STANDING IN THE DOORWAY (Chrissie Hynde), SEEK SHELTER (Iceage), ANIMAL (LUMP) : A trois voix

On commence par un petit plaisir que s’est offert Chrissie Hynde en enregistrant l’année dernière Standing in the Doorway, un album de reprises de Bob Dylan. Sa voix inimitable nous séduit immédiatement car elle colle parfaitement à la musique de Dylan. Le résultat est un vrai régal, même si elle reprend des morceaux peu connus (enfin pour un non spécialiste de Dylan comme moi) mais que l’on prend beaucoup de plaisir à découvrir. Elle parvient à transmettre beaucoup d’émotions à travers ses interprétations. L’album est donc parfaitement réussi du début jusqu’à la fin.

Iceage est un groupe danois, ce qui peut ne pas totalement étonner, vu son nom. Seek Shelter est leur 5ème album. On y découvre la voix de Elias Bender Rønnenfelt. Une voix cassée, vraiment pas harmonieuse et rarement juste. Bref, pas le principal atout de ce groupe, qui compense en partie par beaucoup d’énergie et de maîtrise. Il possède incontestablement un réel potentiel mais ne parvient pas totalement à convaincre. Ils mettent beaucoup de conviction dans chacune de leurs interprétations, mais elle n’est pas totalement partagée par l’auditeur.

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DARK IN HERE (The Mountain Goats), MEMORIES FROM SAINT FORGET (Peter Van Poehl), ENTERTAINMENT, DEATH (The Spirit of the Beehive) : Partir à la découverte

On débute cet avis avec une découverte venue de Californie, le groupe The Mountain Goats. Enfin une découverte pour moi, car Dark in Here, sorti en 2021, n’est pas moins que leur 20ème album. J’ai donc découvert leur pop enjouée aux accents très folk. Une musique parfaitement maîtrisée, où tout est bien en place et quelque peu gentillette. Cela s’apparente du coup quelque peu à de la musique pour adolescents. La qualité est cependant constante et on écoute cet album avec un certain plaisir. Les titres ne se ressemblent pas, nous offrant ce qu’il faut de variété, même si globalement cet album ne se démarque pas vraiment.

On peut faire le même constat en écoutant Memories from Saint Forget, de l’artiste suédois Peter Van Poehl, dont ce n’est que le cinquième album. Sa pop est douce et un rien sucrée. Cela coule tout seul aux oreilles, mais les accrocher forcément. Le style et les instrumentations sont maîtrisés mais le résultat manque passablement de relief. Surtout que le tout souffre de quelques passages où la voix est un peu trop poussée et prend des sonorités pas toujours très agréables.

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DOOMIN’SUN (Bachelor), BOY FROM MICHIGAN (John Grant), I BE TRYING (Cedric Burnside) : Pas terrible

On débute avec un duo féminin, intitulé Bachelor, composé d’Ellen Kempner au chant et de Melina Duarte pour l’accompagner. Ils viennent de sortir un album, Doomin’ Sun, qui commence par nous séduire par la voix légèrement travaillée. Par contre, les instrumentations, souvent martelées, sont moins convaincantes. L’ambiance est pop ou rock, parfois très classique. L’album déraille un peu parfois, quand Ellen Kempner pousse un peu trop dans les aiguës. C’est dommage, car cela donne un caractère assez inégal à ce disque, qui manque par ailleurs d’un titre phare pour vraiment accrocher l’auditeur.

On part dans le Michigan ensuite à la rencontre de John Grant de son album… Boy from Michigan (c’est donc bien là qu’il fallait le chercher). Sa voix attire d’entrée l’attention, ainsi que l’ambiance quelque peu 80’s. En effet, parfois il parle au lieu de chanter, lui donne des aspect synthétiques assez désagréables. Bref, il gâche son potentiel et ne se montre guère convaincant. Les accents électro dans les instrumentations sonnent plus ringardes que modernes. Et même quand il change de registre, pour une longue ballade sombre par exemple, cela n’est toujours pas terrible. A l’image de l’album au global.

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SHOWTUNES (Lambchop), FAT POP (VOLUME 1) (Paul Weller), UTOPIAN ASHES (Bobby Gillespie & Jehnny Beth) : Energie indéfinie

On commence avec les Américains de Lambchop. C’est la quatrième fois que je vous parle d’un de leurs albums. Si le premier d’entre eux avait trouvé grâce à mes yeux (Oh, Ohio), j’avais consacré une critique négative aux deux autres. Malheureusement, c’est cette même voie que va suivre ces quelques lignes consacrées à Showtunes, sorti l’année dernière. La voix grave de Kurt Wagner se pose sur ses mélodies sans jamais être tout à fait en harmonie avec elles. La dissonance est d’ailleurs plus large parfois. L’ambiance est évaporée, les interprétations en retrait, sans idée directrice apparente. L’auditeur traverse au final l’album comme un fantôme un espace éthéré.

On poursuit avec le vieux routier britannique Paul Weller et son album Fat Pop (volume 1). Il nous accueille avec sa voix un rien dissonante, mais cette fois-ci énergique (et ça change tout). Elle se pose sur des sonorités parfois étranges, pour une ambiance un rien psychédélique parfois. Le style varie cependant d’une titre à l’autre, si bien que celui-ci reste globalement relativement indéfinissable. La voix donne sa personnalité et son unicité à l’ensemble. L’album est solide et se laisse écouter avec un réel plaisir.

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SURROUNDED BY TIME (Tom Jones), PEACE OR LOVE (Kings of convenience), PATH OF WELLNESS (Sleater-Kinney) : 80 ans et toutes ses dents

On commence par un artiste qu’on n’imaginait plus forcément nous offrir de nouveaux albums. Tom Jones a désormais 81 ans, mais quelques beaux restes. Pour preuve, son album Surrounded by Time sorti cette année. Il s’ouvre sur un titre gospel quasiment a capela, histoire de nous rappeler la splendeur de sa voix. Celle-ci est parfaitement mise en valeur par les instrumentations épurés et simple. Sa voix se suffisant à elle-même, on se laisse volontiers porter par la douceurs des titres, surtout qu’ils sont presque tous de qualité. On peut juste regretter l’absence de titres plus énergiques. En effet, un titre parlé est celui qui a le moins d’intérêt, quand les moments où il pousse la voix et y met de l’émotion sont vraiment excellents.

King of Convenience est un duo norvégien, comme son nom ne l’indique pas. On le compare volontiers à Simon & Garfunkel. Mais l’écoute de Peace or Love, leur premier album depuis 12 ans, relativise la comparaison. En effet, s’ils nous accueillent en douceur, la voix aiguë et un peu mièvre ne nous convainc qu’à moitié. C’est gentillet. L’ambiance est intimiste, avec des instrumentations épurées. La voix peut se montrer parfois agréable, tant qu’elle n’est pas poussée. On est bercé dans une ambiance relaxante qui s’apparente plus à de la sophrologie qu’à de la musique. Bon j’exagère sans doute un tantinet. On retiendra cependant le très beau duo avec Feist, Catholic Country, qui vient casser la monotonie de l’ensemble.

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DELTA KREAM (The Black Keys), BRIGHT GREEN FIELD (Squid), BE RIGHT BACK (Jorja Smith) : Droit de retrait

On commence avec l’album d’une figure importante de la scène rock actuel. Delta Kream est sorti il y a quelques semaines et représente leur 10ème album en 20 ans de carrière. Il s’ouvre dans une ambiance plus proche du blues que du rock. Le résultat est très maîtrisé et parvient à conjuguer une plongée dans les racines du rock avec une vraie modernité. Dommage que la voix de Dan Auerbach semble quelque peu en retrait. Du coup, si le résultat est vraiment propre, il ne parvient pas tout à fait à se montrer enthousiasmant. Surtout que l’album manque d’un titre vraiment accrocheur.

On enchaîne avec Squid, un groupe « post-punk » britannique et leur premier album Bright Green Field. On est immédiatement marqué par le caractère très énergique de leur musique. Mais à vrai dire aussi par son aspect très bordélique. On est proche de la fusion, mais tout cela sonne plutôt comme une agression pour les oreilles. Cela s’apparente plus à des cris qu’à du chant. Les instrumentations sont stressantes et criardes. C’est franchement insupportable et inaudible.

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FAKE FRUIT (Fake Fruit), SONGS FROM ANOTHER LIFE (The boys with the perpetual nervousness), Shapes OF THE FALL (Piers Faccini) : Revue de variété

On commence avec le groupe américain Fake Fruit et leur premier album sobrement appelé Fake Fruit. Leur style est qualifié d’indie punk et se démarque par la voix de la chanteuse Hannah D’Amato. L’album débute avec du rock classique mais accrocheur, avant que l’énergie ne prenne définitivement le dessus. Mais cette dernière ne peut totalement compenser le fait que le résultat n’est vraiment pas harmonieux. On pourrait même qualifier ça plutôt de bordélique. Le groupe nous offre néanmoins une certaine variété entre les titres.

The Boys With Perpetual Nervousness nous vient, comme leur nom de nous l’indique pas, d’Espagne. Songs From Another Life est leur deuxième album. Ils nous offrent une pop sucrée et entraînante. Le résultat est maîtrisé et les titres d’une qualité constante. Ils présentent un petit côté rétro assez savoureux. Le tout est solide et se laisse écouter avec plaisir. Cependant, à ce niveau d’easy listenning, on est en droit de regretter que tout cela manque quand même quelque peu d’aspérités.

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LATEST RECORD PROJECT VOL.1 (Van MorRison), DEJA VUE (Crosby, Stills, Nash, Young), THE WATCHFUL OF THE STARS (Adrian Crowley) : Les vieux de la vielle

75 ans, voilà à un âge où certains coulent une retraite méritée, pleine de farniente et de repos. D’autres, la vive tout autrement. C’est le cas de Van Morrison qui a encore sorti un nouvel album intitulé Latest Record Project Vol. 1. Une titre qui laisse vraiment penser que la retraite n’est pas pour demain, puisque on s’attend naturellement un volume 2. Sa voix de crooner nous plonge au cœur d’une ambiance entre blues et country. C’est très classique, mais la voix exceptionnelle est là pour apporter ce qu’il faut de personnalité. Malgré les années, l’énergie est toujours là, même sil l’album est surtout dans la douceur et la ballade, pleines des petits solos de guitare qui vont bien. On retiendra notamment l’excellent titre blues Thank God for the Blues. Et surtout merci à Van Morrison pour ces 28 titres (rien que ça) d’une très haute facture !

On reste dans les vieux de la vieille avec Déjà Vue du groupe Crosby, Stills, Nash and Young, qui a regroupé dans les années 60 et 70 David Crosby, Stephen Stills, Graham Nash et Neil Young. Mais vieux, ils ne l’étaient pas à l’époque de la sorti de l’album en 1970. Une édition pour le cinquantième anniversaire vient de sortir, avec l’album original sur le premier CD et des bonus sur trois autres. Cette chorale folk assez hors du commun représente une somme rare de talents. Le résultat est très classique, plein de maîtrise, porteur d’une grande douceur. Ils sortent leurs tripes avec beaucoup de bonheur sur certains titres comme Almost Cut my Hair et sur d’autres aux accents plus rock.

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THEY’RE CALLING ME HOME (Rihannon Giddens), CORAL ISLAND (The Coral), DISCOVERY (Pet Shop Boys) : Solidité classique

On débute avec la violoncelliste folk américaine Rhiannon Giddens qui signe cette année avec They’re Calling Me Home un second album en duo avec le musicien Francesco Turrisi (et un quatrième en tout). On se retrouve plongé dans une ambiance plutôt celtique. La musique et douce, mais le résultat est assez classique, surtout que voix de l’artiste n’a rien de particulièrement exceptionnel. Mais elle compense par beaucoup de maîtrise et de conviction. Les titres sont tous mélodieux et la qualité reste constante. Un album solide, à défaut d’être inoubliable.

On poursuit avec le groupe anglais The Coral et leur album Coral Island. Il nous livre un rock qui tire sur la pop un rien sucrée. C’est assez classique, mais très maîtrisé, pour ne pas dire très propre sur lui. C’est agréable à écouter, d’une qualité relativement égale. Il s’agit d’un double album, on a donc droit à un bon gros lot de titres. Cependant, aucun d’eux ne peut revendiquer le statut de tube en puissance. Là aussi la solidité est de mise, sans crier au génie.

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TEMPO (Dom La nena), SELL OUT (The Who), NEW LONG LEG (Dry Cleaning) : Things go better with coke

Direction le Brésil pour commencer, avec Dom la Nena, de son vrai nom Dominique Pinto, et son album Tempo, sorti cette année. Son instrument est le violoncelle sur lequel elle chante, ce qui est assez rare pour être souligné. Enfin, parfois son chant ressemble plus à un léger murmure. Sa musique s’apparente souvent à de petites ritournelles ou comptines enfantines. L’album propose aussi de nombreux instrumentaux. Le résultat nous berce, par son ambiance douce. Le ton assez uniforme de la voix le rend aussi un rien monotone. Mais le tout reste quand même avant tout très joli.

Le troisième album du groupe mythique The Who, Sell Out, est sorti en 1967. Mais il ressort cette année dans une version collector. Il s’agit autant d’un concept que d’un album. En effet, il est conçu comme s’il s’agissait de l’enregistrement d’une émission de radio, avec de vrais morceaux de musique, mais aussi des publicités (musicales évidemment) et des jingles. Quand on l’ignore, on se demande s’il n’est pas une compilation de fonds de tiroir ou de documents anecdotiques, comme ont pu le proposer les Beatles. Mais même en comprenant le concept, on ne peut s’empêcher de trouver ça musicalement limité. Original certes, mais sans réelle raison de s’enthousiasmer. Quelques titres assez classiques et très sympathiques apparaissent heureusement ça et là. On pourra rire à une fausse pub pour une boisson gazeuse intitulée, avec un joli double sens, Things go better with coke. On retiendra aussi une reprise étonnante de dans l’Antre du Roi de la Montagne de Peer Gynt.

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