
1810, les troupes françaises envahissent le Portugal. Les troupes anglaises et locales les repoussent dans un premier temps, mais doivent fuir car en sous nombre. Elles pratiquent alors la tactique de la terre brûlée, contraignant tout un peuple à l’exil. Elles cherchent à se réfugier derrière les lignes de fortification située entre Lisbonne et le Tage, érigée dans le plus grand secret par le général Wellington. Ces évènements marqueront à jamais le destin de nombreux acteurs de la petite et de la grande histoire.
Les Lignes de Wellington est une grande fresque historique à l’ancienne. On y suit le destin d’une dizaine de personnages, qui se croisent plus ou moins au cours des évènements. Le conflit est raconté principalement du côté portugais et anglais, mais on partage aussi le point de vue et le quotidien des troupes françaises. Le film est long, 2h30, mais nous propose un grand nombre d’histoires en parallèle qui nous préservent de tout ennui. Forcément, le film est parfois inégal, car les personnages sont plus ou moins attachants, mais comme on passe constamment de l’un à l’autre, cela n’a jamais le temps de nous gâcher le plaisir.
Les Lignes de Wellington est un film de guerre, sans bataille et surtout sans héros. Ce film ne célèbre pas l’héroïsme portugais, mais cherche simplement à retranscrire une époque, un quotidien et la manière dont cette guerre a marqué profondément le pays et ses habitants. En cela, l’intérêt historique de ce film est incontestable. Il offre surtout une vision rare de cette époque et de ces campagnes militaires dont on a surtout retenu les moments de bravoure. Mais autour de cela, les acteurs vivaient tout aussi bien des moments de lâcheté, d’amour, de peur, de sacrifice ou faisant appel au contraire aux plus bas instincts.
Les Lignes de Wellington est donc un film en costumes, sans scènes hyper spectaculaires. Mais on ne peut cependant qu’être particulièrement impressionné par la qualité de la reconstitution, aussi bien dans les costumes que dans les décors. Le film ne semble jamais souffrir d’un manque de moyens, bien au contraire. Simplement, ce sont bien les choix scénaristiques qui ont dicté la manière dont ils ont été utilisés et non l’inverse. On se réjouira surtout d’entendre les Français parler français, les Anglais parler anglais et les Portugais parler portugais. Cela peut sembler idiot, mais combien de films utilisent des artifices pour faire parler à tout le monde la même langue (anglais le plus généralement).

Les Lignes de Wellington mêle donc un intérêt historique avec une réalisation qui a mis les moyens nécessaires. Le tout donne donc un très bon film sur un épisode peu connu dans notre pays de l’histoire européenne.
Fiche technique :
Production : Alfama films, France 3 Cinéma, ARTE France
Distribution : Alfama films
Réalisation : Caleria Sarmiento, Paulo Branco
Scénario : Carlos Saboga
Montage : Valeria Darmiento, Luca Alverdi
Photo : André Szankowski
Musique : Jorge Arriagada
Directeur artistique : Isabel Branco
Durée : 151 mn
Casting :
Nuno Lopes : Sgt Francisco Xavier
Soraia Chaves : Martirio
Marisa Paredes : D. Filipa Sanches
John Malkovich : Général Wellington
Carloto Cotta : Lt Pedro de Alencar
Victoria Guerra : Clarissa Xarren
Mathieu Amalric : Gén. Baron de Marbot
Melvil Poupaud : Maréchal Masséna
Afonso Pimentel : Zé Maria