
En mission à Istanbul, James Bond est à la poursuite d’un tueur qui vient de dérober un disque dur sur lequel se trouve le nom de tous les agents occidentaux infiltrés dans une organisation terroriste. Les deux hommes finissent par se battre sur le toit d’un train. La coéquipière de 007 les a en ligne de mire, mais le tir n’est pas sûr. M lui ordonne alors de faire feu quand même. Malheureusement, c’est Bond qui est touché…
Voilà, je vous ai raconté ce qui se passe avant le générique et c’est tout. De toute façon, dans un James Bond, il ne faut jamais aller au-delà, sinon on gâche le plaisir. Et encore plus dans Skyfall qui n’est certainement pas un épisode comme les autres. Pas simplement parce que c’est un des meilleurs de l’histoire. Non, parce qu’il est foncièrement différent, parce qu’il nous raconte autre chose, tout en étant celui qui fait renaître toutes les traditions le plus anciennes.
Avec Casino Royale, James Bond était reparti de zéro et cela avait apporté un vrai vent de fraîcheur et de renouveau. On nous racontait en quelque sorte comment James Bond avant James Bond. Mais Quantum of Solace qui a suivi s’est montré profondément décevant, preuve que le processus n’était pas arrivé à son terme. Alors, les auteurs ont remis le fer sur l’ouvrage et on donné naissance à Skyfall, le premier James Bond qui nous parle de qui est cet homme sous le smoking d’agent secret. Ce film n’est rien une analyse psychologique profonde, mais enfin, après 23 films, on nous fait découvrir ce qu’il y a derrière ce vernis de perfection. Pour la première fois, on ne fait pas que l’admirer, mais on le comprend. Sans rien dévoiler de la fin, cette dernière nous laisse avec la sensation que, oui, cette fois, James Bond est bien de nouveau James Bond. D’ailleurs, les amateurs de 007 remarqueront la caractéristique que partage Casino Royale et Skyfall quant à leurs génériques, détail particulièrement révélateur !
Bien sûr, entre temps, il y a un film d’espionnage. Si James Bond a toujours été plutôt proche du film d’action spectaculaire, avec moult poursuites, fusillades, cascades et autres gadgets. Cette fois-ci, c’est plutôt du film noir que Skyfall se rapproche. On n’est pas tout à fait dans du John Le Carré, mais presque. Le choix de Sam Mendes à la réalisation, pas vraiment un habitué des films d’action, pouvait surprendre, mais il prend finalement tout son sen. Encore une fois, les personnages prennent ici le pas sur les péripéties. Mais rassurez-vous, vous en aurez tout de même votre ration de grand spectacle avec un final particulièrement réussi. Cependant, la franchise a définitivement tourné le dos à la surenchère qui a caractérisée les années Brosnan et qui s’était achevé avec une voiture invisible. Il y a un vrai retour au sources, une réinvention de la mythologie, une exploration de son origine. Et dieu que c’est bon !

James Bond est donc toujours là et bien là ! Skyfall nous fait même penser qu’il est plus jeune que jamais, avec ce film surprenant qui, après 50 ans d’admiration, nous fait enfin aimer l’agent 007.
Fiche technique :
Production : Eon Productions, MGM, Sony Pictures Entertainment
Distribution : Sony Pictures Releasing France
Réalisation : Sam Mendes
Scénario : Neal Purvis, Robert Wade, John Logan
Montage : Stuart Baird
Photo : Roger Deakins
Décors : Dennis Gassner
Musique : Thomas Newman, chanson : Adèle
Durée : 143 mn
Casting :
Daniel Craig : James Bond
Judi Dench : M
Javier Bardem : Silva
Ralph Fiennes : Gareth Mallory
Naomie Harris : Eve
Bérénice Marlohe : Séverine
Ben Whishaw : Q
Albert Finney : Kincade
Ola Rapace : Patrice