SERRE MOI FORT : Perdus en chemin

Le twist est une danse peut-être désuète désormais mais qui a eu son ère de gloire, faisant se déhancher bien des habitués des pistes. Mais c’est aussi un outil scénaristique qui a toujours existé, mais qui est devenu presque obligatoire désormais. On ne se laisse désormais plus si facilement impressionner. Et surtout, on peut plus considérer que cela suffit à donner de l’intérêt à un film. Serre Moi Fort, le nouveau film de Mathieu Amalric, ne peut pas se résumer à un simple retournement de situation. Mais celui-ci tient trop de place dans le film pour ne pas représenter le point de bascule où le spectateur va aimer ou détester ce film. Malheureusement, la balance ne retombe pas forcément du bon côté.

Il est difficile de sauver un film grâce à un élément survenant dans toutes les dernières minutes. Surtout quand tout ce qui a précédé nous a plongé dans un certain ennui. Difficile de rattraper un manque d’attachement aux personnages, qui se traduit par un manque d’empathie. Dans ce film, tout cela découle d’un manque de sens apparent. Il sera donné dans les dernières minutes, mais il est alors trop tard pour nous faire aimer Serre Moi Fort. On passe le film à se demander à quoi on assiste réellement. Un drame ? Une romance ? Un film fantastique ? Cela donne vraiment l’impression que Mathieu Amalric ne sait pas du tout où il va. La fin révélera que ce n’est pas le cas, mais il a malheureusement perdu le spectateur en route.

Copyright Roger Arpajou

Mathieu Amalric possède un sens esthétique bien plus affûté que son sens de la narration. On a déjà pu le constater précédemment dans sa carrière de réalisateur. Serre Moi Fort est incontestablement un beau film. Les images contribuent à créer une certaine poésie qui séduira peut-être les spectateurs prêts à passer outre le manque de sens de ce à quoi ils assistent. Elles mettent également en valeur la performance de Vicky Krieps et Arieh Worthalter que l’on retrouve à l’affiche de nombreux films français ces derniers mois. On se rappelle mieux pourquoi ils sont autant présents, en profitant ainsi de leur talent, même s’il ne peut sauver le film à lui seul. Au moins donnent-ils l’impression de ne pas s’être perdus en chemin.

LA NOTE : 08/20

Fiche technique :
Réalisation : Mathieu Amalric
Scénario : Mathieu Amalric, d’après la pièce Je reviens de loin de Claudine Galea
Photographie : Christophe Beaucarne
Montage : François Gédigier
Son : Olivier Mauvezin et Martin Boissau
Costumes : Caroline Spieth
Décors : Laurent Baude
Production : Yaël Fogiel, Laetitia Gonzalez et Olivier Père
Durée : 97 minutes

Casting :
Vicky Krieps : Clarisse, la mère
Arieh Worthalter : Marc, le père
Anne-Sophie Bowen-Chatet : Lucie
Sacha Ardilly : Paul
Juliette Benveniste : Lucie adolescente
Aurèle Grzesik : Paul adolescent

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