LA COURSE EST LANCEE

francoishollandeMaintenant que le foie gras est digéré et le champagne définitivement transformé en sucre par notre organisme, le feuilleton qui va nous passionner pour plusieurs mois peut commencer. Je parle bien sûr de la campagne des présidentielles. Je ne parle pas par contre de la polémique débile du jour, dont l’importance médiatique est proportionnelle à son manque d’intérêt. Et puis franchement, depuis son « Casse-toi pauv’con ! », Sarkozy et sa bande pourraient faire profil bas. Enfin soyons honnêtes, la situation serait inversée, tout le PS sonnerait la charge !

La bonne nouvelle est que le réveil a été sonné par François Hollande. On lui reprochait une certaine discrétion depuis la Primaire. Le voilà le premier à sonner l’offensive par une tribune dans Libération qui a fait beaucoup de bruit. Bien sûr, le programme n’est toujours pas là. Mais le candidat socialiste a tout à fait raison d’attendre. Il continue à surfer sur les sondages sans l’avoir dévoilé. Sa présentation donnera une impulsion décisive à sa campagne et plus elle sera proche de la dernière ligne droite, plus elle donnera un élan qui pourra le porter en vainqueur jusqu’à la ligne d’arrivée. Le rendez-vous donné à la fin du mois dicte le calendrier de la compétition et tant que François Hollande en gardera le contrôle, il sera difficile à détrôner.

En face, on fait mine de ne rien voir. En effet, on travaille, on gouverne, on est les grandes personnes, sérieuses et appliquées, avec mieux à faire que mener une campagne. Bien sûr, il s’agit d’une stratégie de campagne. Pourtant, on peut s’interroger sur sa pertinence à double titre. Déjà, le couplet « je travaille » a déjà été expérimenté par Edouard Balladur avec le succès que l’on sait. Gouverner et mener campagne sont deux choses bien distinctes et vu son retard, Nicolas Sarkozy ne devra pas tarder à endosser définitivement le costume de candidat.

Le deuxième point d’interrogation reste la nature du travail qui est mené, avec le retour sur le devant de la scène de la « TVA sociale ». Son évocation avait réussi à faire perdre à la droite au moins 50 sièges entre les deux tours des dernières législatives. Il est particulièrement étrange de la voir ressortir si près d’une telle échéance électorale. En fait, elle est révélatrice de la stratégie de Nicolas Sarkozy. Il sera très certainement le candidat des mesures impopulaires, gage de sérieux… Mais de là à ce que ça le rende populaire…

Les autres candidats eux doivent occuper l’espace médiatique tant qu’ils en ont encore le temps. A mesure que l’on se rapproche du premier tour, en dehors du temps de parole censé être équivalent pendant la campagne officielle, plus l’attention se focalisera sur le duel Hollande-Sarkozy. Si un troisième homme doit émerger, c’est maintenant qu’il doit le faire. Marine Le Pen semble avoir laissé passer sa chance, n’ayant pas réussi à capitaliser sur sa popularité de l’automne. Seul Bayrou semble en mesure de réellement jouer ce rôle. Mais la recette de 2007 pourra-t-elle encore fonctionner ?

En tout cas, la course est lancée. Elle sera encore longue et une surprise n’est jamais à exclure.

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