Beaucoup de films portent sur des histoires, petites ou grandes, qui ne justifient guère en elle-même d’être portée sur grand écran. Parfois cependant, elles finissent par nous ravir par la grâce d’un réalisateur créateur d’images enchanteurs ou des comédiens qui savent donner une âme inespérée à un personnage au-delà du texte brut couché sur le papier où est imprimé le scénario. D’autres au contraire, valent d’être racontées pour ce qu’elles sont, juste ce qu’elles sont. C’est le cas de Les Oubliés. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’aurais consenti autant d’effort pour aller le voir alors qu’il ne se jouait plus qu’à un seul horaire dans un seul UGC, alors que la bande-annonce ne me disait trop rien. Poussé par mon instinct peut-être. Mais pour le coup, mon instinct avait vu juste.
Les Oubliés nous plonge donc dans un épisode méconnu de l’histoire. Un épisode terriblement dramatique, mais qui concerne les vaincus. Or, on sait bien que ce ne sont pas eux qui écrivent l’histoire et que les vainqueurs ne veulent voir en eux-même que des héros. Justice est donc rendue à ces jeunes garçons, morts de l’absurdité des guerres alors que l’Armistice avait été signée. C’est le moins que puisse faire l’humanité. Tout ceux qui sont sensibles à l’Histoire, celle avec un grand H, apprécieront donc ce film pour ce qu’il apporte à notre mémoire collective.
Evidemment, tout cela serait un peu juste si la réalisation et l’écriture n’avaient pas été à la hauteur. Les Oubliés bénéficient d’un scénario particulièrement intelligent qui laisse le spectateur entrer dans l’histoire en mesurant peu à peu tous les enjeux en même temps qu’il apprend à connaître les personnages. Le film évite avec brio l’émotion facile en jetant le drame à la face d’une salle obscure qui n’aurait pas eu temps de vraiment savoir quoi en faire. Il s’attache avant cela à créer une émotion profonde, ancrée au cœur du spectateur. Ce dernier pourra donc difficilement ne pas être bouleversé par cette histoire qui méritait bien plus qu’un film.
LA NOTE : 14/20
Fiche technique : Réalisation : Martin Zandvliet Scénario : Martin Zandvliet
Casting : Roland Møller : Sgt. Carl Rasmussen Mikkel Boe Følsgaard : Lt. Ebbe Jensen Laura Bro : Karin Louis Hofmann : Sebastian Schumann Joel Basman : Helmut Morbach Oskar Bökelmann : Ludwig Haffke Emil Belton : Ernst Lessner (comme Emil Buschow) Oskar Belton : Werner Lessner (comme Oskar Buschow) Leon Seidel : Wilhelm Hahn Karl Alexander Seidel : Manfred Maximilian Beck : August Kluger August Carter : Rudolf Selke Tim Bülow : Hermann Marklein Alexander Rasch : Friedrich Schnurr Julius Kochinke : Johann Wolff