VENT MAUVAIS POUR LE SPRINT

gaypowellC’est un vrai coup de tonnerre qui vient de résonner dans le ciel de l’athlétisme mondial, et plus particulièrement du sprint, avec l’annonce le même week-end des contrôles positifs de Asafa Powell et de Tyson Gay. L’aura et la notoriété de Usain Bolt sont sans doute trop écrasantes pour que le grand public mesure bien l’ampleur de cette nouvelle. Cependant, les deux cas ne sont pas tout à fait comparables.

Tyson Gay semblait être enfin en position de triompher de son grand rival Usain Bolt. En effet, depuis plusieurs années, il semble le seul à sembler pouvoir rivaliser, même si, le jour J, le Jamaïcain a pour l’instant toujours eu une longue d’avance… et parfois une bonne longueur. Cette année semblait différente, avec l’Américain qui détenait la meilleure performance de la saison. Mais c’était sans doute trop beau pour être vrai et la frustration accumulée (en des temps « normaux » Tyson Gay serait devenu une légende) l’aura poussé à franchir la ligne rouge pour essayer de compenser l’avantage qu’offre la physiologie exceptionnelle d’Usain Bolt.

Beaucoup l’ont sans doute oublié, mais Asafa Powell a été Usain Bolt avant Usain Bolt. 4 fois recordman du monde du 100m, il avait amené la discipline reine à des vitesses que l’on pensait alors inaccessibles. Mais il a été aussi l’homme des rendez-vous ratés, avec comme titres de gloire individuels, trois misérables médailles de bronze aux Championnats du Monde. Ces dernières années, il a surtout donné l’image d’un athlète en déclin, avec même une non-qualification pour le rendez-vous mondial de Moscou cette année. Il ne sera pas le premier dans son cas à tenter le diable pour essayer vainement de remonter le temps et retrouver son lustre passé.

Mais le contrôle positif d’Asafa Powell vient après celui il y a quelques mois de Veronica Campbell. Au-delà de la faute individuel, cela jette un soupçon, ou confirme plutôt, sur les racines du « miracle » du sprint jamaïcain, incroyablement dominateur depuis 2008. Il n’y a pas de fumée sans feu diront certains… qui n’hésiteront pas à porter un regard interrogateur sur le Dieu du sprint lui-même…

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