
Déjà, au final, le propos de Jeune et Jolie n’est pas d’un intérêt fulgurant. Il évite certes le jugement, mais oublie aussi de donner un point de vue et même, au final d’apporter la moindre explication. Le film est pendant près d’une heure purement contemplatif. Ca ressemble même à une longue scène d’exposition, où vont se multiplier les séquences crues entre la jeune fille avec ses clients. Certes, c’est filmé avec élégance, sans voyeurisme, ni vulgarité, mais la répétition n’apporte pas grand chose à la profondeur du propos. Ce n’est que sur la fin, lorsque la famille découvre la situation, que ce dernier prend une autre consistance. Mais même là, on a l’impression que François Ozon n’a pas été au bout de sa réflexion.
Et puis, il y a le style Ozon pour lequel j’ai un tout petit peu de mal à m’enthousiasmer. C’est statique, sans fioriture, et du coup extrêmement froid. L’image ne véhicule aucune émotion, ce qui donne certes une certain recul par rapport à un sujet difficile, mais nous empêche aussi du coup de vraiment rentrer dans l’histoire. On contemple, on ne ressent pas. Ozon fait de Jeune et Jolie un objet au style parfait, mais trop lisse pour qu’on puisse trouver quelque chose auquel raccrocher son propre regard, son propre vécu, ses propres émotions.

Il n’en reste pas moins une maîtrise totale de la part de François Ozon qui force l’admiration. Mais Jeune et Jolie laisse tout de même l’impression d’une œuvre manquant d’audace et, au final, froidement belle, mais rarement profondément intéressante.
LA NOTE : 12/20
Fiche technique :
Production : Mandarin cinéma, Mars films, France 2 cinéma, FOZ
Réalisation : François Ozon
Scénario : François Ozon
Montage : Laure Gardette
Photo : Pascal Marti
Décors : Katia Wyszkop
Distribution : Mars distribution
Musique : Philippe Rombi
Durée : 94 mn
Casting :
Géraldine Pailhas : Sylvie
Marine Vacth : Isabelle
Frédéric Pierrot : Patrick
Fantin Ravat : Victor
Johan Leysen : Georges
Charlotte Rampling : Alice
Nathalie Richard : Véronique
Djedje Apali : Oscar