A SERIOUS MAN : La fin d’une idylle ?

aseriousmanafficheMais que m’arrive-t-il ? Moi qui vivais une histoire d’amour passionnel sans l’ombre d’un nuage. Oh bien sûr, il y’avait bien un petit Ladykillers, un peu plus faible que le reste, mais à peine. Je pensais le bonheur éternel, mais voilà, l’incroyable est arrivé. La première fois, ça ne m’a pas vraiment inquiété, cela fait partie des aléas de la vie. Ca peut arriver comme l’on dit. Mais là, deux fois de suite, je suis inquiet. Est-ce la fin d’un idylle ? Dois-je annoncer qu’après tant de bonheur partagé (ok dans un seul sens, mais quand même), vient se s’achever ma lune de miel avec les frères Coen… Après un Burn After Reading qui ne m’avait pas vraiment fait rire, voici A Serious Man, qui m’a carrément ennuyé…

Larry Gopnik voit sa vie, déjà pas terrible à la base, partir en sucette… Sa femme est sur le point de le quitter… et de le foutre dehors de chez lui. Des lettres anonymes sont envoyés à l’école où il l’enseigne le calomniant alors que sa titularisation est sur le point d’être examinée. Son frère est un débile léger qu’il traîne comme un boulet. Et ses enfants sont des adolescents qui ne ressemblent à rien… Bref, des ados… Il va alors chercher de l’aide et une oreille attentive… Mais y’a-t-il vraiment quelqu’un sur terre qui ait vraiment envie de l’aider ?

A Serious Man ressemble un peu à un remake de La Crise, le film de Coline Serreau. L’histoire d’un homme qui essaye d’exposer ses problèmes aux membres de son entourage, mais chacun d’eux est trop occupé avec ses propres problèmes pour lui prêter la moindre attention. C’est exactement le même ressort dans les deux films, mais si l’un était vraiment drôle et bien senti, le film des frères Coen est juste passablement vain et ennuyeux.

A Serious Man est largement parcouru par le thème de la religion puisque le fil rouge de cette histoire est la rencontre de Larry avec les trois rabbins de sa communauté. Beaucoup d’éléments du film renvoie au judaïsme et il y’a sans doute là une part assez personnelle de la part des frères Coen. Mais c’est malheureusement là le seul élément structurant de cette histoire qui manque dramatiquement de corps et d’épaisseur. Le héros n’est guère plus avancé au début qu’à la fin et on passe le film à se demander où les frères Coen veulent en venir. Malheureusement, la réponse n’arrive jamais.

aseriousmanTout cela est regrettable car on retrouve malgré tout ce qui fait le génie des frères Coen dans A Serious Man. La même ambiance quasi fantastique alors qu’ils mettent en scène des éléments très terre à terre, la même imagination visuelle et les mêmes personnages hauts en couleurs, parfois attachants, parfois inquiétants. Bref, ce film porte leur patte… l’intérêt en moins. Quand on est fan, on est donc particulièrement frustré ! Il y’avait moyen de faire de A Serious Man un excellent film, il aurait juste fallu penser à le doter d’une intrigue. Parfois, ça peut servir…

Du coup, il y’a quelques moments de vrai bonheur cinématographique. Mais le tout forme trop un méli-mélo informe pour qu’on puisse vraiment les apprécier. A Serious Man aurait été réellement un films à sketchs, on aurait pu pardonner une certaine inégalité entre les scènes. Mais là, rien n’a vraiment de sens et du coup, l’intérêt du spectateur est plus que limité. C’est vraiment regrettable car, comme je l’ai dit, ce film est sans doute l’œuvre la plus personnelle des frères Coen.

A Serious Man ne peut évidemment à lui seul remettre en cause le génie des frères Coen. Mais bon, j’aimerais infiniment que le dicton « jamais deux sans trois » ne se vérifie pas ce coup-ci.

Fiche technique :
Production : Mike Zoss prod, Relativity Media, Studio Canal, Working Title
Distribution : Studio Canal
Réalisation : Ethan & Joel Coen
Scénario : Ethan & Joel Coen
Montage : Ethan & Joel Coen
Photo : Roger Deakins
Décors : Jess Gonchor
Musique : Carter Burwell
Directeur artistique : Deborah Jensen
Durée : 105 mn

Casting :
Michael Stuhlbarg : Larry Gopnik
Richard Kind : Oncle Arthur
Fred Melamed : Sy Ableman
Sari Lennick : Judith Gopnik
Peter Breitmayer : Mr. Brandt

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