
Sherlock Holmes et son fidèle acolyte, le Docteur James Watson, ont encore devancé la police londonienne en arrêtant Lord Blackwood, auteur de trois meurtres rituels sur des jeunes filles. La veille de son exécution, il demande à parler une dernière fois au célèbre détective et lui annonce que l’affaire est loin d’être terminée et que d’autres morts allaient bientôt suivre.
La célèbre casquette à carreaux qu’arbore Sherlock Holmes dans l’imagerie habituelle n’est en rien une invention de Conan Doyle. C’est donc sans regret que Guy Ritchie s’est débarrassé de cet accessoire pour refaire du détective un mauvais garçon, bagarreur et abusant des substances illicites. C’est comme cela qu’il est décrit dans les romans originaux, ce qui n’aura pas échapper à tous les fans de la Vie Privée de Sherlock Holmes, le film de Billy Wilder.
Cette version de Sherlock Holmes se veut résolument moderne dans sa réalisation. Trop peut-être. On est trop souvent proche du clip vidéo, chaque plan ne dépassant rarement les 2 secondes. Franchement, c’est parfois un peu pénible, fréquemment superflu et surtout beaucoup trop systématique. Bref, une réalisation qui se veut survitaminée et pleine de punch, mais qui peut surtout provoquer migraines et vomissements. Guy Ritchie a sans doute pensé que cela donnait un style visuelle, ça cache surtout une grande médiocrité artistique.
Mais à côté de ça, le scénario de Sherlock Holmes est quant à lui de très bonne facture. De l’action, du suspense, des rebondissements, du mystère et une certaine complexité qui donne un vrai charme à ce film. Il permet surtout de faire naître deux vrais héros à la personnalité distincte, qui échappé aux pièges d’un trop fort manichéisme. Ce personnage de héros-mauvais garçon n’est pas non plus super original, mais il lui donne une vraie personnalité à la fois attachante et compatible avec une certaine noirceur.

Je pense que beaucoup d’entres vous, et là je parle aux filles, iront voir ce film pour le duo Robert Downey Jr et Jude Law. Il fonctionne ici à merveille. On pourra seulement regretter que le montage façon clip-vidéo écrase un peu le jeu des acteurs. Si je voulais être méchant, je dirais que c’est triste pour Jude Law, mais peut-être salutaire pour son complice… Mais cet avis n’engage que moi, car sur ce film aucun n’éclipse l’autre.
D’autres s’insurgeront sur le fait que l’intrigue ouvre clairement sur un deuxième épisode. De toute façon, ceux qui connaissent un peu l’univers de Sherlock Holmes n’auront pas trop de doute sur l’indenté de ce mystérieux personnage qui agit dans l’ombre. Mais bon, globalement, ce film est un agréable divertissement et on a plutôt envie d’en reprendre pour un tour. Après, on peut ne pas apprécier de se faire forcer la main, mais bon que voulez-vous, faut bien rentabiliser la franchise…
Sherlock Holmes n’est peut-être pas tout à fait à la hauteur de la légende artistiquement parlant. Mais bon, il peut vous permettre un bon moment de détente et de cinéma.
Fiche technique :
Production : Warner Bros Pictures, Village Roadshow Pictures, Silver Pictures, Wigram Productions
Distribution : Warner Bros Pictures France
Réalisation : Guy Ritchie
Scénario : Michael Robert Johnson, Anthony Peckham, Simon Kinberg, d’après les romans de Sir Arthur Conan Doyle
Montage : James Herbert
Photo : Philippe Rousselot
Format : 35mm
Décors : Sarah Greenwood
Son : James Mather
Musique : Hans Zimmer
Effets spéciaux : Chas Jarrett
Durée : 127 mn
Casting :
Robert Downey Jr : Sherlock Holmes
Jude Law : Docteur Watson
Rachel McAdams : Irene Adler
Mark Strong : Lord Blackwood
Eddie Marsan : Inspecteur Lestrade
Kelly Reilly : Mary Morstan
James Fox : Sir Thomas Rotheram