JUSTICE ET CHATIMENT

justiceS’il est un sujet que j’aborde assez peu ici, parce que je n’y connais pas grand chose, c’est celui de la justice. Et oui, je ne suis pas encore tout à fait un homme politique puisque je renâcle encore à parler de choses pour lesquelles je n’ai aucune compétence particulière. Mais en apprenant la nouvelle de la libération de Véronique Courjault après moins de 4 ans de prison, j’avoue que mon esprit a été quelque peu titillé.

En lisant les commentaires postés sur les articles relatifs à cette affaire, on ne lisait qu’indignation et colère. Bon, le niveau intellectuel moyen des commentaires, ce n’est pas forcément une référence, mais j’avoue que, même moi, je suis désagréablement étonné qu’on puisse sortir si tôt après un triple infanticide. Mais cela m’a amené à me poser une question quand même assez cruciale : ça sert à quoi d’envoyer les gens en prison ?

Une première raison, celle que la droite donnerait, c’est que la punition est dissuasive. C’est une idée qui paraît simple, et qui, comme toutes les idées simples, est partiellement fausse. On sait très bien, et tous les chiffres le prouvent, rendre un système judiciaire plus répressif n’a jamais à lui seul fait baisser la délinquance. Bien sûr, c’est la peur de la sanction qui nous dissuade de certains comportements, comme ne pas payer le parcmètre. Avouons-le, le sens citoyen n’est pas toujours suffisant. Mais cela est guère transposable à la grande délinquance.

La deuxième raison est que l’emprisonnement contribue à la sécurité générale. Déjà parce qu’un criminel en prison ne risque pas de nuire au citoyen innocent. Evidemment, il finira par sortir, mais là on peut espérer qu’il n’aura alors plus envie de recommencer. Mais si l’effet dissuasif à priori est sujet à caution, l’effet à posteriori tient lui de la légende. La prison comme usine à récidive n’est malheureusement pas qu’un mythe.

La dernière raison est elle beaucoup moins rationnelle. C’est la punition pour la punition, indépendamment de toute considération quant à son utilité et ses conséquences. Il s’agit là d’une considération éminemment morale et pour laquelle chacun est plus ou moins réceptif. Aucun élément objectif ne permettra de trancher le débat qui se poursuivra tant que les hommes vivront en société.

Maintenir Véronique Courjault poursuivrait quel but ? La dissuasion à priori, c’est évidemment déjà trop tard. Après, personnellement, en tant qu’humble citoyen, je ne me sens pas vraiment dans une plus grande insécurité depuis sa sortie de prison. Reste donc les considérations morales. Et là, le débat est loin d’être tranché… et ne le sera jamais.

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