VAUT MIEUX TARD QUE JAMAIS

kezmanLa France du football a été très surprise aujourd’hui. En effet, elle s’attendait à ce qu’il pleuve des grenouilles ce matin et il en n’a rien été. Enfin pas à Viroflay tout du moins. Hier, il est arrivé quelque chose  de tellement inattendue que cela ne pouvait provenir que d’un bouleversement mondial majeur. Et oui, hier, Mateja Kezman a marqué pour le PSG et a été crédité d’un excellent match.

Mateja Kezman est l’archétype du joueur dont l’échec était tellement attendu qu’il ne pouvait que survenir. Arrivé à Paris avec la réputation d’un talent perdu et surfait, payé rubis sur l’ongle par un club qui alimente chaque année la colonne bide du marché des transferts, il a surtout défrayé la chronique par son temps de jeu famélique et son jeter de maillot. Peu utilisé, regardé avec suspicion, tout était réuni pour qu’il ne mette pas un pied devant l’autre… Et c’est exactement ce qui s’est passé.

Et puis, à force de ne pas jouer, il s’est fait oublier, a passé six mois en Russie, a bossé à l’entraînement et le revoilà donc en pleine forme. Si son talent n’est sans doute pas celui d’un grand buteur de niveau européen, comme on l’a cru à une époque, il mérite bien mieux que les quolibets, les moqueries et les sifflets dont il a du se contenter depuis son arrivée à Paris.

Il se situe surtout dans la grande tradition des joueurs parisiens à qui on n’a jamais vraiment donné leur chance. On sait bien que la première saison dans un nouveau club est souvent décevante. Mais à Paris, on n’a pas le temps, alors on recrute, on recrute, mais sans jamais laisser le temps aux joueurs de s’épanouir. Pourquoi des joueurs comme Franck Gava, Florian Maurice, Stéphane Dalmat, Julio Cesar Dely Valdes, Vedad Ibisevic, Sylvain Distin, Didier Digard, Yann Lachuer, Nicolas Laspalles, Nicolas Ouédec, Christian Wörms…n’ont ils foulé la pelouse du Parc qu’une seule saison ? Bien sûr leurs performances n’ont pas immédiatement été à la hauteur des espoirs placés en eux, mais je suis sûr qu’une partie d’entre eux auraient offert une bien meilleure copie pour la seconde.

Le seul joueur du PSG qui vient contredire ce schéma est évidemment Raï, qui, pendant une année, était considéré comme un bide retentissant, avant de devenir un des joueurs les plus légendaires du club. Evidemment, Mateja Kezman n’aura jamais ce statut d’idole et vu son salaire, il semble évident qu’il fera ses valises l’été prochain. Mais je suis personnellement heureux qu’il montre à tous, avant de partir, qu’il reste malgré tout un excellent joueur de foot.

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