LEGISLATIVES : Pourquoi tant d’indifférence ?

legislativesDimanche, les élections législatives devraient connaître un taux d’abstention proche de 40%. Lors de cette campagne, à laquelle j’ai activement participé, on a senti une différence abyssale d’intérêt chez nos concitoyens, acceptant ou refusant poliment nos tracts, mais sans rarement formuler d’encouragements ou d’invectives. La campagne de présidentielles était évidemment tout autre, puisque l’on sentait chez tout à chacun une curiosité, une impatience, voire même une excitation conduisant à des réactions réellement viscérales.

Pourtant, le système politique français est tel que ce sont les législatives qui décident vraiment de la politique qui sera menée dans le pays. Nous sommes certes dans un régime largement présidentiel, mais avec cette situation paradoxale qui fait que le Président ne pèse plus grand chose lorsqu’il est privé de majorité parlementaire. Une situation bâtarde, mais qui n’échappe quand même pas aux citoyens, qui vont naturellement offrir au nouveau Président les moyens de diriger réellement le pays. Après, avec quelle ampleur, cela reste à voir.

Le problème des législatives est avant tout d’être une élection locale aux conséquences nationales. Là aussi, la situation est bâtarde. A la fois, on va voter pour quelqu’un de connu et implanté localement, mais tout en sachant qu’il n’aura pas à régler les problèmes locaux. On peut d’ailleurs noter que les élections qui mobilisent le plus les électeurs sont les deux extrêmes : les présidentielles et les municipales. Les entre-deux sont moins vendeurs. De plus, dans beaucoup de circonscription, le résultat ne fait pas de doute, ce qui nuit évidemment beaucoup à la mobilisation.

Le débat sur l’ordre entre présidentielles et législatives anime tous ceux qui aiment la politique. Un débat sans fin puisqu’il existe une infinité d’arguments allant dans un sens ou un autre. Pourtant, il existe une troisième solution qui, pour moi, serait la meilleure et la plus logique : voter le même jour pour les deux élections. Ce sont deux élections à deux tours, cela ne présente donc aucune difficulté technique. Cela aurait déjà l’avantage d’éviter cet épuisement de la mobilisation du grand public, qui ressort des présidentielles totalement repu de politique et n’a bien souvent aucune envie de remettre ça avec les législatives. Et puis, au final, lors de ces deux élections, on vote pour la même chose : la politique générale qui doit être menée au sommet de l’Etat. Evidemment les fonctions de député et de Président de la République sont évidemment très différentes, mais notre constitution lie les deux de manière très forte.

Je m’étonne que cette hypothèse soit si peu souvent évoquée. La preuve que l’on ne m’écoute pas assez dans dans ce pays…

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