LIFE ON EARTH (Hurray for the Riff Raff), PAINLESS (Ninüfer YaNya), LUCIFER ON SOFA (Spoon) : Bons classiques

Life on Earth de Hurray for the Riff Raff : Suivre la voix

Life on Earth de Hurray for the Riff RaffOn commence avec le groupe américain Hurray for the Riff Raff, dont j’avais déjà apprécié l’album the Navigator en 2017. Ils sont de retour en 2022 avec Life on Earth. On y retrouve la voix envoûtante de Alynda Segarra, incontestablement le point le plus fort du groupe. Elle se pose sur un son pop rock classique mais efficace. Ils font preuve de maîtrise et de conviction. Les titres s’enchaînent avec une qualité constante, tout en offrant une certaine variété. On regrettera simplement qu’aucun d’entre eux ne sorte réellement du lot.

Painless de Ninüfer Yanya

Painless de Nilüfer YanyaNilüfer Yanya est une artiste britannique aux origines turquo-irlandaise. Painless est son deuxième album. Elle nous y propose un rock dynamique. Elle mord dans ses titres. D’ailleurs, les passages plus calmes sont nettement plus ordinaires. Elle affiche le minimum de personnalité requis pour valoir le détour, conjugué à une réelle maîtrise et des instrumentations mélodiques et propres. Malheureusement, un petit côté évaporé prend progressivement le dessus et nous offre une fin d’album nettement moins convaincante.

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ANTS FROM UP THERE (Black Country, New Road), THE OVERLOAD (Yard Act), ADMONITIONS (Endless Boogie) : Quelque chose en moins

Ants From Up There (Black Country, New Road) : Truc en moins, truc en trop

Ants From Up There de Black Country, New RoadOn commence cet avis plutôt moyen avec un groupe britannique appelé Black Country, New Road et leur album Ants From Up There, sorti en 2022. Leur musique rappelle dans un premier temps celle de Gogol Bordello, en un peu plus maîtrisé, avant de se calmer quelque peu. Elle affiche paradoxalement une certaine personnalité, mais sans pour autant être d’une originalité folle. Il y a bien de l’émotion dans la voix, de la conviction dans les interprétations, mais il manque tout de même quelque chose au final pour réellement toucher l’auditeur. En fait, c’est peut-être justement parce qu’ils en font trop que ce manque existe.

The Overload (Yard Act) : Electro rétro

The Overload de Yard ActOn reste de l’autre côté de la Manche avec Yard Act et leur premier album, The Overload. Un rock un peu électro, un rien rétro aussi. C’est énergique, leur musique a du punch, mais ce n’est pas toujours harmonieux, ni réellement entraînant. Globalement, on est porté par la grande énergie qu’ils déploient. Mais les titres sont parfois ponctués de passages parlés qui coupent le rythme. L’album propose un deuxième CD live, qui nous propose un rock beaucoup plus basique. Mais ni l’un, ni l’autre ne se montre enthousiasmant.

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PIECE OF ME (Lady Wray), LET THE FESTIVITIES BEGIN ! (Los Bitchos), EXTREME WITCHCRAFT (Eels) : Rock and soul

Piece of Me (Lady Wray) : Douceur suave

Piece of Me Lady WrayPiece of Me, qui date de cette année, n’est que le troisième album d’une artiste qui pourtant a connu un grand succès avec son premier, sorti en 1998. Nicole Wray a pour nom d’artiste Lady Wray et nous offre une musique soul douce, de facture très classique. Sa voix est un peu plus aiguë que les standards du genre. Malgré cela, certains titres nous rappellent Amy Winhouse. On regrettera qu’elle distorde sa voix de temps en temps, mais heureusement cela reste rare et on revient vite à cette douceur qui nous charme. Le rythme est toujours lent et suave et les instrumentations tirent parfois vers le jazz. En tout cas, la qualité de cette album fait regretter le peu d’épaisseur de sa discographie.

Let the Festivities Begin ! (Los Bitchos) : Intérêt limité

Let the Festivities Begin ! Los BitchosLos Bitchos est, comme son nom l’indique pas vraiment, un groupe anglais de rock psychédélique, si j’en crois leur page Wikipédia. Let the Festivities Begin ! est leur premier album qui se caractérise par l’absence de parole. Les titres ne sont que des longs instrumentaux souvent lancinants et présentant rarement de l’intérêt. Les sonorités ne sont pas agréables, souvent marquées par des instrumentations déformées artificiellement. Ce n’est au final ni harmonieux, ni entraînant. Aucune raison de s’y attarder donc.

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WE ARE THERE (Modern Studies), THE SEA DRIFT (The Delines), YAK : A COLLECTION OF TRUCK SONGS (Angel Du$t) : Vent de fraîcheur

We are there (Modern Studies) : Pop douce

We are There Modern StudiesPremière des trois jolies découvertes de cet avis : les Écossais de Modern Studies et leur album We Are There, sorti en 2022. Les voix d’Emily Scott et de Pete Harvey se mêlent de façon surprenante. Entre fusion et une certaine dissonance. Elles se posent sur une musique pop douce et relativement classique. Il s’en dégage une vraie personnalité qui accroche l’oreille. La qualité est constante et ils font preuve d’une maîtrise indéniable. Si les titres manquent un tantinet de variété, créant une forme de monotonie au bout d’un moment, l’album est globalement très agréable.

The Sea Drift (The Delines) : Folk épuré

The Sea Drift The DelinesOn poursuit avec The Delines, originaires quant à eux de Portland. Leur album the Sea Drift est leur quatrième. La voix d’Amy Boone nous saisit par sa jolie profondeur et son expressivité. Elle donne vie à une musique folk relativement épurée. L’album est solide et la production maîtrisée. Le résultat est surtout très agréable. Même si, là aussi, même les tonalités sont toujours relativement identiques. Mais encore une fois, on pardonne aisément ce petit travers.

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UNITY (The KVB), DRAGON NEW WARM MOUTAIN I BELIEVE IN YOU (BIg Thief), COVERS (Cat Power) : Promesses non tenues

Unity (The KVB) : Objet froid

Unity de the KVBOn commence avec Unity du groupe britannique the KVB. Il nous livre une musique électro-rock évaporée, mais dont les instrumentations se montrent parfois assez agressives. Les voix sont légèrement déformées, ce qui n’apporte rien, si ce n’est souligner l’aspect assez peu harmonieux du résultat. Tout semble assez maîtrisé (Wikipédia nous explique qu’ils peuvent être rangés dans la catégorie « musique bruitiste »…), mais cela aboutit du coup à une musique assez froide qui n’allume rien chez l’auditeur. Pourra donc ravir les amateurs du genre, mais guère au-delà.

New Warm Moutain I Believe in You de Big Thief : Excellents débuts…

Dragon New Moutain I Believe in You de Big ThiefOn poursuit avec les Américains de Big Thief et leur album Dragon New Warm Moutain I Believe In You. Il s’ouvre sur une voix qui résonne comme un murmure, un rien cassée, tout en dégageant une vraie personnalité. On y prête immédiatement l’oreille et on se laisser charmer. On poursuit avec une musique plus énergique, un rien bordélique, mais qui entraîne l’auditeur avec lui. La suite sera malheureusement moins maîtrisée et surtout plus transparente. On oscille entre country classique et quelques jolies ballades. Cependant, si l’album reste toujours agréable, les promesses du début ne sont jamais vraiment tenues.

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A LOVE SUPREME : Live IN SEATTLE (John Coltrane), VALENTINE (Snail Mail), NONANTE-CINQ (Angèle) : Sonorités et voix

A Love Supreme : Live in Seattle (John Coltrane) : Modèle de genre

A love Supreme Live in SeattleLe jazz est certainement le genre musical majeur où ma culture est la plus faible. Mais il y a quand même quelques artistes qui parviennent à se faire une place dans ma discothèque. John Coltrane en fait partie. C’est pourquoi, je me suis penché sur ce A Love Supreme – Live in Seattle, un concert enregistré en 1965, sorti à titre posthume en 1971 et récemment réédité. On y découvre un jazz assez doux, parfois mélodieux, parfois dissonant. Il joue beaucoup avec les sonorités. La musique prend une toute autre dimension quand les cuivres sont très présents. Mais le tout reste néanmoins plutôt chaotique. Bref, un modèle du genre pour ceux qui aiment les modèles de ce genre là.

Valentine (Snail Mail) : Voix mordante

ValentineDerrière le nom de Snail Mail se cache en fait une artiste solo, de son vrai nom Lindsey Jordan (et effectivement les musiciens qui l’accompagnent, mais dont le turn-over est important). Valentine est son deuxième album. Sa voix se détache immédiatement de la musique. Elle présente une vraie profondeur et se pose sur des instrumentations un peu anarchiques, riches en sonorités diverses. Quand elle pousse sa voix, elle donne beaucoup d’impact aux titres. Sa pop électro se montre parfois réellement enthousiasmante, aussi bien dans les moments très énergiques que dans la douceur. Sa voix lui offre une large palette qu’elle exploite parfaitement à travers des titres à la qualité constante malgré leur grande variété.

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THINGS TAKE TIME, TAKE TIME (Courtney Barnett), 30 (Adele), BARN (Neil Young) : Puissantes femmes

Things Take Time, Take Time (Courtney Barnett) : Toujours aussi agréable

Things Take Time, Take TimeOn débute avec une artiste australienne que j’apprécie beaucoup, Courtney Barnett. Après Sometimes I Sit and Think and Sometimes I Just Think et Tell Me How You Really Think (auxquels on peut ajouter Lotta See Lice, en duo avec Kurt Vile), voici son troisième album solo, Things Take Time, Take Time, sorti en 2021. Elle nous offre un rock mélodique, aux accents country. Une sorte de mélange entre The Bangles et Sheryl Crow. Sa voix possède définitivement une vraie personnalité. Elle fait preuve de conviction et de maîtrise. La production donne un côté intime. La qualité est constante et le résultat très agréable.

30 (Adele) : Puissante découverte

30On poursuit avec une immense star… que je n’avais pas la chance de vraiment connaître jusqu’à l’écoute de 30, son quatrième album. Je comprends mieux désormais le succès d’Adele, saisi par sa voix claire. L’ambiance est un rien rétro, avec quelques accents symphoniques. Cela ressemble souvent à une musique de film, comme un générique de James Bond (on se rappelle alors qu’elle a signé celui de Skyfall en 2012). La voix est parfaitement mis en valeur. La qualité monte encore d’un cran quand la voix est poussée et qu’elle mord vraiment dans ses titres. Mais globalement, la qualité est constante et l’album dégage une vraie puissance.

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OOKII GEKKOU (Vanishing Twin), NEARER THE FOUNTAIN, MORE PURE THE STREAM FLOWS (Damon Albarn), RAISE THE ROOF (Robert PLant et Alison Krauss): Promesses non tenues

Ookii Gekkou (Vanishing Twin) : Dilution progressive

Ookii Gekkou de Vanishing TwinAvant de passer à deux immenses stars, on commence par un groupe anglais nettement moins connu, Vanishing Twin. Leur album Ookii Gekkou se caractérise par la voix douce et évaporée de Cathy Lucas, qui vient se poser sur une musique qui navigue entre jazz et électro. Avec des sonorités étranges, c’est parfois envoûtant et mélodieux. Cependant, cela finit par tourner quelque peu en rond pour ne finalement plus ressembler qu’à une musique d’ambiance. C’est maîtrisé et relativement intéressant, mais un peu trop lisse. Les promesses du début se dilue malheureusement progressivement.

The Nearer the Fountain, More Pure the Stream Flows (Damon Albarn) : Les mélodies s’écoulent

The Nearer the Foutain, More Pure the Stream Flows de Damon AlbarnDamon Albarn est surtout connu comme leader et chanteur du groupe Blur, puis de Gorillaz. Il connaît aussi une carrière solo moins flamboyante mais qui compte plusieurs albums dont ce the Nearer the Fountain, More Pure the Stream Flows. Il débute dans une ambiance douce et épurée, où la voix du britannique est claire et posée. Ensuite, c’est parfois plus dynamique, mais on reste toujours dans un style relativement éthéré. Les mélodies s’écoulent délicatement jusqu’aux oreilles de l’auditrice ou de l’auditeur, malgré la voix parfois un peu criarde de Damon Albarn. Au final, on traverse agréablement cet album, mais sans non plus en retenir grand chose.

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PLANT LIFE (Parquet Courts), PROJECTOR (Geese), BLUE BANISTERS (Lana Del Rey) : Grande dame

Plant Life (Parquet Courts) : Impact limité

Plant Life Parquet CourtsPour choisir les albums sur lesquels je vais poser une oreille, je me base essentiellement sur les critiques parues dans Télérama. Or, il s’avère que je n’ai pas toujours les mêmes goûts que leur équipe de critiques. Ainsi, ils mettent régulièrement certains groupes qui me laissent personnellement assez froid. Mais comme je suis un éternel optimiste, j’espère toujours qu’on finira par tomber d’accord. Ce ne sera malheureusement pas le cas avec Parquet Courts, et leur album Plant Life, qui se compose en fait de trois longues versions remixées du titre phare de leur précédent album. Le résultat se situe entre pop et électro. D’un côté, il est solide et maîtrisé, mais de l’autre, il est aussi lancinant avec un rythmique très présente et de longs instrumentaux. La voix est très en retrait, ce qui limite l’impact. La troisième et dernière version est caricaturale à ce niveau-là et ne contribue vraiment pas à rehausser un intérêt globalement très limité.

Projector (Geese) : Inabouti

Projector GeeseOn poursuit avec la découverte des américains de Geese et leur premier album Projector. Un album qui s’ouvre sur un titre bordélique et pas du tout harmonieux. Le groupe fait preuve d’un peu plus de maîtrise par la suite, mais ils semblent toujours en-dedans et le tout manque passablement d’envergure. Quand leur musique prend des accents plus doux, on a alors l’occasion d’apprécier la belle voix du chanteur, assez peu mise en valeur par ailleurs. L’album paraît globalement inabouti, pas désagréable, mais guère marquant.

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LINDSAY BUCKINGHAM (Lindsay Buckingham), ICARE (Emily Loizeau), DAPTONE SUPER SOUL REVUE : Fais comme Loizeau

Lindsay Buckingham est avant tout connu pour être un des chanteurs et guitaristes du groupe Fleetwood Mac. Mais à 73 ans, il poursuit une carrière solo qui s’est enrichie en 2021 d’un nouvel album qui porte sobrement simplement le nom de son auteur. Il nous livre une pop un peu rétro. Malheureusement, le résultat n’est pas très percutant, voire même parfois franchement lancinant. La voix de l’artiste est assez passe-partout et les mélodies se montrent sans relief. Le tout est propre, maîtrisé, mais sans élan, ni réelle créativité. Au final, on traverse cet album sans jamais réellement y prêter attention.

Emilie Loizeau est une artiste que j’affection tout particulièrement. J’étais donc très heureux de la retrouver en me plongeant dans l’écoute de Icare. On retrouve immédiatement l’univers de l’artiste franco-britannique. Les mélodies sont simples mais sa voix à la fois profonde et claire vient s’y accrocher avec bonheur. Les titres alternent le français et l’anglais. Elle mord dans les textes, rendant les titres vraiment percutants, malgré leur caractère relativement épuré. La qualité est constante et on admire la maîtrise et la conviction sur lesquelles elle est bâtie.

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