VOIR LA MER : Sur la route des vacances et de l’amour à trois

voirlamerafficheChaque année nous livre son Woody Allen… En France, chaque année nous livre son Patrice Leconte. Mais si les œuvres du cinéaste new-yorkais continuent de faire la une de l’actualité cinématographique, ceux du réalisateur des Bronzés déchaînent de moins en moins les passions médiatiques. Voir la Mer vient tout juste de sortir au cinéma et cela s’est fait dans un relatif anonymat. C’est bien dommage vue la qualité du film, son meilleur depuis bien longtemps.

Nicolas et Clément sont deux frères qui pour les vacances partent en stop jusqu’à St Jean de Luz voir leur mère. Mais cette année, ils font la route avec Clémence que Nicolas vient tout juste de rencontrer. Sa présence provoque dans un premier temps l’hostilité de Clément, avant que ne s’installe un triangle amoureux. Mais c’est sans compter sur Max, son ex, parti à sa recherche.

Voir la Mer est un film léger et original, entre road-movie et comédie romantique. Il n’y a ni leçons à tirer, ni grande intrigue, mais juste une belle histoire que l’on a plaisir à suivre, charmé que l’on est par les personnages. Un film rempli de tendresse, de sourire, de soleil et bien sûr d’amour. Bon, pas sûr que tout le monde serait prêt à vivre cette aventure quelque peu improbable, mais en tout cas on prend beaucoup de plaisir à la suivre.

Voir la Mer est pendant une bonne moitié pleinement réussi. On va de surprises en surprises et les tensions entre personnages donnent de l’épaisseur au tout. C’est à ce moment que l’on tombe amoureux de ces derniers et que l’on rentre totalement dans leur histoire, qui donne envie d’évasion et de vacances. Puis l’équilibre s’installe et alors le film commence quelque peu à tourner en rond. L’intrigue finit en roue libre et se trouve ponctuée de quelques longueurs. Mais bon, le film est globalement largement assez court, tout juste une heure et demi, pour ne pas laisser le temps à l’ennui de gagner le spectateur.

voirlamerPatrice Leconte avait tout juste de quoi faire un long métrage avec ce scénario. Il l’étire donc un tantinet pour qu’il colle avec le minimum syndical pour une distribution en salle (à la fois, le spectateur n’a pas droit à une réduction si le film est particulièrement court). Mais il le fait avec son talent habituel, sa capacité à mettre en valeur ses acteurs et ses personnages, qui forment toujours l’âme de ses films. Du coup, le charme du début ne s’éteint jamais vraiment et l’on ressort de Voir la Mer avec un large sourire et le cœur plus léger.

Voir la Mer est aussi l’occasion d’une vraie révélation, celle de Pauline Lefevre. L’ex-miss météo de Canal+ tient là un premier grand rôle qu’elle assume avec un talent, un charme et une grâce déconcertantes. Elle est le pivot de ce film et son sourire dévastateur est pour beaucoup dans la réussite qu’il représente. Ses deux compères ne sont pas en restent, même si on préfèrera la douceur et la sensibilité de Nicolas Giraud au numéro de grand dur blessé de Clément Sibony. Enfin Gilles Cohen confirme son statut de second rôle de qualité, qu’il occupe de plus en plus souvent dans les productions hexagonales.

Voir la Mer reste très loin des grands films de Patrice Leconte, du temps de Ridicule par exemple. Mais il signe là pour moi son meilleur film depuis dix ans. Un film qui, sans enthousiasmer, apporte assez de fraîcheur et d’originalité pour constituer un très bon moyen de patienter d’ici l’été.

Fiche technique :
Production : Produire à Paris
Distribution : Océan Films
Réalisation : Patrice Leconte
Scénario : Patrice Leconte
Montage : Joëlle Hache
Photo : Jean-Marie Dreujou
Décors : Ivan Maussion
Son : Paul Lainé
Musique : Etienne Perruchon
Maquillage : Claudia Chevailler
Durée : 91 mn

Casting :
Nicolas Giraud : Nicolas
Clément Sibony : Clément
Pauline Lefevre : Prudence
Gilles Cohen : Max

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