CROSSWIND – LA CROISEE DES VENTS : Austérité statique esthétique

crosswindafficheJ’ai pour habitude d’en lire le moins possible sur un film avant d’aller le voir. Je me contente de consulter la synthèse des notes sur Allociné et si elle est assez haute, je me laisse tenter. Le plus souvent, j’ai quand même vu la bande-annonce ou au moins entendu assez de choses sur le long métrage en question pour savoir un minimum ce que je vais voir. Or, je suis allé voir Crosswind en sachant juste qu’il s’agissait d’un film estonien parlant de la déportation de nombreux ressortissants des pays baltes en 1941 par le pouvoir soviétique. Télérama parlait même de chef d’œuvre. Cependant, j’ignorais tout de la particularité principale de ce film. Une particularité qui m’aurait sûrement découragé d’y aller. A tort ou à raison, je ne sais pas trop.

Crosswind est en effet un film composé de « tableaux ». A part cinq minutes au début ou à la fin, chaque scène est composée d’acteurs totalement statiques, figés dans leur action comme lors d’un arrête sur images, au milieu de laquelle la caméra se promène. Au premier tableau, je me suis dit pourquoi pas. Puis vint un deuxième, un troisième… Et là j’ai commencé à réaliser que le film était entièrement basé sur ce principe et là j’ai eu très très peur de finir par m’ennuyer ferme. Mais au final, ce fut rarement le cas car Martii Helde arrive toujours à jouer avec les détails, les angles de prises de vue pour vraiment raconter une histoire par l’intermédiaire de ces voyages à travers ses tableaux. Si les acteurs ne bougent pas, la caméra n’est jamais statique. Les effets changent d’une scène à l’autre et la réalisatrice a vraiment été au bout de son idée et l’a merveilleusement exploitée.

crosswindCrosswind laisse tout de même sur une impression contrastée. La lecture des lettres de la jeune femme déportée (de vraies lettres) par la voix-off est chargée d’émotions et on en apprend beaucoup sur cette époque et sur ce que ces hommes et ces femmes ont vécu. On est impressionné par le travail artistique car la photographie en noir et blanc est absolument sublime. Je ne me suis au final pas ennuyé et je suis ressorti de ce film surpris et admiratif. Cependant, on entre jamais totalement dans un film comme celui-ci. On ne cesse jamais tout à fait de lutter pour ne pas décrocher car la beauté des images ne peut totalement compenser l’austérité du récit. Je suis donc aussi sorti de ce film quelque peu soulagé qu’il soit fini et sans avoir lié de liens affectifs avec lui.

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Réalisation : Martii Helde
Productrice Pille Rünk
Productrice Piret Tibbo-Hudgins
Directeur de la photographie Erik Põllumaa
Directeur de la photographie Janne Laine
Chef monteur Liis Nimik
Chef décorateur Reet Brandt
Chef costumier Anna-Liisa Liiver
Chef maquilleur Liisi Roht

Casting :
Laura Peterson : Erna
Mirt Preegel : Heldur
Ingrid Isotamm : Eliide
Einar Hillep: Hermiine

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