
Bazil, miraculeusement vivant après s’est pris une balle perdue en pleine tête, en a néanmoins perdu appartement et travail. Il se fait alors recueillir par une joyeuse bande d’allumés, spécialisés dans le recyclage d’objets jetés au rebus. Un jour, Bazil tombe par hasard sur la société qui a fabriqué la balle qui l’a frappé, dont les locaux se trouvent juste en face de ceux de la société qui a fabriqué la mine qui a tué son père. Il décide alors de prendre sa revanche sur ces deux entreprises qui ont brisé sa vie.
Micmacs à Tire-larigot est un vrai bon film populaire, sans que ce terme n’est une quelconque connotation péjorative. Un film léger, imaginatif et distrayant. Il ne cherche pas à être plus que cela et lui reprocher de ne pas l’être me semble intellectuellement malhonnête et démagogique. Ne pas chercher une quelconque profondeur métaphysique n’empêche en rien un film de posséder d’indéniables qualités.
Micmacs à Tire-larigot est avant tout un film très imaginatif. On retrouve là tout ce qui a fait le succès et le charme d’Amélie Poulain. Des personnages hauts en couleur et délirants, mais qui gardent une part d’humanité qui rend attachant même les « méchants ». Une imagination visuelle avec tout un tas d’objets et de situations saugrenus qui ne sont là que pour apporter un peu de rêve et de fantaisie. Le tout crée un univers extrêmement sympathique dans lequel on prend un grand plaisir à se plonger pendant tout le film.

Micmacs à Tire-larigot est donc un film remarquable, parfaitement maîtrisé sur la forme. Combien de réalisateurs français sont capables de réaliser un tel travail de composition d’image, allié à un montage et un récit vifs et entraînants. Très peu malheureusement. Mais alors que manque-t-il à ce film pour devenir un grand film ? Je dirais qu’il manque à Jean-Pierre Jeunet… Marc Caro, son ancien compère avec qui il avait notamment signé l’inoubliable Delicatessen. Ce dernier apportait un peu de noirceur à son univers que certains trouveront trop sirupeux, trop dégoulinant de bons sentiments. Cela est moins marqué que dans Amélie Poulain, mais on retrouve quand même largement cet humanisme optimiste qui lui est propre, mais qui le dessert peut-être un peu… Espérons qu’un jour, les deux acceptent de retravailler ensemble.
Micmacs à Tire-larigot est donc un film à conseiller à tous. Déjà parce qu’il est un pur divertissement réussi, ce qui est rare dans le cinéma français, et surtout parce qu’il est particulièrement divertissant justement. Pourquoi demander plus ?
Fiche technique :
Production : Epithète Films, Tapioca Films
Distribution : Warner Bros. Pictures France
Réalisation : Jean-Pierre Jeunet
Scénario : Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurant
Montage : Hervé Schneid
Photo : Tetsuo Nagata
Décors : Aline Bonetto
Son : Jean Umansky
Musique : Raphaël Beau
Effets spéciaux : Alain Carsoux
Maquillage : Nathalie Tissier
Durée : 104 mn
Casting :
Dany Boon : Bazil
Jean-Pierre Marielle : Placard
Yolande Moreau : Tambouille
Dominique Pinon : Fracasse
André Dussollier : Nicolas Thibault de Fenouillet
Nicolas Marié : François Marconi
Julie Ferrier : La môme Caoutchouc
Omar Sy : Remington
Michel Cremades : Petit Pierre