DELICIEUX : Ode à la chair

Cinéma et gastronomie font souvent bon ménage. Comme quoi, un seul sens peut avoir un pouvoir suffisamment suggestif pour stimuler avec force tous les autres en même temps. Le goût, l’odorat, le toucher peuvent palpiter de bonheur rien qu’à la vue des bons ingrédients ou au son d’une friture annonçant une cuisson parfaite. Ce sont bien vos cinq sens qui se trouveront comblés par Délicieux, un film dont vous ressortirez avec une envie folle de vous mettre aux fourneaux. Et la satisfaction non négligeable d’avoir assister à une belle histoire.

Délicieux est un film profondément sensuel. Au sens littéral, comme au sens figuré d’ailleurs. On l’appréciera évidemment du coup d’autant plus si on est particulièrement sensible au plaisir procuré par la création culinaire. Il parlera à ceux qui connaissent le rapport charnel qu’un cuisinier entretient avec ses ingrédients pour les transformer en quelque chose d’infiniment plus grand. Le film fait ressentir remarquablement bien tout ceci au spectateur. Et tout ceci est au service d’une histoire qui valait bien d’être racontée, même si on se doute bien que la vérité historique a sûrement été quelque peu romancée. La narration n’est pas totalement maîtrisée et on garde l’impression qu’Eric Besnard n’est pas passé loin de signer un film nettement plus marquant, mais devra se contenter d’un long métrage sympathique.

Copyright Jérôme Prébois / 2019 Nord-Ouest Films

Délicieux marque un tournant dans la carrière d’Isabelle Carré. Certains diront peut-être qu’elle a pris un léger coup de vieux. Je trouve qu’elle a simplement enfin gagné assez de maturité pour sortir enfin de l’impression d’être pour toujours une jeune fille débordant de sensibilité et surtout de fragilité. Elle signe là un rôle de femme certes malmenée par la vie, mais qui dégage une grande force. Et cette évolution lui va à ravir. En face d’elle, Grégory Gadebois est égal à lui-même, c’est à dire aussi charismatique qu’excellent, même si on peut lui reprocher le travers de beaucoup d’acteurs français. Il fait du Grégory Gadebois, bref du lui-même, sans sortir de sa zone de confort. Les deux concourent cependant pleinement à la belle réussite de ce film qui n’est peut-être pas le plus flamboyant des festins, mais remplira avec bonheur l’estomac de tous les cinéphiles gourmands.

LA NOTE : 11,5/20

Fiche technique :
Réalisation : Éric Besnard
Scénario : Éric Besnard et Nicolas Boukhrief
Directeur de la photographie : Jean-Marie Dreujou
Montage : Yann Dedet
Décors : Bertrand Seitz
Costumes : Madeline Fontaine
Musique : Christophe Julien
Producteurs : Christophe Rossignon et Philip Boëffard
Durée : 110 minutes

Casting :
Grégory Gadebois : Pierre Manceron
Isabelle Carré : Louise
Benjamin Lavernhe : duc de Chamfort
Guillaume de Tonquédec : Hyacinthe
Lorenzo Lefèbvre : Benjamin Manceron
Christian Bouillette : Jacob
Marie-Julie Baup : marquise de Saint-Genet
Jérémy Lopez : marquis de Fourvière
Antoine Gouy : marquis du Croisic
Manon Combes : Francine
Laurent Bateau : Dumortier
Gilles Privat : évêque
Christophe Rossignon : laquais aux chandelles

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