TAMARA DREWE : Le bonheur est dans le pré (anglais)

tamaradreweafficheAh le cinéma anglais ! Il est fréquent que je chante ses louanges au fil de mes critiques. Et s’il y’a bien un genre dans lequel il excelle, c’est celui de la comédie. Aussi rythmées que les comédies américaines, aussi profondes et intelligentes que (certaines) comédies françaises, les comédies anglaises sont tout simplement de loin les meilleures du monde. Alors si vous riez encore juste en pensant à 4 Mariages et un Enterrement et à The Full Monty, courrez au plus vite savourer ce nouveau bijou qu’est Tamara Drewe.

Plusieurs années après son départ, Tamara revient dans le fin fond de la campagne anglaise où elle a grandit pour s’occuper de la vente de la maison de sa mère. Quel émoi dans le village quand tout le monde la voit arriver avec le nez refait, des jambes à couper le souffle et un charme dévastateur. Dans ce lieu tranquille où jamais rien ne se passe, beaucoup de choses vont alors se passer.

Derrière la caméra, Stephen Frears, vieux routier du cinéma anglais, et qui nous livre régulièrement de petits chef-d’œuvres. Son film précédent, Chéri, d’après Colette, m’avait quelque peu déçu. C’est sûrement pour ça qu’il a décidé de mettre cette fois-ci tout son talent en œuvre pour nous livrer peut-être la comédie de l’année, à la fois drôle, corrosive et dressant surtout un portrait si bien juste des petites faiblesses humaines. Tamara Drewe est tout simplement du pur bonheur en pellicule.

Tamara Drewe est avant tout un vrai vaudeville. Il y’a des maris et des amants dans les placards, mais pas que ça. Il y’a surtout une incroyable galerie de personnages, tous plus savoureux les uns que les autres. Un auteur à succès volage, un écrivain sans inspiration, un homme à tout faire qui ronge son frein, une rock-star, une femme fidèle malgré tout et bien sûr cette Tamara qui a mis leur vie sans dessous-dessous.

Mais il y’a surtout, Jody et Casey, deux adolescentes qui évidemment s’ennuient ferme dans ce trou perdu et qui n’ont qu’une seule envie : faire des conneries. Deux personnages inoubliables, magistralement interprétés par les jeunes Jessica Barden et Charlotte Christie, que l’on reverra très bientôt, espérons-le. Elles représentent la (grosse) cerise au sommet de ce film qui est par ailleurs particulièrement délectable.

tamaradreweLa vraie star de ce film reste néanmoins la sublime Gemma Arteton. Elle nous prouve ici que se faire diriger par un grand réalisateur change tout et nous fait oublier sa prestation quelque peu ridicule (mais moins que le film) dans le Choc des Titans. Elle fait ici étalage de tout son charme qui ne tient pas uniquement à sa magnifique paire de gambettes. On tombe littérairement amoureux d’elle, comme tout le monde au village, et malgré ses variations d’humeur toutes féminines. Gemma épouse-moi !

Le tout est filmé par la caméra élégante et discrète de Stephen Frears. Pas d’esbroufe, d’effets visuels incongrus, mais un vrai sens de l’image et de la composition, qui m’aurait presque donné envie d’échanger mon voyage en République Dominicaine contre un séjour dans l’arrière-pays grand-breton… Bon là, je m’emballe peut-être un tantinet, mon amour du cinéma britannique ne va peut-être pas aussi loin. Mais pas loin quand même…

Tamara Drewe est donc le film à voir cet été… Bon peut-être avec Inception, mais je ne peux pas encore dire, je ne l’ai pas encore vu…

Fiche technique :
Production : Ruby films, BBC Films, West End Films
Réalisation : Stephen Frears
Scénario : Moira Buffini, d’après le roman graphique de Posy Simmonds
Montage : Mick Audsley
Photo : Ben Davis
Décors : Alan MacDonald
Distribution : Diaphana
Musique : Alexandre Desplat
Directeur artistique : Christopher Wyatt
Durée : 109 mn

Casting :
Gemma Arterton : Tamara Drewe
Roger Allam : Nicholas Hardiment
Bill Camp : Glen McCreavy
Dominic Cooper : Ben Sergeant
Luke Evans : Andy Cobb
Tamsin Greig : Beth Hardiment
Jessica Barden : Jody Long
Charlotte Christie : Casey Shaw

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