TROIS VISAGES : Taxi province

troisvisagesafficheJ’apprécie particulièrement les soirées cinématographiques particulièrement contrastées, qui me rappellent pourquoi j’aime tant le 7ème art et toute sa diversité. Partout dans le monde, sur tous les sujets, dans tous les styles, des longs métrages sont produits pour notre plus grand bonheur. Ainsi, il y peu, un même soir, j’ai vu à la suite Jurassic Parc : Fallen Kingdom et Trois Visages. Comment faire plus opposés qu’un blockbuster hollywoodien et une production iranienne à petit budget. Bien sûr, le plaisir aurait été nettement plus intense si les deux films avaient été de qualité. Vous savez déjà combien j’ai trouvé le premier particulièrement médiocre. Heureusement, le second m’a permis de vivre un bon voyage sur grand écran.

Jafar Panahi n’est sûrement pas un grand artiste du cinéma. Son amour immodéré pour les plans à l’intérieur d’une voiture, qui est presque devenu sa marque de fabrique, n’est pas celui d’un esthète travaillant méticuleusement sa photographie et son cadrage. Par contre, il reste un formidable narrateur et un magnifique humaniste. Pas d’artifice donc pour nous livrer un récit à la fois tendre et sévère sur l’Iran profond. Il n’y a jamais de méchanceté ou de jugement dans Trois Visages, même quand il met en lumière les profonds archaïsmes et la bonne dose d’hypocrisie qui caractérisent cette société. Il fait toujours ressortir une part de sympathie chez tous ceux dont les deux personnages vont croiser la route. Rien n’est jamais manichéen.

troisvisagesTrois Visages est profondément dépaysant et nous montre à quel point l’Iran est une société plus complexe qu’il n’y paraît, avec son lot d’aspirations contrariées qui viennent bousculer l’ordre établi. La conclusion sera non dénuée d’optimisme, sans grande illusion cependant. Un équilibre que l’on retrouve toujours chez Panahi, qui cherche toujours à coller le plus possible à la réalité. Le fait que ses deux principaux protagonistes interprètent leur propre rôle et que les seconds rôles portent leur vrai prénom se situe dans la même logique. Le film est réalisé comme un documentaire, ou même plutôt comme un moment de télé réalité. Réalité est décidément ce qui caractérise ce film qui nous apprend plus sur ce fascinant pays que bien des documentaires.

LA NOTE : 13,5/20

Fiche technique :
Production : Jafar Panahi Film Productions, Memento films
Réalisation : Jafar Panahi
Scénario : Jafar Panahi, Nader Saeivar
Montage : Mastaneh Mohajer, Panah Panahi
Photo : Amin Jafari
Décors : Leila Naghdi Pari
Distribution : Memento films
Durée : 100 min

Casting :
ehnaz Jafari : Behnaz Jafari
Jafar Panahi : Jafar Panahi
Marziyeh Rezaei : Marziyeh
Maedeh Erteghaei : Maedeh
Narges Delaram : la mère de Marziye

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