ASTERIX ET OBELIX : AU SERVICE DE SA MAJESTE : Not so good, not so bad

asterixetobelixauservicedesamajesteafficheDans l’histoire des bonnes idées que j’ai pu avoir, il y a eu une qui fut particulièrement bonne : ne pas aller voir Asterix aux Jeux Olympiques. En effet, échaudé par un Bronzés 3 qui s’est révélé être avant tout un grand foutage de gueule, j’avais pris la résolution ferme et définitive de ne pas me faire avoir deux fois par les sirènes du marketing. C’est donc avec beaucoup de méfiance que j’ai vu arriver ce quatrième volet, Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté. Mais les critiques plutôt positives m’ont finalement décidé à m’y rendre. Et au final, je ne regrette pas, même s’il y a bien des critiques à formuler.

Jules César a décidé d’écrire lui-même une nouvelle page de sa légende en envahissant ce qui n’est pas encore la Grande-Bretagne. En attaquant à l’heure du thé, il conquière rapidement l’ensemble de la contrée, sauf un village qui résiste. La Reine qui s’y trouve se résout à envoyer son émissaire, Jolithorax, demander de l’aide au village gaulois qui connaît cette même situation depuis des années, grâce à sa fameuse potion magique.

On le sait, une bonne comédie dure 1h30. C’est généralement amplement suffisant et chaque minute en plus est une minute en trop, minant ce qui représente la base du rire en cascade, le rythme. Mais voilà, Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté dure 1h50, soit vingt minutes de trop. Bon, vous me direz, Asterix et Obelix : Mission Cléopâtre faisait exactement la même durée, mais je ne vais pas me laisser démonter par un tel argument. Ce 4ème épisode est sympathique, mais un peu trop poussif pour être totalement réussi.

Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté est drôle, mais par intermittence. Les bonnes idées, les moments potentiellement cultes se retrouve un peu noyés au milieu de longueurs désagréables. Même les scènes les plus réussies auraient pour la plupart gagnées à être légèrement raccourcies. Il faudrait un jour que les réalisateurs de comédies françaises comprennent que l’humour n’est pas une variable cumulative et qu’un effet amusant qui dure longtemps n’en devient pas pour autant hilarant. Enfin globalement, le film se défend et pourra joyeusement égayer une soirée pluvieuse passée devant le petit écran. Par contre, que le film soit à la hauteur du mythe reste un autre problème bien plus délicat.

Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté reste une grosse production et les moyens ont été mis pour qu’il soit visuellement convaincant. Les anachronismes fonctionnent assez bien parce que les décors sont soignés, tout comme les costumes et les effets spéciaux. Bon ces derniers ne sont pas au top de la technologie, mais bien suffisant pour une pure comédie. L’univers visuel respecte celui de la BD sans chercher forcément à coller à 100%. Il s’agit d’une adaptation, on ne peut atteindre le même degré de fidélité qu’avec un dessin-animé.

asterixetobelixauservicedesamajesteAu final, ce qui fait qu’Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté est un film ni bon, ni mauvais reste la performance d’Edouard Baer. Non qu’il ne soit pas bon, cela est impossible. Mais il se retrouve quand même pris entre deux feux. D’un côté, il nous livre son numéro habituel d’ahuri lunaire. Mais de l’autre, il doit bien quand même un minimum respecter un personnage faisant à ce point partie du patrimoine culturel national. Du coup, on sent qu’il joue avec le frein à main et il n’est pas évident qu’au final ce changement de casting constitue vraiment un plus. Au moins, en Otis, il pouvait s’en donner à cœur joie pour notre plus grand bonheur.

Le reste du casting est prestigieux et tout le monde semble s’amuser comme des petits fous. Gérard Depardieu joue quand même particulièrement les crétins. Une second nature peut-être. Fabrice Luchini arrive à ne pas en faire des tonnes en Jules César. Guillaume Galienne parvient lui aussi à ne pas trop cabotiner. Enfin, pas trop… Mais la vraie star des seconds rôles reste Valérie Lemercier, qui ne perd rien de son potentiel comique au fur et à mesure des années.

Asterix et Obelix : Au Service de sa Majesté n’est sûrement pas aussi réussi qu’il aurait pu l’être. On peut disserter sur le sujet ou simplement se contenter de passer tout de même un bon moment devant une comédie distrayante, mais certainement pas mythique.

Fiche technique :
Production : Cinetotal, Fidélité Films, SCOPE Pictures, Film Kairòs, Morena Films, Wild Bunch
Distribution : Wild Bunch Distribution
Réalisation : Laurent Tirard
Scénario : Laurent Tirard, Grégoire Vigneron, d’après les albums de Goscinny et Uderzo
Montage : Valérie Deseine
Photo : Catherine Pujol, Denis Rouden
Décors : Françoise Dupertuis
Musique : Klaus Badelt, Casanova (BB Brunes)
Directeur artistique : Zsuzsanna Borvendég, Lionel Mathis, Étienne Rohde
Durée : 109 mn

Casting :
Edouard Baer : Astérix
Gérard Depardieu : Obélix
Guillaume Gallienne : Jolitorax
Vincent Lacoste : Goudurix
Valérie Lemercier : Miss Macintosh
Fabrice Luchini : Jules César
Catherine Deneuve : Cordelia, la reine d’Angleterre
Charlotte Le Bon : Ophélia
Dany Boon : Teledepiaf

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