DE VRAIS MENSONGES : Sympathique et léger

devraismensongesafficheEn cette fin d’année, le cinéma français nous propose de nombreux bons films, ce qui devrait faire de 2010 un bon cru. De Vrais Mensonges ne sera certainement pas l’œuvre la plus marquante de cette année, mais cette comédie romantique sympathique et légère nous réchauffe un peu en cette période de grands froids.

Emilie dirige un salon de coiffure et un beau matin elle reçoit dans son courrier une très belle lettre d’amour, mais anonyme. Elle la froisse et le jette directement à la poubelle, sous les yeux de Jean, son employé, sans se douter un instant que ce dernier en est l’auteur. Inquiète pour sa mère, qui vit quasiment recluse depuis que son mari l’a quittée, elle décide finalement de recopier la lettre pour lui envoyer. C’est le début d’une longue série de quiproquos et de malentendus.

La comédie romantique est par essence un genre mineur du cinéma, du fait que l’on connaît toujours pertinemment comment cela va finir. Après, elles peuvent plus ou moins drôles, plus ou moins crédibles, plus ou moins touchantes, et sont même parfois enthousiasmantes. De Vrais Mensonges fait incontestablement partie des comédies romantiques réussies. Elle possède un côte très vaudeville, très français, avec les quiproquos qui naissent beaucoup plus vite qu’ils disparaissent. Ce n’est pas non plus du Feydeau, mais il y’a là un vrai arrière-plan culturel purement hexagonal.

De Vrais Mensonges est avant tout très amusant, et parfois vraiment drôle. Il n’y pas cette volonté d’enchaîner les gags situationnels ou visuels, comme dans une comédie américaine. Mais on a très souvent le sourire aux lèvres et on connaît également quelques vrais éclats de rire. Le ton est vraiment léger. Il n’y a aucun développement social ou philosophique dans ce film. Les rapports mère-fille, les rapports entre personnes n’ayant pas le même bagage culturel sont des éléments constitutifs de l’histoire, mais qui sont vraiment là non pour être développés pour eux-mêmes, mais totalement au service du triangle amoureux.

devraismensongesLe succès d’une comédie romantique repose souvent en grande partie sur la sympathie que nous inspire les personnages. En effet, comme l’on connaît déjà la fin par avance, pour que l’on soit vraiment dedans, il faut vraiment que l’on ait envie de voir l’amour triompher. Et là, De Vrais Mensonges connaît sans doute sa plus grande faiblesse. En effet, si les personnages interprétés par Nathalie Baye et Sami Bouajila rallient tous les suffrages, il faut avouer que celui joué par Audrey Tautou a beaucoup d’une tête à claques… Et elle a beau répéter « mais en fait, je ne suis pas comme ça », on n’est pas toujours hyper convaincu. C’est le petit bémol que je mettrais à ce film, sans que cela ne remette en cause profondément sa qualité générale.

Au-delà des personnages qu’ils interprètent, le trio d’acteurs donne tout la mesure de son talent. Nathalie Baye est tout simplement géniale et c’est elle qui apporte ce petit souffle en plus que donne une âme à De Vrais Mensonges. Sami Bouajila nous propose quant à lui un jeu très sobre, mais qui convient parfaitement pour ce rôle d’homme timide et réservé. Audrey Tautou, enfin, sans être particulièrement géniale nous séduit encore une fois par son charme naturel. Après, personnellement, j’aimerais bien la voir prendre quelques kilos, mais cela constitue un autre débat.

De Vrais Mensonges fait donc partie de ces films légers que l’on oublie facilement, mais qui nous font incontestablement passer un très bon moment.

Fiche technique :
Production : Les Films Pelléas
Distribution : Pathé Distribution
Réalisation : Pierre Salvadori
Scénario : Benoît Graffin, Pierre Salvadori
Montage : Isabelle Devinck
Photo : Gilles Henry, Philippe Eidel
Décors : Yves Fournier
Son : Michel Casang, Christophe Winding, Josefina Rodriguez, Joel Rangon
Durée : 105 mn

Casting :
Audrey Tautou : Emilie
Nathalie Baye : Maddy
Sami Bouajila : Jean
Stéphanie Lagarde : Sylvia
Judith Chemla : Paulette

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