NOBLE BEAST (Andrew Bird) : Une flamme qui vacille

noblebeastandrewbirdOn le sait bien, ce qu’il y a de plus dur en amour, c’est de savoir le réinventer chaque jour pour qu’il puisse durer éternellement. Dans ce cas, on parle alors de toute une vie. Mais pour les albums de 60 minutes, c’est un peu la même chose. Il ne suffit pas de proposer une puis deux puis trois chansons qui plaisent bien aux oreilles. Il faut arriver à intéresser l’auditeur le long d’une dizaine de titres sans que la routine ne s’installe (et elle peut s’installer en dix minutes dans le cas qui nous intéresse) et la flamme de la passion ne vacille, pour finalement s’éteindre. Malheureusement, Andrew Bird, avec son Noble Beast n’y ait pas parvenu.

Andrew Bird est un américain, originaire de l’Illinois, où il est né en 1973. Violoniste de formation, il a longtemps collaboré avec divers artistes pour prendre enfin son envol en solo au début des années 2000. Noble Beast est sorti en 2009. Il n’a pas totalement abandonné son travail en appuis d’autres artistes, puisqu’il a travaillé avec Emily Loizeau et notamment sur le titre London Town.

Andrew Bird nous propose donc tout plein de belles ballades douces entre folk et country. Trop peut-être… En tout cas, pris individuellement, tous les titres de Noble Beast sont agréables à écouter, à part peut-être Not a Robot but a Ghost et Anonanimal. Le soucis est que tout cela est bien monotone, au sens premier du terme. Tous les titres ne se ressemblent pas comme deux gouttes d’eau, mais tout cela est joué souvent sur le même rythme. A un moment, on a du mal à consacrer toute son attention à des morceaux qui n’apportent plus rien de nouveau.

Le seul vrai facteur de diversité entre les différents titres de Noble Beast repose sur la manière dont Andrew Bird joue avec sa voix. Il la fait voyager entre les graves et les aigus. Bon, ce n’est pas Peter Kingsbery non plus. Et puis, il le fait rarement au sein d’un même morceau. Certains titres sont d’ailleurs assez contrastés entre une instrumentation qui se veut apaisante et une voix qui monte trop haut pour l’être. C’est sans doute là la seule vraie note d’originalité de cet album. Mais on doit admettre que les titres où la voix est plus grave et plus douce sont vraiment les meilleurs, notamment Tenuousness, pour moi, la plus belle ballade du lot.

Noble Beast fait donc partie de ces albums un peu frustrant dont on n’aimerait dire que du bien. Car tout ce que je viens de dire n’enlève rien au grand talent de Andrew Bird. Au contraire, c’est parce qu’il en a beaucoup qu’on aimerait vraiment qu’il l’exploite de manières plus diverses. A force de travailler essentiellement en collaboration, il a sûrement voulu privilégier un style bien à lui pour sa carrière solo. Il reste un très bon artiste-interprète, avec une vraie maîtrise artistique, à défait d’une créativité débridée. Quant aux textes, je laisse aux plus anglophiles le soin de juger car même si je maîtrise assez bien l’anglais, j’ai bien du mal à me concentrer sur les paroles quand j’écoute de la musique.

Andrew Bird et Noble Beast pourra donc plaire aux amateurs de belles ballades. Ils ressentiront peut-être la même frustration que moi, mais, s’ils sont de nature à positiver, retiendront surtout les plus beaux titres qui le sont vraiment.

Pour finir, un rapide tour d’horizon des titre que l’on trouve sur cet album.

1.: Oh No
Une ballade acoustique qui ouvre parfaitement l’album.

2.: Masterswarm
La voix part dans les aiguës, ce qui contraste avec la musique apaisante.

3.: Fitz And The Dizzyspells
Un titre plus enjoué mais qui reste très intimiste.

4.: Effigy
L’instrumentation est moins minimaliste, donnant plus d’épaisseur à ce titre.

5.: Tenuousness
La voix est beaucoup plus grave sur cette ballade. L’impression est bien meilleure et surtout beaucoup plus apaisante.

6.: Nomenclature
Des accents plus mélancoliques pour ce titre.

7.: Ouo
Andrew Bird joue avec sa voix sur une instrumentation épurée.

8.: Not A Robot But A Ghost
Un titre plus fade, plus transparent.

9.: Unfolding Fans
Une court intermède.

10.: Anonanimal
Un morceau quelque peu lancinant.

11.: Natural Disaster
Une ballade épurée, mais qui n’apporte rien de nouveau.

12.: Privateers
De la conviction dans la voix, du coup, qui redonne un peu de souffle.

13.: Souverian
Une très longue ballade, jolie, à l’image de l’album.

14.: On Ho
Une courte conclusion instrumentale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.