AU DELA DE LA PAIX

martinschulzDimanche prochain auront lieu les élections européennes. Personnellement, mon bulletin viendra soutenir la liste conduite par Pervenche Bérès qui méritait bien de bénéficier enfin de la lumière de quelques timides projecteurs. Timides par rapport au travail fourni depuis des années au Parlement Européen dont elle est un des piliers (et accessoirement une vice-présidente). Mais je voterai aussi, pour ne pas dire surtout, pour que Martin Schulz préside la Commission Européenne. Je vais donc voter pour soutenir un Allemand, un siècle tout juste après le début de la 1ère Guerre Mondiale.

C’est un symbole… Mais c’est aussi un cliché. Lors de la dernière visite de nos camarades du SPD de Hassloch, avec lesquels nous sommes jumelés, nous avons eu des échanges particulièrement intéressants et une réflexion m’a profondément marqué. Et si finalement, le désintérêt pour l’Europe en tant qu’institution, particulièrement fort chez les jeunes, ne venaient pas du fait que les générations plus anciennes mettent particulièrement en avant quelque chose qui pour leurs enfants et leurs petits enfants coule de source. Il est dur de se passionner, d’avoir envie de se battre pour quelque chose qui semble acquis et naturel.

La paix, la collaboration plutôt que la haine, les échanges plutôt que la méfiance, autant de valeurs qui fleurissent dans certains discours culpabilisants visant à ramener les plus jeunes aux urnes. Mais quel jeune aujourd’hui rêve de revanche et d’aller en découdre avec les Allemands ? La construction européenne s’est faite pour surmonter le traumatisme d’une première moitié du XXème siècle particulièrement meurtrier. Cela se situe au cœur du projet européen et les évènements en Ukraine nous montre bien qu’il est impératif de ne pas totalement l’oublier. Mais il est temps de dépasser cette simple dimension et de proposer plus, ou du moins autre chose si on veut que le projet retrouve réelle adhésion.

Que l’idée d’une culture commune, de l’appartenance à un même espace pacifié soit devenu indépendante des institutions européennes constitue peut-être la plus grande victoire de ces institutions, mais paradoxalement désormais leur plus grande faiblesse. Ca ne suffit plus à convaincre, à donner envie. Il faut donc redonner aux citoyens le sentiment que l’Union Européenne est une structure utile, pour ne pas dire indispensable, à notre prospérité économique, à la progression de nos droits et à la réussite des mutations écologiques et numériques de nos sociétés. La gestion de la crise de ces dernières années a montré que dans ce domaine, l’UE est encore bien déficiente.

Mais renoncer aujourd’hui à faire progresser l’Europe serait une terrible erreur pour demain.

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