WHIPLASH : Ca valait vraiment la peine d’attendre

whiplashafficheJe sais que vous vous demandez tous pourquoi je n’ai toujours pas proposé mon classement des meilleurs films de l’année alors que nous sommes déjà le10 janvier. Bon, je vous accorde que l’actualité permet difficilement de penser à des choses aussi futiles, alors je vous pardonne le fait que cela nous vous a pas même effleuré l’esprit. Si je tarde tant, c’est avant tout parce que cette semaine fut marquée de mon côté par de nombreuses réunions politiques pour cause de Conseil Municipal et par une bonne grippe qui m’a mis KO ces deux derniers jours. Mais surtout c’est parce qu’il fallait que je prenne le temps de rédiger la critique du dernier film devant figurer dans ce classement, à savoir Whiplash et que je n’ai vu que dans les premiers jours de janvier. (A noter que les films sorti le 31 décembre, notamment A Most Violent Year, que je n’ai pas encore vu, seront considérés comme des films sortis en 2015).

Whiplash est pendant 100 minutes un excellent film, mais qui m’a laissé quelque peu circonspect. Le thème n’est pas nouveau, celui du jeune prodige bourré de talent qui doit faire face à mentor incapable de la moindre compassion. Et la morale que le film en tire est ambiguë : justifie-t-il ces comportements proche du sadisme mais qui pousse à donner le meilleur d’eux-mêmes aux victimes de ces tortures ou bien les dénoncent-ils au contraire ? La réponse donnée par Damien Chazelle n’a rien d’évident et cela m’a quelque peu gêné car cela reste le thème central du film. Sans point de vue tranché, le film n’a pas vraiment de sens au-delà de ses qualités purement cinématographiques.

whiplashEt puis, vient les dernières minutes pour ce qui est peut-être la meilleurs scène de l’année. Un très grand moment de cinéma qui à lui seul justifie le très grand intérêt que l’on peut porter à ce film. Une scène qui change également quelque peu la perspective avec laquelle on regarde Whiplash. Il s’agit d’un face à face entre deux personnages quelque peu extrêmes, où il n’y a pas forcément un bon et un méchant (même si je pense que l’empathie du spectateur penche clairement d’un côté) et donc duquel il ne faut pas forcément attendre une leçon de morale.

Du coup, on peut enfin apprécier pleinement le travail artistique réalisé par Damien Chazelle. Je dois admettre que cet enthousiasme est une nouvelle preuve du faible très personnelle que j’éprouve pour les films où la musique joue un rôle central. Mais la qualité de Whiplash ne tient pas seulement au swing entraînant des morceaux qui le parcourt. La musique est bien présente, mais le film parvient aussi à nous faire ressentir toute la souffrance du personnage, celle qu’on lui inflige mais aussi celle qu’il s’inflige à lui-même, le tout sublimé par l’interprétation fantastique de Miles Teller, révélation éclatante de ce film. C’est une plongée au cœur des limites de la volonté humaine, une resplendissante mise en images du prix à payer pour n’être pas simplement très bon, mais tout simplement le meilleur. Le tout donne justement un des films parmi les meilleurs de 2014.

LA NOTE : 15/20

Fiche technique :
Production : Blumhouse Productions, Bold Films, Exile Entertainment, Right of Way Films
Réalisation : Damien Chazelle
Scénario : Damien Chazelle
Montage : Tom Cross
Photo : Sharone Meir
Décors : Hunter Brown
Distribution : Ad Vitam
Musique : Justin Hurwitz
Directeur artistique : Melanie Jones
Durée : 105 mn

Casting :
J.K. Simmons : Terence Fletcher
Miles Teller : Andrew Neyman

Austin Stowell : Ryan
Paul Reiser : le père d Andrew
Melissa Benoist : Nicole
Jayson Blair : Travis

 

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