DJANGO UNCHAINED : Il était une fois Tarantino

djangounchainedafficheAprès une vaine tentative le week-end dernier, hier j’ai enfin pu voir, que dis-je contempler, le nouveau film de Quentin Tarantino, Django Unchained. Attention le D est muet… Bref, l’attente fut longue car entre les réunions, les séances de vœux et mon sport obligatoire, je n’avais pas pu caser une séance pendant la semaine. Mais tout vient à point à qui sait attendre comme dit le dicton et ma patience fut récompensée par un spectacle toujours aussi jouissif et toujours réalisé avec un brio proprement prodigieux.

King Schultz est chasseur de primes. Pour pouvoir reconnaître une de ces cibles, il libère Django, un esclave qui l’a côtoyé dans la plantation où il travaillait précédemment. Une fois cette première mission accomplie, les deux hommes vont s’associer le temps d’un hiver, formant un duo particulièrement efficace. Mais Django ne pense qu’à une seule chose : retrouver et délivrer sa femme, elle aussi esclave, dont il a été séparé. Son compagnon décide alors de l’aider dans son entreprise.

Django Unchained est un Tarantino, un vrai Tarantino, rien qu’un Tarantino. Si l’univers du western n’avait pas encore été exploré par le réalisateur américain, il lui applique tout ce qui a fait son succès. Il reprend tous les codes du genre (enfin du côté western spaghetti, pas version John Ford) pour les approprier, les réutiliser pleinement sans les parodier mais en les poussant plus haut, plus loin, plus fort, le tout avec un talent inédit pour un film du genre… Enfin presque inédit parce que le western spaghetti a quand même connu Sergio Leone…

La force de Django Unchained, comme tous les films de Tarantino, est qu’il est incroyablement jouissif vu au second degré, sans que ce dernier ne soit justement apparent. On est face à un film qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui est réalisé avec le plus grand sérieux. Cela donne quelques scènes absolument incroyables. On découvrira par leur intermédiaire que les membres du Klu Klux Klan forment vraiment une bande d’abrutis ou qu’il ne faut pas se contenter de compter le nombre de balles tirées, mais aussi le nombre de pistolets… On est face à un film qui deviendra forcément culte, dont on pourra revoir des passages encore et encore, sans jamais se lasser.

Django Unchained est aussi typique du style Tarantino dans sa construction. On retrouve une nouvelle fois ces longs dialogues, interminables pour certains, qui précédent une déchaînement de violence spectaculaire. Cela constitue vraiment sa marque de fabrique. C’est vrai que cela tourne quelque peu au tic et que certains peuvent trouver ça relativement insupportable (si, si, j’en connais…). Mais c’est tellement bien fait, les échanges verbaux ou à coup de pistolets sont tellement savoureux, qu’on en redemande encore et encore !

Django Unchained est aussi un Tarantino typique parce qu’il est porté par une réalisation une nouvelle fois sublime. Chaque plan, chaque angle de caméra, chaque éclairage démontrent une maîtrise artistique hors du commun. Ces petits riens qui font le génie, le vrai, pas celui qui se voit par des effets spectaculaires. C’est de mon point de vue ce qui fait encore la différence entre Quentin Tarantino et Christopher Nolan. Bref, c’est beau, c’est parfait, c’est quasi magique. Ce film est une nouvelle bouffée de cinéma à l’état brut, du 7ème art en intraveineuse comme seul le réalisateur de Pulp Fiction sait nous en proposer.

Comme tous les Tarantino, Django Unchained, c’est aussi une bande-originale qui déchire, comme disent les jeunes. Bon, on m’avait parlé d’une tuerie (je cite!), je m’attendais donc à un chef d’œuvre au niveau de Pulp Fiction ou Kill Bill, volume 1 à ce niveau-là. Je l’ai trouvé quand même un petit ton au-dessous, alors j’ai ressenti une très légère déception. Cependant, si on regarde les choses objectivement et dans l’absolu, elle reste tout de même constellée de petits bijoux, comme seul Tarantino sait en dégoter. Et surtout, elle s’intègre toujours aussi bien dans la construction globale du film, ne venant pas simplement s’ajouter aux images, mais en devenant un élément constitutif. De ce point de vue-là, seul Kubrick savait faire aussi bien.

djangounchainedDjango Unchained restera dans la série des Tarantino purement divertissants. Certains diront mineur, mais je ne souhaite pas accoler un tel adjectif à un tel film, même si cela reste relatif à la carrière d’un vrai génie. Pour moi, il se rapproche de Boulevard de la Mort dans l’enthousiasme dont fait preuve le réalisateur à faire revivre les séries B qui ont marqué sa jeunesse. Le film n’a en fait rien d’innovant, il est plutôt un hommage à un cinéma populaire qui contribue largement à la richesse du 7ème art. Mais un bien bel hommage.

Django Unchained nous propose un casting comme Quentin Tarantino est capable d’en rassembler. Après l’avoir découvert dans Inglourious Bastards, il offre à Christoph Waltz un rôle à la mesure de son immense talent. Cet acteur est définitivement génial, rendant les répliques les plus anodines terriblement percutantes ou drôles. Jamie Foxx est égal à lui même, incarnant parfaitement son personnage. Leonardo Di Caprio fait preuve de son charisme habituel, ce qui n’est pas peu dire. La grande surprise vient de Samuel L. Jackson, l’habitué des films de Tarantino, qui livre là un numéro d’acteur comme il en a rarement offert. Il est tout simplement génial et presque méconnaissable ! Bref, un casting irrésistible !

Quentin Tarantino est grand ! Vive Tarantino ! Vive Django Unchained !

Fiche technique :
Production : Sony Pictures, The Weinstein Company
Distribution : Sony Pictures Relasing France
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Montage : Fred Raskin
Photo : Robert Richardson
Décors : J. Michael Riva
Maquillage : Heba Thorisdottir
Directeur artistique : Page Buckner, David F. Klassen, Mara LePere-Schloop
Durée : 164 mn

Casting :
Samuel L. Jackson : Stephen
Leonardo DiCaprio : Calvin Candie
Christoph Waltz : Dr King Schultz
Jamie Foxx : Django
Kerry Washington : Broomhilda
Walton Goggins : Billy Crash
Dennis Christopher : Leonide Moguy

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