FRANKENWEENIE : Tim Burton est immortel

frankenweenieafficheUn nouveau film de Tim Burton constitue le plus souvent un événement cinématographique majeur. Mais le dernier en date, Frankenweenie, est sorti dans une certaine discrétion. Peut-être parce que le précédent, Dark Shadows, n’était pas non plus terrible, mais plus certainement parce qu’on continue de considérer le cinéma d’animation comme un sous-cinéma. C’est bien dommage car la critique est unanime pour saluer la grande qualité de ce film. Et moi, le premier !

Victor (Frankenstein de son nom de famille évidemment!) est inséparable de son chien Sparky. C’est en fait son seul ami, avec qui il passe des heures au grenier à réaliser des films avec tout ce qui lui tombe sous la main. Son père aimerait pourtant bien qu’il se mette au sport. Il le force à participer à un match de baseball. A la surprise générale, il réussit à envoyer la balle très très loin…. Si loin que Sparky la poursuit et se fait renverser par une voiture. Victor est inconsolable. Mais après un cours de son nouveau professeur de sciences, il décide de faire revenir son compagnon à la vie.

Dans les commentaires qui ont accompagné la sortie de ce film, on a beaucoup parlé de retour aux sources. Il est vrai que l’on retrouve beaucoup des éléments qui ont toujours marqué l’œuvre de Tim Burton. L’aspect gothique, la noirceur bien sûr. Une volonté de dédramatiser la mort aussi certainement. Mais surtout un miroir vers la propre enfance du réalisateur qui fait remonter ici une partie de sa propre histoire. On ne crée pas un cinéma peuplé d’un si grand nombre de gens différents, inadaptés à la sociabilité considérée comme normale, sans s’être soi-même senti à part pendant.

Tim Burton a mis sûrement beaucoup de lui-même dans Frankenweenie. Cela se sent et cela donne une vraie profondeur à cette histoire qui est bien plus qu’une version un peu enfantine du mythe de Frankenstein. Il s’agit d’un film touchant et sincère et au final bien moins enfantin qu’il en a l’air. Ou plutôt, même en tant qu’adultes, ce film parlera à notre part d’enfance qui jamais ne s’éteint, celle qui a peur de la mort, celle qui voudrait vivre une éternelle jeunesse.

A côté de ça, Frankenweenie est aussi un film d’aventures, notamment dans sa dernière partie. C’est sans doute dans ce domaine que le film connaît certaines limites. En effet, cela reste quand même assez naïf et assez basique. Cela reste certes fort sympathique et jamais ennuyeux, mais c’est l’aspect du film qui est le plus enfantin, au mauvais sens du terme. Et ce n’est pas l’ambiance sombre et gothique qui y change grand chose. C’est pourquoi, ce film n’est pas tout à fait au niveau d’un Sleepy Hollow ou d’un Etrange Noel de Monsieur Jack.

Frankenweenie est aussi un régal par son humour typique de Tim Burton. Un humour pas vraiment noir, mais un peu à froid et pince sans rire. Le réalisateur s’amuse aussi à rendre hommage aux grands classiques des genres qu’il affectionne. A Frankenstein avant tout bien sûr (surtout le film de 1931 avec Boris Karlov), mais aussi beaucoup d’autres. Si la voisine de Victor s’appelle Van Helsing, comme le principal adversaire de Dracula, ce n’est pas non plus par hasard.

frankenweenieFrankenweenie brille enfin par sa qualité visuelle. Tim Burton reste Tim Burton, à l’imagination fertile et à la maîtrise artistique parfaite. Le film est vraiment beau. L’image est toujours construite avec minutie, les scènes bénéficient d’une réalisation soignée. Bref, du cinéma, du vrai. Le tout est évidement sublimé par la musique de Danny Elfman. On ne change pas une équipe qui gagne !

Le casting voix est assez anonyme. La voix de Victor a été confié à un acteur de l’âge du personnage. On notera la présence de Martin Short, que l’on a pu apercevoir dans plusieurs séries récemment (How I Met Your Mother, Damages, Weeds…), et surtout de Winona Ryder et Martin Landau dans des seconds rôles.

Frankenweenie n’est certainement pas le meilleur des films de Tim Burton, même en se limitant aux films d’animation. Mais il reste néanmoins un des tous meilleurs de sa catégorie en cette année 2012.

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Tim burton Animation Co, Tim Burton Productions
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International France
Réalisation : Tim Burton
Scénario : John August, Lenny Ripps, d’après le court métrage de Tim Burton
Montage : Chris Lebenzon, Mark Solomon
Photo : Peter Sorg
Décors : Rick Heinrichs
Musique : Danny Elfman
Directeur artistique : Tim Browning, Alexandra Walker
Durée : 87 mn

Casting :
Charlie Tahan : Victor Frankenstein
Catherine O’Hara : Mme Frankenstein, la drôle de fille, la prof de sport
Martin Short : Monsieur Frankenstein, Nassor, M. Burgemeister
Martin Landau : M. Rzykruski
Atticus Shaffer : Edgar « E » Gore
Winona Ryder : Elsa Van Helsing

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