ROGUE ONE : A STAR WARS STORY : L’aventure continue

rogueoneafficheFaire la critique de Rogue One constitue un exercice difficile, surtout pour quelqu’un comme moi qui baigne dans cet univers depuis toujours. Je fais incontestablement partie de ces fans à l’exigence pointue, mais aussi à la capacité de s’enthousiasmer débordante. Bref, il n’est pas simple de conserver un minimum d’objectivité au moment d’apporter un jugement sur un tel objet de culte. Je vais cependant m’y efforcer. Je le fais sans crainte puisque je ne vais faire que me joindre à un flot d’éloges relativement unanime.

Objectivement, Rogue One est loin d’être un film parfait. Il souffre d’un manque de rythme et de souffle dans une bonne première moitié. Au bout d’une heure, dans mon esprit, j’étais plutôt parti pour être déçu. Cette impression s’est largement dissipée lorsque je l’ai revu. En effet, ce sont les personnages qui n’accrochent pas immédiatement la sympathie du spectateur. Mais cela provient aussi d’une certaine ambiguïté qui au final fera leur force et tout leur intérêt. De toute façon, la deuxième partie vient balayer ce début de semblant de déception.

Beaucoup de craintes préalables à l’encontre de Rogue One se focalisaient sur le fait que ce film ne serait qu’un spin-off, c’est à dire un gadget, un accessoire pas très utile, conçu uniquement pour prélever un peu plus de dollars sur le compte en banque des fans. Au final, la grande force de ce film est d’avoir pleinement assumé ce statut. Il a su parfaitement jouer la complémentarité et la continuité avec la saga principale pour insuffler un vrai souffle épique en son sein. Les derniers instants du film sont notamment symptomatiques. S’ils sont si enthousiasmants, c’est bien par le lien que l’on établit avec le début de l’Episode IV, non pour son intérêt en lui-même. Le film a donc évité tous les pièges dans lesquels on l’imaginait facilement tomber.

Rogue One bénéficie donc d’un scénario remarquable. J’aurais très envie de développer cette partie, mais il est difficile de le faire sans spoiler. Je dirai simplement qu’à chaque fois que les scénaristes ont du faire un choix, ils ont fait le bon. De plus, le film bénéficie de dialogues d’une réelle qualité, alors que ce point a toujours constitué le principal point faible de beaucoup d’épisodes de la saga, ceux réalisés par George Lucas en premier lieu, mais pas que. Le film ne se perd jamais dans une psychologie de bas étage, mais se contente de l’essentiel en le faisant bien !

rogueoneLa réalisation de Rogue One participe également à la réussite de ce film. Si Gareth Edwards n’est pas tout à fait JJ Abrams, il fait preuve d’une maîtrise réelle. Pas de plan sublime, de photographie spectaculaire ou de mouvements de caméra audacieux, mais des scènes d’action qui ressemblent à du cinéma, pas à des clips vidéos. On se situe légèrement au-delà de la simple efficacité, avec un petit quelque chose de talent artistique qui fait une réelle différence. Tout cela porté par des effets visuels qui confirment qu’il n’y a plus de limite à l’imagination. On est loin des pots de yaourt de l’Episode IV, mais aussi de l’effet « film d’animation » de l’Episode II.

Enfin le casting constitue lui aussi un point fort du film. Un mélange de vraies star hollywodiennes, qui arrivent à donner du charisme à des seconds rôles, et de comédiens plus méconnus qui tirent largement le film vers le haut. Certes, Félicity Jones a déjà reçu une nomination aux Oscars pour son rôle dans Une Brève Histoire du Temps, mais ce rôle la porte à un tout autre niveau de notoriété. Elle est impeccable de bout en bout. A ses côtés, Diego Luna a parcouru bien du chemin depuis sa révélation dans Y Tu Mama Tambien, au début des années 2000. Il incarne parfaitement son personnage avec toutes ses contradictions. Si, comme je l’ai évoqué plus haut, il ne le rend pas immédiatement sympathique, c’est aussi parce qu’il lui donne une réelle humanité, loin d’un manichéisme béat.

Rogue One dissipe donc les craintes qu’il a pu faire naître et prend bien toute sa place dans la saga Star Wars. Une place de second rôle peut-être. Mais on sait bien qu’au cinéma, les seconds rôles sont parfois les plus intéressants.

LA NOTE : 14/20

Fiche technique :
Production : Walt Disney Pictures, Lucasfilm
Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures International
Réalisation : Gareth Edwards
Scénario : Chris Weitz, Tony Gilroy
Montage : Jabez Olssen, Elliot Graham
Photo : Greig Fraser
Décors : Doug Chiang, Neil Lamont
Musique : Michael Giacchino
Durée : 133 min

Casting :
Felicity Jones : Jyn Erso
Mads Mikkelsen : Galen Erso
Forest Whitaker : Saw Gerrera
Ben Mendelsohn : directeur Orson Krennic
Donnie Yen : Chirrut Îmwe
Diego Luna : capitaine Cassian Andor
Riz Ahmeda : Bodhi Rook

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