DOCTOR STRANGE IN THE MULTIVERSE OF MADNESS : Pas fou fou

Depuis quelques films, on commence à se demander si l’univers cinématographique Marvel n’est pas sérieusement en train de s’essouffler. En effet, cela fait un moment qu’il ne nous a pas offert un film soulevant un réel enthousiasme chez les fans. Même la réunion de trois Spider-man n’a pas suffit à donner naissance à un volet marquant profondément les mémoires. Seules les séries parviennent encore à faire vibrer les amateurs de super-héros. C’est pourquoi, ces derniers fondaient beaucoup d’espoirs sur Doctor Strange in the Multivers of Madness, surtout qu’il faisait revenir sur grand écran le personnage de Wanda, qui nous avait ravi dans l’excellent WandaVision. Et surtout, l’idée de revoir Sam Raimi aux commandes d’un film de ce genre était porteuse de beaucoup de promesses.

Le problème des promesses est qu’il faut les tenir et ce n’est pas toujours facile. Doctor Strange in the Multivers of Madness est plutôt un bon film à bien des points de vue. Cependant, il existe un léger décalage entre les ambitions qu’il porte et la qualité du résultat final. C’est distrayant, plutôt bien réalisé, porteur des vrais enjeux dramatiques pour l’univers dans lequel il se situe. On y retrouve la touche d’humour et d’autodérision qui a fait le succès des films Marvel. Malgré tout cela, quelque chose manque néanmoins. La multiplicité des films a fini par tuer tout réel effet de surprise. Jamais on ne se dit « ah je ne m’attendais vraiment pas à ça ». Du coup, on y trouve ce que l’on est venu chercher, mais quasiment rien de plus.

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ALWAYS SOMETHING (UV-TV), SONG IS WAY ABOVE THE LAWN (Karen Peris), LOCAL VALLEY (José Gonzalez) : Vive l’anarchie !

Direction New-York, le Queens pour être plus précis, pour débuter cet avis. Nous pouvons y rencontrer UV-TV afin de découvrir leur album Always Something sorti l’année dernière. Ils nous offrent un son qui fleure bon les années 80. Une musique énergique mais maîtrisée, où le groupe mord dans chacun de ses titres. La qualité est constante et on apprécie donc pleinement l’écoute de cet album. Cependant, on peut cependant remarquer qu’il peine quelque peu à apporter quelque chose de vraiment nouveau. Il épouse tous les codes du genre, avec par exemple la ballade.

On reste aux Etats-Unis pour se rendre cette fois-ci en Pennsylvanie pour faire la connaissance de Karen Peris, qui est par ailleurs la chanteuse du groupe The Innocence Mission (qui tourne depuis 1989 mais dont je n’avais jamais entendu parlé). Mais c’est bien en solo qu’elle nous offre Song is Way Above the Lawn. Celui-ci nous permet de découvrir une voix qui se démarque, un peu cassée, mais tout de même claire et aiguë. Cela confère une vraie personnalité à sa musique. Les mélodies et les instrumentations sont par contre un rien anarchiques, avec une grande diversité d’instruments. Cela fonctionne et c’est plutôt agréable. Il manque juste une petite étincelle pour prendre une dimension supplémentaire.

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LETTRE A MES ANCIENS CAMARADES

Ce texte, j’avais d’abord l’intention de l’écrire au soir du premier tour de l’élection Présidentielle quand le score d’Anne Hidalgo est apparu inférieur à 2%, en dessous du score de Jean Lassalle ou Nicolas Dupont-Aignan. Je n’ai pas pris alors le temps de le faire et c’est tant mieux car il s’est passé beaucoup de choses depuis et j’ai beaucoup d’autres choses à vous dire. Il ne s’agit pas ici de pérorer sur le thème « je vous l’avais bien dit ». Je n’en tire aucune fierté et j’aurais aimé avoir tort. Cependant, il y a dans ma démarche un espoir de faire sortir certains d’entre vous du profond aveuglement dans lequel tout membre du Parti Socialiste est aujourd’hui plongé. Car s’il ouvrait les yeux, il verrait à quel point il n’y a plus aucune raison d’y rester.

Face au score de 1,74%, j’ai lu les nombreux textes ou commentaires sur les réseaux sociaux sous forme de « oui, mais »… Oui, mais le programme était bon. Oui, mais le résultat est injuste. Oui, mais des lendemains meilleurs viendront. Oui, mais c’est la faute aux médias. Non, mes camarades, si vous m’autorisez à vous appeler encore ainsi, derrière un tel score, il n’y a pas de « mais ». Il signe un échec absolu, total et qui ne peut appeler qu’à une remise en question sévère, pour ne pas dire totale. Et il faut comprendre que ce score et cet échec est aussi le vôtre. Je suis resté assez longtemps au PS pour considérer que c’est aussi le mien. Mais dans une telle situation d’échec, j’ai fait ce que j’avais à faire. Ouvrir les yeux, arrêter de prétendre que j’allais changer la vie des gens grâce au PS et partir.

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AU LIEU D’EXECUTION (Val McDermid) : Pur polar

Le polar est un genre qui rempli des mètres et des mètres de rayon dans les librairies. Il n’est donc pas toujours évident de trouver celui qui va vraiment se démarquer des autres. On peut bien sûr se fier aux auteurs qui ont acquis le statut de valeur sûre du genre. Ou on peut compter sur le hasard. Ou encore sur le bon goût présumé de ses voisins quand il laisse à disposition des livres dans le hall de votre résidence. C’est ainsi que j’ai pu mettre la main sur Au Lieu d’Exécution de Val McDermid. Un roman qui n’a rien de très original, mais qui est assez bien mené pour se laisser lire avec plaisir.

La disparition d’une jeune fille, un coupable présumée, un inspecteur obsédé par l’affaire, une vérité qui éclate des années plus tard… Autant d’éléments relativement classiques pour un polar et qui se retrouvent rassemblés au sein d’Au Lieu d’Exécution. Mais le tout formé est assez cohérent et habile pour permettre au lecteur de rentrer sans trop de difficulté dans l’intrigue et de la suivre avec curiosité du début à la fin. Peut-être qu’un rythme un peu plus soutenu et quelques pages en moins aurait donner un impact supplémentaire à cette histoire. Elle satisfera cependant tous les amateurs du genre, tant qu’ils ne cherchent pas à sortir de leur zone de confort littéraire.

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LE PARAVENT DE LAQUE (Robert Van Gulik) : Chine éternelle

Après le polar dans la Chine contemporaine avec les Courants Fourbes du Lac Taï, retour au polar dans la Chine impérial du 7ème siècle avec de nouvelles aventures du Juge Ti. Une façon de comparer les époques et de mieux comprendre comment les absurdités du régime communiste, délicieusement décrites par Xialong Qiu, ont des racines profondes dans la culture chinoise. Certes, cela se produit à travers un récit écrit par un Hollandais, mais quand on connaît la vie de Robert Van Gulik, on peut estimer qu’il sait de quoi il parle. C’est pourquoi, on peut apprécier Le Paravent de Laque pour toutes ses valeurs.

Comme pour beaucoup d’épisodes des aventures du Juge Ti, le Paravent de Laque raconte trois enquêtes distinctes en parallèle. Cette caractéristique rend ces romans parfois un peu difficiles à suivre car il faut se prêter à un petit exercice de reconnexion à chaque nouveau chapitre. Cela évite néanmoins la monotonie et donne beaucoup d’intensité au contenu. De plus, Robert Van Gulik a la bonne idée de proposer un index des personnages préalables, qui permet de recoller quelque peu les morceaux quand on se sent un peu perdu. Les protagonistes sont particulièrement nombreux par rapport à la longueur du récit, un rappel de qui est qui s’avère donc parfois nécessaire.

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SENTINELLE SUD : L’impossible retour

Dans notre pays, nous vivons la guerre comme quelque chose de lointain, pouvant difficilement nous atteindre. Certes, les événements en Ukraine ont rapproché cette réalité de nous, mais sans pour autant nous la faire vivre concrètement. Nous oublions ainsi facilement certains de nos compatriotes, engagés dans des conflits lointains, la vivent concrètement. Et rentrent au pays avec leurs blessures, qui ne sont pas toujours que physiques. Sentinelle Sud nous raconte le retour plus que difficile de soldats ayant combattu en Afghanistan. Un sujet quasiment absent du cinéma hexagonal.

Evidemment, cela tient aussi à la différence de niveau d’engagement et du nombre de soldats (et de victimes) concernés, mais la différence est frappante avec le cinéma américain qui traite très fréquemment de la réinsertion particulièrement compliquée des vétérans. Mais Sentinelle Sud n’a vraiment rien d’un film hollywoodien. Le traitement des personnages, la dimension psychologique et sociale, la noirceur du propos dans ses aspects les plus intimistes, en font un film purement hexagonal. Et dans le bon sens du terme. Le film est chargé d’une forte charge émotionnelle car il se focalise avant tout sur l’humain, même s’il se repose sur une intrigue par ailleurs solide et non dénuée de rebondissements.

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CHANSON DOUCE (Leïla Slimani) : Du rêve au cauchemar

Certains noms nous semblent familiers car nous avons l’occasion de les entendre régulièrement. Mais en prenant un peu de recul, on s’aperçoit parfois que seul le nom nous est familier et qu’on ne sait finalement pas vraiment de qui il s’agit. Celui de Leila Slimani entrait pleinement pour moi dans cette catégorie. En effet, son nom ne m’évoquait en fait que la polémique née de son journal du confinement dans le journal le Monde, sans que je me demande vraiment jamais à quel titre elle avait été invité à proposer une chronique dans un tel quotidien. J’en sais désormais un peu plus après avoir lu Chanson Douce, le roman pour lequel elle a reçu le Prix Goncourt.

Chanson Douce nous raconte l’histoire d’un rêve qui se transforme en pire cauchemar. Ou quand la nounou idéale commence à prendre un peu trop de place dans la vie de ses employeurs. Le roman est structuré autour de courts chapitres qui font monter la tension de manière très progressive, presque un rien sadique. Leila Slimani parvient à placer un à un les rouages d’une mécanique qui finira par franchir un point de non retour. Le lecteur est aspiré dans le mouvement, comme le couple qui voit la situation lui échapper de manière inexorable. On aurait envie de crier à ce dernier de tout arrêter tant qu’il n’est pas trop tard, mais à chaque fois, on comprend pourquoi il ne le fait pas, préférant s’enfoncer toujours un peu plus.

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LES COURANTS FOURBES DU LAC TAI (Xiaolong Qiu) : Polar en absurdie

La Chine constitue un merveilleux décor pour les polars. Et ce quelle que soit l’époque pendant laquelle se déroule l’intrigue. J’ai écrit plusieurs avis sur des épisodes des enquêtes du Juge Ti (un autre à venir très bientôt) qui nous font voyager loin dans le passé. Les romans de Qui Xiaolong nous emmènent eux dans une Chine contemporaine au fonctionnement marqué par une absurdité imposée par la dictateur du Parti au pouvoir. Les Courants Fourbes du Lac Taï nous permet d’en saisir toute la portée, tant son auteur s’amuse à dépeindre les travers de son pays natal avec humour et ironie. Pour notre plus grand plaisir.

Les Courants Fourbes du Lac Taï est également accessoirement un polar avec un meurtre et un coupable à trouver. Mais vous l’aurez compris, ce n’est pas forcément là que réside le principal intérêt de ce roman. Les lourdeurs de la société chinoise, de ses règles de protocole, de son respect de la hiérarchie, tout est poussé jusqu’à l’absurde. Qui Xiaolong s’en amuse et nous avec, même si on comprend aussi à quel point ces lourdeurs peuvent aussi broyer les individus qui sont relégués au statut de rouage d’une machinerie qui semble fonctionner pour elle-même sans que personne ne sache comment l’arrêter. Tout cela est dépeint avec beaucoup de talent, d’humour et de verve.

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SARKO ET VANZETTI (Serguei Dounovetz) : Au revoir le Poulpe

Après plusieurs années de bons et loyaux services, le filon vient de s’épuiser. Avec Sarko et Vanzetti, j’ai lu le dernier Poulpe faisant partie du lot que j’avais récupéré chez une amie. Ce personnage aura accompagné ma vie de lecteur un long moment et si ses aventures sont très inégales, il me manquera forcément un peu. Certes, je pourrais très bien compléter ma collection, sachant que je n’aurais que l’embarras du choix, vu l’aspect pléthorique de cette série. Pas sûr d’aller jusque là, car il occupe déjà une belle place dans ma bibliothèque, mais en attendant, j’ai pu savourer cet ultime volume.

Ecrit par un vrai auteur de polar, Serguei Dounovetz, Sarko et Vanzetti fait plonger le Poulpe dans les méandres de la vie politique et de la corruption qui l’accompagne parfois. Ce n’est pas la première fois que le personnage nage dans de tels méandres, mais on ne va pas s’en plaindre, tant son caractère désabusé et son humour à froid s’avère parfait pour commenter ce genre de situation. Ce tome reprend tous les codes de la série, de la relation tumultueuse avec sa chère et tendre aux échanges toujours savoureux avec les habitués de son bistrot préféré. Et au milieu de cela se développe une intrigue plutôt plaisante et bien menée.

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LA REVANCHE DES CREVETTES PAILLETEES : Crevettes flambées à la vodka

Les Crevettes Pailletées nous avait offert un moment de cinéma sympathique, mais quelque peu inabouti. Elles nous devait donc une revanche. Cela tombe bien puisqu’elles reviennent sur grand écran dans la Revanche des Crevettes Pailletées. Un film qui prend une dimension supplémentaire dans le contexte actuel, puisqu’il nous offre comme décor une Russie minée par l’intolérance et la corruption. Cela renforce l’aspect politique de cette comédie qui ne cherche pas qu’à nous amuser. Entre deux vrais fous rires, il nous apporte aussi de quoi réfléchir.

La Revanche des Crevettes Pailletées souffre des mêmes limites que le premier volet. A force de vouloir être beaucoup de choses en même temps, le film donne parfois l’impression de ne jamais aller tout à fait au bout de son propos. Mais son aspect un peu bancal est souvent largement compensé par l’énergie particulièrement communicative qui le traverse. Le message humaniste a parfois un côté un peu premier degré et souffre de temps à autre d’un léger manque de subtilité. Mais il fait cependant du bien et notre attachement pour les personnages s’avère assez fort pour se retrouver parfois gagné par l’émotion.

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