CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER : Une nouvelle naissance, 70 ans après

captainamericaafficheMarvel a visiblement décidé de remplir nos écrans cet année, avec pas moins de trois films de super-héros. Il y a tout d’abord eu le très moyen Thor, pourtant réalisé par Kenneth Branagh. Puis le très réussi X-Men : le Commencement. Restait donc à savoir où Captain America : First Avenger allait pencher la balance. Le verdict est sans appel : le cru 2011 est excellent !

Alors que la Seconde Guerre Mondiale fait rage en Europe, Steve Rogers rêve de s’engager dans l’armée pour défendre la liberté. Mais à cause de sa carrure frêle et de ses problèmes de santé, il se fait invariablement éconduire. Jusqu’au jour, où il croise le Professeur Erskine qui va le sélectionner pour un programme de création de super-soldats. L’urgence est là, car au même moment, un scientifique nazi, à la tête d’une mystérieuse organisation, l’Hydra, a mis la main sur une formidable source d’énergie.

Captain America est le second super-héros de l’histoire, né en 1941, deux ans après Superman. Il est donc un des personnages les plus légendaires de l’univers Marvel et a servi de modèle a bien de ses futurs collègues nés dans les années 60 (Les 4 Fantastiques, les X-Men, Ironman, Thor, Spiderman…). Il est donc l’archétype du super-héros costumé, symbole d’une Amérique qui se voulait le phare du monde occidental, du monde libre. Aujourd’hui, beaucoup des éléments qui ont présidé à sa création n’ont plus cours et prêtent même à sourire.

Il est vrai qu’il ne viendrait à l’idée de personne de nos jours de tailler le costume d’un personnage dans le drapeau américain ou bien de faire enfiler à un héros son slip par-dessus ses collants. Mais ses accoutrements grotesques font intégralement partie de la culture des supér-héros de comics. Marvel, suite au premier X-Men, de Bryan Singer, avait tenté de les supprimer dans ses publications… mais à vite fait machine arrière. Le problème est qu’objectivement, Captain America, a sans doute la tenue de combat la plus ridicule de tous. Quant au récit de ses origines, il est plutôt naïf et simpliste, en tout cas pas au niveau de ce que peut attendre le lecteur ou le spectateur de 2011.

Le problème se posait donc pour l’adaptation de Captain America : First Avenger : comment en faire un personnage à la fois crédible et fidèle à l’original, puisque toute trahison serait très mal vécue par les fans. Et bien, le tour de force a été réalisé ! Les connaisseurs de l’univers Marvel ne seront pas déçus et retrouveront un récit proche de la bande-dessinée, avec de multiples clins d’œil à l’œuvre de Jack Kirby, auquel le film cherche vraiment à coller. Mais les autres ne seront pas déçus non plus.

En tout cas, les deux types de spectateurs sentiront bien qu’il souffle sur Captain America : First Avenger un vent de nostalgie. On frôle parfois avec la parodie, ou disons plutôt l’hommage aux vieux films d’aventures. On retrouve le même esprit que dans les Indiana Jones, auxquels d’ailleurs il est fait une référence explicite. Un gentil, gentil et beau. Un méchant, méchant et laid. Une belle fille. Et évidemment, beaucoup de bagarres, de fusillades et de poursuites. Bref, de l’action, beaucoup d’action et le bien qui triomphe à la fin.

Captain America : First Avenger est donc un film quasi-parfait dans ce qu’il cherche à être. Un divertissement spectaculaire qui met en scène un univers et des personnages qui appartiennent à l’imaginaire de millions de gens à travers le monde depuis 70 ans, ce qui n’est pas rien. La mission est parfaitement accomplie. Après, on pourra préférer les personnages plus torturés, comme ceux des Spiderman de Sam Raimi ou de Ironman, mais le Steve Rogers de ce film est vraiment fidèle à celui qui vit depuis des décennies dans les pages des bandes-dessinées Marvel.

Captain America : First Avenger est porté par des effets spéciaux encore une fois impeccables. L’univers graphique est surtout beaucoup plus soigné et moins kitch que celui de Thor par exemple. Bien sûr, il s’agissait de reconstituer les années 40, pas un monde imaginaire comme Asgard. Mais tout cela est fait avec beaucoup plus de goût et de subtilité. Sans cela, le problème posé par le ridicule du costume n’aurait jamais pu être réglé de manière aussi réussie.

L’acteur Chris Evans qui interprète Steve Rogers est à l’image de son personnage : un rien monolithique et froid, mais c’est tout à fait ce que Captain America est. Il est le parfait opposé de Robert Downey Jr qui interprète Tony Stark dans Ironman, mais c’est tout à fait ce que ces deux personnages sont. Les fans de Marvel le savent bien. Je n’y verrai donc pas une erreur de casting comparable à Chris Hemsworth pour Thor.

captainamericaLe reste du casting se distingue surtout par la présence de Tommy Lee Jones, qui ne tient pas là son rôle le plus intéressant, mais qui s’en sort avec son talent habituel. Mais la plus grande star de Captain America : Frist Avenger est incontestablement Hugo Weaving (le Elrond du Seigneur des Anneaux) qui semble parfaitement à l’aise dans la peau de Crâne Rouge… ce qui, dit comme ça, n’est pas très rassurant pour lui. Enfin, on ne restera pas insensible au charme de Hayley Atwell, que l’on avait déjà remarqué dans l’adaptation télévisé des Pilliers de la Terre de Ken Follett.

Au final, Captain America : First Avenger n’est peut-être pas le meilleur film de super-héros dans l’absolu. Mais c’est peut-être celui qui a su le mieux retranscrire l’esprit de l’œuvre originale. Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance…

P.S. : Comme tous les films Marvel (sauf X-Men : le Commencement bizarrement), il y a une scène à la fin du générique qui ouvre sur un prochain film… Cette fois-ci, c’est encore plus net puisque tout cela finit carrément par la bande-annonce de The Avenger, prévu pour 2012. Et on se réjouit d’avance de voir Tony Stark, et donc Robert Downey Jr, se moquer du physique de bodybuilder de Thor-Chris Hemsworth.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Marvel Entertainment
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Joe Johnston
Scénario : Christopher Markus, Stephen McFeely, d’après les comics de Marvel
Montage : Robert Dalva, Jeffrey Ford
Photo : Shelly Johnson
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Alan Silvestri
Durée : 124 mn

Casting :
Chris Evans : Steve Rogers, Captain America
Tommy Lee Jones : Col. Chester Phillips
Hugo Weaving : Johann Schmidt, le crâne rouge
Hayley Atwell : Peggy Carter
Sebastian Stan : Bucky Barnes
Dominic Cooper : Howard Stark
Derek Luke : Gabe Jones
Ken Choi : Morita
Stanley Tucci : Abraham Erskine

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