
A chaque Palme d’Or se pose toujours la même et éternelle question : est-elle méritée ? Mon introduction pourrait donner à penser que je serai plutôt enclin à répondre par la négative. Pourtant, je dois admettre que le Ruban Blanc ne dépareille pas dans ce prestigieux palmarès. Comme je l’ai dit, ce qui m’a manqué c’est un enthousiasme subjectif et personnel qui m’a manqué et cela n’enlève rien aux qualités objectifs et cinématographiques de ce film.
Le but du Ruban Blanc est d’explorer les racines qui ont pu conduire la société allemande à basculer dans le nazisme. Comment la rigidité sociétale a fait naître une violence refoulée chez toute une génération. La démonstration est plutôt convaincante, terrifiante même parfois. Certains personnages sont vraiment dérangeants dans leurs bonnes intentions destructrices. On retiendra notamment un discours culpabilisant du pasteur à son fils sur la masturbation. Un portrait donc sans concession d’une société viciée dont on sent la chute inéluctable.

Mais alors que manque-t-il à ce film ? Peut-être un fil narratif un peu plus accrochant. L’intérêt du Ruban Blanc tient essentiellement sur la description qu’il nous offre, beaucoup moins sur l’intrigue proprement dite. De plus, les personnages sont beaucoup trop antipathiques pour qu’on puisse s’y attacher. Certes, l’instituteur, qui tient lieu de narrateur, est l’élément qui tente d’échapper à ce monde si renfermé sur lui-même. Mais j’avoue ne pas avoir ressenti une affection très forte pour ce dernier. Et je pense que, de là, c’est le film dans sa globalité qui ne m’a pas touché comme il aurait du.
Le Ruban Blanc est donc un film à l’intérêt indéniable, aussi bien sur la forme que sur le fond. Son sujet grave et austère pourra en rebuter certains, mais il n’en demeure pas moins une œuvre remarquable.
FIche technique :
Production : Les films du Losange, X Filme creative, France 3 cinéma, Wega film, Lucky Red
Réalisation : Michael Haneke
Scénario : Michael Haneke
Montage : Monika Willi
Photo : Christian Berger
Format : 1.85
Décors : Christoph Kanter
Distribution : Les films du losange
Son : Guillaume Sciama, Jean-Pierre Laforce
Durée : 145 mn
Casting :
Susanne Lothar : la sage femme
Ulrich Tukur : Le baron
Leonie Benesch : Eva
Ernst Jacobi : Le narrateur
Christian Fridel : l instituteur