
Athos, Porthos, Aramis, le jeune D’Artagnan qui monte à Paris et tombe amoureux de Constance Bonacieux, Richelieu qui complote avec l’aide de Rochefort, son homme de main, et de Milady de Winter, les ferrets de la reine…Bref, les Trois Mousquetaires… mais avec un bateau qui vole ce coup-ci.
Avant d »être un classique de la littérature française, les Trois Mousquetaires n’ont été qu’un feuilleton de capes et d’épées, destiné au grand public, écrit par un auteur qui n’était pas alors digne de l’Académie Française (institution qu’il n’intégrera finalement jamais, au contraire de son fils, mais pour d’autres raisons). Bref de la série B de littérature, méprisée par les érudits de l’époque. Et bien ce film est exactement la même chose, un film d’aventures sympathique, familial et distrayant.
Bon, évidemment, il y a une immense différence entre ce film et le roman. Si Alexandre Dumas fut un formidable auteur, W.S. Anderson est loin d’être un réalisateur brillant. Sa filmographie parle d’elle-même : Mortal Kombat, la série des Resident Evil et Aliens vs. Predators. Cela vous situe le niveau. Les Trois Mousquetaires reste dans la droite lignée du reste de son œuvre. C’est dénué du moindre génie, ça prête parfois à sourire tellement cela frôle le ridicule parfois, mais, et c’est un mais important, c’est rythmé, efficace, spectaculaire et jamais une seule seconde cela ne laisse la place à l’ennui. On se moque parfois de ce que l’on voit, mais au moins ça ne laisse pas indifférent et on ne risque pas de s’assoupir.
L’autre gros reproche que l’on pourrait faire à Les Trois Mousquetaires, ce sont les trahisons dans les grandes largeurs de l’œuvre d’Alexandre Dumas. A ce niveau-là, on ne peut plus vraiment parler d’adaptation, mais plutôt de clins d’œil à répétition. Quand au respect de la vérité historique… n’en parlons même pas. Mais justement, on aura assez reproché à Alexandre Dumas de prendre ses aises avec cette dernière, à l’époque où Michelet triomphait. Il n’en a jamais eu cure car ce qui lui importait était avant tout sa propre intrigue. Alors ne faisons pas ce même mauvais procès à W.S. Anderson.

Cette adaptation des Trois Mousquetaires à défaut d’être fidèle à l’œuvre en elle-même, reste fidèle à son esprit. Après, elle est très loin d’être à la hauteur du mythe, mais reste tout de même un divertissement agréable, malgré ses nombreux défauts.
Fiche technique :
Production : Constantin Film Produktion, Nouvelles Editions de Films, New Legacy, Impact Pictures
Distribution : UGC distribution
Réalisation : Paul W.S. Anderson
Scénario : Alex Litvak, Andrew Davies, d’après le roman d’Alexandre Dumas
Montage : Alexander Berner
Photo : Glen MacPherson
Décors : Paul D. Austerberry
Musique : Paul Haslinger
Costumes : Pierre-Yves Gayraud
Durée : 110 mn
Casting :
Matthew Macfadyen : Athos
Milla Jovovich : Milady de Winter
Luke Evans : Aramis
Ray Stevenson : Porthos
Til Schweiger : Cagliostro
Orlando Bloom : Duc de Buckingham
Logan Lerman : D’Artagnan
Mads Mikkelsen : Rochefort
Christoph Waltz : Richelieu
1 thought on “LES TROIS MOUSQUETAIRES : Des défauts fidèles à l’esprit de Dumas”