LE TEMPS DES CERISES (Dan Franck et Jean Vautrin) : Toujours aussi frustrant !

letempsdescerisesJe suis quelqu’un de plutôt indulgent et optimiste, accordant facilement une seconde chance. Après un premier tome qui m’a laissé une impression mitigée, je me suis tout de même attaqué au deuxième volet des aventures de Boro, reporter-photographe, le Temps des Cerises. Malheureusement, j’y ai retrouvé tous les défauts, mais aussi les qualités, de la Dame de Berlin. Je ne suis donc pas du tout persuadé que Dan Franck et Jean Vautrin auront droit à une troisième chance.

1936, le Front Populaire est sur le point de triompher. Trois ans ont passé depuis les évènements de Berlin, mais Boro continue de se retrouver, souvent malgré lui, en première ligne contre les factions fascistes parisiennes. Cette fois, c’est en volant au secours de Liselotte, jolie vendeuse de 17 ans des Galeries Lafayette qu’il va encore une nouvelle fois se trouver face à la bête immonde.

Les deux principales de la Dame de Berlin se retrouvent dans le Temps des Cerises. Mais en y repensant, il n’y avait vraiment pas de raison qu’elles disparaissent. Le personnage principal reste le principal atout de cette série. Il est ici beaucoup plus mûr que dans le premier tome, mais garde son charme incomparable, son humour corrosif, son sens de la réparti inimitable. Un vrai héros populaire, au sens noble du terme, protecteur de la veuve et de l’orphelin, et surtout de la veuve, surtout si elle est jolie.

L’autre élément agréable est le style léger adopté par Dan Franck et Jean Vautrin. Un style proche du roman de gare, mais en mieux… Un peu comme quand Tarantino rend hommage au série Z, mais version littérature. Le propos est de toute façon assez léger, malgré un contexte sous-jacent éminemment historique et politique, et aurait été ridicule emballé dans de longues phrases pompeuses et ampoulées.

Mais malheureusement, le principal défaut reste le même. Les deux auteurs s’éloignent trop souvent du fil rouge de l’histoire. Du coup, Ce dernier apparaît presque comme un prétexte lointain à différentes péripéties chargées de mettre en valeur le personnage de Boro. Ainsi, le Temps des Cerises, comme la Dame de Berlin, distrait, amuse, mais ne passionne pas. Dan Franck et Jean Vautrin ne nous offrent jamais de moments où l’on tourne les pages avec avidité, pressé que l’on est de connaître la suite. On parcourt se livre sans jamais vraiment y pénétrer, sans réelle immersion dans un univers qui fait pourtant envie. C’est encore une fois dommage car il ne manque pas grand chose, juste une trame narrative plus épaisse et plus intense.

Maintenant, se pose la question de savoir si je vais lire la suite. Je sais à qui l’emprunter, donc cela peut se faire à moindre frais. Je ressens le même sentiment de frustration qu’après la Dame de Berlin et a vraiment envie de voir enfin Boro vivre des aventures à la hauteur de la sympathie qu’il dégage. On verra donc à quelle point ma patiente à des limites.

Le Temps des Cerises n’est pas forcément à éviter. Il est plus frustrant que décevant, car il ne lui manque pas grand chose pour être réellement excellent. Mais bon, parfois, les petites choses sont les plus dures à obtenir. 

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