
Caroline quitte la cour d’Angleterre pour aller épouser le Roi du Danemark, Christian VII. Mais elle va trouver surtout un souverain atteint d’aliénation mentale, qui ne gouverne qu’en théorie, laissant tout le pouvoir à son conseil des ministres. Le couple n’en sera jamais un, malgré la naissance d’un enfant. Mais l’arrivé d’un petit médecin de province, l’Allemand Struensee auprès du Roi va tout changer. En effet, en plus d’une vision plus moderne de la médecine et de l’hygiène, ce dernier va introduire les idées des Lumières à la cour. Il va vite avoir une emprise totale sur Christian… et une d’une autre nature sur la Reine.
Allez, il y avait longtemps que je n’avais pas eu l’occasion de me plaindre sur la traduction d’un titre original. En effet, celui-ci est En kongelig affære… Je ne parle pas Danois mais j’ai fait de l’allemand et je vois bien que Royal Affair est effectivement une traduction littérale. Mais pourquoi sortir en France un film danois avec un titre en anglais ? J’avais déjà fait cette remarque pour le film suédois, Easy Money. Je connais la réponse, il s’agit simplement du titre du film pour sa distribution internationale. N’empêche que je continue de trouver ça ridicule.
Bref, passons et revenons au film en lui-même. Comme tout bon film historique qui se respecte, A Royal Affair présente un intérêt double. Déjà, un intérêt purement narratif avec cette fresque type « de l’ascension à la chute », doublé d’un triangle amoureux. Des éléments assez classiques mais qui ont utilisés à très bon escient ici. Si on doit faire un reproche à ce film, c’est sans doute sa longueur, 2h15, alors que le scénario ne cherche pas vraiment à ménager un faux suspense. On voit assez clairement où tout cela va nous mener, ce qui aurait pu n’être pas le moins du monde gênant si cela ne donnait pas l’impression d’étirer un peu inutilement l’intrigue. Mais globalement, on ne s’ennuie pas et on a toujours hâte de connaître la suite.
L’autre intérêt est évidemment plus intellectuel, avec la découverte de cette épisode peu connu chez nous de l’histoire européenne. Les Lumières n’ont pas concerné que la France, l’Angleterre et ces territoires qui n’allaient pas tarder à devenir les Etats-Unis. Elles se sont répandues dans toute l’Europe, Royal Affair en est la preuve. Ce film permet aussi de comprendre que cette « révolution » fut un long chemin, qui s’est étalé sur plusieurs décennies et a été émaillé par des combats parfois sanglants entre anciens et modernes.

Royal Affair nous propose aussi un beau casting. Bien sûr, Mads Mikkelsen sort du lot et éclabousse ce film de sa classe. Le voir parler dans sa langue natale rend son jeu encore plus convaincant et nous permet de rentrer totalement dans cette histoire. Mais ces compagnons à l’écran ne sont pas en reste, aussi bien Alicia Vikander, qui interprète la Reine, que Mikkel Boe Folsgaard, qui incarne le Roi.
Royal Affair fait sûrement bien des entorses à l’histoire. Mais il reste un film convaincant, d’un réel intérêt historique, porté par des moyens et une production à la hauteur.
Fiche technique :
Production : Zentropa Enetratinments, DR TV, Trollhättan Film AB, Film i Väst, Sirena Film
Distribution : Chrysalis, Jour 2 fête
Réalisation : Nikolaj Arcel
Scénario : Nikolaj Arcel, Rasmus Heisterberg, d’après le roman de Bodil Steensen-Leth
Montage : Kasper Leick, Mikkel E.G. Nielsen
Photo : Rasmus Videbaek
Décors : Niels Sejer
Musique : Gabriel Yared
Costumes : Manon Rasmussen
Durée : 137 mn
Casting :
Alicia Vikander : Caroline Mathilde
Mads Mikkelsen : Johann Friedrich Struensee
Mikkel Boe Folsgaard : Christian VII
Trine Dyrholm : Julianne Marie
David Dencik : Ove Hoegh-Guldberg
Thomas W. Gabrielsson : Schack Carl Rantzau
Cyron Melville : Enevold Brandt