
Usain Bolt est bien sûr la grande star de cette compétition. Par ses résultats et ses records, mais aussi par son attitude qui semble contaminer l’ensemble des athlètes. Quelle décontraction chez ce garçon ! Malgré son statut de star planétaire, il ne semble pas oublier que c’est avant tout un jeu. Il s’amuse sur la piste et surtout avec ses adversaires. Jamais ses mimiques ne sont méprisantes. Au contraire, il n’hésite pas à les y associer et à discuter avec eux jusqu’à quelques secondes avant le départ. Quelle métamorphose par rapport à l’époque de Maurice Greene ! L’époque des « pitbulls » au regard de tueur, fermé et agressif, est bel et bien révolue !
Quel merveilleux spectacle fut ainsi le concours de saut en hauteur féminin. En plus du suspense et du niveau très élevé, il a été marqué par l’expressivité des participantes qui n’ont pas hésité à jouer avec le public. Et l’image de Ariane Friedrich, pourtant favorite chez elle, à Berlin, et forcément déçue par sa médaille de bronze, tapant dans les mains avec le public pour encourager sa rivale dans sa tentative contre le record du monde, le tout avec un immense sourire aux lèvres, fut une des plus belles de ces mondiaux.
Un mot justement sur cet extraordinaire public berlinois. Certes, les gradins furent quelques fois un peu clairsemés, mais ceux qui étaient là eurent un comportement remarquable. Quel silence lorsqu’un athlète demandait au public de se taire pour l’aider à se concentrer ! Cela était particulièrement impressionnant à la télévision, paraît-il que cela était à peine croyable depuis l’intérieur même du stade. La légendaire discipline allemande y est sûrement pour beaucoup, mais elle s’est manifestée ici par une immense marque de respect envers les athlètes, tous les athlètes.
