivaliser avec Woody Allen sur ce qui est de la direction d'acteurs.
Mais si Vicky Cristina Barcelona déborde autant de sensualité, c'est avant tout grâce à la présence à l'écran de la sublime, la merveilleuse, la troublante, la voluptueuse, la voluptueuse, la voluptueuse (j'ai déjà dit ça non ?) Scarlett Johansson. Elle est l'érotisme faite femme, comme fut Marilyn Monroe en son temps. Un sex-symbol au vrai sens du terme. Et comme ce film parle tout de même avant tout de sexe, elle était réellement faite pour ce rôle. Son pouvoir de séduction réveillerait un mort, un pouvoir de séduction à l'état brut, titillant à chaque instant le mâle qui est en nous. Vous me direz, elle fait cet effet à peu près à chacune de ses apparitions à l'écran, mais, ici, tout cela prend des proportions rarement vues.
Qu'il y'a t'il donc à reprocher à Vicky Cristina Barcelona ? Et bien, j'ai trouvé que tout cela manquait quelque peu de sens. Certains y ont vu une formidable réflexion sur l'amour, les sentiments et les incertitudes que cela engendre. Il est vrai que chacun des personnages cherchent quelque chose au-delà des relations qu'ils peuvent nouer dans ce film. Mais bon, j'ai trouvé tout cela quelque peu artificiel et nettement moins convaincant. Bref, on voit très bien pourquoi ils ont tous envie de coucher les uns avec les autres, beaucoup moins pourquoi ils ont autant d'états d'âme. Certains personnages, notamment ceux interprétés par Rebecca Hall et Penelope Cruz, sont assez caricaturaux dans leurs rapports affectifs. Je suis donc resté un peu sur ma faim, trouvant que tout cela n'a pas permis de donner un réel souffle qui aurait dépassé le badinage amoureux.
Globalement, Vicky Cristina Barcelona reste un film remarquable, et remarqué ! Mais aussi un tout petit peu frustrant, n'ayant peut-être pas su aller au bout de ses idées... et plus loin que son incroyable sensualité !
10/10/2008 : Une perle de Palme

Vous avez détesté l'Esquive ? Vous vous êtes endormi devant 95% des Palmes d'Or ? Bref, vous êtes un être humain normalement constitué. Et bien, malgré tout cela, je ne peux vous conseiller qu'une chose : précipitez-vous pour aller voir Entre les Murs !
Entre les Murs nous plonge dans une classe de 4ème d'un lycée un peu difficile du 20ème arrondissement de Paris, où un jeune professeur de français tente de comprendre ses élèves, malgré les multiples barrières sociologiques et culturelles. Il les bouscule, utilise parfois leur propre langage, flirtant plus d'une fois avec le dérapage. Si on peut penser qu'il s'agit là d'un documentaire, Entre les Murs est bien une fiction où les élèves ne jouent pas (tout à fait) leur propre rôle.
Entre les Murs est un concentré de vie à l'état brut. L'ambiguïté sur le fait qu'il s'agisse ou non d'un documentaire résume bien l'incroyable force de ce film. Rarement fiction n'a semblé si réelle. Rarement l'immersion dans un univers ne fut si réussie. Entre les Murs est véritablement une oeuvre rare, ce qui explique son fulgurant succès auprès du public et de la critique. Pas de scénario élaboré, pas de grands acteurs, peu de moyens, mais du bonheur pur ! La Palme d'Or est amplement méritée. Le pari était osé, la surprise fut totale, le résultat dépasse toutes les espérances de ses créateurs.
A mon sens, la vraie force d'Entre les Murs, c'est d'avoir refusé de travestir ce qu'est la réalité d'une telle situation. On a beaucoup polémiqué autour des méthodes pédagogiques quelques peu originales de François Bégaudeau. Mais n'allez pas croire qu'au final, tout se termine dans un happy end, où les enfants prendraient soudain conscience de l'importance de l'école et où ils deviendraient tous de merveilleux élèves disciplinés et motivés. Entre les Murs est un film sur des barrières, et jamais ces barrières ne tombent réellement.
Mais Entre les Murs n'aurait pas connu un tel succès sans la formidable performance d'ensemble des jeunes acteurs et actrices qui interprètent le rôle des élèves. Ils paraissent incroyablement eux-mêmes. Ils le sont sûrement en grande partie, mais le contexte, la présence de la caméra, les dialogues, la direction d'acteurs, tout cela aurait pu leur faire perdre de leur naturel, mais il n'en est rien. Ils se dégagent d'eux une telle fraîcheur, une telle vie, un tel naturel, qu'on ne peut que s'attacher à ses personnages qui ne semblent pas en être. Pourtant, certains d'entre eux mériteraient plus des paires de claque qu'autre chose. Mais on peut s'empêcher de les aimer et surtout de partager l'envie du professeur de rentrer réellement en communication avec eux, mais également de partager sa déception quand il n'y parvient pas.
Entre les Murs est donc un film à voir absolument. Toutes les réticences que vous pourriez avoir envers lui seront balayées par la réussite totale et étonnante de ce projet. Du vrai, du grand cinéma !
07/10/2008 : L'art du rythme

Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri forment un des couples les plus remarquables du cinéma français. Scénaristes, réalisateurs (enfin au moins pour Agnès Jaoui) et acteurs de leurs propres productions, ils font généralement l'unanimité auprès de la critique et d'une large partie du public. Personnellement, je n'étais pas forcément un de leur plus fervent supporter. Le Goût des autres notamment, pourtant considéré par beaucoup comme un pur chef d'œuvre, m'avait plu mais sans me faire déborder d'enthousiasme. Mais avec Parlez-moi de la pluie, j'ai trouvé que le couple nous livrait son film le plus réussi. Enfin du moins, celui qui m'a le plus plu.
Parlez-moi de la pluie, c'est l'histoire d'un trio. D'un côté, Agathe Villanova, écrivain féministe qui se lance dans la politique et qu'on envoie à l'assaut d'une circonscription imprenable du Sud de la France. En face, Karim et Michel Ronsard qui souhaitent réaliser un documentaire sur cette femme "qui a réussi". Mais ces trois personnages ne sont pas de complets étrangers les uns par rapport aux autres. Leurs vies personnelles et professionnelles vont se télescoper pour les mener à des situations cocasses et parfois embarrassantes.
Profondément humain est sûrement le qualificatif, un peu tout fait, j'en conviens, qui décrit le mieux le cinéma du couple Jaoui-Bacri. Humain comme leurs personnages qu'ils nous présentent avec leurs forces et leurs faiblesses, leur courage et leur lâcheté. Ils nous les présentent surtout avec la plus grande tendresse sans parti pris, ni jugement. Leur film échappe à la lourdeur qu'aurait fait peser la volonté de faire passer à tout prix un message (lourdeur que j'avais trouvé un tout petit présent dans Le Goût des Autres).
Parlez-moi de la pluie, film de personnages, films d'acteurs donc. Si Jean-Pierre Bacri fait du Jean-Pierre Bacri (mais il le fait bien...), Djamel Debouzze ne fait pas du tout du Djamel Debouzze. Il prouve encore une fois que les grands comiques sont souvent de merveilleux acteurs sérieux, comme le furent avant lui Coluche ou Albert Dupontel. Mais le talent irradie tellement de ce garçon, qu'on en est même pas vraiment étonné. Pourtant la performance est en tout point remarquable par sa justesse et sa subtilité. Enfin, Agnès Jaoui livre là sûrement sa meilleure performance d'actrice, même si comme, Jean-Pierre Bacri, on retrouve ses tics habituels.
Si on ne s'ennuie pas une seule seconde en regardant Parlez-moi de la pluie, le seul reproche que l'on pourra formuler à son encontre est peut-être un léger manque de rythme. La caméra d'Agnès Jaoui a peut-être quelque fois tendance à tomber dans les contemplation de ses personnages, et des acteurs qui les interprètent et oublie, l'espace d'un instant, mais heureusement, juste l'espace d'un instant, de faire avancer son intrigue. Il n'y a pas à proprement parler de longueur mais un très léger manque de souffle.
Parlez-moi de la pluie est donc ce que le cinéma français peut nous offrir de meilleur. Et vu comme je suis sévère avec ce dernier, ce n'est pas peu dire. Mais qui aime bien, châtie bien...
Le western est un genre devenu désuet au cinéma. Si des dizaines en sortaient sur nos écrans dans les années 50-60, on compte désormais sur les doigts de sa main ceux qui sortent en une décennie. Pourtant, c'est un genre qui peut encore apporter tout plein de bonheur cinématographique. Si j'ai raté le récent 3h10 pour Yuma, je n'aurais raté pour rien au monde Appaloosa. Surtout qu'on y retrouve un trio des très grands acteurs : Ed Harris, qui est également derrière la caméra, Jeremy Irons et Viggo Mortensen, qui a gagné ses galons de grand acteur depuis sa double collaboration avec David Cronenberg.
Il est amusant de constater que quasiment tous les westerns sortis depuis 15 ans racontent l'histoire de héros en fin de carrière. Les magnifiques Impitoyable et Open Range étaient dans cette lignée, Appaloosa aussi. Il raconte l'histoire de Virgil Cole et de son compère Everett Hitch, appelés pour rétablir la loi et l'ordre dans la petite ville d'Appaloosa, qui vit dans la crainte de Randall Bragg, soupçonné d'avoir froidement assassiné le précédent shérif. Mission classique pour ces vieux routiers, mais l'arrivée dans la ville de la charmante Allie va quelque peu bouleverser leur quotidien.
Appaloosa se veut un hommage aux westerns classiques. N'y cherchons donc aucune originalité.... Enfin, vue la faible fréquence des westerns sur nos écrans, si on considère que ce qui est rare est original, alors ce film l'est radicalement. Mais bon, on pourrait en débattre à l'infini. En tout cas, ce film reprend tous les éléments d'un vrai western à l'ancienne, avec comme point d'orgue final l'attendu duel. Certains ont formulé cela comme un reproche. Pour moi, il s'agit tout simplement d'un projet artistique bien précis et le résultat est totalement cohérent avec la démarche. Si on n'a pas envie de voir un western classique, on ne va pas voir Appaloosa.
Par contre, le vrai (petit) reproche que l'on peut formuler à l'encontre d'Appaloosa, c'est la scénario s'étire un petit peu inconsidérément. Il n'y a pas de longueurs à proprement parlé, mais un histoire qui est narré avec un rythme qui l'on aurait aimé un tantinet plus soutenu. Enfin, on peut toujours se dire que cela fait durer le plaisir, mais des fois, il vaut mieux viser la qualité que la quantité.
Mais que les fans du genre se rassurent, regarder Appaloosa reste un vrai plaisir. Les personnages et leur personnalité éclipsent totalement une intrigue, qui ont l'a vu, est somme toute convenue. Il s'agit là de vrais héros de l'Ouest, hauts en couleur, et sans doute beaucoup plus subtils que tous ceux qu'a pu jouer un John Wayne. C'est la valeur ajouté de ce film, la petite chose qui le démarque tout de même d'un classicisme absolu. Et comme cela constitue une vraie réussite qui vient largement compenser le manque de rythme évoqué plus haut.
Et que dire de la distribution. Le casting parle de lui-même. Les acteurs s'éclatent visiblement à jouer un rôle dans un genre qui a forcément marqué leur jeunesse de cinéphile, mais qui leur a rarement permis de s'exprimer. Et si on ajoute à cela la grâce d'une Renée Zellweiger rayonnante dans un rôle beaucoup plus étonnant qu'il en a l'air, on assiste à de vrais numéros d'acteurs savoureux, flirtant parfois avec le cabotinage, mais un savoureux cabotinage.
Un mot enfin sur la mise en scène et la photographie. Ed Harris a vraiment voulu rendre hommage aux westerns de sa jeunesse. Les grands espaces de l'Ouest sont longuement mis en valeur, la poussière et le sable sont soulevés devant le saloon et la prison. Bref, un vrai décor de western pour un vrai western !
Pour les nostalgiques et les amateur, Appaloosa sera parfait. Les autres y trouveront peut-être un peu moins leur compte, mais de vrais moments de bonheur cinématographique quand même.
05/10/2008 : Quels déconneurs ces Belges ! (bis)

Le principe du suspense, c'est de ne pas savoir à l'avance ce qui va se passer dans un film. On tremble, on frémit, saisi par l'incertitude et l'angoisse. Puis d'un coup, le mystère se lève de manière inattendue et on s'en veut de ne pas avoir pensé une seule seconde à ce dénouement. Et on s'incline devant le talent du scénariste et du réalisateurs, qui ont su si bien nous manipuler. Manipulation est, comme son titre le donne à penser, un film à suspense... sauf que tout arrive alors que le spectateur a vu arrivé les rebondissements (si on peut encore appeler ça comme ça) avec de gros sabots gros comme une maison !
Jonathan est un comptable que personne ne remarque jamais (comme si les gens qui ont le physique d'Ewan McGregor pouvait être des gens que personne ne remarque jamais... Enfin bon passons...). Mais un jour, alors qu'il reste à travailler tard, il fait la connaissance de Wyatt, brillant avocat de l'entreprise qu'il est en train d'auditer. Les deux hommes sympathisent, Jonathan étant fasciné par le charisme et la confiance que dégage son nouvel ami. Ce dernier lui permet d'accéder à un service de rencontres entre gens beaux et riches, qui se retrouvent directement à l'hôtel pour... (je pense que vous voyez... non, ce n'est pas jouer au Scrabble !). Au cours de ces rencontres, Jonathan tombe amoureux d'une des membres. Tout semble trop beau pour être vrai...
Le casting de Manipulation était pourtant alléchant. D'ailleurs, ce n'est sûrement pas par l'interprétation que le bât blesse. Hugh Jackman est toujours aussi talentueux, éblouissant de charisme et débordant de classe. Ewan McGregor serait presque bon, ce qui est un exploit, vu que son talent d'acteur semble être resté en Angleterre du temps de Trainspotting. Quand à la touche de charme, elle est réellement charmante, en la personne de Michelle Williams, que les fans de Dawson connaissent bien (ce qui n'est pas mon cas, et du coup, j'en viendrais presque à le regretter !).
Vous l'aurez compris, le vrai problème, c'est bel et bien le scénario. A ce niveau là, ce ne sont pas des ficelles, c'est de la corde !!! Tout est cousu de fil blanc, avec des néons clignotants autour des coutures ! Bref, on était venu pour une histoire avec moult surprises, une bonne dose de mystère et un zeste de retournement de situation... Et on repart avec rien de tout cela... et donc avec rien du tout au final !
Et ce n'est pas mise en scène élégante qui va sauver le film du néant. Le travail de photographie apparaît même comme une tentative désespérée de masquer le néant qu'il tente tant bien que mal de dissimuler. Et puis, ce n'est pas du Orson Welles ou du Tarantino non plus, on ne va pas crier au génie.
Bref, pas grand chose à retenir de Manipulation, qui ne vaut même pas le coup pour un soir de pluie.
Le prix de l'OVNI cinématographique du mois revient sans conteste à Rumba, film franco-belge, dont l'univers est à des années-lumière de celui des frères Dardenne. Comme quoi le cinéma belge recèle bien des talents. Rumba est typiquement le genre de film dont il est difficile de parler tant il échappe à toutes les classifications préétablies. Enfin si, une parenté est incontestable, celle de Jacques Tati !
Fiona et Dom sont un couple d'instituteurs du Nord de la France, passionnés de danse latino. Au retour d'un concours qu'il vienne de remporter, ils sont victimes d'un accident de voiture. Elle y perdra une jambe, lui la mémoire...
En fait, dit comme ça, ça ressemblerait vraiment à un film des frères Dardenne. Pas du tout en fait, car l'handicap dont ils se retrouvent frappés est le prétexte à des situations burlesques et des catastrophes en tout genre. Rumba est parfois plus proche du cartoon que du film classique. En effet, il est quasiment muet, un peu comme un Tom et Jerry, et l'essentiel des gags sont visuels. On y retrouve l'univers de Tati, comme je l'ai déjà dit, surtout pour le léger parfum de poésie et l'aspect lunaire des personnages, qui rappellent fortement Monsieur Hulot. Mais d'autres y retrouveront du Buster Keaton ou de Blake Edwards dans La Party.
Mais si les influences sont de qualité, Rumba n'est pas tout à fait au niveau de ses modèles. On ne passe pas un mauvais moment. On est déjà suffisamment surpris pour ne pas avoir eu l'impression de perdre son temps. Cependant, le film met un peu de temps à démarrer... Et comme le film ne dure qu'1h17, ça ne laisse plus beaucoup de temps pour apprécier à sa juste valeur la performance des deux compères.
Dominique Abel et Fiona Gordon, qui sont à la fois les acteurs principaux et les deux réalisateurs de Rumba, nous livrent tout de même une prestation rare. Aux frontières du mime, ils se livrent à un remarquable travail d'expression corporelle. Cela fait un peu exercice de théâtre parfois, mais le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ont mis beaucoup d'eux-mêmes dans ce film. Réalisé avec très peu de moyens, s'il ne déchaîne pas forcément l'enthousiasme, Rumba est à coup sûr une oeuvre qui leur ressemble et qui est l'antithèse d'un film commercial. Après, selon les sensibilité, on partagera plus ou moins leur univers.
Personnellement, Rumba m'a laissé sur une impression mitigée. Je le conseillerai à tous les fans des influences que j'ai cité plus haut. Pour les autres, c'est à eux de voir s'ils souhaitent prendre le risque... Ils seront à coup sûr surpris. Ravi, cela est déjà moins sûr.
L'Islande est surtout connue pour ses geysers et ses écrivains, moins pour ses cinéastes. Baltasar Kormakur en est pourtant un et a livré sur nos écrans un très bons polar, Jar City. Rien de bien révolutionnaire cependant, à part le plaisir rare d'entendre parler islandais ce qui, du moins personnellement, ne m'arrive pas tous les jours.
Qui dit polar, dit meurtre. Ici, c'est un vieil homme apparemment sans histoire qui est retrouvé mort chez lui. Le seul indice est une photo sur lequel on peut voir la tombe d'une petite fille, morte trente ans plus tôt. Très vite, l'inspecteur Erlendur va remonter le fil du passé de la victime et le trouver beaucoup plus tourmenté que prévu.
Jar City est de facture très classique. Un meurtre à élucider avec ses indices, ses fausses pistes, ses rebondissements, son mystère qui s'éclaircit peu à peu. Bref, un jeu de puzzle où les pièces quelques fois ne semblent pas former une seule et même image, mais qui, au final, forment bien un tout cohérent. Rien de très original donc, rien de génial, mais les amateurs du genre apprécieront.
Ensuite, un polar c'est aussi forcément un personnage de flic. Ce coup-ci, Jar City se démarque de la moyenne des productions par la qualité et la profondeur de son protagoniste principal. On suit à la fois la manière dont il mène l'enquête, mais aussi sa vie personnelle de père tentant de sortir sa fille de la drogue. Pas de sensiblerie, pas de mièvrerie, ni rien de trop sordide, mais une tranche de vie qui rend Erlendur particulièrement humain, loin du stéréotype du super flic de certaines productions américaines. Et le tout est bien sûr sublimé par la remarquable interprétation de Ingvar Eggert Siggurdson, acteur que l'on connaît forcément peu, vu qu'il est islandais...
Mais le vrai petit plus de Jar City, c'est l'ambiance générale qui plane sur le film. Les décors islandais sont à la fois discrètement et magnifiquement mis en valeur. Il plane une sorte d'exotisme sur ce film, même si nous sommes dans un monde tout à fait occidental. Ce je ne sais quoi de dépaysement déconcerte et enchante et surtout donne au spectateur l'impression de voir quelque chose d'inhabituel, ce qui est une sensation plutôt rare au cinéma en ce moment.
Le cinéma nordique peut donc nous offrir autre chose qu'un cinéma hautement intellectuel. Jar City en est la preuve, même si l'épaisseur des personnages nous rappelle qu'il s'agit bien d'un vrai film européen, il reste avant tout un vrai polar.
22/09/2008 : Quels déconneurs ces Belges !

Il est toujours délicat de juger d'une version "Redux" (autre nom pour "Director's Cut", bref une version montée par le réalisateur lui-même pour corriger le massacre effectué par les producteurs) d'un film quand on n'a pas vu la première version. Mon avis sur les Cendres du Temps Redux portera donc sur le film en lui-même et non sur l'intérêt de cette nouvelle version.
Les Cendres du Temps Redux est un film asiatique, un vrai. C'est à dire que vous en sortez en ne sachant pas trop si vous vous êtes fait abominablement chier ou si vous avez assisté à un magnifique spectacle ! Mais bon, rien que le fait que l'on hésite démontre bien que c'est plutôt la deuxième impression qui domine. Simplement, on a été très dépaysé par le rythme de narration qui nous a envoûté, plus qu'enthousiasmé.
Ouyang Feng a pour métier de régler les problèmes des gens. Et la solution passe souvent par l'embauche de tueurs à gage. Homme solitaire, il ressasse indéfiniment le souvenir de la femme qu'il a aimé et qui a fini par épouser son propre frère. Cynique, il est avant tout solitaire et des rencontres multiples vont le lui faire prendre conscience.
Les Cendres du Temps Redux est quasiment un film à sketchs. Il est découpé en cinq parties, chacune correspondant à une étape du cycle des saisons et à une rencontre. Le seul fil conducteur est le personnage de Ouyang Feng et les réflexions que les personnages qu'il croise lui inspire. En fait, le film comporte plus de réflexions intérieures en voix off que de vrais dialogues. Il s'agit donc avant tout d'un film sur les questions existentielles que peuvent se poser les individus. L'aventure est ici avant tout humaine et intérieure.
Cependant, Les Cendres du Temps Redux recèle aussi quelques scènes de combat magnifiques, dignes des plus beaux films de samouraïs. Si j'en crois ce que j'ai lu, ce sont ces scènes qui avaient été artificiellement rallongées dans le montage initial, sûrement dans le but de rendre ce film plus spectaculaire. Mais on l'a vu, elles ne constituent en rien le cœur de l'histoire. Cependant, elles sont assez splendides pour valoir toutes les longues scènes du monde.
Car s'il y'a un domaine où les Cendres du Temps Redux emporte tous les suffrages, c'est sur la prodigieuse qualité de sa photographie. Ce film est une vraie expérience visuelle, avec un travail prodigieux sur les couleurs et la lumière. Le film est réellement beau à regarder, avec une caméra jamais statique. Il ne s'agit pas ici simplement de belles images filmées dans de longs plans fixes, mais de belles images réellement mises en scène, mises en valeur par la manière dont la caméra s'y déplace. Bref, un travail de réalisation magistral. Mais on en attend pas moins de Won Kar Wai.
Le cinéma asiatique n'est pas forcément le plus accessible qui soit. Mais il recèle tant de perles de pur bonheur cinématographique qu'il est dommage de l'ignorer. Les Cendres du Temps Redux sont un peu la synthèse entre In The Mood For Love et Les 7 Samourais. S'il n'atteint pas le caractère inoubliable de ces deux chefs d'œuvre, il n'a pas non plus à rougir devant eux.
Dans la longue série des adaptations cinématographiques de séries télévisées, voici Max la Menace, l'homme qui a un téléphone dans son talon de chaussure. On n'est pas là devant le plus grand chef d'œuvre du genre, mais devant une parodie d'espionnage qui se laisse regarder avec un plaisir non feint.
Maxwell Smart est le meilleur analyste du CONTROL, organisation d'espionnage et de lutte contre le terrorisme top secrète. Cependant, il ne rêve que d'une chose, devenir un agent de terrain. Après moult échecs, il réussit enfin l'examen ad hoc. Mais son directeur lui annonce qu'il refuse son changement d'affectation, car il est trop précieux dans son rôle actuel. Mais une série d'évènements va venir bousculer le train train quotidien de l'organisation et propulser le maladroit Max au cœur de l'action.
Max la Menace repose quasiment entièrement sur l'immense talent de Steve Carell. Sans lui, il est clair que ce film aurait été nettement moins intéressant. Sorte de Buster Keaton moderne, il pourrait être lui aussi être surnommé l'homme qui ne rit jamais. La manière dont il réussit à interpréter son personnage loufoque et maladroit avec le plus grand et constant sérieux est réellement remarquable. On est loin des grimaces des interprètes habituels des parodies d'espionnage, que ce soient Rowan Atkinson, Leslie Nielsen ou encore Eric et Ramzy.
Max la Menace échappe ainsi à un travers dans lequel on aurait pu penser qu'il tomberait : la lourdeur. Certes, l'humour est essentiellement au premier degré, mais jamais gras, pipi-caca ou encore vulgaire. Certes le ressort est toujours un peu le même, mais il fonctionne parfaitement, alors on ne s'en lasse pas. Certes, les seconds rôles livrent quelques gags un peu plus primaires, mais ils passent largement inaperçus derrière le talent de Steve Carell.
Passera inaperçu également le scénario. Pas qu'il soit mauvais, mais il n'a rien d'exceptionnel. Les péripéties s'enchaînent avec rythme, sont plaisantes à suivre, on ne s'ennuie pas, mais de là à trouver l'intrigue remarquable, il y'a un pas que l'on ne franchira pas. Là encore, tout est fait pour mettre en valeur le numéro d'acteur, mais avec assez de consistance tout de même pour que cela ne tourne pas au cabotinage. Steve Carell n'est pas Eddie Murphy. Simplement, l'histoire manque totalement de surprises, même si on n'attendait pas forcément.
N'ayant jamais vraiment regardé la série d'origine, je ne saurais dire si les fans y retrouvent les joies de le leur jeunesse. Mais le divertissement est d'assez bonne qualité pour penser que le film est au moins au niveau de la série.
Max la Menace est donc un pur divertissement divertissant donc. A la fois, c'est le but d'un divertissement...
Avec le Silence de Lorna, les frères Dardenne ont failli rentrer dans l'histoire du 7ème art en étant les premiers à remporter une troisième Palme d'Or. Enfin, avec deux, il y occupe déjà une place de choix. Mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils donnent rarement dans la comédie guillerette ou romantique. Leur cinéma donne plutôt dans le drame social, où les personnages n'ont pas vraiment des vies faciles et débordantes de joie.
Lorna est une jeune fille d'origine albanaise qui vient d'obtenir la nationalité belge, grâce à un mariage blanc avec un accro à l'héroïne. Mais le plan initial veut que l'organisateur de toute l'affaire se débarrasse du mari afin qu'elle puisse se remarier avec un Russe, souhaitant lui aussi obtenir la nationalité belge. Mais la jeune fille commence à faire preuve de remords alors que le moment fatidique approche.
Comme la plupart des films des frères Dardenne, le Silence de Lorna est centré autour d'un personnage dont on partage les mésaventures et les états d'âme. Toute l'histoire est racontée de son point de vue et le spectateur ne peut s'empêcher de s'y attacher. Cela va au delà de la simple compassion car nous partageons aussi bien les bons que les mauvais moments. Le personnage de Lorna traverse de terribles épreuves, mais elle les affronte avec force et courage, ne perdant jamais espoir de lendemains meilleurs.
Cet attachement n'aurait pas été possible sans la remarquable performance de Arta Dobroshi. Comme le cinéma des frères Dardenne, elle fait preuve de réalisme et de retenu. Elle vit littéralement son personnage, elle ne nous présente pas à un numéro d'actrice. A la limite, sa performance passerait presque inaperçue tant on a l'impression de rencontrer un personnage réel.
Si le Silence de Lorna a reçu le prix du scénario au dernier Festival de Cannes, ce n'est pas non plus pour rien. L'histoire est remarquablement bien racontée. Car ce film n'est pas qu'un portrait ou qu'une description de situations sordides. C'est également une véritable intrigue, avec ses rebondissements et ses nœuds qui se font et se défont. Bref, les frères Dardenne ne se sont pas contentés du minimum mais ont cherché à donner au Silence de Lorna tout ce qui fait un grand film.
Reste enfin la sobriété de la mise en scène. Cela peut être considéré comme une faiblesse ou un atout. Certains trouveront que des effets de caméra ou de lumière n'auraient fait que dénaturer un propos qui se suffit à lui-même. D'autres trouveront qu'une ambition artistique supérieure aurait pu encore apporter de la qualité au film. Personnellement, je dirais que les frères Dardenne ont mis assez de talent dans la direction des acteurs et dans le scénario pour que tout cela ne soit pas bien grave. Par contre, si j'ai un seul reproche à faire à ce film, c'est sa fin, que je ne trouve pas très réussie. Mais bon, pas de quoi modifier cet avis plus que positif.
Le Silence de Lorna nous offre ce qu'il y'a de meilleur dans le cinéma européen. Certes, ce n'est pas fait pour les dépressifs, mais cela reste une réelle oeuvre cinématographique de premier ordre.
06/09/2008 : Soirée moyenne

Je veux lancer ici un cri, un appel au peuple contre quelqu'un de dangereux et irresponsable, dont les agissements menacent les fondements de notre société. Il faut le stopper à tout prix, cela est urgent. Cet homme, tous ceux qui ont vu Bangkok Dangerous l'auront compris, n'est autre que... le coiffeur de Nicolas Cage... Affubler un si grand acteur d'une moumoute aussi ridicule est un crime comme on n'en voit rarement. Certains ont été exécutés sans sommation pour moins que ça !
Pourtant, Nicolas Cage interprète ici un personnage qui ne devrait normalement pas donner envie de rire, puisqu'il s'agit d'un tueur à gage, du genre par rigolo et dont il ne vaut mieux pas croiser la route. Ce dernier se rend à Bangkok pour exécuter une dernière série de quatre contrats avant de se ranger des voitures. Mais c'est aussi un homme fatigué par la solitude que son dur métier le force à entretenir. Alors pour une fois, il commence à ne plus suivre les principes de prudence qu'il s'était toujours fixés.
Bangkok Dangerous est à ranger dans la catégorie des gentils nanars. Le film sombre quelque peu dans le n'importe quoi sur la fin, même si la toute dernière scène sauverait presque le film. Mais il est clair que Bangkok Dangerous est quelque peu raté et n'a pas su exploiter un personnage pourtant intéressant. Certes, le salaud de service qui se trouve une soudaine humanité n'est pas un thème nouveau, mais est traité ici avec une certaine finesse pendant une bonne moitié du film. Après, on tombe dans le manichéen classique et là, le bât blesse quelque peu.
Autre faiblesse, les scènes d'action loin d'être inoubliables. On notera tout de même une belle poursuite sur un marché flottant. On a déjà vu ça, mais bon, cette scène fonctionne bien. Le final est par contre beaucoup moins réussi et manque de punch. Des scènes des fusillades comme celle-ci, on en voit des dizaines par mois et des bien meilleures. Après avoir vu Wanted cet été, Bangkok Dangerous ressemble à un téléfilm de France 3 par moments (j'exagère un peu, je vous rassure).
Reste enfin le bonheur toujours grand de voir notre Nicolas Cage adoré faire son numéro de gros dur. En dehors de sa moumoute, il est plutôt bon, même si ces déboires capillaires le décrédibilisent quelque peu. Enfin, on dira surtout que Bangkok Dangerous donne une folle envie de revoir les dizaines de films biens meilleurs que celui-ci dans lequel il a, heureusement, tourné.
Bref, Bangkok Dangerous pourra à l'extrême limite comblé un soir de pluie... Mais bon pour une telle soirée vous trouverez sûrement mieux.
Si vous avez toujours voulu savoir tout ce qui se passait entre l'Attaque des Clones et La Revanche des Siths, et bien je vous conseille vivement de vous précipiter sur Star Wars : Clone Wars... la série... Par contre, Star Wars : Clone Wars, le film, peut être vu avec beaucoup moins d'empressement.
La série d'animation en question avait été très bien reçue par les fans et la critique. En effet, elle était de grande qualité et nous apportait de nombreuses informations sur des éléments aussi vitaux que les origines du Général Grievous ou de la cicatrice qu'arbore Anakin dans l'Episode III. Il nous offrait aussi une séquence inoubliable, celle où le Général sus-nommé se glissait au cœur de Coruscant pour enlever le Chancelier Palpatine. Bref, la série avait une vraie unité et s'insérait réellement dans la saga Star Wars prise dans son ensemble.
Dans Star Wars : Clone Wars, le film, rien de tout cela. Il s'agit d'un simple épisode de la série, dont la connaissance n'améliore pas d'un iota notre compréhension des films de la saga. On sent bien que cette simple histoire est venue après tout le reste et qu'elle n'a jamais fait partie d'un tout cohérent dont elle serait une pièce importante, mais reste au stade de l'anecdote.
Après tout, si l'histoire en question, même anecdotique, avait été passionnante, échevelée, spectaculaire, trépidante, pleine de rebondissements, on se serait moqué comme de notre première chemise datée de l'an 40 de tout ce que je viens de dire. Si le spectateur avait été entraîné dans un tourbillon d'aventures et de frisson, il serait sorti de la salle ravi et heureux. Mais là, avouons-le, il ressort relativement indifférent, voire déçu d'avoir payer un billet pour un épisode de série qui ne méritait pas une sortie sur grand écran. On aurait préféré voir la série au ciné et le film à la télé. Le Monde est mal fait parfois !
En plus, niveau animation, ce n'est pas non plus terrible-terrible. Certes, la série et le film possèdent une vraie personnalité visuelle qui démontrent qu'il y'a eu une réel projet artistique derrière. Mais pour la sortie sur grand écran. On aurait apprécié que la fluidité de l'animation soit améliorée, tout comme l'expressivité des visages. Là encore, les standards de qualité sont ceux du petit, pas du grand, écran.
Enfin, dernière critique, les voix... Et oui, très peu d'acteurs du casting original sont là pour prêter leur organe. Seuls Samuel L.Jackson (Mace Windu qui apparaît environ 50 secondes...) et Anthony Daniels (C3-PO) se sont prêtés au jeu. Si pour Obi-Wan Kenobi, on pourrait tout à fait croire qu'il s'agit bien de Ewan McGregor, pour Anakin, tous les fans reconnaîtront immédiatement qu'il ne s'agit pas là de Hayden Christensen. Enfin le problème ne se pose peut-être pas en VF...
Allez ne soyons pas chien et parlons de la qualité de ce film... qui tient en un nom : Ahsoka Tano. Oui, je sais, c'est assez peu courant, mais c'est assez logique quand on saura qu'il est porté par une (très) jeune Twi'lek, assignée comme padawan à un Anakin Skywalker plutôt sceptique. Son espièglerie, sa fraîcheur apportent un peu de joie et d'humour. D'ailleurs, Star Wars : Clone Wars est sans doute l'épisode de la saga le plus drôle. Certains clins d'œil auto-parodiques sont très réussis et nous ferait presque pardonner à Lucas d'avoir sorti ce films sur grand écran simplement pour le plaisir de rajouter quelques zéros à son compte en banque.
Enfin j'ai dit, presque...
La France avait Amélie Poulain. L'Angleterre a désormais sa Poppy, héroïne de Be Happy, le nouveau Mike Leigh, qui nous avait enchanté il y'a un peu plus de dix ans avec Secrets et Mensonges, Palme d'Or à Cannes. Le point commun entre les deux héroïnes : une volonté farouche de distribuer le bonheur autour de soi et à tout le monde, sans distinction.
Comment résumer l'histoire de Be Happy... Et bien c'est justement là le petit soucis à mon sens. Car le film en est quelque peu dénué, le seul réel fil rouge étant ses cours de conduite avec un moniteur d'auto-école à l'opposée d'elle-même. Le reste est un peu comme une longue scène d'introduction qui s'étirerait sur tout un film et qui n'arrêterait pas de nous présenter ce personnage éminemment sympathique.
Be Happy fait tout de même passer un bon moment. Il faut prendre ça comme un film à sketchs avec différentes saynètes : Poppy se fait voler son vélo, Poppy parle à un clochard, Poppy et ses copines, Poppy et sa famille, Poppy face à ses élèves, Poppy apprend le flamenco... Et comme tout film à sketchs, Be Happy est inégal. Certaines scènes fonctionnent bien, nous enchantent pas l'optimisme radical qu'elles dégagent. D'autres nous arrachent certes au moins un sourire mais nous font tout de même attendre la scène suivante avec une légère impatience.
Il s'agit là de la part de Mike Leigh d'un vrai choix artistique qu'on se doit de respecter. Il n'a plus rien à prouver sur ses qualités de cinéastes et sur sa capacité à raconter de vraies intrigues. Mais à mon sens, ce choix diminue inutilement l'intérêt du film. Et c'est réellement dommage car le personnage de Poppy est vraiment réussi. Son enthousiasme et sa joie de vivre constants déteignent sur le spectateur, même si son côté foufou pourra en agacer certains. Elle en fait un peu trop parfois, mais elle le fait bien, alors on lui pardonne vite. Il faudra donc saluer le double talent. Celui de Mike Leigh bien sûr, mais aussi, et surtout, celui de Sally Hawkins, qui avait déjà été à l'affiche de deux films du réalisateur britannique qui lui a offert là le rôle de sa vie.
Be Happy brille aussi par ses seconds rôles. Si le personnage de Poppy accapare tout l'écran, elle nous laisse tout de même entrapercevoir d'autres protagonistes dignes d'intérêt. Au premier rand de ceux-ci, Scott, le moniteur d'auto-école, magnifiquement interprété par Eddie Marsan. Aussi névrosé que Poppy est insouciante, il forme avec elle un duo contrasté mais succulent. Il s'agit là sûrement de la meilleure trouvaille de ce film et les passages qui les concernent resteront les seuls vraiment marquants, voire inoubliables.
Pour le reste, Be Happy, par manque de consistance scénaristique, ne pourra jamais rivaliser avec notre Amélie nationale. On a les cocorico qu'on peut !
20/08/2008 : Suite et pas suite

Après un excellent La Momie et un nullissime Le Retour de la Momie, on n'attendait pas grand chose de La Momie : la Tombe de l'Empereur Dragon. Il faut dire, rien que le titre fait peur. Certes, on aura pas eu droit à un chef d'œuvre, mais à un de ces films que l'on prend plaisir à voir l'été, quand son cerveau est en vacances. Et puis personnellement, j'aime bien aller voir un film en m'attendant au pire et d'avoir finalement une bonne surprise.
Cette fois, plus d'Egypte, ni d'Imhotep mais la Chine, où le fils des O'Connell mène des fouilles après avoir abandonné ses études à l'insu de ses parents. Loin de là, dans leur manoir anglais, ces derniers s'ennuient ferme. Alors quand le gouvernement leur propose une dernière mission, ils sautent sur l'occasion. Et voici comment tout ce petit monde se retrouve à Shanghai. Mais il apparaît vite que tout cela n'est pas fortuit et qu'ils ont été manipulés pour provoquer le réveil de l'Empereur Dragon et de sa terrible armée, endormis depuis 2000 ans.
On s'en douterai, la Momie : le Tombe de l'Empereur Dragon ne brille pas par la finesse de son scénario. On ne parlera pas des multiples invraisemblances ou des faiblesses narratives, on n'est pas là pour ça. On est ici pour assister à un film d'aventures à l'ancienne, avec sa dose d'action, agrémentée d'une bonne dose d'exotisme. Et pour ça, on est servit, même si aucune scène n'est particulièrement marquante ou surprenante, on les a toutes même plus ou moins déjà vues par ailleurs. Bref, pas de grosses surprises à ce niveau là, mais du rythme et des effets spéciaux réussis. Bien sûr, ça fait parfois un peu Indiana Jones du pauvre, mais bon, n'est pas Spielberg qui veut !
Mais ce qui fait la force (pas herculéenne non plus, il ne faut pas déconner) des la saga de la Momie, c'est son trio de protagonistes... qui se transforme en quatuor, puisque voilà que le fiston débarque ! Autre gros changement, Madame O'Connell n'est plus interprétée par Rachel Weisz mais par Maria Bello. Et honnêtement, on n'y perd pas au change. Maria Bello est peut-être un peu moins belle, mais elle possède nettement plus de personnalité et donne un peu plus d'épaisseur au personnage. Enfin, la touche d'humour est toujours apporté par le beau-frère, interprété par John Hannah. Le petit numéro est toujours le même, mais bon, on le retrouve avec plaisir.
La Momie : la Tombe de l'Empereur Dragon est aussi l'occasion de voir parmi les plus grandes stars internationales du cinéma asiatique en la personne de Jet Li et Michelle Yeoh. Mais comme je le disais plus haut, il s'agit d'un film d'aventures à l'ancienne à l'exotisme qui sent un peu le toc. Alors, ces deux acteurs se voient condamnés à des rôles un peu caricaturaux qui ne leur permet d'exprimer toute la subtilité de leur jeu... Enfin, la subtilité du jeu de Jet Li reste encore à prouver...
La Momie : la Tombe de l'Empereur Dragon est donc un divertissement estival qui se laisse regarder. Une fois l'automne arrivé, il pourra faire un divertissement à la télé pour soir de pluie.
Braquage à l'anglaise n'est pas la suite de Braquage à l'italienne... La présence à l'affiche une nouvelle fois de Jason Stathan m'avait donné à penser que c'était le cas, mais pas du tout... Enfin ne doutons pas que les traducteurs de "The Bank Job", le titre original, ont forcément fait le lien entre les deux films. Bon refermons cette parenthèse sans grand intérêt et parlons un peu de Braquage à l'anglaise.
Terry Leather est un voyou de bas étage, qui collectionne surtout les dettes. Mais un jour, ressurgissant de son passé, la belle Martine Love vient lui propose un gros coup, le braquage d'une banque. Bien plus gros que ce qu'il n'a jamais entrepris, alors il hésite. Surtout, que très vite, il a de gros doutes sur la sincérité de la belle.
Le scénario de Braquage à l'anglaise est somme toute relativement classique. Plusieurs intrigues se croisent avant de se rejoindre et quelques rebondissements arrivent ici ou là. Ca manque un peu d'originalité, de surprise et de peps. On est un peu frustré car le tout est très propre, mais on aurait aimé que les scénaristes se lâchent quelque peu et se laissent aller à un peu plus de créativité et d'imagination. Mais bon, la qualité du résultat nous permet tout de même de passer un très bon moment.
La réalisation est relativement sobre. Là aussi, c'est propre et efficace, sans chercher à étonner. Roger Donaldson, réalisateur notamment de Sens Unique, la Mutante, le Pic de Dante ou encore Treize Jours (certainement son meilleur film), est un vieux routier du cinéma commercial, jamais brillant mais dont l'absence de prise de risque fait, qu'au final, on n'a jamais vraiment l'occasion d'être déçu. Braquage à l'Anglaise se situe tout à fait dans la droite lignée du reste de sa filmographie à ce niveau-là.
Qui dit braquage, dit bande de braqueurs. Et donc galerie de personnages et donc d'acteurs. A leur tête, Jason "le Transporteur" Stathan. Habitué des films d'actions, il n'a jamais été connu pour la finesse extraordinaire de son jeu. Il n'en est cependant pas pour autant un mauvais acteur, il a juste un registre quelque peu limité. Mais dans Braquage à l'Anglaise, il est pile dans ce qu'il sait faire. A ses côtés, la sublime Saffron Burrows qui tient là son premier grand rôle. Elle nous offre de loin la performance la plus remarquable de ce film, même si cela ne restera pas non plus inoubliable. Ensuite, on retrouve un grand nombre de complices et surtout un plus grand nombre encore de protagonistes en voulant à la peau de nos braqueurs. Les personnages sont inégalement réussis et aucun ne surnage réellement.
Braquage à l'anglaise est donc un peu trop lisse pour être inoubliable. C'est un bon film du genre, mais on peut regretter qu'il n'est pas chercher à être un peu plus que ça.
16/08/2008 : The Dark Night au rendez-vous

Il devait être le film évènement de cet été et The Dark Night, le Chevalier Noir n'a déçu ni les fans, ni les critiques qui l'ont unanimement salué, alors qu'ils avaient accueilli plus que fraîchement Batman Begins, l'épisode précédent de la nouvelle franchise Batman. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les auteurs n'ont pas hésité à prendre des risques puisqu'ils ont repris dans le rôle du méchant, le Joker, qui avait été si magnifiquement interprété par Jack Nicholson, il y'a vingt ans, dans le premier Batman de Tim Burton.
Faire mieux que ce dernier ? Cela aurait été difficile si le personnage et le film étaient restés sur le même registre. The Dark Night n'est en rien un remake, c'est une vision différente du mythe de l'homme chauve-souris et de son plus coriace ennemi. Et cette vision est d'un remarquable intérêt aussi bien artistique que narratif. En tout cas, on ne pourra pas reprocher à ce film de s'être contenté de chercher à vider le porte-feuille des fans mais, au contraire, de chercher à attirer tous les amateurs de bon, de très bon cinéma.
Le Gotham City de Cristopher Nolan ne ressemble en rien à celui de Tim Burton. Ici, pas de délires gothiques et de décors grandioses, mais une ville qui ressemble comme deux gouttes d'eau au New York actuel. Enfin, à la fois, Gotham City, c'est justement le surnom de NYC. De manière générale, The Dark Night se veut un récit qui intègre des problématiques de société très actuelles, concernant la gestion de la violence et de la criminalité. Evidemment, dans le monde réel, personne ne se ballade la nuit en costume en cuir... Enfin si plein de gens, mais pas pour pourchasser la grande criminalité. Alors disons que ce film nous livre l'image de notre monde réel dans lequel Batman existerait et pas pour fréquenter des boîtes sado-maso.
Le Joker interprété par le regretté Heath Ledger ne ressemble en rien à celui légendaire joué par Jack Nicholson. Moins délirant, plus sombre, plus sadique, plus inquiétant, plus terrifiant, ce rôle marquera également l'histoire du cinéma. D'ailleurs, s'il y'a un point commun entre les deux versions du Joker, c'est que dans les deux cas, il représente, et de loin, la grande star du film. Si Christian Bale est peut-être moins transparent que Michael Keaton à l'époque, ils sont tous deux nettement en retrait par rapport à leur ennemi, dont le charisme irradie tout au long de chacun des deux films. Heath Ledger sera donc décédé à l'aube d'une formidable carrière car le talent dont il fait preuve ici n'a rien à envier à celui dont fait preuve son prédécesseur dans ses plus grands rôles.
En fait, la seule vraie ressemblance entre les deux films se situe au niveau du personnage de notre héros masqué en lui-même. Personnage torturé, se posant moult questions sur sa place dans ce bas monde, il ne ressemble en rien à un héros sûr de lui et confiant dans la justesse de son combat. Mais encore une fois, il manque quelque peu d'épaisseur et ses interrogations existentielles ressemblent un peu à une tentative désespérée de lui donner de la consistance. En plus dans les deux cas, l'acteur qui l'interprète offre une prestation un tout petit peu fade.
Mais la grande force de The Dark Night est son intrigue, nettement plus complexe que celle du Batman de Tim Burton. Il nous plonge au cœur de la pègre de Gotham qui vit des jours difficiles depuis l'apparition simultanée du héros ailé et de Harvey Dent, le nouveau procureur qui affiche une volonté farouche de combattre le crime. Ils s'en inquiètent avant qu'un inquiétant personnage, le Joker, leur propose de régler tous leurs problèmes en assassinant Batman. Mais son caractère sadique et déjanté ne les pousse pas lui faire confiance. Il décide alors de mettre Gotham à feu et à sang pour pousser la pègre à lui remettre la moitié de sa fortune... mais aussi et surtout pour le plaisir...
Les intrigues secondaires se croisent et se recoupent, les rebondissements sont nombreux, bref The Dark Night n'est en rien une collection de scènes d'actions dénuées de tout fil conducteur . C'est une vraie histoire au dénouement qui en surprendra plus d'un et qui maintient la tension jusqu'au bout. L'histoire est particulièrement prenante. Le personnage du Joker inquiète et fascine, créant à la fois une sensation de malaise et une impatience de le revoir à l'écran. On pourra toujours discuter de la morale parfois limite véhiculée par ce film, mais elle n'est pas assez omniprésente pour que cela soit réellement gênant. Autre petit défaut peut-être : le film n'est pas totalement exempt de quelques longueurs, mais, là aussi, rien de vraiment notable.
The Dark Night est évidemment également un film d'action... Et qui dit film d'action, dit scènes d'action... Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles sont réussies. Intensité, grand spectacle, réussite technique, tout y est ! Vus les moyens déployés, on peut considérer que c'était la moindre des choses, mais fallait-il encore le faire. Surtout, que toutes ces scènes ne cèdent jamais à la tentation du délire pyrotechnique et reste centrée sur l'affrontement entre les personnages. Il aurait été dommage que la performance si remarquable de Heath Ledger ait été mise au second plan par une pluie d'effets visuels.
The Dark Night a donc répondu à toutes les attentes qu'il avait suscitées. Personnellement, je préfère encore la vision de Tim Burton du mythe, mais cette nouvelle version ravira tout de même une large majorité de cinéphiles.
Gomorra était lui aussi très attendu. Il s'agit de l'adaptation du roman de Roberto Saviano, qui décrit d'une manière extrêmement réaliste l'emprise de la Mafia napolitaine, la Camorra, sur la vie des habitants de la région. La récente mise sous les feux de l'actualité de l'affaire des ordures napolitaines nous prouve que ce nous décrit Gomorra colle cent fois plus à la réalité que tous les films de Scorsese et Coppola réunis.
Gomorra est composé de plusieurs histoires entremêlées afin de bien montrer à quel point l'emprise de la Camorra est forte, quelque soit l'âge, quelque soit le sexe, quelque soit la situation. La règle du "tu es avec nous ou contre nous" entraîne dans un tourbillon de violence la jeunesse napolitaine dès l'adolescence. Toni, à peine sorti de l'enfance, se trouve ainsi plus ou moins forcé d'intégrer une bande, sachant qu'il risquera alors de se faire tuer par ses anciens amis d'enfance qui ont intégré la bande rivale. Marco et Ciro, plus âgés, ne rêvent que de Scarface et ne réalisent pas que leur attitude provocante fait monter la colère des membres de la Mafia locale. Pasquale, tailleur proche de la retraite, décide d'arrondir ses fins de mois en travaillant avec le Chinois, les concurrents directs de la Camorra dans le domaine de la contrefaçon, risquant ainsi sa vie si cela vient à être découvert. Enfin Don Ciro est un homme d'affaires prospère : son fond de commerce, les ordures et autre déchets toxiques...
Plusieurs destins marqués par la même emprise de la Camorra sur leur vie. Filmé comme si les images étaient prises sur le vif, Gomorra cherche avant tout le réalisme. Aucune volonté esthétisante de la part du réalisateur, Matteo Garrone, dont le style est plus proche de celui de l'émission Strip-tease que celle de la trilogie du Parrain. C'est parfois un peu déroutant car le film échappe également aux règles de narration classique. Pas de scène d'introduction, pas d'intrigue clairement définie, le spectateur est un peu livré à lui-même en début de film. Mais très vite, on comprend qui sont les personnages et quelles sont leur relation avec la Camorra et on est très curieux de voir où le chemin des protagonistes va se terminer.
Le grand mérite de l'ensemble du casting est d'avoir joué le jeu, en évitant justement de ressembler à des acteurs. Oubliés les conventions, la technique. Les acteurs vivent plus qu'ils ne jouent, semblant même souvent oublier la présence de la caméra. Cette remarquable direction d'acteurs renforce encore l'impression de réalisme et donne à Gomorra un statut de faux documentaire, plus que de pure fiction. Tout cela naît bien sûr d'une volonté de dénoncer la situation qui semble tellement immuable que tous en acceptent l'horreur sans broncher ou même amorcer la moindre révolte.
Le seul petit soucis avec ce type de film, c'est qu'il laisse un peu sur sa faim. Il n'est à la fois ni une grande histoire passionnante, ni un documentaire exhaustif. Il manque le souffle épique, ou alors une analyse en profondeur ou au moins une mise en perspective. Bref, c'est parfois un peu frustrant, même si ça ne diminue en rien l'intérêt de l'œuvre. Les amateurs de cinéma réaliste seront ravis, les autres partageront avec moi ce sentiment un peu mitigé.
Bref, Gomorra apporte une vision réaliste et terrifiante de la Mafia napolitaine, loin de la vision habituellement véhiculée par Hollywood. C'est là la grande force du film. Peut-être aussi sa faiblesse.
13/08/2008 : Pas besoin de dialogues !

Les films d'animation auront constitué le plus grande réussite de cet été cinématographique (en attendant The Dark Night). Après l'hilarant Kung-Fu Panda, voici le magnifiquement poétique Wall-E. Dreamworks et Pixar nous ont encore offert deux petits chef d'œuvres pour notre plus pur bonheur. Mais c'est quand même bien Pixar qui fait vraiment fort avec Wall-E, unanimement salué par la critique et qui est réellement un petit bijou du 7ème art.
Sur une Terre désertée par ses habitants depuis 700 ans, Wall-E, robot chargé de nettoyer les déchets, est la dernière trace de vie sur Terre, en dehors d'un petit insecte... et une plante chétive qui tente de survivre dans ce monde encore très pollué. Dernier survivant de son "espèce", Wall-E continue inlassablement à accomplir son devoir. Mais le temps a fait apparaître chez lui des comportements dénotant une certaine personnalité. Un jour son train-train séculaire est perturbé par l'arrivée d'un vaisseau spatial qui dépose sur notre planète un robot aux courbes féminines (même s'il ressemble quelque peu à un suppositoire...ou une dragée pour ceux qui préfèrent).
Wall-E est une histoire d'amour d'un genre original puisqu'elle concerne deux êtres qui ne sont pas à proprement parler vivants. Pourtant, cette histoire ne perd rien de sa force poétique et de l'émotion qu'elle dégage. Les personnages sont incroyablement sympathiques et surtout touchants. Le petit robot timide et obsolète tentant de séduire le robot moderne et design... Une situation que l'on peut facilement retranscrire dans un contexte beaucoup plus humain. Bref, une histoire presque commune, malgré un contexte et des personnages sortant largement de l'ordinaire.
Le défi les plus étonnant relevé, et avec quel brio, par les artistes de Pixar, est d'avoir réussi à faire exprimer autant de sentiments à leurs personnages sans quasiment aucun dialogue et même aucune mobilité dans les visages. Pourtant le résultat est probant et nos petits robots font preuve d'une expressivité réellement prodigieuse. Il s'agit vraiment là d'une prouesse vraiment remarquable et qui justifierait à elle seule l'intérêt de ce film.
L'autre intérêt est aussi l'histoire, qui même sans beaucoup de dialogue, est très rythmé. Si le film commence par une présentation du monde et du personnage de Wall-E, l'histoire commence dès que Eve, sa comparse, débarque sur Terre. Pas d'intrigue hitchcockienne palpitante mais des péripéties qui s'enchaînent rapidement et qui font de Wall-E un divertissement au-delà de l'aspect poétique. On aurait pu craindre également que le message écologiste sous-jacent soit quelque peu lourdingue ou simpliste, mais il fait partie intégrante de la l'intrigue et représente le point de départ de nombreuses péripéties.
Wall-E est réellement une fable magnifique et touchante. Un vrai grand et beau film à voir absolument !
Ils nous ont manqué, les revoilà. Fox Mulder et Dana Scully sont de retour pour le plus grand bonheur des fans... et des autres ! X-Files : Regeneration est la deuxième adaptation cinématographique de la série mythique. Si X-Files ; Combattre le futur était un épisode géant, ce film est plutôt une histoire à part, indépendante qui peut se voir en dehors de la série...encore que, ça peut se discuter, on y reviendra.
Nos deux héros sont désormais loin de leur ancienne vie. Scully exerce désormais la fonction de médecin dans un hôpital et Mulder vit barbu et reclus, toujours plus ou moins poursuivi par ses anciennes obsessions. Pendant ce temps, un agent du FBI disparaît. La seule piste provient d'un ancien prêtre pédophile aux talents de médium douteux. L'agent du FBI en charge du dossier décide de faire appel à l'ancien responsable des Affaires non-classées (formidable traduction de X-Files !) pour y voir plus clair et déterminer si le Père Joseph n'est pas un imposteur.
La volonté de Chris Carter, réalisateur et créateur de la série, est de faire de X-Files : Regeneration un film accessible même à ceux qui n'ont jamais regardé un seul épisode de la série. Il n'est donc absolument pas question ici de petits hommes verts ou de conspiration. De toute façon, pour ceux qui l'ignorerait encore, l'invasion de la Terre par les extra-terrestres est prévue pour le 22 décembre 2012, et on ne peut plus rien faire contre ça. Le pari est partiellement réussi. Effectivement, l'intrigue principale est celle d'un thriller classique. Le résultat est correct sans être extraordinaire non plus. On a vu ça des dizaines de fois au cinéma et on est loin du génie d'un Silence des Agneaux.
Mais à cela s'ajoute un second élément accessible surtout par les fans de la série. En effet, le film tourne en grande partie autour des relations entre Mulder et Scully. Sans rien connaître de leur passé, il est difficile de vraiment saisir ce qui se passe, les raisons de leurs états d'âmes et leurs interrogations. Je pense même que c'est un élément qui doit alourdir quelque peu l'intrigue pour un non-initié. Par contre, les fans seront heureux de voir cet aspect enfin développé, alors qu'il avait toujours été secondaire dans la série. Certes, ce n'est pas non plus d'une profondeur remarquable mais ça donne une épaisseur supplémentaire à nos deux héros. A noter que les fans se doivent de rester jusqu'à la fin du générique pour le dernier clin d'œil qui les fera sourire.
Chris Carter n'est toujours pas un grand réalisateur. Homme de télévision, il ne donne pas à X-Files : Regeneration l'ampleur artistique qu'aurait mérité un passage sur grand écran. Pour alourdir l'ambiance, il se contente de faire se dérouler les scènes la nuit sous la neige. Mais on est loin de Ridley Scoot dans Blade Runner. Le seul petit moment de génie est un gros plan sur la photo de George W. Bush au siège du FBI et qui s'accompagne du célèbre tintintintintintin qui ouvrait le générique de la série.
X-Files : Regeneration n'est donc pas un chef d'œuvre. Les fans seront ravis, comme je l'ai été. Les autres trouveront sûrement le film assez moyen.
Vous avez aimé Shoot'em Up avec Monica Belluci, vous adorerez Wanted : Choisis ton Destin avec Angelina Jolie. Car si le premier était un très sympathique navet, le second est, certes, un film de série B, mais loin d'être dénue d'originalité. Bien sûr, il faut considérer que voir des gens se tirer dessus peut être un spectacle en lui-même. Mais si c'est le cas, alors vous ne bouderez pas votre plaisir en regardant Wanted : Choisis ton Destin.
Wesley Gibson est un comptable martyrisé par sa patronne, cocufié par sa copine avec son meilleur ami, vivant dans un appartement minable le long d'une ligne de métro et sujet à des maux de tête incessants. Bref, loin d'une vie de rêve. Un jour, il se retrouve au milieu d'une fusillade dont il semble être l'enjeu. Dépassé par les évènements, il apprend alors qu'il est l'héritier d'un des membres les plus talentueux de la Fraternité, guilde séculaire d'assassins.
On s'en doutera, la qualité principale de ce film n'est pas son scénario. Il se contente d'être rythmé et présente les quelques rebondissements qui vont bien. Rien de compliqué, mais du coup, rien de très intéressant. C'est là, la principale limite de Wanted : Choisis ton Destin. Le plaisir qu'il procure réside uniquement dans l'enchaînement des scènes d'actions, heureusement très spectaculaires et qui se succèdent sans essoufflement. Beaucoup de fusillades, mais aussi des poursuites en voiture et un magnifique accident de train. Toutes ces scènes sont remarquablement réalisées avec même une légère ambition esthétique. Pas de vrai moment d'anthologie, mais une certaine constance dans la qualité.
Ce qui donne un petit plus à Wanted : Choisis ton Destin, c'est l'esprit qui flotte sur ce film. Ce dernier est en effet doté d'un certain humour qui démontre que ce film n'a pas la prétention d'être autre chose qu'un joyeux divertissement ne se prenant pas au sérieux. Ca donne une certaine fraîcheur à ce film particulièrement réjouissante. Bref, un vrai film d'été à regarder en sortant de la plage. L'autre originalité réside dans l'aspect quelque peu ésotérico-fantastique que l'on a pas trop l'habitude de voir dans un film du genre. Là encore, rien de génial, mais bon ça a le mérite de titiller la curiosité du spectateur.
Wanted : Choisis ton Destin repose en grande partie sur la galerie de personnages qu'il présente. Notre héros, interprété par James McAvoy, que l'on avait découvert dans l'excellent Le Dernier Roi d'Ecosse, est le personnage classique du maladroit qui ne semble pas fait pour devenir un héros, mais qui le devient à force de persévérance. Bref, on est entre Luke Skywalker et le héros de Karaté Kid. Le personnage fonctionne bien et l'acteur passe des moments d'humour aux moments d'action avec le même bonheur. Mais la grande star du film reste la sublime Angelina Jolie qui campe un personnage froid et mystérieux, mais, évidemment, incroyablement sexy. Et je ne dis pas ça pour les quelques secondes où on peut l'admirer de dos entièrement nue... Le rôle de Morgan Freeman, à la tête de la guilde des assassins, n'a pas assez d'épaisseur pour permettre à l'acteur de réellement briller. Mais on sent tout de même que la classe est là. Le méchant enfin, interprété par Thomas Krestschmann, ne présente pas non plus assez d'intérêt pour qu'il reste durablement dans les mémoires.
Wanted : Choisis ton Destin séduira donc les amateurs de pure action. Il séduira également ceux qui apprécie un brin de second degré dans toute production. Les autres resteront indifférents.
12/08/2008 : Valeurs positives

Le cinéma français nous offre beaucoup de films de personnages, de comédies des mœurs, bref, des films où ce ne sont pas les poursuites échevelées, les effets spéciaux spectaculaires ou encore les suspenses insoutenables qui priment. Souvent le résultat est disons-le très chiant, les réalisateurs pensant que plus c'est dramatique, abscons et intimiste, plus le résultat est artistiquement et intellectuellement valable. Que le spectateur ait envie de s'assoupir dans la salle ne semble pas être leur affaire... Mais avec Mes Amis, mes Amours, ce n'est pas du tout le cas puisque nous sommes face à une comédie romantique, genre habituellement réservé au cinéma hollywoodien. Il s'agit également de la première adaptation d'un roman de Marc Lévy, l'auteur en vogue du moment.
Qui dit comédie romantique, dit couple. Dans Mes Amis, mes Amours, il s'agit de Vincent Lindon (qui se spécialise dans le genre après Je crois que je l'aime) et Virginie Ledoyen. Lui est un directeur de librairie, sujet au vertige, récemment installé à Londres. Elle est journaliste de passage dans la capitale britannique. Le problème c'est qu'il vit déjà en "couple"... avec son meilleur ami avec qui il a emménagé, en compagnie de leurs enfants respectifs. L'arrivée de la jeune fille va brutalement perturber la vie des deux amis.
L'amour triomphera-t-il à la fin ? Le suspense est évidemment intense... Bon je plaisante, ce film n'a rien d'hitchcockien. Son intérêt repose entièrement sur la sympathie inspirée par les personnages et le caractère cocasse de certaines situations. Personnellement, je n'ai pas trouvé le couple central super crédible, mais bon, si on considère que l'amour est parfois inexplicable, on peut se laisser séduire par cette histoire surprenante et originale en son début, un rien cousue de fil blanc sur la fin.
Mes Amis, mes Amours est un film léger, plein d'ondes positives, célébrant les valeurs de l'amitié et de l'amour. On peut trouver ça un tantinet sirupeux, mais au moins, ça ne prend pas la tête. Ce n'est pas non plus hilarant, mais permet de passer un bon moment. La morale sous-jacente n'est pas non plus lourdingue, alors on profite du spectacle. On oubliera vite ce film, mais il ne nous aura pas fait non plus perde notre temps.
Comme dans tous les films de ce genre, tout, ou presque, repose sur la prestation des acteurs. Et dans Mes Amis, mes Amours, ce sont avant tous les seconds rôles qui brillent. Le duo Vincent Lindon-Virginie Ledoyen se contente du minimum, et constitue une des limites les plus marquées de ce film. Par contre, Pascal Elbé nous offre une prestation formidable et Florence Foresti est étonnante pour ses débuts sur grand écran. Cette dernière joue avec une justesse rare chez les habitués des one-man-show.
Bref, Mes Amis, mes Amours vous fera passer un bon moment. Les fans de Marc Levy y trouveront leur compte, les amateurs de comédie romantique aussi. Les autres oublieront vite ce film agréable mais sans génie.
20/07/2008 : Dans la série des "on ne m'y reprendra plus !"

J'ai définitivement deux têtes de turc cinématographiques : Eric Rohmer d'un côté, et Eric et Ramzy de l'autre. Pour chacun d'eux, pourtant, étant de nature particulièrement magnanime, je me dis que leur succès doit quand même avoir un fondement et que je n'ai pas encore vu ce qu'ils ont fait de mieux... Mais bon, cette fois promis, après avoir ce navet qu'est Seuls Two, je n'irai plus jamais voir un seul film des deux compères.
Pourtant, Eric et Ramzy, en tant que comiques, j'aime beaucoup. Pour moi, leur émission "Les Mots d'Eric et Ramzy" a été une des émissions courtes comiques les plus réussies qu'on ait pu voir à la télévision. Mais voilà, leur univers ne passe pas du tout, mais alors pas du tout, au cinéma.
Dans ce film (si on peut appeler ça un film), Eric est un flic un peu simplet qui rêve d'attraper Ramzy, voleur qui se la joue bien plus qu'il n'est dangereux. Un jour, sans qu'on ne sache pourquoi, ils se retrouvent dans un Paris (voir un monde) totalement déserté à part eux deux. Les deux ennemis de toujours vont donc devoir apprendre à cohabiter.
Le problème de ce film, c'est l'absence quasi totale de gags. Je ne dis pas l'absence totale de gags drôles, l'absence totale de gags tout court. En fait, le seul ressort comique, c'est cet éternel contraste entre les deux personnages, leur façon de parler, leur physique. Ramzy, le grand, sûr de lui malgré sa maladresse et son côté crétin, et en face, Eric, le petit, timide, bégayant facilement mais au grand cœur... Bref, tous ceux ayant vu leurs sketchs, la série H ou la Tour Montparnasse Infernale connaissent déjà le numéro de duettistes par cœur.
Sans vrais gags visuels, sans aucune réplique mémorable, Seuls Two ne fait donc pas rire. Et pour un film comique c'est plutôt embêtant. Le casting serait pourtant presque prestigieux... D'ailleurs, on se demande comment Kristin Scott Thomas a pu se retrouver embarquée dans cette galère. Aucun n'acteur n'est vraiment mauvais (à part peut-être Omar, d'Omar et Fred), car leurs rôles sont trop dénués d'intérêt pour leur permettre de vraiment briller.
Allez je ne vais pas m'étendre plus longtemps sur ce film sans intérêt. A éviter donc !
Les films de super-héros super sérieux sont à la mode puisque nos écrans ont encore été récemment envahis par les Iron Man et autre Incroyable Hulk. Jusqu'à présent, le seul film parodiant quelque peu le genre était le magnifique les Indestructibles. Et bien voilà son petit frère si l'on peut dire, puisque Hancock se propose de revisiter le genre par le biais du second degré et de la parodie.
Hancock est un super héros indestructible, mais c'est surtout un poivrot qui cause autant de dégâts qu'il ne sauve la vie. Alors, une large partie de la population voudrait le voir derrière des barreaux pour qu'il cesse de nuire. Un jour, il croise la route d'un chargé de communication qui rêve de changer le monde et qui décide de faire de Hancock un héros aimé de tous.
Tout d'abord, je tiens à féliciter haut et fort les réalisateurs de la bande-annonce de ce film car vous n'y voyiez rien qui ne soit dans le premier tiers du film. En fait, elle ne révèle rien de la vraie intrigue qui naît sur un effet de surprise qu'il aurait été criminel de dévoiler. C'est suffisamment rare pour être souligné !
Hancock est un film plutôt sympa, pas un chef d'œuvre du 7ème art, mais un bon divertissement. Cependant, on reste un peu sur notre faim car on sent bien que l'idée de base, plutôt originale, n'a pas été totalement exploitée. Le film manque un petit peu de fantaisie et surtout, prend un minimum de risques. Bref, pas d'élan créatif pour une parodie formatée d'un genre lui aussi un peu trop formatée. Et c'est bien dommage.
Formaté, le film l'est entièrement pour mettre en valeur Will Smith. C'est d'ailleurs un peu une sale habitude des films dans lequel il joue, qui sont généralement entièrement bâtis autour de lui. Ce n'est pas qu'il n'est pas un acteur talentueux, bien au contraire, mais bon, ça limite tout de même beaucoup la créativité. Tout est fait pour rallonger son rôle et toute idée qui aurait impliqué qu'il soit raccourci a sûrement du être écartée. Mais bon, sa performance est tout de même une de ses meilleures (bon ce n'est pas Ali non plus !).
Niveau action et effets spéciaux, on est là dans le haut niveau hollywoodien. C'est d'ailleurs amusant de voir à quel point on commence à être blasé. Hancock n'est pas non plus un film évènement, mais il bénéficie d'un traitement technique de haut niveau qui le rend supérieur à toute hyper-super-méga production d'il y'a dix ans. Il ne faut donc pas non plus oublier tout le travail fait dans ce domaine. Certes, on peut toujours trouver que c'est un alibi au manque de créativité, mais il n'en reste pas moins que cela est le fruit d'un travail remarquable.
Pour résumer, Hancock vous fera donc passer un très bon moment, même s'il ne sera pas inoubliable. Un soir de pluie, une envie de DVD et il vous permettra de ne pas perdre complètement votre soirée.
14/07/2008 : Vive l'animation !


Parler des épisodes douloureux de son passé est toujours un exercice difficile pour tous les peuples. En France, Indigènes et L'Ennemi Intime ont levé deux tabous cinématographiques. En Israël, on assiste aussi à une multiplication de films abordant les évènements récents et passés avec un regard nouveau et sans (trop de) concessions. Le très beau The Bubble nous avait déjà remués, Valse avec Bachir va nous bouleverser.
Ari a participé dans sa jeunesse à la 1ère guerre du Liban au sein de l'armée israélienne, mais il n'en garde pourtant que très peu de souvenirs. Alors lorsqu'un rêve étrange vient le tourmenter, il va partir à la recherche des souvenirs disparus et en particulier, de ce qu'il a fait et vu le jour du terrible massacre de Sabra et Chatila.
Valse avec Bachir est un film d'animation, même si la plupart des témoignages sont réels. Ce film est parfois qualifié de documentaire d'animation, surtout qu'il s'achève sur des images d'archives bien réelles. Je trouve le terme impropre car ce film est avant tout un témoignage avec toute la subjectivité que cela implique. Sur la fin, le film se veut plus une vision générale des évènements, mais le film reste avant tout la vision de l'auteur.
Le style graphique est assez particulier. Les personnages sont animés de façon "incomplète", un peu façon South Park, toute proportion gardée. Il y'a cependant un réel soucis esthétique, et le travail sur les décors, les lumières est quand à lui de grande qualité. Bref, on est face à de très beaux dessins pas très animés. Le style peut en déranger certains, mais au final, il constitue plutôt un atout du film.
Valse avec Bachir est particulièrement réussi à moins point de vue, car il réussit à faire partager au spectateur le travail de mémoire qu'effectue Ari. Au début, il ne se rappelle de rien, tout comme la plupart des spectateurs qui ne connaissent que très peu de choses sur ces évènements. Peu à peu, de quelques anecdotes un peu décousues, on découvre ce qu'a été la réalité de ce conflit pour les jeunes appelés israéliens. Et comme, je l'ai déjà évoqué plus haut, le film finit par dépasser ce point de vue pour embrasser le drame dans sa globalité. L'horreur des évènements nous arrive alors en pleine figure, faisant naître une émotion brute, qui tranche avec le début du film plus anodin.
J'avoue être sorti quelque peu secoué de ce film. C'est vrai qu'on parle beaucoup des conflits dans cette région, mais en ignorant souvent le témoignage de ceux qui la vivent au quotidien. Le point de vue israélien notamment est rarement décrit en dehors des messages politiques. Les protagonistes de ce film n'ont souvent d'autre but que d'obéir et de remplir leur devoir. Ils n'ont ni haine, ni réelle conviction, ils sont simplement là parce qu'ils le doivent. Ceci explique notamment une certaine indifférence et impuissance face au drame qui se noue sous leurs yeux. Certains y voient une manière de se dédouaner, je dirai que c'est plutôt le signe que beaucoup d'acteurs de ces conflits les subissent et sont portés par les évènements, sans vouloir les provoquer.
Valse avec Bachir est donc une oeuvre innovante qui transmet un message fort et bouleversant.
Quand on pense film d'animation, plutôt qu'un film comme Valse avec Bachir, on pense plus volontiers aux cartoons qui ont peuplé notre enfance tous les dimanches soir. Ah Tom et Jerry, Bip Bip et le Coyotte, Bugs Bunny... Que du bonheur ! Depuis, nous avons eu droit à une nouvelle vague de films d'animation, toujours aussi drôles, mais plus dans le second degré et visant un public plus adulte : Shrek, Les Indestructibles (du même réalisateur que le film dont il est question ici) ou encore Monstres et Cie... Autant de films qui rassemblent toute la famille autour d'un DVD, les plus petits se régalant des gags visuels, les plus vieux se délectant des clins d'œil et des références aux styles qu'ils parodient. Il est vrai qu'il nous manquait un vrai bon dessin-animé à l'ancienne, un vrai cartoon, surtout axé sur l'humour premier degré, mais l'humour premier degré drôle (Horton, sorti récemment, étant sympa mais sans plus !). Et bien, ceci se retrouve dans un film très réussi et véritablement hilarant : Kung-fu Panda !
L'idée de base est gentillette. Po, un panda bedonnant, fils d'un canard vendeur de nouilles, rêve secrètement de devenir le roi du kung-fu et de rejoindre ses idoles, les 5 Cyclones : tigresse, grue, mante, vipère et singe. Ce rêve semble totalement hors de portée jusqu'au jour où...
Bref de toute façon, on ne va pas voir Kung-Fu Panda pour l'épaisseur du scénario. Certes, une histoire sympa ne gâche rien et c'est plutôt le cas ici. Les péripéties sont très nombreuses, s'enchaînent avec rythme et ne s'endort jamais dans de longs passages lénifiants ou moralisateurs. Les personnages sont attachants, aux personnalités variées et dont les relations marchent très bien. Le personnage du méchant est lui aussi très réussi, ce qui est capital pour rendre un film vraiment bon.
Graphiquement, le film est vraiment réussi. C'est à la fois un style très cartoon, très dessin animée au sens premier du terme, tout en gardant la beauté d'une production Dreamworks. On n'a plus l'aspect un peu trop "images de synthèse", que je n'aime pas trop dans un Monde de Nemo par exemple, tout en gardant les possibilités qu'offrent l'informatique en termes d'effets visuels. Bref, c'est beau, parfaitement animé et agréable aux yeux.
Mais la plus grande qualité de Kung-Fu Panda, c'est avant tout que c'est drôle ! On rit beaucoup, on rit souvent ! Humour premier degré souvent, mais de très bonne facture ! Jamais redondant, jamais lourdingue, jamais grossier bien sûr. Mais toujours efficace ! Que les gags soient purement visuels, ou alors situationnels, ils font toujours mouche, provoquant l'hilarité du spectateur. Pas de temps mort, pas de passages ennuyeux, ce film est d'une remarquable densité, rare pour un film comique quelque il soit.
Kung-Fu Panda est donc un vrai divertissement familial qui ravira les grands et les petits ! Pour les plus grands, je conseille surtout de voir ce film en VO (enfin de toute façon, la question ne se pose pas...) vu la qualité du casting vocal. Il n'y a peu de films, d'animation ou pas, qui peuvent se targuer de réunir une telle brochette de stars.
Puissions-nous ne jamais cesser d'être de grands enfants !
Vous aimez Bruges ? Et bien dites-vous que Ray lui n'aime pas du tout. Petit tueur expédié en Belgique avec son complice, pour se mettre au vert après un meurtre qui a mal tourné, il s'y ennuie profondément. Ne tenant pas en place, il horripile son comparse qui aimerait pourvoir profiter calmement de la beauté de la ville. Pour tromper l'ennui, il rencontrera une jolie dealeuse et un acteur nain au mauvais caractère...
Ok, le point de départ de Bons Baisers de Bruges n'a vraiment pas l'air exceptionnel. Ne film ne l'est pas non plus, mais il reste tout de même très bon, bien plus que l'on aurait pu le penser à première vue. Son succès quelque peu inattendu est donc tout à fait mérité et constitue une des bonnes surprises de l'été cinématographique, période généralement consacrée aux grosses productions hollywoodiennes.
Bons Baises de Bruges est un vrai film de personnages. Pas de scènes d'actions, mais beaucoup de dialogues et des situations comiques et originales. La galerie de protagonistes de ce film est particulièrement savoureuse, emportant la sympathie, autant que l'étonnement, du spectateur. Ils sont évidemment tous plus ou moins barrés (sinon ça ne serait pas drôle) et c'est ce qui fait que chacun d'eux possèdent une personnalité bien à lui et qu'on leur pardonne même les pires horreurs qu'ils ont pu connaître.
Je sais, je sors, cette même phrase à chaque fois, mais elle est vraie, alors soyons fous allons-y : qui dit bon films de personnages, dit bons acteurs. C'est encore le cas ici. Certes, qualifier Colin Farrell de bon acteur peut paraître quelque peu osé, mais bon, je n'ai pas dit grand acteur non plus ! Et puis, il arrive quand même à placer avec conviction un "fucking" tous les dix mots, belle performance ! Par contre, l'immense Ralph Fiennes est de la partie, et évidemment... il est immense ! Une mention spéciale également à Brendan Gleeson, éternel second rôle du cinéma britannique, mais toujours parfait dans son interprétation.
Il est inutile de discourir sur ce film qui est un peu comme Bruges justement : ça manque quelque peu de glamour à première vue, mais en fait, c'est vraiment super !
13/07/2008 : Méfiez-vous de votre ficus !

M. Night Shyamalan est un réalisateur brillant. Ses films sont, techniquement parlant, parmi les plus beaux qu'on ait vus cette dernière décennie. Mais pour faire de grands films, il faut un peu plus qu'une grande maîtrise technique. Il faut savoir insuffler ce petit supplément d'âme, ce truc inexplicable, insaisissable, indéfinissable mais qui fait toute la différence. Cette petite chose, M. Night Shyamalan l'a eu avec le Sixième Sens, qui nous a offert ce qui reste le plus incroyable et inattendu reversement de situation final de toute l'histoire du cinéma. Depuis, il court quelque peu après ce moment de grâce absolue... mais ne la rattrape jamais vraiment.
Phénomènes, son nouveau film, est un film assez impressionnant par sa maîtrise technique. Mais encore une fois, je trouve, il ressemble un peu trop à un exercice de style, une copie un peu trop appliquée d'un élève peut-être trop brillant pour être génial. Ne croyez pas que je n'ai pas apprécié ce film, mais il m'a laissé un peu sur ma faim, un peu comme l'avait fait Le Village, un autre de ses très bons films.
Phénomènes a déçu beaucoup de monde. En effet, pour l'apprécier, il faut accepter sans rechigner le point de départ du scénario, quelque peu invraisemblable. En effet, un beau matin, soudainement, sur la côte est des Etats-Unis, une substance semble avoir été répandue dans l'air et pousse les gens à se suicider par un moyen ou un autre, créant une gigantesque panique. Surtout que le phénomène (d'où le titre !) touche des aires de plus en plus étendues.
Phénomènes est comme beaucoup de film, comme Cloverfield par exemple : la crédibilité de l'idée de départ, on s'en fout ! Ce qui compte, c'est la manière dont elle est exploitée. Et là, M. Night Shymalan s'en sort plutôt bien, confirmant son réel talent de narrateur. Déjà, il ne s'embarrasse pas de donner précisément et longuement une explication au phénomène. Ce n'est pas le sujet, le suspense n'est pas dans la raison pour laquelle tout cela arrive. Ce film est l'histoire d'un petit groupe de personnes et de leur réaction face à ce qui se passe. En se concentrant sur l'essentiel, le scénario est d'une réelle intensité et se révèle au final assez captivant.
Et puis, il y'a ces moments de grâce où le talent de réalisateur de M. Night Shyamalan, ces plans qui démontrent qu'il est un cinéaste au vrai sens du terme. On retiendra cette contre plongée sur des ouvriers se jetant du toit d'un immeuble en construction, mais surtout cette scène assez extraordinaire où un simple ficus devient une menace créant une réelle tension. Le titre de cet article est quelque peu ironique, mais pas tant que ça finalement.
Le couple star du film, Mark Wahlberg-Zooey Deschanel n'est pas le plus expressif que le cinéma ait connu. Entre la tête de brave type de l'un et les grands yeux bleus de l'autre, leur jeu est parfois quelque peu minimaliste. Mais bon à la fois, ils sont censés jouer des gens ordinaires... Mais bon, on préfère quand même quand M. Night Shyamalan dirige Bruce Willis ou Joaquim Phenix.
Un mot enfin sur la fin. Au moins, M. Night Shyamalan sait finir ses films, qualités rares dans le cinéma hollywoodien. Je ne parle pas de la première fin, celle qui donne envie de se mettre deux doigts au fond de la gorge pour vomir, tellement elle est pleine de bons sentiments et sonne comme un happy end sirupeux, convenu et ridicule. Non, je parle de la deuxième fin... dont je ne dirai évidemment rien !
Bref Phénomènes est un beau film, réussi... mais peut-être trop beau et trop réussi.
13/07/2008 : Rien ne vaut l'original !

La sortie du Monde de Narnia : chapitre 1 : Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire Magique en 2005 avait donné naissance à un nouveau genre cinématographique, celui de l'heroic fantasy familiale. On a ainsi vu passer sur nos écrans Eragorn, Stardust et autre Boussole d'or. Mais il faut bien avouer qu'aucune de ses oeuvres n'avait la qualité de leur modèle, dont le succès foudroyant était, on doit l'admettre, amplement mérité.
C'est donc avec une grande impatience que des millions de fans attendaient le Monde de Narnia : chapitre 2 : Prince Caspian. Et on peut le dire, leur attente ne fut pas déçu. Bien sur, comme toute suite, on ne peut plus compter sur l'effet de surprise, mais la qualité est toujours là et le spectacle toujours agréable à suivre. Rien d'inoubliable, mais on peut assurément penser que Narnia sera une série cultissime pour les jeunes générations.
On retrouve donc nos 4 compagnons dans le monde réel, ne rêvant que de retourner dans le monde de Narnia. Vous imaginez bien que cela finira par arriver (sinon il n'y aurait pas de film...), appelés à l'aide, sans le vouloir, par le jeune Prince Caspian. Mais nos amis découvriront vite que le monde qu'ils connaissaient est morts depuis longtemps, plusieurs siècles étant passés depuis leur départ. Les habitants de Narnia se cachent au fond des forêts d'un monde dominé par les Telmarins, donc le jeune Caspian est l'héritier du trône. Mais ce dernier a fui la menace représenté par Miraz, son propre oncle, qui brûle de prendre sa place et qui voue une haine profonde pour les habitants originels de Narnia, qu'il rêve d'exterminer définitivement.
Deux camps qui s'affrontent pour la domination du monde et qui annoncent des batailles épiques... La recette qui a si bien fonctionné au premier épisode est donc resservi à la table des spectateurs. C'est là la force et la faiblesse de ce film. Les fans y retrouveront ce qu'ils ont aimé, mais rien de plus. Le Monde de Narnia : chapitre 2 est presque autant un remake qu'une suite.
La différence de taille se situe dans la maturité des personnages. Si Le Monde de Narnia : chapitre 1 nous racontait la transformation de jeunes enfants en héros légendaires, nous avons affaire ici à des leaders sûrs d'eux, prêts à assumer les responsabilités qui les attend. Un des principal ressort du scénario est d'ailleurs la rivalité entre le jeune Prince Caspian et Peter, l'aîné de nos quatre héros, qui se disputent le leadership de la rébellion contre Miraz.
Le scénario est rythmé, les effets spéciaux sont superbes et les scènes de bataille épiques. Les jeunes acteurs nous offrent une prestation honnête, mais un rien plate. C'est même une des limites principales du film et qui le condamne à rester un agréable divertissement. Cependant, la série garde son caractère précurseur et reste de loin ce qui se fait de mieux dans la genre. On continuera donc d'attendre avec une certaine impatience le troisième et dernier épisode de la série. En attendant, Le Monde de Narnia : chapitre 2 : Prince Caspian peut être une excellent occasion de se retrouver en famille autour d'un bon film.
10/06/2008 : Les héros ne meurent jamais... mais ils vieillissent

Tintintintin tintintin Tintintintin tintintin
Une musique, un chapeau, une légende,
Indiana Jones !... et désormais quelques années de plus ! Il nous revient dans
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal, où cette fois, il ne combat
plus les nazis, mais de méchants communistes ! Pour le reste, la recette reste
la même puisque cette épisode reste très fidèle à l'esprit des précédents.
Enfin si, il y'a une grande différence,
c'est bien sûr l'âge du capitaine. Le film nous montre ici un Indiana Jones
quelque peu vieillissant mais qui conserve de beaux restes tout de même. C'est
d'ailleurs là que repose tout le ressort comique du film, dans l'opposition
entre le vieux prof et les jeune voyou interprété par Shia LaBeouf. Ca
fonctionne moins bien qu'avec la gourdasse blonde du Temple Maudit, mais ça
apporte ce brin d'humour qui a fait le succès de la série.
Soyons clair, la magie opère un peu moins.
Il est dur de savoir vraiment pourquoi. Le manque d'effet de surprise, le scénario
un peu trop grand guignol,... c'est un peu tout ça, mais je ne pense pas qu'il
y'ait vraiment une raison particulière à cette légère déception. C'est une
étincelle qui ne vient pas, c'est tout.
Mais d'un autre côté, soyons clair également
en reconnaissant qu'Indiana Jones et le Royaume du Crane de Cristal reste un
excellent film d'aventures, rythmé et spectaculaire. Les effets visuels sont
parfaitement réussis. Bref, du grand divertissement, même si le mythe est un
peu écorné.
Alors, ne boudons pas notre plaisir de
retrouver le docteur Jones ! Harrisson Ford est un peu moins fringuant, mais il
garde tout de même ce charme dévastateur qui a tant fait pour le succès du
personnage. Et puis la nouvelle génération se tient près, incarnée par Shia
LaBeouf, une des nouvelles coqueluches d'Hollywood. Bon, je ne suis pas
franchement convaincu qu'il ait tout à fait le même talent que son aîné,
mais allez, ne soyons pas vache, il ne s'en tire pas si mal !
Mais le vrai bonheur pour tous les fans de
la série, c'est de retrouver Karen Allen dans le rôle de Marion Ravenwood, la
seule femme qui n'est jamais été à la hauteur de notre bel aventurier ! On
peut même dire que c'est elle qui offre le seul vrai souffle réjouissant sur
ce film. Car en face, le personnage de la méchante, pourtant interprétée par
la si talentueuse Cate Blanchett est un peu trop gros pour être crédible.
Un mot tout de même sur la réalisation de
Spielberg dont on est tellement habitué au talent qu'on en oublierait presque
de le souligner. Il nous offre notamment deux plans superbes, un au début, un
à la fin du film, les deux axés sur le chapeau d'Indy. Accessoire légendaire
pour une série légendaire.
01/06/2008 : Espagne encore et toujours !

Et encore un (bon) film espagnol sur nos écrans hexagonaux ! Certes, cette fois, nous connaissons bien l'acteur principal, Jose Garcia, mais GAL est avant tout une nouvelle preuve que le cinéma ibérique ne se résume pas à Pedro Almodovar.
Cette fois, il ne s'agit pas du tout d'un film d'horreur mais d'un film historico-politique. Pour ceux qui l'ignoreraient (ce qui était mon cas avant d'aller voir ce film), les GAL étaient des commandos terroristes qui combattaient l'ETA avec leurs propres armes. Sauf que les méthodes sanguinaires employées ont fait de nombreuses victimes collatérales, aussi bien en Espagne qu'en France. Le scandale a éclaté lorsque l'on a appris que l'opération était commandé par deux policiers, sur ordre, à priori, du Ministre de l'Intérieur.
GAL raconte l'histoire des deux journalistes qui ont fait éclater l'affaire au grand jour, malgré les menaces et les pressions qu'ils subirent. Mais le film est autant sur l'enquête que sur l'affaire elle-même. Elle présente donc un intérêt historique incontestable et vu l'aspect douloureux de cet épisode de l'histoire espagnole, on peut parler d'un film courageux et engagé.
L'intérêt d'avoir pris l'enquête des journalistes comme fil rouge est de ménager un certain suspense. On suit leur parcours dans leur recherche de la vérité et ceux qui ignorent tout de celle-ci prendront un vrai plaisir à suivre le même cheminement que les deux journalistes. L'aspect enquête est parfaitement réalisé, en étant à la fois clair et crédible. Bien sûr, l'histoire est très certainement très romancée, mais il est très difficile de distinguer les éléments véridiques des autres. Bref, une reconstitution convaincante.
La réalisation est elle aussi très réussie. Elle est nerveuse, traduisant parfaitement la tension de la situation, en particulier celle subit par les deux journalistes. Le montage est en particulier très intéressant. On passe du présent de l'enquête au passé des évènements dans une parfaite clarté, malgré un va et vient constant. Comme tous les films d'enquête, GAL fonctionne un peu comme un puzzle donc les pièces s'assemblent peu à peu.
Enfin, un mot sur l'interprétation impeccable de la part de José Garcia et de Natalia Verbeke, parfaits dans leur rôle de journalistes têtus et déterminés. Mais la performance la plus remarquable est à mettre au crédit de Jordi Molla, qui joue le chef du commando. Il dégage un charisme qui crève l'écran dans un rôle forcément difficile, vu l'ambiguïté du personnage.
Un film fort intéressant et fort tout court !
Ken, survivant de l'enfer, Ken, souvent
croise le fer... Encore quelque chose qui ne nous rajeunit pas. Rappelez-vous,
1988, ces crétins de AB production décident de diffuser au Club Dorothée le
dessin-animée Ken le Survivant, qui fera
vite scandale du fait de son ultra-violence. Comment une société de production
spécialisée dans l'importation de série d'animation japonaise pouvait ne pas
savoir que beaucoup de productions nipponnes ne s'adressaient pas du tout aux
enfants ? Visiblement, à l'époque, il y'en avait un grand nombre dans cette boîte
qui étaient payés à ne rien foutre.
Heureusement, les gens de ma génération ne
sont pas tous devenus, suite au traumatisme subit en voyant cette série, des
tueurs en série. Au contraire, ils gardent un souvenir ému du fameux "Tu
es déjà mort, mais tu ne le sais pas". Alors le retrouver sur grand écran
est une plaisir dont on aurait tort de se priver.
20 ans après, les graphismes ont été
modernisés. Par contre, la déception vient d'une animation qui n'est guère
plus soignée qu'à l'époque... où elle était déjà minimaliste, les épisodes
étant réalisés à la chaîne. Pour un long métrage, on aurait pu s'attendre
à beaucoup mieux.
Dans l'absolu, Ken, l'Ere de Raoh est donc plutôt décevant. Mais franchement, on se demande qui peut bien aller voir ce film pour une autre raison que celle de retrouver ses joies d'enfant. Dans ce cas-là, on applaudira quand notre héros lance sa réplique fétiche. Rien que pour ça, on se dite que ça valait le coup de payer son billet (enfin je dis ça, moi j'ai une carte d'abonnement !)
Par contre, bonne surprise, le film est doté
d'un vrai scénario. Il serait même assez difficile de le résumer tant les
personnages sont nombreux, dans cette histoire de guerre entre clans rivaux pour
la domination du monde. On s'y perd même parfois. Mais ce qu'il y'a de plus intéressant,
c'est l'ambiguïté de tous les personnages. Pas de gentils, pas de méchants,
chacun poursuivant des buts personnels différents... Enfin si, notre Ken préféré
(il est quand même plus classe que le mari de Barbie), lui, est bien le
chevalier solitaire, protecteur de la veuve et de l'orphelin que nous aimions
tant à l'école primaire.
01/06/2008 : Un film qui a du mordant !

Bon, je sais, le jeu de mots est facile, mais ce fut plus fort que moi, j'ai du le faire. Pour un film qui s'appelle Teeth, c'est venu tout seul, surtout que l'affirmation n'est pas là que pour l'humour, elle possède un fond de vérité. Teeth est un film absolument inclassable mais incontestablement réussi.
Pourtant, quand j'ai lu l'idée de départ, je me suis dit "mais qu'est ce que c'est que ce truc ??!" L'histoire d'une jeune fille, militant dans son lycée pour la préservation de la virginité avant le mariage, découvre qu'elle a des dents dans le vagin... Point de départ certes original, mais dont on se demande comment il peut être le départ d'autre chose qu'une comédie potache ou un film d'horreur parodique.
Teeth n'est ni l'un, ni l'autre. Il est même difficile d'expliquer ce qu'il est, tant il ne ressemble à aucun autre film. Filmé avec le plus grand sérieux, il nous présente des personnages aux relations complexes, une intrigue prenante... mais provoque aussi de nombreux fous rires savoureux. Le film parle d'adolescents très légèrement obsédé par la chose, mais le film n'est en rien un nouvel American Pie. Il nous rappelle plutôt nos premiers poils qui poussaient en même temps que notre libido.
Teeth est un film assez cru. Dans les dialogues, mais encore plus visuellement dans les scènes où la dentition de la demoiselle entre en action. C'est bref, mais très intense. Ca n'a rien de gore, il n'y a pas plus d'hémoglobine que nécessaire. Mais c'est justement cette absence d'excès, qui rend ces situations pourtant totalement improbables terriblement réalistes, et pas la même occasion terriblement fortes.
Mais cet OVNI cinématographique ne serait resté qu'au stade de bizarrerie originale si la réalisation et l'interprétation ne s'étaient pas montrés à la hauteur. Teeth est filmé avec une élégance très classique qui renforce encore le contraste avec l'originalité de ce que l'on voit à l'image. Il faut également saluer la superbe performance de la jeune Jess Weixler dans un rôle unique, pour lequel elle aura eu bien du mal à puiser de l'inspiration où que ce soit.
Et si après tout ça, vous n'êtes pas encore convaincu d'aller voir Teeth, sachez que vous raterez un des plans les plus improbables, mais les plus inoubliables de l'histoire du cinéma. Je ne vous en dirai pas plus, mais je pense que tous ceux qui ont vu ce film savent duquel je parle.
A la réflexion, je garde donc mon jeu de mots pourri !
08/05/2008 : Cruel dilemme

Dans mon métier, il m'arrive que des gens me parlent de leurs "problèmes d'ISF' (Impôt sur la Fortune). Généralement, à ce moment là, je prends un air compatissant, mais au fond de moi je ne pense qu'une chose : "un problème d'ISF, je n'appelle pas ça un problème, ou alors un problème que j'aimerais bien avoir". Mais bon, je m'abstiens.
Dans Deux Sœurs pour un Roi, Henri VIII, roi d'Angleterre, interprété par Eric Bana, est confronté à un problème très très grave : est-ce que je couche avec Scarlett Johansson ou avec Natalie Portman ?... Si un jour, j'avais un tel choix à faire...ok, ok, j'arrête immédiatement de rêver, ça ne m'arrivera jamais, mais bon en imaginant que, dans un monde parallèle, cela m'arrive, je sais sur qui se porterait mon choix, mais en tout, je pense que je n'aurais pas du tout l'impression d'avoir un problème...
Bon revenons, un peu à notre film. Deux Sœurs pour un Roi nous plonge donc au milieu de la cour d'Henri VIII qui se désespère de n'avoir d'héritier mâle. Mais le divorce n'est pas autorisé par l'Eglise Catholique. Différents clans tentent alors d'influer le Roi en lui présentant une jeune femme qui pourrait devenir sa maîtresse et pourquoi pas donner naissance à un fils. Le clan Boleyn possède justement deux jeunes filles splendides : Mary (Scarlett), malheureusement déjà mariée et sa sœur, Anne (Natalie), au fort caractère. Cette dernière tente de séduire le Roi, mais très vite, c'est au charme de Mary qu'il se montrera sensible.
Les amateurs d'histoire connaissent déjà comment tout cela finit. Les autres se laisseront porter par une intrigue pleine de rebondissements. Le film est centrée sur les rapports qu'entretiennent les deux sœurs et illustre encore une fois le fait que l'amour et la haine sont souvent deux sentiments très proches. Vous imaginez bien que deux sœurs en rivalité pour le même homme, qui plus est le Roi d'Angleterre, ne conduira pas à une relation très saine entre les deux jeunes filles.
L'intrigue de Deux Sœurs pour un Roi possède deux donc facettes : la grande histoire, celle qui aboutira à la naissance de l'Anglicanisme, et la petite au sein du clan Boleyn. La combinaison des deux donnent à ce film un double intérêt. Les critiques ont été très dures avec ce film. Certes, le choix a été clairement fait en faveur de l'avancée de l'intrigue au dépend d'une étude vraiment approfondie de ces deux personnages si différents. De plus, le personnage du Roi est malheureusement très transparent et les raisons qui le pousseront à prendre des décisions qui modifieront à jamais l'histoire de l'Angleterre sont vraiment traitées avec superficialité. Et la performance très terne d'Eric Bana n'aide pas non plus. Mais au final, je pense que peu de spectateurs se sont ennuyés en voyant ce film.
Les deux stars de ce film sont donc indiscutablement Scarlett Johansson et Natalie Portman. Sans être éblouissantes, elles apportent à ce film une vraie touche de grâce. Elles campent des personnages aussi divergents que peuvent l'être leur physique. Ce contraste est à le principal ressort narratif de ce film et elles ont parfaitement su le mettre en oeuvre. Les mauvaises langues diront que c'est surtout le physique qui joue, le reste restant superficiel, voir un peu caricatural. Ce n'est pas faux non plus, Deux Soeurs pour un Roi aurait pu être bien plus intéressant et fouillé à ce niveau là.
Un mot enfin sur les décors et les costumes absolument superbes. La production à mis le paquet à ce niveau là. Deux Soeurs pour un Roi reste donc un régal pour les yeux... et pas seulement en regardant nos deux si belles actrices.
Deux Sœurs pour un Roi est donc un divertissement historique. Il faut le prendre comme tel pour ne pas être déçu. Si vous y arriverez, ce film vous fera assurément passer un bon moment.
08/05/2008 : Nouvelle terreur espagnole

Après le très réussi l'Orphelinat, le cinéma espagnol nous envoie un nouveau petit bijou du film qui fait peur avec Rec. Cependant, cette fois, on donne dans le extrêmement classique : un lieu clos, un groupe d'hommes et de femmes aux profils variés et des zombies... Enfin techniquement, les puristes diront que ce ne sont pas des zombies, mais des personnes atteintes d'une maladie infectieuse, mais ça revient strictement au même.
Les deux héros principaux de Rec sont la journaliste et le caméraman d'une équipe de télé en train de faire un reportage en suivant une équipe de pompiers pendant toute une nuit. Au départ, ils craignent que le résultat soit quelque peu ennuyeux... En termes d'émotions fortes, ils seront au final particulièrement servis...
Rec ressemble en bien des points à Cloverfield, sorti récemment. Sauf que cette fois, le fait qu'un des personnages passent tout le film les yeux rivés à sa caméra paraît beaucoup plus naturel. Et le résultat est surtout mille fois plus angoissant. Car Rec fait vraiment peur. Les âmes sensibles se doivent donc de s'abstenir. Il sort une petite dizaine de films de ce genre par an, mais la plupart divertissent ou amuses bien plus qu'il ne font peur. Ce n'est pas le cas de ce film qui vous fera vous enfoncer dans votre fauteuil et fermer les yeux à maintes reprises.
Rarement, je n'ai vu un film où la sensation d'un danger imminent est aussi présente du début à la fin. On tremble à chaque seconde en craignant que quelque chose d'affreux ne surviennent par surprise. Si le début, lorsque les reporters sont encore à la caserne, ne laisse rien présager de ce qui va survenir par la suite, ensuite la situation dégénère très vite et la tension monte rapidement en flèche. Le rationnel disparaît et les personnages, et les spectateurs par la même occasion, s'aperçoivent sans tarder qu'ils font face à une situation exceptionnelle et potentiellement mortelle.
Le ressort narratif principal de Rec n'est donc pas un mystère qui se dévoile peu à peu, comme dans l'Orphelinat. Bien sûr, on apprend peu à peu ce qui se passe réellement, mais l'explication n'est que secondaire. Rec se démarque vraiment par l'intensité de la tension qui règne, de la peur primale qui habite les personnages et les spectateurs. Le film ne cherche pas la subtilité ou l'originalité mais à frapper fort au plus profond de nos peurs enfouies et de notre instinct de survie. Et les coups portés ici atteignent quasiment tous leur but avec une puissance remarquable.
La peur étant un sentiment qui se transmet, Rec n'aurait pas été aussi réussi si les acteurs n'avaient pas réussi à la communiquer. Ils passent de l'appréhension, à la peur puis à l'angoisse la plus totale et au désespoir le plus profond avec un talent remarquable. Une mention toute spéciale est à accorder à Manuela Velasco, qui incarne la jeune journaliste. Elle est incontestablement la star de ce film et une vraie révélation.
Rec peut donc se résumer ainsi : un film qui fait peur... Mais où le mot peur n'est pas un vain mot...
Après l'homme araignée, la femme chat, l'homme chauve-souris, l'homme élastique, le géant vert énervé, voici la boîte de conserve qui vole, alias Iron Man, la dernière adaptation en date d'un comics américain. L'univers des supers héros est très en vogue et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Hollywood se fait un malin plaisir à surfer sur cette vague. Mais le danger quand on exploite une mode est de se contenter du minimum au niveau artistique.
Ne soyons pas vache, je ne me suis pas ennuyé devant Iron Man. Il y'a de l'action, même si les trois grandes scènes de combat se ressemble quelque peu, du rythme et des effets spéciaux spectaculaires. Mais au delà de ça, rien ou pas grand chose. Un scénario minimaliste, des personnages sans grand intérêt et une réalisation efficace mais n'apportant aucun supplément d'âme. Bref, une production hollywoodienne commerciale, presque caricaturale.
Derrière le masque d'Iron Man se cache Tony Stark, richissime industriel, roi de la fabrication d'armes censées apporter la paix et la sécurité pour les Etats-Unis. Mais un jour, il est enlevé par de méchants terroristes et il s'aperçoit alors qu'eux aussi utilisent les armes sorties de ses usines. Ils décident alors de changer d'objectif et délaissera la chasse aux dollars pour la protection de la veuve et l'orphelin, protégé par une armure lui permettant de voler, lui donnant une force surhumaine, le rendant invulnérable aux armes conventionnelles et lui proposant un large arsenal de gadgets plus ou moins offensifs.
Ceux qui comme moi connaissent bien la bande-dessinée originale et son univers apprécieront les multiples allusions, clins d'œil et autres références. Seuls les initiés comprendront pourquoi l'ordinateur central de sa villa s'appelle Jarvis. Mais bon, ils regretteront également qu'un des héros les plus emblématiques de l'univers Marvel ait été traité avec ce qu'on pourrait qualifier de désinvolture. En tout cas, pour ceux-là qui iront voir ce film, il leur faudra rester jusqu'à la fin du générique pour voir un ultime scène qui introduit le prochain grand projet d'adaptation de comics, qui ne pourra que les ravir... Enfin en espérant que la réalisation soit quelque peu plus travaillée.
Enfin un petit mot sur Robert Downey Jr dont la présence à l'écran attirera peut-être quelques jeunes filles aux yeux énamourés. Il est beau et charmant, mais franchement, il ne contribue pas vraiment à donner de l'épaisseur au rôle. Lui aussi fait le minimum, mais vu que cela transcrit assez bien l'impression générale du film, on ne peut guère lui en vouloir, ni focaliser les reproches sur lui.
Iron Man est donc plus proche du navet que du chef d'œuvre, même s'il peut permettre de passer un bon moment de détente où aucun neurone n'est mis à contribution.
05/05/2008 : Dur retour aux sources

Quoi de mieux que les valeurs rurales et familiales pour se ressourcer ? Vous trouvez que cette réflexion fait quelque peu cliché. Et bien, allez voir Ciao Stefano et vous serez définitivement convaincu que cela en est bien un.
Le Stefano en question est guitariste d'un groupe de rock qui semble condamné à courir après une gloire qui ne viendra jamais vraiment. Alors quand un soir, il trouve sa copine avec le membre d'un groupe concurrent, il décide de claquer la porte et de partir là où il a passé son enfance, dans l'Italie profonde, retrouver sa famille et leur usine de mise en conserve de cerises. Il espère ainsi oublier ses problèmes...
Ses propres problèmes, il les oubliera, étouffé par ceux des autres. En effet, il possède une certaine aura, l'image du grand frère auprès des siens qui pousse chacun d'eux à vouloir se reposer sur lui. Il découvre ainsi que tout l'environnement paisible de son enfance semble, excusez-moi de l'expression, quelque peu partir en couille.
Ciao Stefano n'a rien d'un drame ponctuée de misère humaine bouleversante. Il s'agit plutôt d'une comédie des mœurs intelligente où les petits et grands soucis du quotidien sont présentés avec humour, tendresse et recul. Une oeuvre rafraîchissante qui nous rappelle que les soucis font aussi partie de la vie et qu'ils peuvent même en être le piment. De plus, le film est ponctué de gags premier degré, souvent très réussis, jamais lourdingues, qui ajoutent à l'amusement et à la réflexion de vrais fous rires.
Ciao Stefano est aussi une galerie de personnages qui fonctionnent à merveille. Nul n'y est parfait, mais tous sont terriblement attachants malgré leurs défauts et leurs faiblesses. En tête de liste, bien sûr, le personnage de Stefano, remarquablement interprété par Valerio Mastandrea. Son côté décalé, mélange de gentillesse, d'humour vache, d'anti-conformisme, de provocation, est le ressort principal d'un scénario très réussi. Il bouscule ce petit monde qui semblait si paisible et si carré, mais qui du coup vole en éclat. Sous son impulsion, les personnages se trouvent obligés de révéler leur vraie nature, leurs vrais sentiments, leurs vraies envies, au delà des conventions sociales. Ceci se fait parfois douloureusement, mais le film reste tout de même traversé du long par une bonne humeur des plus réjouissantes.
Bref, Ciao Stefano n'est pas le film de l'année, ne sera sans doute jamais rangé dans la longue liste des chefs d'œuvre du cinéma italien, mais constitue néanmoins un des films les plus réussis du moment.
29/04/2008 : Agatha Christie, une passion française

Après le relativement décevant l’Heure
Zéro, le cinéma français nous offre une nouvelle adaptation d’Agatha
Christie avec le Grand Alibi, tirée du roman « le Vallon ».
Il s’agit là donc d’un film d’enquête criminelle des plus classiques
avec son meurtre, sa kyrielle de suspects, son inspecteur perspicace et son
explication finale inattendue.
La victime est cette fois un brillant médecin
qui multiplie autant les conquêtes que les guérisons. Sauf que ce Don Juan est
marié. Alors quand il se retrouve en week-end chez un ami sénateur, entouré
de sa femme et de deux de ses maîtresses, la situation est évidemment propice
à faire monter les tensions. Jusqu’à ce que quelqu’un commette l’irréparable.
Sa femme est retrouvée à côté du corps, l’arme à la main, mais…
Tss, tss, je n’en dirai pas plus, ça ne
serait pas drôle. Une grande partie de l’intérêt de ce film repose bien sûr
sur la révélation de l’identité du coupable qu’auront précédée de
multiples rebondissements, faisant peser les soupçons tour à tour sur chacun
des protagonistes. Révéler quoique ce soit serait donc gâcher le plaisir du
futur spectateur.
Le Grand Alibi est un film
sans grande surprise, classique aussi bien sur le fond que la forme. Mais s’il
est moins imaginatif que l’Heure Zéro, il est nettement plus réussi,
sans être pour autant génial. La meilleure partie du film est celle qui précède
le meurtre quand est décrit et retranscrit la tension qui règne entre les
personnages. Si vous avez des souvenirs de week-end de famille à l’ambiance
pourrie, Le Grand Alibi pourrait avoir un goût de déjà-vu pour
vous. Le tout est parcouru d’un humour grinçant assez savoureux.
D’ailleurs, on décernera une mention spéciale
à Miou-Miou, absolument géniale dans son rôle de maîtresse de maison ingénue,
reine des réflexions totalement inappropriées, au grand damne de son mari,
interprété par Pierre Arditi. On retiendra notamment ce « jusqu’ici,
tous mes week-ends se passaient merveilleusement…en tout cas, sans aucun mort »
qui tombe comme un cheveu sur la soupe dans cette ambiance de deuil, mais qui
provoque l’hilarité du spectateur.
Le reste du casting n’est pas en reste, même
si aucun autre rôle ne se démarque vraiment. Lambert Wilson, qui interprète
la victime, est la star incontestée de la première partie du film, mais son
charme naturel est suffisant pour le faire rentrer totalement dans la peau de
son personnage. Le réalisateur, Pascal Bonitzer, a déclaré que c’était le
seul acteur auquel il pensait déjà dès l’écriture du scénario et on peut
comprendre pourquoi. Bref, aucun n’acteur n’aura tenu dans ce film le rôle
de sa vie, mais aucun n’aura à rougir de sa performance, bien au contraire.
La réalisation de Pascal Bonitzer est
sobre, mais échappe à l’impression de pièce de théâtre filmé que donne
parfois ce genre de film. Il a surtout voulu mettre en avant le talent de ses
acteurs, ce qu’il a parfaitement réussi. Son plus grand mérite provient de
son travail d’adaptation. Le Grand Alibi est à la fois un
Agatha Christie tout ce qu’il y’a de plus classique, mais interprété par
des personnages aux rapports et aux dialogues tout ce qu’il y’a de plus
contemporain. Quand la cadette des protagonistes dit « c’est trop de la
balle ! », cela colle parfaitement avec le personnage.
Le Grand Alibi est donc un film qui se laisse regarder avec plaisir et qui pourra tout à fait attendre d’être vu à la télé. Il peut néanmoins constituer une sortie ciné familiale ou pour les amateurs du genre, sans avoir eu l’impression de jeter l’argent du billet par la fenêtre.
25/04/2008 : Plus tard dans la vie...

...je veux faire George Clooney ! Je crois que mon admiration pour cet acteur devient peu à peu sans limite. Pour l'homme aussi, qui d'après ce que j'ai pu lire (et oui malheureusement, je ne le connais pas perso) est plutôt du genre type génial, sympa, simple, abordable et charismatique. Pour le réalisateur ? Là, je saute un peu moins au plafond, même si son nouveau film, Jeux de dupes est à son image, bourré de classe !
Jeux de dupes, sorti mercredi dernier, soit en 2008 si je ne me trompe, est un film des années 60. George Clooney, réalisateur, est Howard Hawks, et George Clooney, acteur, est Cary Grant. L'hommage et les références sautent aux yeux. Le style rétro du film n'est en rien parodique, il est volontaire et parfaitement assumé. Mais même si vous n'êtes guère connaisseur des comédies américaines des années 50 et 60, vous pourrez tout de même être séduit par le charme incontestable de Jeux de Dupes.
Jeux de dupes est une comédie se déroulant dans les années 20, mettant en scène un trio de personnages. Dodge Connolly, interprété par George Clooney, est un joueur de footballeur américain professionnel... mais loin d'être une star, car à l'époque le football américain professionnel ressemble à un rassemblement de bouseux brutaux, jouant dans des stades pourris et ne déplaçant guère les foules. Les vrais stars sont les joueurs universitaires. Et la plus grande d'entre elle est Carter Rutherford (John Kraisinski), qui, en plus d'être un joueur brillant, est aussi un héros de la Grande Guerre. Pour sauver son équipe et continuer à faire la seule chose qu'il n'a jamais su faire, Dodge tente alors d'embaucher Carter pour enfin donner au football américain professionnel un intérêt médiatique... et financier. Mais au même moment, surgit Lexie Littleton, qu'incarne Renée "Bridget" Zellweger, journaliste ambitieuse, bien décidée à faire la lumière sur qui est vraiment Carter Rutherford.
Rassurez-vous, même si les mots touchdown et quaterback ne signifient rien pour vous, bref si vous ignorez tout du football américain, cela n'a guère d'importance car ce film est focalisé sur ce trio plus ou moins amoureux, et non sur ce qui se passe dans les stades. Jeux de dupes n'est pas un film de sport, mais une vraie comédie à l'ancienne, à mi-chemin entre la comédie de boulevard et la comédie des mœurs.
Le principal ressort comique est bien sûr le beau George et ses mimiques que l'on commence à connaître par cœur mais dont on ne se lasse pas. Un rien cabotin, il accapare toute l'intention du public, aidé par des dialogues qui donnent à son personnage un sens de la répartie qui n'existe qu'au cinéma. Mais en face, Renée Zellweger ne se laisse pas compter. Elle affirme dans ce film une vraie personnalité que l'on ne lui avait pas connu depuis Bridget Jones. Son talent est trop souvent sous-utilisé par les réalisateurs et la malice de ses yeux vaut mille fois la blondeur platine de ses cheveux. A côté de ce magnifique duo, John Kraisinski a du mal à exister. Certes, son personnage de bellâtre un peu niais n'aide pas, mais son jeu manque tout de même un peu d'épaisseur.
Il y'avait donc beaucoup d'éléments réunis pour que Jeu de dupes deviennent un excellent film. Beaucoup de bonnes idées, des personnages attachants, au delà de la qualité de leurs interprètes, des situations cocasses, même parfois succulentes... bref tout ce qu'on demande à une comédie. On peut ajouter à cela, une réalisation parfaite sur un plan technique puisque la photographie, les décors, les costumes, la musique, tout concorde pour recréer un cinéma qu'on pensait mort depuis longtemps.
Mais George Clooney a du fréquenter un peu trop Soderbergh, avec lequel il a très souvent collaborer et qui n'est pas connu pour réaliser des films particulièrement "pêchus". La réalisation de Jeux de dupes manque passablement de rythme. L'intrigue s'installe doucement. Certes le spectateur peut s'imprégner tranquillement de cette ambiance rétro qu'il prend le temps de savourer, mais pour une comédie, tout cela est quelque peu déroutant. George Clooney n'a pas su insuffler ce petit supplément d'énergie qui aurai sublimé tous les éléments individuellement de grande qualité rassemblés pour ce film. On ne s'ennuie pas devant Jeux de Dupes mais on en ressort bercé, alors qu'on aurait aimé être un peu plus secoué. Seule une scène, lorsque Dodge et Lexie sont poursuivis par la police suite à une descente de police dans le bar où ils traînaient (nous sommes pendant la prohibition) est vraiment filmée avec punch.
Lorsque Confessions d'un homme dangereux était sorti, j'avais quelque peu fait les mêmes reproches à George Clooney qui était pour la première fois de l'autre côté de la caméra. Pour son troisième film, il semblerait bien qu'il n'ait pas encore réussi à gommer ses défauts. Mais, personnellement, je suis prêt à être patient et lui laisser encore une chance, car si le rythme n'est pas tout à fait au rendez-vous, la classe elle est bien là. La grande classe même !
22/04/2008 : Une scène culte, un film un peu moins

Horton est presque à ranger dans cette catégorie. En effet, nombre d'entre vous ont du voir la scène du pont suspendu qui constitue à elle seule une bonne partie de la bande-annonce. Vous avez sûrement beaucoup ri, comme je l'ai fait et cela vous a peut-être donné envie d'aller voir Horton autant que moi.
Mais il faut bien l'avouer, cette scène est de loin la plus intensément drôle du film. Horton est tout de même plutôt réussi, mais il reste un film plus amusant qu'hilarant. On ne s'y ennuie pas, on en sort avec le sourire, mais, il faut l'admettre, un peu frustré. Horton est loin du niveau de l'Age de Glace et plaira beaucoup plus aux enfants qu'aux adultes.Horton raconte l'histoire d'un éléphant qui provoque l'incrédulité de toute la jungle le jour où il annonce qu'il entend des voix provenant d'un grain de poussière, sur lequel existerait un monde à part entière. Malheureusement, aucun autre animal de la jungle n'a d'aussi grandes oreilles que lui et personne d'autre n'entend ce qu'il entend. Il va vite être confronté à une hostilité grandissante de la part des autres animaux, maman kangourou en tête... Oui, c'est du cinéma, les kangourous et les éléphants vivent dans la même jungle.
Le film est découpé en deux parties : l'histoire d'Horton dans la jungle et celle du maire de la cité reposant sur le grain de poussière. La première est bien mieux réussie que la seconde. Pourtant en créant un monde de toute pièces, les auteurs ont pu donner libre court à leur imagination aussi bien narrative que visuelle. Mais la poésie un peu absurde de ce monde cache souvent un humour très premier degré qui ne fonctionne pas très bien.Au contraire, le personnage d'Horton, sous les gags premier degré provoqués par sa maladresse, se cache un être attendrissant qui inspire une sympathie d'où découle presque entièrement la sympathie que l'on éprouve pour le film tout entier. Bref Horton, c'est la star de ce film (à la fois, si ce n'était pas cas, il n'aurait pas le même titre) et je peux déjà parier sur le fait qu'on le reverra un jour dans de nouvelles aventures.
Un petit mot enfin sur le graphismes. Rien de révolutionnaire ici. Certains décors sont très beaux, d'autres nettement moins. Les personnages sont eux aussi variés. Les créateurs ont nettement favorisé l'aspect cartoon sur le réalisme et on ne peut que s'en réjouir. Personnellement, je n'ai jamais considéré que le but d'un film d'animation doit chercher à ressembler à un film "réel" (même si j'adore Final Fantasy).Bref, Horton est un film inégal que vos enfants adoreront certainement. Vous un tout petit peu moins.
20/04/2008 : De 7 à 77 ans (mais pas avant !)

Chasseurs de Dragons est une histoire d'heroic fantasy placée sous le signe de la poésie, de l'humour, voire de l'absurde. Lorsque j'ai vu la bande-annonce pour la première fois, je me suis demandé si ce n'était pas l'adaptation d'un oeuvre de Terry Pratchett. On va un peu moins loin dans le délire, mais l'esprit reste tout de même très proche.
Les deux personnages principaux, Lian-Chu et Gwizdo, sont deux sympathiques losers maladroits qui vivent en capturant divers monstres. Mais leurs clients sont rarement de très bon payeurs. Alors le jour où on leur propose de chasser le Bouffe-Monde, un terrible dragon qui ravage régulièrement leur univers, moyennant une considérable fortune, ils acceptent. Mais si Gwizdo pense surtout à s'éclipser avec l'avance qui leur a été faite, Lian-Chu, attendri par la jeune Zoé, qui le prend pour un véritable et preux chevalier, se décide à tenter de remplir une mission qui semble impossible.Le contraste entre les deux personnages, l'un couard et intéressé et l'autre naïf et généreux, est le ressort comique principal du récit, chacun essayant de convaincre l'autre de choisir la voie qu'il a choisie. L'opposition des deux caractères est très bien réussie, aucun des personnages n'étant caricatural. Ils sont tous deux avant tout profondément humains, avec leurs défauts qui ne nous empêchent jamais de les trouver sympathiques.
Chasseurs de Dragons est un film d'animation au vrai sens du terme, avec un aspect "cartoon" prononcé. Ce dernier repose en partie sur la créature étrange qui accompagne nos deux héros, une sorte de chien bleu qui pète le feu... au sens propre comme au sens figuré. Les paysages sont grandioses et les auteurs n'ont pas hésité à leur donner toute la démesure que l'animation permet grâce à la simple imagination et non au budget consacré aux effets spéciaux.Chasseurs de Dragons se démarque aussi par la qualité de son scénario rythmé et plein de péripéties. Le film est court, moins d'une heure et demi, et ne laisse pas une seule seconde au spectateur le temps de s'ennuyer. Le final notamment est très réussi, très intense et effrayera même les plus jeunes...
...En effet, j'ai été particulièrement frappé par l'âge de certains enfants dans la salle. Certes, ce film est un divertissement qui s'adresse à un public plutôt enfantin, mais il reste une histoire de dragons, de monstres responsables de destruction et de morts. Rassurez-vous, tout est suggéré, on ne voit jamais de corps calcinés, mais tout de même, emmener sa fille de cinq ans voir ce film n'est à mon avis pas la meilleure idée du monde. Certaines ambiances sont très sombres et peuvent faire forte impression sur les plus jeunes.Chasseurs de Dragons ravira aussi les grands par un humour parodique second degré des plus réjouissants. Ce film est un peu comme un Asterix. On adore qu'on est petit, mais encore plus quand on est grand. Bon, ce n'est pas tout à fait du Goscinny, mais tout de même le film se moque des codes des récits de chevalerie avec une certaine finesse.
Bref, Chasseurs de Dragons est une réussite en tout point. Cela ne suffit pas à en faire un chef d'œuvre inoubliable, mais une sortie en famille des plus réjouissantes.Les films policiers hollywoodiens sont désormais tous construits sur le même modèle. Une intrigue qui trouve une première conclusion qui semble logique...avant un retournement de situation final dans les dernières minutes qui fait que c'est en définitive le Colonel Moutarde avec le chandelier dans la bibliothèque et non Mademoiselle Rose avec la corde dans la salle à manger, comme on le pensait précédemment... A force, c'est un peu lassant...
Crimes à Oxford n'échappe pas à la règle et on voit ça arriver avec d'énormes sabots, gros comme une maison de protuteur milliardaire hollywoodien. Résultat on attend que la première heure et demie du film passe, vu que l'on sait que l'on nous entraîne sur une fausse piste, avant d'y prêter réellement intérêt lors des cinq dernières minutes, de découvrir l'explication finale, de faire "ah ok" et de rentrer chez soi et d'oublier totalement ce film déjà vu mille fois, et souvent en bien meilleur.
La bande-annonce semblait pourtant prometteuse, même si on sentait déjà pointer le manque d'originalité. Un serial killer qui laisse des indices à chacun de ses crimes, ce n'est pas non plus une idée très nouvelle. Sauf que cette fois-ci, les messages ne s'adressent pas à des policiers...mais à des mathématiciens. En effet, le film aurait pu s'appeler "Du Rififi chez les matheux" puisque les deux personnages principaux sont un professeur de mathématiques d'Oxford (d'où le titre !) et son élève-contestateur.Le film est donc peuplé de références aux mathématiques modernes. Si le théorème d'incomplétude de Gödel vous semble aussi mystérieux que la bravitude de Ségolène, vous vous demanderez parfois de quoi ils peuvent bien parler. Enfin rassurez-vous, il ne faut pas un doctorat pour arriver à suivre Crimes à Oxford, tout ça est pour le folklore et pour faire croire à un semblant d'originalité.
Je ne vais pas m'étendre sur ce film, surtout que rien de remarquable n'est à noter. Elijah Wood et John Hurt rivalisent de platitude dans leur jeu. On ne croit jamais vraiment à ces personnages supposés être des têtes au charisme fascinant. Le personnage de professeur fascine uniquement parce que ceux qui l'entourent n'arrêtent pas d'en parler.Les mâles tels que moi apprécieront tout de même au milieu de ce néant cinématographique la plastique superbe de Leonor Watling, qui vous fera dire à la fin, mais "quel con ce Martin". Ceux qui ont vu Crimes à Oxford comprendront. Les autres pourront s'en dispenser...
26/03/2008 : Noir, classique, mais excellent

Certes, il ne brillera pas pour son originalité ou parce qu'il développe un concept novateur. On est dans le film noir le plus traditionnel. L'histoire d'un flic, devenu alcoolique suite à l'accident de voiture qui a tué sa fille et paralysé sa femme, qui perd peu à peu le contrôle alors qu'il est sur les traces d'un tueur en série particulièrement sadique. A côté de ça, Justine attend avec colère la sortie possible de prison de celui qui, 25 ans auparavant, égorgea son père avant de violer et de battre à mort sa mère. Les deux histoires se déroulent en parallèle avant de se rejoindre.
Vous le voyez, MR 73 ne décrit pas vraiment un monde rempli uniquement de petites fleurs et de petits oiseaux. C'est bien glauque, parfois oppressant et surtout toujours sombre. Olivier Marchal utilise des procédés vieux comme le monde, ou du moins vieux comme les films noirs, comme les scènes sous la pluie, mais il le fait remarquablement bien. L'originalité est certes une qualité, mais pas toujours une qualité indispensable pour faire un bon film. Et encore, on pourrait tout simplement dire que ce film se démarque des autres par sa qualité.Si le travail d'Olivier Marchal est remarquable, il sert avant tout son acteur principal, Daniel Auteuil. Ce film a été écrit pour lui et tout tourne autour de son personnage. Mais son talent est assez immense pour qu'il n'ait pas eu à redouter de porter à lui tout seul les films sur ses épaules. Il interprète ce rôle d'homme brisé à merveille, sans jamais en faire trop et avec ce soupçon d'humanité qui rend le personnage crédible.
Autour de lui, le reste de la distribution en est réduite à se partager quelques miettes. Olivia Bonany interprète Justine, l'autre rôle marquant du film. Mais on retiendra surtout la performance de Catherine Marchal. Visiblement, tourner sous l'œil, ou plutôt la caméra de son mari, ne l'a en rien fait tomber dans la facilité.MR 73 joue dans une cour où le cinéma français joue les premiers rôles, où il est à sa place. Si vous avez donc une envie de polar, jeter vous sur celui-là et non Le Nouveau Protocole, non dénué de qualités mais beaucoup moins remarquable.
Un film pour les amateurs de films noirs et surtout pour les amateurs de vrais bons films.En sortant de MR 73, j'ai enchaîné une seconde séance...avec Modern Love. Je reste certes fidèle au cinéma français, mais je change radicalement de genre puisqu'il s'agit d'une comédie romantique, avec même quelque passage de comédie musicale.
Mais ne croyez pas que ce film ne soit fait que de petites fleurs et de petits oiseaux car Modern Love est un film sur l'amour, mais pas seulement sur l'amour qui triomphe, mais aussi sur celui qui rend malheureux. Oh pas de drame, ni de suicide, mais quand même une ou deux larmes et quelques têtes tapant contre un mur en s'écriant ''mais quel con !". Bref, un film qui se veut sur la vraie vie vraie et il faut avouer que c'est assez réussi.
Modern Love raconte en parallèle trois histoires, deux situées dans la réalité, une sortie d'un film. C'est cette dernière qui est jouée façon comédie musicale. Je vous laisse deviner celle qui se finit par un happy end... car la morale de ce film est que les histoires d'amour ne se passent pas vraiment comme au cinéma. Mais Modern Love ne vous dégoûtera pas de l'amour, bien au contraire. A la fois, n'est pas les petits tracas qu'il nous inflige qui en font le piment...Bon cessons ces considérations philosophiques et revenons plutôt à notre film. Une comédie française qui se respecte dit forcément bons acteurs. Et c'est effectivement le cas ici. La star du film est incontestablement Pierre-François Martin-Laval, dont le personnage est le principal ressort comique du film. Certes, on l'a déjà vu mille fois avec son air d'ahuri attendrissant, mais bon, ça continue de fonctionner. J'accorderais deux autres bons points à Alexandra Lamy, qui prouve qu'il existe des acteurs français qui savent chanter, d'une part et à la sublime Bérénice Bejo, qui avait sauvé du désastre OSS 117. Pour cette dernière, c'est peut-être la grâce de son visage qui me touche avant tout, mais je reste quand même persuadé que son talent d'actrice joue aussi.
Bref, Modern Love est une comédie bien sympa qui se laisse regarder. Ce film ne réinvente pas le genre, certaines critiques lui reprochent même de rabâcher tous les clichés sur le sujet. Je trouve au contraire le ton plutôt original, plus subtil que toutes les productions hollywoodiennes de ce type en tout cas. Par contre, dépenser le prix d'une place de cinéma n'est pas non plus indispensable, mais un soir en DVD, ça sera parfait. Et si vous passez à côté, vous n'en mourrez pas...23/03/2008 : Mais pourquoi lui donner autant d'argent ?

Evidemment, à la lecture de cette petite introduction, vous vous demanderez pourquoi j'ai quand même bien aimé ce film... Parce qu'après Independance Day, Godzilla et Le Jour d'Après (peut-être le pire film que je n'ai jamais vu au cinéma), 10000, je dois l'admettre, m'a fait passer un bon moment alors que je m'attendais au pire. Objectivement, ce film est très médiocre, mais il m'a laissé sur une bonne impression.
Cependant, notre ami réalisateur n'est en rien dans cette très relative réussite. Car jamais, même un infime éclair de talent ne vient éclairer la réalisation d'une platitude absolue. N'importe qui aurait pu réaliser ce film tellement il est impersonnel, sans étincelle créatrice. Le mot expression artistique n'a pas droit de cité ici. Hollywood est célèbre pour ses conflits entre les artistes-réalisateurs et les producteurs qui ne recherchent que le conventionnel ne pouvait rebuter aucun spectateur potentiel. En y repensant, on comprend mieux pourquoi le Roland est si ami avec ses producteurs... D'ailleurs le film commence fort avec...une voix-off. C'est classique, me direz vous... bah oui, justement c'est bien ça le problème !!!! On l'attendait, on l'a ! Et tout le film est comme ça...Allez, positivons, il y'a un plan qui vaut vraiment le coup, celui où le héros fait face à un tigre à dents de sabre qui approche sa gueule de son visage... Oui, mais ce n'est pas du Emmerich, c'est du David Fincher dans Alien 3. Le plan est absolument identique, on a même l'impression que Roland Emmerich a demandé à Steven Strait de respecter au degré près l'inclinaison de tête de Sigourney Waever.
Il n'a y'a pas que ce plan qui soit de la pure copie... L'histoire en elle-même est quand même identique à 80% à celle d'Apocalytpo de Mel Gibson. Je dis souvent que savoir piquer les idées des autres, c'est le début de l'intelligence, mais il y'a quand même des limites. Pourtant, par rapport à ses précédents films, c'est justement le scénario qui permet à 10000 d'être visible. Car cette fois, il n'est pas pathétiquement mauvais et ridicule, il est tout simplement absent... Enfin aussi ténu qu'il soit, il nous permettra d'apprendre qu'il y'a une chaîne de montagnes de la taille des Alpes au Sud de l'Afrique et que les premières pyramides ont été construites par des Atlantes à l'aide de mammouths... Ca, il faut l'admettre, demandait un minimum d'imagination.Mais alors, où réside l'intérêt de ce film ? En fait, 10000 n'est pas vraiment un film mais un spectacle. Si on se laisse porter par la beauté des effets spéciaux, le rythme élevé des scènes spectaculaires, on ne s'ennuie jamais. Certes, on ne risque pas de se griller un neurone, mais au moins, on passe un moment pas si désagréable que ça. La dernière demi-heure recèle même un ou deux moments de pur bonheur visuel, notamment une charge de mammouths de toute beauté... ok dis comme ça, ça ne fait pas envie, mais dans le contexte, c'est quand même pas mal.
10000 est un film médiocre. Pourtant, on sent bien qu'il y'avait de quoi en faire quelque chose. Mais pour ça, c'est à un James Cameron ou à Ridley Scott auquel il aurait fallu faire appel. Sûrement pas un Roland Emmerich.
Le Nouveau Protocole est un film français qui se veut filmer comme un film américain. Du rythme, de l'action, des poursuites en voiture, des rebondissements... tout y est ! Malheureusement, tous ces éléments ne sont pas tous réussis comme ils le sont souvent de l'autre côté de l'Atlantique.
Raoul Kraft vient de perdre son fils dans un accident de voiture. Très vite, il est contacté par une journaliste qui lui explique que son fils a été victime d'une machination pour le lobby pharmaceutique, pour lequel il servait de cobaye. D'abord, incrédule, il se laisse peu à peu convaincre par la conviction et les éléments troublants apportés par la jeune femme.
Commençons par le plus positif, le rythme ! D'une durée de tout juste 1h30, Le Nouveau Protocole ne contient aucune des scènes superflues si communes dans le cinéma hexagonal. Les péripéties s'enchaînent, le spectateur est porté par l'intrigue qui se déroule sans jamais lui laisser le temps de reprendre son souffle. Les poursuites se multiplient et sont plutôt réussies. On assiste notamment à pas mal de tôle froissé, dont est si friand le cinéma hollywoodien.
Ce qui pêche par contre, c'est bien le scénario. Les rebondissements sont bien là, mais on les voit arriver de loin et du coup, ça gâche quand même pas mal le plaisir. La ficelle est grosse et peinte en blanc. Enfin, si jamais vous arrivez à suivre Le Nouveau Protocole sans rien deviner de la suite, vous éprouverez un vrai plaisir à suivre ce film.
Autre petit point noir, la crédibilité des personnages n'est pas terrible. Et ça se sent au niveau du jeu des acteurs. Clovis Cornillac ne semble jamais très à l'aise dans son rôle. Il surjoue quelque peu, comme si une débauche d'énergie pouvait compenser le manque de profondeur de son personnage. En face de lui, Marie-Josée Croze est bien plus convaincante, même si son personnage d'hystérique est quelque peu monotone, voire même horripilant sur la fin.
Bref, Le Nouveau Protocole est plein de bonnes intentions, mais repose sur un scénario un peu trop faiblard pour que le film emporte l'enthousiasme du spectateur.
14/03/2008 : Poésie cinéphile

Déjà, il fallait être sacrément créatif pour imaginer cette histoire. L'histoire d'un loser, qui suite à un attentat manqué contre la centrale électrique voisine, se retrouve magnétisé et efface sans le vouloir toutes les K7 du vidéo-club dont s'occupe un de ses potes en absence du propriétaire... Et pour continuer à satisfaire les clients, les deux compères décident alors de réaliser leur propre version des plus grands classiques hollywoodiens avec leur simple caméscope...
Déjà, si comme moi, vous adorez Ghostbusters, vous devez aller voir Soyez sympas, rembobinez ! Et vous verrez comment on peut recréer tous le film avec très peu de moyens et beaucoup d'imagination... Bon, en fait, pour apprécier à sa juste valeur ce film, il vaut mieux avoir un minimum de culture cinématographique et avoir vu les films dont ils recréent les scènes...Michel Gondry a un style bien à lui. Ses films ont toujours une dimension poético-ésotérico-burlesque plus que prononcée. Lunaire, bizarre, les mots pour le décrire sont nombreux et dépendront de votre réceptivité. Mais en tout cas, originale et créative sont deux caractéristiques indéniables de son oeuvre. Drôle, tendre et attachant sont également des mots qui viennent à l'esprit.
Unique aussi est son style visuel. Ses films semblent toujours avoir été filmé avec un budget microscopique. Mais ce manque de moyens est compensé par une créativité visuelle à la hauteur de la créativité scénaristique. En fait, ses films ressemblent un peu à ceux que ses personnages réalisent dans Soyons sympas, rembobinez. Un peu comme si Mc Gyver était en charge des effets spéciaux. Mais bon, ne doutons pas que tout ça est totalement calculé et fait partie d'un projet artistique élaboré. Après, on accroche ou pas. Personnellement, je ne suis pas hyper fan, je trouve que cela sonne un peu comme de la fausse modestie.Car à côté de ça, le casting est d'un standing fort respectable. Jack Black, Danny Glover, Mia Farrow, Sigourney Weaver ne sont tout de même pas à la portée du premier caméscope venu. Mais dans la distribution, je retiendrai surtout un des noms les moins connus, Melonie Diaz. Cette jeune actrice est pétrie de talent et d'énergie et apporte une fraîcheur des plus réjouissante. Elle dégage une force comique supérieure à un Jack Black, pourtant vieux routier du genre. Un talent à surveiller donc !
Si vous aimez les films poétiques et que vous êtes cinéphiles, courrez voir Soyez sympas, rembobinez. Si vous avez aimé Eternal Sunshine and the spotless Mind et la Science des Rêves, courrez-y également. Et si vous êtes simplement curieux et appréciez les films vraiment originaux, courrez y également. Bref, courrez y !13/03/2008 : Un succès mérité (...pour une fois)

J'avoue que lorsque j'ai vu la bande-annonce de Bienvenue chez les Ch'tis, je me suis dit que je n'irai sûrement pas voir ce gros navet. Puis, j'ai lu les premières critiques et surtout eu une multitude d'échos favorables. J'ai donc finalement décidé de ne pas mourir idiot, d'aller le voir et je ne regrette pas une seule seconde.
Il est des films dont le succès phénoménal est inexplicable. Bienvenue chez le Ch'tis est de ceux-là. Bien sûr, je vais largement en vanter les mérites, cependant, objectivement, ce n'est pas non plus le chef d'œuvre du siècle. Mais bon, heureusement, la vie recèle encore bien des mystères.Bienvenue chez le Ch'tis est une comédie, alors j'aurais pu résumer ma critique en une seule phrase ''C'est très drôle !". Après tout, c'est tout ce que l'on demande à comédie. Mais bon, je vais quand même faire l'effort de développer un peu.
Si ce film est aussi drôle, c'est que tout marche à merveille. Les gags ne sont jamais forcés, jamais lourds, même quand ils deviennent improbables. Les situations, les dialogues, les personnages sont à la fois souvent caricaturaux au delà ce qui objectivement possible dans la réalité, mais tout en restant étonnement crédibles. C'est la grande force de ce film, d'entraîner le spectateur dans son univers. Un univers imaginaire et caricatural, mais aussi accueillant que sont les gens du Nord.Les pièges dans lequel Dany Boon auraient pu tomber étaient nombreux et ils les évitent tous. Jamais le film ne dérape car jamais il n'oublie de mélanger une grande dose d'humanisme avec ses maintes portions de gags se situant entre le premier et le deuxième degré. Pas de peau de banane ou de tarte à la crème, mais on rit tout de même aux éclats plus d'une fois, un bon gros rire franc et massif. Et le tout est parcouru d'une morale simple et rafraîchissante, qui se situe assez en filagramme pour qu'elle donne un sens à l'histoire sans jamais l'alourdir.
Bienvenue chez le Ch'tis est donc avant tout une vraie comédie, mais aussi une fable. Il est peuplé d'une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Bien sûr, tout tourne autour du duo Dany Boon-Kad Merad, mais les seconds rôles ne sont pas en reste. On peut aussi se demander si Kad Merad n'est pas devenu le porte bonheur du cinéma français, car, après les Choristes, le voilà à nouveau présent dans un gros succès d'une ampleur inattendu. C'est aussi peut-être qu'il est un grand acteur tout simplement, même si son étiquette acteur comique risque, comme pour beaucoup de ses collègues, de ne pas lui permettre d'accéder à la reconnaissance qu'il mérite.Evidemment, Dany Boon n'est pas en reste. Mais plus que l'acteur, c'est le scénariste d'une part et le metteur en scène d'autre part que je saluerai. Car le plus grand mérite de Dany Boon réalisateur, c'est d'avoir su diriger à merveille Dany Boon le comédien. Alors qu'il joue sur un registre qu'il connaît parfaitement et qu'il a l'habitude de pratique en one man show, jamais il ne tombe dans le cabotinage ou dans la lourdeur. Son jeu est un peu moins subtil que celui de Kad, mais il est tout de même d'une grande justesse et d'un équilibre parfait.
Bref, si vous avez pleuré de rage à la sortie des Bronzés 3 ou de Asterix aux Jeux Olympiques, en jurant que l'on vous y reprendrait plus, et bien allez voir sans crainte Bienvenue chez le Ch'tis. Cette fois, le buzz vient de la qualité du film et de la satisfaction des spectateurs, non de la qualité de l'attaché de presse !Bon, je vais me la raconter un peu, mais il est très rare que j'ai peur au cinéma. Et bien l'Orphelinat m'aura procuré un moment d'angoisse comme je n'en avais pas ressenti depuis Blair Witch. Même si, on le verra, le film n'est pas exempt de défauts, ce moment de vraie angoisse fait de ce film un film à voir pour les amateurs de grand frisson.
Laura a racheté la maison qui lui a servi d'orphelinat lorsqu'elle était enfant pour en faire un centre d'accueil pour handicapés. Accompagné de son mari et de son fils, elle semble heureuse de retrouver le lieu où elle a grandi. Mais la maison ne semble pas habitée que par des souvenirs d'enfants jouant gaiement. Son fils, Simon, semble réceptif à ces traces d'un passé mystérieux et dramatique.
L'Orphelinat est un film de fantômes tout ce qu'il y'a de plus classique. On ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec Les Autres, même si, je vous rassure, l'explication finale n'a rien à voir. L'atmosphère angoissante s'installe progressivement, faisant monter doucement la peur chez le spectateur. Ce film ne recèle pas de scènes gore ou sanguinolentes, mais l'atmosphère n'en est pas moins oppressante.La dernière demi-heure est la plus remarquable. Le reste du film étant très classique, c'est lorsque le mystère se dévoile que l'Orphelinat se démarque des autres films du genre. Malheureusement, ce final est quelque peu inégal. Il débute par une partie de "un, deux, trois, soleil" qui se transforme en moment de pure angoisse. C'est réellement le moment de bravoure du film, celui qui vous scotche au fond de votre fauteuil et vous donne envie de fermer les yeux. Mais le tout se finira par un rebondissement que l'on peut aisément entrevoir bien avant qu'il se produise. Cette pirouette scénaristique est trop cousue de fil blanc pour être inoubliable. Par contre, je donnerai à nouveau un bon point pour la dernière minute du film qui est, elle, vraiment réussie.
A côté de ça, la réalisation et la photographie sont vraiment remarquables. Il y'a une vraie recherche esthétique, au niveau des décors notamment, qui va plus loin que la recherche d'une atmosphère oppressante. Le film est au moins aussi beau qu'il est angoissant et ça ne gâte rien. Guillermo Del Toro confirme une nouvelle fois tout le bien que l'on peut penser de lui !La réussite de ce film doit également beaucoup à Belen Rueda, épatante de bout en bout. Le reste de la distribution est plus fade, mais cela est plus du au manque d'épaisseur des rôles qu'à un manque de talent des acteurs. L'Orphelinat est vraiment centré sur un personnage qui occupe quasiment toute la place.
Bref, il n'aura pas manqué grand chose à l'Orphelinat pour être au niveau du Sixième Sens ou les Autres. Le travail esthétique remarquable ne peut compenser à lui seul un scénario un peu trop classique et pas assez surprenant.03/03/2008 : Paris, je t'aime bien, mais pas trop non plus

Paris est un film où se croisent une dizaine de personnages, aux histoires diverses, totalement indépendantes, si ce n'est les lieux qu'ils fréquentent quotidiennement ou ponctuellement. On pourrait donc presque rangé ce film dans la catégorie des films à sketch, même si tous les sketchs sont ici joués en parallèle.
On retrouve ce qui a fait le succès de l'Auberge Espagnole et des Poupées Russes, c'est à dire une galerie des personnages attachants auxquels on peut s'identifier au travers de leurs petits tracas quotidiens. Une sorte de Friends en plus social. On y retrouve un jeune danseur malade du cœur (au sens propre), sa sœur un tantinet dégoûtée des hommes, un professeur d'université un rien névrosé, son frère architecte désespérément normal et heureux, un marchand de fruits et légumes en quête d'affection, une boulangère quelque peu tête à claques... Bref à boire et à manger.Tous ces petits rôles sont interprétés par des valeurs sûres du cinéma français : Romain Duris évidemment, Fabrice Lucchini, Juliette Binoche, Karin Viard, Albert Dupontel, François Cluzet... Ils font tous preuve d'un talent certain à la hauteur de leur réputation. Les fans de Fabrice Lucchini se régaleront à nouveau du numéro effectué par leur acteur fétiche. Ceux qu'il agace seront toujours aussi agacés.
Si tous les ingrédients sont là, la recette est quand même moins épicée et savoureuse que celle de l'Auberge Espagnole et des Poupées Russes. Les histoires laissent beaucoup plus indifférents et le spectateur a comme une impression de déjà-vu. Tout est assez conventionnel. Que ce soit au niveau de l'interprétation ou au niveau de la réalisation, aucun élément n'est vraiment transcendant. Tout est bien, propre et carré, mais jamais une réelle étincelle créative ne déclenche l'enthousiasme.Paris est donc un film qui peut se laisser regarder. Quelques beaux plans de la capitale agrémentent agréablement le film, mais ils pourront tout aussi bien s'apprécier un soir de pluie devant sa télé. Ils seront l'occasion de passer une soirée devant un film distrayant, non dénué d'une certaine profondeur et intelligence, mais qui est loin d'être inoubliable.
Je viens d'être quelque peu surpris devant les critiques plutôt, voire franchement, mauvaises qu'a reçu Notre Univers Impitoyable. Bon ok, Notre Univers Impitoyable n'est pas le film du siècle, mais franchement vu le niveau moyen des comédies françaises actuelles, il tirerait presque son épingle du jeu. Face à Ca se soigne ou Astérix aux Jeux Olympiques, Notre Univers Impitoyable passerait presque pour du grand cinéma.
Notre Univers Impitoyable raconte l'histoire d'un couple d'avocats travaillant dans le même cabinet et dont l'un des deux, et un seul, doit être choisi comme nouvel associé. Le film nous présente alors les deux scénarios en parallèle : dans l'un c'est Victor qui devient le numéro 2 de la boîte, dans l'autre c'est Margot...
Ce film se veut donc une réflexion sur les rivalités homme/femme dans le monde du travail, sur l'équilibre entre vie professionnelle, vie privée et vie sentimentale. Mais disons le tout net, la réflexion n'ira pas bien loin, le film se contentant de faire défiler une histoire sans surprise. Le point faible du film est bien là, toutes les situations auxquelles on pouvait s'attendre sont bien présentes (la femme qui couche avec son patron, et l'homme avec sa secrétaire par exemple) mais seulement elles.Pourtant, ce film m'a fait passer un bon moment, à défaut de me surprendre. Il possède deux qualités indéniables. Tout d'abord, une narration, elle, originale. Le film n'a pas poussé le concept aussi loin que Smoking, No smoking, le procédé n'a rien de révolutionnaire, mais suivre deux histoires en parallèle reposant sur deux hypothèses de départ différentes (ici, soit je mets un pantalon, soit je garde la jupe...) n'est pas si fréquent. Ceux qui aiment les histoires non linéaires seront donc ravis.
Seconde qualité, si rare dans le cinéma français, le film est rythmé. Certes, on a vu que les péripéties sont plutôt convenues, mais au moins elles s'enchaînent avec une certaine énergie qui rend le spectacle agréable à suivre. Aucun scène ne traîne en longueur et même si on n'a pas trop de doute sur où on va arriver, au moins on y arrive sans lambiner en route.A côté de ça, la réalisation est correcte, sobre et discrète. Le réalisateur s'est surtout focalisé sur la narration et le montage, plus que sur les effets visuels ou la photographie. Les acteurs sont plutôt bons, dynamiques, même si là encore, rien n'est inoubliable. La plastique d'Alice Taglioni est plutôt du genre inoubliable, mais le film n'y est pour rien. Quant aux dialogues, ils recèlent une ou deux répliques de premier choix.
Voilà, je vais donner un bon point à ce film qui n'est pas complètement mérité, mais qui fait figure d'encouragement. Quand à vous, cher lecteur, si vous ne voyez Notre Univers Impitoyable, vous n'en mourrez pas. Mais bon, un soir de pluie, vous pouvez vous laisser tenter.02/03/2008 : Une fresque riche et splendide

There will be blood est une fresque aux multiples visages. Il est à la fois un film de personnage, à la Aviator ou American Gangster. Il nous retrace le parcours de Daniel Plainwiew, prospecteur pétrolier à la charnière entre le 19ème et le 20ème siècle. Il est une figure ambiguë, animée certes avant tout par sa propre ambition, mais dont on ne détermine jamais à quel point son sens moral rentre en compte pour guider ses décisions. Machiavélique par moments, il fait aussi parfois preuve d'une sincérité et d'une sensibilité incontestables.
There will be blood est aussi le portrait d'un ouest américain rural qui a quitté l'époque "western" pour entrer dans celle de la modernité. Epoque de transition peu connue et qui relie deux mondes que le cinéma nous a rendu si familier. Les grands espaces sauvages sont encore là, mais les derrick et les premières automobiles nous font sentir que quelque chose est en train de changer.There will be blood est enfin une réflexion sur l'ambition, la façon dont elle perturbe la relation aux autres et pousse souvent ceux qui la possède vers une profonde solitude et un isolement de plus en plus irréversible.
Bref, There will be blood est un film riche, mais aussi magnifique. Magnifique tout d'abord grâce à sa photographie véritablement splendide. La scène de l'incendie du derrick, où la fumée obscurcit peu à peu l'horizon tandis que les flammes deviennent peu à peu la seule source de lumière, est réellement de toute beauté. La qualité de la réalisation apporte une réelle grandeur à l'histoire et contribue fortement au caractère épique de la fresque proposée par ce film.Magnifique également grâce à son interprétation. Une grande partie de l'intrigue repose sur le face à face entre deux personnages, mais aussi deux acteurs. D'un côté, Paul Dano, que l'on avait découvert dans Little Miss Sunshine et qui montre là toute l'étendu de son talent. On peut parier que l'on le reverra bientôt enfin dans un premier rôle d'envergure. De l'autre, un vieux routier d'Hollywood mais qui aura connu avec ce film le rôle de sa vie. Daniel Day-Lewis est proprement prodigieux Il est entré de plein pied dans la légende d'Hollywood et sera à jamais associé avec le rôle de Daniel Fairview.
Mais après, ce déluge de louanges, j'émettrai tout de même une petite réserve sur ce film. Magnifique et passionnant, il n'est tout de même pas dénué de quelques longueurs regrettables. Il y'a des moments où tout ce talent se contente de se contempler et en oublie de faire avancer l'intrigue. C'est pour moi la petite critique qui laissera There will be blood à la porte du Panthéon ultime du 7ème art.27/02/2008 : Un bon divertissement, tout simplement

Pour ceux qui aiment les avis clair et concis, pour résumer ce que je pense de Benjamin Gates et le Livre des Secrets, je dirai que ce film, et la franchise dont il est un épisode, est l'Indiana Jones du pauvre, mais tout de même, le Tomb Raider du riche !
Bon certains trouveront peut-être qu'il
manque à ce film la plastique d'Angelina Jolie, mais personnellement, même si
je regrette son absence, je place quand même ce film dans la catégorie
"bon film", au dessus de la rubrique "navet sympathique",
mais bien en dessous de "chef d’œuvre épique".
Pour ceux qui l'ignoreraient, les Benjamin
Gates sont de vrais films d'aventures-chasse au trésor à l'ancienne.
Tout y est ! L'aventurier sexy, la jolie blonde qui se révèle être plus
maligne que prévu et le faire-valoir un peu maladroit mais très intelligent.
En face un méchant, prêt à tout pour trouver le même trésor que les héros,
mais pour de mauvaises raisons ! Formule mille fois resservie mais qui, quand
elle est bien cuisinée, nous permet toujours de passer un bon moment.
En fait, si je devais comparer les Benjamin
Gates avec une autre série, je choisirai A la Poursuite du
Diamant Vert- Le Diamant du Nil, avec Michael Douglas. On a donc là un
pur divertissement, sans prétention autre, bien foutu, efficace, distrayant et
rythmé. Bref toutes les qualités que l'on recherche pour passer un bon moment
sans faire mal à la tête.
Et pour qu'un tel bon moment soit de qualité,
il faut trois éléments que Benjamin Gates et le Livre des Secrets
réunit. Tout d'abord, un scénario un minimum crédible et avec les
rebondissements qui vont bien. Bon, pour la crédibilité.... on repassera, mais
bon, c n'est pas non plus le plus grave. Par contre, il est assez enlevé, rythmé
et les intrigues restent claires, sans être non plus trop cousues de fil blanc
(de toute façon, on es pas là pour réfléchir !)
Ensuite, il faut des effets spéciaux qui ne
font pas trop carton-pâte. Là c'est réussi aussi. Il faut dire que si Indiana
Jones va toujours chercher ses aventures au milieu de paysages
grandioses et désertiques, Benjamin Gates, lui, est un aventurier
urbain et il préfère Buckingham Palace et la Maison Blanche plutôt que
l'Amazonie ou les Pyramides Egyptiennes. Les décors sont donc tout de même
moins difficiles à recréer.
Enfin, il faut des acteurs qui croient un
minimum à ce qu'ils font. Evidemment, tout est fait pour mettre en valeur
Nicolas Cage. Ce n'est pas non plus l'acteur le plus expressif d'Hollywood, mais
ce qu'il fait, il le fait bien. Après, on peut trouver qu'il fait toujours un
peu la même chose. Face à lui, le vieux routier Ed Harris, au registre plus étendu.
Bon, cela ne restera pas le rôle le plus marquant de sa carrière. Il se
contente du minimum, mais le minimum d'Ed Harris dépasse de loin le maximum de
beaucoup d'acteurs.
17/02/2008 : Angoisse partagée

Pour faire simple, Cloverfield est l'histoire de jeunes gens cherchant à fuir un Manhattan dévasté par une grosse bébête semblant être surgie de nul part. Le scénario se résume à ça, rien qu'à ça. Pas d'explication fumeuse, de message écologiste, anti-militariste ou contre l'utilisation du nucléaire. Et franchement, dans un film de ce type, c'est tout ce que l'on demande alors on ne peut que s'en réjouir.
L'histoire est entièrement racontée par l'intermédiaire d'une caméra vidéo que tient un des protagonistes tout du long. Du coup, deux défauts : déjà c'est pas toujours super crédible, du genre, je suis poursuivi par des monstres, mais je continue de courir en tenant ma caméra... Mais bon, on s'en fout un peu. Par contre, l'aspect caméscope tout du long, avec les cadrages approximatifs qui vont avec, à force, ça donne un peu la nausée. Mais bon, personne n'a vomi dans la salle et je pense que ça ne gâche pas non plus de trop le plaisir.Le vrai point positif, qui donne un réel intérêt au film et marque une vraie différence avec beaucoup de production de ce genre, c'est le fait que l'on épouse parfaitement le point de vue des personnages. Pas le moindre plan du film ne correspond pas à ce que vois les personnages. Le spectateur ne sait jamais rien de plus que les protagonistes et du coup partage leur angoisse et leur incompréhension.
Ca paraît tout bête, mais cela fonctionne à la perfection. Certes, on ne connaît pas le fin mot de l'histoire, le pourquoi du comment ça a commencé, mais ce n'est qu'accessoire. Je dirais même que de rien savoir renforce encore l'efficacité du film. L'incompréhension renforce le sentiment d'oppression. Surtout que le déroulement des évènements n'est pas du tout cousu de fil blanc et on traverse le film en se demandant toujours vraiment comment tout cela va finir.Après niveau réalisation et interprétation, rien de révolutionnaire, que du très efficace. Les effets spéciaux sont tout de même très très réussis. Le plan où l'on voit la tête de la Statue de la Liberté arriver en plein Manhattan restera assez mythique.
Cloverfield est donc un film sûrement pas révolutionnaire, sûrement pas profond, mais assez malin pour être remarquable et laisser un très bon souvenir à tous ceux qui l'ont vu. Après, savoir si ce film supportera d'être revu et rerevu, c'est autre chose...Après avoir vu Cloverfield, je suis allé voir Juno dans la foulée... et oui j'aime bien me faire des soirées très éclectiques. Car ici, le monstre est d'un autre genre puisqu'il s'agit... d'une adolescente enceinte. C'est quand même nettement moins monstrueux, avouons-le.
Bon, Juno est ce genre de film où la fille trop mignonne et qui a encore plus de réparti que les 6 Friends réunis se retrouve être la fille le plus impopulaire du lycée... Bon dans la vie, ça ne se passe pas tout à fait comme ça généralement, mais bon, après tout, ce n'est qu'un film.
Une fois cela oublié, on prend un plaisir fou à suivre les "aventures" de la petite Juno, personnage incroyablement attachant. Espiègle, drôle, en un mot irrésistible ! Du coup, ces qualificatifs pourraient se rapporter à ce film dans son ensemble.Surtout que Juno ne se contente pas d'être un film de personnage, aussi sympathique soit-il. Il est aussi une réflexion tendre, amusante et surtout bien sentie sur l'adolescence et l'éveil aux sentiments amoureux. Rien de larmoyant, même si le film n'est pas non plus dénué d'émotion, mais beaucoup de joie de vivre communicative. Bref, une histoire jubilatoire, rafraîchissante et réjouissante.
Tout cela ne fonctionnerait pas sans une belle brochette d'acteurs. Mention spéciale à la jeune Ellen Page, que l'on avait vu précédemment dans X-Men 3. Elle est parfaitement crédible en adolescente de 16 ans, malgré qu'elle en est 21 dans la vraie vie. Elle est surtout assez extraordinaire car pour jouer une personnalité aussi forte, il ne faut pas en être totalement dénué.Autre mention très bien à J.K. Simmons qui joue le père de la petite Juno et échappé lui aussi d'un film de super héros, à savoir Spiderman. Il est lui aussi assez attachant et pince sans rire pour qu'on puisse réellement croire qu'il est bien le père de sa fille.
Le seul visage vraiment connu de la distribution est celui de Jennifer Garner. Mais le rôle n'est pas non plus le plus intéressant du film et du coup, elle se contente du minimum... Mais avec charme et talent tout de même.Juno est donc un vrai film coup de cœur ! On est pas au niveau d'un Little Miss Sunshine, mais on en ressort tout de même avec un vrai enthousiasme et beaucoup de baume au cœur.
16/02/2008 : Un Javier Barden inoubliable

Tous ceux qui verront No Country For Old Men ne sont pas prêts d'oublier le personnage de Chigurh, formidablement interprété par Javier Barden, oscarisable en puissance. Froid et obsessionnel, il pourrait à première vue passer pour un asocial un peu simplet alors qu'il est surtout un tueur implacable et terriblement efficace. L'interprétation de Barden est absolument prodigieuse et donne une totale crédibilité à un personnage qui sort pourtant de l'ordinaire.
Mais si la performance de Javier Barden est présent dans tous les commentaires sur ce film, sa qualité et son succès ne s'expliquent pas que par cela. Le scénario est somme toute classique pour un film de frères Cohen. Il commence par une présentation des personnages sans que l'on voit immédiatement ce qui les relie. Puis le puzzle se met doucement en place et la chasse à l'homme commence. Elle sera pleine de rebondissements et surtout totalement jouissive.La distribution est complétée par d'autres acteurs de qualité. Le rôle principal est occupé par Josh Brolin, habitué au second rôle mais qui tient là son premier rôle titre. La qualité de sa prestation prouve encore à quel point le réservoir d'acteurs américains remarquables est profond. Woody Harrelson et Tommy Lee Jones, habitués aux têtes d'affiche, occupent ici deux seconds rôles, mais assez remarquables pour ne pas faire injure à leur immense talent.
Le tout est filmé par la caméra toujours aussi exceptionnelle des frères Cohen. Ils n'ont pas leur égal pour capter l'ambiance de l'Amérique profonde et la retranscrire à l'image. La photographie nous fait ressentir la chaleur, la moiteur, la poussière du désert qui colle à la peau. Elle met parfaitement en valeur la performance des acteurs qui donne littéralement vie à des personnages dont les manières rustres cachent une profondeur qui se dévoile peu à peu. Tout cela nous permet de retrouver la même joie que celle que nous avons eu devant Fargo, avec qui la filiation est évidente.Je placerai tout de même ce film un ton au dessous de Fargo ou The Big Lebowski. Le personnage le plus remarquable est un tueur pour lequel on ne peut avoir aucune sympathie. Ce manque d'attachement au personnage nuit à l'attachement que l'on peut avoir pour le film.
Il reste tout de même que No Country for Old Men est une oeuvre remarquable à ne pas rater.15/02/2008 : La guerre comme on la voit rarement

La situation en Afghanistan occupe une part
de l'actualité depuis quelques années. Mais on oublie comment tout ça a
commencé avec l'invasion du pays par les Soviétiques en 1979. On oublie
surtout le rôle des Etats-Unis dans la libération de l'Afghanistan qui a
aboutit à un chaos dont le pays n'est jamais vraiment sorti. Et on ignore
surtout le rôle prépondérant joué par Charlie Wilson, député américain
qui a poussé son pays à soutenir la résistance afghane.
Rassurez-vous, La Guerre selon Charlie
Wilson est tout sauf un film géopolitique... Enfin bon, je vois pas
pourquoi ça vous inquiéterait en fait. Bref, ce film est essentiellement
consacré au personnage qu'était Charlie Wilson, parlementaire tout ce qu'il
y'a des plus sérieux... et des plus alcooliques et surtout des plus coureurs.
Bref, le mélange entre Bernard Kouchner, Bill Clinton et une rock star !
Le film est donc un film sur un personnage
haut en couleur, rempli de situations drôles ou cocasses, tout en possédant un
intérêt historique indéniable. Selon les goûts, on retiendra l'un ou l'autre
des deux aspects, ou les deux. Ils sont assez réussis, même si La Guerre selon
Charlie Wilson n'est pas non plus un chef d'œuvre du 7ème art. Il s'agit plutôt
d'une curiosité originale et distrayante.
Bien sûr, le réalisateur s'est beaucoup
appuyé sur Tom Hanks... Les fans apprécieront, il fait du Tom Hanks… Les
autres, comme moi, trouveront que son jeu manque un peu de personnalité. L'intérêt
du personnage repose plus sur son originalité scénaristique que sur l'épaisseur
que lui donne le grand Tom. Mais bon, cet avis n'engage que moi !
Par contre, à côté de ça, Philip Seymour
Hoffman est toujours aussi génial. Certes, il en fait peut-être un peu trop
sur ce rôle, mais il fait tout de même étalage de tout son talent. Et Julia
Roberts.... bah c'est Julia Roberts, même si son rôle de bourgeoise faussement
coincée change un peu. Enfin bon, l'âge avançant, elle peut de moins en moins
jouer les petites minettes. En tout cas, elle fait toujours ça avec le même
charme et le même talent.
Le tout est mis en image par Mike Nichols,
le réalisateur du Lauréat. La réalisation est sobre, mais ne
casse pas non plus trois pattes à un canard (désolé mais j'adore cette
expression). Comme je l'ai dit, il s'est quand même beaucoup, et peut-être un
peu trop, reposé sur Tom Hanks.
30/01/2008 : Eva plus forte que Loana !

Live ! est un film sur la télé-réalité filmé comme la télé réalité. En effet, ce film est tourné comme étant un documentaire sur une productrice de télévision prête à tout, qui serait suivie constamment par une équipe de tournage. Bref, Live ! est tourné en clin d'œil à son propre sujet. Cela peut paraître un peu "gadget", mais cela a son importance, on le verra.
L'idée de base paraît un peu énorme. On voit mal comment les pires dérives de la télévision pourraient conduire à l'horreur absolue que constituerait un jeu de roulette russe, et donc un mort, en direct. Et pourtant, pris par le film, on voit le personnage remarquablement interprété par une Eva Mendes étonnante triompher des oppositions les unes après les autres et on y croit. Au début, les personnages qui l'entourent sont aussi incrédules que les spectateurs mais les uns comme les autres se feront convaincre.Deux éléments concourent à cette apparente crédibilité de l'histoire. Tout d'abord, la sublime Eva Mendes, qui après sa remarquable prestation dans La Nuit nous appartient, quitte définitivement son statut de bombe sexuelle ambulante pour prendre celui d'actrice talentueuse. En plus, elle est aussi productrice de ce projet pour lequel elle s'est beaucoup investie artistiquement. A mon avis, elle est promise à jouer un rôle important à Hollywood dans les années qui viennent.
Le second élément est, comme je l'ai dit plus haut, l'aspect documentaire du film. Ce procédé de plus en plus utilisé sert souvent à masquer un manque d'originalité de la réalisation. Là, cela concourre réellement au propos du film. Le réalisateur du documentaire, interprété par David Krumholtz, suit le même chemin que le spectateur, se laissant peu à peu convaincre par l'enthousiasme et la ténacité de la productrice. Du coup, on s'identifie beaucoup à lui et cela pousse vraiment le spectateur à se laisser convaincre.Mais si ce dernier élément fait la force du film... il en fait aussi quelque part la faiblesse. Bien sûr, on attend de connaître la conclusion de tout cela. Si les dernières vingt minutes sont vraiment prenantes, le reste du film l'est un peu moins. On sait dès le début qu'on va en arriver là. Live ! est donc un film incontestablement intéressant, mais pas forcément passionnant de bout en bout. Le message délivré est fort, mais surtout par sa conclusion. La trame narrative qui l'amène est quelque peu légère.
Bref Live ! est une oeuvre surprenante et originale, mais pas forcément un grand film.28/01/2008 : Il est de retour !

J'entends déjà quelques esprits chagrins maugréer en disant qu'il s'est contenté de faire ce qu'il fait le mieux : du noir, du sombre, du gothique, du Johnny Depp... Certes, si Tim Burton n'est pas non plus Ken Loach, il a un style bien à lui et il faut reconnaître que ses plus gros échecs sont venus quand il s'en est écarté. Mais bon, quand quelqu'un fait quelque chose aussi bien, on ne regrette pas qu'il le fasse souvent (Proverbe chinois que je viens d'inventer pour l'occasion).
Si Sweeney Todd ressemble à un Tim Burton, il est par contre une comédie musicale qui ne ressemble à aucune autre. Tiré d'une légende urbaine anglaise aussi célèbre que Jack L'Eventreur, il raconte l'histoire d'un barbier qui cherche à se venger du juge qui l'a fait prisonnier injustement pour lui voler sa femme et sa fille. Il revient à Londres après des années d'exil et se met à éliminer tous les clients à la morale douteuse qui fréquentent son échoppe. En espérant un jour enfin y attirer le fameux juge.Tim Burton et Johnny Depp, deux génies, pour un couple qui nous ravit à chaque fois. Je ne m'étendrai pas sur leurs talents respectifs. Ils sont pour ce film toujours aussi éclatant dans la réalisation pour l'un, dans son jeu pour l'autre. On en serait presque blasé.... enfin presque parce qu'en fait on en redemande encore et encore ! Et puis, Tim Burton nous livre un dernier plan absolument splendide que les amateurs apprécieront.
Sweeney Todd, malgré son esthétique gothique et les jets de sang fréquents, est une comédie musicale, une vraie. Il ne s'agit pas d'une ou deux chansons disséminées ici ou là. Les personnages chantent 90% du temps. Mais cela ressemble plus à des dialogues chantés, comme une pièce en vers, qu'à des chansons bien séparées. L'intrigue avance au cours de ces moments musicaux, ils ne sont en rien des apartés distrayants. Cela est un peu déconcertant et peut amener certains spectateurs à ne pas du tout rentrer dans le film et ne pas l'apprécier à sa juste valeur.Autre point qui a focalisé les critiques et fait que Sweeney Todd a été accueilli de manière très contrastée, ce sont les qualités lyriques de Johnny Depp. Si c'est un immense acteur, sûrement le plus grand encore en activité, il n'est pas un chanteur de premier ordre. Personnellement, ça ne m'a pas dérangé une seule seconde, mais certains ont visiblement trouvé ça quelque peu pénible.
Il ne faudrait pas oublier dans ce petit laïus la performance des partenaires de Johnny Depp. Il a déjà Vanessa Paradis, il ne va pas tout avoir quand même ! Evidemment, il est presque inutile de dire qu'Alan Rickman est merveilleux puisqu'il est en fait comme d'habitude. Helena Bonham-Carter ne crève pas l'écran mais elle est bien plus qu'un faire valoir du beau Johnny. Enfin, on appréciera la performance de Sacha Baron Cohen qui a laissé la moustache de Borat au placard, mais qui fait preuve malgré cela encore une fois d'un incontestable talent.Bref, Sweeney Todd entrera à coup sûr dans ma top-liste des films de Burton... et donc par la même occasion de ma top-liste des films tout court.
07/01/2008 : Libre mais impitoyable

Ce qu’il y’a de bien avec Ken Loach,
c’est que l’on est rarement déçu par ses films. D’un autre côté, on
est aussi rarement surpris. On pourrait même lui reprocher de faire un peu
toujours le même film… Bon des fois, il change un peu de sujet et ramasse une
Palme d’Or au passage, mais il faut bien admettre que Ken Loach est le cinéaste
du social., du social et encore du social It’s a free world est
dans droite lignée du reste de son oeuvre.
It’s a free world nous
plonge cette fois dans l’univers des travailleurs émigrés employés à la
journée par les entreprises britanniques, pour des salaires de misère dans des
conditions proche de l’exploitation. Angie est elle une blonde tout ce qu’il
y’a de plus blanche et de plus britannique. Mais, mère célibataire, elle se
retrouve à nouveau au chômage pour n’avoir pas répondu aux avances d’un
des ses collègues « mâles ». Elle décide alors de se prendre en
main et de monter sa propre boîte, une agence d’intérim, spécialisé dans
les ouvriers émigrés à bas salaire. Elle a partagé beaucoup de leur galère
et semble être leur ange gardien, leur offrir une passerelle pour sortir de la
misère. Mais entre altruisme et son envie d’offrir un avenir meilleur à son
fils, elle sera vite partagée.
It’s a free world ne restera
certainement pas le film le plus marquant de Ken Loach. Mais il reste un film
fort sur la responsabilité, sur les limites que l’on peut dépasser pour résoudre
ses propres problèmes. On comprend vite que le titre du film est plus
qu’ironique et que le monde décrit dans le film est peut-être libre, mais
surtout impitoyable et plonge ses habitants dans une abîme d’égoïsme. Le
chacun pour soi est la règle et quiconque veut en sortir y revient s’il veut
survivre.
Ken Loach a voulu aussi quelque part
parodier les success-story hollywoodienne. Sans dévoiler la fin, ce film
reprend la même trame que ce genre de film mais inverse les valeurs. Ce qui est
magnifié d’habitude prend ici un nouveau visage, beaucoup plus ambiguë,
voire carrément négatif. Que l’on partage ou non les idées de Ken Loach, on
ne peut que reconnaître qu’il est un des rares à montrer ce côté du miroir
qui existe tout autant, si ce n’est plus, que l’autre.
D’un point de vue cinématographique, It’s
a free world est lui aussi tout à fait dans le style caractéristique
de son réalisateur. Une mise en scène sobre, mais avec une photographie soignée
et une remarquable direction d’acteurs. Il nous a encore déniché quelques
talents de derrière les fagots, avec des accents purs made in Great Britain qui
ont fait la légende des films de Ken Loach. La belle Kierston
Wareing, sur les épaules desquelles repose une bonne partie du film, est
remarquable dans ce rôle ambigu, qui évolue au cours du film. C’est
d’autant plus une agréable surprise que sa filmographie se résumait à rien
ou pas grand chose avant ce film.
Bref, les fans de Ken Loach retrouveront ici tout ce qui leur a fait aimé ce cinéaste brillant. Ceux qui ne le connaissent pas auront l’occasion et sûrement le plaisir de le découvrir avec ce film. Par contre, ceux qu’il commence à lasser trouveront qu’il nous ressert encore une fois la même soupe. Mais bon, quand la soupe est bonne...
02/01/2008 : Des futurs Césars bien mérités... cette fois

Commençons par ça et n'en parlons plus après. La Graine et le Mulet dure un peu moins de 3h avec une première heure qui ne sert à rien. Enfin si, on peut prendre ça pour une scène d'introduction, sauf que ce genre de chose ne doit durer que 5 à 10 minutes. On assiste notamment à une scène de repas qui dure, dure et dure encore alors que les deux personnages principaux n'y sont même pas. Si on la supprimait du film, on pourrait ne même pas s'en apercevoir. Et logiquement chaque scène (voire même chaque dialogue) doit avoir son importance... Bref, certains me trouveront sévère, mais je dois avouer qu'au bout d'une heure, j'étais persuadé d'assister au même désastre que celui constitué par l'Esquive, le film précédent de Abdellatif Kechiche pour lequel il avait reçu un César scandaleusement immérité.
Et puis, l'histoire commence et la magie opère enfin ! Ce film raconte l'histoire de Slimane, 61 ans, tout juste licencié du chantier naval de Sète et qui décide d'ouvrir un restaurant sur une vieille épave de bateau qu'il a acheté avec ses indemnités. Evidemment, son projet se heurte au scepticisme des décideurs. Heureusement, il est épaulé par Rym, la fille sa compagne, jeune adolescente pleine d'énergie.S'en suivra nombre de péripéties (oui parce qu'il y'a quand même un scénario un vrai, il met juste un peu de temps à démarrer) et une fin parmi les plus intenses et fantastiques qui m'est été donnée de voir ces dernières années. Quand on y assiste, on oublie totalement les débuts laborieux.
La Graine et le Mulet est un film prodigieusement humain. Il s'en dégage une énergie incroyable, portée par des acteurs fabuleux. La réalisation de Abdellatif Kechiche reste minimaliste. On dirait toujours qu'il filme un reportage pour l'émission Strip-tease plutôt qu'un long métrage, mais cette fois le contenu est assez intéressant pour que cela passe presque inaperçu. Contrairement à l'Esquive, les personnages, les situations, les dialogues de la Graine et le Mulet ne sonnent pas faussement vrais. Ils ressemblent à un quotidien réel et non une vision déformée, stylisée ou bien idéalisée par l'œil d'un artiste.Mais ce film ne serait rien sans Hafsia Herzi, la jeune fille qui interprète Rym. Retenez bien ce nom ! Sa performance est réellement extraordinaire. Je pense même que je pourrais épuiser la liste des superlatifs pour vous décrire l'énergie qu'elle transmet, la fraîcheur qu'elle apporte. Elle nous livre un final qui restera dans la mémoire de tous ceux qui auront la chance de voir ce film. Son regard dégage une telle intensité qu'il est difficile de l'oublier.
Il est évident qu'au moment des Césars, la Graine et le Mulet ne sera pas oublié. Mais cette fois, il n'y aura rien à dire et on pourra vraiment se féliciter de voir que le cinéma français est capable de nous livrer de tels films qu'il est le seul à savoir faire.
Par contre, je ne suis pas persuadé que Un baiser s'il vous plaît remporte énormément de Césars. Ce n'est pas un mauvais film en soi, mais il ne marquera pas vraiment les mémoires. Une histoire sympa, des acteurs bons, mais alors une direction et des dialogues catastrophiques. A vrai dire, ce n'est pas réellement un film, mais plutôt une pièce de théâtre filmé... sauf qu'au cinéma, ça passe assez mal !
Un baiser s'il vous plaît raconte deux histoires en parallèle. Une accessoire, celle de narratrice qui fait la connaissance d'un jeune homme charmant par hasard à Nantes et l'histoire qu'elle lui raconte, celle de deux amis de lycée qui vivent une expérience plutôt étrange. Nicolas, le garçon, d'un abord pourtant un peu timide, a un gros problème : depuis sa rupture, il est obsédé par le manque que lui impose l'absence d'affection physique. Il a bien essayé une prostitué, mais ce fut un fiasco, et il n'est pas du genre à séduire une fille juste pour cela. Il se confie à sa meilleure amie, Judith, qui est pourtant mariée mais qui se décide à se dévouer pour remédier à son manque... Mais voilà, ils découvrent avec horreur qu'ils ont aimé faire ça tous les deux...
Des personnages peu communs, des situations saugrenues, à la limite de l'absurde parfois, tout cela aurait pu aboutir à un film caustique et original. Mais si on sourit, on rit même parfois, le film ne décolle jamais vraiment. La faute à une réalisation tout ce qu'il y'a de plus plate et surtout, comme je l'ai déjà dit, des dialogues qui sonnent faux. On se demande même si Emmanuel Mouret qui a écrit le scénario, réalisé et interprété le film s'est écouté lire ses dialogues à haute voix.
Et je ne veux pas accabler ce pauvre garçon, mais en plus de cela, il est de loin le plus mauvais acteur du film. Il joue avec maladresse un personnage maladroit... mais qui du coup n'est absolument pas crédible dans sa maladresse. En face de lui, Virginie Ledoyen a bien du mal à relever le niveau. Elle met tout son talent pour interpréter ses dialogues ineptes, alors on arrive presque à croire à son personnage, mais cela reste laborieux. Le couple Julie Gayet-Michael Cohen lui fonctionne parfaitement mais n'occupe qu'un rôle secondaire dans le film. La bonne surprise du film vient de Frédérique Bel (la Minute Blonde) qui démontre ici qu'elle peut interpréter autre chose que les grande cruche blonde... enfin son rôle est un peu celui d'une grande cruche blonde, mais d'une certaine épaisseur on va dire.
Bref, Un baiser s'il vous plaît pourra combler une soirée pluvieuse passée devant la télé. A la fin du film, on éteindre la télé pour l'oublier vite, même si on jugera que la soirée fut tout de même agréable.
29/12/2007 : Ben Aflleck de l'autre côté de la caméra... une bonne idée !

J'aime bien l'acteur Ben Affleck, mais ce
n'est pas non plus un acteur que j'idolâtre. Cependant, on peut lui reconnaître
un vrai talent pour choisir ses rôles et s'intéresser à des projets intéressants.
C'est donc presque naturellement et avec impatience qu’on l’attendait
l'homme à la moumoute supposée derrière la caméra. Il a franchi le pas avec Gone
Baby Gone, son premier film en tant que réalisateur, où il a eu la
bonne idée de diriger Casy Affleck, son petit frère, qui lui est un futur très
grand acteur (cf. mon avis sur L'Assassinat de Jesse James par le lâche
Robert Ford sur le même blog).
Gone Baby Gone
commence par une situation plutôt classique pour un film policier. Une petite
fille de 7 ans a été enlevée et la famille de la victime, n'ayant qu'une
confiance limitée dans la police, fait appel à un détective privé, issu de
leur quartier, et son associée. Mais ces derniers vont vite découvrir que
l'affaire n'est pas aussi simple qu'elle en a l'air.
Gone Baby Gone est une vraie réussite
car il marie une intrigue à rebondissements, avec son retournement final qui va
bien, très maligne, parfois un peu tordue, avec une étude de personnages très
profonde et intelligente. Chacun de ses éléments rend l'autre plus digeste et
permet de maintenir à son maximum l'intérêt du spectateur tout au long du
film.
Pour un premier film, Ben Affleck a fait
jouer son carnet d'adresses puisqu'il bénéficie d'un casting plutôt intéressant.
Bien sûr, on imagine bien qu'il n'a pas eu de mal à débaucher son petit frère
dont je peux ici qu'une fois encore vanter les mérites. Il est accompagné à
l'écran par deux piliers d'Hollywood, à savoir le trop rare Ed Harris,
toujours aussi charismatique, et le parfois trop fréquent Morgan Freeman, qui
cette fois a choisi un rôle dans un film d'un intérêt à la hauteur de son
talent. Ces beaux messieurs parage l'écran avec le charme de Michelle Monaghan
qui obtient là un rôle un peu plus épais que ses seconds rôles habituels. Et
on ne s'en plaindra pas !
Bref, le résultat, pour un premier film, est donc tout à fait honorable. Cependant, on sent encore une caméra un peu hésitante, un style qui ne se trouve pas toujours, une difficulté à jongler entre une intrigue à faire avancer et des personnages à approfondir. Gone Baby Gone est un scénario ambitieux et on ne pourra reprocher à Ben Affleck d'avoir choisi la facilité. Le film est déjà bon en lui-même, mais il recèle surtout pas mal de promesses. On a attend donc le beau Ben à nouveau de ce côté de la caméra qui lui va très bien !
26/12/2007 : Deux pays si loin, si proches

Il nous raconte le destin croisé de six personnages, 3 Turcs, 3 Allemands dont l'histoire est marqué par les liens existants entre ces deux pays. Le film passe d'un personnage à l'autre, d'une histoire à l'autre, d'un pays à l'autre, avant qu'au final on ne comprenne ce qui les unit.
Je préfère vous prévenir tout de suite, De l'Autre Côté n'est certainement pas le film le plus drôle de l'année 2007, c'est le moins que l'on puisse dire. Les histoires racontées sont souvent dramatiques, même s'il ressort de ce film un certain optimisme. Malgré, toutes les épreuves que l'on peut connaître, il y'a toujours un moyen de se reconstruire et d'avancer à nouveau dans la vie.De l'Autre Cöté n'est donc ni larmoyant, ni mélodramatique. C'est un film profondément humain, subtil et bercé d'une mélancolie poétique. Le rythme de narration est un peu lent, mais le scénario est tout de même consistant. Les personnages et les situations évoluent, rebondissent parfois de manière inattendue. Evidemment pas de poursuites en voiture, ni d'attaques de diligences...
Le film est également porté par une interprétation remarquable. Pas de grands numéros d'acteurs, mais un jeu juste. Les acteurs se sont parfaitement glissés dans la peau de leur personnage et les incarnent pleinement. Si on ne devait retenir qu'un d'eux, je citerai Patrycia Ziolkowska, magnifique dans son rôle de jeune fille, qu par amour, va tout quitter pour tenter de sauver son amie, prisonnière politique en Turquie.La réalisation est discrète, mettant parfaitement en valeur le jeu des acteurs. Elle met également en valeur les lieux où la caméra se promène, insistant aussi sur la distance existante entre ces deux pays à la fois si lointains et si liés.
De l'Autre Côté est donc un film qui vous fera voyager, vous émouvra. Peut-être partagerez-vous ce supplément d'enthousiasme que je n'ai pas ressenti. Je vous le souhaite en tout cas.23/12/2007 : Un vent de fraîcheur dans le désert

Dans ce film, la situation politique n'est jamais évoquée. On pourrait le reprocher, en arguant que cela simplifie et appauvrit le sujet, mais je pense que ce serait une erreur. La Visite de la Fanfare est une histoire de rencontres entre des êtres humains, certes d'horizons différents, mais tout simplement humains. Dans ce coin de désert, qu'importe l'origine et la religion, les guerres et les combats politiques.
Pourtant, c'est bien la différence de nationalité qui est à l'origine de cette belle histoire. Ou plutôt une différence d'accent et de prononciation, qui enverra par erreur la fanfare de la police d'Alexandrie au fin fond du désert israélien ou lieu de la grande ville où ils sont sensés jouer pour l'ouverture du centre culturel arabe. Coincé dans ce coin perdu pour la nuit, ils feront connaissance des habitants des lieux, dont Dina, qui va leur servir d'ange gardien.La Visite de la Fanfare est un donc un film de personnages. Le fil conducteur est la relation etnre Dina et Tewfiq, le chef de la fanfare, dont la rigueur militaire tranche avec la simplicité et la jovialité de la jeune femme. Ils forment un "couple" aussi étonnant qu'attachant. Les deux acteurs, Sasson Gabai et Ronit Elkabetz, interprétent magistralement ces deux rôles tout en sensibilité.
La Visite de la Fanfare est à la fois subtil et drôle. On ne s'y ennuie jamais. Le spectateur est transporté de rencontres improbables en situations burlesques. Le morceau de bravoure du film survient lorsque, dans une boîte de nuit, Khaled, le beau gosse de la bande, explique par le geste à un Israélien un peu timide assis à sa droite comment s'y prendre avec la jeune fille qui se trouve à la droite. On est pas loin du Blake Edwards.La Visite de la Fanfare est un film simple mais profond. Il ne repose en rien sur le spectaculaire. Il n'empêche que le travail de réalisation est remarquable. Le travail de cadrage est notamment fantastique. Le réalisateur utilise vraiment sa caméra comme un outil de mise en scène et non comme un simple intermédiaire entre l'action et le spectateur. La Visite de la Fanfare est un vrai film, pas un pièce de théâtre filmé.
Si la Visite de la Fanfare nous transporte dans la chaleur du désert, la fraîcheur des relations humaines qu'il décrit apporte un profond sentiment de bonheur au spectateur !23/12/2007 : Un film noir mais propre

La Nuit nous appartient relate l'histoire de la famille Grusinsky, où le père et le fils sont des policiers respectés. Mais dans la famille, il y'a aussi Bobby, le frère, roi de la nuit, gérant de night-club, qui a toujours cherché à fuir cet environnement rigoureux et formaté. Mais, son métier le fait fréquenter de trop près les truands pour que son héritage familial ne finisse pas par le rattraper.
Film noir, La Nuit nous appartient est une vraie réussite. Très classique dans la forme, il n'atteint pas les sommets du 7ème art comme Les Promesses de l'Ombre, mais demeurera comme un des bons films de 2007 et ne devrait pas sombrer dans un oubli total et définitif. La réalisation n'a rien d'exceptionnelle. Elle est même un peu froide par moment et manque certainement d'un peu d'audace. Mais ce qui est fait est très bien fait et c'est quand même le principal.L'intérêt majeur de La Nuit nous appartient réside plutôt dans son scénario, dont j'ai évoqué l'originalité plus haut. Le fil de l'intrigue se noue autour de l'évolution des personnages et de leur rôle au sein de leur famille. Cela est tout de même illustré par quelques scènes d'action très intenses, tout en échappant à la réalisation "clip vidéo". James Gray fait partie de ces réalisateurs assez talentueux pour avoir compris que mettre du rythme ne signifiait pas forcément accumuler les plans de moins de trois secondes.
Le tout est porté par un casting de qualité. Passons rapidement sur Mark Walhberg qui joue son rôle proprement mais ne resplendit pas vraiment à l'écran. Cela provient en grande partie de son personnage mais aussi d'un léger manque de talent (tout relatif le manque, tout relatif). Les vrais stars de ce film sont le couple Joaquin Phoenix- Eva Mendes. Cette dernière, en plus d'être belle à damner un saint, tient là ici enfin un rôle assez intéressant pour montrer ce qu'elle a dans son ventre d'actrice, trop souvent caché par ses formes généreuses. La scène d'ouverture notamment est d'un érotisme assez incroyable, mais elle jouera avec le même bonheur des moments beaucoup plus tragiques. Joachin Phoenix est quand à lui parfait dans un rôle pourtant difficile, puisque il s'agit de loin du personnage qui évolue le plus au cours de l'intrigue. Dans tous les registres, il joue juste et ne tombe jamais dans le cabotinage où son rôle de flambeur aurait pu facilement le conduire.Bref, La Nuit nous appartient est une valeur aussi sûre que son réalisateur et son casting. Et c'est bien un compliment !
Depuis le très réussi Narnia, on voit fleurir régulièrement des clones. Histoire fantastique dont les héros sont des enfants qui vivent des aventures dans un monde rempli de magie, avec généralement des animaux qui parlent. Les résultats sont assez inégaux. A la croisée des Mondes - La Boussole d'or, premier volet d'une trilogie, était un des plus attendu. Il a reçu un accueil mitigé de la part de la critique. Personnellement, j'ai plutôt aimé, même si je comprends certains reproches qui peuvent lui être faits.
L'histoire se déroule dans un monde parallèle aux nôtre, où l'âme des ses habitants n'habite pas leur corps mais prend la forme d'un animal qui ne le quitte jamais, le daemon. Le monde est dominé par le Magisterium, gouvernement dictatorial qui se cache souvent sous les bons sentiments. Dans ce monde, Lyra, orpheline de 12 ans, a bien du mal à respecter le conformisme de son monde. Surtout que son oncle est connu pour être un des chercheur-aventuriers les plus audacieux. Il cherche inlassablement la trace de la Poussière, matière mystérieuse qui lie les univers entre eux et dont le Magisterium nie l'existence. Quand il fait irruption dans le collège qui accueille Lyra, c'est le début pour cette dernière de dangereuses aventures qui l'emmèneront au bout du monde…
A la croisée des mondes- La Boussole d'Or est beaucoup moins enfantin que Narnia. Cependant, le film n'est pas non plus un film d'aventures « adulte ». Je comprends donc très bien que ce film n'ait pas vraiment trouvé son public. Ou bien si, il s'adresse au gens comme moi… les grands enfants !A la Croisée des Mondes - La Boussole d'Or est un film riche, aussi bien dans la diversité de ses personnages que dans celle des ambiances et des univers décrits. Ajouté à cela un scénario plutôt rythmé, on est donc face à un film dense, qui attise l'intérêt du spectateur du début jusqu'à la fin. Je ne sais pas à quel point le film est fidèle au roman, mais on sent bien que le scénario est la contraction de quelque chose d'encore plus riche.
Après, le film manque quelque peu de magie, la petite étincelle qui fait vraiment palpiter notre âme d'enfant. Narnia y était parfaitement arrivé, A la Croisée des Mondes-La Boussole d'Or un peu moins. Le film est objectivement réussi, mais n'allume pas non plus une flamme immense au fond de nos petits yeux d'enfants. Bref, un bon film, mais pas non plus un film culte.Par contre, on ne peut que saluer la qualité technique du film. Les effets spéciaux sont vraiment de toute beauté et les créatures totalement réalistes. Dans ce domaine, il fait encore mieux que Narnia qui était déjà une réussite. Les progrès de la technique ont permis aux auteurs de donner libre court à leur imagination sans que cela ne sonne visuellement faux. Les éléments en image de synthèse et les éléments de décors et les personnages réels se mêlent parfaitement sans que l'on ne distingue jamais vraiment le vrai du faux.
Un mot enfin sur le casting, avec comme principal tête d'affiche, la belle, la merveilleuse, la fabuleuse Nicole Kidman. Elle resplendit encore une fois de toute sa classe en interprétant un personnage ambigu qui souffle le chaud et le froid sur cette pauvre Lyra. Elle ne force pas non plus son talent, mais il est suffisant pour qu'elle occupe le haut de l'affiche. L'autre « star » est Daniel James Bond Craig, qui joue le rôle de l'oncle de Lyra. Son rôle devrait être beaucoup plus important dans les deux autres volets de la trilogie, il n'y donc pour l'instant pas grand chose à dire sur sa performance.Le casting est bien sûr complété par de jeunes adolescents qui interprètent les rôles principaux. L'héroïne est interprétée par la jeune Dakota Blue Richards qui s'en sort vraiment bien. Elle joue avec énergie et justesse, et donne le petit supplément d'âme à son personnage qui fait qu'on s'y attache.
La Croisée des Mondes- La Boussole d'Or a donc reçu des critiques un peu sévères, même si tout n'est pas parfait. Au cinéma ou plus tard en DVD, il vous fera passer un bon moment, pas forcément inoubliable, mais un bon moment quand même.17/12/2007 : Où est le sens ?

Je ne pense pas être un spectateur obtus face aux films à la poésie étrange et mystérieuse. Mon admiration pour David Lynch... même si elle a également ses limites face à ces dernières productions, le prouve. Bref, je pense que j'aurais pu aimer L'Homme sans âge, fable étrange et ésotérique. L'histoire d'un homme âgé, qui après avoir été foudroyé, retrouve une seconde jeunesse. Mais force est de constater que je ne l'ai pas aimé du tout.
J'ai bien du mal à parler de ce film car il est clair que je ne l'ai pas compris. Je n'ai pas saisi où Coppola voulait en venir. Je n'ai pas vu de fil directeur, mais plutôt une superposition de scènes étranges. Ni vraiment mystérieuses, ni vraiment poétiques, elles s'enchaînent pour s'achever sur une fin qui ne donne pas de sens général. Peut-être que c'est moi qui n'ai pas réussi à vraiment rentrer dans L'Homme sans âge. Mais disons le simplement, je m'y suis incroyablement ennuyé.Reste tout de même une certaine maestria du réalisateur. Francis Ford Coppola sait manier une caméra et ça se voit. Mais bon, ça ne fait pas tout et ne réussit pas à sauver le film. La performance de Tim Roth, étonnante, presque à contre emploi, éveille une certaine curiosité et admiration, mais ne sort pas le spectateur de son ennui.
Bref, je ferai aujourd'hui une critique peut-être plus courte que d'habitude. Mais comment parler longuement de ce que l'on a pas compris....11/12/2007 : Quel talent ce Ridley !

Alien, Blade Runner et Kingdom of Heaven font partie des films que j'emmènerai sur une île déserte, même si mon choix devait être limité. Emmènerai-je American Gangster ? Là par contre, il est possible que je lui préfère d'autres films moins beaux, moins parfaits, mais que j'aime plus profondément.
Vous l'aurez compris, American Gangster est un vrai bijou que l'on contemple avec une admiration. Après, on peut avoir le cœur qui palpite et en faire un film culte, mais cela dépend de la subjectivité de chacun. Ce ne sera pas mon cas. Peut-être que le film est trop propre, trop parfait, trop classique.L'ascension d'un gangster parti de rien est un sujet maintes fois traités au cinéma. Rien de bien nouveau de ce côté là. Certes, le personnage de Franck Lucas, malfrat afro-américain, qui a réussi à contrôler le trafic d'héroïne en mettant au pas la mafia sicilienne, nous change un peu du milieu italo-américain de Scorcese et Coppola. Mais la description du milieu reste tout de même sans surprise.
L'originalité du scénario réside de l'autre côté du miroir. Car American Gangster est un film bicéphale, un peu comme l'a été Heat. En face du truand interprété par Denzel Washington, le film fait une part équivalente à l'inspecteur Roberts, interprété par Russel Crowe. C'est un flic plutôt singulier, loin des poncifs du genre. Un personnage complexe et intéressant qui donne sa vraie profondeur au film.Denzel Washington et Russel Crowe sont égaux à eux-mêmes... ce qui est bien sûr un compliment. Le premier est impeccable dans son rôle de gangster discret et posé, dont la maîtrise des évènements est totale, jusqu'à ce que.... eh, pas question d'en dire plus et de trahir l'histoire. De son côté Russel Crowe confirme qu'il est avec Johnny Depp un des deux transformistes d'Hollywood. D'un rôle à l'autre, il se métamorphose physiquement de manière étonnante. Mais sans jamais perdre ses qualités d'acteur !
Le tout est donc enrobé dans une réalisation parfaitement maîtrisé. La photographie, la musique, le montage... autant d'éléments s'emboîtant à la perfection pour donner une ambiance qui colle parfaitement à l'intrigue. Pas d'effets spectaculaires, de plans audacieux, de mouvements de caméra improbables, mais une réussite technique si parfaite que l'on ne la remarque pas, permettant aux spectateurs de se concentrer uniquement sur l'intrigue.Après, comme je l'ai dit, on s'enthousiasme plus ou moins pour American Gangster. Je n'en ferai un film culte mais je le citerai assurément parmi les meilleurs films de l'année.
Ceux qui lisent régulièrement mes critiques ciné savent déjà que j'apprécie particulièrement d'être surpris par la qualité d'un film. Ce fut le cas avec la Légende de Beowulf. Je m'attendais à voir un film de série B, flirtant avec le navet, et bien pas du tout. Certes, il n'y a pas matière à se rouler par terre de joie ou à hurler nu sous la lune au chef d'œuvre... Certes, il y'a des critiques à faire, et je ne vais pas me gêner.... Mais bon, ce film recèle tout de même des qualités et pourra vous faire passer un bon petit moment.
La légende Beowulf est le texte le plus ancien de la littérature anglaise. C'est un peu leur Chanson de Roland à eux. Elle raconte les aventures d'un nommé Beowulf (c'était un nom à la mode à l'époque...), aventurier qui acquière une réputation de tueur de démons en délivrant un royaume du monstre qui le ravageait régulièrement. Cet exploit le conduira à être couronné Roi... Mais la belle histoire n'est pas si belle qu'il n'y paraît...
La Légende de Beowulf est un film d'animation, mais du style Final Fantasy, le résultat cherchant à ressembler le plus possible à un film tourné avec des acteurs réels. Le résultat est nettement moins réussi que FF, pourtant sorti en 2001, mais il faut dire que ce dernier frôlait la perfection. Dans la Légende de Beowulf, il y'a un certain nombre de petits détails qui sonnent faux et nous rappellent qu'il s'agit d'images artificielles. C'est le danger d'un film visant à copier la réalité, on pardonne plus difficilement les imperfections de l'animation. Mais le résultat est tout de même assez réussi, assez en tout cas pour que l'on oublie ses défauts et se laisser porter par l'histoire.Le scénario, justement, est, quand à lui, relativement intéressant. Pendant une bonne moitié du film, on reste très circonspect, se demandant si l'histoire va continuer à se limiter à des scènes de combat entre des humains et une espèce de troll difforme. Mais la suite donne du sens à ce qui a précédé. Les personnages s'étoffent, révèlent leur complexité et leur ambiguïté. La seconde partie est donc nettement plus intéressante et intervient juste à temps pour que le spectateur n'ai pas eu le temps de se lasser réellement.
Une des grandes différences avec Final Fantasy provient du fait que les personnages animés ont l'apparence des acteurs qui prêtent leur voix et qui ont servi de base à l'animation. Un peu comme Andy Serkis a servi de modèle pour Gollum dans Le Seigneur des Anneaux. Vous retrouverez ainsi Anthony Hopkins, John Malkovitch et surtout Angelina Jolie nue… mais pas vraiment humaine… dommage ! Il est donc un peu difficile de parler de performance d'acteurs, le mérite étant à partager entre celui qui prête sa voix et les animateurs. Mais bon là encore, le résultat est plutôt réussi sans être exceptionnel.Bref, la Légende de Beowulf ne restera pas dans la légende du 7ème art. Mais elle peut vous permettre de passer un moment distrayant, surtout pour les fans d'Heroic Fantasy, mais aussi pour pas mal d'autres.
04/12/2007 : Le meilleur film de l'année 2007

Bon, j'exagère un tantinet, mais Les Promesses de l'Ombre est un film noir, profondément noir, extrêmement noir… Pendant longtemps, les films de David Cronenberg ont été rangés dans le malsain, le bizarre et l'étrange. Son univers n'était pas toujours facile à pénétrer, à l'instar de celui de David Lynch, et une bonne part de la force du message se perdait dans la bizarrerie qui pouvait parfois même prêter à sourire. Ainsi, si j'ai adoré Existenz, je m'étais profondément ennuyé devant Crash et avait vu Faux-semblants et Spider avec un intérêt qui tenait plus de la curiosité que de l'enthousiasme.
Mais tous reconnaissaient un réel talent cinématographique, notamment au niveau de la photographie et de le direction d'acteurs. Et en délaissant enfin ses obsessions sur le corps, ses transformations et autres mutilations, David Cronenberg a rejoint le rang des grands réalisateur unanimement salué aussi bien par la critique que par les spectateurs. Son précédent film, History of Violence, avait été une première étape, Les Promesses de l'Ombre constitue une éclatante confirmation.Ce film raconte l'histoire d'Anna, infirmière londonienne, qui assiste à l'accouchement d'une femme inconnue qui meurt en couches. Elle n'a sur elle que son journal, écrit en russe, et la carte d'un restaurant. A partir de ces éléments, Anna va tenter de retrouver la famille de l'enfant. Mais la mère était une prostituée exploitée par la mafia russe locale. Or, le fameux journal raconte les tortures qu'elle a subit et donne le nom de ses tortionnaires. Les mafieux russes, sous leurs airs policés, vont alors tenter de remettre la main sur le carnet… de gré ou de force.
Les Promesses de l'Ombre est bien plus riche que ne le laisse penser son synopsis de film noir classique. Si par certains aspects, le film peut rappeler les classiques du genres des années 50-60, vous n'y verrez pas des hommes en imperméable se tirer gentiment dessus sans qu'une goutte de sang de coule. Dans les Promesses de l'Ombre, la violence y est crue, terriblement réaliste et secoue bien fort le spectateur dans son fauteuil. Mais elle n'est jamais gratuite, le réalisateur ne s'y attarde pas, ce n'est pas un film d'action où Bruce Willis flingue à tout va. Non, on assiste à des éclairs de violence peu nombreux et brefs, mais d'une force incroyable et qui marquent durablement.Mais Les Promesses de l'Ombre, c'est surtout une étude très profonde de ses personnages. Le film n'est jamais manichéen et les personnages sont souvent pas bien plus complexes que ce que l'on croit au premier abord. Certes, certains sont des monstres, de terribles monstres, mais le film montre également leur humanité. Le choc n'en est que plus fort, la monstruosité d'autant plus dérangeante, surtout que jamais le film ne donne d'excuses aux exactions commises par les personnages.
Comme je l'ai dit plus haut, David Cronenberg est un des maîtres de la direction d'acteurs. Et pour Les Promesses de l'Ombre, il a rassemblé un quatuor d'acteurs qui livrent ici une performance rare. L'osmose entre le réalisateur et son casting est saisissant et contribue énormément à la réussite de ce film.Honneur aux dames, avec Naomi Watts. A l'instar de Jodie Foster, elle n'a jamais choisi des rôles faciles ou inintéressants. A 40 ans, son talent atteint ici sa plénitude, dans ce rôle de femme à la fois forte et fragile, qui fait face à une situation qui la dépasse mais face à laquelle elle refuse de baisser les bras. Elle joue juste et apporte une bonne part de sa crédibilité au film.
Armin Mueller-Stahl est un acteur allemand que l'on avait plutôt l'habitude de voir dans des séries B. Il tient ici un rôle clé, qu'il interprète avec le plus grand des talents. Il est parfait aussi bien dans la froideur monstrueuse que dans la bonhomie de grand-père paisible. Il passe de l'un à l'autre avec la même réussite et contribue fortement à la noirceur dérangeante de ce film.Pour une des premières fois de mon existence, je vais dire du bien de Vincent Cassel. Certes, il est peut-être le seul du casting à en faire un tout petit peu trop, mais c'est très léger. Et puis cela est aussi de la nature de son personnage, gangster chien fou, frôlant souvent l'hystérie. Le contraste avec la froideur et le calme effrayants de son père est saisissant et met en exergue le caractère de chacun de ces deux personnages et, par la même occasion, le malaise qu'ils provoquent chez le spectateur.
Enfin, le meilleur pour la fin… Et quand je dis, le meilleur, le mot est faible. Déjà fantastique dans History of Violence, Viggo Mortensen est ici littéralement fabuleux. En dire trop sur son personnage serait un crime, tant c'est lui, avec son évolution, ses surprises et ses contradictions, qui porte le film sur ses épaules. Comment le cinéma a-t-il pu ignorer un tel talent aussi longtemps ? Tous les amateurs de cinéma ne peuvent que remercier Peter Jackson encore et encore pour en avoir fait son Aragorn. Dans Les Promesses de l'Ombre, il livre un des scènes les plus fantastiques de l'histoire du cinéma… une scène dans un sauna qu'il interprète entièrement nu… Ah là, je vois les yeux de mon lectorat féminin qui s'allument…Plus sérieusement, à l'heure de bilans et des rétrospectives de cette fin d'année, on peut attribuer aux Promesses de l'Ombre le titre tout à fait mérité de meilleur film de l'année.
Le même soir que les Promesses de l'Ombre, j'ai vu Once dans la foulée.... C'est ce qui s'appelle passer d'un extrême à l'autre... car Once est une comédie musicale.
Enfin comédie musicale, le terme n'est pas très bien choisi. En effet, si ce film recèle de nombreuses chansons jouées dans leur intégralité, vous ne verrez pas des gens se mettre à chanter pour se dire bonjour ou acheter leur baguette chez le boulanger. Non, Once est un film sur des musiciens qui ont donc souvent l'occasion de chanter. Ce film plaira donc à tous les amateurs de musique au delà des fans de Chantons sous la Pluie, West Side Story ou autre Hairspray.
De plus, si Once est une belle histoire, elle n'est pas une bleuette comme l'est souvent ce type de film. Il raconte la rencontre de deux personnages un peu paumés, qui traînent avec eux le poids de leurs histoires d'amour récentes, qui ne se sont pas tout à fait terminées par un "ils se marièrent et eurent beaucoup de morveux." Ils sympathiseront grâce à leur amour commun de la musique, qui leur permet d'exorciser leurs peines et leurs frustrations.Once est un film qui à première vue ne paye pas de mine, mais qui possède nombre de qualité hors du commun. Unanimement salué par la critique, ce film à un je ne sais quoi d'enthousiasmant qui...enthousiasme...ce qui est assez logique me direz vous ! Ah quoi cela tient-il... je dirai à la magie du cinéma... Ok, ok, j'ai compris, je ne vais pas m'en tirer comme cela, alors je vais développer un peu.
Evidemment, un film musical ne pourrait être réussi sans une bonne musique. Ici, on nage dans un univers pop-folk, entre Dylan et Cat Stevens. Toutes les chansons sont un peu dans le même style, mais suffisamment réussies pour que l'on attende toujours la suivante avec impatience. Mais la plus grande force de ce film, comme je l'ai évoqué plus haut, c'est la manière dont les chansons s'intègrent de manière naturelle à l'histoire, ce qui est très rare, et donc très original. Du coup, on assiste à la fois à une comédie musicale et à la fois à une histoire à laquelle on peut croire complètement.La manière assez incroyable dont on rentre dans ce film tient également au talent des deux acteurs principaux. Comme la réalisation, leur performance est sobre. Les personnages qu'ils interprètent sont plutôt réservés, quelque peu blessés par la vie et n'aurait pas été crédibles si les acteurs s'étaient adonnés à un cabotinage.
On peut d'autant saluer le talent de Glen Hansard et Markéta Irglová puisqu'ils cumulent le statut d'acteurs principaux et de compositeurs des musiques... Réussir ainsi sur deux talbeaux n'est pas donné à tout le monde !Bref, une histoire simple, mais un talent immense, ce qui suffit à faire de Once un (presque) grand film !
19/11/2007 : Un film comme on aimerait en voir plus souvent !

Le cinéma français s'est longtemps refusé à raconter l'histoire contemporaine de notre pays, surtout quand elle est douloureuse. Mais les choses sont en train de considérablement évoluées. Il y'a eu bien sûr le succès
amplement mérité d'Indigènes, mais on peut citer également L'Ivresse du Pouvoir
de Chabrol ou bien le Promeneur du Champs de Mars. On ne peut que se réjouir de ce phénomène nouveau, surtout quand il aboutit à des réussites aussi remarquables que
l'Ennemi Intime.
Ce film nous plonge au cœur de ce que l'Etat français a longtemps nié être une guerre, à savoir la guerre d'Algérie. Le lieutenant Terrien, interprété par Benoît Magimel, prend son poste en plein terrain "ennemi". Il est encore habité d'un idéalisme humaniste qui va vite être mis à mal par les réalités du terrain et ses hommes depuis longtemps désabusés.
L'Ennemi Intime n'est pas un film de guerre mais un film sur ses protagonistes. Pas de scènes de combats spectaculaires, même si le film est loin d'être dénié d'action. Mais le récit se focalise toujours sur ce que ressentent ceux qui se trouvent au
cœur de celle-ci. La violence du conflit est montrée de manière crue et sans fard. On saisit l'horreur et l'angoisse quotidiennes dans lesquelles ces soldats étaient plongés.
Le tout est porté par une réalisation remarquable. Elle colle toujours au ton du récit. Elle ne tombe jamais dans l'excès. Les scènes de combat sont rythmés, sans jamais tomber dans
le caméra à l'épaule qui donne envie de vomir, sans qu'on ne comprenne rien à ce qui se passe. Bref du travail d'orfèvre qui ne nuit pas à la gravité du sujet, tout en préservant le spectateur de l'ennui.
Et bien sûr, tout ceci n'aurait rien donné de bon si les acteurs n'avaient pas été au niveau. Un film centré sur les personnages et leurs émotions nécessite forcément un casting de tout premier choix. Et celui de l'Ennemi Intime l'est ! Il me pousse même à dire du bien de Benoît Magimel... ce qui est un évènement particulièrement rare et exceptionnel ! Son rôle était particulièrement difficile puisque le scénario est centré sur l'évolution de son personnage. Mais il a su interpréter avec le même talent tous les états par lesquels passent le Lieutenant Terrien.
Mais la vraie star du film reste Albert Dupontel ! Il éclabousse le film de son talent et confirme après
Fauteil d'Orchestre qu'il est un des meilleurs acteurs français, et un des plus complets !
L'Ennemi Intime se caractérise également par la qualité impressionnante de tous les seconds rôles qui peuplent ce film. A ce niveau là...
on dirait presque un film américain !
Cependant, L'Ennemi Intime est bien un film français ! Avec toutes les qualités que cela impliquent (profondeur du sujet, qualité de l'interprétation) mais sans les défauts (manque de rythme, absence d'ambition visuelle). Bref, un vrai bon film comme on aimerait en voir plus souvent !
19/11/2007 : Pas zéro, mais décevant

Selon l’humeur dans lequel on se trouve, deux mots viennent à l’esprit pour qualifier l’Heure Zéro. Sympa ou médiocre… On peut être indulgent avec ce film distrayant mais inégal, ou alors sévère avec ce film qui caractérise à lui seul tous les maux qui frappent souvent les films français.
L’Heure Zéro est l’adaptation du roman du même nom, signé Agatha Christie. Ne nous vous attendez donc pas à un scénario original et moderne. Il s’agit d’un film policier dans le plus pure tradition du genre, mais évidemment, vu l’auteur, de grande qualité. Rebondissements, surprises qui se succèdent en même temps que les soupçons se portent sur l’un ou l’autre des protagonistes, avant, évidemment, la révélation finale, obtenue par un inspecteur de police perspicace. Pas de surprise donc à ce niveau là, et pas de reproches à formuler non plus.
Là où le bât blesse, c'est au niveau de la réalisation et de l'interprétation. Certes, cette dernière rassemble une belle brochette d'acteurs de premier plan. Mais la plupart joue sans conviction, pas aidé il est vrai par le manque de souffle de la mise en scène. On a parfois l'impression d'assister à une pièce de théâtre d'une MJC de banlieue... Ok, j'exagère un tantinet là, mais franchement la plupart des interprètes sont loin de ce que leur talent nous promettait. Heureusement, François Morel est lui excellent et sauve presque à lui seul tout le film. Il est aidé pour cela par Paul Minthe et Valeria De Villeneuve, absolument géniaux dans leur rôle de domestiques espiègles.
Mais quand les acteurs sont décevants, on peut considérer que c'est la direction du réalisateur qui est défaillante. Les responsabilités des uns et des autres sont parfois durs à déterminer, mais vu le manque de rythme de la réalisation, on peut reprocher à Pascal Thomas de n'avoir jamais maîtrisé son sujet. Evidemment, on ne réalise pas l'adaptation d'un Agatha Christie comme Matrix, mais classissisme n'est pas forcément synonyme de mise en scène plan-plan. L'Heure Zéro manque cruellement de créativité. Les personnages sont souvent hauts en couleur, mais jamais leur grain de folie ne donne la moindre fantaisie jubilatoire au film. Pas d'étincelle, rien d'enthousiasmant.
Malgré ces reproches, ne croyiez pas non plus que L'Heure Zéro soit désagréable à regarder. On passe un bon moment, comme peut nous en faire passer... un téléfilm. Payer une place de cinéma pour un tel spectacle peut par contre laisser l'impression d'avoir quelque peu gâché son argent ! Bref, un soir de pluie, dans son canapé, ce film peut se laisser regarder, sans laisser une grand souvenir. Il y'avait pourtant moyen de faire beaucoup mieux. Mais le manque total d'ambition de la réalisation qui s'est contenté du minimum syndical n'a pas permis au potentiel de l'intrigue et de la distribution de s'exprimer pleinement.
04/11/2007 : L'action n'est pas toujours là où on le croit

Si la vedette de ce film est bien sûr Brad Pitt, il n'en est pas vraiment le personnage principal. En effet, ce film conte bien plus la vie de Robert Ford, interprété par Case Affleck, que celle du bandit le plus célèbre de l'ouest. Cependant, les deux personnages sont particulièrement fouillés et offrent une vision originale, et très certainement bien plus réalistes que les westerns classiques, de ce que furent les outlaws de la fin du 19ème siècle aux Etats-Unis. Ici pas de scène d'action ou de fusillades spectaculaires, mais une rencontre avec deux hommes complexes au destin étonnant.
Casey Affleck est la vraie révélation de ce film. Son personnage était extrêmement dur à interpréter, car ambigu et complexe. Ce n'est ni un méchant, ni un gentil. La prestation de l'acteur est remarquable et c'est un point essentiel de la réussite de ce film. Sans cela, le personnage n'aurait pas été crédible et c'est tout l'intérêt du scénario qui se serait écroulé. Mais on croit du début jusqu'à la fin à ce personnage torturé entre son admiration pour ce personnage légendaire et la peur qui lui inspire. Amour et haine se mélangent, respect et ambition personnelle se chevauchent. Les dilemmes internes du personnage sont parfaitement retranscrits sans que cela ne plombe jamais l'intérêt du film.Le suspense est un suspense psychologique, mais un vrai suspense qui n'a rien à envier à n'importe quel suspense situationnel. Certes, on connaît dès le départ où conduiront les états d'âme du jeune Robert Ford, mais le cheminement qu'il prendra reste indéterminé jusqu'au bout.
En face de lui, se dresse la figure de Jesse James. Sa légende veut qu'il volât aux riches pour donner aux pauvres, ce qui lui conféra une large popularité. Le portrait que dresse ce film rétablit bien sûr la vérité sur ses vraies motivations. Mais elle décrit surtout un homme en proie également à de grandes contradictions, tiraillé entre son statut de bandit sans foi ni loi et son statut de héros. Ses hommes le craignent autant qu'ils l'aiment, ce qui le pousse à se méfier d'eux sans jamais trouver la sérénité. L'interprétation de Brad Pitt est en tout point remarquable, superbe de sobriété, mais on n'en attendait pas moins d'un acteur de sa trempe.Le tout est porté par une réalisation également superbe. L'ambiance visuelle est magnifique, traduisant parfaitement la mélancolie dans laquelle baignent les personnages. Les grands espaces pourraient inspirer calme et sérénité, mais on sent à chaque instant que les personnages qui les peuplent sont en proie à une tension dont ils se sentent prisonniers. Le travail de photographie remarquable y contribue fortement, comme la superbe musique signée Nick Cave.
Bref, un film long, mais dont la longueur se justifie par sa richesse. Il est plus intense que beaucoup de films qui se disent d'action ! Cette dernière peut prendre bien des formes et L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford nous en offre un des formes les plus remarquables.02/11/2007 : A voir en perspective

Woody Allen achève sa trilogie londonienne avec Le Rêve de Casssandre, après Match Point et Scoop. Cette fois-ci, pas de Scarlett Johanson. Dommage ! Mais bon, on retrouve un casting inhabituel pour un Woody Allen puisque les deux principaux protagonistes sont interprétés par Collin Farell et Ewan McGregor.
Le Rêve de Cassandre raconte les mésaventures de deux frères, légèrement loser sur les bords, qui se retrouvent avec soudainement un besoin pressant d'argent. Ils font appel à leur oncle Howard, le modèle de réussite de la famille. Cependant, ils découvriront à cette occasion que les affaires de leur oncle ne sont pas si honnêtes que cela. Il accepte de les aider, mais le prix à payer par les deux frères sera lourd à payer.
Ce film a été plutôt accueilli fraîchement par la critique. Il est vrai que le film en lui-même est loin d'être le plus marquant de la carrière de Woody Allen. L'intrigue n'a rien d'extraordinaire. Elle est filmée avec talent, mais sans génie. Bref, si on ne s'ennuie jamais, on en ressort pas baigné d'enthousiasme. Par contre, le film prend tout son intérêt si on le replace dans le cadre de la trilogie dont il fait partie. Réflexion sur l'ambition, sur les frontières morales que l'on est prêt à franchir pour réussir, cette oeuvre en trois volets démontrent à quel point tout ne tient qu'à un fil pour basculer du succès et l'impunité à l'échec et la culpabilité. La conclusion du Rêve de Cassandre diffère de celle des deux autres films et enrichit ainsi fortement cette trilogie.
De l'interprétation, on retiendra surtout la performance de Colin Farell, qui livre certainement là une de ses meilleures prestations. Il est bien plus crédible en joueur invétéré alcoolique qu'en Alexandre en tout cas. Remarquez pour le coup, ce ne fut pas non plus très difficile. Ewan McGregor est égal à lui-même. Un sourire ravageur mais un talent d'acteur limité. Mais bon, il nous avait habitué à pire ! Un mot enfin sur Tom Wilkinson, qu'on a vu récemment dans Michael Clayton et qui confirme qu'il est un des tous meilleurs second rôle du marché.
Un mot enfin sur la réalisation de Woody Allen qui reste d'un grand classicisme. Pas d'effets visuels spectaculaires, que de la sobriété. Du coup, les faiblesses du scénario apparaissent au grand jour, mais on ne va plus changer le style du maître New-yorkais. Il est au service de ses scénarios et des ses acteurs. La plupart du temps, on ne s'en plaint pas. Là, Le Rêve de Cassandre nous laisse un peu sur notre faim. Mais bon, vu la productivité du bonhomme, on aura pas trop à attendre avant d'être rassasié.
01/11/2007 : Je n'aime définitivement pas Gus Van Sant !

Paranoid Park est un film sur l'adolescence. Il narre l'histoire de Alex, jeune lycéen passionné de skate-board qui tue un soir par accident un vigile. Mais ce film n'est en rien un film policier. C'est un film sur l'univers mental d'un adolescent, sur la culpabilité et la responsabilité. Ce film est totalement psychologique et l'intrigue est réduite à portion plus que congrue. Il ne se passe à vrai dire rien !
J'ai lu plusieurs fois que Paranoid Park est un film impressionniste. Franchement, je ne vois pas ce que Monet vient faire là dedans. Non, Paranoid Park est un film filmé au ralenti... au sens propre ! Comme dans Elelphant, le réalisateur abuse de cette technique, ce qui est rapidement lassant. Certains crient au génie, je trouve personnellement que cela tient plus de l'esbroufe que du talent. En tout cas, ceux qui aiment voir des adolescents faire du skate au ralenti seront ravis... Les autres, ce qui correspond tout de même à une large majorité de la population, auront plus de mal à trouver leur bonheur.Evidemment, quand vous êtes filmés au ralenti, sans dialogue donc, vous avez bien du mal à vous mettre en valeur. Il est donc difficile de dire grand chose de l'interprétation. Le jeune Gabe Nevins ne s'en sort pas trop mal, mais on aimerait le revoir dans un rôle un peu plus intéressant. Un mot d'encouragement également aux jeunes Lauren McKinney et Taylor Mornsen que l'on aura plaisir à revoir.
Vous l'aurez compris, ce film m'a plongé dans un ennui profond, partagé par une partie de la salle, vu les départs en cours de route et les commentaires de mon voisin. J'admets que ce film est un côté conceptuel qui fait que l'on accroche ou l'on accroche pas, mais j'ai du mal à saisir en quoi l'abus de ralenti est un concept intéressant.En tout cas, à la sortie du prochain Van Sant, je m'abstiendrai d'aller le voir.
30/10/2007 : Sans défauts... ni qualités !

Malheureusement, je serai nettement moins élogieux que certains avis que j'ai pu lire. Mais reconnaissons tout de même une grande qualité à ce film, alors que la bande-annonce laissait présager le pire, le film n'est pas du tout lourd. Il y'a peut-être un rôt qui traîne, mais on est loin de l'humour potache que l'on aurait pu le craindre. Ce film est une vraie comédie des mœurs, bien plus situationnelle que visuelle. Il n'a rien d'un American Pie et se rapproche plutôt d'un 9 mois.
Ce film raconte donc la rencontre d'une jeune présentatrice de télévision belle comme le jour et d'un type un peu paumé, bedonnant et légèrement obsédé sur les bords. L'alcool aidant, tout cela se finit à l'horizontale. Mais ce qui devait rester un accident sans lendemain se transforme en histoire au long court puisque la jeune fille en question tombe enceinte.La suite n'est pas dure à deviner. Ils découvriront qu'au delà des apparences, ils ont tout deux un cœur d'or qui leur permettra de s'aimer malgré leurs différences. Un des ressorts comiques principal est d'ailleurs le décalage entre les deux personnages qui n'appartiennent pas du tout au même monde. Cependant, il faut reconnaître qu'il n'est pas non plus surexploité, ce qui évite le piège du convenu et du lourdingue.
Mais à force d'éviter de tomber dans le premier degré, le film oublie parfois d'être drôle. Du coup, il recèle un certains nombres de longueurs et donne parfois l'impression de tourner en rond. Certes la description des personnages les rend fort attachants et donne une petite touche d'émotion à l'histoire. Mais le manque de rythme et de peps empêche le film de vraiment décoller. Bref, les auteurs en évitant les pièges les plus évidents, ont oublié l'essentiel.Un mot enfin sur l'interprétation. Il sera bref car elle n'a vraiment rien d'exceptionnel. Les acteurs jouent juste mais sans jamais transcender leur rôle. Seul Paul Rudd, que les fans de Friends reconnaîtront, tire son épingle du jeu, en beau frère faussement blasé.
Bref un ensemble qui a évité tous les défauts inhérents au genre... mais qui a oublié également d'en développer les qualités.23/10/2007 : On choisit ses copains, mais rarement sa famille

Rassurez-vous, en écrivant cela, je n'ai pas révélé grand-chose du film. Tous ceux qui ont vu la bande-annonce sont déjà au courant et le décor est très vite planté. Les personnages aussi semblent vite bien cernés. D'un côté, Andy, la tête pensante, possédant la réussite et le sang-froid. Et l'autre, Hank, le loser, criblé de dettes, légèrement alcoolique à ses heures.
Tout l'intérêt de 7h58, ce Samedi-là (traduction de Before the Devil Knows you're Dead… va comprendre Charles !) repose sur l'évolution de l'image que l'on se fait des personnages. Très vite la première impression laisse apparaître une complexité et une profondeur insoupçonnées. Les personnages en perdant le contrôle de la situation perdent aussi le contrôle de l'image qu'il souhaite donner. Le vrai visage des protagonistes se révèle et la vérité est rarement idyllique.7h58, ce Samedi-là est un film sur les rapports familiaux, de ses non-dits, de ses pesanteurs. On reste loin d'un Festen tout de même, mais ce film me fait dire que je n'ai quand même pas à me plaindre de relations que l'on peut avoir dans ma famille. Cet aspect représente réellement l'intérêt principal du scénario puisque cette histoire de braquage qui tourne mal ressemble à celle de beaucoup de films. L'incident n'est qu'un prétexte à une description psychologique des personnages et de leurs relations, qui, elle, est beaucoup plus originale et réussie.
Et qui dit, film de personnages, dit forcément film d'acteurs. 7h58 met en vedette deux valeurs sûres d'Hollywood, dont le talent dépasse malheureusement de loin la notoriété, à savoir Ethan Hawke et Philipp Seymour Hoffman. Le premier est parfait en loser pathétique. Il en fait un peu trop parfois niveau mimiques, mais la performance d'acteurs est à souligner. Le second, la vraie star du film, est parfait aussi bien dans les moments où son personnage semble froidement tout contrôler que lorsque tout s'écroule autour de lui et qu'il ne sait plus comment s'en sortir.Le tout est enrobé d'une mise en scène soignée, signée Sidney Lumet, qui a toujours la forme à 83 ans ! On soulignera avant tout le travail de montage, sous forme de flash-back et de narrations parallèles, chacune centrée sur un personnage. Le récit n'en souffre pas, niveau clarté, tout en laissant toute liberté au réalisateur de nous révéler que progressivement la vraie facette des protagonistes.
Cependant, 7h58, ce samedi-là ne dépassera pas le stade du très bon exercice de style. Le talent est là, l'intérêt aussi, manque juste la petite étincelle qui provoque réellement l'enthousiasme.Les biographies musicales sont un genre très en vogue en ce moment. Si les années 90 avaient produit The Doors, les cinq dernières années nous ont livré Ray, Dreamgirls, Walk the line, La Môme et autre Last Days. Le dernier né de cette série est Control, narrant la vie de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division.
Pour les plus jeunes d'entre nous…dont moi, Joy Division est un group punk-rock, tirant sur le gothique, né à Manchester à la fin des années 70. Sa carrière fut courte, mais assez marquante pour fonder un mythe, et s'acheva en mai 1980 par le suicide de leur leader, le poète désormais maudit, Ian Curtis. Control raconte son histoire.
Le succès, la drogue, l'alcool, les relations extra-conjugales, la mort pas suicide, Ian Curtis a eu un vrai destin de rock star… Un peu trop même, ce qui rend le film très prévisible. Certes, on découvre la complexité du personnage, le contexte particulier qui a entouré le groupe, qui n'a en fait jamais connu un succès leur permettant de se vautrer dans le luxe. Control raconte une histoire de rock star originale… mais cela reste une histoire de rock star.Evidemment, tous les fans du groupe, ou même tout curieux de l'histoire du rock, suivront ce film avec le grand intérêt qu'il mérite. Les autres le suivront d'un oeil discret et frôleront même l'ennui parfois. Certes, le performance de Sam Riley, qui rentre totalement dans la peau de son personnage, est formidable. Mais, ce genre de mimétisme est à la mode. Jamie Fox dans Ray, Marion Cotillard dans La Môme ou encore Forest Withaker dans Le Dernier Roi d'Ecosse ont rendu ce genre de performance presque banal…
Quant à la forme, elle est certes soignée mais là encore, rien de très nouveau sous le soleil. L'emploi du noir et blanc se justifie vu l'ambiance générale du film et apporte une vraie esthétique. C'est beau, c'es propre, c'est net. Rien à dire, mais rien ne méritant de hurler au génie non plus. Enfin, ce que je viens de dire n'est pas une critique, je veux juste dire que si le sujet n'intéresse pas vraiment, Control risque de laisser le spectateur passablement indifférent.Personnellement, ce film a éveillé ma curiosité, je suis content de l'avoir vu, mais je dois avouer qu'il ne restera pas graver à jamais dans ma mémoire. Je dois tout de même admettre qu'il m'a donné envie de mieux connaître la musique de Joy Division que je ne connais que de loin. Ce film m'aura au moins servi à ça…
21/10/2007 : Si seulement, il n'était que beau...

Bonjour, cher lecteur. Non, non, je ne faisais pas la grève du cinéma, c'est juste que je suis actuellement un homme très occupé et je n'ai pas pu y aller pendant plus de deux semaines, évènement effectivement rarissime. Et quoi de mieux pour se remettre dans le bain cinématographique que la classe faite homme, le beau brun qui plaît aussi bien à ma grand-mère que ma petite sœur, à savoir George Clooney actuellement à l'affiche de Michael Clayton.
Ce qu'il y'a de bien avec un acteur comme le beau George, c'est qu'on sait à l'avance qu'au moins, on assistera à une grande performance d'acteur. Ce n'est pas donné à tout le monde de faire d'une machine à expresso un objet de culte... Ses fans ne seront pas déçus par Michael Clayton qui restera sûrement un des rôles majeurs de sa carrière.
La portée "politique" de ce film rappellera Syriana à beaucoup. On retrouve la volonté de l'acteur de s'investir dans des projets qui ont du sens et son proches de ses convictions pour lesquelles il milite activement. Cette fois, il s'attaque au monde de la justice où les meilleurs avocats sont prêts à défendre n'importe quelle cause pourvu que les clients payent, quitte à employer les moyens les plus contestables. Les méchants de service ici sont une entreprise du monde de la chimie dont les expériences ont provoqués de nombreux cancers chez les fermiers alentour... Oui, je sais, ça ressemble comme deux gouttes d'eau à Erin Brockovich.
Cependant, les deux personnages sont forts différents. Si celui interprété par Julia Roberts était une idéaliste un peu hippie, Michael Clayton est un homme qui ne s'interroge jamais vraiment sur la justesse de sa cause. Enfin, jusqu'à ce que... Allez, je ne vais pas vous raconter le film. En tout cas, on ne peut que souligner la profondeur du personnage qui donner une réelle épaisseur au film. La frontière entre les méchants et les gentils est toujours un peu floue. Certes, la fin tombe un peu dans le manichéen mais l'histoire est assez jalonnée de drame pour que l'on s'autorise un petit sourire à la fin.
Même si George Clooney crève l'écran qu'on oublie un peu tout le reste, il n'est pas le seul artiste dont on se doit de souligner le talent. Le réalisateur Tony Gilroy est aussi à féliciter. Pour un premier film, c'est largement une réussite. Certes, il est loin d'être un jeunot mais s'était cantonné pour l'instant dans le rôle de scénariste (la série des "Dans la Peau" notamment). La photographie est soignée, avec un vrai style et la narration est rythmée et surtout claire, malgré la complexité de l'intrigue. Il s'est peut-être un peu trop reposé sur le talent de George Clooney pour que Michael Clayton devienne réellement un vrai chef d'œuvre. Mais bon, on a connu pires débuts.
On notera aussi les performances de Tom Wilkinson, éternel second rôle toujours aussi talentueux, et celle de Tilda Swinton, magnifique dans son rôle d'avocate qui sombre face à une situation qu'elle n'arrive pas à contrôler.
Michael Clayton est objectivement un bon film, bien réalisé, bien interprété, intéressant, épais. Il lui manque cependant la petite étincelle de créativité qui a fait d'Erin Brokovich un film culte. Cependant, n'hésitez pas à aller vous pâmer devant le beau Geroge. Il le vaut bien...
27/09/2007 : Un peu de navet ? Vous reprendrez bien un peu de navet ?

Le principal (et seul) intérêt de La
Dernière Légion réside dans la présence à l'écran de Aishwarya
Rai, ancienne Miss Monde et pour moi la plus femme vivante sur cette Terre (même
si je ne les connais pas toutes...). En plus, de tout le casting, c'est elle de
loin qui s'en sort le mieux... Il faut dire qu'elle ne peine pas !
Car la Dernière Légion est une histoire de catastrophe. Je ne
parle pas ici de la Chute de l'Empire Romain, toile de fond de cette histoire
sans intérêt d'épée légendaire, de prophétie et de druide
prestidigitateur. Je parle de tout le reste. Bon, passe encore le scénario de série
B. On était pas venu voir non plus un film profond et subtil.
Non, on voulait des scènes de batailles dignes des plus grands péplums... On
se retrouve avec une dizaine de clampins filmés en plan serré pour essayer
vaguement de donner une impression de foule. Quand aux combats au corps à
corps, on a fait beaucoup mieux et ils ne sont pas crédibles une seconde.
Ensuite, les décors... Heureusement qu'il y'a quelques extérieurs... Parce que
tout ce qui a été recrée en studio ressemble au décors d'un film à petit
budget des années 60. Ca sent le carton pâte à plein nez. Sauf que 40 ans
plus tard, ça fait un peu pathétique... Mais bon, cela est en parfaite
harmonie avec une réalisation plate sans imagination aucune.
Mais le pire, réside tout de même dans l'interprétation. Il faut dire que les
acteurs ne sont pas aidés par des dialogues qui feraient passer Georges Lucas
pour Michel Audiard. Mais qu'ont été faire Colin Firth et "Sir" Ben
Kingsley dans cette galère ??? Ils sonnent faux, n'ont pas l'air une seconde de
croire à leur personnage ridicule dans un décor qui fait pitié. Mais la palme
du pathétique revient à ce pauvre Kevin McKidd, que l'on avait tant aimé dans
la série Rome et qui là se retrouve
affublé d'un rôle de barbare qu'il interprète...comment dire...je vais
essayer de ne pas être trop méchant... de manière involontairement risible.
Bref La Dernière Légion est un vrai navet des familles, comme on
en voit rarement. C'est même pas assez nul pour être vraiment drôle. A la
sortie de ce film, je me suis dit que dans c'est dans ces moments-là qu'on est
content d'avoir une carte UGC… Enfin il y'avait quand même Aishawa…
S'il y'a le bon et mauvais chasseur, il y'a aussi
le bon et le mauvais navet. Je sais à première vue, ça a l'air un peu
antinomique un "bon navet", mais pas du tout. Shoot 'em Up
en est un parfait exemple. C'est du n'importe quoi du début jusqu'à la fin,
mais ce n'importe quoi est voulu, le spectateur a exactement ce qu'il est venu
chercher.
Donc si vous aimez les fusillades improbables, les échanges de tirs qui défient
les lois de la physique, les combats à 1 contre 100 et les méchants qui visent
mal et lentement, alors Shoot'em Up est vraiment fait pour vous
!!!
Le scénario... quel scénario ? Ah oui, le prétexte aux échanges de coups de
feu. Bon bah, c'est l'histoire d'un mec qui attend le bus en mangeant une
carotte (très important la carotte, faut voir le film pour comprendre), qui
voit une femme enceinte passer devant lui poursuivie par un tueur. Et comme il
est plutôt gentil sous ses airs grognons, il décide de la sauver... Il est
loin de se douter dans quoi il s'embarque...
Il serait amusant de compter combien de personnes Clive Owen tue dans ce film.
On doit allégrement dépasser la centaine. Evidemment, le fait qu'aucun d'entre
eux n'arrive à viser assez bien pour tueur notre héros et fort improbable,
mais bon, en plus de la physique, Shoot'em Up défie aussi souvent
les probabilités.
Il résulte de tout ça un vrai délire visuel, une vraie énergie qui entraîne
le spectateur avec lui. Bien sûr, il faut prendre le tout au 2ème, 3ème voire
15ème degré mais si c'est le cas, vous passerez assurément un agréable
moment. La réalisation colle tout à fait avec l'ambiance du film. On est pas
loin du clip vidéo, surtout que la musique, très rock, est omniprésente. Mais
les plans font généralement plus de 1 seconde et on ne ressort pas avec un mal
de tête et une épilepsie naissante.
Mais ce qui fait fonctionner le film, ce sont surtout les acteurs qui jouent
leur rôle à fond et ont l'air de s'éclater. Je passerai vite sur Cilve Owen
qui à part son regard de tueur possède un jeu quelque peu limité. Monica
Belluci use de tout son charme dans un rôle de prostituée sexy au possible. La
vraie star du film, c'est Paul Giamatti, absolument génial dans son rôle de
tueur désespéré par la capacité de survie surhumaine de son adversaire.
Bref, c'est pas du Kubrick, mais Shoot'em Up pourra vous faire
passer un bon moment un jour où vous aurez décidé de renoncer à toute réflexion.
Un navet qui a du goût donc !
19/09/2007 : Le talent dans la peau

Bon, le titre est un peu exagéré, mais je
trouvais le jeu de mots joli... Je ne suis pas franchement fan de la série des
"Dans la peau". Les deux premiers m'avaient un peu déçu. Une déception
relative puisque c'est plus les commentaires très flatteurs que les deux films
avaient reçu à leur sortie et que je n'avais pas partagé qui m'avaient déçu
que la qualité des films eux-mêmes. J'ai donc essayé d'aller voir La
Vengeance dans la Peau sans à priori et je dois avouer que, sans crier
au génie, c'est le film de la série que j'ai préféré.
Pour résumer, Jason Bourne est au cinéma américain, ce que XIII est à la BD
franco-belge. Un homme incroyablement doué pour le combat et l'espionnage mais
qui ne se rappelle rien de son passé. Il poursuit donc une inlassable quête à
la recherche de ce dernier, pourchassé par ses anciens employeurs qui n'ont
cesse d'essayer de le faire disparaître définitivement. Mais voilà, il est
super balèze le Jason ! Indestructible même ! Il vous ressort d'une voiture
qui vient de s'écraser avec une grande violence avec juste une petite éraflure...
Evidemment, la crédibilité du scénario n'est jamais le fort de ce genre de
film. Ce qui compte ici, c'est l'action, le suspense et le rythme de narration.
Le spectateur doit se laisser emporter par l'histoire en réfléchissant mais
pas trop. Et de ce point de vue là, le film marche parfaitement. De plus, le scénario
réussit le prodige d'être compréhensible et clair, même pour ceux qui n'ont
pas vu les deux précédents, chose rare dans les films basés sur les
flash-backs et les complots.
Le film repose en grande partie sur les épaules, plus solides à chaque rôle,
de Matt Damon, qui démontre ici qu'il est en train de devenir une des stars
phare d'Hollywood. Son jeu mêle cascade, bagarres et poursuites en voitures
avec un jeu d'acteurs très convaincant. Le personnage de Jason Bourne est un
personnage complexe dont l'intérêt n'est pas effacé par le déluge
pyrotechnique et le rythme effréné de la narration.
Tout le reste est quelque peu éclipsé par la classe de Matt Damon. La réalisation
est efficace comme peut l'être la réalisation d'un film hollywoodien à gros
budget. Cependant, au delà de la qualité de l'acteur principal, elle insuffle
ce petit supplément d'âme qui fait que ce film restera bien plus longtemps
gravé dans les mémoires que bien de ses compères. Le reste de l'interprétation
est quant à elle au niveau, sans qu'un talent fort n'émerge.
La Vengeance dans la Peau conclut donc en beauté la série. Elle
me donne envie de revoir les deux précédents pour voir ce que donne la saga
pris comme un tout. Je ne doute pas que cela doit encore plus renforcer l'intérêt
de ces trois films.
Je pourrais vous faire la critique de La
Vie d'Artiste façon défense du cinéma français et vous dire que j'ai
beaucoup aimé ce film. Je pourrais au contraire la rédiger façon diatribe
contre ses insuffisances en vous expliquant à quel point ce film va tomber dans
les oubliettes aussi vite qu'il est sorti en salle. Je vais donc essayer de
trouver un juste milieu pour ce film léger que l'on peut tout de même
envisager de regarder un soir à la télé quand on n'a pas envie de faire autre
chose.
Je ne sais pas quels sont les chiffres du box-office pour La Vie d'Artiste
mais hier soir, j'étais à deux doigts d'avoir une séance privé rien que pour
moi... heureusement, du renfort est arrivé juste avant le générique et nous fûmes
donc... deux dans la salle ! Certes, la séance démarrait à 22h, à une heure
où La Défense n'est plus trop fréquentée, mais tout de même, en général
à cette heure là, y'a un minimum de monde dans les salles.
Pour en revenir au film proprement dit, il raconte la vie de trois sympathiques
losers qui rêvent d'une grande carrière artistique : une jeune chanteuse (Emilie
Dequenne) qui gagne sa vie déguisée en hippopotame, un prof de français qui
tente désespérément d'écrire un deuxième roman (Denis Podalydes) et une
actrice dont le rôle de sa vie est le doublage d'un manga (Sandrine Kiberlain).
Nous les suivons à travers leurs espoirs souvent suivis de déceptions, nous
rions du ridicule de leurs ambitions irréalistes, du talent qu'ils se rêvent
plus qu'ils ne possèdent et de la réaction de leur entourage qui ne sait trop
comment les mettre face à la réalité. Il s'agit donc d'une comédie des mœurs,
parfois tendre, souvent un peu cruelle. Le fond de l'histoire voit souvent juste
et on reconnaîtra dans les personnages beaucoup de nous-mêmes et de nos
connaissances.
Le casting est très réussi. Les trois acteurs cités plus haut sont parfaits
dans leur rôle. Pas réellement de performances marquantes mais une grande
qualité, marque de fabrique du cinéma français. On notera aussi la belle
galerie de seconds rôles qui traversent le film, de la belle Aure Atika, au
caustique Stéphane Guillon, dans un rôle de tête à claques qui lui va à
ravir...
Mais autre marque de fabrique du cinéma français qui vient tout gâcher : le
manque de rythme et d'énergie de la réalisation ! Il nous ferait presque
oublier l'intérêt de l'histoire et la performance des acteurs. C'est vraiment
dommage ! De toute façon, La Vie d'Artiste n'aurait pas marqué
l'histoire du cinéma français, mais là, il ne marque même pas l'esprit plus
d'une heure après la sortie de la salle.
15/09/2007 : Vive la sécu !

Michael Moore, poil à gratter de la société américaine,
revient sur nos écrans avec Sicko. On est loin de succès et de
l'impact d'un Bowling for
Columbine ou Farenheit 9/11, mais on retrouve tous les
éléments qui ont fait le succès de ces films. Pourtant, ce film a plutôt été
accueilli froidement par la critique. Mais je trouve que les reproches faits à
Michael Moore sont souvent infondés.
Michael Moore est un pamphlétaire, pas un documentaliste. Sicko
est un pamphlet contre le système de santé américain, pas un documentaire sur
les systèmes de santé à travers le monde. Ce film veut délivrer un message,
vend une idée avec des armes que sont l'émotion et la dérision. Il y'a
parfois de la mauvaise foi, un manque d'objectivité et de profondeur dans le
propos, mais je ne pense pas qu'on puisse réellement le lui reprocher. Cela
fait partie de la construction d'un pamphlet dont le but est de dénoncer et
faire réagir, de porter un message, pas d'informer.
Quand on lit les critiques françaises, on peut lire beaucoup de reproches sur
la manière idyllique dont il présente le système de santé français. Je
pense que ceux qui ont écrits ces lignes n'ont pas épousé le bon point de vue
pour regarder Sicko. Ce film est un film contre le système de
santé américain, pas un documentaire sur notre bonne sécurité sociale. Il
est là pour démontrer qu'il y'a des systèmes infiniment meilleurs que le système
américain dans tout l'Occident, pas pour démontrer qu'aucun système n'est
parfait. De plus, je pense honnêtement, au-delà de toute opinion politique,
que nous considérons notre système de santé comme tellement
"normal", il est tellement ancré dans notre culture, que nous n'en
mesurons pas la qualité. Le regard de Michael Moore apparaît terriblement naïf,
mais c'est le regard d'un Américain pour qui notre système ne représente
absolument pas la norme. Cela se voit lorsque l'on voit les grands yeux étonnés
du réalisateur lorsqu'il "apprend" qu'il existe un congé de paternité...
Bien sûr, il y'a d'autres problèmes sociaux en France, mais je le répète, Sicko
n'est pas un film sur la situation sociale dans notre pays.
Après, il reste l'incontestable talent de Michael Moore pour faire passer son
message. Il manie le passage de l'émotion à la dérision avec une rare maîtrise.
Le spectateur passe du rire aux larmes constamment, choqué par l'absurde
parfois tellement profond qu'il en est risible, mais malheureusement dans ce
cas, terriblement morbide. Michael Moore réussit à faire passer son message
comme si ce dernier était une évidence et le contraire une absurdité. La vérité
est souvent plus nuancée, mais la démonstration reste brillante. Et puis,
cette naïveté faussement spontanée permet aussi de faire ressortir certains
éléments simples, fondamentaux et incontestables qui ont trop tendance à
disparaître sous un nuage de nuances. Rappeler l'évidence, enfoncer quelques
portes ouvertes est parfois salutaire quand visiblement la société semble
avoir perdu le but ultime qui devrait être le sien (ici la santé des
patients).
Sicko est donc un pamphlet, rien qu'un pamphlet et ne cherche pas
à être autre chose. Mais il reste que c'est un pamphlet magnifiquement réalisé,
d'un intérêt incontestable et qui véhicule parfois une très forte émotion.
On peut critiquer le manque de nuance, mais la nuance n'est pas souvent un prétexte
à l'inaction ? Vaste débat...
Jenna a une grande passion dans la vie. Les
tartes et les tourtes (enfin « pie » en anglais, difficilement traduisible) !
Elle les fait d'ailleurs divinement bien. Elle est mariée avec une espèce de
crétin qu'elle déteste. Elle semble coincée dans sa petite vie de serveuse au
fin fond de l'Amérique profonde. Elle met de l'argent de côté en secret et rêve
de s'enfuir. Mais deux personnages vont débarquer dans sa vie et changer
quelque peu ses plans : le beau docteur Potmatter et…le bébé qu'elle porte
dans son ventre.
Waitress est une comédie à la fois romantique, des mœurs,
psychologique… bref difficilement classable. C'est avant tout un film de
personnages tous plus ou moins atteints de folie douce. Galerie jubilatoire de
figures attachantes, dont la concentration dans une si petite bourgade est peu
probable dans la vraie vie vraie, mais qui fonctionne très bien tout de même
à l'écran. Pas de gags hilarants mais quelques éclats de rire ça et là,
mais un sourire constant pour le spectateur.
Le scénario tourne principalement autour de Jenna, magnifiquement interprétée
par la charmante Keri Russel. Sous ses allures de filles un peu tarte (ok, le
jeu de mots est hyper facile et même pas de moi), prisonnière de sa désespérante
routine, se cache une femme qui rêve enfin de vivre la vie qu'elle désire. Réussira-t-elle
à s'émanciper à la fin du film ? Titin ! Le suspense est intense…
Mais elle est loin d'être seule à l'écran. Certes son partenaire, interprété
par Nathan Fillion est un tantinet transparent, mais le reste des seconds rôles
est tout à fait succulent (comme une bonne tarte !). Mention spéciale à ses
deux collègues serveuses, jouées par Cheryl Hines et Gabrielle Shelly (qui est
aussi la réalisatrice soit dit en passant...) avec qui elle forme un superbe
trio. On pourra citer également Andy Griffith en vieux faussement ronchon et
Jeremy Sisto, le mari tête à claques, que les fans de Six Feet Under reconnaîtront.
La réalisation est quand à elle propre, nette et sans bavure. Rien à
reprocher, mais rien sur quoi disserter non plus. On remarquera tout de même la
qualité de la bande-son et le choix des musiques.
Enfin pour finir, un mot sur la qualité culinaire du film… Pour nous Français,
il faut oublier qu'à un moment, Jenna, censée être une cuisinière hors
paire, envisage de faire une quiche au brie… Ah ces Américains…
Bref, rien de génial, mais un petit moment de bonheur léger cinématographique
! Et qui donne faim quand on oublie la quiche au brie…
12/09/2007 : Il faut bien grandir un jour

Bon déjà, pour commencer, frimons un peu en
vous signalant que j'ai vu ce film en avant-première avec la présence de l'équipe
du film. Et puis les réactions des trois blondes devant moi, je peux vous
assurer que Romain Duris est aussi beau en vrai qu'à l'écran.
Après cet intermède people, parlons un peu du film en lui-même. L'Age d'Homme
est une comédie plutôt drôle sur le couple et la peur masculine de s'engager.
Et oui, les filles, vous savez bien que les hommes sont des lâches, d'éternels
gamins irresponsables, vous êtes assez souvent là pour nous le reprocher. Bon,
nous n'allons pas lancer le débat là-dessus, bien qu'il soit passionnant.
Comme souvent dans ce genre de film, les meilleures répliques figuraient dans
la bande-annonce. Du coup, un petit sentiment de déception habite ceux qui,
comme moi, l'avaient vu 653 fois avant de voir le film. Elle m'avait fait très
très envie, laissant penser que le film était très très bien.
Malheureusement, il est juste bien. Du coup, je vais essayer d'être un minimum
objectif et laisser de côté cette déception « parasite ».
Car L'Age d'Homme recèle tout de même de vrais bons moments. Toutes les scènes
ne fonctionnent pas à la perfection, mais certaines provoquent de vrais
fou-rires dans la salle. Le scénario possède une grande énergie et évite les
temps morts, pêché mignon des comédies françaises. Les situations comiques
s'enchaînent, même si elles sont quelque peu inégales.
La réalisation est plutôt originale et créative. La mise en scène des pensées
du personnage est un des éléments les plus réussis de ce film. Illustrées de
façon amusante, elles apportent une touche de fantaisie et d'imaginaire dans un
film bien ancré dans la réalité.
Evidemment, tout dans ce film tourne autour de Romain Duris et de son
personnage. En effet, l'histoire est entièrement focalisée sur lui. Le film
raconte ses interrogations et ses doutes au moment de s'engager dans une
relation à très long terme, sans qu'on ne sache jamais rien des pensées de sa
partenaire. Du coup, l'acteur part quelque fois un peu dans le cabotinage,
notamment dans une scène où il interprète Leonard de Vinci en train de raper…
ok, dis-comme ça, on a du mal à imaginer ce que cela vient faire là, mais
rassurez-vous, ça s'intègre très bien dans l'histoire. Mais bon, le talent de
cet acteur est tel que l'on a tout de même plaisir à le regarder faire son
petit numéro. Et puis à la fois, on est un peu venu voir ce film pour cela.
Mais du coup, le reste du casting fait un peu tapisserie. On notera tout de même
la prestation de sa partenaire, interprétée par Aissa Maiga, dont le talent
transparent, bien qu'il ne soit pas vraiment mis en valeur.
L'Age d'Homme touchera beaucoup d'entre vous. La réflexion qui y est menée est
profonde tout en étant amusante. Elle fait mouche et nombre d'entre nous se
reconnaîtront (un peu, beaucoup) dans se personnage de pré-trentenaire qui a
encore un peu de mal à sortir complètement de l'enfance et à assumer sa
condition d'adulte. Ce film se regarde donc avec un vrai plaisir, même s'il se
regardera avec le même plaisir à la télévision pour ceux qui n'ont pas de
carte d'abonnement au cinéma.
07/09/2007 : Chaud et froid

Les Palmes d’Or sont très souvent des films très controversés, qui ne laissent personne indifférent. En tout cas, ce sont souvent des films profondément originaux, même si quelque fois l’originalité n’est, pour certains, que de l’esbroufe destinée à cacher médiocrité ou vacuité.
4 jours, 3 semaines, 2 jours divisent les critiques et les spectateurs. Et j’avoue qu’il me divise également. Il m’a laissé une impression bizarre. A la fois, j’ai parfois prié pour que le film en finisse au plus vite, mais d’un autre côté, je sais que c’est un film que je n’oublierai pas. 4 jours, 3 semaines, 2 jours est incontestablement un film marquant.
Ce film raconte l’histoire d’un avortement clandestin dans la Roumanie de la fin des années 80, c'est-à-dire avant la chute du communisme. Vous imaginez donc que l’on ne rit pas vraiment à gorge déployée pendant tout le film. 4 jours, 3 semaines, 2 jours est un film dur, sec et aride. Bien sûr, cette ambiance colle assez bien avec l’image que l’on peut avoir de la société roumaine de cette époque, mais elle rend la vision du film un peu pénible. La réalisation est minimaliste, les cadrages approximatifs. On a presque l’impression que le réalisateur cherche à rentrer dans le Guiness pour le nombre minimum de plans et concurrencer ainsi La Corde d’Alfred Hitchcock.
Le jeu des actrices est lui aussi très austère. Les sentiments ne sont pas exprimés avec force. Certes, cela représente bien la dureté de l’époque où les états d’âmes individuels étaient réprimés. Cependant, cela est un peu déstabilisant, surtout vu l’ampleur du drame qui se joue. Les personnages semblent désabusés, résignés, prêts à accepter les pires souffrances sans jamais laisser éclater leur révolte.
4 jours, 3 semaines, 2 jours est donc une œuvre artistique cohérente, une représentation sûrement réaliste d’une société destructrice pour l’individu. Mais du coup, c’est le souffle narratif qui s’en trouve réprimé également et, malgré tout l’intérêt du film, plonge à la longue le spectateur dans un ennui certain.
Mais ce film me marquera également à jamais car il nous livre un des plans les plus durs de l’histoire du cinéma. Un plan d’une minute à peine à qui ce film doit une grande partie de la Palme d’Or. C’est bien une des rares fois de ma vie que j’avais du mal à supporter ce que je voyais. Il ne s’agit pas d’un plan particulièrement gore ou sanguinolent, mais l’horreur brute et sans artifice de ce que l’on voit rend sa vision à la limite de l’insoutenable.
Je ne sais donc pas vraiment si je dois vous conseiller 4 jours, 3 semaines, 2 jours. Une chose est sûre, ce film vous ennuiera peut-être, mais vous prendra également aux tripes.
Mr Brooks pourrait bien remporter
le prix du meilleur scénario de l'année, mais aussi celui de la meilleure
bande-annonce. En effet, pour ceux qui l'ont vu, ne croyiez pas que vous ayez déjà
vu le film, que vous ayez compris les relations entre les personnages... Mr
Brooks recèle bien des surprises. Comme quoi, il est encore possible d'écrire
des scénarios profondément originaux et surprenants.
Pour résumer, et vous n'en saurez pas plus, Mr Brooks est un
industriel richissime. Il vient même d'être nommé homme de l'année. Mais le
soir même où il reçoit sa récompense, ses vieux démons viennent le hanter.
En effet, sous ses aspects de businessman propre sur lui, passionné de poterie,
se cache un serial killer froid et implacable. Mr Brooks est un
accro aux meurtres. Il avait réussi à tenir près de deux ans mais ce soir
l'envie est trop forte et il recommence. Sauf que cette fois, un détail lui échappe
et son meurtre est photographié par le voisin d'en face qui a bien l'intention
de tirer profit de ses clichés...
Ceux qui ont vu la bande-annonce se diront "bah, c'est tout à fait ce l'on
avait compris, où est la surprise ?". Et bien, la surprise vient de la
suite de l'histoire qui prend un tour tout à fait inattendu. Et cela durera
tout au long du film puisque la fin est également très réussie, bien plus
subtile que le simple renversement de situation finale, désormais obligatoire,
dans les films à suspense.
Mais à côté de ce scénario béton, le films recèlent d'autres qualités. La
réalisation tout d'abord, elle est certes sobre, mais très appliquée. Et
puis, la réalisation, c'est comme le maquillage, c'est quand elle est là mais
qu'on ne la remarque pas qu'elle est réussie.
Enfin, il y'a un casting plus que solide avec en tête d'affiche un Kevin
Costner très à l'aise dans son rôle de schizophrène. Il possède toujours
son jeu sans fioriture mais qui colle parfaitement avec le côté froid et méticuleux
du personnage. Il confirme aussi l'intelligence des choix de ses choix de rôles.
Costner se retrouve souvent au casting de film certes à gros budget, mais intéressant
et ambitieux (Danse avec les Loups, Un Monde Parfait, JFK, 13 Jours, Open
Range...).
L'autre vedette est la sublime Demi Moore. Une femme, une vraie, pas une minette
! Elle est également parfaite dans son rôle de femme flic bien plus épais que
les normes hollywoodiennes pour ce genre de personnage. Elle est totalement crédible.
Elle est là pour son talent et non pour ses beaux yeux !
La bonne surprise du casting vient de Dane Cook que l'on avait pour l'instant pu
voir que dans des séries B de seconde zone. Il avait pourtant peut-être le rôle
le plus difficile du casting mais il se montre à la hauteur des deux piliers
d'Hollywood à qui il donne la réplique. Espérons le voir à nouveau bientôt
dans des rôles aussi intéressants.
Bref, Mr Brooks c'est objectivement que du bon. Reste qu'il manque
peut-être un tout petit souffle sur la longueur pour que le film devienne un
classique ou un film culte. Dans le domaine de la création, perfection des
parties n'est pas toujours synonyme de perfection de l'ensemble. Et c'est sur
cette phrase profondément philosophique que je vous laisse méditer...
23/08/2007 : Un film qui décoiffe

J'admets, je commence ma critique avec un jeu de mots super facile ! Mais bon, il est vraiment de circonstance. En effet, c'est la fin de mes vacances, il pleut après avoir plu... mais tout va bien car aujourd'hui, j'ai vu Hairspray ! C'est vrai, c'est une comédie musicale et j'aime trop ça pour être vraiment objectif, mais bon celle-là est tout de même particulièrement réussie.
Pourtant, je partais avec une petite appréhension. En effet, je n'aime pas trop les messages du genre "tout le monde peut tout faire" quand ils sont vraiment basiques. Perso, j'ai toujours eu du bide, mais bon, je n'aime pas courir et j'aime bien me faire un McDo de temps en temps alors je ne réclame pas le droit de devenir sportif de haut niveau ou mannequin. Alors cette histoire de cette jeune fille, comment dire, enrobée, qui rêve de devenir danseuse à la télévision me rebutait quelque peu. Mais j'aurais eu bien tort de rater ce film.
Le message contre le rejet de la différence, aussi bien la couleur de peau que le tour de taille, passe finalement bien sans jamais rien alourdir. Le propos reste très premier degré mais bon c'est une comédie musicale, pas un drame psychologique. Ce que l'on demande ce sont des chansons qui donnent envie de chanter et des danseurs qui donnent envie de danser. Et pour cela on est servi ! Les chorégraphies sont aussi entraînantes que le rythme de la musique. Bien sûr, il vaut mieux aimer le style rétro (le film se déroule en 1963 pour ceux qui l'ignoreraient). Mais tout cela ne fonctionnerait pas sans des acteurs pour chanter et danser. Petite revue d'effectifs :
Tout d'abord, Hairspray rassemble une brochette de stars confirmées. Queen Latifah est encore dans le bon coup, après Chicago. Elle possède toujours le même charisme et le même talent. Michelle Pfeiffer, en garce absolue, s'en donne à cœur joie et communique son énergie au spectateur. Christopher Walken est bien sûr génial, même s'il est moins à l'aise dans son numéro musical et dansant. Mais bon, cela va bien avec son rôle de vendeur de farces et attrapes maladroit. Et enfin, il reste John Travolta... (qui joue le rôle de... la mère de l'héroïne !) Même avec des prothèses et du maquillage de partout, il reste ce danseur unique qui possède je ne sais quoi de plus que tout le monde. Le talent, le génie, la classe...
Ensuite vient la ribambelle de jeunes talents. Tout d'abord, Amanda Bynes qui joue le rôle d'une fille un peu cruche mais avec des yeux à damner un saint. Mais elle cache bien son jeu et fera la démonstration de son talent lors du final. Elijah Kelley est sûrement le meilleur danseur de la jeune génération. Il dégage une énergie et une sensualité incroyable. Un vrai talent à suivre. Enfin, l'héroïne est interprétée par Nicole Blonsky dont c'est le premier rôle, mais dont la performance est époustouflante. La réussite de ce film lui revient en grande partie car si son personnage n'avait été ni attachant, ni crédible, Hairspray aurait été forcément raté.
Bref, Hairspray est une comédie musicale à la fois classique et originale. En tout cas, elle m'a donné envie de sauter partout en sortant, ce qui est généralement le signe bon signe.
17/08/2007 : 8, ça suffit

Ayant une série légèrement compulsive de séances de cinéma, j'ai pas moins de 8 films à commenter d'un coup. Alors, je vais le faire dans l'ordre chronologique de leur visionnage. Vous verrez, il y'a à boire et à manger, mais quand même du bon, et même du très bon.
Ratatouille est un film qui appelle nombre de jeux de mots. "Ratatouille, un film qui met l'eau à la bouche", "Ratatouille fait monter la sauce"... Mais je me contenterai d'un "Ratatouille, un film qu'il est trop bon !'
Avec ce film Pixar assoie définitivement sa supériorité sur l'animation américaine. Dreamworks, son plus féroce concurent aura montré ses limites cet été avec un troisième épisode de Shrek, sympa mais qui tourne un peu en rond niveau créativité. Pixar, lui, se renouvelle à chaque fois.
Déjà, on pouvait s'attendre au meilleur puisque pour Ratatouille, c'est Brad Bird qui est aux manettes. Ce dernier est l'auteur des Indestructibles, pour moi, le meilleur film des studios Pixar. Et une fois encore, il démontre l'étendu de son talent en signant un petit chef d'œuvre.
De chef, il en est d'ailleurs question tout au long du film puisqu'il relate les aventures d'un rat qui se trouve être le plus grand cuisinier de son époque. Evidemement, sa qualité de rongeur ne l'aide pas à exercer ses talents, les rats étant rarement bienvenus dans les cuisines des grands restaurants parisiens. Cependant, caché dans la toque d'un jeune homme un peu gauche et timide, il arrivera à devenir indirectement le chef le plus prisé de la Ville Lumière. Bien sûr, le scénario est bien plus riche que ça, mais je gâcherai pas le plaisir de ceux qui ne l'ont pas encore vu en parlant trop longuement de l'histoire.
Par contre, je ne vais pas manquer de souligner à quel point le scénario de ce dessin animé est abouti. Sous des aspects enfantins et cartoon, il recèle une vraie profondeur, une vraie poésie, une vraie magie, de l'intelligence, du rythme... Bref une vraie histoire, pas une série de gags visuels... même si ces derniers sont nombreux et très réussis, j'y reviendrai. Les personnages, humains et animaux, sont très attachants. Ils affichent tous une vraie personnalité sans que le film ne soit manichéen ou gnangnan. Même le héros, Rémy, un rat qui cuisine, possède une réelle épaisseur qui le rend crédible ! Cela donnerait presque envie de retirer la mort aux rats de la cave.
Evidemment, tout cela n'aurait pas été possible sans la qualité phénoménale de l'animation. Déjà, c'est beau ! Et même les humains ! Cela peut paraître tout bête, mais dans Némo par exemple, j'avais trouvé les personnages humains très laids, ce qui m'avait un peu déçu. Dans Ratatouille, ils gardent un aspect cartoon mais aussi un certain réalisme très esthétique (le réalisme esthétique, je crois que je viens d'inventer une nouvelle tendance de l'art contemporain !). Et que dire des rats ! L'expressivité de leur visage, de leur regard, de leurs mimiques est absolument subjuguant. Ceci participe fortement à l'épaisseur des personnages et de leur personnalité. Et tout cela, n'empêche évidemment pas des moments de pur bonheur visuel !
Si vous avez été élevé au Tom et Jerry et autres Bip-bip, vous trouverez votre bonheur dans Ratatouille. Un vrai humour cartoon qui se superpose avec un scénario fouillé de manière étonnamment complémentaire. L'un sert l'autre et inversement. Aucune séquence ne semble superflue, le moindre gag sert l'histoire autant que l'histoire amène gags sur gags. Un peu comme si Woody Allen avait écrit un épisode de Bip-bip et le Coyotte !
Ratatouille, un vrai bonheur pour les petits et les grands !
N.B : si vous n'y allez pas avec votre petit neveu de 5 ans, allez y en V.O. pour l'accent français que prenne tous les personnages, ce qui ajoute encore plus au charme et à l'humour du film.
Les films de Claude Chabrol sont comme les défaites du PSG. On se dit toujours que c'est le dernier et puis, inexorablement, il revient... Mais contrairement, aux passages de Lorient au Parc (bon là, je parle pour moi), les films de Chabrol sont souvent des moments de bonheur.
La Fille Coupée en Deux reprend les thèmes chabroliens les plus classiques : les vices de l'âme humaine, les perversités avouées ou refoulées et bien entendu, sa plus grande passion, les secrets de famille. D'ailleurs, on pourra ici saluer la qualité de la bande-annonce qui pour une fois n'a pas raconté le film mais à même au contraire trompé le spectateur sur les vraies relations entres les personnages. Pour résumer sans rien dévoiler, ce film raconte un triangle amoureux entre une jeune présentatrice météo, incarnée par Ludivine Saigner, une écrivain à succès plutôt âgé, interprété par François Berléand et un jeune héritier vivant de ses rentes, incarné par Benoît Magimel.
Disons le tout net, La Fille Coupée de Deux est un bon film, mais certainement pas un grand Chabrol. Bien sûr, il y'a toujours une grande maîtrise technique, une façon unique de dévoiler l'histoire comme on déshabille une jolie fille. On sait que le meilleur pour la fin, mais on ne sait pas vraiment ce qu'on va trouver. Mais le film manque du petit je ne sais quoi qui fait la différence et rend les films vraiment marquants. Un peu comme une fille en Wonderbra...
Claude Chabrol est sûrement un des meilleurs réalisateurs français pour ce qui est de la direction des acteurs. Mais cette fois-ci, l'un d'eux à quelque peu échapper à son contrôle. En effet, Benoît Magimel en fait des tonnes et rend son personnage, même torturé, pas du tout crédible, voire même irritant... Enfin pas aussi irritant que la coiffure ridicule qu'il arbore tout du long. Bref, un personnage raté, pour une interprétation ratée qui gâche un peu tout le film.
Autre élément un peu négatif, la fin. Certes, elle apporte son explication surprise à tous les mystères qui pèsent tout du long de l'histoire, mais elle laisse plutôt de marbre. On est plus près du "ah d'accord" indifférent que du "ah c'était donc cela !" enthousiaste ! Bon, je suis un peu sévère sur le coup, c'est juste que venant de Chabrol, on pouvait s'attendre à mieux !
Bref, un film à voir plutôt à la télé. Et si vous ne connaissez pas l'univers de Claude Chabrol, plongez vous plutôt dans La Cérémonie ou Merci pour le chocolat.
Steve Buscemi est très certainement un des meilleurs acteurs d'Hollywood, de très loin sous-côté. Le plus souvent utilisé pour son physique comment dire... intéressant, il n'a jamais eu de grands rôles dans une grosse production comme il l'aurait mérité. Il est notamment connu pour ses apparitions fréquentes dans les films de frères Cohen, mais, que ce soit dans The Big Lebowski ou encore Fargo, ce n'est pas lui qui tient la vedette. Pour remédier à cela quoi de mieux alors que de réaliser ses propres films. C'est ce que Steve Buscemi vient de faire pour la première fois avec Interview, dans lequel il joue également.
Interview reste évidemment un parfait exemple de film indépendant américain à petit budget. On notera d'ailleurs les remerciements adressés à Robert Altman en fin de générique en tant que "source d'inspiration". Mais Interview ressemble surtout à un film de fin d'étude, un exercice de style, certes intéressant mais limité dans son ambition et pas totalement abouti.
Interview est un huis-clos entre deux personnages, l'histoire de la rencontre d'un journaliste spécialisé dans la politique et dont la carrière est en bout de course avec une jeune starlette, idole de la jeunesse américaine au moins autant pour son tour de poitrine que pour ses beaux yeux et ses cheveux blonds (pas trop pour son talent donc...). Les deux personnages vont se dévoiler peu à peu, même si on ne sait jamais quand les personnages jouent et quand ils se racontent sincèrement. C'est sur ce ressort que repose le film et aboutira sur une fin très réussie.
Mais avant ce final remarquable, le film tourne un peu en rond. Le scénario ne recèle pas assez de substance pour réellement soutenir la durée d'un long métrage rythmé comme il se doit. Il aurait été plus adapté à un moyen métrage ou en tant que pièce de théâtre, où les contraintes de durée sont moins fortes. C'est dommage car plus resserré, ce film aurait pu être une vraie réussite car la performance des deux acteurs, sur laquelle est entièrement bâti le film, est tout à fait convaincante.
Steve Buscemi reste pourtant un réalisateur prometteur. Techniquement, le film est très réussi. Les cadrages et le montage mettent parfaitement en valeur l'espace clos de l'appartement de la starlette. On assiste réellement à un film, non à une pièce de théâtre filmée. Mais la plus grande qualité de la réalisation réside dans la direction d'acteurs. Bien sûr, Steve Buscemi n'a qu'à utiliser son immense talent, mais jamais il n'en fait trop, ne devient trop cabotin ou tire la couverture à lui. Sa partenaire, la débutante Sienna Miller, lui tient la dragée haute. Si elle joue une starlette qui se contente d'être belle à l'écran, elle l'interprète avec une grande justesse alors qu'il s'agit là d'un vrai rôle de composition, loin d'être facile.
Sienna Millar, une actrice à suivre donc. Steve Buscemi est également un réalisateur à suivre, malgré des débuts qui laissent un peu sur notre faim.
Après le Boulevard de la Mort de Tarantino, voici Planet Terror de Robert Rodriguez. Ces deux films forment un projet commun de recréer les soirées très populaires dans les cinémas américains au cours des années 70 et pendant lesquelles plusieurs films de série Z étaient diffusés. Pour la sortie en Europe, les deux films ont été dissociés, mais il faut les voir comme un tout. C'est notamment pour ça que Planet Terror est précédé d'une fausse bande-annonce de manière à recréer tous les éléments de ces soirées là.
Planet Terror est donc un film de série Z (et encore, c'est parce qu'il n'y a que 26 lettres dans l'alphabet). Mais une série Z filmée par un grand réalisateur. Cependant, Robert Rodriguez n'est pas Quentin Tarantino et l'intérêt de Planet Terror est inférieur à Boulevard de la Mort. Il n'en reste pas moins un moment de pur bonheur cinématographique.
Planet Terror est une histoire "classique" d'une population assiégée par des zombies. Les causes de cette invasion (une sombre histoire d'armes chimiques) n'a que peu d'importance. L'intérêt de ce film ne réside sûrement pas dans son scénario. Planet Terror n'est pas une parodie, c'est réellement un film de zombies des années 70... Pour preuve, le soucis du détail va jusqu'à recréer les effets produits par les pellicules de mauvaise qualité de cette époque. Vous verrez donc l'image sauter régulièrement et vous entendrez un bruit de projecteur... Oui, rappelez-vous de ce bruit de fond que l'on entendait dans les cinémas de notre jeunesse (là, je me sens un peu comme un vieux fossile d'un coup...).
Evidemment, si vous n'avez jamais vu de film de zombies de votre vie, vous n'apprécierez sûrement pas Planet Terror à sa juste valeur. Vous n'apprécierez pas le soucis du détail pour recréer l'ambiance, le charme des films de l'époque. Je le répète, ce film n'est pas une parodie d'un vieux film mais une reconstitution ! Cela n'empêche pas que l'on rit beaucoup à la vue de ce film, non pas parce qu'il se moque des films dont il s'inspire mais parce que revoir ces films à notre époque ne peut que nous pousser à sourire.
Sinon, techniquement, le film est très réussi. Nombre de détails sont remarquables (il faut être attentif à tous les éléments apparaissant à l'écran) et démontrent une grande maîtrise. Recréer l'aspect "bricolage et improvisation" de ces films à petit budget a demandé une grande préparation et un soucis du détail impressionnant. L'ensemble des acteurs sont également excellents. Ils jouent leur rôle avec le plus grand sérieux puisque ce film n'est pas une parodie (vous le dîtes si je me répète...). Mais jouer dans ce genre de film à notre époque doit exiger la plus grande concentration. On notera notamment la performance d'un Bruce Willis plus vrai que nature dans son rôle de militaire implacable.
Planet Terror est donc un vibrant hommage à un cinéma populaire qui a quasiment disparu, même si un film comme Dead or Alive est son digne successeur. La démarche de ce film est différent d'un OSS 117 par exemple. Il nous transporte réellement dans le passé mais ne le parodie pas...
Le Fils de l'Epicier est un film français, un film de personnages comme le cinéma hexagonal en produit beaucoup. Celui-là ne restera pas dans les mémoires mais apporte un peu de soleil dans cet été bien tristounet niveau météo.
Ce film raconte l'histoire d'Antoine, fils de l'épicier d'un petit village de Provence qu'il a quitté un peu brutalement il y'a près de dix ans. Suite à l'hospitalisation de son père après un attaque, il revient aider sa mère à tenir l'épicerie, malgré des relations plutôt conflictuelles avec son père et son frère. Avec lui, il emmène Claire, sa jolie voisine pour lequel il en pince. Mais voilà, Antoine est timide et pas vraiment sociable. Ses talents de commerçant sont plutôt limités. S'en suivra donc un petit choc culturel entre lui et ses clients.
Le Fils de l'Epicier fonctionne plutôt bien car ses personnages sont particulièrement attachants. Le film repose entièrement sur eux, l'intrigue étant plutôt ténue. Cette dernière tourne même parfois en rond avec de très nombreuses scènes de confrontation entre Antoine et ses clients. Elles sont un tantinet répétitives, même si elles sont là pour montrer l'évolution du personnage. Mais bon, on ne s'ennuie pas pour autant, le film n'étant pas très long.
On pourra donc féliciter l'ensemble du casting pour sa prestation. On retiendra en particulier la jeune Clotilde Hesme qu'on a pu voir récemment dans les Chansons d'Amour. Un grand espoir du cinéma français auquel une belle carrière semble promise. Le Fils de l'Epicier ne restera sûrement pas son rôle le plus marquant, mais il restera tout de même celui de la confirmation.
Restera aussi les paysages magnifiques et le soleil qu'on aimerait bien voir briller au-dessus de nos têtes pour de vrai. Malheureusement, ce film joue quelque peu dans le registre "la vie à la campagne, c'est mieux, les gens sont plus sympas, les paysages plus beaux, la vie plus douce...". Personnellement, j'ai pas mal bougé dans mon existence et si j'ai appris quelque chose, c'est bien que la connerie est universelle et que le con rural est tout à fait comparable au con urbain. Et je ne crois pas que les uns soient plus nombreux que les autres en proportion. Mais bon, le Fils de l'Epicier est un film plutôt léger, pas une étude sociologique précise.
Prenez un hôtel de Las Vegas. Mettez y un témoin capital ont le témoignage éventuel peut faire tomber les plus gros mafieux des USA. Saupoudrez avec des agents du FBI, chargés de le protéger. Et surtout, arrosez d'une bonne demi-douzaine de tueurs déterminés à empocher le million de dollars promis à celui qui ramènera le cœur du témoin gênant. Et ce beau mélange explosif vous donnera Mise à prix.
Même si la recette peut apparaître alléchante sur le papier, surtout avec un casting assez relevé (Ben Aflleck, Andy Garcia, Ray Liotta...), le résultat final n'est pas tout à faire à la hauteur. Le film se base avant tout sur une galerie de personnages aux personnalités diverses et variés. Et dans le lot, il y'a à boire et à manger. Certains fonctionnent bien, sont presque attachants, d'autres ne sont pas crédibles, voire même ridicules. Bref la sauce ne prend pas très bien. On passe tout de même un bon moment mais qui ne laissera pas grand souvenir dans nos mémoires.
Comme tous les films du genre, Mise à Prix se conclut par un renversement de situation inattendue. Sauf que l'on comprend de quoi il s'agit vingt bonnes minutes avant la fin, donc la révélation n'en est pas vraiment une. Et puis le dénouement final n'est pas terrible. Il apporte une certaine gravité au film qui ne transparait pas du tout dans le reste du film, plutôt léger. En fait, le film cherche son ton du début à la fin. Le problème que cette recherche se fait généralement avant d'écrire le scénario, pas sous les yeux des spectateurs assis dans leur fauteuil de cinéma.
Mise à prix n'est pas foncièrement un mauvais film dans l'absolu, mais un film raté au vu du potentiel que l'on ressent pendant tout le film. C'est dommage !
La critique qui suit s'adresse avant tout à ceux qui se rappellent avec émotion de leur enfance, quand il regardait Transformers, le dessin-animé, à la télévision. Les autres trouveront ce film plutôt médiocre (ce qu'il est objectivement). De mon côté, j'ai été très heureux de revoir Optimus Prime et Megatron se taper joyeusement dessus. Adulescent et fier de l'être !
Ainsi, notre chère planète Terre recèle quelque part un cube capable de faire naître la vie à partir de machines inanimées. Ce fabuleux trésor est convoité par les Decepticons, de méchants robots aux ordres du cruel Megatron. Heureusement, en face d'eux se dresse Optimus Prime et sa bande de gentils robots... Ok, ce n'est pas super comme histoire, Victor Hugo aurait sûrement fait mieux, ma grand-mère aussi, mais reprocher à Transformers son manque de profondeur de scénario, c'est un peu comme reprocher à une voiture de ne pas faire le café. On n'est pas là pour ça !
Pour quoi alors me direz-vous ? Pour les combats entre ces grosses machines, avec si possible tout plein d'explosion partout. A ce niveau-là, on ne peut pas trop se plaindre. La séquence d'ouverture et le combat final sont particulièrement spectaculaires et parfaitement réussies techniquement. La transformation des machines en robot et inversement sont de toute beauté. Bref, le spectateur a ce pourquoi il est venu ! Au fond, c'est quand même ce qui compte.
Evidemment à côté de ça, il y'a une distribution médiocre, à part un John Turturo dont on se demande un peu ce qu'il est venu faire là. En cette période de réchauffement climatique (enfin quoi que quand je regarde dehors, j'ai comme un doute...), faire l'apologie des grosses voitures n'est pas vraiment politiquement correct. Mais bon, c'est un adaptation d'une série des années 80, une époque où on ne se posait pas encore toutes ces questions. On va dire que cela retranscrit la sociologie d'une époque... (je vous rassure, c'est de l'humour !).
Il y'a aussi ce côté "gloire à l'armée américaine" un peu énervant. Mais bon, à force de voir ça dans un film d'action américain sur deux, on ne fait même plus vraiment attention. Et puis, c'est quand même très drôle de voir le Ministre de la Défense américain mettre lui-même la main à la pâte et tirer des coups de fusil à pompe contre des méchants robots. J'imagine très bien un film français où l'on verrait un clone d'Alliot-Marie faire exactement la même chose... Remarquez, ça pourrait être drôle !
Enfin, je m'adresse à mes plus jeunes lecteurs. Dans le film, le héros, pas très populaire, ni très musclé, finit par se taper la bombe sexuel du lycée à gros seins qui fricote d'habitude avec les sportifs. Tout cela parce que sa caisse pourrie se transforme en robot ultra-perferctionné. Je sais que c'est tentant, mais il faut arrêter d'espérer, ça n'existe pas dans la réalité... En tout cas, ma Polo ne me l'a jamais fait...
Caramel est en quelque sort le remake libanais de Venus Beauté Institut. L'histoire de 5 femmes, dont trois sont esthéticiennes dans la même institut. Leurs amours, leur famille, leurs rêves... Evidemment, le contexte est très différent, même si ce film raconte le quotidien d'êtres humains comme vous et moi et n'est en rien un film sur la situation au Liban.
Bien sûr, le film est marqué par la diversité culturelle, linguistique et religieuse de ce merveilleux pays. Les personnages sont d'horizons différents, même si aucune tension n'existe entre eux. Ce film n'est en rien politique, il est tout simplement humain. Seuls certains tabous religieux sont évoqués, mais ils apparaissent comme faisant partis d'un quotidien ordinaire. Bref, Caramel est un film libanais mais qui aurait pu se passer ailleurs qu'au Liban. C'est tout de même rassurant de voir qu'on peut parler de choses ordinaires dans ce pays dont notre perception ne passe malheureusement que par le journal de 20h.
Ce film est l'œuvre de Nadine Labaki, qui interprète également un des rôles principaux. On ne pourra que saluer ce talent multi-facette. En effet, Caramel est aussi bien réalisé qu'il est interprété. La beauté et la grâce dégagées par Nadine Labaki charmeront plus d'un spectateur. On comprend tout à fait le gendarme de son quartier qui en est secrètement amoureux ! Mais le reste du casting n'est pas en reste. Tous les personnages jouent juste, c'est un vrai régal. Ceci rend les personnages très attachants et, vu que le film est essentiellement basé sur eux, participe grandement à la qualité du film.
Mais l'élégance de la réalisation est aussi à souligner. Le travail de photographie est remarquable, la beauté et l'élégance des images et des ambiances met parfaitement en valeur le travail des acteurs. Même si le film manque quelque peu d'attaques de diligences, on ne s'ennuie jamais. Les séquences sont toujours courtes et rythmées, passant d'un personnage à l'autre en faisant toujours avancer l'histoire de chacun. Caramel ne se contente d'être beau, il n'est en rien contemplatif. Il nous fait partager des histoires ordinaires, mais de vraies histoires. Le scénario est bien plus consistant que celui de la moindre comédie romantique américaine mais en gardant cette même légèreté que fait temps de bien parfois.
Bref, un beau et bon film !
15/08/2007 : Manque assouvi

Après 15 jours d'absence, j'ai retrouvé mon chez moi et ma carte UGC. J'en ai donc profité pour commencer à rattraper mon retard et assouvir mon manque en allant 5 fois au cinéma en deux jours. Je vais donc vous faire part de mes commentaires sur ces cinq films que j'ai classé du plus intéressant au plus décevant.
Il est des films dont on ne comprend pas comment ils réussissent à passer si inaperçus. Hot Fuzz est de cela.
Je suis rentré de vacances ce dimanche et pour savoir ce que je devais aller voir en premier, j'ai regardé les films ayant reçus les meilleures critiques de ces dernières semaines. Et je suis tombé sur ce film, dont je n'avais pas remarqué la sortie mais pour lequel les commentaires étaient particulièrement élogieux. Comme il ne se jouait quasiment plus alors qu'il est sorti il y'a moins d'un mois, je me suis empressé d'aller le voir. Et je n'ai pas été déçu !
En un mot, ce film parodique raconte les mésaventures du meilleur flic de la police londonienne lorsqu'il se retrouve muté dans une paisible bourgade de la campagne anglaise. Evidemment, la confrontation entre ses méthodes de répression de la criminalité hyper efficaces et les usages locaux va être source de nombreuses situations comiques. Mais sur l'histoire, je n'irai pas plus loin. En effet, Hot Fuzz, contrairement à de nombreux films parodiques, ne se contente pas d'enchaîner les gags visuels ou situationnels. Il est doté d'un vrai scénario, avec son suspense et ses renversements de situation, et il serait dommage de gâcher la surprise du spectateur quant à la tournure que prennent les évènements.
Mais le cœur de ce film reste avant tout son humour drôlissime. On passe d'éclats de rire en fous rire sans avoir beaucoup de temps pour souffler entre deux. Pourtant, jamais le film ne devient lourd ou vulgaire. L'humour est parfois très premier degré, mais du premier degré de haute qualité ! Hot Fuzz est un film anglais et le cinéma britannique prouve ici encore une fois qu'il est bien imbattable quand il s'agit de produire des comédies vraiment drôles de qualité.
Tout ceci est porté par une kyrielle d'acteurs remarquables comme le cinéma anglais en comptent tant. On reconnaîtra des acteurs que l'on a pu voir dans Bridget Jones ou Love Actually. Tous les seconds rôles sont excellents, jouant juste, jouant surtout hilarant ! Une mention spéciale pour les deux principaux protagonistes, Simon Pegg et Nick Frost, qui sont en grande partie responsable de la remarquable réussite que représente ce film ! Tout cela est couplé avec une réalisation rythmé qui met en valeur l'énergie et le talent déployés par l'ensemble du casting.
Bref, si vous aimez les films d'action, ou si au contraire, vous n'aimez pas cela mais aimez vous en moquer, courrez voir ce film tant qu'il en est encore temps ! Pour faire simple, je dirai que si vous aimez rire, Hot Fuzz est fait pour vous ! Et vous ne serez pas déçu !
Si pour vous, la pègre est synonyme de costards et de cheveux gominés, oubliez A Very British Gangster ! Lorsque je suis allé le voir, je pensais voir un film de mafia comme on en voit tant. Et bien, il n'en est rien, puisque ce film est un documentaire. Et un documentaire pour le moins étonnant puisque il a été réalisé après que l'équipe ait suivi un des chefs de la mafia de Manchester pendant plusieurs semaines. Evidemment, vous ne verrez aucun délit. Les protagonistes n'avouent jamais directement et clairement le moindre crime précis, mais la plupart de leurs propos ne prêtent guère à confusion. Dominic Noonan, le gangster en question, se livre de manière étonnante, vu sa profession. Ce film constitue donc un document unique et jamais vu !
Mais ce qu'il y'a d'encore plus incroyable, au delà du sujet en lui-même, c'est ce que l'on voit. Oubliez Scorsese et Coppola, pensez plutôt Ken Loach. Les gangsters sont issus de la classe ouvrière londonienne et n'ont rien d'élégants ou de chic. La famille Nooan est à des kilomètres des Corleone.... par contre, ils ressemblent (en pire) à la famille Groseille de La Vie est un long Fleuve Tranquille. Mention spéciale à la sœur à laquelle il manque la plupart des dents (à 50 ans) et surtout au jeune qui monte dans la pègre locale. 19 ans, la tête de Wayne Rooney mais avec le goitre de Balladur et des boutons d'adolescent pré-pubère. Si Dominic Noonan et sa garde rapprochée portent des costards (mal coupés, qui les rendent plus ridicules qu'élégants), les autres portent des fringues semblant être sortis d'une parodie de clip de rap ! Il serait donc temps de réviser nos clichés sur les gangsters !
Mais comme tous les films sur la mafia, documentaires ou fictifs, A Very British Gangster n'échappe pas à l'éternel reproche : ce film rend les truands, meurtriers, voleurs et racketteurs, humains. Devant toute la laideur décrite plus haut, la réalisation multiplie les effets esthétisants, certes cinématographiquement intéressants, mais moralement discutables. Il faut donc voir ce film avec un grand recul, surtout lorsque l'on voit la jeune génération dire qu'elle ne fait plus ça pour survivre mais parce qu'elle "kiffe".
Ce film est donc un des plus étonnants et surprenants qu'il m'ai été donné de voir. L'intérêt du propos est de plus supporté par une réalisation remarquable... mais peut-être superflue.
Depuis dix ans, le cinéma américain aime
particulièrement adapter les séries télévisées en long métrages, avec des
réussites diverses et variées, mais souvent décevantes. Les séries sont en
effet des fictions au format parfaitement adaptées à la télévision, qui ont
depuis longtemps leurs codes et leurs particularités artistiques propres. Le
passage au cinéma, art proche mais différent, est toujours délicat. Mais
cette fois, avec Les Simpsons, le film, le pari est parfaitement réussi.
Déjà, si vous aimez la série, pas besoin de lire plus loin, allez y sans hésiter...
d'ailleurs, je ne pense pas qu'il y'ait encore beaucoup de fans qui n'y soient
pas allés. Pour les autres, ce film est l'occasion rêvée de pénétrer dans
l'univers délirant de ces personnages tous jaunes, qui délivrent une critique
acerbe et plus fine qu'il n'y paraît de la société américaine (et pas
extension, occidentale). On pourrait faire facilement le lien avec la série des
Asterix, du temps de Goscinny, qui sous des abords légers se moquent souvent
des travers de la société française.
Les Simpsons, le film, a pour toile de fond l'écologie et les
problèmes de pollution, faisant écho au combat de Al Gore et Sa Vérité qui Dérange.
Mais le message est largement enrobé de cet humour qui a fait le succès de la
série. Même si les gags sont souvent des parodies faisant référence à des
émissions de télé américaines ou des films récents, le film reste
accessible à tous et ravira les petits et les grands. Les situations et les
dialogues sont très drôles par eux-mêmes, pas besoin de passer ses nuits sur
MTV pour le comprendre. Parfois très premier degré, souvent parodique,
l'humour ne tombe toutefois jamais à plat, nous fait rire et nous délivre
souvent un message sur nos travers et qui colle à l'actualité. On appréciera
notamment la caricature d'un Arnold Schwarzenegger devenu président des
Etats-Unis.
L'animation est de qualité. Elle est dans la droite lignée de la série télévisée.
Rien de révolutionnaire, mais cela n'est en rien l'intérêt principal du film.
Laissons ça au Studio Pixar et son magnifique Ratatouille (enfin si j'en crois
les critiques), ou bien à Miyazaki. Ce qui compte ici c'est l'histoire,
l'animation n'est qu'un prétexte, même si on y retrouve les mêmes joies que
devant un bon vieux Tom et Jerry !
Pour finir, un petit mot sur les deux moments de bravoure du film : le déjà
culte "Spider-pig" (franchement, comment font les gens pour supporter
la VF et Spider-cochon qui pose un petit souci niveau nombre de syllabes..) et
l'hymne de Spingfield, sur la musique de la Marseillaise, que l'on entend... à
la fin du générique ! Et oui, il faut regarder les films jusqu'au bout !
En tant que grand fan des Comics, j'attends
toujours les adaptations des bande-dessinées Marvel avec impatience. La mode
avait été lancée par le Spiderman
de Sam Raimi. Depuis, on a pu voir Hulk, Daredevil, Le Punisher,
Elektra...et les 4 Fantastiques. Le premier opus avait été franchement
décevant, le second, les 4 Fantastiques et le Surfeur d'Argent,
est meilleur... mais toujours pas terrible !
Une nouvelle fois, notre 4 héros aux pouvoirs tous différents (pour rappel :
un Einstein élastique, une belle blonde qui peut se rendre invisible, un
flambeur qui peut voler et se transformer en torche humaine et un grand costaud
dont le corps est entièrement recouvert de pierres) vont devoir sauver le
monde. Cette fois, la menace vient de l'espace, puisqu'un messager argenté,
chevauchant un surf volant (d'où son nom), annonce la venue de Galactus, dont
le passe-temps favori est de se nourrir de planètes. Comment l'empêcher de
mettre la Terre à son menu ?
Le Surfeur d'Argent est un des personnages les plus mythiques de l'univers des
Super-héros. Son histoire a inspiré plusieurs grands auteurs de BD, comme
Moebus. Son apparition sur grand écran étant donc très attendue. Mais si
l'histoire originale est une des plus intéressantes produites par Marvel, le scénario
du film l'appauvrit considérablement, se contente d'une poésie de pacotille et
n'est en fait qu'un support aux séquences d'effet spéciaux. La fin notamment
est particulièrement ratée, comme si les scénaristes en avaient eu marre de
travailler et s'était contentés de la première idée leur étant passer par
la tête, sans chercher à la dégrossir. On notera simplement l'humour, un peu
plus présent que dans le premier, qui permet de faire passer la pilule. Mais
bon, rien de vraiment génial là non plus.
L'interprétation est d'une platitude rare. Jessica Alba devrait arrêter son métier
d'actrice et se contenter d'être belle et Ioan Gruffud n'a absolument pas le
talent pour assurer un premier rôle. Seul le duo Michael Chiklis et Chris Evans
s'en sort à peu près, mais la direction d'acteur et la réalisation sont
tellement pauvres qu'ils ont bien du mal à exprimer tout leur talent. Quant au
personnage du méchant, assuré une nouvelle fois par Julian McMahon, il est
strictement sans intérêt, à des millénaires de ce que représente Fatalis
dans l'univers Marvel.
Restent bien sûr les effets spéciaux. A la fois, si on se déplace pour voir
les 4 Fantastiques pour autre chose que cela, il vaut mieux rester chez soi à
regarder Envoyé Spécial. Dans ce domaine, par contre, rien à dire. Ils sont
parfaits, voir même impressionnants par moment. Certes, les films aussi
spectaculaires que celui-ci sont légion, mais bon, le travail des équipes
techniques mérite d'être salué. Surtout, que c'est quand même grâce à eux
que, malgré la médiocrité globale de ce film, on ne s'ennuie pas non plus.
Vu qu'il y'aura très certainement un troisième volet, espérons que la courbe
de progression se poursuive... On peut toujours rêver !
2 Days in Paris raconte le week-end d'un couple franco-américain à Paris. Lui, décorateur d'intérieur yankee, découvre notre capitale et surtout ses habitants. Elle, photographe, retrouve ses amis, sa famille, son passé. Ce voyage sera l'occasion à chacun de mieux connaître l'autre.
Voilà, comment on peut résumer ce film qui s'appuie donc sur deux thèmes : la vie de couple, thème principal, et les différences culturelles franco-américaines, ressort comique du film qui se veut une comédie.
Ce ressort s'appuie en grande partie sur la confrontation entre les parents de la jeune fille incarnée par Julie Delpy et son compagnon américain. Le problème réside dans les personnages du père et de la mère... qui sont littéralement insupportables. 68ards mais semblant être sortis tout droit de la Soupe aux Choux, ils sont ridicules, grossiers, même pas caricaturaux, tellement ils ne ressemblent à rien de crédible ou d'existant. Les moments comiques tournant autour d'eux sont d'un lourdingues insupportables, presque dérangeant de bêtise.
Le milieu artistique parisien d'où sont issus les amis du personnage incarné par Julie Delpy est aussi ridiculement décrit, série de clichés sans intérêt et même pas drôles. Mais bon, on va dire qu'ils sont moins pénibles que les parents.
J'admettrai quand même que 2 Days in Paris m'a arraché quelques fou-rires, de vrais fou-rires, mais tellement plus de moments de consternation...
Les acteurs essaye de sauver le film du désastre par leur énergie, mais franchement, les personnages sont tellement ridicules, qu'ils étaient de toute façon injouables. On notera simplement l'apparition de Daniel Bruhl, le seul à surnager quelque peu, même si son rôle est très ténu.
Tout cela vient gâcher une réflexion sur le couple, qui sans être exceptionnelle, avait pour le moins l'intérêt d'être intéressante. Mais comme on ne croit pas une seule seconde aux personnages, voire même comme on a une folle envie de quitter la salle en courant, la profondeur du propos nous passe un peu au dessus de la tête.
Un film sans grand chose à sauver donc !
30/07/2007 : Au 25842ème degré...

Il existe un genre cinématographique bien particulier, apprécié pas de nombreux fans et qui nécessite une certaine culture cinématographique pour être apprécié à sa juste valeur : le navet !
Et Dead or Alive est un navet, un vrai de vrai. Rien ne vient réellement objectivement sauvé le désastre. Le scénario...comment dire, peut-on réellement parler de scénario. Les acteurs essayent tant bien que mal de sauver le film par une certaine énergie, mais vu leur talent limité et les dialogues profond comme la mare aux canards de la ferme d'à côté, cela ne parvient à sauver le performance. La réalisation essaye tant bien que mal de surnager par des effets "artistiques", mais ces derniers sont plus risibles qu'autre chose. Quant à la bande-son, elle est très médiocre. Et que dire, des vaines tentatives de saupoudrer le tout d'un peu d'humour... Mon sens inné de la miséricorde m'empêche d'en parler.
Les scènes de combat ne sont même pas réellement spectaculaires. L'usage systématique du ralenti montre à quel point le talent du réalisateur est limité. Bref, ce n'est pas là non plus que vient la lumière...
Mais d'où, me direz-vous alors, transi par le suspense insoutenable dégagé par cette critique ? Et bien, le vrai bonheur procuré par ce film est d'admirer l'énergie déployée par le réalisateur pour montrer à tout bout de champ la plastique avantageuse de ses héroïnes. Pas de sans, ni de
tétons dans ce spectacle "tout public", mais une multitude de plans sur des filles qui se retrouvent
évidemment le plus souvent en sous-vêtements ou en maillot de bain. Et il faut bien avouer que les auteurs ont remarquablement réussi leur coup ! On notera notamment une
mémorable partie de beach-volley qui n'apporte rien à l'histoire, mais qui nous permet de voir se remuer ces petites demoiselles en bikini !
Allez à défaut d'un vrai talent, ce fait méritait bien un petit mot d'encouragement !
30/07/2007 : A bon acteur, bon réalisateur

Le premier constat que l'on fait lorsque l'on sort de la projection de Raisons d'Etat est que, pour un film de près de 3 heures, on ne s'est pas ennuyé du tout. C'est quand même le signe d'une oeuvre de qualité.
Déjà, ce film n'est pas un film d'espionnage.
C'est un film sur les espions. Ici pas de scènes d'action, ni de poursuite à
la James Bond, mais le récit de la vie d'un des pionniers de la CIA et des
incidences de son métier sur sa vie de famille. Cela semble un peu léger pour
2h48 de film mais pourtant le scénario est assez dense, tout en étant clair,
ce qui n'est pas toujours le cas, dans ce genre de film. Bref, j'y reviens, on
ne s'ennuie pas ! Donc si vous aimez les film de ce genre, n'hésitez pas.
Sinon, d'un point de vue plus technique, le film est également de qualité. La
direction des acteurs est notamment remarquable. Vu que Raisons d'Etat est avant
tout un film de personnage, ceci explique en grande partie le plaisir que l'on
éprouve à le visionner. On sent bien que De Niro comprend les acteurs et leur
fait exprimer leur plein potentiel. Matt Damon confirme la maturité croissante
de son jeu, qui le fait rentrer dans la catégorie des acteurs au talent assez
large pour supporter à lui seul une grande partie d'un film. Certes, il n'est
pas encore (et ne sera jamais à mon avis) au niveau de son réalisateur (qui
tient lui-même un petit rôle), mais on n'a franchement rien à lui reprocher.
On notera aussi quelques apparitions comme celles de Joe Pesci que l'on a
toujours plaisir à voir. Angelina Jolie est quand à elle toujours aussi belle
et talentueuse. Alec Baldwin et John Turturo interprètent des seconds rôles
avec tout le talent qu'on leur connaît.
Pour le reste, la réalisation est sobre et sans
fioriture. Elle n'est là que pour mettre en valeur le talent des acteurs, et
non l'inverse, comme c'est trop souvent le cas dans les cinéma commercial américain.
De Niro prouve définitivement qu'il rime avec talent, même si la rime est
pauvre... après tout, il est cinéaste, pas poète. Sur ce mauvais jeu de mots,
à la prochaine !
25/07/2007 : Quelque part, ça rassure...

Un film qui traite de l'histoire d'amour entre
deux homosexuels, l'un Israélien, l'autre Palestinien et qui débute par la
mort d'un bébé lors d'un accouchement à un poste frontière, dit comme ça,
on pense immédiatement à un film sombre. Et bien, pas du tout !
The Bubble est un point de vue original sur le conflit israélo-palestinien.
On est parfois plus proche de Friends que du journal de 20h. Il traite avant
tout de la vie de personnes humaines avec leur vie, leurs envies, leurs amours,
leurs joies, leurs peines...
Evidemment, le contexte est très présent. Cette histoire n'aurait pu se dérouler ailleurs qu'à Tel Aviv. Mais justement, c'est le fait que le conflit ne soit qu'un arrière plan qui est intéressant. Il permet de mieux juger les déchirements internes au sein même des deux communautés, entre ceux qui veulent la paix et ceux qui mènent une guerre permanente. En traitant du quotidien, presque de manière futile, ce film montre à quel point le conflit israélo-palestinien pèse lourdement sur les protagonistes même dans leurs moments les plus futiles justement.
Tout cela donne une vision des deux communautés bien différents que celle perçue par l'intermédiaire des médias. Il y apparaît une pluralité des opinions au sein des deux camps, une diversité des points de vue qui sont des plus rassurantes. Les idéaux de paix et de fraternité n'ont pas complètement disparus de cette région.
Mais revenons sur le film proprement dit. La mise en scène est sobre mais de grande qualité. Pas d'effets spectaculaires, mais une photographie soignée. Le film brille en particulier par sa distribution. Les acteurs sont tous extrêmement bons dans des rôles souvent loin d'être faciles. Cela rend les personnages très attachants, ce qui permet à l'histoire de dépasser le simple intérêt "géopolitique". On pourra remarquer notamment la jeune Daniela Wircer, qui crève littéralement l'écran par sa présence.
Reste que l'histoire aurait gagné à être un peu plus rythmée. Et puis, ce qui gâche un peu tout, c'est la fin. Je déteste les critiques de films qui révèlent la fin (voir même plus des 5 premières minutes) d'un film, alors je laisse le temps au lecteur qui le souhaite de rester sur ce "la fin n'est pas terrible". Les autres peuvent poursuivre la lecture de cet avis.
Le drame final vient un peut tout gâcher. Non
que le film devait se terminer par un Happy End, mais cette fin morbide est
assez incompréhensible et est surtout totalement incohérente avec la
psychologie des personnages telle qu'elle apparaît pendant tout le film. On a
l'impression que cette fin dramatique a été mise là pour donner un côté
plus sérieux, et compenser le côté un peu futile des péripéties des
protagonistes. Cela vient réduire à néant le message d'espoir véhiculé par
le film et c'est vraiment dommage.
19/07/2007 : Triple bonheur !

Deux jours, trois films, trois moments de bonheur. Des bonheurs différents, mais des bonheurs quand même.
Commençons par le petit bonheur avec Delirious. Tom DiCillo remet en scène Steve Buscemi pour une nouvelle comédie à petit budget mais à grand talent. Certes, on est loin de la réussite de Ca tourne à Manhattan, mais on reste dans le même esprit. Film de personnages, bien plus que film d'intrigue, Delirious est parfait pour une soirée pluvieuse où on a envie de rire sans tomber dans la comédie lourdingue. La galerie des protagonistes est particulièrement attachante. On ne tombe jamais dans le cliché ou le stéréotype, alors qu'il aurait été facile d'y sombrer vu ce que sont les personnages principaux (une paparazzi, une SDF, une star de la chanson). Bien sûr, Steve Buscemi resplendit de tout son talent et de son aura, mais Micheal Pitt et surtout la splendide Alison Lohman ne sont pas en reste. Tom DiCillo reste un réalisateur remarquable qui, malgré son manque de moyen, livre des films parfaits techniquement, à la photographie particulièrement soignée. D'ailleurs, on aimerait bien le voir derrière une caméra qui pèserait plusieurs millions de dollars. Mais bon, il reste que Delirious manque de ce petit rien, de ce souffle, cette énergie comique qui sépare les bonnes des grandes comédies. Enfin, une bonne comédie est déjà un met assez rare pour être savourer avec bonheur.
Viens ensuite la bonne surprise. J'ai été voir La Traversée du Temps sans avoir la moindre idée de ce que cela pouvait raconter. Mais appréciant beaucoup l'animation japonaise et au vu des bonnes critiques, je me suis laissé tenter. Et j'ai bien eu raison ! Déjà, vu le titre, je m'attendais plutôt un à un film de science-fiction. Et bien pas du tout, puisque ce film relate les aventures d'une jeune adolescente dans un Tokyo tout ce qu'il y'a de plus contemporain. Certes, il lui arrive quelque chose de peu banal puisqu'elle acquière par hasard la faculté de remonter dans le temps. Ainsi, elle peut revivre plusieurs fois des moments agréables et surtout corriger la suite des évènements lorsqu'elle n'en est pas satisfaite. Mais bien sûr, malgré tous ses efforts, rien n'est jamais parfait et en voulant éviter une catastrophe, elle en provoque bien d'autres. Cependant, La Traversée du Temps est un film bien plus riche qu'il peut y paraître à première vue. Film sur l'adolescence, la difficulté d'assumer et d'avouer ses sentiments, il repose sur un scénario vraiment réussi, à la fois drôle; touchant et intelligent. La personnalité de Makoto, sur lequel le film repose quasi exclusivement, est formidablement réussi et on ne peut que tomber sous son charme, rire de ses mimiques et être attendri par sa maladresse qui fait de ce personnage d'animation un être humain auquel on peut s'identifier. Un film à voir donc, qui montre que l'animation japonaise de qualité ne se limite pas à Miyazaki.
Enfin, le bonheur du fan. Il est très dur de juger objectivement un film qui fait partie d'un univers culte. Harry Potter et l'Ordre du Phénix en est un excellent exemple. Personnellement, j'y ai trouvé tout ce que j'étais venu y chercher, c'est à dire la mise en image du roman. Le tome est pour moi le maillon faible de la saga, ce ne sera pas forcément le cas du film. L'adaptation cinématographique condense un livre qui s'étalait un peu en longueur. Bien sûr, cela s'accompagne d'un appauvrissement de la magie dégagée par le monde de J.K. Rowling, mais on retrouve ça et là des éléments qui font référence à des passages développés longuement dans le livre et qu'on a plaisir à remarquer. Il est évident qu'un spectateur n'ayant pas lu le roman ne ressentira pas ces petites joies. De plus, Harry Potter et l'Ordre du Phénix n'est qu'une pièce d'un puzzle en sept morceaux. Il ne prend tout son sens et son intérêt que replacé dans l'intrigue globale. C'est pourquoi, il est difficile de porter un jugement sur cet épisode seul. Cependant, il reste des éléments cinématographiques que l'on peut objectivement évaluer. Déjà, le jeu des acteurs. Travailler avec des enfants sur plusieurs années est un pari osé. En effet, il n'était pas du tout garanti que le charme des acteurs perdurent avec l'adolescence. Et bien là, j'ai envie de dire que c'est le contraire qui se produit. Les acteurs ont acquis une vraie maturité dans leur jeu. Leur talent de comédien s'est renforcé et en cela, Harry Potter et l'Ordre du Phénix surpasse les films précédents. Quant à la réalisation, elle est sans surprise, mais sans défaut. Avec son budget colossal, ses dizaines d'équipes technique mobilisés, ce film est visuellement très impressionnant, les effets spéciaux étant de toute beauté. Les images de synthèse se fondent réellement dans la réalité. On pourra aussi apprécier un final grandiose, sûrement la meilleure scène de toute la série à ce jour, même si globalement, le film n'est pas le meilleur (mais pas le plus mauvais). Mais bon, comme je l'ai dit, c'est surtout du au fait qu'il adapte un roman moins intéressant que les autres épisodes. En tout cas, Harry Potter et l'Ordre du Phénix donne une envie irrésistible, lire le 7ème et dernier...roman !
16/07/2007 : John is back !

Die Hard 4 : Retour en Enfer est un de ces fims (presque) parfaits. Certes, cela peut paraître bien dithyrambique pour un film essentiellement à base de pan, vlang, boum-boum, tac-tac-tac, paf, bing, bang... Mais bon, soyons honnêtes, qui va voir un film comme celui-là pour autre chose que du vlang, du boum-boum, du tac-tac-tac, du paf, du bing et du bang ? Et niveau vlang, boum-boum, tac-tac-tac, paf, bing et bang, le spectateur de Die Hard 4 : Retour en Enfer est servi !
Réaliser le quatrième film d'une série est toujours délicat. Un trilogie est déjà dure à gérer, alors une tétralogie, c'est encore pire ! Pourtant la série des Die Hard se conclut en beauté. Ce film ne bénéficie certes plus de l'effet de surprise d'un Piège de Cristal, ni d'un scénario aussi remarquable que celui d'Une journée en Enfer, mais il est nettement au-dessus d'un 58 Minutes pour Vivre.
Ce film offre donc son lot de balles et munitions diverses tirées d'un bout à l'autre du film, sans presque discontinuer. Mais le vrai bonheur jubilatoire de Die Hard 4 se situe dans la quantité monumentale de tôle qui se froisse au cours du film. Et pas uniquement de la tôle de voiture, mais aussi de la tôle d'hélicoptère et même de la tôle d'avion de chasse.
Même si, on l'aura compris, Die Hard 4 est un film de pure action, avec un nombre infime de temps morts, il possède tout de même son petit truc en plus : l'humour ! Il repose essentiellement sur le personnage de John McClane, le policier le plus malchanceux du monde, qui se retrouve toujours à devoir sauver le monde alors qu'il n'aspire qu'au calme et à la sérénité. Le contraste entre son côté "machine à tuer impitoyable" et son aspect "mais qu'est ce que je fais là ?!" est ce qui fait le charme de la série des Die Hard et dans cet opus, Bruce Willis est encore là pour l'interpréter avec brio.
Quelques critiques tout de même : le scénario est criblé d'un certain nombre d'invraisemblances un peu dommageables. Bien sûr, on ne juge pas ce genre de film à la profondeur de son scénario, mais tout de même, certaines auraient pu être évitées.
Un vrai moment de plaisir !
10/07/2007 : Intéressant et touchant

Il n'est pas toujours nécessaire d'avoir un gros budget pour faire du bon cinéma. L'Avocat de la Terreur et Et toi, t'es sur qui ? sont là pour le prouver.
Les documentaires sont de plus en plus souvent présents sur grand écran. Même si l'on peut toujours discuter indéfiniment sur le fait de l'appartenance ou non des documentaires au septième art (cela n'est pas du tout le sujet du jour), on ne peut que s'en réjouir. Quitte à aller au cinéma, autant en ressortir moins con. L'Avocat de la Terreur permet de mieux connaître le personnage de Maître Vergès, personnage médiatique qui ne laisse personne indifférent. Portrait sans complaisance, ce film explique les origines des convictions du personnage, leur donne une signification et une cohérence mais souligne aussi à quel point l'homme est devenu le personnage qu'il s'est crée de manière caricaturale, à tel point que les combats d'hier ont été supplantés par une mégalomanie galopante. Bref, L'Avocat de la Terreur permet de mieux comprendre Maître Vergès, mais sûrement pas de tout lui pardonner.
Et toi, sur qui ? est un film touchant sur l'adolescence et les premiers émois amoureux et sexuels. Tourné sans mièvrerie, sans les clichés ridicules de l'Esquive, avec un minimum de rythme et de talent, ce film ne marquera pas l'histoire du cinéma, mais peut-être révèlera de futurs jeunes talents, tant l'équipe d'acteurs adolescents est crédibles, chose particulièrement rare dans le cinéma français.
07/07/2007 : Du retour avec du bon !

J'ai quelques peu dédaigné les salles obscures ces dernières semaines. Du coup, j'ai accumulé pas mal de retard que j'ai commencé à rattraper hier soir en allant voir dans la foulée Persepolis et Ocean's Thirteen.
Persepolis est une réussite remarquable. Drôle et émouvant, ce film d'animation traite d'un sujet sérieux avec profondeur et légèreté. Il apporte un regard original sur un pays qui nous semble lointain, mais qui, il n'y a pas si longtemps, était plus proche de l'Occident que ce l'on imagine. Un pays meurtri par la dictature, le fondamentalisme et la guerre mais dont les habitants gardent au fond de leur cœur le goût et le souvenir de la liberté. Persepolis est un témoignage poignant, mais sans jamais tomber dans le larmoyant. Au contraire, ce film bourré d'humour ravi le spectateur autant qu'il instruit.
Ocean's Thirteen est à ranger dans la catégorie des divertissements classieux. On y retrouve tout ce qui nous à tant plu dans Ocean's Eleven et on ne retrouve pas le fouillis indigeste du scénario d'Ocean's Twelve. Bref un film sans surprise mais à siroter avec bonheur, bercé par les images léchées de Soderbergh et le sourire enjôleur de George Clooney.
20/06/2007 : Les suites estivales

L'été est propice aux films à gros budget, qui sont de plus en plus souvent des suites de succès passés. Shrek, le troisième (putain de traduction de merde !!!) est le premier d'une longue liste qui va meubler notre été. D'ailleurs, on se retrouve dans quelques jours pour un mot sur Ocean's Thirteen.
Un mot sur notre géant vert. Shrek 3 fait passer un bon moment, mais on est loin de l'hilarité constante des deux premiers volets. Beaucoup de gags ressortent les ressorts qui ont fonctionné précédemment, mais avec un souffle moins puissant. Bref, c'est encore pas mal, mais bon, espérons que la série s'arrête là !
19/06/2007 : La vraie définition du génie

Prenez le pitch d'un film de série Z (et encore, s'il y'avait une 27ème lettre à l'alphabet, elle s'appliquerait ici), qui logiquement ne pourrait donner naissance qu'à un nanar sans intérêt, mais mettez Quetin Tarantino derrière la caméra et vous obtiendrez Boulevard de la Mort, un moment de pur bonheur.
Que dire sur la qualité de la réalisation... Un concours de superlatifs ne suffirait pas pour qualifier le talent de Tarantino qui confirme une nouvelle fois que seuls un Welles ou un Kubrick peuvent prétendre avoir atteint une maîtrise technique aussi poussée. En plus d'être un des meilleur réalisateur de l'histoire, il est incontestablement sans peu d'égaux en tant que directeur de la photographie. La bande-son est encore une fois phénoménale, par la qualité des musiques qui peuplent le film, mais surtout par la façon dont elles portent l'histoire, dont elles font partie intégrante d'elle. Elles ne sont pas simplement un élément de décoration.
Après, les esprits chagrin se demanderont pourquoi Tarantino utilise son talent incommensurable pour rendre hommage au (mauvais) cinéma populaire d'autrefois (tendance cinéma de quartier sur Canal). Tout simplement parce que c'est ce cinéma qui lui a donné l'amour du cinéma, parce qu'il est l'essence même du 7ème art, spectaculaire et populaire, et parce que c'est ce qu'il a envie de faire ! Après tout, c'est ce qui compte ! Et puis, honnêtement, le spectateur averti y trouve aussi son compte !
14/06/2007 : Johnny, Johnny, Johnny...

Ce qu'il y'a de bien avec un film avec Johnny Depp, c'est que, même si le film n'est pas terrible, au moins, on aura la chance d'admirer le talent de celui qui est pour moi, sans contestation aucune, le meilleur acteur du monde. Pirates des Caraïbes 3 n'échappe pas à la règle. Retrouver le Capitaine Jack Sparow est toujours un plaisir des plus délectables.
Au-delà, du cas Depp, Pirates des Caraïbes 3 reste dans la lignée des deux précédent, un divertissement de très haute qualité. Certes, le film traîne un peu en longueur dans son milieu, mais la fin est des plus réussie. Tout commence, pas le vrai moment de bonheur du film, une séquence parodique d'Il était une fois dans l'Ouest. Puis, on assiste à ce qui est peut-être la plus belle bataille navale de toute l'histoire du cinéma. Enfin, la conclusion est particulièrement poétique, pas du tout happy-end sirupeux !
Bref du cinéma divertissant comme on l'aime et qui sent bon l'été !
02/06/2007 : Et si on apprenait à chanter...

La critique salue quasi unanimement Les Chansons d'amour, comme elle l'avait fait pour Pas sur la Bouche, il y'a quelques années. Pour moi, ces deux films n'étaient pas dignes d'être projetés dans la plus minable des salles de ciné. Ce succès critique est pour moi la démonstration éclatante de la médiocrité crasse dans laquelle se complet le cinéma français. Non mais putain, y'a que nous pour tourner des comédies musicales avec des acteurs qui ne savent pas chanter !!!! Mais voilà, ça serait trop demandé que les acteurs hexagonaux aillent prendre des cours de chant entre deux tournages. Il suffit de revoir Moulin Rouge ou Chicago pour voir la différence avec leurs collègues américains qui ne perdent pas une occasion de se perfectionner.
Un petit mot enfin sur 88 minutes, thriller efficace mais sans imagination. Moralement un peu douteux, ce film ne marquera pas l'histoire du cinéma, mais bon, se laisse voir.
26/05/2007 : Zodiac

D'habitude, j'aborde le commentaire sur un film dans cette rubrique sous un angle original. Cette fois, même en cherchant bien, je n'en ai pas trouvé pour parler de Zodiac. Je me contenterai donc d'en vanter la grande qualité et à tout point de vue. Remarquablement écrit, remarquablement réalisé, remarquablement interprété, ce film est l'éclair dans cette grisaille pré-cannoise. Zodiac n'est pas un film policier, n'est pas un thriller, mais un film centré sur ses personnages et leur obsession sur cette affaire qui a fait trembler l'Amérique pendant près de deux ans. Ce film réussi là où le Dahlia Noir a totalement échoué. Passionnant de bout en bout malgré sa longueur, Zodiac est le film à voir en ce moment !
16/05/2007 : A défaut de génie, choisissons l'efficacité

Bon, je ne vais pas ressortir mon couplet sur la comparaison entre le cinéma français et le cinéma américain... mais un peu quand même !
Le film de procès est un genre qui n'appartient quasiment qu'au cinéma américain. Hollywood en produit un certain nombre chaque année, avec des réussites diverses. Pourtant, on est rarement déçu. Une grande maîtrise technique et scénaristique font généralement des ces films des divertissements réussis.
La Faille fait partie de cette famille. Sans réel génie, à part le talent d'Anthony Hopkins (qui joue tout de même un peu toujours sur le même registre), ce film arrive tout de même à captiver le spectateur et à lui faire passer un très bon moment. Le renversement de situation final attendu (dans le sens où il y'a toujours un renversement de situation final) est passablement réussi et crédible. Bref dans le désert cinématographique de ces dernières semaine, La Faille peut vous pousser à nouveau à fréquenter les salles obscures.
02/05/2007 : Trois, c'est bien, mais ça suffit

Spider-Man 3 est le premier de la série des sequels qui s'annoncent. Pirates des Caraïbes, Shrek, Die Hard et Harry Potter sont sur les rangs du titre de meilleure suite 2007. L'homme araignée avait déjà une longueur d'avance par la qualité des premiers volets. Le troisième opus se montre à la hauteur, même si un certain essoufflement se fait sentir.
Les qualités de la série sont toujours là, même si le film se veut plus grave et misent un peu moins sur l'humour. Pourtant, c'est dans les moments les plus légers que le film ravit le plus le spectateur. Les scènes d'actions n'apportent rien de nouveau par rapport aux films précédents. Et puis quelques éléments du scénario sont un peu limite... comme la météorite qui tombe au-milieu de Central Park, sans générer beaucoup de dégât et que personne ne remarque... Super crédible ! Bref, Spider-Man 3 reste un divertissement de grande qualité, mais sans plus. Il serait donc bon que la série s'arrête là ! Mais bon, connaissant les producteurs d'Hollywood...
27/04/2007 : USA 1 France 0


J'avais débuté cette rubrique par une éloge du cinéma français. J'y avais formulé un espoir sur un changement de mentalité des réalisateurs hexagonaux. Depuis, plusieurs déceptions cinématographiques me font dire que rien n'a fondamentalement changé !
Très bien, merci est un vaste gâchis. Une histoire fondamentalement intéressante, originale, une sorte de Brazil réaliste à la française. Mais voilà, une réalisation molle, sans imagination, un rythme de narration sans aucun souffle font que le film fait plus que flirter avec le "chiant comme la pluie" !
Les Oubliées de Juarez est un film assez fort par moment, poignant, critique d'une extrême violence contre le libre échange incontrôlé... Mais au milieu de ça, une chanson de Juanes presque intégralement joué par le changeur lui-même et un plan en ombre chinoise de la belle J-Lo, mettant en valeur sa croupe généreuse. Un mélange des genres un peu étrange, presque dérangeant. Mais voilà, un constat s'impose... on ne se fait pas chier ! C'est quand même le minimum qu'on demande à un film, non ?
24/04/2007 : Il fait beau !

Il fait très beau dehors, donc je me suis dit c'est l'occasion rêver de voir Sunshine. Sauf que dans ce film, le soleil est sur le point de s'éteindre et des humains sont donc envoyés pour tenter de le rallumer... Ok, ça a un petit côté Armageddon dit comme ça, mais c'est quand même nettement mieux que cette bouse galactique.
Enfin, Sunshine n'est pas parfait
non plus. Certaines séquences sont tournées comme un clip vidéo, à coup de
flou artistique et de vue subjective. C'est parfois un peu pénible et vient gâcher
une histoire bien foutue, d'autres séquences assez grandioses et même un côté
poétique très agréable, sans être lourd. Bref, un bon film globalement, mais qui souffrent
des défauts habituels des films de Danny Boyd.
21/04/2007 : Vraiment flippant !

Il y'a des films d'horreur qui font vraiment peur, surtout lorsque ces films d'horreur s'avèrent être des... documentaires ! Jesus Camp est sans doute ce qui m'a été donné de voir au cinéma de plus terrifiant, de plus effrayant. Ce film est un documentaire sur les évangélistes américains qui endoctrinent les jeunes enfants pour en faire des membres de leur "armée de Dieu".
Lorsque l'on voit de jeunes adolescents commettre des attentats suicide en Palestine, cela nous semble si loin, tellement compréhensif à la vue de la misère et de la violence dans lesquels ils ont grandi. Mais voir des enfants issus des banlieues cossues des grandes villes américaines, nés dans le confort de l'Occident, lever la main quand on leur demande s'ils sont prêts à mourir pour Jésus, cela se heurte tellement fort à notre capacité de compréhension que l'on s'en retrouve bouleversés, secoués aux fondements de notre raison.
Au-delà de ça, Jesus Camp souffre de quelques faiblesses. Le film est essentiellement constitué d'images brutes. Cela fait leur force mais l'absence de commentaire et surtout l'absence de mise en perspective nuit à la profondeur et la pertinence du propos. A prendre avec des pincettes donc !
17/04/2007 : Le billet que j'aurais pu écrire

Voir deux films racontant la même histoire sortir à quelques semaines d'intervalle n'est pas quelque chose de très fréquent. Cela vient de se produire avec Truman Capote et plus récemment Scandaleusement Célèbre. Evidemment, l'idée qui vient tout de suite pour parler du second, c'est de le comparer avec le premier. Mais voilà, je n'ai pas vu Truman Capote, je n'ai donc pas l'élément de comparaison adéquate qui m'aurais permis d'écrire ce bijou de billet sur mon blog. Et oui la vie est cruelle.
...
Ah oui au fait, Scandaleusement Célèbre est quand même une très bon film qui mérite d'être vu.
15/04/2007 : L'Afrique toujours à l'honneur

Décidément, c'est l'année de l'Afrique au cinéma. Après le très bon Blood Diamond et l'excellent Le Dernier Roi d'Ecosse, voici Goodbye Bafana. Encore une fois, ce film mêle avec bonheur un contenu très intéressant avec une réalisation à la hauteur !
Le scénario de Goodbye Bafana est un point de vue original sur l'histoire puisque ce film ne raconte pas la captivité de Nelson Mandela, mais la vie de son geôlier, son parcours, ses doutes, ses interrogations. Pourtant le film n'est jamais ennuyeux. Les sentiments sont bien décrits, réalistes et ne pèsent jamais un scénario bien rythmé. L'interprétation est sobre et tout à fait crédible, ce qui est toujours difficile quand il s'agit de personnages historiques.
Un film à conseiller qui apporte un peu de lumière dans ces semaines assez mornes au niveau des salles obscures.
09/04/2007 : Les chiens ne font pas de chats,...mais des chiots

Les contes de Terremer est le dernier film de Miyazaki. Mais pas de Hayao, mais de son fiston, Goro. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dernier marche dans les traces paternelles. Son film ressemble à tout point de vue à un film de son père. Histoire, thèmes abordés, couleurs, graphisme... Bien sûr, il y'a la patte Studio Ghibli omniprésente, mais l'influence d'Hayao Miyazaki se fait sentir bien au-delà de ça.
Mais voilà, Goro n'est pas encore tout à fait Hayao. Les Contes de Terremer est un très beau film d'animation, mais très certainement pas un chef d'œuvre. Il manque la créativité débridée et le souffle épique qu'insuffle son père dans ses films. Mais, on peut espérer que cela vienne peu à peu et que ses prochaines oeuvres prendront place au panthéon du 7ème art en compagnie de celles de son père.
30/03/2007 : Coup de cœur !

J'ai vu la bande-annonce de La Tête de Maman quasiment une bonne dizaine de fois, et je dois bien avouer, cela ne me disait trop rien. J'y suis finalement allé et je ne le regrette pas une seule seconde. Ce film est mon coup de cœur du mois, voire même de ce début d'année !
Coup de cœur pour cette histoire touchante, mais aussi coup de cœur pour Chloé Coullod, la jeune actrice qui interprète le rôle de Lulu. Sa prestation est largement à la hauteur de Karine Viard, avec qui elle partage l'affiche. Et vu l'immense admiration que j'ai pour cette dernière, ce n'est pas la moitié d'un compliment !
Bref, la Tête de Maman, courrez-y !
24/03/2007 : Si Ozon osait !

François Ozon est très certainement un des élèves les plus doués du cinéma français. Il a même un bon potentiel de premier de la classe. Ses oeuvres soignées remportent de bonnes notes dans toutes les matières : scénario, photographie, direction des acteurs, montage... Bref tout est bien, tout est limite parfait. Pour un film de fin d'études, c'est sûr que l'on frôle le 20/20...
Angel est dans la même lignée de tous les films de François Ozon. On ne peut rien lui reprocher. De même, dans sa carrière, il s'est essayé à de nombreux genres avec le même bonheur... et les mêmes défauts. Je sais que je suis un peu sévère avec un si bon élève. Mais voilà, je trouve que dans tous ses films, il manque un je ne sais quoi, qui porte d'autant bien son nom que cela semble difficile à définir. Ces films ressemblent tous plus à des exercices de style scolaires qu'à une réelle création. Pourtant, ses films ne manquent pas de créativité, d'inventivité et d'originalité... mais bon, l'impression reste la même. On reste un peu sur notre faim en se disant qu'un petit quelque chose en plus rendraient non plus ses films non plus brillants mais géniaux ! Ce n'est pas le cas pour Angel, peut-être pour le prochain !
24/03/2007 : Faites l'amour, pas la guerre !


En deux jours, j'ai été voir quatre films au cinéma. Deux plutôt guerriers, deux autres très romantiques ! Et contrairement à ce qui se passe malheureusement dans la vie, l'amour l'a largement emporté !
Commençons pas la grosse bouse parmi les quatre, j'ai nommé 300. C'est laid, con et sans intérêt. Si l'univers de Franck Millard avait été parfaitement rendu à l'écran dans Sin City, là, l'adaptation est désastreuse et se résume à des hommes bodybuildés criant "Spaaaaaaaaaaaaartians" pendant deux heures.
L'autre film guerrier fut La Cité Interdite. Comme pour Hero, du même réalisateur, j'ai été un peu déçu. Les scènes de combat ou bien le ballet des serviteurs de l'Empereur sont superbes d'un point de vue purement chorégraphique. Mais à côté de ça, l'histoire, faite d'intrigues de palais bavardes, plongent le spectateur dans un profond ennui. Heureusement, la dernière demi-heure est assez sublime pour que l'on sorte de là sur une impression quand même favorable.
Heureusement, cette semaine cinématographique m'a permis aussi de voir deux films des plus réjouissants. Le Come-back est une comédie romantique reposant sur le talent de deux grands acteurs du genre, Hugh Grant et Drew Barrymore. Mail l'alchimie fonctionne à la perfection et le talent et le charme de nos deux protagonistes sont suffisants pour faire passer au spectateur un excellent moment dont il ressort amoureux (du beau Hugh ou de la magnifique Drew selon vos orientations sexuelles).
Enfin, le trophée du meilleur film de ces deux jours revient haut la main à Ensemble, c'est tout, comédie romantique et humaniste, chargée d'émotion mais sans jamais être lourde. Un beau message sur l'importance des rapports humains mais qui pas son humour et sa subtilité passe comme une lettre à la poste. Rien de mièvre ou de sirupeux mais du pur bonheur pour le spectateur.
17/03/2007 : Humour Danois

Lars Von Trier est certainement un des réalisateurs les plus créatifs et les plus doués de notre époque. Figure de proue du Dogme, école cinématographique assez particulière (en gros, pourquoi cadrer, ça ne sert à rien, c'est mieux de filmer deux acteurs avec l'un des deux qui sort à moitié de l'image...), ses films ne laissent jamais indifférents.
Il avait jusqu'à présent plutôt donné dans le drame avec le sublissime et boulverssantissime Breaking The Waves, le très réussi Dogville, mais aussi le pas réussi du tout Dancer in The Dark. Avec Le Direktor, il signe une comédie plutôt légère, même si certains y verront une critique acerbe du capitalisme.
La réussite n'est pas totale mais Le Direktor recèle quelques scènes d'anthologie, situations ubuesques, quiproquos savoureux, dialogues de sourd hilarants. Il contient aussi quelques longueurs. Reste la manière de filmer si particulière. On aime ou on amie pas, mais franchement, je ne suis pas sûr que cela apporte beaucoup au film. Certes, cela donne un côté décalé dans la mise en scène, en accord avec ce même côté décalé du scénario et des personnages. Mais cela plonge le spectateur dans une sorte de malaise peu compatible avec le rire, qui est manifestement le but du film. Bref, Lars Von Trier aurait mieux fait de laisser de côté deux secondes ses principes et se mettre à filmer comme tout le monde, il aurait très certainement réalisé un meilleur film.
14/03/2007 : Ah les beaux nanars !

Hier soir, pour une raison que j'ignore, j'ai eu envie de me faire une petite soirée nanar ! Vive les cartes UGC ! Je me suis donc rendu au cinéma pour aller voir Ghost Rider et Taxi 4. Et je ne peux pas dire que j'ai été déçu !
Ghost Rider est un vrai bon nanar qui se laisse regarder. Quand on le prend au second degré, on prend un certain plaisir à le regarder, surtout que l'histoire est assez rythmée pour que l'on jne s'ennuie pas !
Taxi 4 est juste une merde, tellement affligeante que j'avais envie de sortir avant la fin.
Du coup, pour ne pas rester sur cette merde, j'ai décidé d'enchaîner avec un troisième film (3 films dans la soirée, une grande première), les Témoins. Bon évidemment, ce film n'est pas tout à fait à ranger dans la même catégorie que ses deux prédécesseurs. L'histoire est d'un grand intérêt, plus touchante que bouleversante. Les acteurs sont excellents. Mais bon, malgré tout le respect du à André Téchiné, c'est filmé comme un téléfilm des années 80. Le pire reste le générique, avec des gros caractères en Arial rouge baveux, qui rappelle même plutôt un film d'entreprise des années 70. Même avec notre table de montage de Grignon, en première année d'école d'ingénieur (ce qui nous remonte à 1999, comme le temps file...), on aurait réussi à faire plus joli... C'est dommage, franchement dommage...
11/03/2007 : Vive le Glamour !

En France, lorsque l'on fait un film sur le monde de le musique cela donne les excellents Podium et Jean-Philippe. Aux Etats-Unis, ça donne Dreamgirls. A nous l'humour, à eux le Glamour ! En fait, c'est très bien comme ça, chacun excellant dans sa spécialité !
Bon disons le tout net, Dreamgirls n'est pas la comédie musicale de la décennie, ni même celle de l'année espérons-le. Mais bon, elle donne l'occasion d'admirer la plastique de Beyonce et d'écouter de la musique sympa pendant deux heures. Y'a des strasses, des paillettes, un petit côté comédie musicale à l'ancienne sympatoche. Bref, un petit film à voir le chaud un soir d'hiver quand on a envie de rêver un peu !
11/03/2007 : Rapports malsains

Ces derniers jours, plusieurs films sur la paranoïa, la folie et les rapports malsains qui en découlent ont fleuri sur nos écrans, dans des genres très différents. Aucun n'est vraiment un chef d'œuvre, mais le nombre fait que je vais m'y arrêter deux secondes.
Le premier de ces films, Bug, est une espèce d'OVNI cinématographique assez indescriptible. Un film qui m'a laissé une impression tellement bizarre que je ne sais pas si j'ai aimé ou pas. Je me suis fait chier par moment, ça c'est sûr, mais l'impression globale reste indéfinie. En tout cas, je n'ai jamais vu un film où autant de gens quittaient la salle au cours du film. Il faut dire que ce film est quand même très dérangeant, parfois insoutenable, notamment une scène où un personnage se retire les dents avec une pince. Bref, un film inclassable.
Le second, Le Nombre 23, est un film américain tels qu'Hollywood sait en faire à la chaîne. Efficace, bien foutu, on ne passe pas un mauvais moment, mais on sait que le film ne restera pas gravé dans nos mémoires. On retiendra juste un rôle inhabituel pour Jim Carrey, un acteur qui mériterait de figurer dans de bien meilleurs films que ceux qui ont pour l'instant marqué sa carrière.
Au final, le film le plus intéressant des trois est Chronique d'un Scandale, un film anglais avec Cate Blanchett et Judi Dench. L'intérêt du film repose d'ailleurs en grand partie sur la performance des deux actrices. La froide Cate Blanchett réussit ici ce que l'on pensait impossible pour elle, apparaître comme un objet de désir, débordant de sexualité. Judi Dench est ici égale à elle-même, c'est à dire immense. Reste une histoire pas toujours complètement convaincante qui dessert plus le talent de l'interprétation que l'inverse. Dommage.
04/03/2007 : Question de point de vue

Lettres d'Iwo Jima ne restera pas le plus grand film de Clint Eastwood d'un point de vue purement cinématographique. Un peu longuet, le film manque du "je ne sais quoi" qui fait les grands films. Cependant, ce film reste tout de même d'un grand intérêt du fait du point de vue particulièrement original du scénario. Si l'histoire est toujours écrite par les vainqueurs des guerres, les scénarios le sont aussi très souvent. Les battus des guerres en sont souvent réduits à servir de chair à pistolet, fusil ou canon des héros, qui font toujours partie du camp des vainqueurs. Leur mort à l'écran n'inspire que rarement de pitié aux spectateurs. Elle ne fait le plus souvent qu'augmenter la gloire du héros. Pourtant les guerres sont des drames qui envoient à une mort certaine bien des gens qui ne sont là que parce qu'ils y ont été forcés.
"Les Tyrans qui sont cause des guerres n'en meurt jamais, on ne tue que les innocents" dit la chanson. Et bien Lettres d'Iwo Jima est un bel hommage à tous ces innocents que la défaite envoie souvent dans les oubliettes de l'histoire.
21/02/2007 : L'Afrique au cinéma

Pendant longtemps, l'Afrique a été pour le cinéma une terre propice aux films d'aventures, où les indigènes passaient pour des gens plutôt simplets. Sans remonter au premiers Tarzan, avec Johnny Weissmuller, on pourra citer African Queen ou encore Aux Sources du Nil. Et quand il ne s'agissait pas d'un film d'aventures, on pouvait voir de belles productions, des cris d'amour au contient noir, mais le plus résultat était souvent un peu mièvre, comme Out of Africa. Mais les vrais problèmes de l'Afrique, les drames humains qui s'y nouent, ne constituaient que rarement le sujet principal d'une grosse production hollywoodienne.
Les choses semblent changer puisque nous avons pu voir récemment deux excellents films sur nos écrans traitant des problèmes de violence politique de l'Afrique de manière réaliste. Si j'ai évoqué Blood Diamond un peu plus loin dans ce blog, je ne peux que vous recommander chaudement Le Dernier Roi d'Ecosse. Ce dernier traite de l'arrivée au pouvoir d'Idi Amin Dada, dictateur sanguinaire qui a dirigé l'Ouganda de 1971 à 1979. L'interprétation de Forest Whitaker est a mettre en parallèle à celle de Marion Cotillard dans La Mome. En effet, il rentre dans la peau du personnage de manière impressionnante, le mimétisme étant même physique. Mais contrairement à la production française, Le Dernier Roi d'Ecosse brille à tout point de vue. Le reste de la distribution est à la hauteur, ainsi que la réalisation. Mais c'est surtout le scénario qui rend ce film particulièrement intéressant. En effet, le dictateur n'est pas le personnage principal de ce film. Cela évite que ce dernier ne repose entièrement sur la performance de Forest Whitaker mais développe une histoire intéressante indépendamment de cela. Bref, comme Blood Diamond, Le Dernier Roi d'Ecosse est à la fois un film spectaculaire et instrucif, distrayant et profond. Du grand cinéma comme en méritait l'Afrique !
17/02/2007 : Passer près du chef d'œuvre...

Une chose est sûre lorsque l'on voit La Môme, il est inutile de chercher plus loin le César de la meilleure actrice 2007, il s'appelle Marion Cotillard. Je pense même que si l'on devait décerner un César de la décennie, je ne vois pas qui pourrait le lui contester tellement sa performance est hors du commun et échappe à tous les superlatifs. Elle véhicule une émotion quasi surnaturelle, fusionnant avec son personnage comme peu d'actrice l'on réussit depuis le cinéma est cinéma.
Cependant, La Môme laisse un goût d'inachevé. Ca si la performance de Marion Cotillard suffit à en faire un film à voir absolument, le reste est loin d'être à la hauteur. La réalisation et le montage en particulier. L'histoire est racontée avec une certaine déconstruction chronologique, dont l'intérêt ne saute pas aux yeux. Elle cause même un confusion certaine dans le récit. On perd souvent le fil de la chronologie des derniers jours de la chanteuse. Déjà que raconter une vie aussi riche en deux heures donne forcément une impression de survol, ce choix artistique est franchement discutable. Quant à la mise en scène, elle recèle quelques bonnes idées, mais reste très classique et sans grand brio.
Dans un genre totalement différent, Hannibal Lecter, les origines du mal souffre un peu des mêmes maux. Un bon scénario, une réalisation soignée, un Gaspard Ulliel très convaincant... mais une impression qu'il ne manque pas grand chose pour que le tout prenne une dimension supplémentaire. Enfin le pas grand chose aurait surtout consister à éliminer le personnage interprété par Gong Li qui frise franchement le ridicule. C'est dommage ! Enfin, rien ne vaut quand même un bon Silence des Agneaux.
13/02/2007 : Deutschland über alles

Le cinéma allemand nous a longtemps été synonyme de Wim Wenders et donc disons le tout net des films un tantinet chiants. Mais ces derniers temps, il nous a livré deux petites pépites. Le sujet est le même, la vie en ex-RDA, mais l'approche est très différente. Goodbye Lenin ! était une comédie relativement légère, à la fois drôle et touchante, traitant les difficultés d'insertion des "Ossies" dans la nouvelle société allemande remaniée à l'image de l'ancienne RFA. La Vie des Autres est aussi particulièrement touchant, mais l'émotion est tout autre ! Beaucoup plus dramatique et intense. La Vie des Autres est un film magnifique, magistralement interprété. La dame qui a fondu en larmes à la fin du film deux rangs derrière moi peut en témoigner ! Bref un film à voir sans aucune retenu, un de ces films qui rendent moins con !
11/02/2007 : Sur la qualité des acteurs

Si pour moi, un grand acteur ne fera jamais à lui tout seul un grand film, il y contribue fortement. Molière est un très bon exemple de film reposant en grande partie sur la qualité de sa distribution mais sa force réside aussi dans la qualité de son scénario, rythmé et vraiment drôle, de sa réalisation, de ses décors, de ses costumes... Tout cela est peut-être moins visible, moins frappant, mais ils constituent l'écrin indispensable pour que les acteurs du film puissent rayonner de tout leur talent et réjouir le spectateur.
Romain Duris est incontestablement un très bon acteur. Mais qu'est ce qui le sépare encore d'un grand acteur, comme Johnny Depp, pour moi le plus grand des acteurs actuels ? En fait, je pense tout simplement qu'un grand acteur devient le personnage qu'il interprète alors que le très bon acteur réussit à ce que son personnage devienne lui-même. Dans Molière, Romain Duris campe un Jean-Baptiste Poquelin très convaincant... mais fait quand même du Romain Duris. Si l'école française d'interprétation est peut-être la meilleure au monde, elle recèle tout de même un défaut majeur. Elle tend à inciter les acteurs à transformer les personnages pour qu'ils leur ressemblent et non l'inverse. Philippe Noiret faisait du Philippe Noiret malgré son immense talent. Quand à Depardieu.... n'en parlons même pas. Cependant, leur talent est si grand qu'on leur pardonne sans regret et on se délecte sans fin de les voir évoluer !
07/02/2007 : Il a bien grandi le petit Leo

Après avoir dit du bien du cinéma français, je vais encore accomplir un geste héroïque, extraordinaire, surprenant et totalement inattendu venant de moi... je vais encenser Leonardo Di Caprio. Pour replacer les choses dans leur contexte, à une époque (celle de Titanic pour ne pas la citer), je pense que si j'en avais eu l'occasion, je lui aurais bien lacérer le visage. Bon, je sais ça peut paraître un peu cruel et totalement disproportionné, mais que voulez-vous, je suis comme ça. Sa petite gueule de gamin prépubère ne me revenait pas, mais alors pas du tout. Et puis, la mutation s'est amorcée. Dans Arrête-moi si tu peux, j'ai été forcé d'admettre qu'il possède un certains talent d'acteur (même si dans ce film, à un moment, il est sensé avoir 16 ans). Dans Gangs of New York, avec son petit bouc d'adolescent qui veut paraître adulte, je me suis dit que le talent de Scorcese était trop fort pour mettre la moindre réserve à la qualité de ce film. Dans Aviator... bah, je me suis dit "ça y'est il fait adulte !". Et enfin, arriva Blood Diamond. Là, je suis obligé de l'admettre, je ne peux plus le nier, c'est un grand acteur ! Sa nomination aux Oscars pour le ce rôle, dont il est grand favori, est amplement mérité !
Un petit mot sur le film tout de même : un grand film d'aventures, spectaculaire, mais qui véhicule un message fort en décrivant avec réalisme le drame poignant de la guerre civile en Sierra Leone. De grands acteurs aussi, au-delà du beau Leo. Seul petit reproche, une fin qui avait tout pour être réussi, brillante sur le fond, mais un peu lourdingue sur la forme. Mais franchement, globalement, c'est un excellent film à tout point de vue !
04/02/2007 : C'est dans les vieux pots...

Le jour où j'ai appris que le sixième épisode de la série des Rocky étaient sur le point de sortir dans nos salles obscures, j'ai du pencher entre le rire et la consternation. Et puis, la bande-annonce et les bonnes critiques sont arrivées, alors je me suis laissé tenter. Je n'ai certes pas assisté au chef d'œuvre du siècle, ni même à un excellent film comme peut l'être le premier volet de la série, mais en tout cas, je ne regrette en rien d'y être allé. Le parallèle avec le premier volet est particulièrement marqué et pas qu'au niveau de la qualité. On retrouve ce qui fait l'intérêt du personnage de Rocky, un brave type simple, limite benêt mais qui par sa volonté et son abnégation arrive à forcer le respect et tirer le maximum de ses capacités. En fait, ce sixième épisode partage avec le premier le fait qu'à la fin, notre boxeur perd son combat mais d'une manière qui lui permet de ne rien regretter et d'être fier de ce qu'il a accompli. Bref, ces deux films transmettent ce message simple : donnez le meilleur de vous-même, c'est tout ce qui compte, qu'importe si vous ne devenez pas champion du monde. Une leçon simple et de bon goût !
Et puis, il y'a dans Rocky Balboa un grand moment de cinéma. Un moment que l'on retrouve dans tous les épisodes de la série mais qui a pris une dimension mythique et que l'on prend plaisir à retrouver. Il s'agit de la séquence où l'on voit notre Rocky s'entraîner avec acharnement, dans différents endroits, de différentes façons, avec en fond sonore le célèbre thème qui a contribué au succès de la série. Retrouver cette séquence au milieu d'un film de qualité nous fait prendre un plaisir fou, nous rappelant le plaisir que nous avons ressenti la première fois que l'on a vu cette scène dans le premier épisode. De toute façon, on est venu voir un Rocky, donc on est venu voir cette scène et l'on doit patienter plus d'une heure avant d'y avoir droit. Alors on savoure ! Surtout que cette fois, ça devrait vraiment être la dernière fois !
La carrière de Sylvester Stalone est quelque peu étrange. Il possède l'image d'un acteur de film d'action de série Z, sans grand talent autre que ses muscles (qui même à 60 ans forcent encore l'admiration). On l'associe volontiers à Arnold Schwarzeneger. On pourrait même facilement affirmer que ce dernier a tourné dans un nombre bien plus important de très bons films (Conan le Barbare, Predator, Terminator, Last Action Hero, Total Recall, Jumeaux...) alors que Stalone est surtout connu pour la série des Rocky et des Rambo dont l'image est plutôt ceux ce films d'action sans intérêt. Mais il y'a là un grand malentendu. Peu de gens se souviennent que le premier Rambo a reçu l'Oscar du meilleur film et que ces films ont été réalisés par Stalone lui-même. Je pense que Sylvester Stalone a beaucoup nuit à sa image en laissant se réaliser des suites à rallonge de deux films qui ont réellement marqué l'histoire du cinéma par leur qualité. Et pour ceux qui voudraient se réconcilier définitivement avec Stalone (chevalier des Arts et des Lettres au passage), je vous conseille de vous précipiter sur Copland, un vrai chef d'œuvre, sans doute le meilleur film dans lequel Stalone ait joué.
03/02/2007 : Adapter n'est pas jouer

C'est bien connu, les scénaristes sont depuis plusieurs décennies à court d'idées. L'adaptation d'un roman a succès est donc devenu le meilleur moyen de pondre un scénario près à cartonner au box-office !
Dans la plupart des cas, adapter un roman, c'est l'appauvrir pour n'en garder que ce qui peut tenir dans la durée d'un film (1h30-2h généralement) avec un rythme de narration forcément supérieur. Adapter, c'est donc choisir ! Choisir ce que l'on enlève et ce que l'on garde. Cela nécessite également souvent de modifier quelque peu l'histoire ou les personnages car un bon personnage de roman n'est pas forcément un bon personnage de cinéma. Bref, c'est un exercice périlleux qui nécessite beaucoup de talent pour que la personne qui a lu le roman apprécie également le film.
Ces derniers mois, j'ai eu l'occasion de voir plusieurs films issus de romans que j'ai lu volontairement avant d'aller voir le film : Le Diable s'habille en Prada, Le Parfum, le Dahlia Noir, Eragon et Pars vite et reviens tard.
Étonnamment, le film que j'ai le plus apprécié dans cette liste est celui adapté du roman que j'ai le moins aimé : le Parfum. Cependant, même si je trouve le roman assez crétin par moment, il m'est surtout apparu très difficilement adaptable, car basé en grande partie sur la description d'odeurs, exercice déjà difficile par écrit, carrément surhumain à l'image. Pourtant le roman fut parfaitement adapté. J'ai donc particulièrement pris plaisir à voir ce film car j'ai pu mesurer tout au long de l'histoire la réussite de l'adaptation. Le côté crétin de l'histoire ne m'a pas dérangé puisque je m'y rendais en connaissance de cause. Je cherchais donc autre chose en allant voir ce film et je l'ai trouvé.
L'autre réussite, mais dans une moindre mesure, est Le Diable s'habille en Prada. Bien sûr, le roman est dix fois plus intéressant, mais le parti-pris a été de faire un film plutôt léger et sans grande prétention. L'appauvrissement est net mais découle d'un choix cohérent et tout à fait compréhensible. Mais la plus grande réussite de ce film est dans l'adaptation à l'écran du personnage de la patronne tyrannique, transformant le personnage de roman en vrai personnage de cinéma, impeccablement interprété par Meryl Streep. En effet, dans le livre le personnage est passablement inhumain, assez peu décrite finalement, à la fois omniprésente mais sans réelle profondeur. Un tel personnage n'aurait pu être représenté ainsi à l'écran sans tomber dans la caricature grossière car le fait de la voir avec deux bras, deux jambes, des expressions, un regard la rend forcément plus humaine et subtile. Bien sûr, cela modifie quelque peu la fin de l'histoire, lui donnant un léger côté "Happy End" que certains pourront trouver regrettable, mais je pense au contraire qu'il était inévitable pour que le personnage de la patronne reste réaliste et cohérent. Il aurait inintéressant d'en faire, comme dans le livre, où elle fait en fait simplement partie du décor, une femme simplement inhumaine et cruelle, sans faille dans l'armure qu'elle s'est construite. Cette transformation n'étais pas forcément simple à réaliser mais j'ai trouvé que l'équipe du film y est remarquablement parvenu.
Passons rapidement sur le massacre absolu que représente Eragon. Ce n'est pas compliqué, tout ce qui était intéressant et original dans le livre a été balayé et il ne reste que les éléments les plus crétins (le roman a été écrit par un adolescent, est très plaisant à lire, assez passionnant même parfois, mais aussi imparfait par un manque évident de maturité de l'auteur).
Le Dahlia Noir est lui aussi plutôt un échec, confirmant que Brian de Palma est loin de son lustre d'antan. Cependant, à sa décharge, la tâche était ardue car les romans de Ellroy sont toujours des pavés fourmillant de personnages. En faire un film, c'est donc tailler le roman à la tronçonneuse et lui faire perdre une grande partie de son intérêt.
Je finirai avec le plus récent, mais aussi celui qui m'a le plus déçu : Pars vite et reviens tard. On peut ici parler, comme pour le Dahlia Noir, de la difficulté d'adapter les romans noirs, dont l'intérêt repose souvent sur la psychologie de ses personnages, que les contraintes du cinéma ne permettent pas toujours de développer suffisamment pour qu'ils gardent leur intérêt. C'est ce qui se passe dans Pars vite et reviens tard, mais pour moi l'échec va plus loin. Les modifications apportées ponctuellement à l'histoire m'ont souvent surpris et pas dans le bon sens du terme. Quand on adapte une romancière aussi talentueuse que Fred Vargas, il me semble tout à fait superflu d'apporter des modifications à une histoire d'aussi grande qualité. Le résultat est logique : la nouvelle histoire est moins bien que l'originale alors qu'il n'y avait pas forcément de raison de changer. Dommage !
Évidemment, ma réaction face à tous ces films auraient été différente si je n'avais pas lu les romans juste avant. Cela prouve encore une fois à quel point l'exercice de la critique est un exercice subjectif !
17/01/2007 : Un grand moment d'érotisme

Maggie Gyllenhaal est une charmante personne. Déjà, elle a sûrement les plus yeux d'Hollywood. De plus, elle joue dans un film en tout point remarquable : Le Fabuleux Destin d'Harold Crick. Cela fait deux grandes qualités qui se trouvent sublimées dans un pur moment de bonheur cinématographique lorsque cette somptueuse actrice vous récite une liste de pâtisseries toutes plus appétissantes les unes que les autres, face à la caméra, les yeux dans les yeux avec vous... Bref, un moment qui donne faim... de beaucoup de choses...
Sinon, au delà de ça, Le Fabuleux Destin d'Harold Crick est une des bonnes surprises de ce début d'année. Une comédie plus que réjouissante, particulièrement originale et inventive, le tout servi par une distribution remarquable (Emma Thompson et Dustin Hoffman en seconds rôles quand même !). Bref, allez-y, remontage de moral garanti !
14/01/2007 : Vive le cinéma français !

Déjà écrire les mots du titre de ce billet m'étonne moi-même ! Et oui, moi qui ai tant pleurer le manque d'ambition, l'autosatisfaction générale, la médiocrité ambiante et l'absence totale d'autocritique du cinéma français, je me vois obligé aujourd'hui d'en faire la louange. Mais croyez-moi, ces louanges sont autant de cris non contenus de joie et de soulagement. Car toutes les critiques que j'ai pu formuler étaient celles d'un amoureux déçu. Qui aime bien, châtie bien. Oh cinéma français, je t'aime, c'est pour ça que je t'ai tant vilipender (j'aime bien ce mot !) mais aujourd'hui, je peux simplement me contenter, sans restriction aucune, de crier mon amour pour toi !
Quel meilleur symbole de ce nouvel élan qu'un Clovis Cornillac prenant à chaque rôle une dimension supplémentaire. Longtemps abonné au rôle de benêt rigolo, il campe dans Le Serpent un personnage inquiétant et machiavélique avec un talent qui force l'admiration. Du niveau de Sergi Lopez dans Harry un ami qui vous veut du bien. C'est dire ! Mais pour ce film, c'est toute l'équipe qui est à saluer ! Yvan Attal en victime dépassée par les évènements est plus que convaincant. Et tout cela soutenu par une réalisation de qualité, un scénario rythmé, une photographie de haut niveau et une musique qui colle à l'intrigue. Bref un vrai thriller à l'Américaine... mais à la Française quand même !
Les maux qui collaient aux films français des dernières décennies étaient nombreux : manque de rythme du scénario (le pire des maux du cinéma français à mon avis), un manque d'ambition totale dans la réalisation (et oui, un film c'est aussi des images qui bougent, de la musique, de la lumière, du bruit, de la fureur... bref un spectacle autant qu'un art), des personnages supposés profonds et intéressants, mais le plus souvent ne ressemblant à rien que l'on puisse connaître, des situations qui se doivent réalistes, comme si les histoires que l'on raconte se devaient de l'être... Heureusement, face à ces carences, restaient ces atouts uniques que représentent les acteurs français, sans doute les meilleurs au monde (ce qui contraste avec la médiocrité de nos réalisateurs et scénaristes qui se reposent le plus souvent entièrement sur le talent des acteurs), cette tradition de donner de l'épaisseur aux personnages et enfin, ce talent pour finir les histoires (talent totalement absent du cinéma américain).
Il semblerait qu'une nouvelle génération de réalisateurs et d'acteurs français aient enfin compris que l'on pouvait conserver toutes les qualités du cinéma hexagonal tout en se débarrassant de ses habituels défauts. Schématiquement, mêler ce qu'il y'a de meilleur dans les cinémas français et américains ! Cette fusion, le cinéma britannique l'a depuis longtemps réalisé et mérite largement, pour moi, le titre de meilleur cinéma du monde en terme de qualité et de richesse. Il n'y a aucune raison pour que le cinéma français ne puisse faire de même. Les Anglais nous ont piqué les JO, on ne va pas non plus tout leur laisser ! Mais il existe de nombreuses raisons de croire que la mutation est en marche.
Evidemment, mon optimisme ne vient pas du seul Serpent. Tout a commencé avec Indigènes. Si on a beaucoup parlé du thème du film, on a quelque peu oublié de parler de sa qualité cinématographique. Du rythme, du spectacle au service d'un vrai propos ! Si le succès fut tel et les récompenses si nombreuses (à Cannes et, on peut le parier, aux Césars), ce n'est pas simplement du fait de l'émotion provoquée par l'histoire racontée dans notre mémoire collective.
Ensuite, il y eu le fabuleux Ne le dis à Personne, pour moi le meilleur film de l'année 2006 derrière Little Miss Sunshine. Guillaume Canet confirme qu'il est un réalisateur de premier plan. Si son premier film, Mon Idole, était une petite déception du fait d'un scénario raté, ce film était déjà techniquement très prometteur ! Il confirme tous ces espoirs mais avec cette fois un scénario de haut niveau, passionnant et fascinant. Franchement, on dirait du Hitchcock !
Les vacances de Noël nous ont permis de découvrir trois comédies intelligentes, Mauvaise Foi (que j'ai vu en avant-première avec Cécile de France en vrai en face de moi, la chance !), Mon Meilleur Ami et Hors de Prix. Certes ce genre de films est un réussite habituelle du cinéma français, mais trois d'un coup, c'est rare. Des personnages sympathiques, des situations vraiment drôles, du rythme (capital dans une comédie !) tout en gardant un propos intéressant. Bref sans être des chefs d'œuvre, ces films sont l'archétype d'un cinéma français populaire de qualité ! Une qualité qui devrait être le minium requis pour qu'un film soit projeté sur grand écran !
Espérons que les sorties de ces dernières semaines ont été la preuve d'une évolution de fond du cinéma français. Mais avec la sortie prochaine des très prometteurs Truands et Pars vite et reviens tard, on peut l'espérer !