Si le trafic de drogue constitue bien un fléau partout où il s’installe, d’un point de vue purement cinématographique, il constitue plutôt une source d’inspiration inépuisable. La thématique a offert au 7ème art bon nombre de bons scénarios, de héros et au moins autant d’anti-héros. De méchants qui ressemblent à des gentils ou de gentils qui n’ont pas grande différence avec les pires vilains. Mais c’est cette confusion, cette ambiguïté constante qui font le charme de ce genre d’histoire. Sicario n’a pas fait forcément partie des films les plus inoubliables dans cette lignée. Sicario : la Guerre des Cartels n’y appartiendra pas non plus. Mais ce qui s’apparente désormais à un franchise nous fait passer tout de même un agréable moment.
Parfois, un film nous procure beaucoup de plaisir pour ce qui s’apparente pourtant à un détail. Un nom au générique par exemple. Ici, c’est Benicio Del Toro qui nous offre ce petit supplément de bonheur cinématographique qui fait la différence. Pas forcément une grande différence, mais suffisamment pour suivre Sicario : la Guerre de Cartels sans jamais le regretter. Son personnage est de loin le plus marquant du scénario et lui offre un rôle sur mesure. Il est dans un registre qu’il connaît par cœur et se sent assez à l’aise pour nous ravir sans se forcer. Et l’ouverture finale vers un troisième volet nous donne le sourire, car on a vraiment envie de le retrouver une nouvelle fois dans ce rôle.
Pour le reste, Sicaro : la Guerre des Cartels est un film d’action qui n’échappe pas, loin s’en faut, aux clichés. Le déroulé du scénario ne réserve pas vraiment de surprises et les quelques scènes d’action n’ont vraiment rien d’inoubliables. Les autres personnages sont quelque peu caricaturaux (enfin même celui incarné par Benicio Del Toro l’est quelque peu). Mais le tout est assez rythmé pour que l’on ne s’ennuie jamais et reste parcouru par assez de tension narrative pour que l’on est tout de même envie de savoir où tout cela va mener. Et combien même cela ne conduit à aucune terre réellement inconnue, on est quand même satisfait d’avoir fait ce voyage, quand bien même il ne nous marquera pas profondément.
LA NOTE : 12,5/20
Fiche technique : Réalisation : Stefano Sollima Scénario : Taylor Sheridan Direction artistique : Marisa Frantz Décors : Kevin Kavanaugh Costumes : Deborah Lynn Scott Photographie : Dariusz Wolski Montage : Matthew Newman Musique : Hildur Guðnadóttir Production : Trent Luckinbill, Thad Luckinbill, Molly Smith et Denis Villeneuve Productrice déléguée : Ellen H. Schwartz Durée : 122 minutes
Casting : Benicio del Toro : Alejandro Gillick Josh Brolin : Matt Graver Isabela Moner : Isabela Reyes Jeffrey Donovan : Steve Forsing Manuel Garcia-Ruflo : Gallo Catherine Keener : Cynthia Foards Matthew Modine: James Ridley David Castaneda : Hector Elijah Rodriguez : Miguel Hernandez Ian Bohen : Carson Wills