THE DICTATOR : Au mieux un gros pétard

thedictatorafficheSacha Baron Cohen peut faire rire ou agacer, mais on peut au moins lui reconnaître un investissement total dans chacun de ses projets. Le temps d’un film et de sa promotion, il incarne ses personnages jour et nuit… Enfin jour et nuit, je ne suis pas sûr en fait, mais au moins à chacune de ses apparitions publiques. Si bien qu’avant même la sortie de The Dictator, nous étions déjà familiers avec l’Amiral Général Aladeen. Mais du coup, le film n’avait peut-être pas les moyens de réellement nous surprendre.

L’Amiral Général Aladeen règne d’une main de fer sur la République du Wadiya. Dictateur mégalomane, il essaye tant bien que mal de se doter de l’arme nucléaire, bien qu’il ait fait exécuter le chef de son programme quelques temps avant, suite à une remarque mal placée de ce dernier. La communauté internationale est alors sur le point d’intervenir, obligeant le dictateur à se rendre à New York pour faire un discours devant l’ONU. Mais son oncle, le chef de la police secrète, va tenter d’en profiter pour se débarrasser de lui et reprendre le pouvoir.

Contrairement à Borat et Bruno, The Dictator est un film entièrement tourné avec des acteurs professionnels, dans une mise en scène de fiction tout ce qu’il y a de plus classique. Terminé donc les scènes prises sur le vif auprès d’interlocuteurs incrédules, ignorant que la personne qui est devant eux est un acteur interprétant un personnage de fiction. On pourra donc reconnaître le mérite à Sacha Baron Cohen d’avoir su ne pas répéter une énième fois la même recette, afin d’éviter qu’elle ne finisse pas lasser.

Cependant, en perdant ce qui faisait le cœur de son originalité, Sacha Baron Cohen a perdu aussi un tout petit peu de son intérêt. The Dictator est une comédie comme une autre, dont seule la promotion a été originale. Le film souffre donc de deux défauts. Déjà, comme beaucoup de comédies, il est quelque peu inégal. Certains gags fonctionnent bien, d’autres moins, voire sont parfois un peu lourdingues. De plus, le meilleur nous a été livré par la bande-annonce. Ensuite, le film ne propose pas de vrais morceaux de bravoures, comme certains passages absolument inoubliables de Borat. Les éclats de rire sont disséminés dans le film, mais aucun passage n’est assez culte pour qu’on est envie de se le raconter encore et encore.

The Dictator se laisse quand même voir. Même s’il est inégal, il reste une comédie efficace et assez drôle. Le format est court, moins de 90 minutes, on n’a donc absolument pas le temps de s’ennuyer. Sacha Baron Cohen exploite pleinement ses bonnes idées (quelques unes un peu moins bonnes également), mais ne les étire pas artificiellement jusqu’à lasser. Cela donne un film plutôt dynamique qui atteint son but, même si certain tirs passent à côté de leur cible. On n’est donc pas devant du grand cinéma, mais il peut nous permettre de passer très facilement une très bonne soirée détente devant la télé.

thedictatorEvidemment, c’est Sacha Baron Cohen lui-même qui occupe le haut de l’affiche. Ses personnages changent, mais c’est vrai que certaines de ses mimiques restent. Il continue d’exploiter avec bonheur son créneau. Cependant, on aimerait le voir de temps en temps prendre un peu plus de risque, histoire de voir ce qu’il a vraiment dans ses tripes de comédiens. Il est accompagné à l’écran par un casting secondaire de qualité. Ben Kingsley est évidemment très bon. Mais les deux autres grands contributeurs au comique de The Dictator restent Anna Farris, nettement plus convaincante en brune, et Jason Mantzoukas, qui tient là son premier vrai rôle au cinéma.

The Dictator reste sympathique et drôle, mais on sent que Sacha Baron Cohen arrive un peu au bout de ses concepts. Espérons qu’il arrivera à réellement se renouveler.

Fiche technique :
Production : Paramount Pictures, Faour By Two Films, Berg Mandel Schaffer, Scott Rundin Production
Distribution : Paramount Pictures France
Réalisation : Larry Charles
Scénario : Sacha Baron Cohen, Alec Berg, Jeff Schaffer, David Mandel
Montage : Greg Hayden, Eric Kissack
Format : 35mm
Décors : Victor Kempster
Musique : Erran Baron Cohen
Durée : 83 mn

Casting :
Sacha Baron Cohen : le général Aladeen
Anna Faris : Zoey
Ben Kingsley : Oncle Tamir
Jason Mantzoukas : Nadal
Megan Fox : elle-même
Anna Katarina : Angela Merkel

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