SILENCE : Un long silence

silenceafficheMartin Scorsese a atteint un statut artistique suffisant pour que chaque sortie d’un de ses films constitue un petit événement en soi. Mais il est vrai que la sortie de Silence a été largement… passé sous silence. Peut-être parce que pour une fois, Leonardo Di Caprio ne figure pas au générique. Ou certainement parce que le sujet ne se prêtait pas forcément à une ruée du grand public devant les écrans. Pourtant le sujet est fort, la forme parfaitement maîtrisée. Mais il est vrai que la mayonnaise ne prend pas totalement.

Silence a un grand mérite. S’il y a certainement dans ce film une empreinte du rapport à la foi de Martin Scorsese, élément éminemment intime, il laisse le spectateur totalement libre d’adopter son propre point de vue. Les personnages ne sont jamais manichéens et on peut tout aussi bien trouver leur attitude sublime de courage, comme monstrueusement égoïstes. Héros ou meurtriers illuminés, il y a autant de vision des protagonistes qu’il y a de spectateurs. Cela fait la puissance de cette réflexion qui ne peut laisser indifférent et totalement insensible.

silencePar contre, il est vrai que la réflexion s’étire peut-être un peu trop en longueur. L’histoire tourne en rond pour avancer doucement. Très doucement. Trop doucement parfois. Le spectateur a eu le temps de se faire sa propre opinion quand le film continue encore et encore. On n’attend plus que la conclusion de Scorsese qui tarde. Cela nous laisse le temps d’admirer cette photographie impeccable, ces décors et costumes splendides et la performance inattendue d’Adrew Gardfield. Cela nous sauve de l’ennui, mais au final cela dilue un peu trop le propos pour que Silence soit un grand film. Mais ça reste un Scorsese. Et ça, ce n’est pas rien !

LA NOTE : 13/20

Fiche technique :
Production : YLK, Sikelia, Fabrica de Cine, AI Film, SharpSword films, Catchplay, IM Global
Distribution : Metropolitan Film Export
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Martin Scorsese, Jay Cocks, d’après le roman de Shusaku Endo
Montage : Thelma Schoonmaker
Photo : Rodrigo Prieto
Décors : Dante Ferretti
Musique : Kim Allen Klige, Kathryn Kluge
Durée : 161 min

Casting :
Andrew Garfield : Père Rodrigues
Adam Driver : Père Garupe
Liam Neeson : Père Ferreira
Yosuke Kubozuka : Kichijiro
Yoshi Oida : Ichizo
Issey Ogata : Inoue, le gouverneur
Shinya Tsukamoto : Mokichi
Ryo Kase : Juan
Ciaran Hinds : Valignano

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