
On a donc tous les raisons d’être pessimiste, contrairement à ce que dit le ministre du travail, Xavier Bertrand, dont le discours lénifiant semble résonner de plus en plus dans le vide. A qui parle-t-il ? Qui peut bien l’écouter ? Le gouvernement est évidemment bien mal placé pour clamer qu’il est capable de remédier une situation qu’il a lui même contribué à créer. Bien sûr, les crises mondiales ne naissent pas à l’Elyséen ni à Matignon, mais en creusant les inégalités par une baisse de la fiscalité au profit des plus riches, en supprimant sans raisonnement autre que financier des emplois publics, en subventionnant la non-embauche par la défiscalisation des heures supplémentaires, il a largement contribué à la dynamique qui nous conduit tout droit vers un marasme durable.
Tout cela amène une réflexion plus large. Aucun gouvernement, même celui des Etats-Unis, ne peut être tenu responsable à lui seul de crises mondiales, comme celles que nous connaissons depuis 2007. Les responsabilités sont partagées, diffuses et impersonnelles. Par contre, il y a une idéologie qui nous a conduit à ce désastre. Une idéologie de toute puissance du marché, de dérégulation, de destruction de la force publique. Une idéologie qui fait de la finance non un outil, mais une fin en soi. Chaque homme politique qui porte aujourd’hui cette idéologie apporte sa pierre à la crise. Le gouvernement, plus largement une bonne partie de l’UMP, même certains à gauche continuent de considérer ce modèle comme le seul possible, alors que depuis son émergence dans les pays occidentaux, ces derniers ont stagné de manière constante.
C’est donc aux citoyens de mettre fin à ce gâchis historique. Aux citoyens du monde, aux citoyens européens, pas qu’aux Français. Mais ces derniers ont une échéance importante en 2012 et il faudra qu’ils en profitent. Cela ne suffira pas à changer la face de l’économie mondiale, mais ça sera déjà un début.