THEY’RE CALLING ME HOME (Rihannon Giddens), CORAL ISLAND (The Coral), DISCOVERY (Pet Shop Boys) : Solidité classique

On débute avec la violoncelliste folk américaine Rhiannon Giddens qui signe cette année avec They’re Calling Me Home un second album en duo avec le musicien Francesco Turrisi (et un quatrième en tout). On se retrouve plongé dans une ambiance plutôt celtique. La musique et douce, mais le résultat est assez classique, surtout que voix de l’artiste n’a rien de particulièrement exceptionnel. Mais elle compense par beaucoup de maîtrise et de conviction. Les titres sont tous mélodieux et la qualité reste constante. Un album solide, à défaut d’être inoubliable.

On poursuit avec le groupe anglais The Coral et leur album Coral Island. Il nous livre un rock qui tire sur la pop un rien sucrée. C’est assez classique, mais très maîtrisé, pour ne pas dire très propre sur lui. C’est agréable à écouter, d’une qualité relativement égale. Il s’agit d’un double album, on a donc droit à un bon gros lot de titres. Cependant, aucun d’eux ne peut revendiquer le statut de tube en puissance. Là aussi la solidité est de mise, sans crier au génie.

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TEMPO (Dom La nena), SELL OUT (The Who), NEW LONG LEG (Dry Cleaning) : Things go better with coke

Direction le Brésil pour commencer, avec Dom la Nena, de son vrai nom Dominique Pinto, et son album Tempo, sorti cette année. Son instrument est le violoncelle sur lequel elle chante, ce qui est assez rare pour être souligné. Enfin, parfois son chant ressemble plus à un léger murmure. Sa musique s’apparente souvent à de petites ritournelles ou comptines enfantines. L’album propose aussi de nombreux instrumentaux. Le résultat nous berce, par son ambiance douce. Le ton assez uniforme de la voix le rend aussi un rien monotone. Mais le tout reste quand même avant tout très joli.

Le troisième album du groupe mythique The Who, Sell Out, est sorti en 1967. Mais il ressort cette année dans une version collector. Il s’agit autant d’un concept que d’un album. En effet, il est conçu comme s’il s’agissait de l’enregistrement d’une émission de radio, avec de vrais morceaux de musique, mais aussi des publicités (musicales évidemment) et des jingles. Quand on l’ignore, on se demande s’il n’est pas une compilation de fonds de tiroir ou de documents anecdotiques, comme ont pu le proposer les Beatles. Mais même en comprenant le concept, on ne peut s’empêcher de trouver ça musicalement limité. Original certes, mais sans réelle raison de s’enthousiasmer. Quelques titres assez classiques et très sympathiques apparaissent heureusement ça et là. On pourra rire à une fausse pub pour une boisson gazeuse intitulée, avec un joli double sens, Things go better with coke. On retiendra aussi une reprise étonnante de dans l’Antre du Roi de la Montagne de Peer Gynt.

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RORSCHACH TEST (Jay-Jay Johanson), THREE LITTLE WORDS (Dominique Fils-Aimé), GREEN TO GOLD (The Antlers) : La belle voix

On commence avec un album du Suédois Jay-Jay Johanson, sorti cette année et intitulée Rorschach Test. Il débute dans une ambiance lente et évaporée et quand la voix vient se poser sur la musique, le charme opère immédiatement. Le résultat se montre un rien lancinant, mais la maîtrise est assez forte pour rendre ça assez classe. Voire même vraiment classe quand il pose sa voix et l’emmène dans les graves. Surtout que les instrumentations sont vraiment minimalistes, tout passe par le chant. Un album hypnotique et en tout cas de très grande qualité.

On poursuit avec la canadienne Dominique Fils-Aimé, révélée par The Voice, version québecoise (qui s’appelle naturellement la Voix). Son album Three Little Words permet de découvrir sa voix chaude se posant sur des rythmes un rien chaloupés. Cela se montre tout de suite entraînant et séduisant. Elle fait preuve de beaucoup de maîtrise et de conviction, nous livrant une musique douce et harmonieuse. La qualité se montre longtemps constante, avant de faiblir quelque peu sur la fin. Cependant, on retiendra avant tout les très bons moments que nous offre cet album.

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PAINTING THE ROSES (Midnight Sister), CHEMTRAILS OVER THE COUNTRY CLUB (Lana Del Rey), DETROIT STORIES (Alice Cooper) : La douceur de l’âge

On commence avec un duo californien, Midnight Sister, qui n’a même pas droit à sa page Wikipedia (ni en français, ni en anglais). Une vraie découverte donc. Leur album Painting the Roses, sorti cette année, se montre d’entrée doux et convaincant. Cela nous entraîne immédiatement dans leur univers musical, quelque peu évaporé, mais avec une vraie maîtrise. Les instrumentations joue beaucoup avec les sonorités, ce qui renforce la personnalité de leur musique. Elles offrent beaucoup de variété et une qualité constante, même si l’album se termine par un titre nettement plus en retrait. La perfection n’est pas de ce monde.

On enchaîne avec une des plus grandes stars de la scène musicale actuelle, à savoir Lana Del Rey. Son dernier album s’intitule Chemtrails Over the Country Club. Il s’ouvre tout en douceur, avec une musique posée et minimaliste, sur laquelle se pose une voix un peu plus poussée dans les aiguës que d’habitude. Cela reste très harmonieux, sonne un peu comme une berceuse. Elle nous emmène doucement dans son univers. La qualité est constante, mais sans titre phare. L’album s’écoute avec beaucoup de plaisir. On apprécie pleinement la personnalité apportée par sa voix unique. Le tout se révèle totalement maîtrisé. Chaque titre est interprété avec conviction, sans une once de dilettantisme. Pas de laisser-aller donc pour cette immense star.

 

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NEW FRAGILITY (CYHSY), CARNAGE (Nick Cave), THE MOON AND THE STARS (Valerie June) : Une étoile dans la nuit

On débute avec un groupe américain au nom un tantinet long, à savoir Clap You Hands Say Yeah, que l’on peut abréger CYHSY, et leur album New Fragility, sorti cette année. Il s’agit pas moins de leur sixième album. Le premier titre sonne comme une longue intro. On y découvre la voix d’Alec Ounsworth, un peu fluette et qui manque passablement d’impact. Quand il la pousse, elle devient même quelque peu désagréable. Les instrumentations sont sans relief particulier. Au final, rien de complètement mauvais, mais rien d’enthousiasmant. On notera tout de même une jolie ballade, Mirror Song, et un morceau de pop sucré sympathique, CHYSY, 2005.

On poursuit avec une légende la musique, Monsieur Nick Cave et son album Carnage. Le tout commence en douceur, mais dans une douceur sombre, ce qui n’étonnera personne. L’Australien ne se montre néanmoins pas super inspiré. Les instrumentations sont minimalistes et pas toujours agréables. La voix donne parfois l’impression qu’il a enregistré les titres en étant bourré en fin de soirée. La magie à laquelle il nous a habitué n’est pas là. Cela redevient un peu plus harmonieux et inspiré sur la fin mais sans parvenir à nous faire totalement oublié le début beaucoup plus hésitant.

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ACQUAINTED FOR THE NIGHT (Lael Neale), HAUTE FIDELITE (Raphaël), MILANO (Daniele Luppi & Parquet Courts) : A mi-chemin

On commence avec une jeune américaine nommée Lael Neale et son album Acquainted with Night, sorti cette année. On est immédiatement frappé par le caractère dissonant de sa voix, mais qui parvient à faire preuve d’une réelle profondeur et d’une jolie personnalité. Elle alterne les moments où elle parle plus qu’elle ne chante, avec ceux où elle pousse un peu plus son chant. Certain titres sont hypnotiques, voire même lancinants. Le léger décalage entre la voix et la musique donne toute son originalité à cet univers musical, mais en constitue aussi la principale limite.C’est au final plutôt agréable, intéressant, mais jamais vraiment enthousiasmant car tous les titres sont bâtis quand même tous plus ou moins sur le même schéma.

On poursuit avec un habitué de mes critiques, à savoir Raphaël et son dernier album intitulé Haute Fidélité. Il nous plonge dans les premiers temps dans une ambiance sombre et rock, avec parfois quelques accents orientaux. Les textes sont moins poétiques que d’habitude. La diction est plus martelée. Il y perd son habituel côté dilettante, qui peut parfois agacer, mais perd du coup une partie de son habituelle personnalité. On a parfois du mal à comprendre le sens des textes, mais c’est souvent le cas avec lui. La deuxième moitié est plus claire et plus classique. On retrouve le Raphaël qu’on aime, où il partage avec nous son spleen et ses blessures intimes. Un univers plus habituel, mais qui ne représente pas ici le meilleur de lui-même. Un album qui laisse donc globalement sur une impression mitigée.

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DRUNK TANK PINK (Shame), CATSPAW (Matthew Sweet), NOT YOUR MUSE (Celeste) : Douceur céleste

On débute cet avis en se rendant à Londres pour découvrir Shame et leur deuxième album, sorti en en ce début d’année, intitulé Drunk Tank Pink. On est tout de suite confronté à du gros rock qui tâche. Charlie Steen crie, voire même beugle, plutôt qu’il ne chante, même si on peut lui reconnaître le mérite d’articuler. Le groupe déploie beaucoup d’énergie, mais qui ne se révèle pas spécialement communicative. La musique n’est pas harmonieuse, la ligne mélodique étant souvent inexistante. Le tout est sans créativité, avec une grande constante. Sur la fin, l’album est même carrément inaudible.

On change de continent et de style, avec Matthew Sweet, un auteur-compositeur originaire du Nebraska, et son album Catspaw. Il nous offre un rock beaucoup plus classique et maîtrisé. La ligne mélodique et le chant sont clairs, donnant un résultat très propre sur lui. En fait, difficilement d’en dire plus sur un album qui se laisse écouter, mais ne s’avère en fait en rien marquant.

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RISE, BLACK IS… (Sault), 2020 (Magik Markers) : Maigrelet

Sault est un groupe britannique particulièrement mystérieux. En 2019, il a sorti deux albums : Rise et Black Is… et c’est tout. Pas d’interview, pas de photos, pas de scène. Reste juste donc la musique, ce qui est tout de même l’essentiel. Commençons donc par le premier de deux. On y plonge dans une ambiance électro éthérée, mais non dénuée de peps et d’énergie. Cela sonne avant tout comme une musique d’ambiance. En effet, c’est agréable, mais rarement réellement accrocheur. Un peu comme du Daft Punk sous Prozac. On leur connaîtra un gros travail sur les sonorités qui apporté de la variété entre les titres, qui contrebalance un côté parfois lancinant de ces derniers.

Le second nous entraîne sans surprise dans une ambiance similaire. Mais cette fois-ci, le résultat est nettement plus lancinant et encore moins accrocheur, ce qui ne nous pousse guère à la mansuétude. Le travail artistique est moins intéressant. Les titres restent variés mais se démarquent moins les uns des autres. On les traverse sans encombre, rien ne venant agresser les oreilles, mais on n’en retire pas grand chose au final. Cela classe définitivement la musique de Sault dans les pures musiques d’ambiance. Mais on n’a déjà fait mieux en la matière.

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SELF WORTH (Mourn), THINK OF SPRING (M Ward), LIVE AT THE ALBERT HALL (ArCtic Monkeys) : Reprise de qualité

On commence cet avis musical par une destination proche, mais assez rare quand il s’agit de rock. En effet, on part du côté de Barcelone pour découvrir un groupe féminin, Mourn, et leur album Self Worth, sorti en 2020. On y découvre une musique plutôt énergique. Le rock au féminin reste assez rare pour que cette seule caractéristique leur donne un style particulier. Les arrangements sont un rien basiques, voire très basiques parfois, assez directs, mais au final plutôt efficaces. Leur énergie réveille, mais le résultat s’avère un rien répétitif. Mais elles possèdent ce zeste de maîtrise qui permet au positif de l’emporter.

On part ensuite aux Etats-Unis pour le nouvel album de Matthew Ward, dont le nom de scène est M. Ward, intitulé Think of Spring. On est tout de suite séduit par sa voix claire et cristalline. On se trouve bercé par l’ambiance doucement éthéré. On regrette simplement que tout cela manque un rien de consistance. On aimerait parfois ne plus être bercer mais entendre quelque chose qui nous accroche vraiment l’oreille. Mais au final, l’album se montre fort agréable. On retiendra notamment une très belle reprise du classique I’m a Fool to Want You.

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IDIOT PRAYER (Nick Cave), SUNSET IN THE BLUE (Melody Gardot), LOVE IS THE KING (Jeff Tweedy) : Douceur hivernale

idiotprayernickcaveOn commence cet avis avec un des plus grands artistes de la scène internationale, l’Australien Nick Cave. Un album intitulé Idiot Prayer, sous-titré Nick Cave Alone at Alexandra Palace, sorti cette année. Un album live où il se retrouve seul avec un piano et sa voix inimitable. L’ambiance est posée et tranquille, ce qui donne un univers moins sombre que d’habitude. C’est beau, mais il y perd un peu de sa personnalité. Evidemment, il reste la voix qui est toujours un vrai régal à écouter. Grâce à elle, l’album est très agréable, à défaut d’être vraiment marquant. Par contre, on en a vraiment pour notre argent avec vingt-deux titres au compteur.

sunsetinthebluemelodygardotOn enchaîne avec une vraie découverte pour moi, l’artiste jazz Melody Gardot et son album Sunset in the Blue. La douceur domine, dans une ambiance très classe. C’est parfois réellement enchanteur, grâce à la voix claire mais chaleureuse de l’artiste. Les accompagnements sont faits avec un piano et/ou une guitare et restent épurés et toujours harmonieux. Les mélodies sont souvent chaloupées, réchauffant l’ambiance hivernale actuelle. Mais c’est la voix qui domine avant tout. La qualité est constante, même si on peut regretter l’absence d’un titre phare qui sort du lot.

loveisthekingjefftweedyOn termine avec Jeff Tweedy, le leader du groupe Wilco et qui a signé, avec Love is the King, son quatrième album solo en quatre ans. On est plongé dans une ambiance intimiste, qui permet d’apprécier la belle maîtrise dont fait preuve l’artiste. Le résultat est très agréable, à défaut d’être réellement original. Sa voix donne cependant à sa musique un petit supplément de personnalité. C’est doux et reposant et d’une qualité constante. Cela reste donc du bon son pour nos oreilles.